Nessbeal, la Mélodie des Souvenirs

Je déambule dans ma Bretagne, maxi pack de Kro’ sur le dos. J’ai 15 ans. Mon sac a tellement porté ces cartons de blondes qu’il en a pris la forme naturelle. C’est le week-end et comme chaque fois, un seul objectif : se mettre la taule, et surtout, se coller aux enceintes qui vomissent du rap sans respect envers les voisins et la maréchaussée. La veille, j’ai acheté l’album de Nessbeal, La Mélodie des Briques, et il me tarde maintenant de le faire écouter aux miens en descendant cette bière de chantier. Je n’ai pas conscience à ce moment de l’impact que le style et les propos du porte-étendard des Hautes Noues auront sur moi. Pourtant, près de 10 ans plus tard, aucun texte de Nessbeal ne m’est inconnu, tous ses mots religieusement gravés dans ma tête, enfermés à jamais. Mon évangile à moi.

Beaucoup d’encre a déjà été jetée sur la trajectoire du rappeur. De ses débuts et de ses déboires, il y a peu de secrets. NE2S sera présenté de façon quasi-systématique comme l’éternel artiste raté. Toutefois, au-delà du tangible, de ce qui s’observe et se discute, il y a l’abstrait et ce qui appartient à l’expérience de chacun. Dans mon monde, Nessbeal est bien entendu un rappeur maudit mais pas seulement. Il s’agit aussi d’un héros triste, à la rapière surmontée d’une plume, jeté dans un univers morbide et faussement festif, qu’il ne se contente pas d’ailleurs de décrire mais aussi d’escrimer. Sur son visage se dessine ainsi la dualité de son univers fait de mélancolie et de réjouissances: larmes tatouées, sourire argenté.

Je ne sais pas si c’est moi qui ai grandi ou si cette musique est privée de héros de cette stature aujourd’hui, mais à bien y regarder, il manque au paysage actuel une telle personnalité. Nessbeal me manque ; nous manque. Rendons-lui hommage à travers anecdotes et souvenirs personnels. Autopsie partiale d’une trajectoire où il sera question de chips claquant un cul, des Misérables et des années 2000.

Nessbeal le Magnifique

« T’as la même tête que E.T. comme cet apprenti de Nessbeal ». En termes purement textuels, le clash opera mettant aux prises Nessbeal et Médine / Youssoupha était vecteur de malaise, bien que représentatif d’un certain rap passant en radio. Un pet de mouche dans une fromagerie en somme. C’est au niveau idéologique que cette confrontation se faisait intéressante car le rap conscient se faisait mettre dans les cordes par un rappeur qui s’autoproclamait analphabète, garant d’un rap ancré dans le béton. Un comble merveilleux où les mots glissent sur l’illettré car vides de sens. Dès lors, Nessbeal ne pouvait pas perdre, intouchable dans sa position pleinement assumée. Si aujourd’hui, tacler le rap de bibliothèque est de bon goût, il y a quelques années, il fallait tout de même porter ses couilles pour s’attaquer aux fers de lance de ce mouvement. Pour autant, cette line de Youssoupha révèle une vérité : Nabil Selhy, c’est d’abord une gueule pas comme les autres.

A chaque pochette d’album, immanquablement, la face de Nessbeal apparaît. Entre la paupière et le sourcil, une cicatrice dessine comme un tracé de circuit Nascar. Visage allongé, crâne rasé et regard toujours braqué vers l’auditeur, Nessbeal en impose. Jouant sur son physique longiligne, NE2S s’expose torse-nu dès l’un de ses premiers clips, L’œil du Mensonge. On peut l’y voir gesticulant, pris de quasi-convulsions sur un sample du Silence des Agneaux repris par Animalsons. Le malaise est renforcé par la lumière métallique du clip et surtout le maquillage mat du rappeur, le présentant comme un monstre quelque peu inhumain ; une ressemblance avec Gollum probablement non intentionnelle. Nessbeal finit ces 4 minutes avec le visage ensanglanté et un refrain qui tabasse l’instru jusqu’à plus soif. Depuis, l’image d’un Nessbeal sec et décharné, un peu fou, est imprimée dans ma mémoire. Cette image fantomatique survole d’ailleurs toujours l’ensemble de son œuvre, même dans ses instants les plus édulcorés.

Pourtant, à l’époque, le résident de Villiers-sur-Marne n’avait pas encore tout à fait atteint sa forme finale. Comme un bon boss de jeu-vidéo, l’esthétique de Nessbeal, et ainsi son impact, a évolué plusieurs fois jusqu’à atteindre un corps tatoué de multiples signes mystérieux, ce qui sera sujet d’interrogations, voire de moqueries selon une interview. Une nouvelle fois, les attaques envers Nabil ne perceront pas l’armure. Au contraire, elles feront de lui un type authentique, sans pudeur, et même intègre en rappelant (à sa manière) que le rapport au corps est une affaire personnelle. C’est d’ailleurs avec la même vergue qu’il avait défendu les filles faciles. A la question « Pourquoi respectes-tu les biatches ? », Nessbeal rétorquait, tout sourire : « Alors Dieu doit nous pardonner à nous mais pas à elles ? ».

De ses tatouages donc, il est question du Chat Botté sur la main, de son label, de ses faits d’armes musicaux, mais aussi de choses plus obscures telles qu’un couteau tranchant sa gorge. Dans une interview légendaire de Booskap surnommée « Booskador » (indisponible depuis), Nessbeal raconte les stigmates de son corps, explique que certains tatouages ne sont pas terminés, que d’autres ont été faits sous alcool ou bien encore qualifie certains de « n’importe quoi ». Nessbeal se présente comme un énergumène, un terrain vague sur lequel on a tagué à outrance sans trop de cohérence, intuitivement. Il jouit donc d’un style inimitable car, si rien n’est calculé, tout est instinctif. Ness’ est un animal sauvage.

Le Loup, la Fouine et le Grizzli

La carrière de Nessbeal ne pouvait franchement pas mieux débuter. Certes, l’album H.L.M Rézidants en collaboration avec son groupe d’alors, Dicidens, a connu des conditions de sortie calamiteuses, le disque s’étant retrouvé dans les bacs environ 4 ans après l’enregistrement. Toutefois, Nessbeal s’est vu dès le début des années 2000 offrir une place dans le 92I, profitant ainsi de la lumière de Saint Booba. Il aurait même été question d’un album commun entre les deux compères. C’était bien sûr sans compter la hargne de Ness’, on ne dompte pas le loup même dans la bergerie. Voyant que Booba ne lui permettrait pas de sortir un album sitôt, Nessbeal s’enfuit emportant son talent avec lui. Je me demande souvent ce qu’il serait advenu s’il n’était pas parti. Aurait-il connu le destin des autres membres ? A savoir rester dans l’ombre, figurant dans les clips de B2O, au mieux sortant un unique album. Ou aurait-il pu profiter vraiment de l’exposition de Booba pour exploser ? On ne le saura jamais mais les possibles suscitent encore en moi beaucoup de fantasmes.

Comme Moïse, Nessbeal entame donc sa traversée du désert. Elle comprendra des réussites, des échecs, des virages à 90 degrés, mais elle n’empêchera pas le rappeur d’avancer. Dans une interview, il confiait : « Le désert, y en a qui l’ont traversé en quad, en moto. Moi, je l’ai traversé en claquettes. Les Cortez ont fondu ». La galère donc, Nabil connaît. Elle l’accompagnera d’ailleurs en filigrane dans toute la carrière de celui-ci. Un leitmotiv que l’écriture de NE2S arrivera à sublimer, car c’est bien là toute la sève du MC : raconter le quotidien avec une écriture brute mais travaillée. C’est la raison pour laquelle il est imparfait de qualifier le rap de Nessbeal d’analphabète. Au contraire, dès lors que l’on regarde plus loin que les fautes de conjugaison, l’argot et le langage propre au rappeur, Nessbeal est un maître qui cache une écriture hautement qualitative.

Il l’avouait d’ailleurs sans peine : son meilleur allié est le dictionnaire. Dès qu’il ne comprend pas un mot, il en cherche la signification dans le Robert et tente de replacer celui-ci dans un texte. En parallèle, il s’impose un régime spartiate en s’obligeant à écrire tous les jours, une résurgence peut-être de son intérêt pour les films comme 300, Gladiator ou plus récemment la série Spartacus.

On a rarement vu telle écriture frappée du sceau de la souffrance. Au moins dans les deux premiers albums, elle est omniprésente. Elle semble ni subie, ni espérée, simplement vécue et surtout magnifiée par le regard que lui porte Nessbeal. Elle est vécue ainsi par lui-même (Clown Triste, Funestre Ecriture…), par les autres (Princesse au regard triste, L’œil du Mensonge…) ou de façon plus globale (Les larmes de ce Monde, Au-delà de l’Horizon…). Par ailleurs, Nessbeal est rompu à l’exercice de la métaphore et de la comparaison, donnant à ses textes une saveur supplémentaire et la consistance du bitume sur lequel prend assise son quotidien. Si son rap fait la part belle à ses maux, il n’en reste pas moins que Nessbeal a l’injustice sociale dans le viseur, défendant en même temps une certaine idée de la culture de quartier. Il était monté au créneau contre Fadela Amara (ancienne présidente de Ni Putes Ni soumises, qui rentrera au gouvernement Sarkozy plus tard par opportunisme) dans Réalité Française par exemple. Nessbeal a à cœur les problématiques d’intégration, d’appartenance et pose la question de la place de chacun, lui qui oscille entre amour des Hautes Noues Peace et du Maroc. De même pour ce qui est du rap, NE2S n’aura jamais su trouver sa juste position entre rap commercial et underground, lui qui rêvait de vendre du rap de Tess en passant par les canaux habituels, notamment Skyrock. Doux rêveur.

Beaucoup de rappeurs ont porté ces revendications, la plupart d’ailleurs dans le rap conscient. Ce qui pose évidemment la pertinence du clash avec Médine. Bien sûr, ce qui différenciera Nessbeal est son positionnement ultra-street. On se souvient de la saillie verbale, comme un crachat, avec laquelle il concluait le morceau Emmuré Vivant sur la compilation Hostile 2006 : « Un saucisson dans le cul facilite l’intégration, ma génération : un outrage à la civilisation ». Sans l’interprétation de Nessbeal, il est clair que ses textes auraient moins d’impact, NE2S est une sulfateuse qui crache ses mots comme des balles, l’argot et les termes arabes tranchant les phrases.

Deux albums et une mixtape plus tard, devant les « échecs » se succédant, le khey du 94 retravaille sa musique avec le résultat que l’on connaît : un album nommé NE2S où l’on retrouvera des sonorités bien différentes, calibrées pour les clubs. Sa rencontre avec La Fouine va aussi modeler cet album grâce auquel il vendra davantage, mais en contrepartie, perdra une partie de son public d’origine. Avec NE2S, Nessbeal signe le début de la fin et l’album suivant, Sélection Naturelle, ne renversera pas la tendance. La question se pose alors : dans quelle mesure Nessbeal est réellement maudit ? Mais surtout, quelle est sa part de responsabilité dans cette carrière en demi-teinte ?

Sans ratures?

Personnellement, j’ai toujours vu Nessbeal comme un rappeur à la personnalité forte, authentique, et il m’était évident que cela seul, associé à une musique de qualité, suffirait à le porter au Panthéon. Constat amer aujourd’hui en retraçant le parcours de celui-ci. Cependant, en analysant le chemin parcouru et les voies empruntées, il est clair que Ness’ n’a pas mis toutes les chances de son côté tant la communication, parfois contradictoire autour des projets, s’est faite comme le rap du concerné : instinctive. Maudit, vraiment ?

La carrière de Nessbeal n’est pas exempte de tout défaut comme on voudrait bien le croire. D’abord, il y a cette habitude pugnace de copier les modèles de réussites de l’époque. Pas artistiquement, car il s’agit d’un rappeur unique, mais dans la stratégie de développement. Si l’on repense à la Mélodie des Briques et que l’on se réfère aux standards d’alors, on constate que l’album présente une structure archétypique. On y retrouve, par exemple, l’éternelle chanson-constat sur le monde – et il faut bien mettre le mot «Monde » dans le titre sinon ça ne marche pas. En 2006, Sinik nous avait donc servi Un Monde Meilleur, Sniper rappait Dans mon Monde, et Nessbeal versait Les Larmes de ce Monde. Les exemples sont légions. Autre élément commun que l’on retrouve dans divers projets mainstream d’alors : la chanteuse de R’n’B au refrain d’un titre souvent triste, voire de plusieurs morceaux. Au mieux (et encore), les rappeurs s’acoquinaient avec Kayna Samet ou Wallen, malheureusement pour nous, NE2S invite la pire voix de la chanson française sur le titre Peur d’Aimer : Vitaa. Suite au succès des compilations Raï n’B Fever, le marocain succombe également et présente lui aussi deux morceaux aux sonorités orientales avec Loin du Rivage et Maroc Sticky. Enfin, les années 2000, c’est également l’époque du kickage en règle sur le dernier morceau et si possible accompagné de son crew. La Mélodie des Briques finira donc elle aussi en meute avec le groupe Dicidens sur Chute Libre.

A chaque album, Nessbeal s’est donc efforcé de préserver une structure d’ensemble qui ne soit pas trop éloignée des gagnants de son époque. C’était d’autant plus vrai avec le troisième album, NE2S. Comment expliquer alors que d’autres albums ayant des structures préétablies aient pu agglutiner les disques d’or et que les salves de Nessbeal ne touchent jamais leurs cibles ? La réponse : l’authenticité.

Nessbeal n’a jamais caché vouloir rapper pour les quartiers tout en s’ouvrant aux oreilles de tous. Là se trouve toute la contradiction de sa démarche. Ness’ réutilise les formules édulcorées et diffusées par Skyrock notamment, mais refuse lui-même d’affiner son propos pour la masse. Ainsi, la musique de Nessbeal, hachée, argotique, est difficile d’accès pour le tout-venant. Même les morceaux a priori légers comme Amnézia comportent en eux un aspect dérangé. Quant aux quelques rares titres commerciaux dénués de gravité tels que After ou Ça bouge pas, ils sont dispensables car inefficaces, Nessbeal étant définitivement taillé pour le tragique. En confrontant la culture de la rue avec la démocratisation du rap, Nessbeal a offert une musique intéressante mais pas si vendeuse.

Cellulite Dance & Louis Ferdinand Céline

Nessbeal se présente donc comme une personnalité complète, quoiqu’un peu déroutante. S’il est commun de penser que Ness’ est un rappeur street et hardcore, habitué des hymnes banlieusards que peuvent être des titres comme Kheye ou La Mélodie des Briques, il surprend par une écriture fouillée autant qu’instinctive et pleine de références, parfois troublantes. A l’image d’Eternels Regrets dans lequel il cite Gavroche, célèbre personnage de Hugo ou encore de Ça ira mieux demain où Nessbeal se permet de reprendre une citation de Voyage au bout de la nuit de Céline : Chacun pleure à sa façon le temps qui passe. Et dire que c’est Booba qui eut le privilège de la comparaison avec le maître littéraire. La gouaille de Nessbeal et son regard attristé sur le monde en a bien plus l’étoffe.

On se souviendra aussi de Nessbeal pour la réédition inutile à 20 balles de La Mélodie des Briques. Dans mon adolescente naïveté, je pensais y trouver les morceaux remixés ou des inédits… Ness’ n’y avait ajouté qu’une seule exclu, mais pas n’importe laquelle : Romance Noire ; peut-être son plus grand morceau. Même désenchantement lorsque sort la mixtape RSC : Sessions Perdues. La plupart des titres étaient déjà bien connus. Pire, le DVD accompagnant la version collector censée renfermer un documentaire sur Nessbeal se révèle être un pétard mouillé. Le reportage est vieux de plusieurs années et revient seulement sur la genèse de La Mélodie des Briques. Nous n’y apprenons pas grande chose.

Heureusement, Nessbeal c’est aussi des surprises au-delà même de la musique. Qui n’a pas vu les multiples interviews de celui-ci a raté de belles images. Jamais la langue dans sa poche, naturel au possible, Nessbeal se livre toujours avec le sourire et n’hésite pas à balancer tout ce qui lui passe par la tête. Tantôt ayant du mal à s’exprimer, faisant penser à un collégien, tantôt étant très lucide sur des questions d’actualité diverses.

Enfin, pour beaucoup, Nessbeal c’est surtout ce morceau à contre-courant dans lequel il crie son amour aux poids lourds en compagnie d’Orelsan sur Ma Grosse. Une chanson aux antipodes de que l’on peut entendre souvent sur le cliché de la femme modèle. Et comme si le titre ne se suffisait pas à lui-même, une internaute donna à Ma Grosse le visuel mérité en mettant en ligne une vidéo où elle assume pleinement ses formes, et dans laquelle le ridicule est le dernier de ses soucis. Un moment anthologique fait de danse, de chant sans retenue où l’intéressée finit par claquer ses fesses avec un paquet de chips sortie de son t-shirt. Pas certain que les rondes se sentirent représentées (surtout à la vue de la silhouette de la concernée) mais Ma Grosse trouva son égérie légitime.

Un fantôme tant attendu

Nessbeal a donc traversé plus d’une décennie de rap, depuis la sortie de HLM Rézidants jusqu’à son dernier tir, Sélection Naturelle. Il a partagé le micro avec les plus grands vendeurs tels que Booba et La Fouine, a croisé le fer avec des figures que l’on pensait intouchables : Youssoupha et Médine. Nessbeal a laissé une trace persistante dans l’histoire de cette musique. Chacun ayant un rapport particulier à son œuvre, les uns étant séduits par la noirceur des propos, d’autres encore par la personnalité attachante du rappeur mais aussi de sa carrière en dents de scie. Le public aime les perdants magnifiques. Aucun doute sur le fait que Nessbeal en est un.

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Juin 2015, Nessbeal annonçait un nouvel album avec le titre Jeune Vétéran. 2 ans plus tard, les fans attendent encore. Il y a quelques jours pourtant, sortait une image où l’on voyait Nessbeal entouré de Seth Gueko et Kool Shen pour le tournage d’un film en Thaïlande. Encore une fois, NE2S surprend. Et si la suite ne s’écrivait pas en musique mais en images ?

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PS : je tiens à dédier cet article à mon chat Nessbeal. J’aurais pu l’appeler Eliott, Zidane ou Saucisse comme tout le monde, mais ne jugez pas, certains pères donnent à leur fille le prénom de leur ex. Nessbeal est finalement mort écrasé par une voiture le 6 septembre 2015. RIP Neness.

Sch, l’avènement du rap déterministe

Toujours se méfier des idées reçues est une phrase lourde de sens dans le rap français. Quand ceux qui s’auto-proclament rappeurs conscients, garants d’un  » réalisme-ghetto » ne sont que des phénomènes de foire égrenant le chapelet de leurs doléances avec frénésie et force putasseries, les rappeurs les plus acides, les plus acerbes mais surtout les plus justes et lucides sur le monde, sont des rappeurs qui n’hésitent plus à faire d’UNGA UNGA une phase tout à fait respectable, ou qui balancent des  » Puto » et name-droppent un footballeur surcoté.

Intéressons-nous donc à SCH, et à son titre « Gomorra », extrait de son prochain album A7. Tourné à Scampia, la cité napolitaine où se situe l’action de Gomorra (la série) tout pourrait sembler de mauvais goût, calculé, opportuniste. Il n’en est rien, au contraire : loin de la simple référence qui n’aurait d’autre but que d’ancrer la chanson dans une réalité commerciale (mafia + Gomorra + magouilles + rap + queue de cheval = jackpot), Schneider (rigolez pas, on choisit pas) fait du quartier un milieu environnemental, qui influe sur les actions des hommes, et où tout se joue dans des lieux obscurs, étouffants, terriblement rectilignes mais étriqués ( le couloir bétonné de l’immeuble est l’exemple parfait). Loin de dissocier le fond et la forme, l’image accompagne le texte, chose assez rare dans le rap pour être soulignée. L’œuvre bicéphale est donc résolument triste, désabusée : nulle trace de compassion « Suis les ordres le cadavre est lesté« , pas plus de résignation (du moins en apparence, mais nous verrons cela plus tard). Ne reste que la triste et dure réalité du monde tel qu’il est, où il faut écraser l’autre, et être « […]le pire pour batîr un empire« . Mais très loin d’être fantasmée, cette vie n’est jamais glorifiée, jamais elle n’est vue comme un moyen d’émancipation ,de soulèvement des classes basses et oubliées. Rentrant à l’instar de PNL, dans un spleen qui porte un nom : le déterminisme social. « Grandi dans le sang, on devient dit-ban sans le vouloir » est la phrase probablement la plus symptomatique de cette philosophie qui touche même à la géographie sociologique. Incapable de sortir du milieu, les faubouriens s’adaptent, par la force des choses, à leur milieu, et n’en ressortent souvent que par les armes et le sang, une enclume accrochée aux pieds. Dans ce monde en vase clos, les émotions sont prohibées, car signe de faiblesse « Trempé dans l’sale, t’as des faiblesses / Faut que personne les ressentent » et les objectifs ne sont guère que matérielles et éphémères, même volatiles : « vie dure et Luxure« . L’âme humaine est vue par le prisme des actes, par un behaviorisme présent jusque dans les références à la série (« J’laisse une grenade au comptoir« ).

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On est et on naît fruit de notre environnement. Sch, dans tout cela, se dissout parfois dans cet univers, en est partie intégrante, mais peut tout aussi bien s’élever et considérer, non sans un fatalisme extrême, la déliquescence et la vanité dudit univers. L’environnement tuant dans l’œuf toute tentative d’émancipation, la fin ne peut être que violente, égale à tous et pour tous (La Legge è uguale per tutti, phrase inscrite dans les palais de justice italiens). Sch, en situant donc l’action en Italie, aborde la tradition italienne de ce déterminisme social et donc géographique, où s’extirper de sa condition sociale est rarement récompensé. Citons par exemple, I Malavoglia de Giovanni Verga, un roman où l’envie de commercer encore plus pour augmenter les revenus tuera à petit feu une famille de pêcheurs siciliens. Loin d’être réactionnaire, cette doctrine fataliste, tragique même, (c’est le destin qui s’en mêle, les protagonistes vivant avec une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes), est la pensée de quelqu’un qui, fatigué de lutter, tente quand même l’introspection et le salut de l’âme (« Regarde ce qu’on a fait pour le chiffre »), mais ne peut qu’espérer le renouveau dans les images mentales et dans l’onirisme (« Rêver de figer le sablier« ). Car ce qui survit toujours, c’est « […]le bruit du beretta [qui] précède l’épilogue« . Car d’Antigone à Daniele, personne n’échappe à son destin. Et il est cocasse, comme un pied de nez au destin, de choisir Gotze comme alter-ego. Certes, le bonhomme est allemand, mais constitue peut-être la seule faute de goût de SCH. Higuain, par exemple, aurait été, en plus d’être un local, la personnification parfaite de son rap.
Il serait exagéré (et faux) de dire que ce rap tragico-mélancolique aux teintes déterministes est nouveau. On en voyait déjà les prémisses chez Nessbeal par exemple. Mais Sch en est à présent la plus pure incarnation, puisant dans ce qui est maintenant du ressort de la pop-culture, la matière, foisonnante, grouillante. La seule forme de vie qui vaille, celle qui se débat pour survivre, le nez et la bouche comme seules parties du corps immergées.

Nessbeal – 50 Nuances de Khey (Bootleg 50 titres)

Ce matin sur Twitter, j’ai quelque peu digressé au sujet de Nessbeal, de Skread, et de La Mélodie des Briques, un album qui est selon moi un sacré monument. Un mec m’a alors mentionné en me disant « tiens, je suis justement en train de compiler les meilleurs sons hors-albums de Nessbeal ». La vie est bien faite, n’est-ce pas ?

Comment ça, mon anecdote c’est de la merde ?

Voici donc ce fameux bootleg, une cinquantaine de pistes, et un titre absolument fabuleux : 50 Nuances de Khey.

On dit merci à ce fameux « Marcel La Gnole ». Il va sans dire que vous êtes censés posséder les originaux de tous ces morceaux avant de les télécharger, sinon vous vous exposez à des bails de copyrights, d’hadopi, et de propriété intellectuelle. Par la même occasion, sachez également que la drogue c’est mal (vente comme consommation), et qu’il est important de se brosser les dents après chaque repas.

Par contre y’a pas de lien d’écoute directe genre soundcloud parce qu’on va pas vous mâcher le travail non plus, bande d’assistés.

EDIT du 26/03/15 : On remercie qui a re-taggué tout le bootleg (nouveau lien mediafire)

TELECHARGER 50 NUANCES DE KHEY

 

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la suite de ça
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Nous revoici dans l’hézélizipozorteuzeur du SHIZIELD, où le directeur général Booba Fury est en colère. Et au passage, on dit directeur général mais c’est bien plus que ça. Il est directeur mais aussi général. Les 2. Donc le jour où il passe PDG je vous dis pas le merdier.

Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, toi ?
Zekwe -Je viens du futur en Delorean, comme Marty MacFly….
Booba -Faux ! C’est moi qui suis dans le futur, pas toi. Bâtard, c’est mon futur ! Surtout celui là. Et ça explique pas comment t’es arrivé à bord de mon super Héliziporteur en plein vol.
Zekwe -Peut être parce que la Delorean peut voler ?
Seth Gueko -Et qu’est-ce que t’es venu foutre là, ma couillasse ?
Zekwe –J’ai la richesse d’être libre donc techniquement, je fais ce que je veux.
Seth Gueko -Avec tes cheveux ? Ça explique la crête ! ZBLAX !
Zekwe -Très marrant. Non en fait je suis venu pour la fille d’à côté. De toi.
Shay -Moi ? Tu peux toujours rêver si tu veux un feat.
Zekwe -Non, je sais que tu es un T800 venu du futur.
Shay -Ouais, T800 version feumeu.
Kaaris -Toi aussi t’es venue du futur pour baiser Sarah Connor ?
Booba -Fermez là avec vos conneries ! Y a que moi qui vient du Futur ici ! C’est même le blase de mon album.
Zekwe -En fait je me surnommais « Mr Futur » bien avant et…
Booba -Je m’en branle, c’est moi le plus connu. Si c’est comme ça je vais aussi prendre des gimmicks de chez toi genre « Zere ». Et toc, bien feinté l’asticot.
Zekwe -Je viens d’Evry, moi. Pas de Grigny.
Booba – MAIS C’EST PAREIL PUTAIN
Kennedy -Je suis désolé de casser l’ambiance, mais moi je disais déjà « On m’appelle Kennedy ou Futur » et c’était en 2005. Donc ça veut dire que, techniquement, je vous ai pompé. Je suis désolé.
Booba -…
Zekwe -…
Shay -…
Kaaris -…
Dosseh -…
Nessbeal -…
Niro -…
Issaka -…
Mala -…
Djé – »’
Grodash -…
Smoker -…
Seth Gueko -Non, alors je t’ai déjà expliqué, ma couillasse, mon julot, mon potogo. Une bonne fois pour toutes : pomper quelqu’un c’est ce que tu fais d’habitude en reprenant des phases que les gens ont sorti AVANT toi. Pas après.
Kennedy -Ah ok… Mais du coup, si on la sort tous les 2 en même temps ?
Zekwe -Bon allez, j’en ai raz le cul ! Je reprends ma Delorean et je vais remonter le temps avant d’avoir cette conversation avec vous.

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Booba -Bref. Quelqu’un ici n’a pas suivi le plan, quelqu’un ici a trahi, quelqu’un ici a poussé le bouchon beaucoup trop loin sans s’appeler Maurice. Et c’est toi, Niro !
Niro -Quoi ?! La vie de ma mère que je suis pas un teutrai, reste tranquille !
Booba -Tu as franchi la limite !
Niro -Mais c’est quoi la limite ?
Booba -Ne pas feater le rappeur pointeur !
Niro -Le feat avec La Fouine ?
Booba -Si si.
Djé -Pas dire je veux, mais Grodash, Kennedy, Seth, Smoker et surtout Nessbeal aussi l’ont déjà fait.
Booba -Allez hop ! Tous par dessus bord et toi aussi, Djé, parce que j’aime pas les gens trop fidèles non plus ! Poucav tout naze.
Niro -t’inquiète j’ai pas fini d’en faire des feats qui vont te faire chier.

–Les hérauts décident alors de se tirer devant un accueil aussi mitigé de la part de leur hôte. Quelque part, qu’il aille se faire foutre–

Linsen -Nous aussi on se casse ? Parce qu’à vrai dire le canap est confortable, ici.
Booba -Rappelle moi qui tu es ?
Linsen –Linsen. Le mec d’Unité Spéciale.
Booba -Les mots sortent de ta bouche mais n’ont pas de sens.
Linsen -Je fais du rap. On m’appelle l’insane.
Booba – …
Linsen – L’insane. Jeu de mot.
Booba – …
Linsen – non parce que tu vois, en fait…
Booba – je t’arrête tout de suite, mon silence n’est pas un oubli. Tu dis que tu rappes, prouve le, sors une phase.
Linsen – À quoi sert un avocat si t’es coupable ?
Booba -Au hasard : esquiver la zonz ?
Linsen -Mouais.
Booba -Donc toi si on te demande si tu veux un baveux tu réponds « pas la peine, je suis coupable »
Linsen -Bah ouais. La dernière fois l’inspecteur m’a dit qu’il en faudrait plus des comme moi.
Booba – Tu m’étonnes. Et sinon, tu veux un grec ?
Linsen -Pas la peine, j’ai faim.
Booba -Je vois, je vois… Hey Dam16, tu veux poser sur une de mes mixtapes ? Au point où on en est.
Dam16 -Pas la peine, j’ai un gros son en réserve que je vais bientôt mettre sur myspace.
Booba -Pourquoi tout le monde me fout pas la paix comme vous ? Vous êtes les meilleurzere.
Gato – I am Gato
Booba – je me disais aussi. Tu peux rester, mais je sais pas vraiment pourquoi.


Dehors, les hérauts discutent entre eux pour tuer le temps et briser le silence gênant en attendant que leurs parachutes Ünkut (facturés) ne les ramènent sur la terre ferme. Booba Fury allait pas se faire chier à poser l’Elieporteur non plus.
Niro -Moi je dis, on s’en bat les couilles. Bat les couilles. Bat les couilles.
Dosseh -On va continuer nos affaires de notre côté.
Kennedy -Mais vous comprenez pas ? C’était la chance de notre vie.
Seth -Mais qu’est-ce que t’as à être comme ça avec Booba, ma couillasse ? Même moi, je l’aime beaucoup, mais toi t’es excité comme Guy George aux jeux paralympiques à chaque fois que t’en parles.
Kennedy -Mais c’est normal. Booba déchaîne les passions. C’est comme ça. Le mec est arrogant. Il dit qu’il va tout baiser. Et ça arrive. Comment il fait ? Est-ce que c’est un gros gogol qu’a de la chatte ? Mais comment il ferait tout ça si il était gogol ? Est-ce qu’il savait avant qu’il allait tout niquer ? Comment il savait ? Est-ce que c’est son arrogance qui lui donne sa fore ? Sa force qui lui donne son arrogance ? Sa confiance en lui aurait été ébranlée si il avait merdé en route ?
Shay -Et il a des pecs trop beaux.
Kennedy -J’allais le dire. Finalement, Booba nous renvoie à notre propre condition. Quelle est la chose que je dois avoir en moi pour réussir comme lui ? S’il me regarde, est-ce que ça veut dire qu’il voit cette chose en moi ?
Issaka -tu parles de sa bite ?

Kennedy -S’il me regarde pas, est-ce que ça veut dire qu’il a rien vu en moi ? Comme tout leader d’un mouvement, il fascine. Est-il fou ? Très intelligent ? Les 2 ? Et nous ? Comment réagit-on à cette fascination ? Comment l’assume-t-on ? L’assume-t-on seulement ? Si oui, au grand jour ?
Shay -Mais surtout, il a de gros bras. La chatte à Popeye.
Seth -Non mais merde, là ! C’est moi qui dit la chatte à ceci où la chatte à cela ! Voleurs ! C’est mes chattes ! Surtout celle là.
Dosseh -Ah oui, alors à ce sujet…
Niro -En fait, c’est tout bête, tu vas voir…
Seth -Bah qu’est-ce qu’y a ? Crachez votre pastille, les julots.
Dosseh -Tout le monde dit la chatte à ceci la chatte à cela, maintenant.
Seth –Non ! Vous mentez !
Despo -Enfin, voyons, Seth, ouvre les yeux. C’est Chatte Land le rap maintenant.
Seth -NEEUUUUHOOOON ! POURQUOIIII ??
Niro -Ça va aller, poto ?
Seth -J’ai besoin d’un peu de temps. Ça fait tout drôle de plus être considéré comme un des rappeurs frinçais les plus vulgaires. Où est passé l’époque où je choquais ? J’ai beau élargir mon champ lexical toujours plus loin, ça a juste l’air chelou, comment que je cause. C’est plus comme avant.
Djé -Que tu invites Bigard, c’est pour ça ?
Seth -Mais non, putain. J’ai déjà dit mille fois, c’est parce …
–Mais Seth Gueko ne peut finir sa phrase, un missile Syrien qui passait par là vient accrocher son parachute et embarque maintenant le pauvre Seth vers la Californie–
Niro -C’est dommage. Un parachute tout neuf.
roger-rabbit-cameos
Booba -Vous voyez, Agent Maître Gims..
Gims -Maître Agent Gims.
Booba -Ok… Vous voyez, Agent Maître Gims, presque aucun n’a passé les tests.
Gims -Comment ça ? Vous les avez presque tous jetés par dessus bord.
Booba -Ok… Presque aucun n’a passé les tests. Je peux pas compter sur eux pour changer le rap avec moi afin d’en façonner un meilleur et plus beau.
Gims -Ils n’ont pas cette haute capacité à vendre à des pisseuses de 13 ans comme nous.
Booba -Exactement. Mais si tu recommences à m’interrompre, je te pète la gueule.
Gims -Ah ? Je croyais que vous m’ignoriez.
Booba -C’est ce que je fais avec tout le monde normalement. Mais toi, c’est impossible. T’ouvres toujours ta gueule. T’es tout le temps là. J’allume ma radio, t’es dessus. Ma télé, t’es dessus. Mon dernier CD, t’es dessus. On croit rêver, putain.
Gims -C’est le moment que vous attendiez tous, c’est ma réplique, mon moment, mon instant : DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ.
Booba -T’es lourd… Je disais donc, avant de te péter la gueule…
Gims -Mais vous m’avez pas pété la gueule. Ni ici ni dans les ventes.
Booba -Nan mais je vais le faire. Mais d’abord j’aimerais finir cette putain de phrase !
Gato – I am Gato.
Gims – Plaît-il ?
Gato – You are not Gato.
Gims -DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ. Vous disiez donc qu’il fallait sauver le rap Frinçais. Et faire du real Hiphop comme les mecs en Amérique ! Tout pareil.
Booba -Et celui qui a suffisamment de potentiel pour atteindre ce but, c’est le Hulkaaris.
Gims -Mais le Hulkaaris est instable, l’exposition trop prolongée au poulet braisé a altéré son métabolisme à un point…
Booba -50 cm de tour de bras, je sais, il le répète partout, vous me faites tous chier avec ça.
Film Title: The Incredible Hulk
Ils entrent alors dans la chambre forte sécurisée où Hulkaaris attend.
Kaaris -KAARIS !!! KAARIS !!!
Gato – GATO !!! GATO !!!
Kaaris – gâteau ? Kaaris préfère le poulet avec de la chapelure.
Booba -Tout doux, mon gros. Alors tu as choisi comment tu allais enchaîner après ton album ?
Kaaris -Kaaris va faire une réédition de Or Noir !
Booba -Quoi ? Non ! Tu peux pas faire ça. C’est moi qui fait les rééditions ici.
Kaaris -Alors pourquoi Edgar Davids peut et pas Kaaris ! Click ! OOOH CLICK !!
Gims -C’est parce que c’est moi qui ai eu l’idée le premier.
Kaaris -Kaaris croyait que c’était Booba Fury qui avait eu l’idée de faire réédition en premier.
Booba -Personne n’a eu l’idée de faire la réédition en premier, ça se fait depuis la nuit des temps dans la musique, mais c’est bien que tu dises que c’est moi
Gims -C’est comme ça que ça marche le rap frinçais.
Booba -Pas plus d’un pompage à la fois, sinon ça se voit.
Kaaris -Oh click !! Kaaris s’en fiche ! Kaaris va quand même sortir réédition !!!
Booba -Alors tu n’auras plus mon soutien. Méchant.
Kaaris -Et ?
Booba -Et alors, sans tous mes Boolievers, tu es foutu.
Gims -Boolievers ?
Booba -They believe in Booba. They boolieve !
Kaaris -Kaaris se moque des Boolievers.
Booba -Tu as tort, c’est grâce à eux que t’en es là, aujourd’hui. Observe.
-Le directeur Général Booba Fury ouvre un sas qui donne sur une fosse où plein de gens dorment à même le sol dans une pièce
sans lumière-
Les Boolievers -Oh ! C’est Booba ! Gloire à Booba !!
Booba –Salut les p’tits PDs. Dites moi, vous vous souvenez de ce gros, là ?
Les Boolievers -Oui, c’est Kaaris. Il est trop fort ! Il ramène du lourd dans ce rap game ! On a tous bien acheté son disque comme tu nous l’avais dit. We Boolieve in Booba !!!
Booba -Voilà. Sauf qu’en fait ça a changé, mes cons. Kaaris est un enculé de petit ingrat maintenant.
Les Boolievers -Boooooh Kaaris ! Nique ta mère Kaaris ! On achètera plus tes CDs. We Boolieve in Booba !

groupie_300
Booba -Tu vois ? Ils feront tout ce que je leur dis même quand c’est débile.
Gims -Impressionnant.
Kaaris -C’est la connerie des Boolievers que Kaaris trouve impressionnante.
Booba -Pffff c’est facile d’insulter mes fans.
Gims -Euh… Je veux pas dire, mais là c’est toi qui leur pisse dessus.
Booba -Bah c’est aussi mes chiottes, ici. Izi.
Kaaris -Boolievers rien dire quand Booba leur pisse dessus ?
Les Boolievers -Oh ! Louons le Seigneur, il nous arrose avec le nouveau parfum Ünkut !
Kaaris -…
Gims -…
Booba -Oui, même pour moi, c’est choquant parfois. Mes fans sont géniaux.
Kaaris -Kaaris sortira quand même Réédition Or Noir !

(Le Hulkaaris saute alors très haut et passe à travers le plafond de l’Elieporteur)

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Gims -Il est parti.
Booba -Mmmm… Ce petit con échappe à mon contrôle. Très bien… Je vais guetter ses paroles, maintenant. Et à la première occasion, je dirai qu’il me clash et que c’est lui qu’a commencé.
Gims – t’es sûr que tes fans vont suivre ?
Booba – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? Oh et puis merde, laisse-moi, j’ai un important coup de fil à passer. Allo ?
Salif – ouais ?
Booba – salut, c’était juste pour te redire une dernière fois que tu feras jamais partie de mes Avengerzer
Salif – si c’est un truc sexuel, je veux rien savoir
Booba – arrête de faire le con, je parle de rap
Salif – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? J’en ai plus rien à péter de ce rap de merde
(il raccroche)


Booba – il me rappelle quelqu’un, ce type…
Gato – toi, à l’époque où t’étais obligé de kicker parce que tu connaissais pas encore l’autotune ?
Booba – peut-être mais… hé mais d’où tu parles français toi ?!
Gato – I am Gato
Booba – …
Gato – Little Haiti vagabon toujou ladan’l men’m si’l gen san. I am Gato.
Booba – j’ai dû rêver. Quel dommage que ce petit Salif ait peur que je l’écrase en featuring et qu’il soit jaloux de ma réussite…
Dje – Ce qu’il a dit, pas du tout c’est ça. Mais de plus graves problèmes nous avons.
Booba – Toi je sais même pas par quel miracle t’as échappé à l’éjection hors de mon Elieporteur.
Dje – en fait…
Booba – j’ai pas dit que ça m’intéressait non plus. Va faire un son avec Mala, et fous-moi la paix. Et sors le en même temps que le nouveau son de Kaaris
Mala – IZI OK, MAIS IZI POURQUOI FAIRE ?
Booba – pour que le Hulkaaris comprenne que c’est pas la fête non plus. Et pour vous rappeler que vous avez pas le dixième de son buzz aussi, donc mollo sur les ambitions solos.
Mala – IZI HUMILIATION
Gato – I am Gato da bato.
Dje – véridique c’est, mais toujours blessant. Mais c’est pas pour ça que revenu je suis. Attaqués nous sommes.
Booba -Attaqués ?
Gims -Il a raison. Un énorme vaisseau en forme de pelle se dirige droit sur nous.
Booba -Ça ne peut être que Crâne Rohff…

(en attendant la suite, tu devrais cliquer sur l’image ci-dessous, ça t’emmènera vers un endroit merveilleux où tu peux télécharger un nouveau bootleg pas piqué des hannetons)
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