Chronique: Despo Rutti – Docteur Sophie Saïd

Comment réagir à la sortie d’un nouvel album de Despo Rutti ? Quelles attentes ? Quelle(s) lecture(s) en faire ? Voilà des questions que l’on se pose davantage qu’avec d’autres artistes. Despo est complexe, doté d’une personnalité troublante, façonnée par la maladie et les relations toxiques. Surtout, sa quête de sens, le faisant interpréter des signes quand il n’y a pas lieu, a fini par faire basculer son art dans l’ésotérisme et le complotisme poussif, perdant plus d’un auditeur au passage. Depuis Majster, l’homme a, en effet, inspiré la dérision, la pitié ou encore la fascination, montrant par-là à quel point le rapport des auditeurs à l’artiste avait bien changé.

Pourtant, Majster était belle et bien unique et grandiose, une œuvre de fantasme et de malaise. Mais une question restait en suspens : qu’allait-il advenir de Despo Rutti l’homme et de Despo Rutti l’artiste ? Car, bien sûr, Majster était un épisode, une photographie de l’état alarmant de la vie psychique de Despo, laquelle continuerait d’exister après l’album. Ce fut la suite de Majster, Le Cœur dans les Mains, qui en fournit la réponse : un naufrage. Là où Majster portait en lui un témoignage émouvant de la fragilité humaine, Le Cœur dans les Mains se révèle froid, anti-musical et pousse l’auditeur à un voyeurisme malsain.

Alors, quand Despo sort, quelques mois plus tard, un nouvel album portant le nom de sa psychiatre Docteur Sophie Saïd, l’appréhension est totale. Dans quel état d’esprit le rappeur a-t-il enfanté son projet ? Dépression, lucidité, troubles soignés ? Avec Despo, on ne peut plus prévoir, c’est un inconnu qui s’invite à table. Qui sait s’il discutera le bout de gras ou s’il décimera l’entièreté de la famille ? Car Despo Rutti semble n’avoir plus rien à perdre, lui qui avait tout perdu, jusqu’à sa raison. Cette fois, quel voyage dans les profondeurs a-t-il planifié ? Déjà, dès la galette lancée, le Joker du rap français exulte « I’m back, thank you docteur Saïd, I’m a monster now ». Descente en eaux troubles le temps d’une longue heure.

« Pourquoi papa est malade ? Il pleure dans tous ses chants / Pourquoi papa est malade ? Parce que l’Homme est méchant. Ils l’ont puni dans une chambre. »

 

Le refrain de Ani Mitzta’er reprend les éléments clés de Docteur Sophie Saïd. Despo revient à nouveau sur ses déboires familiaux, événements très personnels, et consacre une bonne partie de l’album à montrer que l’Homme n’est pas digne de confiance. D’ailleurs, la thématique récurrente qui traverse le projet en filigrane est celle de la trahison. Et cela à tous les niveaux : que ce soit les relations dans le monde du rap (Benjamin Chulvanij, Hommes d’honneur), avec les femmes (Ani Mitzta’er, Solénoglyphe) ou avec l’Homme de manière générale (Mens-moi, Les Plus Belles Roses Poussent dans la Merde). Pour Despo, il semble que l’amitié soit un leurre, l’amour un poison. Et quand le premier te tend la main et l’autre la bouche, il ne reste qu’à fuir. Même l’interlude Emmanuel Petit est un Grand (qui reprend les propos célèbres de Petit quand il se demande si les Bleus avaient gagné la coupe du monde) sert davantage à renforcer le thème de la suspicion et de la tromperie qu’à mettre en avant les raisonnements complotistes bien connus du rappeur. Concernant ceux-ci d’ailleurs, Docteur Sophie Saïd en comporte beaucoup moins qu’auparavant. De même, l’interprétation des signes a quasiment disparu.

De la malignité donc, cet album en contient une large part. Pour Despo, si celle-ci est largement à l’œuvre dans le rap, il n’hésite pas alors à raconter des anecdotes et donner des noms. Ainsi, Chulvanij, célèbre producteur de rap, voit son patronyme être donné à l’intro dans laquelle Despo part en croisade contre les maisons de disques et producteurs qu’il considère au mieux comme des voleurs. Mais c’est véritablement dans Hommes d’honneur que Despo règle ses comptes personnels tel le Roi Heenok dans Cauchemar. Morceau fleuve de 10 minutes, il cite à tour de rôle Kaaris, Niro et Fababy auxquels il reproche leur non-reconnaissance envers lui. Par ailleurs, le disque ne manque pas de légères piques et références envers d’autres acteurs du milieu :

« Je sors de l’HP / Orelsan sort la Fête est Finie. »

« Kéry a écrit J’ai Mal au Cœur / Moi j’ai mal à la foi car j’ai attendu d’être malade pour prier. »

Inconsciemment peut-être, en faisant de l’univers du rap et de ses acteurs un des leitmotivs de l’album, Despo Rutti réintègre sa place au sein de ce milieu alors qu’après Le Cœur dans les Mains, cette place ne lui était plus assurée tant il avait quitté toute ambition musicale et artistique ; Despo n’y était qu’un fantôme. Avec ce nouvel album, l’ombre reprend corps et il redevient un élément du rap français, même s’il garde un regard acéré sur ce business et s’écarte des modes de distribution classiques.

Aussi, que serait un album de Despo sans le partage de son intimité, laquelle comporte autant de violences, de tristesse, de désespoir et de dures vérités qu’un roman noir ? Si Despo nous y a habitué, ça n’en fait pas moins un vaccin. Quand les 8 minutes de Ani Mitzta’er (« je suis désolé » en hébreu) se termine, comment ne pas sentir son cœur se serrer ? Comment continuer à écouter le projet comme si de rien n’était ? Morceau dédié à sa fille lui expliquant ses absences, Despo va jusqu’à intégrer un enregistrement dans lequel elle lui demande de ne pas pleurer. Un brise-cœur sublimé par un texte arrachant : « J’aurais tellement aimé te faire faire ton rot dans mon dos / Où est ma fille, je ne la vois pas, on me l’a fait dans mon dos / La première fois que je t’ai vue c’était sur le Facebook de ta maman / Moi devant mon écran, j’encaisse la loose ». Ani Mitzta’er atteint définitivement un autre niveau que le déjà troublant Risperdal de Majster : « Je crois que quelque chose a bougé dans l’appart nigga / je crois que ma fille complote nigga ».

Si Despo paraît retrouver les sentiments de la paternité, serait-ce pour mieux détruire son père ? Dans le morceau Les Plus Belles Roses Poussent dans la Merde, le rappeur s’en prend, en effet, à son géniteur, le taxant de monstre, imageant un combat de boxe entre un môme de 7 ans et un père de 36 ans. Achevé par tant de cicatrices juvéniles, Despo termine ces 10 minutes de haine, de manquement à l’amour familial par le meurtre de celui-ci : « Quand j’ai un mot sur mon carnet, à la baraque, il me casse la gueule / Qui bat papa ? / Au bled, il autorise les profs à me fouetter au câble électrique / Qui bat papa ? / Je pète un plomb, le seul noir proche qui me vengera est un flingue / Clic clic PAH PAH ».

Enfin, la femme, objet d’animosité depuis Majster, acquière une nouvelle place dans Docteur Sophie Saïd. A l’inverse de Le Cœur dans les Mains, elle n’est plus seulement objet de défiance, créature envoyée par le Malin. Elle le reste dans le morceau Solénoglyphe, la présentant encore comme manipulatrice et séductrice telle un succube qui trompe les hommes et crée des dissensions entre eux. Cependant, à plusieurs reprises, Despo rééquilibre ces propos notamment sur This Swahili Woman Showed me What a Family Was dans lequel la femme, sa mère, redevient la lumière éclairant l’homme, intransigeante mais miséricordieuse, aimante surtout, même si cet amour est tu. La femme représente également celle qui sauve (sa psychiatre ainsi qu’une certaine personne dédicacée à la fin de Rockstars).

A travers ces multiples lectures, on comprend que Despo n’est plus tant à la recherche de signes, qu’à la recherche d’amour, désireux d’en offrir tant à ses filles que désirant être objet d’amour et de reconnaissance lui-même, bien que cet amour puisse être dangereux. Peut-être est-ce en cela que Docteur Sophie Saïd est un album rassurant, dans lequel Despo retrouve toute lucidité.

« Le rap c’est ma vie, même s’il est violent, il est touchant. »

 

Bien sûr, si l’on s’arrêtait à tout cela, ce serait seulement écouter Despo sous le prisme de son hypothétique folie. Docteur Sophie Saïd mérite amplement quelques lignes supplémentaires quant à la qualité musicale et artistique de l’album.

Avant tout, Despo reste fidèle à la réputation de sa plume. Toujours aussi tranchante, déstabilisante même, les phrases fortes s’enchaînent. Mais, loin d’être un simple album à punchlines, Dr Sophie Saïd jouit d’une cohérence et d’une consistance à toute épreuve, suivant une logique propre, créant des ponts et laissant les morceaux se répondre entre eux. L’écriture est véritablement impeccable et il faut du temps pour détecter de nouvelles rimes, de nouveaux sens ; quelques écoutes n’y suffisent pas. Au-delà de ce constat, ce qui rend ce nouvel album aussi audible, c’est l’effort d’interprétation de Despo Rutti. Si le flow reste particulièrement tranché, tel qu’on le connaissait, le rappeur s’adapte parfaitement, d’une part, aux différents types d’instru présents sur l’album et, d’autre part, à la puissance ou la faiblesse de ses propos. D’autant plus que l’artiste se laisse vraiment aller à chantonner, à crier, accélérer le rythme lorsque l’instru l’impose (Ani Mitzta’er). La palette de jeux de Despo est grande et ajoute à un album qui aurait pu être fatiguant le long de son heure et dix-huit minutes, suffisamment de diversité pour ne pas s’ennuyer.

Mis à part la qualité d’écriture et d’intonation de Despo, il faut néanmoins pointer les défauts de cet album qui ne plaira pas à tous les auditeurs. D’abord, alors que les albums tendent à être de plus en plus courts, que l’auditeur zappe très vite ou grapille de-ci de-là à son gré dans les projets, Despo fait à nouveau le choix de la longueur. Les morceaux de 6 à 9 minutes ne sont pas rares, il faut bien comprendre que chacun d’entre eux est un péplum à lui seul. Despo met définitivement au défi ses auditeurs, même si on est loin de Majster, double album débutant par une intro de 17 minutes. Par ailleurs, les productions de l’album forment un ensemble hétérogène, tant par la qualité de celles-ci que par leur adéquation ensemble. Si certains intrus sont excellents, d’autres laissent clairement à désirer. On a entendu Despo s’essayer à pas mal de styles, notamment l’afro trap sur Le Front Kick de Cantona. Le résultat est souvent mitigé lorsqu’il s’éloigne de son savoir-faire. Dans ce dernier album, Despo s’essaie ainsi à des sonorités électro d’une autre époque sur J’oublie la mesure par exemple ou sur R9. Sur un tel album, ces titres font tâches.

Enfin, et c’est bien là que Docteur Sophie Saïd risque d’en dégoûter certains, Despo a des prises de position qui ne font pas consensus et qui défient le politiquement correct. Ainsi, lorsqu’il assure par exemple que les « noirs sont soumis au blanc et à l’arabe » ou qu’il émet d’autres propos sur les femmes, il est probable qu’un certain nombre d’auditeurs ne le lui pardonnent pas, quand bien même ils connaitraient le passif de celui-ci.

« Si tu n’as jamais eu envie de tuer l’être aimé, c’est que tu l’as peut-être jamais aimé. »

 

Ainsi donc, Despo Rutti arrive à recréer la surprise après un Majster illuminé. Docteur Sophie Saïd est un album à la hauteur, non seulement des espérances, mais aussi du talent de Despo pour provoquer, chambouler, émouvoir. Si les stigmates de la maladie sont toujours évoqués et semblent planer au-dessus du rappeur comme une épée de Damoclès, il n’en reste pas moins que l’énergie déployée et les moments de grâce de l’album font plaisir à entendre et, surtout, rassure sur ce que Despo pourrait continuer à proposer au public. Ce même public qui s’est tant divisé après Majster et les quelques frasques de Despo sur les réseaux sociaux pourrait bien retrouver ici un rappeur plus équilibré, avec une hargne bien venue.

Finalement, Despo survit. Les démons accrochés à son âme, il chante encore, blessures ouvertes, lion fier et seul, délaissé par la meute dans une savane de haine et de suspicion, à la recherche d’une rédemption divine.

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la suite de ça
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Nous revoici dans l’hézélizipozorteuzeur du SHIZIELD, où le directeur général Booba Fury est en colère. Et au passage, on dit directeur général mais c’est bien plus que ça. Il est directeur mais aussi général. Les 2. Donc le jour où il passe PDG je vous dis pas le merdier.

Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, toi ?
Zekwe -Je viens du futur en Delorean, comme Marty MacFly….
Booba -Faux ! C’est moi qui suis dans le futur, pas toi. Bâtard, c’est mon futur ! Surtout celui là. Et ça explique pas comment t’es arrivé à bord de mon super Héliziporteur en plein vol.
Zekwe -Peut être parce que la Delorean peut voler ?
Seth Gueko -Et qu’est-ce que t’es venu foutre là, ma couillasse ?
Zekwe –J’ai la richesse d’être libre donc techniquement, je fais ce que je veux.
Seth Gueko -Avec tes cheveux ? Ça explique la crête ! ZBLAX !
Zekwe -Très marrant. Non en fait je suis venu pour la fille d’à côté. De toi.
Shay -Moi ? Tu peux toujours rêver si tu veux un feat.
Zekwe -Non, je sais que tu es un T800 venu du futur.
Shay -Ouais, T800 version feumeu.
Kaaris -Toi aussi t’es venue du futur pour baiser Sarah Connor ?
Booba -Fermez là avec vos conneries ! Y a que moi qui vient du Futur ici ! C’est même le blase de mon album.
Zekwe -En fait je me surnommais « Mr Futur » bien avant et…
Booba -Je m’en branle, c’est moi le plus connu. Si c’est comme ça je vais aussi prendre des gimmicks de chez toi genre « Zere ». Et toc, bien feinté l’asticot.
Zekwe -Je viens d’Evry, moi. Pas de Grigny.
Booba – MAIS C’EST PAREIL PUTAIN
Kennedy -Je suis désolé de casser l’ambiance, mais moi je disais déjà « On m’appelle Kennedy ou Futur » et c’était en 2005. Donc ça veut dire que, techniquement, je vous ai pompé. Je suis désolé.
Booba -…
Zekwe -…
Shay -…
Kaaris -…
Dosseh -…
Nessbeal -…
Niro -…
Issaka -…
Mala -…
Djé – »’
Grodash -…
Smoker -…
Seth Gueko -Non, alors je t’ai déjà expliqué, ma couillasse, mon julot, mon potogo. Une bonne fois pour toutes : pomper quelqu’un c’est ce que tu fais d’habitude en reprenant des phases que les gens ont sorti AVANT toi. Pas après.
Kennedy -Ah ok… Mais du coup, si on la sort tous les 2 en même temps ?
Zekwe -Bon allez, j’en ai raz le cul ! Je reprends ma Delorean et je vais remonter le temps avant d’avoir cette conversation avec vous.

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Booba -Bref. Quelqu’un ici n’a pas suivi le plan, quelqu’un ici a trahi, quelqu’un ici a poussé le bouchon beaucoup trop loin sans s’appeler Maurice. Et c’est toi, Niro !
Niro -Quoi ?! La vie de ma mère que je suis pas un teutrai, reste tranquille !
Booba -Tu as franchi la limite !
Niro -Mais c’est quoi la limite ?
Booba -Ne pas feater le rappeur pointeur !
Niro -Le feat avec La Fouine ?
Booba -Si si.
Djé -Pas dire je veux, mais Grodash, Kennedy, Seth, Smoker et surtout Nessbeal aussi l’ont déjà fait.
Booba -Allez hop ! Tous par dessus bord et toi aussi, Djé, parce que j’aime pas les gens trop fidèles non plus ! Poucav tout naze.
Niro -t’inquiète j’ai pas fini d’en faire des feats qui vont te faire chier.

–Les hérauts décident alors de se tirer devant un accueil aussi mitigé de la part de leur hôte. Quelque part, qu’il aille se faire foutre–

Linsen -Nous aussi on se casse ? Parce qu’à vrai dire le canap est confortable, ici.
Booba -Rappelle moi qui tu es ?
Linsen –Linsen. Le mec d’Unité Spéciale.
Booba -Les mots sortent de ta bouche mais n’ont pas de sens.
Linsen -Je fais du rap. On m’appelle l’insane.
Booba – …
Linsen – L’insane. Jeu de mot.
Booba – …
Linsen – non parce que tu vois, en fait…
Booba – je t’arrête tout de suite, mon silence n’est pas un oubli. Tu dis que tu rappes, prouve le, sors une phase.
Linsen – À quoi sert un avocat si t’es coupable ?
Booba -Au hasard : esquiver la zonz ?
Linsen -Mouais.
Booba -Donc toi si on te demande si tu veux un baveux tu réponds « pas la peine, je suis coupable »
Linsen -Bah ouais. La dernière fois l’inspecteur m’a dit qu’il en faudrait plus des comme moi.
Booba – Tu m’étonnes. Et sinon, tu veux un grec ?
Linsen -Pas la peine, j’ai faim.
Booba -Je vois, je vois… Hey Dam16, tu veux poser sur une de mes mixtapes ? Au point où on en est.
Dam16 -Pas la peine, j’ai un gros son en réserve que je vais bientôt mettre sur myspace.
Booba -Pourquoi tout le monde me fout pas la paix comme vous ? Vous êtes les meilleurzere.
Gato – I am Gato
Booba – je me disais aussi. Tu peux rester, mais je sais pas vraiment pourquoi.


Dehors, les hérauts discutent entre eux pour tuer le temps et briser le silence gênant en attendant que leurs parachutes Ünkut (facturés) ne les ramènent sur la terre ferme. Booba Fury allait pas se faire chier à poser l’Elieporteur non plus.
Niro -Moi je dis, on s’en bat les couilles. Bat les couilles. Bat les couilles.
Dosseh -On va continuer nos affaires de notre côté.
Kennedy -Mais vous comprenez pas ? C’était la chance de notre vie.
Seth -Mais qu’est-ce que t’as à être comme ça avec Booba, ma couillasse ? Même moi, je l’aime beaucoup, mais toi t’es excité comme Guy George aux jeux paralympiques à chaque fois que t’en parles.
Kennedy -Mais c’est normal. Booba déchaîne les passions. C’est comme ça. Le mec est arrogant. Il dit qu’il va tout baiser. Et ça arrive. Comment il fait ? Est-ce que c’est un gros gogol qu’a de la chatte ? Mais comment il ferait tout ça si il était gogol ? Est-ce qu’il savait avant qu’il allait tout niquer ? Comment il savait ? Est-ce que c’est son arrogance qui lui donne sa fore ? Sa force qui lui donne son arrogance ? Sa confiance en lui aurait été ébranlée si il avait merdé en route ?
Shay -Et il a des pecs trop beaux.
Kennedy -J’allais le dire. Finalement, Booba nous renvoie à notre propre condition. Quelle est la chose que je dois avoir en moi pour réussir comme lui ? S’il me regarde, est-ce que ça veut dire qu’il voit cette chose en moi ?
Issaka -tu parles de sa bite ?

Kennedy -S’il me regarde pas, est-ce que ça veut dire qu’il a rien vu en moi ? Comme tout leader d’un mouvement, il fascine. Est-il fou ? Très intelligent ? Les 2 ? Et nous ? Comment réagit-on à cette fascination ? Comment l’assume-t-on ? L’assume-t-on seulement ? Si oui, au grand jour ?
Shay -Mais surtout, il a de gros bras. La chatte à Popeye.
Seth -Non mais merde, là ! C’est moi qui dit la chatte à ceci où la chatte à cela ! Voleurs ! C’est mes chattes ! Surtout celle là.
Dosseh -Ah oui, alors à ce sujet…
Niro -En fait, c’est tout bête, tu vas voir…
Seth -Bah qu’est-ce qu’y a ? Crachez votre pastille, les julots.
Dosseh -Tout le monde dit la chatte à ceci la chatte à cela, maintenant.
Seth –Non ! Vous mentez !
Despo -Enfin, voyons, Seth, ouvre les yeux. C’est Chatte Land le rap maintenant.
Seth -NEEUUUUHOOOON ! POURQUOIIII ??
Niro -Ça va aller, poto ?
Seth -J’ai besoin d’un peu de temps. Ça fait tout drôle de plus être considéré comme un des rappeurs frinçais les plus vulgaires. Où est passé l’époque où je choquais ? J’ai beau élargir mon champ lexical toujours plus loin, ça a juste l’air chelou, comment que je cause. C’est plus comme avant.
Djé -Que tu invites Bigard, c’est pour ça ?
Seth -Mais non, putain. J’ai déjà dit mille fois, c’est parce …
–Mais Seth Gueko ne peut finir sa phrase, un missile Syrien qui passait par là vient accrocher son parachute et embarque maintenant le pauvre Seth vers la Californie–
Niro -C’est dommage. Un parachute tout neuf.
roger-rabbit-cameos
Booba -Vous voyez, Agent Maître Gims..
Gims -Maître Agent Gims.
Booba -Ok… Vous voyez, Agent Maître Gims, presque aucun n’a passé les tests.
Gims -Comment ça ? Vous les avez presque tous jetés par dessus bord.
Booba -Ok… Presque aucun n’a passé les tests. Je peux pas compter sur eux pour changer le rap avec moi afin d’en façonner un meilleur et plus beau.
Gims -Ils n’ont pas cette haute capacité à vendre à des pisseuses de 13 ans comme nous.
Booba -Exactement. Mais si tu recommences à m’interrompre, je te pète la gueule.
Gims -Ah ? Je croyais que vous m’ignoriez.
Booba -C’est ce que je fais avec tout le monde normalement. Mais toi, c’est impossible. T’ouvres toujours ta gueule. T’es tout le temps là. J’allume ma radio, t’es dessus. Ma télé, t’es dessus. Mon dernier CD, t’es dessus. On croit rêver, putain.
Gims -C’est le moment que vous attendiez tous, c’est ma réplique, mon moment, mon instant : DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ.
Booba -T’es lourd… Je disais donc, avant de te péter la gueule…
Gims -Mais vous m’avez pas pété la gueule. Ni ici ni dans les ventes.
Booba -Nan mais je vais le faire. Mais d’abord j’aimerais finir cette putain de phrase !
Gato – I am Gato.
Gims – Plaît-il ?
Gato – You are not Gato.
Gims -DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ. Vous disiez donc qu’il fallait sauver le rap Frinçais. Et faire du real Hiphop comme les mecs en Amérique ! Tout pareil.
Booba -Et celui qui a suffisamment de potentiel pour atteindre ce but, c’est le Hulkaaris.
Gims -Mais le Hulkaaris est instable, l’exposition trop prolongée au poulet braisé a altéré son métabolisme à un point…
Booba -50 cm de tour de bras, je sais, il le répète partout, vous me faites tous chier avec ça.
Film Title: The Incredible Hulk
Ils entrent alors dans la chambre forte sécurisée où Hulkaaris attend.
Kaaris -KAARIS !!! KAARIS !!!
Gato – GATO !!! GATO !!!
Kaaris – gâteau ? Kaaris préfère le poulet avec de la chapelure.
Booba -Tout doux, mon gros. Alors tu as choisi comment tu allais enchaîner après ton album ?
Kaaris -Kaaris va faire une réédition de Or Noir !
Booba -Quoi ? Non ! Tu peux pas faire ça. C’est moi qui fait les rééditions ici.
Kaaris -Alors pourquoi Edgar Davids peut et pas Kaaris ! Click ! OOOH CLICK !!
Gims -C’est parce que c’est moi qui ai eu l’idée le premier.
Kaaris -Kaaris croyait que c’était Booba Fury qui avait eu l’idée de faire réédition en premier.
Booba -Personne n’a eu l’idée de faire la réédition en premier, ça se fait depuis la nuit des temps dans la musique, mais c’est bien que tu dises que c’est moi
Gims -C’est comme ça que ça marche le rap frinçais.
Booba -Pas plus d’un pompage à la fois, sinon ça se voit.
Kaaris -Oh click !! Kaaris s’en fiche ! Kaaris va quand même sortir réédition !!!
Booba -Alors tu n’auras plus mon soutien. Méchant.
Kaaris -Et ?
Booba -Et alors, sans tous mes Boolievers, tu es foutu.
Gims -Boolievers ?
Booba -They believe in Booba. They boolieve !
Kaaris -Kaaris se moque des Boolievers.
Booba -Tu as tort, c’est grâce à eux que t’en es là, aujourd’hui. Observe.
-Le directeur Général Booba Fury ouvre un sas qui donne sur une fosse où plein de gens dorment à même le sol dans une pièce
sans lumière-
Les Boolievers -Oh ! C’est Booba ! Gloire à Booba !!
Booba –Salut les p’tits PDs. Dites moi, vous vous souvenez de ce gros, là ?
Les Boolievers -Oui, c’est Kaaris. Il est trop fort ! Il ramène du lourd dans ce rap game ! On a tous bien acheté son disque comme tu nous l’avais dit. We Boolieve in Booba !!!
Booba -Voilà. Sauf qu’en fait ça a changé, mes cons. Kaaris est un enculé de petit ingrat maintenant.
Les Boolievers -Boooooh Kaaris ! Nique ta mère Kaaris ! On achètera plus tes CDs. We Boolieve in Booba !

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Booba -Tu vois ? Ils feront tout ce que je leur dis même quand c’est débile.
Gims -Impressionnant.
Kaaris -C’est la connerie des Boolievers que Kaaris trouve impressionnante.
Booba -Pffff c’est facile d’insulter mes fans.
Gims -Euh… Je veux pas dire, mais là c’est toi qui leur pisse dessus.
Booba -Bah c’est aussi mes chiottes, ici. Izi.
Kaaris -Boolievers rien dire quand Booba leur pisse dessus ?
Les Boolievers -Oh ! Louons le Seigneur, il nous arrose avec le nouveau parfum Ünkut !
Kaaris -…
Gims -…
Booba -Oui, même pour moi, c’est choquant parfois. Mes fans sont géniaux.
Kaaris -Kaaris sortira quand même Réédition Or Noir !

(Le Hulkaaris saute alors très haut et passe à travers le plafond de l’Elieporteur)

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Gims -Il est parti.
Booba -Mmmm… Ce petit con échappe à mon contrôle. Très bien… Je vais guetter ses paroles, maintenant. Et à la première occasion, je dirai qu’il me clash et que c’est lui qu’a commencé.
Gims – t’es sûr que tes fans vont suivre ?
Booba – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? Oh et puis merde, laisse-moi, j’ai un important coup de fil à passer. Allo ?
Salif – ouais ?
Booba – salut, c’était juste pour te redire une dernière fois que tu feras jamais partie de mes Avengerzer
Salif – si c’est un truc sexuel, je veux rien savoir
Booba – arrête de faire le con, je parle de rap
Salif – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? J’en ai plus rien à péter de ce rap de merde
(il raccroche)


Booba – il me rappelle quelqu’un, ce type…
Gato – toi, à l’époque où t’étais obligé de kicker parce que tu connaissais pas encore l’autotune ?
Booba – peut-être mais… hé mais d’où tu parles français toi ?!
Gato – I am Gato
Booba – …
Gato – Little Haiti vagabon toujou ladan’l men’m si’l gen san. I am Gato.
Booba – j’ai dû rêver. Quel dommage que ce petit Salif ait peur que je l’écrase en featuring et qu’il soit jaloux de ma réussite…
Dje – Ce qu’il a dit, pas du tout c’est ça. Mais de plus graves problèmes nous avons.
Booba – Toi je sais même pas par quel miracle t’as échappé à l’éjection hors de mon Elieporteur.
Dje – en fait…
Booba – j’ai pas dit que ça m’intéressait non plus. Va faire un son avec Mala, et fous-moi la paix. Et sors le en même temps que le nouveau son de Kaaris
Mala – IZI OK, MAIS IZI POURQUOI FAIRE ?
Booba – pour que le Hulkaaris comprenne que c’est pas la fête non plus. Et pour vous rappeler que vous avez pas le dixième de son buzz aussi, donc mollo sur les ambitions solos.
Mala – IZI HUMILIATION
Gato – I am Gato da bato.
Dje – véridique c’est, mais toujours blessant. Mais c’est pas pour ça que revenu je suis. Attaqués nous sommes.
Booba -Attaqués ?
Gims -Il a raison. Un énorme vaisseau en forme de pelle se dirige droit sur nous.
Booba -Ça ne peut être que Crâne Rohff…

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