Bootleg réalisé par: Crem / Cover: Thomas / Texte: Luciano
On raconte qu’avec l’Apocalypse vient quatre cavaliers aux chevauchées simultanées : la Conquête, la Guerre, la Famine et la Mort. Lâchés sur Terre, leur seul but est de tout détruire. C’est un peu l’effet qu’a fait V.U.E (Violence Urbaine Emeute) sur le rap français à sa sortie en 2016. Un seize titres complet, maîtrisé, ambitieux, où Oldpee, Zed, Zefor et Detess se mêlent l’un à l’autre en une parfaite symbiose. 1 heure et 9 minutes plus tard, un présage est annoncé : Vers l’Enfer.
Si l’époque était sujette à une dictature sonore, le quatuor a monté un putsch, assez important pour s’imposer comme les Princes de la drill, alors même que Gradur, Niska, XV Barbar et tant d’autres avaient de semblables ambitions. Le succès n’était que d’estime, encore caché, et si l’on pensait que leur troisième mixtape, Ultrap, allait leur donner la reconnaissance qu’il méritait alors, on s’est vite rendu compte que 13 Block était maudit, comme condamné à ne jamais trouver la clé du succès commercial.
Surgit alors un cinquième cavalier, déjà bien avancé dans la course : Ikaz Boi, le virtuose. Derrière Somme et Vide, il ratisse le terrain et offre aux quatre funestes cavaliers les instruments nécessaires pour montrer toute l’étendue de leur puissance. Ne reste plus qu’à attendre Triple S, quatrième projet du groupe, exclusivement produit par Ikaz, mais en sachant que vous êtes de petites âmes impatientes, on vous a concocté le meilleur bootleg téléchargeable sur Internet. Un grand cru de morceaux hors-albums et mixtapes, où retentit cette ténébreuse et démoniaque violence, celle qui glace le sang dès la première écoute, celle qui n’est que de mauvaise augure.
Au début j’ai essayé de faire un tracklisting cohérent, que les morceaux s’enchaînent bien l’un après l’autre, qu’il n’y est pas de gros changements. Mais c’est impossible. Ca ressemble à une compilation faite par un ado de campagne au début des années 2000, qui à lancé des téléchargements un peu au hasard sur eMule (en sachant très bien qu’il y aura un ou deux porno dans le lot). Un CD Verbatim sur lequel est inscrit »COMPIL 2001 » au marqueur.
Ce genre de disque qui traîne dans toutes les voitures, sans boîtier mais qui étonnamment continue de fonctionner (même si la piste 8 saute). La bande son des samedis soirs où on veut pas rentrer, où on en a pas eu assez, et où on roule tout en se demandant si on va au »Calypso » ou au »Vegas ». La bande son des regrets à la sortie de l’établissement, où on a qu’une seule chose en tête : de la viande grasse et des frites dans du pain. Et avec un Fanta pour faire passer le tout.
Le seul point commun entre ces titres est qu’ils entrent dans la composition de prod. pour Butter Bullets, Alkpote ou Radmo. Ce point commun s’appelle Dela. Et lors d’un quelconque dimanche matin aux alentours de 05h30, il est facilement imaginable l’entendre dire:
« Putain c’était vraiment nul, la prochaine fois on ira au »Newlook » ou au »Monte Cristo » »
Le 14 Février, une date marquée au fer rouge par l’amour et tout ce qui peut s’y apparenter. Comme dans les films (rarement drôles), tout se résume à des livraisons de bouquets de fleurs et des invitations dans des restaurants coûteux. C’est aussi le jour des ruptures, des friendzone, des bagarres entre fiancées et des sidechicks, et des tweets d’Agathe Auproux qui dit préférer passer la soirée devant une autre défaite du PSG en Champion’s League qu’avec un homme.
Tout cela est assez cocasse car les origines de la Saint-Valentin n’ont absolument rien de romantique : la première version raconte que les romains désignaient 12 hommes qui couraient en pagne avec du sang sur le front, dans les villages afin de flageller des femmes avec un fouet en peau de bouc pour les rendre fertiles ; la seconde ramène à l’histoire du prêtre Valentin qui a fini décapité pour avoir marié des couples dans son église sous le régime de l’empereur Claude II.
Aujourd’hui, on constate que rien n’a changer à part que cette tradition s’est transformée en évènement commercial. Mais les rappeurs, indirectement, perpétuent les traditions des romains en les modernisant dans leurs sons : ils parlent d’adultère, de proxénétisme, de vengeance meurtrière envers les amants de leurs bien-aimées, de manipuler le cœur des femmes pour les faire rentrer dans une vie baignant dans l’illicite, etc.
Et c’est là que notre mix entre en jeu : nous avons sélectionné des sons avec pour thématique toutes ces situations, en plus des regrets, de la haine, de la folie, la luxure, le sexe et surtout la rue, l’argent et la drogue.
Pour illustrer tout cela, on passe de 50 Cent à Freddie Gibbs, en passant par Un Pacino, Chief Keef ou Sheek Louch. Sortez les bougies senteur vanille, dressez la table et habillez votre carrelage de pétales de rose.
01 – Sheek Louch – How I Love You (feat. Styles P)
02 – Un Pacino – Pimpin Season
03 – Sada Baby – Peacock
04 – 50 Cent – Pimpin Part. 2
05 – Dark Lo – Sucker For Love Part. 3
06 – Max B – No Competition
07 – Ski Mask Malley – Fall In Love
08 – Gucci Mane – I Think I Love Her
09 – Plies & Kodak Black – Heart & Mind
10 – Z-Ro – Driving Me Wild
11 – Freddie Gibbs – MCH
12 – Chief Keef – My Baby
13 – Juicy J – Kamasutra (feat. Cardi B)
14 – Kevin Gates – Around Me
15 – Lil Boosie – Boosie Love
16 – Bruno Mali Kidd – Deco Drive
17 – ABN – Still Get No Love
18 – Keak Da Sneak – For You (feat. Rayven Justice)
19 – Outro
Comment réagir à la sortie d’un nouvel album de Despo Rutti ? Quelles attentes ? Quelle(s) lecture(s) en faire ? Voilà des questions que l’on se pose davantage qu’avec d’autres artistes. Despo est complexe, doté d’une personnalité troublante, façonnée par la maladie et les relations toxiques. Surtout, sa quête de sens, le faisant interpréter des signes quand il n’y a pas lieu, a fini par faire basculer son art dans l’ésotérisme et le complotisme poussif, perdant plus d’un auditeur au passage. Depuis Majster, l’homme a, en effet, inspiré la dérision, la pitié ou encore la fascination, montrant par-là à quel point le rapport des auditeurs à l’artiste avait bien changé.
Pourtant, Majster était belle et bien unique et grandiose, une œuvre de fantasme et de malaise. Mais une question restait en suspens : qu’allait-il advenir de Despo Rutti l’homme et de Despo Rutti l’artiste ? Car, bien sûr, Majster était un épisode, une photographie de l’état alarmant de la vie psychique de Despo, laquelle continuerait d’exister après l’album. Ce fut la suite de Majster, Le Cœur dans les Mains, qui en fournit la réponse : un naufrage. Là où Majster portait en lui un témoignage émouvant de la fragilité humaine, Le Cœur dans les Mains se révèle froid, anti-musical et pousse l’auditeur à un voyeurisme malsain.
Alors, quand Despo sort, quelques mois plus tard, un nouvel album portant le nom de sa psychiatre Docteur Sophie Saïd, l’appréhension est totale. Dans quel état d’esprit le rappeur a-t-il enfanté son projet ? Dépression, lucidité, troubles soignés ? Avec Despo, on ne peut plus prévoir, c’est un inconnu qui s’invite à table. Qui sait s’il discutera le bout de gras ou s’il décimera l’entièreté de la famille ? Car Despo Rutti semble n’avoir plus rien à perdre, lui qui avait tout perdu, jusqu’à sa raison. Cette fois, quel voyage dans les profondeurs a-t-il planifié ? Déjà, dès la galette lancée, le Joker du rap français exulte « I’m back, thank you docteur Saïd, I’m a monster now ». Descente en eaux troubles le temps d’une longue heure.
« Pourquoi papa est malade ? Il pleure dans tous ses chants / Pourquoi papa est malade ? Parce que l’Homme est méchant. Ils l’ont puni dans une chambre. »
Le refrain de Ani Mitzta’er reprend les éléments clés de Docteur Sophie Saïd. Despo revient à nouveau sur ses déboires familiaux, événements très personnels, et consacre une bonne partie de l’album à montrer que l’Homme n’est pas digne de confiance. D’ailleurs, la thématique récurrente qui traverse le projet en filigrane est celle de la trahison. Et cela à tous les niveaux : que ce soit les relations dans le monde du rap (Benjamin Chulvanij, Hommes d’honneur), avec les femmes (Ani Mitzta’er, Solénoglyphe) ou avec l’Homme de manière générale (Mens-moi, Les Plus Belles Roses Poussent dans la Merde). Pour Despo, il semble que l’amitié soit un leurre, l’amour un poison. Et quand le premier te tend la main et l’autre la bouche, il ne reste qu’à fuir. Même l’interlude Emmanuel Petit est un Grand (qui reprend les propos célèbres de Petit quand il se demande si les Bleus avaient gagné la coupe du monde) sert davantage à renforcer le thème de la suspicion et de la tromperie qu’à mettre en avant les raisonnements complotistes bien connus du rappeur. Concernant ceux-ci d’ailleurs, Docteur Sophie Saïd en comporte beaucoup moins qu’auparavant. De même, l’interprétation des signes a quasiment disparu.
De la malignité donc, cet album en contient une large part. Pour Despo, si celle-ci est largement à l’œuvre dans le rap, il n’hésite pas alors à raconter des anecdotes et donner des noms. Ainsi, Chulvanij, célèbre producteur de rap, voit son patronyme être donné à l’intro dans laquelle Despo part en croisade contre les maisons de disques et producteurs qu’il considère au mieux comme des voleurs. Mais c’est véritablement dans Hommes d’honneur que Despo règle ses comptes personnels tel le Roi Heenok dans Cauchemar. Morceau fleuve de 10 minutes, il cite à tour de rôle Kaaris, Niro et Fababy auxquels il reproche leur non-reconnaissance envers lui. Par ailleurs, le disque ne manque pas de légères piques et références envers d’autres acteurs du milieu :
« Je sors de l’HP / Orelsan sort la Fête est Finie. »
« Kéry a écrit J’ai Mal au Cœur / Moi j’ai mal à la foi car j’ai attendu d’être malade pour prier. »
Inconsciemment peut-être, en faisant de l’univers du rap et de ses acteurs un des leitmotivs de l’album, Despo Rutti réintègre sa place au sein de ce milieu alors qu’après Le Cœur dans les Mains, cette place ne lui était plus assurée tant il avait quitté toute ambition musicale et artistique ; Despo n’y était qu’un fantôme. Avec ce nouvel album, l’ombre reprend corps et il redevient un élément du rap français, même s’il garde un regard acéré sur ce business et s’écarte des modes de distribution classiques.
Aussi, que serait un album de Despo sans le partage de son intimité, laquelle comporte autant de violences, de tristesse, de désespoir et de dures vérités qu’un roman noir ? Si Despo nous y a habitué, ça n’en fait pas moins un vaccin. Quand les 8 minutes de Ani Mitzta’er (« je suis désolé » en hébreu) se termine, comment ne pas sentir son cœur se serrer ? Comment continuer à écouter le projet comme si de rien n’était ? Morceau dédié à sa fille lui expliquant ses absences, Despo va jusqu’à intégrer un enregistrement dans lequel elle lui demande de ne pas pleurer. Un brise-cœur sublimé par un texte arrachant : « J’aurais tellement aimé te faire faire ton rot dans mon dos / Où est ma fille, je ne la vois pas, on me l’a fait dans mon dos / La première fois que je t’ai vue c’était sur le Facebook de ta maman / Moi devant mon écran, j’encaisse la loose ». Ani Mitzta’er atteint définitivement un autre niveau que le déjà troublant Risperdal de Majster : « Je crois que quelque chose a bougé dans l’appart nigga / je crois que ma fille complote nigga ».
Si Despo paraît retrouver les sentiments de la paternité, serait-ce pour mieux détruire son père ? Dans le morceau Les Plus Belles Roses Poussent dans la Merde, le rappeur s’en prend, en effet, à son géniteur, le taxant de monstre, imageant un combat de boxe entre un môme de 7 ans et un père de 36 ans. Achevé par tant de cicatrices juvéniles, Despo termine ces 10 minutes de haine, de manquement à l’amour familial par le meurtre de celui-ci : « Quand j’ai un mot sur mon carnet, à la baraque, il me casse la gueule / Qui bat papa ? / Au bled, il autorise les profs à me fouetter au câble électrique / Qui bat papa ? / Je pète un plomb, le seul noir proche qui me vengera est un flingue / Clic clic PAH PAH ».
Enfin, la femme, objet d’animosité depuis Majster, acquière une nouvelle place dans Docteur Sophie Saïd. A l’inverse de Le Cœur dans les Mains, elle n’est plus seulement objet de défiance, créature envoyée par le Malin. Elle le reste dans le morceau Solénoglyphe, la présentant encore comme manipulatrice et séductrice telle un succube qui trompe les hommes et crée des dissensions entre eux. Cependant, à plusieurs reprises, Despo rééquilibre ces propos notamment sur This Swahili Woman Showed me What a Family Was dans lequel la femme, sa mère, redevient la lumière éclairant l’homme, intransigeante mais miséricordieuse, aimante surtout, même si cet amour est tu. La femme représente également celle qui sauve (sa psychiatre ainsi qu’une certaine personne dédicacée à la fin de Rockstars).
A travers ces multiples lectures, on comprend que Despo n’est plus tant à la recherche de signes, qu’à la recherche d’amour, désireux d’en offrir tant à ses filles que désirant être objet d’amour et de reconnaissance lui-même, bien que cet amour puisse être dangereux. Peut-être est-ce en cela que Docteur Sophie Saïd est un album rassurant, dans lequel Despo retrouve toute lucidité.
« Le rap c’est ma vie, même s’il est violent, il est touchant. »
Bien sûr, si l’on s’arrêtait à tout cela, ce serait seulement écouter Despo sous le prisme de son hypothétique folie. Docteur Sophie Saïd mérite amplement quelques lignes supplémentaires quant à la qualité musicale et artistique de l’album.
Avant tout, Despo reste fidèle à la réputation de sa plume. Toujours aussi tranchante, déstabilisante même, les phrases fortes s’enchaînent. Mais, loin d’être un simple album à punchlines, Dr Sophie Saïd jouit d’une cohérence et d’une consistance à toute épreuve, suivant une logique propre, créant des ponts et laissant les morceaux se répondre entre eux. L’écriture est véritablement impeccable et il faut du temps pour détecter de nouvelles rimes, de nouveaux sens ; quelques écoutes n’y suffisent pas. Au-delà de ce constat, ce qui rend ce nouvel album aussi audible, c’est l’effort d’interprétation de Despo Rutti. Si le flow reste particulièrement tranché, tel qu’on le connaissait, le rappeur s’adapte parfaitement, d’une part, aux différents types d’instru présents sur l’album et, d’autre part, à la puissance ou la faiblesse de ses propos. D’autant plus que l’artiste se laisse vraiment aller à chantonner, à crier, accélérer le rythme lorsque l’instru l’impose (Ani Mitzta’er). La palette de jeux de Despo est grande et ajoute à un album qui aurait pu être fatiguant le long de son heure et dix-huit minutes, suffisamment de diversité pour ne pas s’ennuyer.
Mis à part la qualité d’écriture et d’intonation de Despo, il faut néanmoins pointer les défauts de cet album qui ne plaira pas à tous les auditeurs. D’abord, alors que les albums tendent à être de plus en plus courts, que l’auditeur zappe très vite ou grapille de-ci de-là à son gré dans les projets, Despo fait à nouveau le choix de la longueur. Les morceaux de 6 à 9 minutes ne sont pas rares, il faut bien comprendre que chacun d’entre eux est un péplum à lui seul. Despo met définitivement au défi ses auditeurs, même si on est loin de Majster, double album débutant par une intro de 17 minutes. Par ailleurs, les productions de l’album forment un ensemble hétérogène, tant par la qualité de celles-ci que par leur adéquation ensemble. Si certains intrus sont excellents, d’autres laissent clairement à désirer. On a entendu Despo s’essayer à pas mal de styles, notamment l’afro trap sur Le Front Kick de Cantona. Le résultat est souvent mitigé lorsqu’il s’éloigne de son savoir-faire. Dans ce dernier album, Despo s’essaie ainsi à des sonorités électro d’une autre époque sur J’oublie la mesure par exemple ou sur R9. Sur un tel album, ces titres font tâches.
Enfin, et c’est bien là que Docteur Sophie Saïd risque d’en dégoûter certains, Despo a des prises de position qui ne font pas consensus et qui défient le politiquement correct. Ainsi, lorsqu’il assure par exemple que les « noirs sont soumis au blanc et à l’arabe » ou qu’il émet d’autres propos sur les femmes, il est probable qu’un certain nombre d’auditeurs ne le lui pardonnent pas, quand bien même ils connaitraient le passif de celui-ci.
« Si tu n’as jamais eu envie de tuer l’être aimé, c’est que tu l’as peut-être jamais aimé. »
Ainsi donc, Despo Rutti arrive à recréer la surprise après un Majster illuminé. Docteur Sophie Saïd est un album à la hauteur, non seulement des espérances, mais aussi du talent de Despo pour provoquer, chambouler, émouvoir. Si les stigmates de la maladie sont toujours évoqués et semblent planer au-dessus du rappeur comme une épée de Damoclès, il n’en reste pas moins que l’énergie déployée et les moments de grâce de l’album font plaisir à entendre et, surtout, rassure sur ce que Despo pourrait continuer à proposer au public. Ce même public qui s’est tant divisé après Majster et les quelques frasques de Despo sur les réseaux sociaux pourrait bien retrouver ici un rappeur plus équilibré, avec une hargne bien venue.
Finalement, Despo survit. Les démons accrochés à son âme, il chante encore, blessures ouvertes, lion fier et seul, délaissé par la meute dans une savane de haine et de suspicion, à la recherche d’une rédemption divine.
Detroit, surnommé aussi Motown, a toujours été une ville où le rap est encré au plus profond de ses entrailles, depuis les années 90 avec Esham ou Insane Clown Posse, et en particulier avec l’explosion du phénomène de la fin des années 90 et des années 2000 : Eminem (grâce au petit coup de pouce de Dr. Dre), et de son équipe D12.
La ville de General Motors est aussi respecté par la scène underground pour avoir ramené au fil des années des grands artistes comme J Dilla (REP), Slum Village, Royce da 5’9″, Phat Kat, Black Milk ou encore Guilty Simpson, qui ont eu une grande influence sur le rap dans les années 2000 dans les sonorités, car très attaché à la musique électronique et au sampling de musique soul/jazz (exemple : Kanye West).
Mais la Motors City n’a malheureusement pas réussi à prendre le cap au début à la fin des années 2000. Des sorties de plus en plus confidentielles, l’émergence de nouveaux artistes au point mort, c’est comme si le décès de Jay Dilla avait totalement suspendu cette scène dans le temps, et cela coïncide à la période où Eminem commence à sortir des albums de plus en plus mauvais.
Mais pendant que Slim Shady prenait d’assaut les charts, un petit groupe de marginaux faisaient leurs propres sauces entre la Eastside et le Westside, qui sont en rivalité depuis des années : Street Lordz, Blade Icewood (REP), et Eastside CheedaBoyz.
Ces derniers ont ramené la Bay Area dans ce grand glacier : des artistes tels que B-Legit, Spice 1, Richie Rich, ou encore Too $hort sont venus le temps d’une escale exprimé le respect qu’ils ont envers Motown et sans le vouloir laisser des traces qui sont gravés jusqu’à aujourd’hui sur l’asphalte humide.
Malheureusement, la rivalité Eastside/Westside a fait de nombreuses victimes, dont Wipeout d’Eastside CheedaBoyz et Blade Icewood. Mais avant de s’en aller, ils ont laissé un énorme héritage qui a apporté de la lumière à certains jeunes soldats : en 2012, le collectif DoughBoy CashOut commence a faire parler de lui dans la rue, avec des productions totalement différentes de ce qui se faisaient d’habitude dans la scène locale, comme leur prédécesseur.
Des sonorités empruntées à la bay area des années 90 (contrairement aux voisins d’Akron, dans Ohio, plus axé sur des sonorités de la bay area époque 2000), à la Nouvelle-Orleans type Cash Money Records ou No Limit Records, jusqu’à en reprendre même les codes mais en les rendant plus actuels. Des grosses basses, des samples de soul, RnB, funk, voir dance des années 70-80-90, ce mélange de mob music et de bounce est un parfait paradoxe avec la froideur de cette ville de métal, où la pitié se fait rare comme une liasse de billets sans élastiques.
Nous allons donc parler de 10 artistes qui ont fait l’année 2017 à D-Town :
Payroll Giovanni
L’un des artistes le plus en vogue dans la scéne de D-Town. À la tête du collectif Doughboy CashOut (REP DOUGHBOY ROC), il est l’auteur de « Stack Season », sorti en 2015, et a eu un succès critique retentissant. Depuis, il nous a gratifiés de 3 projets de bonne factures : en 2016, il sort « Big Bossin Vol.1 » en collaboration avec le beatmaker Cardo, et « Sosa Dreamz », et cette année, l’excellent « Payface » avec HellUva en tant que producteur. Il nous parle de son ancienne vie de drug dealer, de l’importance de la loyauté et de savoir se débrouiller pour s’en sortir (notamment qu’il a transformé la maison de sa grand-mére en traphouse, on peut lui decerné le prix du petit-fils du siécle), et faire ses valises pour se casser pour les sables blancs, tout ça sous des productions baignant dans les influences West Coast et South des années 90. Cela explique sa signature avec son groupe chez CTE Records, le label de Young Jeezy, le patron de la Motivation Muzik. Tous ces projets lui ont servi car il est l’une des dernières signatures de Def Jam Record et il vient d’annoncer la sortie de «Big Bossin Vol.2 » avec Cardo, qui sera apparemment un projet plus « jazz-trap ». Quoi que cela puisse vouloir dire, c’est prometteur pour la suite.
Tee Grizzley
La révélation de l’année 2017. Celui sur qui tous les regards sont rivés. L’enfant prodige de West Detroit est celui sur qui il faut miser. Après le succès de « First Day Out » (78 Millions de vues sur Youtube), tout sourit pour le jeune grizzly de 23 ans : sa mixtape « My Moment » qu’il a écrite quand il était entre 4 murs pour cambriolage (1 an et demi), est l’un des plus gros succès de l’année niveau critique et commercial, signature chez 300 Entertainment, un album en commun avec Lil Durk.
Peezy
Membre du Team Eastside (une bande de voyous surveiller par les feds), Peezy fait parler de lui dans la rue et sur internet. Il inonde littéralement les plateformes de streamings de projets (6 en tout cette année), comme ferait Mozzy ou faisait Gucci Mane à la grande epoque. Mais celui qui a attiré le plus d’attention est « Ballin Ain’t a Crime ». Une sorte de slogan que l’on pourrait inscrire sur un t-shirt ou sur une banderole, car Peezy sait ce que c’est que d’être fauché, de ne pas avoir un dollar en poche et de faire des petits larcins pour pouvoir sortir la tête de l’eau et de le montrer fièrement en claquant sa thune dans des sappes de luxe ou dans des strip-clubs sordides. Et personne n’a son mot à dire.
DannyAlwaysWin
Imaginez un rappeur avec la voix de Notorious BIG (je grossis le truc mais faut bien vendre l’artiste), fait du name-dropping un art comme The Game, et parle de faire de l’oseille jusqu’au jour où il finira 6 pieds sous terre comme Master P, rajoutez un blase à dormir debout, et vous avez DannyAlwaysWin. Ce leaner de grand chemin fait penser au premier abord à un kingpin avec le physique de Proposition Joe, les chaines qui brillent et la paire de Cartier en plus. Il a sorti en quelques mois 2 projets de très bonne facture : « City of Bosses », avec l’incontournable single « Chosen One » où il dit « All my niggaz ghetto boyz like Willie D, make your bitch say UGGHHH like Master P » (ce qui n’est pas rien) et « 1 Mo Band » ; et « The Chosen One » sorti en début d’année, et le nom n’est clairement pas une usurpation.
Project Paccino
Poto de DannyAlwaysWin, il est plus dans le rap de shooter et de secoueur de mauvais payeur que la moyenne locale mais la bicrave reste un de ses sujets de prédilection. Quoique plus underground avec son projet « No Fabrication VOL.2 », sa voix nasale s’infiltre dans votre cerveau comme un embryon alienne qui va exploser votre cage thoracique. On vous propose de tester en vous procurant ce bootleg fait par l’ami Zetray.
Le coup de coeur de l’année. Surement le rappeur le plus taré de Détroit. C’est Taz avec la barbe de James Harden et un 9mm. C’est Simon Phoenix avec un microphone. Il lit textes très rue (comme la plupart de ses compères) avec un humour décalé et improbable d’un Sterling Archer qui le différencie de la masse, par exemple « He a snitch ? Yeah, Use the choppa like a digimon » (quand on sait qu’un Digimon n’a pas la faculté de munir une kalash, c’est magnifique). Il utilise sa voix nasillarde comme d’un instrument pour pousser la chansonnette façon chanteur soul comme Max B (sous le pseudonyme Skuba Ruffin), ou même faire des reprises totalement inattendues comme sur « Return Wit My Strap ». Il est aussi tout aussi à l’aise quand il s’agit de rapper en apnée sur des prods plus trap ou bounce gangsta. Avec « Skuba Sada » et « D.O.N. », ses 2 projets sorties en 2017, le « dancin’ ass nigga » se révèle comme un des artistes indispensables quand on parle de la scéne de Motown en 2017, et ça, c’est tout bonnement magnifique.
Jeno Cashh
Originaire de 6 Mile, plus exactement de Grove Street, Jeno Cashh est entré dans le circuit du rap il y a 3 ans par des freestyles dans la rue, comme une bonne partie des rappeurs locaux. Ce fan de rap, bousillé par Biggie Small, fait ses premières armes en faisant quelques refrains pour d’autres rappeurs, jusqu’au moment de décider de se lancer dans une vraie carrière et en balançant mixtape sur mixtape en total indépendant. Apparemment attaché aux années 80-90, Jeno parsème ses projets de samples funk et souls retravaillés pour qu’ils soient froids et profond comme la Bay County. 3 projets à son actif cette année : «Nightmares on Grove Street », « Still Business » avec des interludes hillarants qui rappellent DJ EZ-Dicc, et enfin « Jeno Brown », qui est dans la thématique de faire un parallèle entre la vie à Detroit et le film New Jack City. Esperons qu’il ne devienne pas aussi orgueilleux que Nino et que ça plombe pas une carrière si prometteuse.
FMB DZ
Le jumeau demoniaque d’une autre mère de Sada Baby (même si ce dernier est loin d’être un ange), l’humour stridant en moins. Le genre de mecs qui te fume sans aucune hésitation si tu lui dois des Benjamins. Il exerce un gangsta rap glacial, sérieux et sans aucune remise en question qui pourrait nous faire croire que c’est un fils illégitime de X-Raided. Son équipe, Fast Money Boyz, a plusieurs de ses membres derrière les barreaux, et on ressent que ça bouffe DZ de l’interieur, et rapproche son état d’âme pour autrui proche du néant absolu. Ça ne nous empeche pas de savourer les projets que son « Washington DZ » et « The Gift » comme de la weed hollandaise envelopper d’une feuille Backwood.
AllStar JR
Leader du AllStar Ball Hard (composé d’AllStar Lee, AllStar Rich Flair et anciennement de Tee Grizzley), JR est un pure produit de la société américaine, du capitalisme décadent et de la vente illégale de produit chimique qui se mélange aux globules rouges. Il rappe son envie de brasser un maximum de billets et de se payer des Rolex qui eblouiront les vautours. Il monte son propre label Get A Bag Records, et à la manière d’un Rick Ross, commence chaque son par une voix féminine qui scande « Let’s get a beg », un sac sûrement rempli de billets de banque et aussi precieux que la malette de Felix le chat. La pochette du projet « Get A Bag or Go Home » dont le montage rappelle les heures de gloire de Pen & Pixel, nous fait faire un voyage dans une réalité alternative où DJ Quik et Juvenile seraient originaires de Detroit et où ils unieraient leurs forces pour nous narer la fast life des dope dealers.
Molly Brazy
Parce qu’il fallait bien faire plaisir à la gente féminine, on vous présente la première dame de Detroit : Molly Brazy. La seule rappeuse locale a bénéficiée d’une couverture médiatique, car des rappeuses qui brandissent des baby draco et parlent de gangsta shit en dehors de la scène de Chicago, c’est pas courant. Comme ses collègues rappeurs, elles empreintes le flow de B-Legit et des textes qui sont dans la lignée du défunt Blace Icewood. Elle semble être destinée à être une des têtes d’affiche du milieu. Et pour certains, c’est même trop calculé. C’est ce qu’accuse Rocky Badd, une autre rappeuse de Detroit (qui a le visage de Gabrielle Union donc directement, notre intérêt est plus que décuplé), d’être un pur produit marketing estampillé par 4Sho Mag, le magazine rap de la scène detroit, qui l’aide à avoir une meilleure exposition et facilite l’accès aux producteurs et à avoir des featurings (car d’après certaines rumeurs, Molly sortirait avec Joseph McFashion, le patron du magazine). Ceci étant dit, ses 2 premiers projets « Molly World » et « Big Brazy » prouvent que son talent n’est pas factice, et que si tout les feux sont au verts, elle peut aspirer à faire du mal aux autres concurrentes nationales comme Nicki Minaj ou Cardi B.
C’est l’histoire de 4 rappeurs tombés accidentellement dans un liquide mutagène, appelé ULTRAP, et qui finissent par être recueilli par un certain Radric Davis, qui, en s’exposant aussi au mutagène, devient le fameux Gucci Mane. A peine sorti de ce produit visqueux qu’ils commencèrent à muter petit à petit, jusqu’à devenir des trappeurs confirmés, dotés de sens de la formule très singulière et d’une dextérité impressionnante sur des prods à 90 bpm.
Ces 4 trappeurs se font respectivement appeler : Zefor, Detess, Zed et Oldpee.
Ensemble, ils se sont juré de prouver au rap français que le 93 ne prendra jamais par le cul, quoi qu’il en coûte (et quoi que cela puisse vouloir dire).
Le plus énervé du quatuor, celui dont le sourire est aussi rare qu’un bon morceau de Big Flo et Oli. Les yeux rouges comme le bandeau, ou comme le sang qu’il a pu faire couler dans la cité des Beaudottes : « Deusté style essence allumette, yeux rouge, pas de lunettes ». Amateur de lignes tranchantes comme des saïs (« comme un dealer de crack, moi j’ai toujours ma Gilette »), sans filtre (« j’suis plus au collège, j’ai pas de teau-mar »), son agressivité lui confère un charisme qui pourrait nous rappeler Ryan Golsing dans Drive (« Gran Turismo, circuit rempli de barj’ »). Même quand l’hiver pointe le bout de son nez, son sang reste toujours bouillant et il est toujours prêt à combattre ses ennemis, avec toute l’artillerie qu’il a sous sa carapace (« même en hiver, ya tous les outils, le manteau est large »). Mais surtout quand la nuit tombe, quand ses frères et lui rodent dans la ville : « c’est comme une journée pour nous le soir« .
Cependant, il peut faire preuve d’amour (#NoHomo) et de fraternité envers ses complices : « j’ai confiance en mes corps secs, des cerveaux, des nerveux et du du genre, yen a qui ont la gâchette facile, on est un mélange de tout, mes OG, reconnaissez-vous ? ».
Mais attention, faut quand même pas le titiller, chasse le naturel et reviens au galop : « Si j’écoute mes sentiments, j’aurais laissé des corps à terre »).
Le technicien de l’équipe, le plus inventif même dans les moments les plus désespérés : « t’as d’la merde dans les yeux si tu vois pas le truc qui me gêne les couilles ». Son secret ? Sa polyvalence. Il s’adapte à toutes situations possibles, à la fois autodidacte (« j’ai tout apris à la tess pendant que t’etudiais les films ») et il apprend des réussites des autres : « OP, appliqué comme mes nègres des 3keus ».
Autant passionné par les armes que par les nouvelles formes de technologie, il s’impose comme étant un membre indispensable, et c’est même pas la peine d’en débattre : « Le 9.59F et mes couilles sont posés sur la table ». Surtout quand il a une arme entre les mains : « rien à foutre de savoir ils sont combien, j’espère tu comprends bien, 11.43 dans les mains, RAHHH RAHHH, plusieurs balles au-dessus des reins ».
Splinter/Gucci Mane :
L’élément déclencheur de toute l’histoire, c’est lui. Le meilleur dans son domaine. Son dojo, quelque peu poisseux, a vu défiler bons nombres de jeunes apprentis motivés, qui sont pratiquement tous devenu de redoutables guerriers. Et c’est ce qu’il en a fait de cette fratrie.
Casey Jones/Ninho :
À la fois impulsif mais amical, toujours là que ce soit pour aider, car disons-le, il sait se salir les mains, ou pour faire la fête. Chaque fois qu’il était là pour aider les 4 refres, ça s’est toujours terminé en boucherie.
April O’Neil/La meuf d’insta dans la machine à laver :
Nous sommes en 1980 lorsque Seydou Koné, du haut de ses 27 ans, quitte les Etats-Unis la tête basse et le moral miné. Cet ivoirien qui avait toujours rêvé de l’Oncle Sam a réussi à y décoller quelques années plus tôt, en 1976. Des rêves pleins la tête, l’homme pensait y découvrir le succès dans le monde de la musique, dans ce reggae qu’il a tant écouté et pratiqué. Hélas, ce ne sont qu’échec dans les études, petits boulots mal payés et froideur des hivers newyorkais qu’il a récolté. L’homme se sent seul sans ce disque qu’il aimerait tant réussir à enregistrer et publier pour s’infiltrer dans les transistors du monde entier.
Arrivé à l’Aéroport International d’Abidjan, celui qui chante sous le nom d’Alpha Blondy file au nord de la ville, vers la commune de Cocody. Il compte y pour passer quelques jours chez un ami d’enfance qui croyait autant que lui en son rêve. Alors qu’il ère dans les rues, pensif, en direction de l’habitation de cet ami, il croise un être haut comme trois pommes, âgé d’à peine quelques mois mais qui marche déjà le torse colossal et bombé comme un Kirikou sous créatine. Apparemment assez malin pour déjouer la vigilance de sa mère, le marmot se balade en ne criant qu’un seul mot, façon Hodor. « ZONGO. ZONGO. ZONGO LE DOZO » bafouille le bébé barbu. Intrigué par cette rencontre et fatigué de ne pouvoir cracher toute son omniprésente frustration depuis tant de mois, Seydou décide de s’adresser à ce bébé.
Il lui explique tout. De la beauté et la cruauté de l’Amérique, à l’abattage de poulet qui lui a permis de gagner quelques clopinettes au Texas, en passant par la grandeur de la musique et l’importance de croire en ses rêves sans jamais les lâcher. Subjugué par cet rencontre, Alpha Blondy part requinqué vers chez son ami, son esprit délivré de la frustration, son inspiration plus présente qu’elle ne l’a jamais été. Une rencontre capitale qui lui inspirera quatre ans plus tard le titre de son deuxième disque, celui d’après l’arrivée tardive mais effective du succès : Cocody Rock.
Ce bébé, depuis, a bien grandi. Et il n’a jamais oublié les mots de cet homme croisé un jour au bord d’une route alors qu’il partait en vadrouille à la quête d’un peu de lait de chatte. Croire en son étoile, qu’importe les épreuves et qu’importe le temps que met à arriver le succès. Toujours être méthodique lorsque l’on abat des poulets. Aimer l’Amérique et la musique qu’elle apporte.
Alors, en hommage à cette rencontre et à ce qu’elle a généré chez l’un comme chez l’autre, nous vous offrons ce bootleg portant le nom de la ville de naissance du grand Zongo le Dozo aka Kaaris. Voici « Cocody Trap » pour vous, réunion des plus beaux cassages de nuques offerts par K2a hors de ses projets personnelles. Joyeuse écoute.
Nice. Sa promenade, ses palmiers, sa pissaladière… et ses rappeurs talentueux. Quelques exemples:
Masar : vit à N.Y et travaille avec Max B
Weedim: qui a produit pour 66,6% des rappeurs français
Veust Lyricist : un des rappeur les plus respecté autant pour sa technique que pour sa plume
Jason Voriz : genre de vaurien mi vallaurien/mi thaïlandais aux références qui tâchent
Infinit’ : jeune beuf ingénieux et habile sur tout type de prod.
Et c’est de ce dernier dont il s’agit aujourd’hui.
Bientôt deux mois que son dernier projet »NSMLM » est sorti, et encore une nouvelle preuve qu’il faut compter sur le zin du zero6. Depuis sa première mixtape »HDS Vol. 1″ le flow et sûr et l’écriture riche . Rookie et membre des plus actif de la DBF, Infinit’ semble avoir digéré le rap plus rapidement que les autres rappeurs de sa génération. En effet, au vu de son jeune âge, le maralpin affirme son style et s’est vite émancipé, sans les renier, de ses premières inspirations (Dipset, Three 6 Mafia…).
Histoire de prolonger le plaisir de « NSMLM », Captchamag vous propose donc ce bootleg réunissant ses apparitions hors mixtapes et albums.
P.S: Le rap du 06 ne cesse de surprendre et de nous éblouir, et je suis persuadé qu’une autre preuve de cette superbe nous parviendra avant la fin de l’année (s/o Veust).
Le soleil s’est repointé (brièvement), donc qui dit soleil dit playlist ensoleillée à fond dans les govas, barbecue, short et Mister Freez sur les lèvres comme un cigare de la Havane. Mais ça dit surtout réapprovisionnement de canettes et bouteilles fraîches pour se poser devant la terrasse ou sous l’abri-bus.
En fait, le paragraphe juste au dessus aussi est un faux prétexte. On voulait juste comparer une vingtaine de rappeurs à des soft drink car on en avait envie et qu’on se faisait chier.
C’est parti mon kiki.
Coca Cola/Booba
Domine le game depuis belle lurette, malgré son côté nefaste, connu de tous. Plus tu consommes, plus tu sens que c’est dispensable.
Pepsi/Rohff
Concurrent le plus acharné, est passé du pique au attaque direct, du grand divertissement.
FANTA/Kaaris
A pris petit à petit son indépendance, au grand désarroi de son « mentor », qui ne fait que le boudé depuis quelques années.
Coca Cola Cherry/Shay
Copie de l’original en plus féminin, et bien plus sexy.
Orangina/Jul
A autant de disque de platine qu’il y a de pulpe dans une bouteille.
Lipton IceTea/Salif
Toute la noirceur et la fraîcheur contenu dans un seul et même hôte.
Oasis Tropical/PNL
On retrouve partout, dans la street comme dans les chichas. Ayant un succès sans précédent, attisant la foudre que de puristes qui préfèrent ignorer son existence.
Oasis Pomme Cassis Framboise/Moon’a
En voyant le nom, on est obligé de froncer des sourcils, mais quand on y goutte, on deviens accroc à son goût d’une sensualité rarement égalée dans le milieu.
Tropico/Djadja&Dinaz
L’ersatz de Oasis/PNL en plus sucré, moins subtil au palet mais quand même très recommandé lorsqu’il est frais sous une température caniculaire.
Stoney/Alkpote
Fait ressortir l’obsédé sexuel qui sommeille en toi.
Monster/SCH
Apparence psychédélique, vise les fans ultime de Sons Of Anarchy, mais au fond, il est très sucré.
Arizona/Fello L’afghan
Naturellement excellent, souvent agressif mais quand même bien rafraichissant, l’esprit des apaches planent autour de nous après avoir essayé, le sens du partage et de clan devient beaucoup plus clair.
Capri-Sun/Kekra
« Capri-sunné, pillonné même devant la zinga »
Pulco/Lino
Flow excellent, texte amer, et l’impression qu’il a été toujours là, à observer ceux qui se battent pour avoir la première place alors que lui s’en fout complétement, il est là pour nettoyer ton estomac de toute la crasse accumulée.
Selecto/L’Algerino
La boisson la plus sucrée, accepté uniquement par les maghrebins.
Redbull/Escobar Macson
Tout est dans la puissance (et le jus de couille) du taureau.
Royal Soda/Nessbeal
Très prisé chez les antillais, au point de le placer sur untrône sans pour autant lui délivrer la couronne qu’il mérite, mais cela n’a pas bien d’importance, on reconnait un roi par son sang.
Freez/Nekfeu
Dans le pays d’origine, il ne vaut que quelques centimes, mais en France, coûte plus chère que la normale.
Mirinda/Siboy
Le cagoulé de Mulhouse lui a dédié un son. Voilà.
Big Flo & Oli/Eau de Javel
Si vous êtes papa ou maman, éloignez ceci de la portée des enfants. Mais si vous vous infligez cela, c’est que vous souhaitez vraiment passer l’arme à gauche. Extrêmement nocif même à petite dose.
L’eau/Lalcko
Totalement indispensable pour un bon fonctionnement, denrée qui deviendra rare si on se fie à Mad Max Fury Road, flow calme mais direct qui rappelle la mer du Golfe de Guinée, texte limpide, on pourrait le dire plus simplement « Lalcko c’est de l’eau » (on a pas fait exprés, promis » et l’argent rend propre.
Plusieurs années après que le defunt Pimp C ait mis fin à leur beef, Z-Ro et Slim Thug envoient un single qui présager un projet en commun en 2012 : « Summertime ». Et autant vous dire que ça a été un sacré raz-de-marée dans les bbq party de Houston. En 2013, un second extrait, « Loving U », nous confirmait de plus en plus l’existence de ce projet, « The King And The Boss », et une date circulait sur internet (le 10 Septembre 2013).
Mais malheureusement, rien ne s’est passé comme prévu. Joseph, ayant des soucis à l’époque avec le label Rap-A-Lot qui lui interdisait de sortir des sons ou des projets avec son nom de scène « Z-Ro » au risque d’une énorme amende, fut obligé de changer son blaze pour « Mo City Don » et de laisser moisir ce potentiel classique dans les cartons de J. Prince.
Trois ans se sont écoulés, et Z-Ro, passé chez One Deep Entertainment, a sorti plusieurs projets (dont j’ai parlé dans cet article) et a fini par reparler du fameux album avec Slim Thug, qui devrait sortir le 3 Janvier 2017. Slim Thug a confirmé par la suite en interview. La machine est donc lancée.
Pour feter ça, on vous propose donc un bootleg de l’ensemble des collaborations où Z-Ro et Slim Thug se font passer le micro.