La nouvelle trap d’Orléans | Dosseh – Pérestroïka (chronique)

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Impossible de passer à côté de la sortie d’un album annoncé depuis au moins 2 ans. Ce n’est plus un secret pour personne, je suis assidument la carrière et l’évolution de Dosseh depuis la première claque que j’ai reçu en écoutant la compilation One Beat. J’ai tout de suite été frappé par deux points forts chez Dosseh : son écriture et son interprétation de ses textes. Du coup, j’ai suivi d’un œil inquiet son évolution vers la trap ces derniers mois. Je n’ai rien contre, en soi, mais je trouvais dommage de ne pas plus mettre en avant son écriture, notamment sur les premiers extraits de la tape. D’autant qu’on se rend compte que certains sites (et une partie du public) ne semblent pas connaitre son parcours, et se permettent du coup ce genre d’irrespect digne de Morandini :

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C’est donc avec inquiétude que j’attendais la sortie de cette mixtape, en préférant les hors séries balancés régulièrement sur Youtube plutôt que les extraits officiels, notamment l’excellente reprise du sample de Nirvana qui méritait largement sa place dans l’album.

Malgré ces a priori, cette mixtape est une excellente surprise : les extraits étaient simplement en deçà du reste de la galette. Mention spéciale à Scarla, Yuri Negrowski et surtout l’excellent L’Age de nos Actes. D’ailleurs, on pourrait presque faire un article entier dédié à ce morceau aux ingrédients qui rappellent une certaine idée du rap de la fin des années 90. Première réussite : cette prod de Redrum, avec ces sonorités asiatiques, cet extrait de film culte des années 90, et cette jolie boucle d’Eric Clapton à la toute fin. Tout en gardant un flow et une écriture actuels, Dosseh explicite clairement le changement lié à ce premier projet, et en profite pour rappeler qu’il n’a plus le temps de jouer. Ce morceau est d’ailleurs une véritable pause avant un enchainement de bangers. Des titres moins variés, avec moins de prises de risques, qui ne mettent pas en avant le talent d’écriture du bonhomme. En gardant en tête une certaine indulgence, due format du CD (mixtape, et non album), et certaines attentes concernant les prochaines sorties, on attend pourtant beaucoup plus de la part de Dosseh. Espérons que les critiques positives autour des hors-séries l’inciteront justement à partir sur plus de variété sur l’album prévu en fin d’année.

5e6dad0a5ca3855f28f582bb9d780a0a.960x932x1Autre conséquence positive suite à cette première sortie signée : la perspective de le voir enfin tourner sur scène. Avec plus 10 années passées en indé, les dates de Yuri sur scène se comptent sur les doigts d’une main. L’occasion idéale pour voir si les bonnes choses entendues sur CD se confirment sur scène. D’ailleurs, lui même le disait dans une interview au Blavog : « c’est sur scène qu’on voit réellement si un artiste procure les même émotions que sur CD ». La seule réelle crainte sur cette tournée annoncée, c’est qu’elle soit trop focalisée sur la mixtape, alors que Dosseh compte des tonnes de titres qui mériteraient une vie sur scène : Igo, 1001 questions, Prototype, Aigle Royal, Mon Gang …

Si le public est maintenant ouvert à la trap, avec -notamment- les succès de Kaaris ou Gradur, il faut reconnaitre que Dosseh emmène le genre à un autre niveau, garce à sa qualité d’écriture toujours intacte. Passée la crainte, et la petite déception des premiers extraits, on se fait finalement plutôt bien à l’évolution de l’artiste. Pérestroïka est une bonne nouvelle de plus pour le rap français en ce début d’année. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Summer Crack 3, nouvelle mixtape gratuite, est déjà annoncé pour cet été … avant la sortie de l’album en fin d’année. Si on n’avait pas peur de paraitre trop exigent, on ne s’en contenterait pas et on réclamerait la suite de Karma.

 

 

Mido Ban

7 Bonnes raisons d’écouter le nouvel EP de Bassirou

Le 14 Octobre est sorti sur toutes les plates formes de téléchargements légales l’EP de Bassirou : « DEF JAM VOL 2 ». Je l’ai découvert cette semaine seulement, car à mon grand étonnement cela a été peu relayé sur ma TL (on ne me dit jamais rien).

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Pour réparer cette anomalie, je me dévoue donc à vous donner 7 bonnes raisons d’écouter cet EP et attendre patiemment son album. 7 comme les boules de cristal, les samouraïs, les mercenaires mais surtout comme le nombre de Tracks dans l’EP.
Les prods  
Les 7 morceaux de l’EP, 5 sont produits par l’excellent beatmaker belge : RedrumMusic. Les autres titres ne sont pas identifiés (j’attends que Def Jam m’envoie une version physique pour avoir l’info sur le livret), forcément le projet gagne en cohérence. Des prods qui sont à la fois hypnotiques et se prêtent parfaitement au timbre de voix du rappeur. Pour ceux qui ne connaissent pas ce beatmaker que je trouve parmi les meilleurs sur les dernières années, je vous mets mon top 3 de ses meilleurs prods: Dosseh : Igo Zekwe Ramos, Al Kpote :  Le machin Dosseh Feat Sofiane : Survet et Costard
L’écriture
Ce qui m’a plu dans cet EP c’est aussi la qualité de l’écriture. Parce qu’il faut l’admettre ; un rappeur qui cherche à empiler des « punchlines » sans aucune cohérence ça va 5 minutes (Fababy si tu nous lis…).  Faire écouter ce projet aux puristes de merde qui ne jurent que par 1995, Oxmo ou IAM sera salutaire. Une écriture qui se veut à la fois proche de la chanson et du rap plus hardcore (ce n’est pas moi qui le dit c’est lui). Un autre fait notable dans son écriture, c’est sa capacité à balancer des phrases  entendues milles fois avant de les démystifier avec un pragmatisme froid : « A part dieu qui peut nous juger ? / Leur justice et le proc » « J’aurai pu avoir la vie en rose / je l’ai choisie noire mat » « ces rappeurs sont nazes, ne disent rien / mais je les connais tous, donc je les clash pas »
Des bonnes collaborations  
Bon en fait je triche un peu y a un seul feat dans ce projet et c’est avec Dosseh. Ça tombe bien c’est un des meilleurs sons de 2014. Si tu viens souvent sur le site tu as pu comprendre que j’aimais beaucoup ce rappeur, si t’es retardataire va donc faire un tour ici. Mais c’est l’occasion aussi de refaire une promo sur :

Ma mixtape (super mal mixée mais on s’en branle le son est bon)
– Le très bon film Karma (disponible gratuitement sur youtube maintenant).
– Et le très bon morceau Corée du Nord issu de la bande son du film qui m’a permis de découvrir Bassirou.

Un tracklisting sans acronyme
Fait suffisamment rare pour le signaler, lorsqu’on lit le tracklisting du projet on ne voit aucun acronyme. Aucun MDR, RTC, LOL, XPTDR, NTM etc… Peut-être que c’est pour ça que je découvre ce projet 1 mois après sa sortie… Je rappelle un plan média réussi en 2014 dans le rap Français :

– Ouvrir un compte Instagram
– Mettre un visuel avec une date de sortie et un acronyme
– Travailler ses hashtags à base de #le18/11à18h #jeviensplierlegame #vousnetespaspret #sitasdelamonnaierameneunebaguette
– Sortir le projet et harceler Twitter une journée avec le « titre » du morceau

Traduction de la tracklist pour les non-initiés : 1/ JG 2/T 3/O 4/LS 5/MNW 6/ BEA 7/HDSATJ
Traduction de la tracklist pour les non-initiés : 1/ JG 2/T 3/O 4/LS 5/MNW 6/ BEA 7/HDSATJ

Il vient du 92  
Département reconnu pour le trafic de stup ! Tu veux de la qualité ? Quitter la réalité ? HAUT DE SEINE ! HAUT DE SEINE ! HAUT DE SEINE ! Plus sérieusement la liste des très bons rappeurs issus de ce département est suffisamment longue pour avoir un œil attentif sur les nouvelles sorties du 92 :

Booba et Ali
Lim
Salif
Kozi
Malekal Morte
Nessbeal
Fofo44
Sir Doums
Les sages po
Bass Click
La zermi du 9-2
Patrick Balkany

Lui-même d’ailleurs le revendique dans Jeune Gun et semble prêt à assumer l’héritage du département dès l’intro de l’EP.  Pour ses progrès  Ouais parce que bon t’as beau changer de noms, de femmes, ne plus faire de feat avec Booba on t’a grillé T.P !!! Et y a pas à dire qualitativement ton style a énormément progressé donc vas-y lâche toi et sors nous un album frais.

Si tu arrives à distinguer le rappeur du basketteur la rédaction t’enverra un album dédicacé de Canardo
Si tu arrives à distinguer le rappeur du basketteur la rédaction t’enverra un album dédicacé de Canardo

Si tu arrives à distinguer le rappeur du basketteur la rédaction t’enverra un album dédicacé de Canardo
Avant que ce soit mieux avant  
Parce que le rap est une musique qui est frappé par deux fléaux majeurs. Le premier, la quasi volonté de trouver tout « mieux avant ». C’est sûrement, lié à une espèce de nostalgie qui fait qu’on aime bien toujours le bon vieux temps. Donc forcément on parle du rap des années 1990 comme si on n’a jamais rien fait de bon depuis cette époque. Mais ce cancer est à un stade encore plus généralisé car maintenant on arrive à être nostalgique avec des rappeurs qui n’ont même pas sorti un album en Major. Le deuxième fléau qu’il faudrait rajouter au premier c’est cette volonté à aimer un artiste quand il est encore confidentiel. Parce que quand il aura un tout petit peu de succès, il deviendra « mainstream » et une horde de puants viendra te faire chier pour te dire que t’es pas un vrai et qu’il était mieux en 2003 quand personne ne le connaissait. Et ça c’est dans le meilleur des cas, sinon on te dira que c’est un illuminati sataniste qui veut te manipuler avec de la musique. Alors avant qu’on te casse les couilles quand tu mettras Bassirou dans ta caisse dans un futur plus ou moins proche, autant en profiter avant que la peste ne s’abatte.

Rap français : bilan du premier semestre 2014

On approche tout doucement de la fin du premier semestre de 2014. Certains passent leur bac, d’autres s’éclatent au Brésil, pendant que les rappeurs ont du mal à boucler leurs fins de mois. L’heure est venue de tirer un premier bilan de ce qu’il s’est passé dans le game depuis janvier. Lire la suite « Rap français : bilan du premier semestre 2014 »

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la suite de ça
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Nous revoici dans l’hézélizipozorteuzeur du SHIZIELD, où le directeur général Booba Fury est en colère. Et au passage, on dit directeur général mais c’est bien plus que ça. Il est directeur mais aussi général. Les 2. Donc le jour où il passe PDG je vous dis pas le merdier.

Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, toi ?
Zekwe -Je viens du futur en Delorean, comme Marty MacFly….
Booba -Faux ! C’est moi qui suis dans le futur, pas toi. Bâtard, c’est mon futur ! Surtout celui là. Et ça explique pas comment t’es arrivé à bord de mon super Héliziporteur en plein vol.
Zekwe -Peut être parce que la Delorean peut voler ?
Seth Gueko -Et qu’est-ce que t’es venu foutre là, ma couillasse ?
Zekwe –J’ai la richesse d’être libre donc techniquement, je fais ce que je veux.
Seth Gueko -Avec tes cheveux ? Ça explique la crête ! ZBLAX !
Zekwe -Très marrant. Non en fait je suis venu pour la fille d’à côté. De toi.
Shay -Moi ? Tu peux toujours rêver si tu veux un feat.
Zekwe -Non, je sais que tu es un T800 venu du futur.
Shay -Ouais, T800 version feumeu.
Kaaris -Toi aussi t’es venue du futur pour baiser Sarah Connor ?
Booba -Fermez là avec vos conneries ! Y a que moi qui vient du Futur ici ! C’est même le blase de mon album.
Zekwe -En fait je me surnommais « Mr Futur » bien avant et…
Booba -Je m’en branle, c’est moi le plus connu. Si c’est comme ça je vais aussi prendre des gimmicks de chez toi genre « Zere ». Et toc, bien feinté l’asticot.
Zekwe -Je viens d’Evry, moi. Pas de Grigny.
Booba – MAIS C’EST PAREIL PUTAIN
Kennedy -Je suis désolé de casser l’ambiance, mais moi je disais déjà « On m’appelle Kennedy ou Futur » et c’était en 2005. Donc ça veut dire que, techniquement, je vous ai pompé. Je suis désolé.
Booba -…
Zekwe -…
Shay -…
Kaaris -…
Dosseh -…
Nessbeal -…
Niro -…
Issaka -…
Mala -…
Djé – »’
Grodash -…
Smoker -…
Seth Gueko -Non, alors je t’ai déjà expliqué, ma couillasse, mon julot, mon potogo. Une bonne fois pour toutes : pomper quelqu’un c’est ce que tu fais d’habitude en reprenant des phases que les gens ont sorti AVANT toi. Pas après.
Kennedy -Ah ok… Mais du coup, si on la sort tous les 2 en même temps ?
Zekwe -Bon allez, j’en ai raz le cul ! Je reprends ma Delorean et je vais remonter le temps avant d’avoir cette conversation avec vous.

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Booba -Bref. Quelqu’un ici n’a pas suivi le plan, quelqu’un ici a trahi, quelqu’un ici a poussé le bouchon beaucoup trop loin sans s’appeler Maurice. Et c’est toi, Niro !
Niro -Quoi ?! La vie de ma mère que je suis pas un teutrai, reste tranquille !
Booba -Tu as franchi la limite !
Niro -Mais c’est quoi la limite ?
Booba -Ne pas feater le rappeur pointeur !
Niro -Le feat avec La Fouine ?
Booba -Si si.
Djé -Pas dire je veux, mais Grodash, Kennedy, Seth, Smoker et surtout Nessbeal aussi l’ont déjà fait.
Booba -Allez hop ! Tous par dessus bord et toi aussi, Djé, parce que j’aime pas les gens trop fidèles non plus ! Poucav tout naze.
Niro -t’inquiète j’ai pas fini d’en faire des feats qui vont te faire chier.

–Les hérauts décident alors de se tirer devant un accueil aussi mitigé de la part de leur hôte. Quelque part, qu’il aille se faire foutre–

Linsen -Nous aussi on se casse ? Parce qu’à vrai dire le canap est confortable, ici.
Booba -Rappelle moi qui tu es ?
Linsen –Linsen. Le mec d’Unité Spéciale.
Booba -Les mots sortent de ta bouche mais n’ont pas de sens.
Linsen -Je fais du rap. On m’appelle l’insane.
Booba – …
Linsen – L’insane. Jeu de mot.
Booba – …
Linsen – non parce que tu vois, en fait…
Booba – je t’arrête tout de suite, mon silence n’est pas un oubli. Tu dis que tu rappes, prouve le, sors une phase.
Linsen – À quoi sert un avocat si t’es coupable ?
Booba -Au hasard : esquiver la zonz ?
Linsen -Mouais.
Booba -Donc toi si on te demande si tu veux un baveux tu réponds « pas la peine, je suis coupable »
Linsen -Bah ouais. La dernière fois l’inspecteur m’a dit qu’il en faudrait plus des comme moi.
Booba – Tu m’étonnes. Et sinon, tu veux un grec ?
Linsen -Pas la peine, j’ai faim.
Booba -Je vois, je vois… Hey Dam16, tu veux poser sur une de mes mixtapes ? Au point où on en est.
Dam16 -Pas la peine, j’ai un gros son en réserve que je vais bientôt mettre sur myspace.
Booba -Pourquoi tout le monde me fout pas la paix comme vous ? Vous êtes les meilleurzere.
Gato – I am Gato
Booba – je me disais aussi. Tu peux rester, mais je sais pas vraiment pourquoi.


Dehors, les hérauts discutent entre eux pour tuer le temps et briser le silence gênant en attendant que leurs parachutes Ünkut (facturés) ne les ramènent sur la terre ferme. Booba Fury allait pas se faire chier à poser l’Elieporteur non plus.
Niro -Moi je dis, on s’en bat les couilles. Bat les couilles. Bat les couilles.
Dosseh -On va continuer nos affaires de notre côté.
Kennedy -Mais vous comprenez pas ? C’était la chance de notre vie.
Seth -Mais qu’est-ce que t’as à être comme ça avec Booba, ma couillasse ? Même moi, je l’aime beaucoup, mais toi t’es excité comme Guy George aux jeux paralympiques à chaque fois que t’en parles.
Kennedy -Mais c’est normal. Booba déchaîne les passions. C’est comme ça. Le mec est arrogant. Il dit qu’il va tout baiser. Et ça arrive. Comment il fait ? Est-ce que c’est un gros gogol qu’a de la chatte ? Mais comment il ferait tout ça si il était gogol ? Est-ce qu’il savait avant qu’il allait tout niquer ? Comment il savait ? Est-ce que c’est son arrogance qui lui donne sa fore ? Sa force qui lui donne son arrogance ? Sa confiance en lui aurait été ébranlée si il avait merdé en route ?
Shay -Et il a des pecs trop beaux.
Kennedy -J’allais le dire. Finalement, Booba nous renvoie à notre propre condition. Quelle est la chose que je dois avoir en moi pour réussir comme lui ? S’il me regarde, est-ce que ça veut dire qu’il voit cette chose en moi ?
Issaka -tu parles de sa bite ?

Kennedy -S’il me regarde pas, est-ce que ça veut dire qu’il a rien vu en moi ? Comme tout leader d’un mouvement, il fascine. Est-il fou ? Très intelligent ? Les 2 ? Et nous ? Comment réagit-on à cette fascination ? Comment l’assume-t-on ? L’assume-t-on seulement ? Si oui, au grand jour ?
Shay -Mais surtout, il a de gros bras. La chatte à Popeye.
Seth -Non mais merde, là ! C’est moi qui dit la chatte à ceci où la chatte à cela ! Voleurs ! C’est mes chattes ! Surtout celle là.
Dosseh -Ah oui, alors à ce sujet…
Niro -En fait, c’est tout bête, tu vas voir…
Seth -Bah qu’est-ce qu’y a ? Crachez votre pastille, les julots.
Dosseh -Tout le monde dit la chatte à ceci la chatte à cela, maintenant.
Seth –Non ! Vous mentez !
Despo -Enfin, voyons, Seth, ouvre les yeux. C’est Chatte Land le rap maintenant.
Seth -NEEUUUUHOOOON ! POURQUOIIII ??
Niro -Ça va aller, poto ?
Seth -J’ai besoin d’un peu de temps. Ça fait tout drôle de plus être considéré comme un des rappeurs frinçais les plus vulgaires. Où est passé l’époque où je choquais ? J’ai beau élargir mon champ lexical toujours plus loin, ça a juste l’air chelou, comment que je cause. C’est plus comme avant.
Djé -Que tu invites Bigard, c’est pour ça ?
Seth -Mais non, putain. J’ai déjà dit mille fois, c’est parce …
–Mais Seth Gueko ne peut finir sa phrase, un missile Syrien qui passait par là vient accrocher son parachute et embarque maintenant le pauvre Seth vers la Californie–
Niro -C’est dommage. Un parachute tout neuf.
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Booba -Vous voyez, Agent Maître Gims..
Gims -Maître Agent Gims.
Booba -Ok… Vous voyez, Agent Maître Gims, presque aucun n’a passé les tests.
Gims -Comment ça ? Vous les avez presque tous jetés par dessus bord.
Booba -Ok… Presque aucun n’a passé les tests. Je peux pas compter sur eux pour changer le rap avec moi afin d’en façonner un meilleur et plus beau.
Gims -Ils n’ont pas cette haute capacité à vendre à des pisseuses de 13 ans comme nous.
Booba -Exactement. Mais si tu recommences à m’interrompre, je te pète la gueule.
Gims -Ah ? Je croyais que vous m’ignoriez.
Booba -C’est ce que je fais avec tout le monde normalement. Mais toi, c’est impossible. T’ouvres toujours ta gueule. T’es tout le temps là. J’allume ma radio, t’es dessus. Ma télé, t’es dessus. Mon dernier CD, t’es dessus. On croit rêver, putain.
Gims -C’est le moment que vous attendiez tous, c’est ma réplique, mon moment, mon instant : DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ.
Booba -T’es lourd… Je disais donc, avant de te péter la gueule…
Gims -Mais vous m’avez pas pété la gueule. Ni ici ni dans les ventes.
Booba -Nan mais je vais le faire. Mais d’abord j’aimerais finir cette putain de phrase !
Gato – I am Gato.
Gims – Plaît-il ?
Gato – You are not Gato.
Gims -DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ. Vous disiez donc qu’il fallait sauver le rap Frinçais. Et faire du real Hiphop comme les mecs en Amérique ! Tout pareil.
Booba -Et celui qui a suffisamment de potentiel pour atteindre ce but, c’est le Hulkaaris.
Gims -Mais le Hulkaaris est instable, l’exposition trop prolongée au poulet braisé a altéré son métabolisme à un point…
Booba -50 cm de tour de bras, je sais, il le répète partout, vous me faites tous chier avec ça.
Film Title: The Incredible Hulk
Ils entrent alors dans la chambre forte sécurisée où Hulkaaris attend.
Kaaris -KAARIS !!! KAARIS !!!
Gato – GATO !!! GATO !!!
Kaaris – gâteau ? Kaaris préfère le poulet avec de la chapelure.
Booba -Tout doux, mon gros. Alors tu as choisi comment tu allais enchaîner après ton album ?
Kaaris -Kaaris va faire une réédition de Or Noir !
Booba -Quoi ? Non ! Tu peux pas faire ça. C’est moi qui fait les rééditions ici.
Kaaris -Alors pourquoi Edgar Davids peut et pas Kaaris ! Click ! OOOH CLICK !!
Gims -C’est parce que c’est moi qui ai eu l’idée le premier.
Kaaris -Kaaris croyait que c’était Booba Fury qui avait eu l’idée de faire réédition en premier.
Booba -Personne n’a eu l’idée de faire la réédition en premier, ça se fait depuis la nuit des temps dans la musique, mais c’est bien que tu dises que c’est moi
Gims -C’est comme ça que ça marche le rap frinçais.
Booba -Pas plus d’un pompage à la fois, sinon ça se voit.
Kaaris -Oh click !! Kaaris s’en fiche ! Kaaris va quand même sortir réédition !!!
Booba -Alors tu n’auras plus mon soutien. Méchant.
Kaaris -Et ?
Booba -Et alors, sans tous mes Boolievers, tu es foutu.
Gims -Boolievers ?
Booba -They believe in Booba. They boolieve !
Kaaris -Kaaris se moque des Boolievers.
Booba -Tu as tort, c’est grâce à eux que t’en es là, aujourd’hui. Observe.
-Le directeur Général Booba Fury ouvre un sas qui donne sur une fosse où plein de gens dorment à même le sol dans une pièce
sans lumière-
Les Boolievers -Oh ! C’est Booba ! Gloire à Booba !!
Booba –Salut les p’tits PDs. Dites moi, vous vous souvenez de ce gros, là ?
Les Boolievers -Oui, c’est Kaaris. Il est trop fort ! Il ramène du lourd dans ce rap game ! On a tous bien acheté son disque comme tu nous l’avais dit. We Boolieve in Booba !!!
Booba -Voilà. Sauf qu’en fait ça a changé, mes cons. Kaaris est un enculé de petit ingrat maintenant.
Les Boolievers -Boooooh Kaaris ! Nique ta mère Kaaris ! On achètera plus tes CDs. We Boolieve in Booba !

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Booba -Tu vois ? Ils feront tout ce que je leur dis même quand c’est débile.
Gims -Impressionnant.
Kaaris -C’est la connerie des Boolievers que Kaaris trouve impressionnante.
Booba -Pffff c’est facile d’insulter mes fans.
Gims -Euh… Je veux pas dire, mais là c’est toi qui leur pisse dessus.
Booba -Bah c’est aussi mes chiottes, ici. Izi.
Kaaris -Boolievers rien dire quand Booba leur pisse dessus ?
Les Boolievers -Oh ! Louons le Seigneur, il nous arrose avec le nouveau parfum Ünkut !
Kaaris -…
Gims -…
Booba -Oui, même pour moi, c’est choquant parfois. Mes fans sont géniaux.
Kaaris -Kaaris sortira quand même Réédition Or Noir !

(Le Hulkaaris saute alors très haut et passe à travers le plafond de l’Elieporteur)

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Gims -Il est parti.
Booba -Mmmm… Ce petit con échappe à mon contrôle. Très bien… Je vais guetter ses paroles, maintenant. Et à la première occasion, je dirai qu’il me clash et que c’est lui qu’a commencé.
Gims – t’es sûr que tes fans vont suivre ?
Booba – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? Oh et puis merde, laisse-moi, j’ai un important coup de fil à passer. Allo ?
Salif – ouais ?
Booba – salut, c’était juste pour te redire une dernière fois que tu feras jamais partie de mes Avengerzer
Salif – si c’est un truc sexuel, je veux rien savoir
Booba – arrête de faire le con, je parle de rap
Salif – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? J’en ai plus rien à péter de ce rap de merde
(il raccroche)


Booba – il me rappelle quelqu’un, ce type…
Gato – toi, à l’époque où t’étais obligé de kicker parce que tu connaissais pas encore l’autotune ?
Booba – peut-être mais… hé mais d’où tu parles français toi ?!
Gato – I am Gato
Booba – …
Gato – Little Haiti vagabon toujou ladan’l men’m si’l gen san. I am Gato.
Booba – j’ai dû rêver. Quel dommage que ce petit Salif ait peur que je l’écrase en featuring et qu’il soit jaloux de ma réussite…
Dje – Ce qu’il a dit, pas du tout c’est ça. Mais de plus graves problèmes nous avons.
Booba – Toi je sais même pas par quel miracle t’as échappé à l’éjection hors de mon Elieporteur.
Dje – en fait…
Booba – j’ai pas dit que ça m’intéressait non plus. Va faire un son avec Mala, et fous-moi la paix. Et sors le en même temps que le nouveau son de Kaaris
Mala – IZI OK, MAIS IZI POURQUOI FAIRE ?
Booba – pour que le Hulkaaris comprenne que c’est pas la fête non plus. Et pour vous rappeler que vous avez pas le dixième de son buzz aussi, donc mollo sur les ambitions solos.
Mala – IZI HUMILIATION
Gato – I am Gato da bato.
Dje – véridique c’est, mais toujours blessant. Mais c’est pas pour ça que revenu je suis. Attaqués nous sommes.
Booba -Attaqués ?
Gims -Il a raison. Un énorme vaisseau en forme de pelle se dirige droit sur nous.
Booba -Ça ne peut être que Crâne Rohff…

(en attendant la suite, tu devrais cliquer sur l’image ci-dessous, ça t’emmènera vers un endroit merveilleux où tu peux télécharger un nouveau bootleg pas piqué des hannetons)
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Téléchargement / écoute : Dosseh (best-of)

Pour commencer comme il faut cette année, et dans la lignée de nos différentes mixtapes sorties récemment, Captcha t’offre aujourd’hui une mixtape spéciale Dosseh. La sélection est entièrement subjective et comporte les sons qui m’ont le plus frappé depuis le début de sa carrière. Donc si tu penses qu’il y a des titres oubliés je te suggère gentiment d’aller te faire enculer de me le faire savoir via twitter ou commentaire.

Tu cliques sur l'image pour télécharger
Tu cliques sur l’image pour télécharger, ou tu descends plus bas pour écouter le mix.

Cela sera également une bonne manière de patienter avant la sortie de son premier Album / Perestroika repoussé à 2014. Bien que n’ayant pas sorti d’album pour le moment, la discographie de l’artiste est déjà bien soignée :

Bolides (2004)

Bolides Vol 2 (2008)

Desperadoss (2011)

Summer Crack (2011)

Summer Crack Vol 2 (2012)

Karma (2013)

Perestroika (?)

 

Si vous voulez en savoir plus sur le bonhomme je vous recommande de lire les excellents papiers des potos du Blavog ici et la. J’ai essayé de faire un parcours chronologique avec les morceaux les plus marquant de sa carrière … Bonne écoute.

Tracklist :

 

  1. Je Suis

  2. Pharaonique

  3. Prototype (Feat Despo Rutti)

  4. Aigle Royal

  5. Frere d’arme (feat Pit Baccardi)

  6. OGM (Feat Rim K)

  7. Qui t’a menti (feat. Ol Kainry)

  8. Non Stop

  9. 45 Scientific (Feat Booba)

  10. Poete Maudit (Feat Despo Rutti)

  11. Desperadoss

  12. 1001 Questions

  13. Gin And Juice Remix (feat Niro)

  14. Pirates (feat Kaaris)

  15. Cliché

  16. Mon Gang

  17. Perestroika

  18. IGO

  19. Survet et Costard

  20. Gagnam Style Trap Remix

  21. Dosseh Adios

Dosseh : interview + clip Adios Freestyle

Interview de Dosseh par Le Blavog, en deux parties : partie 1 et partie 2. Ca parle de tout et n’importe quoi, mais surtout de trucs intéressants, ça part dans tous les sens, comme une prod GB Paris, ça lance plein de références à plein de trucs improbables genre Jeopardy ou Albert Camus, et, cerise sur le Karma, ça parle de Captcha Mag. Et y’a aussi une question sur Batman.
Par ailleurs, le bon Dosseh a balancé un petit freestyle pas piqué des hannetons, et il a mis ça en image, parce qu’il a bien compris qu’en 2013, les gens ont besoin d’un pseudo-clip pour apprécier le son, sinon ils prennent même pas le temps d’écouter. Les gens sont des connards, certes, mais t’en fais partie toi aussi, alors ferme ta gueule sauf si t’as quelque chose à dire.

 

Critique ciné : Karma

Le film estampillé « rap français », cet étrange objet cinématographique, éveillant irrémédiablement la curiosité des auditeurs, et décevant presque immanquablement les attentes. Hormis African Gangster, un long-métrage qui, sans révolutionner le genre, et sans éviter son lot de clichés, parvient tout de même à tenir la route, les exemples à ne pas reproduire sont légion, de Comme un aimant à La Vengeance, en passant par Cramé ou l’insipide Conte de la frustration, à tel point qu’il est devenu commun de considérer Rap Intégral comme le « film avec des rappeurs dedans » le plus crédible.

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Karma se présente donc avec cette étiquette-rap, une particularité à double-tranchant. Le rappeur lambda, excellent lorsqu’il s’agit de jouer la comédie derrière un micro, devant un photographe, ou en interview, n’est pourtant pas réputé, à une ou deux exceptions près, pour sa maitrise de la méthode Actors Studio. Et si, effectivement, aucun protagoniste du film ne sera nommé aux Cesar, il faut reconnaitre que la partition est globalement très décente. Le manque d’expérience d’acteur de la plupart des interprètes du film ne se fait nullement sentir, et l’impression habituelle de textes récités et de regards perdus ne se ressent aucunement ici.

Les rappeurs présents

Dosseh : En tant qu’instigateur du projet Karma, il est logique que Dosseh porte le film sur ses épaules. C’est donc lui qui endosse le rôle principal, et force est de reconnaitre qu’il s’en sort avec les honneurs. Campant un personnage suffisamment travaillé, il a l’humilité de ne pas se donner le beau rôle, préférant jouer avec les faiblesses et les travers d’un jeune rappeur qui monte, mais qui joue sur plusieurs tableaux, et qui mange pas mal de coups de pression.

Escobar Macson : Peut-être bien le meilleur acteur du film. Son jeu froid, tout sur la retenu, est d’une pertinence et d’une intelligence tout à fait bienvenues, là où les non-initiés à la comédie surjouent quasi-systématiquement. Balançant les punchlines comme en studio (ou en interview), sa présence est un véritable plus. Mention bsahtek, félicitations.

Lalcko : Lalcko, il pourrait faire une pub pour les serviettes hygiéniques, il serait toujours crédible. Le mec a une aura, c’est comme ça, on y peut rien. Parfois tu l’écoutes rapper, tu comprends rien, c’est trop mystique, trop torturé, et malgré ça, tu te dis « putain il est trop fort ». Devant une caméra, c’est pareil. Le mec est là, il est loin, quoi qu’il fasse.

Bassirou : Pas le plus connu du casting, mais pas le moins déméritant. Si son personnage, manquant quelque peu d’épaisseur, n’est qu’un auxiliaire éventuellement dispensable, ce n’est nullement la faute de son interprète. Prestation propre et sans bavures.

Seth Gueko : Une seule apparition, pour une scène de quelques minutes, mais suffisante pour comprendre ce que vaut le Gueko. Forcément, c’est surjoué, mais c’est à l’image du bonhomme, et à la limite, il n’en fait même pas trop. S’appuyant sur un phrasé connu de tous, naviguant entre le patois, le raboin, le vieux françois, et d’autres influences linguistiques indéfinies, Seth s’éclate. On sent qu’en tirant moins le trait sur la caricature, il pourrait faire ça très bien.

Niro : Un rôle de guest, dans une scène qui ne semble là que pour pouvoir mettre en scène le rappeur de Blois, et afficher son nom au casting. Difficile de juger ses qualités ou défauts, le boug a une bonne tête de crapule, et on aimerait voir ce qu’il peut donner de bon avec un peu plus de présence à l’écran.

Sofiane : Anecdotique. Deux apparitions furtives, trois mots prononcés, là aussi, on sent qu’il n’est là que pour pouvoir être cité au moment d’attirer le spectateur.

"Si l'rap ça coule, j'fais des films pornos"
« Si l’rap ça coule, j’fais des films pornos »

Mise en scène et réalisation

Réalisé par Karim Meg (qui s’accorde d’ailleurs un rôle dans le film), valeur montante du vidéo-jeu français, plus connu jusqu’ici pour son travail sur des clips (La Fouine, 1995), et quelques bons travaux en stop-motion sur le skateboard, Karma se présente comme un produit au rendu très propre. Loin de la qualité disparate d’un film comme La Vengeance, la mise en scène est parfaitement cohérente, professionnelle de bout en bout. Et tout la crédibilité du projet tient dans cet état de fait : du cadrage au montage, rien n’est laissé au hasard. Et même si le manque de moyens se fait parfois ressentir (en guise d’exemple, notons qu’aucune mort n’est montrée directement, faute de possibilités en termes de maquillage, trucage, et effets spéciaux nécessaires), l’ensemble pourrait presque se vanter d’un certain cachet. Notons par ailleurs que le long-métrage a le bon goût de ne durer qu’une heure et quinze minutes, là où d’autres auraient tiré la corde pour grappiller un quart d’heure supplémentaire. On évite ainsi quelques longueurs qui auraient été malvenues, et malgré un ou deux temps morts, le rythme est maintenu jusqu’au bout.

Un scénario judicieux

992785_417434651688098_55525103_nMais le point crucial, celui qui fait passer Karma du statut de bon petit film, à celui de très bonne surprise, c’est la qualité du scénario. Pas que celui-ci soit particulièrement exceptionnel, captivant ou surprenant : dans un autre contexte, on aurait pu le considérer comme prosaïque et quelconque, limite insipide. Mais ici, il y a un élément particulier à prendre en compte : le lien vivace entre le film et son univers direct, à savoir le rap. Alors que le sujet est habituellement très inadéquatement traité (soit complètement mis de côté, en se contenant d’une bande-son rap –African Gangster, Cramé-, soit trop au centre de l’histoire –De l’encre, 8 Mile), il est ici parfaitement intégré à la trame scénaristique, et soulève même des questions aussi valables qu’appropriées, explorant la thématique « être rappeur (et donc tête connue) et dealer (donc voué à la discrétion) en même temps, est-ce possible ? ».

Alors, n’y a-t-il que du bon dans Karma ? Évidemment non, on ne fait pas sans son petit lot d’imperfections, de légères incohérences, et de raccourcis scénaristiques parfois un peu gros, surtout sur la fin. Mais l’ensemble n’en souffre aucunement, et l’addition des qualités du long-métrage pèse éminemment plus lourd que celle de ses défauts. Cerise sur la gâteau : la bande-son est excellente, bien qu’étonnamment peu marquée par les morceaux issus de la BO. Les sonorités sont souvent soul, donnant au film une ambiance clairement appréciable, et lorsque l’on entend enfin un peu de rap français, on ne peut que sourire en reconnaissant le timbre de voix de Booba époque Temps Mort.