La nouvelle trap d’Orléans | Dosseh – Pérestroïka (chronique)

Dosseh-1024x686

Impossible de passer à côté de la sortie d’un album annoncé depuis au moins 2 ans. Ce n’est plus un secret pour personne, je suis assidument la carrière et l’évolution de Dosseh depuis la première claque que j’ai reçu en écoutant la compilation One Beat. J’ai tout de suite été frappé par deux points forts chez Dosseh : son écriture et son interprétation de ses textes. Du coup, j’ai suivi d’un œil inquiet son évolution vers la trap ces derniers mois. Je n’ai rien contre, en soi, mais je trouvais dommage de ne pas plus mettre en avant son écriture, notamment sur les premiers extraits de la tape. D’autant qu’on se rend compte que certains sites (et une partie du public) ne semblent pas connaitre son parcours, et se permettent du coup ce genre d’irrespect digne de Morandini :

dosspoua

C’est donc avec inquiétude que j’attendais la sortie de cette mixtape, en préférant les hors séries balancés régulièrement sur Youtube plutôt que les extraits officiels, notamment l’excellente reprise du sample de Nirvana qui méritait largement sa place dans l’album.

Malgré ces a priori, cette mixtape est une excellente surprise : les extraits étaient simplement en deçà du reste de la galette. Mention spéciale à Scarla, Yuri Negrowski et surtout l’excellent L’Age de nos Actes. D’ailleurs, on pourrait presque faire un article entier dédié à ce morceau aux ingrédients qui rappellent une certaine idée du rap de la fin des années 90. Première réussite : cette prod de Redrum, avec ces sonorités asiatiques, cet extrait de film culte des années 90, et cette jolie boucle d’Eric Clapton à la toute fin. Tout en gardant un flow et une écriture actuels, Dosseh explicite clairement le changement lié à ce premier projet, et en profite pour rappeler qu’il n’a plus le temps de jouer. Ce morceau est d’ailleurs une véritable pause avant un enchainement de bangers. Des titres moins variés, avec moins de prises de risques, qui ne mettent pas en avant le talent d’écriture du bonhomme. En gardant en tête une certaine indulgence, due format du CD (mixtape, et non album), et certaines attentes concernant les prochaines sorties, on attend pourtant beaucoup plus de la part de Dosseh. Espérons que les critiques positives autour des hors-séries l’inciteront justement à partir sur plus de variété sur l’album prévu en fin d’année.

5e6dad0a5ca3855f28f582bb9d780a0a.960x932x1Autre conséquence positive suite à cette première sortie signée : la perspective de le voir enfin tourner sur scène. Avec plus 10 années passées en indé, les dates de Yuri sur scène se comptent sur les doigts d’une main. L’occasion idéale pour voir si les bonnes choses entendues sur CD se confirment sur scène. D’ailleurs, lui même le disait dans une interview au Blavog : « c’est sur scène qu’on voit réellement si un artiste procure les même émotions que sur CD ». La seule réelle crainte sur cette tournée annoncée, c’est qu’elle soit trop focalisée sur la mixtape, alors que Dosseh compte des tonnes de titres qui mériteraient une vie sur scène : Igo, 1001 questions, Prototype, Aigle Royal, Mon Gang …

Si le public est maintenant ouvert à la trap, avec -notamment- les succès de Kaaris ou Gradur, il faut reconnaitre que Dosseh emmène le genre à un autre niveau, garce à sa qualité d’écriture toujours intacte. Passée la crainte, et la petite déception des premiers extraits, on se fait finalement plutôt bien à l’évolution de l’artiste. Pérestroïka est une bonne nouvelle de plus pour le rap français en ce début d’année. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Summer Crack 3, nouvelle mixtape gratuite, est déjà annoncé pour cet été … avant la sortie de l’album en fin d’année. Si on n’avait pas peur de paraitre trop exigent, on ne s’en contenterait pas et on réclamerait la suite de Karma.

 

 

Mido Ban

Young Thug – Zone 3 Alien

Alien Cover

 

Atlanta continue sa route dans la course de la ville la plus prolifique de ce rap jeu. Qu’on aime ou pas le son de Géorgie, force est de reconnaître que l’effervescence perpétuelle de cette scène est fascinante. Il y a toujours des nouvelles modes, des nouvelles prods, des nouveaux flow, des nouveaux rookies. ATL bouillonne comme de la coke au bain-marie et c’est tout benef’ pour les amateurs de bonne musique que nous sommes.

 

Il y a à peine un an, je présume que très peu d’entre vous avaient déjà entendu des noms comme Migos, Young Scooter, Young Thug ou Peewee Longway. Toute cette joyeuse marmaille est en fait plus ou moins les derniers rejetons de la grande famille Bricksquad. Sorte de clan Corleone aux multiples entités, mais avec des dreads et de l’herbe dans les poumons.

Le tragique et définitif divorce entre les clans Ice Cream Cone et Waka Floqué n’ont heureusement pas eu trop d’influence sur les sorties, ni sur la qualité des différents projets des membres les plus éminents … ouf. Gucci et Waka devront se disputer la garde de Wooh Da Kid et consorts, mais quoi qu’il arrive, il y aura toujours des choses à se mettre dans les oreilles. Gucci étant d’ailleurs réputé comme étant un scout redoutable dans le sud : Waka, Scooter, Future, Zaythoven sont autant de noms que Gucci a plus ou moins poussé dans le grand bain, avec un sans faute à chaque fois. Les deux prochains de la liste sont Peewee Longway et Young Thug…

Si je devais vous expliquer qui est Young Thug, ou ce qu’est Young Thug en moins d’une minute, je vous dirais que c’est un genre de clone dégénéré de Future qui a trempé dans l’acide trop longtemps, comme Double-face. Sauf que lui, en plus de lui avoir grillé les neurones, ses cordes vocales ont aussi des grosses séquelles, ce que vous remarquerez à la première écoute. Sa voix si particulière fait que même sans connaître sa musique sur le bout des doigts on le reconnait parmi 1000. D’ailleurs, sa voix a une autre particularité : elle semble camoufler un léger accent qui à mon avis prend racine beaucoup plus bas que l’État de Géorgie. Ça ne m’étonnerait pas qu’il soit originaire d’un pays des caraïbes, d’après mes informateurs secrets, il serait originaire Haïtienne. L’intéressé explique que son « slang » est dut aux nombreuses femelles de différentes espèces qu’il a fréquenté… En tendant bien l’oreille d’ailleurs, dans son flow, son attitude et sa diction, on reconnaît des similitudes avec la musique jamaïcaine moderne, celle qui se rapproche le plus du rap. Sizzla et Capleton ne font pas partie de le même école que Vybz Kartel, pour vous donner une idée.

Refermons cette parenthèse culturelle et revenons-en aux faits. Le jeune natif de Jonesboro zone 3 a donc tout un arsenal d’armes blanches quand il rentre dans la cabine pour enregistrer. Il peut et sait quasiment tout faire. Le génial Loaded avec Peewee Longway (son alter-ego), Danny Glover extrait de la mixtape de Southside et TM88 (ces deux là ne font pas que boire du thé non plus au passage) : un mélange de nonchalance et une voix aiguë plaintive, presque comme des gémissements. Young pue la rue par tous les pores de sa peau, et en même temps on a l’impression que sa musique vient d’une autre planète. L’effet produit est un peu le même que celui quand on écoutait Future la première fois. Je me demandais qui était ce gars qui chantait sur ces refrains (seul Z-Ro avait ce privilège) fan de Jimmy Hendrix et qui ne jurait que par l’immensité de l’espace et le sirop pour la toux. Young Thug est un autre genre d’ovni mais tout aussi fascinant à écouter. Ça part vraiment dans tous les sens, des cris, des bruits on ne sait même plus vraiment : on frôle le génie et la folie pure at the same damn time. Il n’est définitivement pas tout seul dans sa tête. On sent que le bonhomme ne maîtrise pas tout ce qu’il dit ni ce qu’il fait, et je le soupçonne de prendre autant de drogue que Gunplay dans sa grande époque -des quantité astronomiques-. J’avais déjà évoqué le côté tribal voodoo de Chief Keef avec des titres comme Go To Jail : Thug, véritable tête de crackhead, boxe un peu dans la même catégorie.

Sans prendre le moindre risque on pourrait dire que Young Thug ne percera probablement jamais à grande échelle comme un Rick Ross ou Jay-Z , mais il est fort probable que son infini potentiel soit un jour exploité et maitrisé au mieux et que cela lui rapporte une grande quantité de benjamins franklin. Young Thug risque de tous nous péter à la gueule dans les prochains mois, et internet l’attend avec impatience. Rattrapez votre retard car c’est pour très bientôt. Prions pour que la sainte mère du Trap continue à mettre au monde des mutants aussi fascinants et atypiques, par amour pour la science et la bonne musique.

Je vous conseille l’écoute de sa dernière mixtape en date, 1017 Thug. Pour le reste, j’ai cuisiné un court mix d’inédits récents. Disponible en streaming sur soundcloud ou en téléchargement, directement prêt pour vos iTunes. L’artwork est fait pas le Garçon Emeraude Holos Graphein , as usual.

YOUNG THUG – ZONE 3 ALiEN MiXTAPE

Informations pratiques :

Des rumeurs circulent sur internet, notamment sur l’orientation sexuelle de ce jeune thug de 21 ans. Young Thug est aussi gay que Omar Little. Drake et Asap Rocky aussi, sachez le.

Kevin Gates est décidément bon partout ou il passe. Ce petit gravi les échelons rapidement, interdiction de s’endormir dessus. On aura surement l’occasion d’en reparler plus longuement …

Young Dolph : first round draft pick + Extra Stupid Mixtape.

Rangeons d’office Young Dolph parmi les sophomores. Même s’il n’a pas encore une énorme exposition outre atlantique, le jeune rappeur de Memphis commence à se faire un nom, du moins dans le sale sud des Etats-Unis. En témoignent ses nombreuses collaborations avec des noms qui vous seront surement familiers : Juicy J, Project Pat, 8 Ball & MJG dans un premier temps, Memphis 10 affiliation. Young Scooter et aussi surtout Gucci Mane, proche voisins d’Atlanta.

Après avoir vu le nom de Dolph traîner discrètement sur les nombreuses cassettes de l’homme au cône glacé, les deux rappeurs ont finalement sorti une mixtape en commun sobrement appelée EastAtlantaMemphis. Des rumeurs ont même circulé dans les internets à propos d’une signature de Young Dolph chez Bricksquad. Même si au final, cette histoire est restée au stade de rumeur (et peut être tant mieux finalement), ça peut vous aider à évaluer le potentiel du jeunot. Rappelez-vous que Waka Flocka, Future et dans un avenir proche (sans prendre trop de risques) Young Scooter ont tous été plus ou moins mis dans le rap jeu grâce à tonton Gucci. Rentrons dans le vif du sujet : qui est-il ? D’où vient-il ?

J’ai découvert Dolph en errant sans but dans les suggestions Youtube (un job a plein temps) et en tombant sur le titre I Think I’m Sprung. Des basses plus lourdes que les fesses de Cherokee , Juicy J en LV qui rappe un puissant couplet devant une Bentley, un refrain qui rentre dans le crâne sans plus jamais vouloir sortir … Ca parlait d’herbe, d’argent sale, avec des punchlines mongoles à souhait (le gimmick de Dolph est d’ailleurs : STUUUUUUPID), ça dansait des coudes … Il n’en fallait pas plus. Sur la première ligne (à l’époque) de son CV figurait High Class Street Music 2. Une cassette pas exceptionnelle mais qui laissait par quelques indices, espérer du très bon à l’avenir. Dans le désordre, le street banger Gangsta (avec l’intro de son clip que je vous laisse savourer), son amour pour les polos Ralph, un son avec Drumma Boy (excellent producteur, originaire de Memphis lui aussi ), I need my medecine, un feat avec 2 Chainz (époque T.R.U Realigion) un flow nonchalant à souhait … Et l’intime conviction que les cris insupportables de Dj Scream était finalement des douceurs pour les oreilles à côté des beuglements insupportables de Bigga Rankin (#teamNODJ).

Deux mixtapes plus tard, Young Dolph est passé de futur bon potentiel au statut d’un prétendant d’un pick parmi les 5 premiers choix de la draft. A Time 2 Kill est le projet de plus de 20 titres qui est probablement encore aujourd’hui sa meilleure ogive. Si vous voulez vous faire une idée fidèle de ce que Dolph Gabbana a sous le capot, c’est ce qu’il faut écouter en priorité. Le street single A-Plus leaké juste avant la sortie de la K7 annonçait la couleur : enchainement de titres puissants (Sky High), savant mélange entre le spectre de Memphis et la trap music moderne purement Géorgienne. Tout y passe. Apologie au statut d’auto-entrepreneur : Money Talk avec Don Trip, Money Money Money, Clientele, Booked Up avec Gucci Mane. L’addiction aux diverses drogues locales (Hella Stoned) et les histoires de rues toujours bien décrites, avec souvent, Oncle Vick comme point central : Runs Thru My Blood, Survival Of The Fittest et Linvin’ My Life. Orchestré de très près par Dj Squeeky qui signe 80% des prods, vieux mais néanmoins talentueux DJ originaire de … Memphis.

 

Les deux tapes suivantes symboliseront la vitesse de croisière de Young Dolph. C’est solide et homogène. Blue Magic (bel hommage a Frank Lucas, d’Harlem pas de Star Wars) se verra doté d’un peu moins de prod de Squeeky et d’un peu plus de Drumma Boy. High Class Street Music 3 : Trapin Out A Mansion la dernière en date, est objectivement un niveau en-dessous malgré quelques pépites. No Sleep, Insane, Grew Up… Si Dolph n’avait cesser de crier à longueur de morceau «I should do a movie» pour je ne sais quelle raison, sa prochaine sortie ira dans ce sens : South Memphis Kingpin sort aujourd’hui chez tous les bons crémiers, et sera accompagné par un DVD disponible sur iTunes (et donc payant probablement) le 19 #YOUSMELLME ?!

 

Vous pouvez d’ailleurs retrouver toutes ces mixtapes en version NO DJ sur iTunes. Blue Magic, A Time 2 Kill, Hustler Paradise et Trappin’ Out A Mansion.

Comme d’habitude, votre site favori vous livre une mixtape qui vient tout juste de sortir du four : EXTRA STUPiD MiXTAPE, YOUNG DOLH & FRiENDS. Cliquez mes jeunes, c’est gratuit et non-imposable. Vous pourrez écouter ce que peux produire Young Dolph en dehors de ses propres mixtapes et sans son « entourage habituel » : Dj Squeeky et Drumma Boy particulièrement. Entre les synthés des prods de Zaytoven et les notes de piano estampillé Speakers Knockers, vous retrouverez des featurings avec des rappeurs assez méconnus sur notre coté de la planète : Don Trip, Starlito, Peewee Longway, Scooter, Zed Zilla… STUUUUUUUPiD !

 

Muddy Waters : « Gucci Mane, je suis ton père »

gucci1

On présente pas Muddy Waters. Si on connait pas Muddy Waters on google Muddy Waters. Pas loin de la source de la musique noire américaine on trouve Muddy Waters. Quand je parle de source, je parle de source de courant électrique. Muddy Waters, a.k.a the Mannish Boy a.k.a Hoochie Coochie Man a été un des premiers bluesmen à électrifier le blues au grand dam des puristes de l’époque, ces blancs qui réussirent à niquer le Jazz avec 1. des grands ensembles orchestraux et 2. en lui enlevant sa rythmique. Le Jazz doit son salut à des artistes comme Charlie Parker. Google aussi Charlie Parker, mais bon on est pas là pour parler de Charlie Parker. Pour les puristes du blues, à l’époque, le blues ça devait être joué et chanté par un noir en salopette avec une guitare folk.  J’imagine que le Hoochie Coochie Man se foutait des puristes. Lui il a fait son truc à la guitare électro pour parler de femmes, d’alcool et de dope entre autres : « Donne-moi du champagne quand j’ai soif donne-moi un splif quand je veux me mettre bien  (…) Et chaque fois que je me mets bien, je pose ma tête sur ses seins, ouais tu sais je me pose au calme, j’essaie de prendre un peu de repos ». Muddy Waters avait le sens des priorités.

“Yeah bring me champagne when I’m thirsty.
Bring me reefer when I want to get high.
(…) Everytime I get high
I lay my head down on my baby’s breast.
Well you know I lay down be quiet
Tryin’ to take my rest.”

 

Comme le dit la chanson, Muddy Waters était issu du Delta du Mississipi. En 1943 il est parti chercher fortune à Chicago avec son blues électrifié. The rest is history. Gucci Mane lui venait de l’Alabama quand il a débarqué à onze ans dans la zone 6 d’Atlanta. The rest is aussi history. Je présente pas Gucci Mane non plus. On présente pas Gucci Mane. Si tu connais pas Gucci Mane c’est sûrement que t’as atterri sur Captcha Magazine après une recherche Google du type « Nazi Zoophile mangeur d’utérus ».  Muddy Waters et Mr Zone 6 ont en commun, en plus de leurs origines rurales du sud des Etats-Unis, un véritable charisme, un air un peu ahuri, une dose de j’m’enfoutisme qui cache une maîtrise trop bien exercée de leur art et une vie qui colle à leur œuvre comme l’a écrit PureBakingSoda à propos de Gucci dans cet article.  Mais surtout le Hoochie Coochie Man comme Gucci Mane ont redéfini les termes de leur musique, le blues et la trap, en y imposant leurs propres codes. Muddy Waters déclarait en 1969 « I am the blues » comme aujourd’hui Gucci nous le fait savoir à travers sa trilogie de mixtapes Trap God, que – deux points, ouvrez les guillemets – La Trap c’est moi. A la manière d’un Roi Soleil.

gucci2

Sur le morceau Get Money N***a issu du premier volume Trap God sorti en 2012 qui feat. un Meek Mill en grande forme, dès les premières secondes ce qu’on entend chez Gucci c’est la voix et le jeu de phrases d’un bluesman qui a un peu trop vécu : un brin de lassitude mêlée à une vieille détermination. « Je suis dans la froidure de la baraque à dope et j’ai turbiné toute la journée, je suis le Amstrong du bicarbonate de soude, cette merde se vend avant qu’elle sèche », demandez pas si c’est Lance, Neil ou Louis Amstrong, à l’intonation de sa voix fatiguée on perçoit les stigmates de l’autodestruction propre aux véritables artistes. Le personnage de Cartoon Guwop a laissé le registre au truand et quand le truand s’exprime chez le rappeur bipolaire, pas besoin d’en faire des tonnes pour que ça sonne juste. Gucci Mane est authentique et à l’évidence, au grand dam des puristes HipHop , un digne héritier du Hoochie Coochie Man.

“I’m in the trap house with my long johns 

and I been trapping all day long

they call me baking Soda Amstrong

before it dry that shit be gone”

 

Tel père tel fils, on salue la mémoire de Muddy et on souhaite une longue vie à Gucci.

gucci3

 

(bonus à écouter le matin au réveil à volume élevé)