Captcha Mag Présente Gangsta Love… Starring @J_Anglemort et @FuckedUpTom

Le 14 Février, une date marquée au fer rouge par l’amour et tout ce qui peut s’y apparenter. Comme dans les films (rarement drôles), tout se résume à des livraisons de bouquets de fleurs et des invitations dans des restaurants coûteux. C’est aussi le jour des ruptures, des friendzone, des bagarres entre fiancées et des sidechicks, et des tweets d’Agathe Auproux qui dit préférer passer la soirée devant une autre défaite du PSG en Champion’s League qu’avec un homme.
Tout cela est assez cocasse car les origines de la Saint-Valentin n’ont absolument rien de romantique : la première version raconte que les romains désignaient 12 hommes qui couraient en pagne avec du sang sur le front, dans les villages afin de flageller des femmes avec un fouet en peau de bouc pour les rendre fertiles ; la seconde ramène à l’histoire du prêtre Valentin qui a fini décapité pour avoir marié des couples dans son église sous le régime de l’empereur Claude II.
Aujourd’hui, on constate que rien n’a changer à part que cette tradition s’est transformée en évènement commercial. Mais les rappeurs, indirectement, perpétuent les traditions des romains en les modernisant dans leurs sons : ils parlent d’adultère, de proxénétisme, de vengeance meurtrière envers les amants de leurs bien-aimées, de manipuler le cœur des femmes pour les faire rentrer dans une vie baignant dans l’illicite, etc.
Et c’est là que notre mix entre en jeu : nous avons sélectionné des sons avec pour thématique toutes ces situations, en plus des regrets, de la haine, de la folie, la luxure, le sexe et surtout la rue, l’argent et la drogue.
Pour illustrer tout cela, on passe de 50 Cent à Freddie Gibbs, en passant par Un Pacino, Chief Keef ou Sheek Louch.
Sortez les bougies senteur vanille, dressez la table et habillez votre carrelage de pétales de rose.
Cover
Mixé par Jocelyn Anglemort
Cover par FuckedUpTom
Tracklist :
01 – Sheek Louch – How I Love You (feat. Styles P)
02 – Un Pacino – Pimpin Season
03 – Sada Baby – Peacock
04 – 50 Cent – Pimpin Part. 2
05 – Dark Lo – Sucker For Love Part. 3
06 – Max B – No Competition
07 – Ski Mask Malley – Fall In Love
08 – Gucci Mane – I Think I Love Her
09 – Plies & Kodak Black – Heart & Mind
10 – Z-Ro – Driving Me Wild
11 – Freddie Gibbs – MCH
12 – Chief Keef – My Baby
13 – Juicy J – Kamasutra (feat. Cardi B)
14 – Kevin Gates – Around Me
15 – Lil Boosie – Boosie Love
16 – Bruno Mali Kidd – Deco Drive
17 – ABN – Still Get No Love
18 – Keak Da Sneak – For You (feat. Rayven Justice)
19 – Outro

 

Introduction au rap de Detroit #NoSlimShady

Detroit, surnommé aussi Motown, a toujours été une ville où le rap est encré au plus profond de ses entrailles, depuis les années 90 avec Esham ou Insane Clown Posse, et en particulier avec l’explosion du phénomène de la fin des années 90 et des années 2000 : Eminem (grâce au petit coup de pouce de Dr. Dre), et de son équipe D12.

La ville de General Motors est aussi respecté par la scène underground​ pour avoir ramené au fil des années des grands artistes comme J Dilla (REP), Slum Village, Royce da 5’9″, Phat Kat, Black Milk ou encore Guilty Simpson, qui ont eu une grande influence sur le rap dans les années 2000 dans les sonorités, car très attaché à la musique électronique et au sampling de musique soul/jazz (exemple : Kanye West).

Mais la Motors City n’a malheureusement pas réussi à prendre le cap au début à la fin des années 2000. Des sorties de plus en plus confidentielles, l’émergence de nouveaux artistes au point mort, c’est comme si le décès de Jay Dilla avait totalement suspendu cette scène dans le temps, et cela coïncide à la période où Eminem commence à sortir des albums de plus en plus mauvais.

Mais pendant que Slim Shady prenait d’assaut les charts, un petit groupe de marginaux faisaient leurs propres sauces entre la Eastside et le Westside, qui sont en rivalité depuis des années : Street Lordz, Blade Icewood (REP), et Eastside CheedaBoyz.

Ces derniers ont ramené la Bay Area dans ce grand glacier : des artistes tels que B-Legit, Spice 1, Richie Rich, ou encore Too $hort sont venus le temps d’une escale exprimé le respect qu’ils ont envers Motown et sans le vouloir laisser des traces qui sont gravés jusqu’à aujourd’hui sur l’asphalte humide.

Malheureusement, la rivalité Eastside/Westside a fait de nombreuses victimes, dont Wipeout d’Eastside CheedaBoyz et Blade Icewood. Mais avant de s’en aller, ils ont laissé un énorme héritage qui a apporté de la lumière à certains jeunes soldats : en 2012, le collectif DoughBoy CashOut commence a faire parler de lui dans la rue, avec des productions totalement différentes de ce qui se faisaient d’habitude dans la scène locale, comme leur prédécesseur.
Des sonorités empruntées à la bay area des années 90 (contrairement aux voisins d’Akron, dans Ohio, plus axé sur des sonorités de la bay area époque 2000), à la Nouvelle-Orleans type Cash Money Records ou No Limit Records, jusqu’à en reprendre même les codes mais en les rendant plus actuels. Des grosses basses, des samples de soul, RnB, funk, voir dance des années 70-80-90, ce mélange de mob music et de bounce est un parfait paradoxe avec la froideur de cette ville de métal, où la pitié se fait rare comme une liasse de billets sans élastiques.

Nous allons donc parler de 10 artistes qui ont fait l’année 2017 à D-Town :

 

Payroll Giovanni 

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L’un des artistes le plus en vogue dans la scéne de D-Town. À la tête du collectif Doughboy CashOut (REP DOUGHBOY ROC), il est l’auteur de « Stack Season », sorti en 2015, et a eu un succès critique retentissant. Depuis, il nous a gratifiés de 3 projets de bonne factures : en 2016, il sort « Big Bossin Vol.1 » en collaboration avec le beatmaker Cardo, et « Sosa Dreamz », et cette année, l’excellent « Payface » avec HellUva en tant que producteur. Il nous parle de son ancienne vie de drug dealer, de l’importance de la loyauté et de savoir se débrouiller pour s’en sortir (notamment qu’il a transformé la maison de sa grand-mére en traphouse, on peut lui decerné le prix du petit-fils du siécle), et faire ses valises pour se casser pour les sables blancs, tout ça sous des productions baignant dans les influences West Coast et South des années 90. Cela explique sa signature avec son groupe chez CTE Records, le label de Young Jeezy, le patron de la Motivation Muzik. Tous ces projets lui ont servi car il est l’une des dernières signatures de Def Jam Record et il vient d’annoncer la sortie de «Big Bossin Vol.2 » avec Cardo, qui sera apparemment un projet plus « jazz-trap ». Quoi que cela puisse vouloir dire, c’est prometteur pour la suite.

 

Tee Grizzley

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La révélation de l’année 2017. Celui sur qui tous les regards sont rivés. L’enfant prodige de West Detroit est celui sur qui il faut miser. Après le succès de « First Day Out » (78 Millions de vues sur Youtube), tout sourit pour le jeune grizzly de 23 ans : sa mixtape « My Moment » qu’il a écrite quand il était entre 4 murs pour cambriolage (1 an et demi), est l’un des plus gros succès de l’année niveau critique et commercial, signature chez 300 Entertainment, un album en commun avec Lil Durk.

 

Peezy

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Membre du Team Eastside (une bande de voyous surveiller par les feds), Peezy fait parler de lui dans la rue et sur internet. Il inonde littéralement les plateformes de streamings de projets (6 en tout cette année), comme ferait Mozzy ou faisait Gucci Mane à la grande epoque. Mais celui qui a attiré le plus d’attention est « Ballin Ain’t a Crime ». Une sorte de slogan que l’on pourrait inscrire sur un t-shirt ou sur une banderole, car Peezy sait ce que c’est que d’être fauché, de ne pas avoir un dollar en poche et de faire des petits larcins pour pouvoir sortir la tête de l’eau et de le montrer fièrement en claquant sa thune dans des sappes de luxe ou dans des strip-clubs sordides. Et personne n’a son mot à dire.

 

DannyAlwaysWin

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Imaginez un rappeur avec la voix de Notorious BIG (je grossis le truc mais faut bien vendre l’artiste), fait du name-dropping un art comme The Game, et parle de faire de l’oseille jusqu’au jour où il finira 6 pieds sous terre comme Master P, rajoutez un blase à dormir debout, et vous avez DannyAlwaysWin. Ce leaner de grand chemin fait penser au premier abord à un kingpin avec le physique de Proposition Joe, les chaines qui brillent et la paire de Cartier en plus. Il a sorti en quelques mois 2 projets de très bonne facture : « City of Bosses », avec l’incontournable single « Chosen One » où il dit « All my niggaz ghetto boyz like Willie D, make your bitch say UGGHHH like Master P » (ce qui n’est pas rien) et « 1 Mo Band » ; et « The Chosen One » sorti en début d’année, et le nom n’est clairement pas une usurpation.

 

Project Paccino

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Poto de DannyAlwaysWin, il est plus dans le rap de shooter et de secoueur de mauvais payeur que la moyenne locale mais la bicrave reste un de ses sujets de prédilection. Quoique plus underground avec son projet « No Fabrication VOL.2 », sa voix nasale s’infiltre dans votre cerveau comme un embryon alienne qui va exploser votre cage thoracique. On vous propose de tester en vous procurant ce bootleg fait par l’ami Zetray.

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https://mega.nz/#!cJ5kzZBa!AbasmNOUNmHHXfEMGcJu7GLU-T8ZhEQEx4O0W6Emu6o

 

Sada Baby

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Le coup de coeur de l’année. Surement le rappeur le plus taré de Détroit. C’est Taz avec la barbe de James Harden et un 9mm. C’est Simon Phoenix avec un microphone. Il lit textes très rue (comme la plupart de ses compères) avec un humour décalé et improbable d’un Sterling Archer qui le différencie de la masse, par exemple « He a snitch ? Yeah, Use the choppa like a digimon » (quand on sait qu’un Digimon n’a pas la faculté de munir une kalash, c’est magnifique). Il utilise sa voix nasillarde comme d’un instrument pour pousser la chansonnette façon chanteur soul comme Max B (sous le pseudonyme Skuba Ruffin), ou même faire des reprises totalement inattendues comme sur « Return Wit My Strap ». Il est aussi tout aussi à l’aise quand il s’agit de rapper en apnée sur des prods plus trap ou bounce gangsta. Avec « Skuba Sada » et « D.O.N. », ses 2 projets sorties en 2017,  le « dancin’ ass nigga » se révèle comme un des artistes indispensables quand on parle de la scéne de Motown en 2017, et ça, c’est tout bonnement magnifique.

 

Jeno Cashh

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Originaire de 6 Mile, plus exactement de Grove Street, Jeno Cashh est entré dans le circuit du rap il y a 3 ans par des freestyles dans la rue, comme une bonne partie des rappeurs locaux. Ce fan de rap, bousillé par Biggie Small, fait ses premières armes en faisant quelques refrains pour d’autres rappeurs, jusqu’au moment de décider de se lancer dans une vraie carrière et en balançant mixtape sur mixtape en total indépendant. Apparemment attaché aux années 80-90, Jeno parsème ses projets de samples funk et souls retravaillés pour qu’ils soient froids et profond comme la Bay County. 3 projets à son actif cette année : «Nightmares on Grove Street », « Still Business » avec des interludes hillarants qui rappellent DJ EZ-Dicc, et enfin « Jeno Brown », qui est dans la thématique de faire un parallèle entre la vie à Detroit et le film New Jack City. Esperons qu’il ne devienne pas aussi orgueilleux que Nino et que ça plombe pas une carrière si prometteuse.

 

FMB DZ

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Le jumeau demoniaque d’une autre mère de Sada Baby (même si ce dernier est loin d’être un ange), l’humour stridant en moins. Le genre de mecs qui te fume sans aucune hésitation si tu lui dois des Benjamins. Il exerce un gangsta rap glacial, sérieux et sans aucune remise en question qui pourrait nous faire croire que c’est un fils illégitime de X-Raided. Son équipe, Fast Money Boyz, a plusieurs de ses membres derrière les barreaux, et on ressent que ça bouffe DZ de l’interieur, et rapproche son état d’âme pour autrui proche du néant absolu. Ça ne nous empeche pas de savourer les projets que son « Washington DZ » et « The Gift » comme de la weed hollandaise envelopper d’une feuille Backwood.

 

AllStar JR

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Leader du AllStar Ball Hard (composé d’AllStar Lee, AllStar Rich Flair et anciennement de Tee Grizzley), JR est un pure produit de la société américaine, du capitalisme décadent et de la vente illégale de produit chimique qui se mélange aux globules rouges. Il rappe son envie de brasser un maximum de billets et de se payer des Rolex qui eblouiront les vautours. Il monte son propre label Get A Bag Records, et à la manière d’un Rick Ross, commence chaque son par une voix féminine qui scande « Let’s get a beg », un sac sûrement rempli de billets de banque et aussi precieux que la malette de Felix le chat. La pochette du projet « Get A Bag or Go Home » dont le montage rappelle les heures de gloire de Pen & Pixel, nous fait faire un voyage dans une réalité alternative où DJ Quik et Juvenile seraient originaires de Detroit et où ils unieraient leurs forces pour nous narer la fast life des dope dealers.

 

Molly Brazy

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Parce qu’il fallait bien faire plaisir à la gente féminine, on vous présente la première dame de Detroit : Molly Brazy. La seule rappeuse locale a bénéficiée d’une couverture médiatique, car des rappeuses qui brandissent des baby draco et parlent de gangsta shit en dehors de la scène de Chicago, c’est pas courant. Comme ses collègues rappeurs, elles empreintes le flow de B-Legit et des textes qui sont dans la lignée du défunt Blace Icewood. Elle semble être destinée à être une des têtes d’affiche du milieu. Et pour certains, c’est même trop calculé. C’est ce qu’accuse Rocky Badd, une autre rappeuse de Detroit (qui a le visage de Gabrielle Union donc directement, notre intérêt est plus que décuplé), d’être un pur produit marketing estampillé par 4Sho Mag, le magazine rap de la scène detroit, qui l’aide à avoir une meilleure exposition et facilite l’accès aux producteurs et à avoir des featurings (car d’après certaines rumeurs, Molly sortirait avec Joseph McFashion, le patron du magazine). Ceci étant dit, ses 2 premiers projets « Molly World » et « Big Brazy » prouvent que son talent n’est pas factice, et que si tout les feux sont au verts, elle peut aspirer à faire du mal aux autres concurrentes nationales comme Nicki Minaj ou Cardi B.

Gucci Mane : la sélection du Barbouze

On fêtait le Gucci Day la semaine dernière, le 17 Octobre. Gucci a sorti récemment son Autobiographie et j’ai vu passer une playlist Gucci Mane – The Autobiography qu’on peut télélourder ici.

En 2013 j’étais passé sur Captcha Mag pour écrire sur lui.

L’année derniere, j’avais compilé quelques titres pour une jeune femme qui ne s’était pas encore convertie au culte du Brick Squad ; titres qui ont rythmé mes écoutes depuis 2009, depuis que Gucci est présent dans mes playlists et mon univers musical.

Je repasse vite fait pour vous proposer cette sélection Gucci Mane chérie du Barbouze, deux heures de Guwop dans les oreilles -j’ai mis Gucci Terentino – Free Bricks deux fois parce qu’une fois ne suffisait pas.

Longue vie a Mr Zone 6.

Cliquer ici sur la cover pour accéder à la sélection :

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Starlito & Don Trip – Capoeira In The Living Room (Bootleg)

Il y a de cela une semaine et demie, est sorti le dernier volet de la trilogie « Step Brothers » des 2 vrais-faux demi-frères du Tennessee : Starlito et Don Trip. Les Mario et Luigi du sud des Etats-Unis collaborent ensemble depuis plus de 7 ans, et cela va même au-delà de la musique : ils sont devenus inséparables. Quand on se dit que tout à commencer par une partie de NBA2K dans un studio, on comprend que rien ne se fait au hasard. Leur complémentarité est spectaculaire : Lito, rappeur émo de Nashville, au flow à la traine (sans être péjoratif), associé à Don Trip, le gremlins de M-Town qui est plus là pour dévorer le micro, il arrive à tout balayer sur leurs passages, en particulier avec un point commun : leur humour complètement décalé.

Sans plus attendre, on va vous conseiller notre bootleg fait maison pour rentrer dans l’univers des Brennan et Dale du rap jeu. Et nous vous recommandons leurs 3 albums, plus leur tape « Karate In The Garage », disponible gratuitement sur LiveMixtape.

Illustré par le poto DOUBLE SWISHA BOY
Illustré par le poto DOUBLE SWISHA BOY

tracklist

http://www.mediafire.com/file/ag2dz6dgc9tba2g/Starlito+%26+Don+Trip+-+Capoeira+In+The+Living+Room+%28Bootleg%29.rar

 

Lettre d’amour aux femmes rondes (#JarodVoice)

Nous avons eu l’idée de cet article (oui, nous, car on est plusieurs si vous en doutiez) suite à un débat houleux au sujet de la plastique actuelle de Ayem Nour qu’il y a pu avoir sur les réseaux sociaux.

Bon, chez Captcha Mag nous ne sommes pas de grands fans de la téléréalité (jusqu’à preuve du contraire), cependant, nous sommes contre toutes formes de discriminations, y compris physique. Et certains rappeurs aussi semblent l’être.

Rappelons que le rap est une musique à l’image de la société, et donc, que l’image de la femme plate taille mannequin, appellé porte-manteau dans le jargon, pour nous ne devrais pas être une norme, toutes les femmes, peu importe leurs physiques, devraient avoir droit de connaître l’amour et le bonheur sans être pointé du doigt (on avoue, ça fait moral de film à la con genre Shallow Hal des Frères Farrelly, mais faut s’y faire). Et c’est là que nos chères petites têtes crépus/bouclés/gominés rentrent en scène (ou au studio), pour donner de l’amour aux chubby en format audio.

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Demetria Obilor, journaliste américaine qui vous informe du traffic de mon corazón.

Redman – I’ll Bee Dat

Premier extrait du 4éme album de l’homme-rouge du New Jersey intitulé « Doc’s Da Name 2000 », « I’ll Bee Dat », produit par Rockwilder, sort en 1998. Quelques semaines après la sortie de cet album, il est certifié disque de platine. Tout cela est bien mais ce n’est pas ce qui nous intéresse.

C’est la première fois (il me semble) que l’on voit, dans un clip de rap, un rappeur se trémoussait à coté de femmes rondes (qui remplacent des femmes de corpulences moyennes, mais que Red a dégagé sauvagement à coût de balai), dés la 20éme secondes, pour nous prouver qu’il a un cœur gros comme une piscine. Tout cela est confirmé lorsque dans « How High II » avec Method Man, Red dit très clairement « I love a fat chick with a body enormous, It’s ain’t about the weight, yo, it’s how they performin’ ». Et il réitére cette idée dans le film du même nom. Cela tombe bien car…

 

Mata – AXL (Amour Extra Large)

Mata, rappeur belge, a eu la brillante idée de faire un son et un clip en 2015, en hommage aux femmes avec des formes comme il le dit si bien. Pour parfaire tout cela, Shaolyn The Chin & Citrus Lazar samplent la voix de Redman disant la phrase cité plus haut (la transition de la mort qui tue).

 

Nessbeal – Ma Grosse (feat. Orelsan)

Seconde collaboration des 2 lurons, extrait du projet « Ne2s », « Ma Grosse » est (peut-être) le seul son du rap français où 2 rappeurs assument totalement leurs amours pour les femmes rondes. Le succès et l’incompréhension autour de cet extrait est telle que certaines personnes mal intentionnés prenaient ce son pour du second degré (bon, le couplet d’Orelsan n’aide pas vraiment aussi). Mais c’est à vous d’en jugez.

 

Kekra – Cagoulé

Il nous fallait bien une excuse pour placer ce magnifique son de Kekra dans l’article, et une seule phrase nous a suffit pour accomplir notre mission : « Ma **** sous une blonde, tout n’tourne pas rond même si cette **** est ronde ». Certes, ce n’est pas très flatteur mais c’est l’intention qui compte.

 

La pochette « Fadanuf Fa Erybody » de Odd Squad

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Autre classique dans le catalogue de Rap-A-Lot Records, l’unique album du Odd Squad (sorti en 1994), composé de Devin The Dude, Rob Quest et Jugg Mugg fait couler beaucoup d’encre. La cover, un clin d’œil direct à celle de « I Want You » de Marvin Gaye, montre des mecs s’enjaillant dans ce qui pourrait être une fête, avec essentiellement que des femmes type Christina Aguilera (de maintenant, pas d’il y a 10 piges). On regrette juste l’absence de track parlant des femmes rondes, mais nous recommandons quand même ce disque juste pour Putcha Lips et ces couplets d’une insanité rarement égalés.

 

De La Soul – Phat Baby

Et on revient avec Devin The Dude, cette fois en refrain (et avec DJ Quik à la prod), avec le groupe De La Soul, qui, en 2001 à l’occasion de leur 6eme album « AOI : Bionix », sortent une belle ode pour les femmes ditent « plus size », dans le but de leur dire qu’elles doivent s’accepter telles qu’elles sont, et elles sont belles comme ça.

A noter que le G-Unit a fait une reprise de ce son dans la mixtape « No Mercy No Fear », mais à l’inverse du De La Soul, ils sont plutôt du genre à tirer sur les femmes rondes, à l’exception de Tony Yayo, qui est définitivement le plus vrai du crew.

 

NWA – Fat Girl

Revenons 28 ans en arrière, à Compton. Eazy-E, du célèbre groupe N.W.A, pose un solo dans le premier album du groupe « N.W.A and The Posse ». Pour faire simple, dans ce storytelling (dont on ne sait pas si c’est la réalité ou de la pure fiction), le petit prince de C-Town parle d’une soirée alcoolisé où il a géré (voir plus si affinité) une femme forte. Et comme on le sait tous, l’alcool libére les sens et nos désirs cachaient (à ce qu’il parait).  Du coup, le lendemain, cette femme le poursuit et il nie en bloque, jusqu’à dire qu’il ne connait pas la demoiselle en question.

On est pas du genre à insulter les morts, mais ce n’est pas très gentil de la part d’Eric tout ça.

 

2nd II None – Thick Girls

Restons à Compton, cette fois avec Gangsta D et KK, formant le duo 2nd II None, proche du légendaire DJ Quik.

En 2008, les 2 pirus sortent leur 3éme album (9 ans après le précedent), qui passe totalement inaperçu. Dans ce 19 pistes, un son entier est dédié aux « thick girls ». Entendons nous bien, ce terme est très technique : c’est une femme qui est ronde mais pas trop, genre Raven Simone, pour ceux qui visualisent l’idée.

Bref, tout ça pour dire que nous les aimons aussi.

 

Too Short – Ain’t Nothing But A Word To Me (feat. Ice Cube)

Comment ne pas parler de l’un des vétérans d’Oakland ? L’homme au 19999 conquêtes ? Le papa d’innombrable rappeur de la bay et même de la Californie entière ?

On est en 1990, Too $hort balance son 3éme album, au sonorité très proche du P-Funk. Un extrait attire notre attention ici, le seul feat de l’album : « Ain’t Nothing But A Word To Me », avec l’ex-membre de N.W.A, Ice Cube. Il suffit d’une seule phrase (pas très classe oui mais venant d’Anthony, faut pas trop en demander) pour comprendre que ce monsieur aime toutes les femmes : « I like fat bitches, and I like em slim, I’ll take a fat bitch, and stick my dick right in, her big fat ass, She’ll make me cum again… ». Pas besoin de traduction ici, on connait le personnage.

 

The Jacka – Fat Woman (feat. J. Stalin, Shady Nate & Skeme)

Rien à voir avec le sujet (malgré le titre du son), c’est juste pour le plaisir d’écouter le défunt The Jacka sur cette superbe prod de DJ Fresh.

 

En somme, on vous a prouvé ici que même les rappeurs, qui sont, dans l’ensemble, loin d’être de tendres individus, sont aussi des hommes avec des valeurs et du goût. Même [ATTENTION, SPOILER !!!!!!!] Negan, qui est l’ordure par excellence, nous a montrez qu’il n’était pas du tout indifférent des femmes aux formes généreuses.

(Et si votre homme trouve que vous avez pris du poids, faites pas de régimes, jetez le et allez chercher des hommes comme nous. Ou moi, directement, ça évite de s’inscrire sur Tinder).

Bref, on vous aime. Aimez nous.

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Ring et Rap en quelques clips

Les 2 meilleurs ennemis du rap français, à savoir Rohff et Booba, ont toujours été d’accord sur un point : que le rap est comme un sport de combat, et que la défaite n’est pas une option. Ces 2 derniers pratiquants justement des sports de combats sont les mieux placés pour faire la comparaison.

Mainte fois les rappeurs ont faits références à des grands combattants : Lino (100 Rounds) et Kery James (le nom de son album « Muhammed Alix ») faisant référence à Joe Frazier, et qui a aussi sorti un son s’appellant « Mormeck », ou encore le défunt Sean Price qui appela son dernier album « Mic Tyson ».

Ici, nous allons vous montrer une dizaine de clips où les rings sontles pièces maitresses du décor.

Babass Escobar – Ville feuj

Pas la peine de demander d’où vient ce rappeur, tout est dans le titre du clip. Extrait de sa (très bonne) mixtape « Brulé dans l’ame » sorti en 2009, ce clip contient tout ce qu’on aime : des armes à feu, des cagoules, gilets par balle, compet’, tronçonneuse, et toutes une équipe s’agitant sur un ring, tout ça sous une face B de « Andrenaline Rush » de Twista. Que demander de plus ?

Medine – Lecture Aleatoire

Extrait de « Table d’Ecoute » (2006), on peut voir Medine rappait sur un ring de boxe parsemé de vynil d’albums de rap français, et son ombre frappait dans un sac de frappe pendant qu’il recite ses textes. Avouons, il y a de l’idée là. A noter le caméo de Lino, Kery James, Lord Kossity et Jacky Brown.

50 Cent – Hustle Ambition

Premier single de la bande originale du film « Get Rich Or Die Tryin’ », on peut voir 50 allait bicrave la substance durant un combat de boxe clandestin, sous le rythme du sample magnifique de « I Need You » de Frankie Beverly & Maze. Ce son est vu comme un veritable tube à l’époque, et le film (semi-) autobiographique était alors très attendu, et impose le G-Unit comme une veritable plaque tournante.

Sazacorbac – La Gouinezer

Cousin de Sazamyzy (Grand Banditisme Paris), ce jeune lyonnais clippe ce diss track contre La Fouine, où il est en train de marbré son sosie (très ressemblant) sur un ring (et ce dernier fait aussi ce qui ressemble à une caricature de pole danse sur un sac de frappe). Et c’est très rigolo.

Kamelancien – Danse De Guerrier

Ancien acolyte/protégé de Rohff, sa carrière en plein ascension, Kamelancien balance un clip où se mêle capoeira (apparemment) et combat type MMA dans un cage, tout ça dans un gymnase municipal. Ce qui est regrettable est que Kamel autorise les coups bas. Pas très fair play tout ça.

Mac Kregor – Les enfants terribles

La moitié de Tandem sort le premier clip annonçant son street album « Carthasis ». Mis à part que le son soit d’une lourdeur incontestable, voir un policier se faire piégé jusqu’à finir dans une cage, dans un combat à mort et se faire marbrer comme il faut, réchauffe mon petit cœur. Ses propos ne regardent que ma personne.

Z-ro – My Money

J’ai déjà beaucoup parlé de Z-Ro (dans 2 articles, plus précisément), mais comme on voit un ring, c’était un bon prétexte pour poster le clip, j’en dirais donc pas plus, à part regardez.

John Cena – U Can’t See Me

Comment ne pas parler de cet homme mi-catcheur mi-rappeur, et qui a traumatisé toute une jeunesse à cause de ce son qui faisait guise d’entrée avant ses combats ?

Pastor Troy – Dopeboy

Bon, on voit pas de ring mais ça fait toujours plaisir de voir Pastor Troy se pavaner avec sa ceinture de champion, comptant les liasses de billets avec 2 bad bitch et parlant de poudre blanche.

Mele Mel VS Willie D

Là c’est pas un clip, c’est pour de vrai. Willie D des Geto Boys et Melle Mel du grouge Grandmaster Flash & The Furious Five c’était affronté dans un match de boxe en 1992 à l’occasion du MTV Fight. Je ne vous dis pas qui a gagné, il n’y a qu’à cliquer.

Moon’A – Ovoc

La rappeuse du 94 se met à rapper à coté de mec qui font du sparring. Ne me demandez pas pourquoi elle parle de Louboutin et de ladyboy, trop occupé à admirer sa plastique de rêve.

Sofiane – SAVASTANO

11éme episode de #JeSuisPasseChezSo, le théme (???) est l’un des persos les plus important de Gomorra. Je ne vois pas le rapport, mais juste voir Sofiane avec une ceinture de champion (qu’il mériterai, entre nous), un biberon et l’écouter savaté la prod comme il sait le faire en vaut largement le détour. A noter qu’il sort un projet en Janvier 2017, si tout ce passe bien. Espérons que la PJ de Versailles ne le pette pas sur Insta en attendant.

Moral de l’histoire : la violence dans le rap n’est pas que lyrical mais peut être aussi visuel (je parle comme une âme sensible, je m’en excuse). En tout cas, faites du sport et écoutez du rap, parce que rapper en boxant, ça a l’air un peu compliqué.

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Z-Ro & Slim Thug – The Crown & The Throne (Bootleg)

Plusieurs années après que le defunt Pimp C ait mis fin à leur beef, Z-Ro et Slim Thug envoient un single qui présager un projet en commun en 2012 : « Summertime ». Et autant vous dire que ça a été un sacré raz-de-marée dans les bbq party de Houston. En 2013, un second extrait, « Loving U », nous confirmait de plus en plus l’existence de ce projet, « The King And The Boss », et une date circulait sur internet (le 10 Septembre 2013).

Mais malheureusement, rien ne s’est passé comme prévu. Joseph, ayant des soucis à l’époque avec le label Rap-A-Lot qui lui interdisait de sortir des sons ou des projets avec son nom de scène « Z-Ro » au risque d’une énorme amende, fut obligé de changer son blaze pour « Mo City Don » et de laisser moisir ce potentiel classique dans les cartons de J. Prince.

Trois ans se sont écoulés, et Z-Ro, passé chez One Deep Entertainment, a sorti plusieurs projets (dont j’ai parlé dans cet article) et a fini par reparler du fameux album avec Slim Thug, qui devrait sortir le 3 Janvier 2017. Slim Thug a confirmé par la suite en interview. La machine est donc lancée.

Pour feter ça, on vous propose donc un bootleg de l’ensemble des collaborations où Z-Ro et Slim Thug se font passer le micro.

 

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Illustré par le poto DOUBLE SWISHA BOY

http://www.mediafire.com/file/sa2rb0967l8oorh/Z-Ro+%26+Slim+Thug+-+The+Crown+%26+The+Throne+%28Bootleg%29.zip

Les projets que l’on nomme « …Volume 1 » qui n’ont jamais eu de « …Volume 2 »

Dans l’histoire du rap, les projets avortés sont plus que monnaie courantes. Faute de moyens financiers, manque d’engouement du public, problèmes avec les labels/maisons de disques ou encore retraites anticipées sont les causes les plus entendues pour enfermer à double tour les maquettes dans les tiroirs ou pour laisser prendre la poussière dans le disque dur.

Mais la frustration est beaucoup plus grande quand il s’agit de projets qui devaient être des suites du premier opus, souvent étiquetés incontournables ou classiques.

Voici une liste non-exhaustive (donc pas la peine de nous menacer de mort en commentaire) des projets qui sont nommés « Volume 1 » mais dont la suite ne verra jamais le jour, comme la seconde saison de la série Vinyl, produit par HBO (on voulait initialement placer le remake de Robocop, mais finalement, ce n’est pas une grande perte) :

X-Men & Ghetto Diplomat – Big Bang Vol.1 (2000)

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On ne présente plus les X-Men, Ill et Cassidy, ils sont déjà légendaire dans le rap français. Cependant, on va présenter ce second groupe, rejeton de Time Bomb, que l’on nomme Ghetto Diplomats, initialement appelé Jedi.Composé de 4 membres, Celsius, Watchos, Kamal et Kamal, ces 4 comoriens du 19eme arrondissement de Paris font armes égales avec les X le temps d’un album.

Et beaucoup diront que cet album est meilleur que « Jeunes, Coupables et Libres ». Surement dù aux productions beaucoup plus « actuelles », représentatives de l’époque, ou dû au feat qui sont de bonnes qualités : Mala, Movez Lang, Menzo et Sat (de Fonky Family), et Metek.

Puis, après cet album, chaque groupe pars de son coté. Les Ghetto Diplomats sortent ensuite une mixtape devenue incontournable « Speciale Mix Tapes » en 2003, puis ils ont changé de noms de groupe (pour la 3éme fois) et deviennent Famille Haussmann pour leur album « 40 Grammes et Une Mule » sorti en 2008.

Tandem – Tandematique Modéle Vol.1 (2004)

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Une année avant la sortie de leur unique album, Mac Kregor et Mac Tyer, formant le groupe Tandem, sortent leur second projet : Tandematique Vol.1, mixtape regroupant des sons présents dans plusieurs projets (par exemple, « Sport de Sang » avec Dadoo et Busta Flex provenant de la compilation Mission Suicide, « Tout ce passe en profondeur » dans une tape de DJ Poska, « 93 Barjot » dans Talents Fachés, ou « Les Maux » extrait de « Ceux qui le savent m’écoutent »), des freestyles sur face B et des inédits.

Bande sonore super sombre, extraits de films cultes ou d’interviews choques en guise d’interlude, featuring au top niveau et lyrics qui vont droit au but comme une balayette laser, c’est ce qu’il vous faut pour passer l’hiver.

Après « C’est toujours pour ceux qui savent », les 2 rappeurs d’Aubervilliers décident de chacun partir en solo, mais la séparation sera officialisée qu’en 2012 via une interview de Mac Kregor. (En bonus, DJ Uka avait sorti en 2015 un bootleg gratuit nommé « Tandematique Vol.2 », pour vous faire plaisir : https://www.hauteculture.com/mixtape/2322/tandem-tandematique-modele-vol-2 )

Rohff – Le Cauchemar Du Rap Français Chapitre 1 (2007)

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Été de l’an 2007, Rohff balance sa seconde mixtape (la première étant « 10 Ans d’Avance »), alors en plein développement de sa marque streetwear Distinct. « Dirty Hous » (en featuring avec Big Ali) en rotation massive dans les ondes hertziennes, l’ainé des M’Kouboi en profite pour sortir ce projet qui a l’effet d’un rouleau compresseur : vague de face B, extrait de freestyles radios et de couplets venant d’autres projets, remix de ses meilleurs morceaux d’ « Au dela de Mes Limites », un concentré de haut niveau de violence (2-3 coups de pelle pour les rageux) et d’hymne vitrio étalés sur 1h12.

2 semaines après la sortie de cette tape, Rohff finit incarcéré, et même après sa libération, ce dernier ne pense plus à réitérer l’expérience, partant dans l’optique de sortir que des albums. « Le Cauchemar du Rap Français » sonne comme le clap de fin d’une discographie tout bonnement exceptionnelle.

Cam’ron & Vado – Heat in Here Vol.1 (2010)

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Alors que le Dipset n’est plus, que le dernier restant du crew est son capitaine Cam’ron et qu’on le voyait finir sa carrière en solo, un jeune prodige venu lui aussi de Harlem et que beaucoup surnomment alors « le nouveau Big L », apparait pour donner une seconde chance au plus sudiste des crews new-yorkais : Vado.

Après quelques apparitions dans diverses mixtapes, ce jeune loup decide de passer à la vitesse supérieure au côté de l’ambassadeur de Harlem et d’AraabMuzik, beatmaker qui avait déjà travaillé avec ce dernier dans son album « Crime Pays » (et avec Hell Rell entre autres) : ils sortent 2 volumes de « Boss Of All Bosses » qui sont de véritables succés critiques. Ces tapes aident à bien poser le décor avant la sortie d’un projet de plus grand envergure mais qui reste tout de même un apéritif avant les choses sérieuses, et c’est de ce projet que l’on va vous parler. « Heat In Here Vol.1 » est un « album avant l’album » entièrement produit par AraabMuzik (sauf « Sextape » qui est produit par Skitzo), avec en featuring Gucci Mane, Young Chris et Felony Fame.

La complémentarité des 2 loustiques est une fois une évidence époustouflante sur chaque son. Killa et son flow qui épouse chaque prods tout en mêlant ses phrases loufoques font parfaitement équipe avec le flow saccadé et texte plus 1ere degré de Vado.

L’aventure se termine un album et 2 mixtapes plus tard, et le tout en bon terme (Cam et Vado ont même sorti un son il y a un mois de là, on est content dans le coin).

Scardini – Amuse Gueule Vol.1 (2012)

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Proche d’Escobar Macson et de DJ Hamdi, habitué des cyphers de Urban Shoot, habillé d’une casquette plate Lacoste et d’une paire de lunettes noires (on ne parle pas de Lino bien sûr), Scardini, originaire de Cergy, decide de sortir une mixtape avant un album, et c’est une sacrée réussite.

Dès la première écoute, son humour et son obscession pour les rimes embrassées nous happent direct dans son délire (« Ceinture de TNT, NTM, captes moi partout comme la TNT ou une paire de TN »). Comme le titre du projet indique, elle sert nous faire une idée du personnage en 17 morceaux, datant entre 2002 et 2012, et de nous faire attendre avant l’album tant attendu.

Mais 4 ans plus tard, toujours aucun ne signe de l’album en question, juste 2 (potentiels) extraits et un EP « Cicatrice » (avec Escobar Macson et Green Money en feat), pas de deuxième Amuse Gueule non plus, les dents frottent l’assiette et les estomacs gargouillent.

380 Dat Lady – A Day In The Life of 380 Vol.1 (1996)

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Première dame du label Cartel Record, 380 sort son seul et unique album, « A Day In The Life of 380 Vol.1 ». Cette rappeuse de Houston (Texas) s’en sort plus que bien sur les productions de Mike B (qui a produit pour Devin The Dude, K-Rino, Big Mike, Trinity Garden Cartel COZ, Ganksta NIP ou encore ESG), qui sont pour la première moitié du CD plutôt smooth, voir G-Funk (sauf « Reminisce » en 9éme piste), et l’autre moitié plutôt gangsta rap local, qui rappelle un peu les productions de chez Suave House Records de l’époque. Épaulée par D of Trinity Garden Cartel, ce projet très court est indispensable pour les amoureux des sons sudistes relatant les histoires de rues (même si c’est narré par une femme, zéro misogynie chez Captcha Magasine).

On ne sait pas ce qu’elle est devenue entre-temps, mais elle est maintenant très active sur Twitter, ce qui est une bonne nouvelle (si on veut).

T-Mo – Tribal Groove Vol.1 (1997)

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Côte ouest. Mais plus au nord-ouest de Los Angeles (plus loin surtout). Plus précisément la bay area. Et encore plus précisément, la ville de 2Pac et J. Stalin : Oakland. Un artiste ici attire notre attention, son pseudonyme : T-Mo (pas de Goodie Mob, c’est un autre).

On ne sait pas grand-chose de ce jeune homme, mais ce qu’on peut dire, c’est qu’il a sorti une véritable merveille : les sons g-funk et mobb représentatif de la bay area forment une excellente bande son pour la ride, avec en bonus la voix douce de T-Mo et ces textes rappelant un certain Too Short.

A savourer car c’est l’unique projet de T-Mo, disparition totale depuis.

Ski Mask Malley – Ski Mask Malley Vol.1 (2014)

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Malgré que Gucci Mane soit encore en prison (bon, vous lisez cette article il est déjà libre mais mettez-vous dans le contexte bordel), son héritage reste quand même intact. Et même en dehors d’Atlanta. La preuve est sous nos yeux : Ski Mask Malley, alias Mal G. Several dans les rues de Cleveland (Ohio). Il reprend les mêmes thèmes que son mentor tout le long de la tape : drogues, liasse de billets dépassant de toutes les poches, tchoin, armes de guerre, histoires cartonnesque de la rue sous prod aux basses hystériques. Il va jusqu’à le rendre hommage sur certains morceaux.

On notera que les productions de Gwapaholics et Beat Zombie sont les points culminants de cette galette virtuelle. Malheureusement, on devra attendre un long moment avant d’avoir un autre opus, car Ski Mask Malley purge actuellement une peine de 9 ans de prison pour homicide involontaire.

Project Pat – Pistol & A Scale Chapter 1 : Omerta (2015)

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4 mois après la sortie de son 8éme album « Mista Don’t Play 2 », annoncé depuis plusieurs années, Patrick Houston nous livre gratuitement une mixtape, reprenant le titre d’un son présent dans son projet « Cheez N Dope 3 » : Pistol & A Scale.

Comme à son habitude, Patta nous parle de cambriolage, armes russes et cocaïne en briques, le tout sur des productions de Metro Boomin, Lil Awree, Dun Deal, Joe Blow CEO ou Izze The Producer. Le chapitre 2 est vite jeté aux oubliettes, et remplacé par la quadrilogie « Street God » (starfoullah) qui ne cesse d’augmenter en qualité de suite en suite.

Alkpote – Mazter Chef Muzik Vol.1 (2013)

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Je ne vais pas me casser la tête, Genono a déjà fait une très bonne chronique de ce disque en 2013 (http://captchamag.net/blog/2013/06/11/alkpote-mazter-chefs-muzik-vol-1-chronique/). On rajoutera juste qu’on regrette qu’il n’y a pas de suite après le beef entre Alk et Zekwe. Faites la paix.

G-Unit – Radio West Volume 1 (2005)

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A la base petit groupe composé de 5 membres (50 Cent, Tony Yayo, Lloyd Banks, Young Buck et The Game mais pour des raisons qu’on connait tous, a été éjecté), devenu un super collectif, le G-Unit recrutait de plus en plus d’artistes et devenait de plus en plus grand. Tellement grand que le G-Unit a fait plein de petits, des sous-labels: G-Unit South, G-Unit Philly, et G-Unit West.

Ce dernier, comme le G-Unit Philly, a eu le temps de sortir qu’une seule mixtape avant l’implosion. Et quelle mixtape. Elle regroupe tous les rappeurs west coast avec qui s’est beefé The Game, hormis Snoop Dogg et Bishop Lamont (avec qui il s’est beefé plus tard) : Spider Loc, 40 Glocc, Lil Eazy E et Ras Kass.

Et pour notre plus grand plaisir, la sud est aussi venu ramener sa fraise pour la fête : Young Jeezy, Lil Jon, Lil Scrappy, Chamillionaire, Bobby Creekwater et B.G. (Hot Boyz).

La East Coast n’a pas non plus à rougir des artistes présents : Jay-Z, DMX, Bump J, Mobb Deep et Ma$e.

Mais l’année 2006 était déjà le début de la fin du collectif, beaucoup d’artistes sont partis au compte goutte, en laissant les membres originaux seuls dans les locaux du G-Unit Records et en supprimant tout bonnement les sous-labels.

En conclusion, pour les rappeurs qui liront ce papier, arrêtez de mettre « Volume 1 » dans chaque titre de projets si c’est pour ne pas sortir de « Volume 2 », en particulier quand le « Volume 1 » est très très bon. Ca donne envie de s’exploser le caisson.

Z-Ro, le Designated Survivor du Screwed Up Click

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L’année 2016 est marquée pour les etats-uniens par l’election de Donald Trump (à la grande surprise générale).

Mais pour nous, les auditeurs boulimiques subissant le chômage, cette année est marqué par plusieurs événements : les 6 albums de Lil Boosie, la libération de Gucci Mane et de Freddie Gibbs, la nouvelle sur la réduction de peine de Max B, le meurtre de Bankroll Fresh et Mr 3-2, le fiasco critique de Suicide Squad, et enfin, le sujet qui nous intéresse ici, la productivité de Joseph Wayne McVey, alias Z-Ro.

Le titre de « Designated Survivor » lui va parfaitement, car, pour faire le parallèle avec Tom Kirkman (joué par Kiefer Sutherland dans la série « Designated Survivor »), énormément de membre du S.U.C sont partis (DJ Screw, Fat Pat, Big HAWK, Big Mello, Big MOE, Pimp C, et recemment Mr. 3-2), laissant Z-Ro comme étant le seul réel representant par le fait qu’il soit toujours parmi nous, par son exposition et sa productivité ahurissante.

Ce qu’il faut savoir de notre interprête de « I Hate You Bitch », c’est qu’il débute (officieusement) une 3ème carrière, depuis qu’il a quitté le navire Rap-A-Lot pour pouvoir monté son propre label One Deep Entertainment (la première etant avec le Guerilla Maab et la seconde avec Rap-A-Lot), et après quelques problèmes avec J.Prince qui ce sont (apparemment) tassés depuis le temps. La vie de notre Joseph préféré est connu de tout ceux qui le suivent depuis quelques années : la perte de sa mère quand il était encore jeune, la vie dans les rues de South Park et la mort de ses nombreux proches, dont celui du célèbre DJ Screw, fondateur du collectif Screwed Up Click, l’ont énormément forgé et on fait de lui l’homme qu’il est devenu.

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L’ancien membre d’Asshole By Nature (qu’il formait avec son cousin Trae Tha Truth, maintenant soldat du label de T.I. « Grand Hutle ») nous a honorés de 3 sorties cette année : un EP se nommant « Solid » (où il y a un fabuleux featuring entre Ro et BG, qui devait initialement apparaitre dans l’album en commun des 2 légendes), et de 2 autres albums, « Drankin N Drivin » et « Legendary » (20éme album, et dont la cover est un clin d’œil au clip du single présent dans « Solid »).

Et pour ce dernier, ce statut n’est absolument pas usurpé, car, tout récemment, Z-Ro a reçu les félicitations du Maire de Houston pour sa contribution musicale et humaine pour la ville. Ce n’est pas à tout les coins de rues que tu peux trouver un rappeur indépendant avoir une cérémonie de remerciement pour toutes ses œuvres.

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Ro attire depuis peu l’engouement de beaucoup de médias hip-hop américain, tel que Dj Booth (chez qui il a revélé durant un freestyle qu’il n’avait pas/plus d’embrouilles entre Trae et lui), Vibe, Pitchfork ou XXL.

« Drankin N Drivin », son 19éme album au conteur, est un succès critique sans précédent (et ceux même avec le côté artisanal de ses clips, mais tout est bon à prendre). Et pour cause, Z-Ro aborde énormément de thèmes que seul lui maitrise à la perfection : la rue, l’argent, la jalousie, les faux culs, le succès, ses relations avec les femmes, les homies entre 4 planches, ses fans (qui lui demande de refaire des sons comme à ses débuts), l’alcool, l’hydroponique (comme dans l’explicite « Dome, Kush & Codeine »), et son légendaire pessimisme à propos de son avenir (en bonus, on a un featuring avec Krayzie Bone qui nous ramène à l’époque de son premier album « Look What You Did To Me », et une reprise du classique de 50 Cent « Many Men » en guise de clotûre d’album).

En fait, il a toujours abordé ses thèmes, depuis son premier solo et « Rise » avec Guerilla Maab jusqu’à « Legendary », mais la forme a évolué : il s’oriente sur des productions beaucoup plus moderne, s’éloignant du country rap (mais pas trop quand même) et fleuretant légèrement avec la trap, tout en restant dans sa zone de confort en lorsqu’il pose sa voix grave sur des sonorités smooths, voir R&B, et en alternant rap et chant comme si de rien n’était, comme si Rother Vandross (son alter ego) prenait le dessus sur Z-Ro. Comparé aux autres rappeurs du game, notre Tony Soprano de H-Town est humain. Il n’hésite pas à parler de sa tristesse et ses regrets, et çà depuis plus de 19 ans, à la façon d’un Lil Boosie ou d’un 2Pac.

Ces 3 derniers opus, malgré qu’ils soient moins introspectifs qu’un « Let The Truth Be Told » ou « The Life Of Joseph McWey », sentent quand même la sincérité à plein nez et une grande lucidité. Il le dit lui-même dans « I Know » dans « Legendary », il sait que certains veulent le voir échoué, voir même mort, il connait ses jaloux aussi bien que sa propre personne. Il dit même ne pas avoir confiance en sa propre meuf et ses propres potos (dans « One Deep 4 Life »). Mais sa paranoïa ne l’embête pas visiblement, car il aime ça, il en a sué pour être maintenant confortablement installé dans le paysage du rap sudiste, il remercie Dieu et il sait qu’il est de son côté.

Car c’est vrai, on oublie son côté preacher, comme son grand ami Scarface du groupe Geto Boys, ou encore DMX. Mais il compte mettre cette partie là de son personnage en avant dans son prochain album qui sortira en Février 2017, « Ghetto Gospel », entièrement produit par Beanz N Kornbread.

Pour conclure, une autre bonne nouvelle qui pourrait en réjouir plus d’un : l’album « The King and The Boss » de Z-Ro et Slim Thug verra finalement le jour le 3 Janvier 2017 (en espérant que ce ne soit pas, une fois de plus, repoussé), après 4 ans d’attente. Une quarantaine de sons ont été enregistrés mais une bonne partie sont dispersés sur plusieurs projets des 2 gaillards de H-Town.

En attendant, procurer vous les 3 dernières doses et consommer sans modérations lors de longues rides nocturnes, sans alcool bien sûr, on est surveillé par l’Agence Wallonne pour la Sécurité Routière.

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Albums conseillés :

– The Life Of Joseph McWey

– Look What You Did To Me

– ABN (Asshole By Nature) : It Is What It Is

– Guerilla Maab : Rise

– Let The Truth Be Told

 

Mixtapes conseillées :

– 5200

– Relvis Presley

– Gangstafied

– Mo City Playaz

– Z-Ro, J-Dawg & Lil C : I Ain’t Takin’ No Loss 2