Grosse journée pour Flynt : en plus de la sortie de sa mixtape « Rétrographie« , il nous livre un nouveau clip, Itinéraire Bis, issu de l’album du même nom. Visuellement c’est une nouvelle tuerie, après l’incroyable clip de Mon Pote (feat Orelsan).
L’occasion de vous inviter à relire notre interview-fleuve de Flynt : partie 1 ; partie 2 ; partie 3
Lundi 28 octobre, 2013, jour de sortie pour Flynt : Rétrographie est, comme son nom l’indique, une mixtape rétrospective de la carrière du MC parisien. De 1998 à 2013, une sélection de couplets inédits ou mythiques, compilant ses meilleures apparitions sur albums, maxis, mixtapes …
C’est disponible en Fnac ou sur flyntmc.com, dans un coffret regroupant Rétrographie et Itinéraire Bis, son dernier album.
Ci-dessous, l’intro de la mixtape, par Monsieur Nodey :
L’occasion de vous inviter à relire notre interview-fleuve de Flynt : partie 1 ; partie 2 ; partie 3
La Sale Race, c’est deux bordelais, La Friture & MH, produits par Kilogrammes Prod (Niro, Salif, Kaaris, Lalcko, Despo Rutti …). Le clip est réalisé par Reenox, et faut avouer qu’il a de la gueule.
Sandra Bullock a abusé du Botox. Elle a un visage tout tiré, on dirait une noich, mais son aventure dans l’espace est, de loin, ce qui s’est fait de mieux en la matière.Lire la suite « Gravity : botox interstellaire »→
Rarement un premier album n’avait suscité une telle attente. Après cinq extraits tous plus efficaces les uns que les autres, Or Noir se dévoile enfin, laissant transparaitre un résultat très en marge de ce que propose la scène rap français depuis quelques années. Retour sur 18 pistes de pur romantisme assumé.
Alors que Kaaris assurait à qui veut l’entendre « préparer un album hardcore », force est de constater que l’intro le fait déjà mentir. Entrée en matière douce et bucolique, « Bizon » prend immédiatement l’auditeur à contre-pied. Véritable hymne à la femme, cette première balade invite tout gentleman digne de ce nom à éviter à sa dulcinée les contraignants transports en commun (« J’veux voir ton clito dans le Merco« ), et surtout, là où le rap s’est fait connaitre avec les « Nique ta mère » et autres « Motherfucker », à aimer les mamans, en appelant à les satisfaire durablement et efficacement (« J’leur baise tellement leurs daronnes qu’elles ont même du retard sur leurs menstrues« ).
La suite de l’album suit l’inclinaison bucolique de Bizon. Oscillant entre douceur et romantisme, entre envolées passionnées et balades débonnaires, Or Noir ne dépasse jamais le stade de simple « disque à l’eau de rose ». Alors, certes, le personnage de Kaaris n’a pas la virilité d’un Sneazzy West, et on ne peut décemment pas lui demander de faire rimer shnek et chèque. Bien sûr, par instants, on sent qu’il cherche à durcir son jeu, à sortir de son style si gentillet … mais sa nature reprend immédiatement le dessus. Exemple le plus criant : sur Dès le Départ, Kaaris prend les devants, lâche enfin un peu d’énervement au micro (« On te casse le cul … »). Mais dans la seconde suivante, il se sent obligé de se rattraper, et le gentil sevrannais refait surface. Résultat ? « On te casse le cul … et on le répare« .
Un homosexuel se cache dans cette image. Sauras-tu le retrouver ?
On ne demande pas à Kaaris de jouer le mec hardcore, ce ne serait pas cohérent. Mais un album entier, fait uniquement de chansons douces, est-ce vraiment envisageable, dans le rap français, en 2013 ? Ne devrait-il pas plutôt chercher à casser son image de mec fragile, de petite nature ? Souvenez-vous ce morceau de Disiz la Peste, dans lequel il racontait comment, à 35 ans, il se faisait raqueter par des mecs de son quartier. En s’exposant autant, en livrant autant sa personnalité délicate, Kaaris ne risque-t-il pas de subir le même sort ? On aimerait parfois qu’il montre un peu plus les crocs, ne serait-ce que des dents de lait.
Incapable de faire du mal à une mouche, le rappeur avoue même ne pas oser tuer un animal avant de le manger (« Ici on découpe notre steak sur le dos de l’animal vivant« ). Généreux (« Le compte courant sur le gros cul des strip-teaseuses« ), jamais avare de bons conseils (« Si tu veux pas te mouiller faut pisser dans la direction du vent« ), il se décrit tantôt comme le parfait collègue de travail (« J’t’apporte des gobelets en plastique pour ton pot de départ« ), tantôt comme un amant amoureux et délicat (« Suce-moi la bite jusqu’à c’que j’en ai marre« ).
Pas franchement aidé par la direction artistique de Therapy, qui oriente clairement l’album dans une direction tendre, langoureuse, limite pastel, on finit presque par se demander pourquoi « Or Noir » et pas « Or Rose ». Pas une mauvaise galette au final, on retiendra surtout ce manque de virilité ambiant, cette propension ininterrompue à chanter l’amour, la tolérance et le rejet inconditionnel de toute forme de violence. Kaaris, on t’aime bien, mais si tu veux être un peu crédible dans ce rap-jeu, va falloir aller pousser à la salle.