Interview Zekwe Ramos – 1ère partie

Teobaldo : On commence ?

Zekwe : Ouais, mais me posez-pas l’horrible question de tous les journalistes français…

Spleenter : « Tu penses quoi du clash ? »

Zekwe, mort de rire : Nan, mais elle est pas mal aussi ! La pire de toutes, pour moi c’est : « Salut Zekwe, tu peux te présenter ? ». Nan, fais une introduction, « Zekwe t’as fait ça l’année dernière, on t’a vu là, etc ». « Présente-toi », on dirait que je passe un casting !

Spleenter : Quel est ton parcours ?

Zekwe : (rires) Quel est ton parcours, t’es né où, etc. Va te faire enculer ! Ils sont oufs les mecs !

Genono : Pendant la promo de Neochrome Hall Stars, t’as parlé de titres supplémentaires, qui devaient sortir après l’album. Je les ai jamais entendus.

Zekwe : C’est là que réside toute la magie de Neochrome ! On en a pas vraiment parlé dans les interviews, mais y’a eu une 1ère version du CD qui a été faite, et qu’on a décidé de ne pas sortir. Avec le recul, c’était vraiment le CD que les gens attendaient de Neochrome : un truc crado. Un peu trop crado même, résultat on a tout jarté, on a gardé que deux titres, et on a refait tout le reste. Quant à savoir si les titres sortiront un jour, d’une manière ou d’une autre … j’ai bien peur qu’ils soient tombés dans les abysses les plus profonds du rap français.

Teobaldo : Qui a décidé que ce serait cette version qui sortirait, et pas la première ?

Zekwe : Pour être franc avec toi, un peu tout le monde. On a écouté le truc, on s’est dit « ça tue, mais les gens vont s’attendre à ça ». Est-ce que c’était la bonne décision ? Je sais pas, certains ont aimé, d’autres ont trouvé que c’était pas assez crado, pas assez Neochrome … Les deux galettes envoient 2 émotions différentes.

Teobaldo : Donc c’était quoi le but recherché, la démarche autour de cet album ?

Zekwe : Le but, on va pas se mentir, c’était de passer en radio. On voulait vendre, tout simplement. Après, bien sur, on voulait pas faire des trucs débiles non plus, on voulait que ce soit homogène. Il faut essayer de passer par plusieurs chemins, bon, on s’est planté, ça n’a jamais marché … On reste Neochrome, quoi qu’il se passe. Même si on faisait un truc super musicalement, je pense pas que les radios suivraient, parce qu’on est Neochrome.

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Genono : Quand tu dis que vous vous êtes plantés, c’est niveau ventes, niveau réception du public ..?

Zekwe : On s’est plantés dans la démarche, tout simplement ! Le fait d’essayer de nouvelles choses, clairement, ça n’a pas fonctionné. Y’a des gens qui ont aimé, y’en a même qui sont venus à nous alors qu’ils ne faisaient pas partie de notre public de base, mais le fan de Neochrome, celui qui s’attend à voir le Président de la République se faire insulter pendant soixante minutes, il est déçu.

Genono : Du coup si l’album était à refaire, tu le ferais, ou plutôt vous le feriez différemment ?

Zekwe : Je vais pas parler pour les autres, mais en ce qui me concerne, oui. Sincèrement, je vais être très franc avec toi, je pense que les gens attendaient plus un CD avec uniquement Al-K et Seth. Parce que moi, je peux pas m’empêcher de ramener de la musicalité, et c’est pas toujours compatible. Y’a eu des réussites, sur certains titres, mais d’autres, avec le recul, ça n’a pas marché.

Teobaldo : Mais je t’ai vu sur scène, jouer des morceaux de cet album. Tu les assumes.

Zekwe : Bien sur, moi je les assume ! Si je fais de la musique, personne ne me force à faire quoi que ce soit. On a fait un morceau sur les meufs, on sur l’ère Sarkozy, c’est des trucs que j’assume, et que j’aime faire. Mais avec le recul, il aurait fallu donner autre chose. Après, il est jamais trop tard, si demain il y a un Neochrome Hall Stars vol.2, vol.3, à faire, et qu’il faut donner une autre face, on y va. Mais je comprends ce que vous essayez de me faire dire, ça ressemble pas à du Neochrome, et je vous comprends !

Teobaldo : Nan, c’est même pas ça. Y’a une démarche pensée, c’est bien. Après, elle se comprend ou elle se comprend pas, mais ça part d’une vraie démarche.

Zekwe : Hé frère, à un moment t’as la dalle ! Le lait Guigoz dans le biberon de tes enfants, c’est pas « salope », « grosse pute », et « fuck Sarkozy » qui vont le payer ! Y’a un moment où tu tentes des choses, après c’est pas non plus une catastrophe, on s’en est bien sortis, on a fait une tournée, des clips, y’a des bons trucs … Je regrette rien du tout. Mais, si j’étais producteur de Neochrome –et je ne suis pas producteur de Neochrome !- j’aurais donné autre chose.

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Teobaldo : En plus y’avait Yonea qui était ultra-présent chez Neochrome, et qui quitte le navire quelques temps avant la sortie de l’album … ça donne une impression un peu bancale.

Zekwe : Je pense que Yonea aurait aussi voulu faire quelques essais sur certains titres, mais il aurait aussi appuyé le coté sale. Il a toujours été comme ça : (il se met à imiter la voix aiguë de Yonea) « ajoute des insultes, insulte toute la terre, ça tuuue ! », « faut qu’on fasse des t-shirts avec TOUTES tes phases, faut qu’on bicrave tout ! » … il nous aurait poussé là-dedans ! « Zekwe, dis que t’es un portugais qui fait du tunning tous les dimanches, et toi, Alk, fais l’arabe qui insulte tout le monde ! ». Après, est-ce que ça aurait plu à Laurent Bouneau … C’est le problème de l’horrible France ! Écoute les américains, ils passent à la radio, ils sont libres, ils disent ce qu’ils veulent. Musicalement ça tue, le public suit, hop, on exploite ça commercialement. Ici, c’est pas pareil. On est dans le politiquement correct, on peut pas se permettre de dire et faire n’importe quoi.

Teobaldo : Du coup tu vois comment la montée d’un mec comme Kaaris, qui dit « chatte, cul, bite » à toutes les phrases, et qui fait disque d’or ?

Zekwe : Ça tue ! C’est une victoire pour moi, pour le rap français, pour le hip-hop ! Cet horrible mot, que personne ne veut prononcer … mais c’est ça, l’esprit hip-hop ! Prendre une mentalité qui vient d’un milieu social spécifique, et l’imposer à tout un pays … c’est une réussite, c’est une victoire ! Je serai toujours à fond derrière Kaaris, toujours, je valide à 300%. Après, musicalement, y’a peut-être des titres qui me parlent moins que d’autres, mais dans la démarche, « j’emmerde toute la terre entière », « j’arrive sur les plateaux télé en faisant des doigts » … c’est Gainsbourg ! Gainsbourg, je le voyais quand j’étais tipeu, je bougeais plus … ils sont passés où ces mecs là ? Maintenant, ils sont tous en cravate, ils se tiennent bien … j’aime bien les grandes gueules, qui viennent foutre un peu le zbeul sur les plateaux télé.

Spleenter : T’as commencé en t’appelant Kevin, ensuite y’a eu un freestyle où Seth te présentait en disant « Zekwevinho Ramazzotti » … ça vient de là ?

Zekwe : Plus ou moins, mais « Zekwe » ça a toujours été là. C’était la période « La cité de Dieu », où tout le monde était à fond dedans … donc Zekwe, c’est un peu un mélange entre Kevin et Ze Pequeno. Et puis, étant données mes origines –ma mère est cap-verdienne-, je parle portugais, et il m’est arrivé de regarder le film en version originale … ils parlent comme des tapettes ! Enfin, comme des brésiliens quoi (il se lance dans une imitation splendide de l’accent brésilo-tafiole), ils se tirent dessus … c’est un peu n’importe quoi.

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Teobaldo : T’es beaucoup allé au Cap-Vert ?

Zekwe : J’y suis allé une fois dans ma triste vie. Ma famille y va tous les étés, ils ont construit des baraques là-bas, à chaque fois ils me disent « qu’est ce tu fous, viens ! » … J’aimerais y aller, mais je suis dans le rap, la vie est dure ! J’aimerais bien aller au Brésil aussi ! C’est pas exactement la même langue, mais ça se rapproche vraiment. Nous c’est du créole en fait ! On est les antillais du Portugal (ça fait pas rêver putain)

Spleenter : Niveau écriture, t’es beaucoup dans les multisyllabiques. C’est un truc qui te vient du 91, parce que c’est très fréquent là-bas, ou de Neochrome ? Ou les deux ?

Zekwe : Franchement, les 2. Un des premiers mecs que j’ai écouté, et qui faisait ça, c’était Nubi, dans l’album de Futuristiq, Demain c’est maintenant. Et puis même avant, dans Time Bomb, Ill fonctionnait un peu comme ça. Je l’ai toujours plus ou moins fait, finalement, avant l’Unité de Feu, à une époque où eux étaient plutôt dans les assonances, etc.

Teobaldo : « Minotaure / mine à terre » …

Zekwe : Exactement ! Donc voila, ça me vient du 91, de Neochrome, des mes influences précédentes comme Time Bomb … du moment que les mots sonnent, c’est pas compliqué, la musique fonctionne comme ça. Il faut de la musicalité, c’est bête mais y’en a beaucoup qui ne pensent pas à ça. Regarde Despo, je le respecte à fond parce que jamais j’arriverai à écrire comme lui, mais y’a aucune musicalité dans ce qu’il fait. Il te dit des trucs super sensés, logiques, intelligents … mais c’est pas musical ! Même si ce qu’il fait, il le fait bien.

Spleenter : Quand je t’ai découvert, ça devait être sur des feats avec l’U2F, je te trouvais un peu banal en tant que rappeur. Et petit à petit, t’as commencé à mettre plus de punchlines, et aussi pas mal d’humour dans tes textes. Ça t’est venu comment ?

Zekwe : Faut savoir que quand j’ai commencé, je produisais plus que je rappais. C’est des mecs comme l’Unité de Feu qui m’ont dit « Zekwe, tu sais rapper, faudrait que tu t’y mettes un peu » … mais moi je m’en battais les couilles, j’étais jeune, je préférais baiser des meufs et regarder des séries. Puis à force, je suis rentré dedans. Tu t’entraînes, tu façonnes un personnage qui te correspond, avec ton vécu, avec ton entourage, etc. Seth et Alk, c’est 2 bons exemples qui montrent que l’humour ça marche bien, dans le rap. Kaaris, c’est pareil : c’est violent, mais y’a de l’humour, et au final c’est efficace. Ce qu’il faut, c’est que les gens te retiennent. Il faut transmettre des émotions ! Kaaris, il fait rire, mais il fait un peu peur, aussi … c’est un mix des deux, on sait pas, c’est Chuck Norris un peu. Fais rire, fais peur, fais réfléchir, fais pleurer … mais transmet des émotions ! Mais je suis d’accord avec toi, mes premiers morceaux, même moi, je les réécoute, j’entends juste un mec qui sait faire des rimes. Les 1ers trucs que t’as écoutés de moi, j’étais super jeune.

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Teobaldo : Haine, Misère et Crasse, t’as 20 piges …

Zekwe : Dix-neuf ! Mais quand je te dis que j’étais jeune, c’est surtout dans la manière d’écrire. Mais c’est comme tout, tu t’entraînes, et tu progresses.

Teobaldo : C’était quoi ton rôle avec l’Unité de Feu ?

Zekwe : Producteur. J’ai produit un peu plus de la moitié de l’album. Je leur ai donné une âme, j’ai apporté une couleur à l’album.

Teobaldo : Tu bosses beaucoup avec des samples.

Zekwe : Surtout à cette époque-là. J’ai pas vraiment eu d’éducation musicale, j’ai fait qu’une année de solfège, parce que ma mère est dans la musique, mon père aussi … ils m’ont poussé là-dedans, mon père me disait des trucs de ouf genre « ça coûte une fortune, si tu rates un seul cours, je t’encule ta mère ! » (rires). Il me mettait des coups de pompe au cul, du coup j’allais là-bas, j’ai appris deux-trois trucs, telle note ne s’accorde pas avec telle note, etc, mais au final, j’en suis ressorti avec pas grand-chose de solide. Le sample, c’était réellement le truc le plus accessible. Tu prends une mélodie, tu colles, tu coupes, tu rajoutes un beat, c’est pas compliqué, tu peux faire ça avec trois fois rien. J’avais un PC, c’était une antiquité.

Teobaldo : A la même époque, t’avais placé des prods sur l’album de Dany Dan …

Zekwe : C’était l’époque où on traînait chez un mec qui s’appelle Dave Daivery, qui faisait des prods, et qui est aujourd’hui DJ pour Disiz, il l’accompagne sur sa tournée. Dave s’est retrouvé à composer, enregistrer, maquetter, l’album d’Ol Kainry et Dany Dan … et moi je suis là, à 18-19 ans, au milieu de mecs que j’écoute depuis des années, qui m’ont grave influencé, et qui commencent à me dire « elles sont bien tes prods, je prendrais bien celle-là, et celle-là » … c’est là que tu te rends compte que tu peux faire quelque chose de sérieux. C’est de là que c’est parti ! S’ils m’avaient dit, à cette époque là « c’est de la merde, retourne jouer à la Playstation », j’aurais peut-être pas eu la même vie. Dany Dan m’a pris Ne me pousse pas, ça a donné un super titre, alors que moi j’avais juste pris un sample et un beat, le truc le plus simple à faire.

Teobaldo : D’ailleurs sur Rap de Banlieusard, tu reprends cette instru, et tu reprends aussi Chevalier de ciment. C’est toi qui avais fait celle-là ?

Zekwe : Chevalier de ciment, c’est moi, avec un sample des Chevaliers du Zodiaque. C’est les influences, les trucs avec lesquels t’as grandi. T’as une boucle, tu te dis « ça tue », et c’est parti.

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Spleenter : D’ailleurs, plus récemment, tu l’as refait avec Parker Lewis, sur Kubiak, même si c’est pas une boucle, on l’entend en fond.

Zekwe : Voila, et c’est la preuve qu’on calcule pas vraiment, tu prends des trucs de ta jeunesse, qui t’ont marqué … c’est pas quelque chose qui s’apprend ! Aujourd’hui tu vas dans un collège, tu dis « Parker Lewis », le tipeu il t’encule, ou du moins il te crache dessus. Les Chevaliers du Zodiaque, c’est pareil.

Teobaldo : Les Chevaliers du Zodiaque, faut les découvrir petit, parce que si tu découvres ça quand t’es ado, ça fait vraiment pédé.

Zekwe : De ouf !

Teobaldo : D’ailleurs dans Génération Club Dorothée tu parles de « l’armure de Ikki », et dans le clip on voit Saga. Faute grave.

Zekwe : La magie Neochrome, frère ! (rires)

Genono : Du coup si t’avais eu les moyens d’Orelsan, t’aurais pu faire un clip comme lui ?

Zekwe : Direct ! Mais direct ! Avec le moule-bite, tout, j’en ai rien à foutre ! Il tue son clip, j’étais le premier à lui dire, il a tout tué. Même le dernier, en Transformers … c’est une tuerie. Il a tout mon respect, niveau image comme niveau rap. Tiens, je vais te raconter un truc à propos d’Orelsan. (chouette, une histoire ! merci Père Castorama)
Entre Rap de Banlieusard et Seleçao 1, j’ai voulu arrêter le rap. J’étais concentré sur d’autres trucs qui rapportent un peu plus d’argent, qui se fument et qui sentent bon. Et quand j’allais dans mon petit labo, je galérais, parce que depuis chez moi y’avait beaucoup d’heures de route. Je me suis arrêté dans une station-service au milieu de nulle part, et j’avais envie d’écouter un truc nouveau. J’ai pris le CD d’Orelsan, son 1er, Perdu d’avance … je savais même pas qui c’était. Je me suis pissé dessus sur la route ! Ce mec était trop fort, trop marrant, et j’ai écouté cet album pendant des mois. Et je suis content de voir là où il est aujourd’hui, parce que même s’il fait des trucs grand public, ce gars-là, il est comme nous. Il est drôle, il rappe, il construit bien ses rimes, il fait de la punchline … c’est un tueur. C’est un peu un Kaaris, mais d’un autre monde. Et son évolution, là où il en est aujourd’hui, c’est un bon point pour le rap français.

Teobaldo : Musicalement, ce qu’il fait maintenant, ça te parle toujours ?

Zekwe : Carrément. En solo comme en groupe, ça me parle à fond. Après, bien sur, les tubes qui tournent en boucle à la radio, comme La terre est ronde, je vais les écouter 2-3 fois et je vais passer à autre chose, c’est des trucs qui sont destinés à un public pas forcément spécialisé dans le rap. Mais c’est ça aussi, un album. J’ai toujours écouté des albums, surtout dans le rap américain, où les mecs n’ont pas peur de faire une chanson pour la radio, une pour la rue, une pour les boites, une pour leur daronne … en France, on a peur de faire ça. De la piste 1 à la piste 19, on reste dans le même créneau … sinon on a peur de vendre son slip.

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Spleenter : Niveau rap cainri, c’est quoi ta came ?

Zekwe : C’est dur à définir. A l’époque, c’était New-York, le Queens plus précisément. Les boucles, les caisses, Mobb Deep, Alchemist, Infamous Mobb. J’ai pas mal écouté le Wu-tang aussi, mais j’ai jamais été fan d’un seul groupe, d’un seul rappeur. Actuellement, j’aime bien le virage que ça a pris, la trap, l’électronique, etc.

Teobaldo : Sur Rap de Banlieusards t’avais fait un morceau « anti-dirty », tu semblais encore pas mal cantonné au son de New-York …

Zekwe : Bah si t’écoutes ce morceau, tu te rends compte que l’instru est un peu spéciale, elle se rapproche de ce qui se faisait à cette époque-là, avec un beat un peu plus ralenti. Le message de ce morceau, c’était plutôt une critique des codes que les mecs adoptaient, à parler de coke, etc. Mais musicalement, j’ai toujours été ouvert, même sur ce qui se fait aujourd’hui, tu peux prendre un beat trap, mélanger avec un sample … ça tue. Pour finir de répondre à ta question : A$ap Mobb, qui mélange justement plusieurs trucs, ça me parle. Kendrick Lamar aussi, en fait j’aime bien toute la nouvelle vague. Je suis pas difficile, en musique. Quand c’est bon, je prends.

Teobaldo : Même Swaggman ?

Zekwe : Franchement, je te jure, le dernier Swaggman, je l’ai écouté en boucle. Il m’a eu, c’est un pouvoir qu’il a ! Après, j’achèterais peut-être pas son album, mais ouais, il a quelque chose.

Genono : Tu parles de Black Card ou Suicidey ?

Zekwe : Suicidey, putain je l’écoute en boucle, avec ses rimes en –ey … il tue, frère !

Genono : Autant Black Card j’ai kiffé, autant celui-là, il est horrible.

Zekwe : « Tatoué de la tête aux crottes de nez ! ». Ça se respecte, gros ! Il fait que des rimes en –é, c’est le seul mec avec Magic System qui arrive à tout niquer avec des rimes en –é. Après, je suis pas fan du bonhomme, mais dans la démarche, un OVNI comme lui, un peu débile, qui insulte tout le monde, et qui arrive à aller sur les plateaux télé, c’est une bonne chose. J’essaye de trouver du positif partout … avec certains c’est dur, mais on y arrive.

Genono : Swaggman, c’est un personnage hyper-caricatural. Toi, tu parlais de « façonner ton personnage », et je trouve que tu te lâches un peu moins que d’autres, on peut penser à Kaaris, à Alkpote, à Seth Gueko. Est-ce que c’est volontaire, dans le sens où tu ne veux pas tomber dans la caricature ?

Zekwe : C’est une bonne question que tu me poses là (pas vraiment, mais c’est gentil). Je me dis que ma mère est dans la musique, et je peux lui faire écouter mes sons. Y’a toujours cette espèce de … retenue. Mais ça dépend des titres, c’est comme dans la vie réelle : le samedi t’es avec tes potes, et tu fais des trucs complètement débiles, et le dimanche tu vas manger chez maman et t’es tout sage. Je trouve ça un peu hypocrite de faire un album où, de la piste 1 à la piste 19, t’es énervé, t’insultes tout le monde … c’est un choix de vie. Des fois j’ai envie d’être débile, des fois j’ai envie d’être réfléchi, ou de te faire chialer, ou rire … C’est vrai que Zekwe est peut-être un personnage moins prononcé, mais moi j’ai aussi le coté prods, la musique, pour combler ce truc-là. Ça m’intéresse pas forcément, parce que quand tu joues trop le rôle d’un personnage, tu peux finir comme … le Roi Heenok par exemple. Un mec dont on va regarder les vidéos, mais le jour où son CD sort, y’a que son cousin et sa tante qui l’achètent. Il a du talent, mais il a trop misé sur son personnage, pas assez misé sur sa musique.

Teobaldo : D’ailleurs il est sur Rap de Banlieusard 3. Comment s’est faite la connexion ?

Zekwe : Par Tony Danza, aka Sadik Asken. C’est lui qui gérait plus ou moins la réalisation du CD, et il était en contact avec Heenok, à qui il a fait écouter des sons à moi. Le mec a kiffé, il a voulu faire un morceau … il a choisi une horrible instru, il a fait son truc (rires). C’est Heenok, quoi ! Un vaisseau spatial ! Il te dit « je veux ça », tu lui dis ok, mais y’a pas de caisse claire, il répond « je m’en fous, je veux ça ! » (rires)

Spleenter : Pour revenir à ma question sur les rappeurs US, niveau beatmakers, qui t’a le plus impressionné ?

Zekwe : Y’en a tellement … Alchemist, DJ Premier, Just Blaze … beaucoup de samples au final. Un mec comme Lex Luger, sur 3-4 morceaux ça peut tuer, mais après, faut qu’il me laisse tranquille. Qui d’autre … Dre. Il traverse les époques, il est trop fort, même si on sait que c’est un peu un faussaire. Après y’a plein de mecs inconnus au bataillon, qui te font qu’une seule prod de ouf et dont on entend plus parler.

Spleenter : Niveau structure, t’as fait partie de French Kick … c’est terminé ?

Zekwe : C’est fini, ça s’est dissout comme une pastille au lavage.

Spleenter : Et aujourd’hui, t’as un pôle de beatmakers avec toi, tu peux nous les présenter ?

Zekwe : Ça s’appelle Beat Mac. On est 3, c’est pas compliqué : en dehors de moi, y’a mon gars Yoro Glyphe, qui a produit dans Selecao 2, qui a fait également le dernier Zesau, Dirty Zoo, de la piste 1 à la piste 19, il a tout fait. Et y’a aussi mon gars Boudjéma, qui, si je dis pas de conneries, a fait ses 1ers pas sur Neochrome Hall Star, avec J’suis die, Walkman-cassette … C’est des pattes différentes, Glyphe est très trap, Boudjéma est plutôt dans le sample, il est aussi très fort dans les accords, le solfège, etc. Lui et moi, on est assez complémentaires, on joue beaucoup avec les instruments, on s’envoie des trucs, on s’échange des sons … on essaye d’imposer une touche un peu spéciale.

Spleenter : Neochrome, aujourd’hui, c’est juste Seth Gueko, Alkpote et toi ?

Zekwe : Y’a aussi 25G, qui recommence à écrire, et qui prépare des trucs. Y’a aussi Waybess, que j’ai plus ou moins fait entrer dans le label … c’est un belge, de Wallonie. Il a un délire un peu différent du notre, avec des flows rapides, même s’il garde ce délire de rimes neochromiennes un peu bizarres …

Spleenter : Bah il est noir.

Zekwe : Pardon ?

Spleenter : Il est noir ?

Zekwe : J’ai pas compris …

Spleenter : Waybess, il est noir.

Zekwe : Nan, il est blanc.

Spleenter : …

Zekwe : Dommage, mec. C’est un belge d’origine marocaine. En Belgique, si t’es pas belge, t’es soit congolais, soit marocain.

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Spleenter : Et donc, Neochrome, vous êtes encore en recherche d’artistes à développer ? Vous ne voulez pas de noirs ?

Zekwe : Sans cesse ! Neochrome, c’est une usine, un centre de formation. Neochrome, leur objectif, c’est de déceler quelque chose en toi, le développer, et le vendre à une maison de disques. Chacun gratte son billet, on se serre la main, et bonne route.

Genono : Y’a Bilel qui est passé chez vous, nan ?

Zekwe : Ça c’est compliqué … Y’a une époque où Yonea mettait le cachet Neochrome sur pas mal de clips, mais je sais pas vraiment … Sincèrement, Bilel, je l’ai jamais rencontré de ma vie, je pourrais pas te dire. La magie Neochrome !

Spleenter : Est-ce que t’as un truc contre le Père Noel ? Parce que t’as quand même fait 2 morceau contre lui, un avec U2F, et un autre avec Niro.

Zekwe : Je m’appelle Kevin, comme le petit dans Maman j’ai raté l’avion. Ses Noël à lui, ils étaient toujours mystiques. Bah moi, c’est pareil ! C’est plus un amusement en fait, même si ça cache une petite vérité, mais je vais pas faire le pleurnichard, à dire « ouais, j’ai pas eu ce que je voulais pour Noël, j’ai eu une enfance malheureuse » … Mon grand regret a été que mes parents se soient séparés, j’ai été trimballé d’appartement en appartement, j’ai été élevé par ma grand-mère, mes tantes … donc les Noel en famille, ça me dit rien de spécial. Après, ça reste de l’amusement, et puis les films d’horreurs avec des Pères-Noel méchants, c’est super marrant, ou des comédies avec des Pères-Noel renois. Niro est venu me voir, il m’a dit « faut que tu regardes Bad Santa »… on en a parlé, il m’a proposé l’idée du morceau, j’ai signé direct. On s’est démerdé, le clip a coûté 0 euro.

Spleenter : Et alors qu’est devenu « Ce rêve vert », avec Niro ?

Zekwe : On l’a charcuté, on l’a mis à la poubelle, puis on l’a ressorti, retravaillé, et ça a donné un nouveau morceau.

Spleenter : C’est ce truc qui est devenu Incessamment sous beuh ?

Zekwe : Exactement. D’ailleurs, Incessamment sous beuh, c’est le titre original. Et c’est Glyphe qui a fait l’instru.

Teobaldo : T’as produit quand même, sur Selecao 2 ?

Zekwe : (rires) « t’as branlé quelque chose sur Selecao 2, au moins ? » Bah en fait, Glyphe il en a fait qu’une seule, plus une qu’on a co-produite. Y’en a une de Boudjéma (Le début de la faim), une de Hits Alive (Extra Large), et tout le reste, c’est moi.

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Teobaldo : D’ailleurs sur Le début de la faim, je sais pas qui t’a donné l’idée de faire rimer Patate de Balrog avec Putain de Blavog, mais c’est très bien.

Zekwe : Ça sort de mon cerveau … Non merci, (un joint est tendu à Zekwe), je fume plus, j’ai arrêté y’a quelques temps. C’est galère de te réveiller à 4h du matin pour préparer un biberon quand t’es à moitié défoncé.

Spleenter : Qui a eu l’idée de sampler le son du film 127 heures pour J’y arriverai ?

Zekwe : On zieutait le film avec Katana, et il m’a dit « putain, ça tue, faut le sampler » … je me suis dit « mais non, on peut rien faire avec ça ». Mais il m’a pris la tête, et au final on a réussi à chier ce truc là. Mais à la base, c’était un morceau de Katana et moi, avec Alkpote aussi, et au final je me suis arrangé avec lui pour récupérer le son.

Teobaldo : Il en est où, Katana ?

Zekwe : Il enregistre des sons. Il est produit par Le Gouffre, un groupe de chez nous, qui a sorti un projet récemment (Marche Arrière) qui a super bien marché, ils ont vendu 10000 exemplaires avec une boite de jeu, des t-shirts, un jeu vidéo … un merchandising de ouf. Et là, ils ont décidé de miser sur Katana, qui devrait donc sortir 3 projets avec eux. C’est bien, il va enfin sortir des morceaux qui sont prêts depuis longtemps. Bon, après faut s’attendre à des prods sorties de 1992, mais ils arrivent à toucher un public comme ça, respect à eux. Katana est partisan de ce merdier… ce mec, c’est un génie. Des fois il me sort des phases, je lui dis « reviens sur cette planète » (rires). Il est super talentueux, après je trouve qu’il se limite un peu musicalement, mais il fait le son qui lui plaît et c’est de loin le plus important.

Spleenter : T’es fier de « J’y arriverai » ?

Zekwe : A mort ! Y’a plein de gens que ça a touché, et d’ailleurs beaucoup de monde m’a demandé pourquoi je l’avais pas fait en solo… Seth et Alk sont un peu sortis de leur registre, et se sont aventurés sur un truc qu’il n’auraient pas osé faire sur leurs albums solo. Ce projet-là, c’était ça l’excuse, se dire « venez, on tente un truc ». Ça c’est le genre de morceau, tu le fais écouter à ta daronne, elle te dit « ah, tu sais faire ça toi ? C’est bien » par contre tu le fais écouter à ton pote, il te dit « ah tu fais ça toi, fils de pute ?! ».

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Spleenter : Si t’étais dans la situation du mec de 127 heures, tu te couperais le bras aussi ? Et la question d’après c’est : « et si c’était ta bite ? »

Zekwe : (rires) Le bras, ouais… la bite… la corde aurait pas été assez large pour me faire un garrot à la bite. Loooool ! (oui, Zekwe a vraiment dit « Loooool », on a une vidéo pour le prouver)

Spleenter : Qui a eu l’idée des inserts de « La maison des 1000 morts » dans Neochrome Click ?

Zekwe : Je crois que c’est les réalisateurs du clip, 420. Et puis Seth aussi, il avait mis l’idée sur la table, ils ont du en discuter entre eux.

Genono : 420, ils font tous vos clips quasiment.

Zekwe : Ouais, ils ont un espèce de contrat d’exclusivité avec Neochrome, donc ils font à peu près tout. J’aime bien la couleur de ce qu’ils font, c’est pas dit que je fasse appel uniquement à eux pour mes clips à moi, mais en tout cas pour Neochrome Hall Star je trouve que ça collait super bien, y’avait une vraie alchimie. Ils ont plein d’influences différentes, ils font aussi des clips pour la MZ, et pour d’autres artistes… ils ont une touche, mais ils arrivent à l’adapter, c’est très fort.

Genono : Sur les 3 têtes d’affiche de Neochrome (toi, Alk et Seth), t’es le seul qu’on n’a pas encore vu avec Butter Bullets. Est-ce que c’est parce qu’ils ont des têtes de nazis ?

Zekwe : Nan, c’est juste que tu le sais pas encore. C’est déjà fait, c’est pas encore sorti, donc t’as bien visé. Dela m’a envoyé une prod, et j’ai donc fait le morceau avec Sidi Sid. C’est un morceau qui parle d’une meuf, on l’a appelé Mademoiselle chante le flouze. Le titre parle de lui-même, je suis content du résultat, et même lui m’a dit que ça ressortait un peu, par rapport à ses horribles chansons de nazis.

Genono : Du coup c’est sur leur prochain album ?

Zekwe : C’est ça ! Respect à eux, j’apprécie ces ovnis, ces zombies, ces nazis.

Teobaldo : Sur le remix de Miguel, y’a une phase …

Spleenter : « Mignon comme le petit Guizmo ? »

Teobado : (rires) non …

Spleenter : Parce qu’après y’a Guizmo sur le son, donc ça sonne très homosexuel.

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Zekwe : Mais non, il est pas dans ce morceau, Guizmo ! C’est pas dans ce son que je dis ça, c’est dans celui avec Sofiane. Mais faut que les gens comprennent hein, Guizmo, avant d’être un rappeur, c’était un personnage du film Les Gremlins … Mais j’ai quand même une peluche de Guizmo dans mon lit.

Teobaldo : Celui du film ?

Zelwe : … oui.

Teobaldo : Ah on sait pas, avec le merchandising …

Zekwe : Ah, Yonea il pourrait … (il prend la voix) « Ça tuuuue ! Guizmo, une peluche avec des grandes oreilles, ça tuuuue ! »

Teobaldo : Pour revenir à ma question, je pensais à la phase d’Alpha Wann, qui dit « Le jour je suis Alfred, la nuit je suis Batman » … Batman, c’est pas Alfred.

Zekwe : Je pense qu’il le savait, il a pas pu faire une horrible erreur comme ça … C’est plus dans l’image, peut-être qu’avant il bossait au Mac Do, et maintenant c’est un super-héros du rap, il fait des tournées, il rentre de l’argent comme personne.

Genono : A ce propos, t’as dit en interview que t’aimais bien l’Entourage… Pourquoi ?

Zekwe : Putain, t’es dur, direct. Je suis pas dans le côté social, dans le sens où je déteste cette façon de dire « tel rappeur correspond à tel type d’auditeur ». Si je partais là-dedans, j’écouterais pas Orelsan, ou d’autres. La musique, ça me parle, je veux pas me mettre de barrières, un mec comme Alpha, je le trouve doué. Deen, pareil. Après, je suis pas fan de tous les mecs de l’Entourage … mais je suis obligé de respecter des mecs qui étaient fans de oim, et qui aujourd’hui vendent 10 fois plus de CDs que moi. Soit je les respecte, soit je les déteste, et les détester, ça fait fils de pute. Ils ont pas besoin des maisons de disques, ils se gèrent tous seuls, ils sortent des CDs quand ils veulent, ils se remboursent largement, ils partent en vacances … ils vivent de la musique !

Genono : Mais… leur musique te parle ?

Zekwe : Ouais, leur musique me parle. Peut-être pas tout, le boom-bap de 1992, ça me casse vite les couilles. Mais genre un de leurs derniers trucs, Caramelo, t’as un sample, avec des rythmiques actuelles, c’est bien fait. Après, comme je te dis, je suis pas fan de chaque mec de l’Entourage, mais je respecte leur façon de faire. Je préfère écouter 10 fois un album de 1995 qu’un titre de Zifou.

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Spleenter : T’arrives à te mélanger avec tout type de rappeur, tu peux rapper avec Niro, comme avec l’Entourage, comme avec des anciens comme Nakk … T’es pas trop « cases » en fait.

Zekwe : Je déteste ça. Mais après, ça peut aussi te jouer des tours. C’est ce qu’on disait tout à l’heure, effacer le personnage pour laisser place à la musique, ça t’ouvre ce genre de porte : tu peux rapper avec tout le monde. Mais le revers de la médaille, c’est que tu peux pas cibler ton public. Zekwe, ça parle à qui ? Aux skateurs, aux cailleras, aux bourgeois ? Tu sais pas trop, du coup quand tu vas démarcher une maison de disques, ces horribles fils de pute, c’est la 1ère chose qu’ils te demandent. Ils vont sur ton skyblog, ton myspace, ton twitter. Ils regardent combien t’as de followers, ils regardent la gueule des mecs qui te suivent. Mais je t’emmerde, moi je fais de la musique ! Je fais des chansons pour la radio, mais je fais aussi d’autres trucs. Je fais des remix où t’as Alpha Wann, juste après t’as Alkpote, et juste après t’as L’Indis. C’est pas tout le monde qui peut se permettre de faire ça.

Spleenter : Sur la pochette de Neochrome Hall Star, t’avais une crête. Pourquoi ?

Zekwe : Parce que j’étais beau, mec ! Plus sérieusement, tu peux regarder 15 de mes clips, j’ai jamais la même gueule. Ça revient encore à ce qu’on disait tout à l’heure, tu dessines ton personnage au fur et à mesure, et sur le moment c’est ce que je voulais, cette horrible crête d’arabe-juif –grec… bon, après t’as toutes les petites beurettes qui te font (et là, grand moment, Zekwe prend une voix de petite beurette) : « Zekwe, nan mais arrête, t’es trop beau, garde ta crête » (rires). C’était sympa sur le coup mais j’ai abandonné, j’ai rasé tout ça.

Spleenter : Sur Selecao 2, le côté « Justin TimberZek » est plus assumé, avec des chansons sur les meufs, etc.

Zekwe : Ça, c’est un truc que je prends du plaisir à faire. Ça fait longtemps qu’on me dit de le faire, de miser là-dessus. Premier métro, par exemple, c’est plus ou moins une histoire vraie. La meuf un peu caillera, qui réserve l’hôtel, t’arrives, tu mets ton coup de rein, et c’est elle qui disparaît … c’est un peu remixé, mais ça se base sur une histoire vécue. La fille d’à côté, par contre, c’est une fiction, mais c’est des trucs qui sont déjà arrivés à tout le monde. Fantasmer sur ta voisine, ça parle à tout le monde. L’amour, les relations hommes/femmes, les divorces, les enfants … Stromaé a construit toute sa carrière là-dessus.

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si tu sais pas d’où vient cette photo t’es un sacré petit sac à merde

Genono : Dans Premier métro tu dis « elle sait ce que j’aime, elle se déshabille mais elle garde ses chaussures » … t’es fétichiste ?

Zekwe : Ouai, j’suis fétichiste, de ouf ! Les talons, tout ça, les beaux ongles … c’est un kiff. Après y’en a qui en ont rien à foutre, d’ailleurs à voir ta tête, tu t’en bats les couilles.

Genono : Je t’avoue que c’est pas trop mon délire, mais je ne juge pas.

Spleenter : Le côté « chanté », c’est un truc que tu faisais déjà un peu sur Selecao 1, mais maintenant t’as l’air complètement décomplexé par rapport à ça. T’as fait un genre de coming-out, comme Abdelkrim dans Les Kairas ?

Zekwe : (rires) Putain la phase, après les talons, les gens vont imaginer des trucs de ouf … Nan mais t’as raison, tu te décomplexes au fur et à mesure. Pourquoi se priver, alors que des mecs qui connaissent la musique te disent que ce que tu fais, ça tient la route ? J’ai confiance en moi, je tente des trucs, mais parfois je tente des trucs sans trop savoir quoi en faire par la suite. Mais je suis pas un chanteur… je saurais même pas me définir, je compose, je rappe, j’essaye de faire des bonnes chansons, transmettre des émotions.

Teobaldo : T’as ce côté self-made-man.

Zekwe : Un peu. Tu me fous en studio tout seul pendant un mois, c’est bon. Y’a d’autres trucs pour lesquels j’ai besoin d’aide : la communication, l’image, les visuels, les clips. Mais c’est vrai que dans un studio, je fais tout, de l’instru à la réalisation.

Teobaldo : Ça t’a jamais tenté de passer du coté de l’image ? Réaliser des clips, etc.

Zekwe : Si, ça me tente beaucoup. J’ai les idées, j’ai beaucoup d’idées, mais il me faudrait une équipe technique. Parce que reprendre tout un travail technique, se former là-dedans … c’est comme si tu me disais de repasser le bac, je te dirais d’aller te faire enculer. Y’a plein de petits trucs à connaître qui ne s’improvisent pas, genre la lumière … Regarde les clips de rap français, c’est toujours la même chose : les mecs sont face à la caméra. Les cainris, ils sont jamais face-caméra, y’a des angles différents, etc. Y’a beaucoup de mecs qui adaptent les codes du cinéma aux clips en fait, c’est fait proprement, mais ils ont pas les codes qu’il faut. Les ralentis, les effets, les angles … c’est ça qu’il faut apporter.

Spleenter : T’aimes bien Kevin Gates ?

Zekwe : Franchement, je vois pas qui c’est. Pourquoi tu me demandes ça ?

Spleenter : Il rappe et il chante, il est fortiche, il se back en rôtant parfois. Mais si je te parle de lui c’est juste parce qu’il s’appelle Kevin.

Zekwe :

La suite : la semaine prochaine.

Comme le Wu-Tang, IAM va vendre un seul exemplaire de son nouvel album

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Le groupe IAM a, dans le plus grand secret, enregistré un album conçu comme une oeuvre d’art, produit et vendu à un seul exemplaire. Valeur potentielle : plusieurs dizaines d’euros.

Jean-Michel Jarre avait tenté le coup en 1983 avec Musique pour supermarché, Sylvain Chauveau en avait fait la spécialité de son label Onement, mais c’est le Wu-Tang Clan qui a inspiré IAM en créant la surprise avec Once upon a time in shaolin. Quelques mois après la sortie de leur dernier album, le groupe annonce ainsi avoir parallèlement et dans le plus grand secret enregistré un autre disque, intitulé Il était une fois une moustache, qui ne sera lui produit et édité qu’à un seul et unique exemplaire.
Nous allons bientôt vendre un album comme aucun de ces crétins ne l’a fait avant”, explique AKH à Valeurs Actuelles. “Nous allons publier une oeuvre d’art comme personne avant nous, dans l’histoire de la musique moderne, ne l’a fait. Nous créons un collector-édition-deluxe-super-bonus-de-la-mort-qui-tue qui ne sera vendu qu’une fois. Ce sera comme posséder le godemiché de Cléopâtre, et croyez-moi ça vaut le coup”L’objet lui-même adopte effectivement la forme d’un véritable et luxueux trésor, emballage de Twix géant en papier doré qui comporte plusieurs surprises et raretés « dont des cheveux de Shurik’n, Akhenaton et Kheops » assure l’équipe.

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Entre une interprétation libre de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin et la volonté, comme Radiohead, Prince ou Patrick Bosso qu’ils citent également, de concevoir un autre modèle pour l’industrie de la musique, AKH et Kephren, à l’initiative de Il était une fois une moustache, précisent leur pensée sans modestie sur le site officiel du projet. ”L’histoire démontre que les grands musiciens comme Sébastien Patoche, Mozart et René la taupe sont considérés avec la même estime que des artistes comme Picasso, Les Chevaliers du fiel et Jean-Paul Gaultier. Néanmoins, on ne donne pas aux créations contemporaines de musiciens comme AKH, Kanye West ou Dr. Dre la même valeur qu’à celles d’Andy Warhol, Damien Hirst ou Jean-Michel Basquiat. Perso je sais pas qui sont ces gens mais je trouvais ça classe de les citer dans la même phrase.
Mais derrière ce qui peut être pris comme une opération promo, se cache un ras-le-bol général ainsi qu’une réelle volonté de bousculer l’ordre établi :
« L’idée que la musique est un art culinaire est une chose que nous défendons depuis des années. Et pourtant elle ne reçoit pas le même traitement que la bouffe d’un point de vue financier, en particulier où, de nos jours, la musique a été dévaluée au point même qu’on la donne gratuitement. Et ça c’est révoltant. Mes fringues sur-mesure vont pas se payer toutes seules, faut quand même que le public le comprenne. Moi j’en suis réduit à signer chez Def Jam Frince, si ça se trouve ces enculés vont me forcer à faire un feat avec Joke, et je pourrais pas dire non, parce que comme disait le grand-père imaginaire de Shurik’n : dans ma famille ung frinc c’était ung frinc gagné dureuhment, alors si toi tu peux être payé à rieng branler, fonce » Un cri du cœur salutaire en ces périodes de trouble. « Soyons sérieux, ajoute Kheops, en 2014 le fan d’IAM lambda est un boulet comme on n’en fait plus. Il ne comprend pas le monde qui l’entoure et a du mal à se repérer au niveau de la musique d’aujourd’hui. Notre album Arts Martiens a cartonné, on s’est dit qu’on allait sortir un nouveau lp dans la foulée. Et évidemment ces abrutis finis à la pisse n’ont rien compris, ils ont été bien moins nombreux à acheter le dernier, juste parce qu’ils sont pas habitués à un rythme de sortie soutenu. Donc on s’est dit ok les segpas, on va s’adapter à vous. Des choses simples pour des gens simples. »

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Non pas double, ni triple mais bel et bien « double-décuple-album » (format jusqu’à ce jour inédit), Il était une fois une moustache a été enregistré par le groupe au complet sur une période de 60 ans et sera constitué de 361 morceaux, sur lesquels devraient notamment apparaître des collaborations avec El Matador ou L’Algérino ainsi que celle, plus étonnante, de joueurs de l’OM. L’idée de départ est venue de Kephren : « on va pas se mentir, même moi j’ai aucune idée de ce qu’est réellement ma fonction dans ce groupe depuis que je suis trop gros pour danser, confie l’intéressé. Alors quand j’ai vu le truc de RZA je me suis dit banco, vas-y mon con ça payera ta retraite« .
Mais s’il ne sera disponible nulle part ailleurs qu’en lui-même, et s’il constitue sans doute autant une tentative artistique qu’un gros coup financier, l’album ne sera pas pour autant inécoutable par le commun des mortels : avant son éventuelle cession à un riche collectionneur ou une institution fortunée (enthousiaste, Valeurs Actuelles compare déjà l’œuvre à un graffiti dans des toilettes publiques, n’hésitant pas à lui allouer d’emblée une valeur de plusieurs dizaines d’euros), le disque et son “contenant” dispendieux feront le tour du monde des bal musettes, kermesses ou goûters d’anniversaire, où les fans pourront payer pour en entendre la musique.
Cependant il faut faire vite : les offres alléchantes se multiplient, on parlerait dernièrement d’un auditeur richissime qui a fait grimper les enchères à 5 euros, « et je rajoute une boîte de granolas parce que je suis vraiment fan« . Il ne reste à présent qu’une soixantaine de jours pour que le kickstarter des fans moins fortunés dépasse cette somme. Autant dire que c’est pas gagné.

ce n'est pas sexuel
ce n’est pas sexuel

Cet article provient du Blavog, pour vos insultes, faire suivre directement

Mobsters, flambeurs et autres gangsters du rap-game (6) : les gangs de Miami des 90’s.

 

 

Don King,  Richard « Convertible Burt » Simmons & Mike Tyson
Don King, Richard « Convertible Burt » Simmons & Mike Tyson

C’est dans les quartiers comme Overtown, Liberty City, Opa Locka, Little Haïti, Lil’ River et Carol City qu’une guérilla sans fin pour accéder au rêve américain s’est développée aux débuts de années 90. Là, comme un peu partout dans le pays, les jeunes floridiens défient la paix sociale en menant une guerre de la drogue sans merci. Autant dire qu’à cette époque la beef était partout. Même si certains n’avaient pas enclenché le truc ou faisaient tout pour l’éviter, tôt ou tard ils s’y retrouvaient les deux pieds dedans. C’était quelque part comme un phénomène d’aspiration inéluctable, un tourbillon de violence qui a rayé de la carte des brouettes entières de soldats de la rue. Bon, rien à voir avec Grand Theft Auto, cette merde qu’on explore, peinard, le cul posé dans son fauteuil moelleux. Ici, dans le Sud de la Floride, au cœur de la périphérie noire, là où les émigrés haïtiens agitent le vaudou, c’était la vraie vie. Si vous n’avez jamais entendu parler des Vonda’s Gang d’Overtown,  Zoe Pound de Fort Pierce, John Does de Liberty City ou Boobie Boys et Thomas Family de Carol City, c’est que vous n’avez jamais décortiqué les lyrics de la montagne de saindoux de Carol City, Rick « Rozay » Ross. Je vous rassure, ces illustres gangs locaux n’ont strictement rien inventé. Une légende comme Isaac « Big Ike » Hicks a déjà construit un empire local de la drogue à Dade County dans les années 80. Pour les rookies du drug game, ne restait qu’à suivre le chemin escarpé de la criminalité déjà tracé par l’oncle Ike et savoir éviter les bastos.
Rick Ross, quant à lui, les a tous béatifié dans chacune de ses chansons, leur a rendu hommage dans le DVD « M.I.Yayo : The Movie », faisant bien entendu de lui un des maîtres incontesté du « coke rap ».

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Car ce n’est plus un secret pour personne. De Pablo Noriega à Larry Hoover, en passant par Big Meech Flenory, Rick « Rozay » Ross a sucé tous les grands dealers de coke et gangsters notoires de la planète.
Dixit l’intro Trilla de l’album Port of Miami qui date de 2008 : « Shout out to Larry Hoover, Shout out to Big Meech / Shout out to Bunky Brown, Shout out to Kenny Williams. Shout out to E-4. Shout out to Fish Grease / Shout out to Falcon, Shout out to Big Ba / Shout out to John Doe – The hole Lynch Mob (…) Shout out to Boobie Boys, young drug dealers… »
Lustrage de « pivot de la joie » qui s’éternise dans Hustlin où Rick Rozay Ross vend de la drogue à la manière de Richard « Convertible Burt » Simmons, mentor de Kenneth « Boobie » Williams, lui-même mentor des Boobies Boys de Miyayo : « I touch work like I’m Convertible Burt / I got distribution, so I’m converting the work. »
Sortez vos mouchoirs. Toujours dans Hustlin, l’arrestation du leader déchu « Boobie » Williams y est perçue par Ross comme un immense et insurmontable chagrin : « … when they snatched Black [Boobie], I cried a 100 nights, he got a 100 bodies, serving a 100 lifes. »

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Les dictionnaires définissent le crime de la sorte : infractions graves aux lois politiques religieuses et sociales. Du coup pour le public lambda « Boobie » Williams n’est rien d’autre qu’un énième trafiquant de drogue avec un fort penchant meurtrier… Mais pour Rick Ross il est tout autre chose. En vérité, Williams est son modèle et demeurera à jamais son principal inspirateur en ce qui concerne le concept rap qui l’a hissé tout en haut de charts nationaux. « Pour moi Boobie est au Carol City Cartel, ce que Larry Hoover était aux Gangster Disciples » explique -t-il .
Sachez qu’avant d’être appréhendé par le FBI et enfermé à perpète, « Bobbie » n’était pas un énième cave du drug game. Il est le fondateur du Carol City Cartel, c’est à dire un serpent venimeux à la tête d’un empire de la drogue estimé à 85 millions de dollars qui a alimenté plus de 25 villes de la Floride (cf. 12 États) pendant pas moins de quinze ans moyennant 5 tonnes de cocaïne importée de Panama et différentes îles caribéennes. Car un jour « Boobie » a pris conscience de l’atrocité du déterminisme social dans lequel il était englué. Du coup, pour se libérer, lui et son Cartel ne pouvaient le faire que par le crime. La police le soupçonne d’avoir pris part à pas moins de 130 homicides.

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The Boobie Boys : Des modèles, des mentors du hood… bref, des légendes.
« Le mec qui m’a mis dans le jeu de musique est Boobie. Ma musique touche à son mode de vie. Boobie a aidé beaucoup de gens dans le hood et a inspiré beaucoup de choses positives. L’inconvénient est qu’il a été accusé de plus de 100 homicides et de la gestion d’un trafic de drogue plusieurs millions de dollars » a expliqué Rick Ross, confirmant son  affiliation avec « Boobie ». « Le truc dont je parle est réel. La drogue est réelle. Le truc concernant les armes à feu est officiel. Regardez Kenneth « Boobie » Williams, regardez d’où il vient. Ce n’est pas rien d’en être fier. J’ai été témoin. Les négros faisaient leur truc. Je ne faisais que regarder. J’étais un fan du game. Je m’asseyais sur le porche et regardais les Cadillacs passer ! »

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Accusé à un moment donné de mythomanie, puis un brin secoué par l’afflux des attaques, Rick Ross a toujours su répondre présent en ce qui concerne les hommages aux kingpins. Par exemple, il n’invente rien en ce qui concerne la flambe de « Boobie ». En fait, c’est une véritable caverne d’Ali Baba que ce dernier trimbale sur lui quand il déambule dans le hood. Faut savoir que le bling, sorte de miroir aux alouettes qui attire les regards les plus chastes, « Boobie » en a plein les fouilles, autour du cou aussi. Il est aussi dans le trip « OG swangers », le même qui se développe à Houston par l’intermédiaire des rappeurs. A son apogée, il s’habille en Gucci, s’envoie du Moët au prestigieux Delano Hotel, porte sur lui des diamants roses 8 carats, conduit au hasard des envies, Cadillac, Lexus Coupé, Porshe Carrera voire une Chevy Impala 73 blanche ivoire avec intérieur en cuir immaculé et vitres teintées afin d’éviter d’attirer l’œil des poulets et autres carjackers. La barrique Ross n’invente rien non plus quant à sa cruauté, car « Boobie » a été aussi impitoyable que le fut son entreprise criminelle. Lui et sa bande ont créé une vague de terreur rarement perçue à Miami tout au long des années 1990. Décennie régentée par les Boobie Boys et autre Vonda’s Gang qui est un moment assez effrayant pour la communauté. Faut savoir que pour la discrétion les gars pouvaient repasser. De toute façon la discrétion était le dernier de leurs soucis. Pour eux, l’important était de mettre les gangs rivaux sous l’éteignoir afin de contrôler la rue chaude et d’en tirer les meilleurs bénéfices. Le problème, c’est que des innocents mouraient. Les gars arrosaient copieusement concurrents mais aussi passants et touristes avec leurs AK-47. Enfin, une fois les faits accomplis, ils partaient sans se retourner, laissant invariablement les flics se briser les reins quand était venu le moment de ramasser leurs douilles.

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Œil pour œil…
A cet instant précis, c’est quotidiennement que rafales de fusils d’assauts et «  Miami bass » s’accouplent dans une étreinte à la fois compulsive et macabre, trahissant la quiétude des nuits étoilées du sud de la Floride. Étoilé comme ce trou de balle de shérif de la Metro Dade Police qui passe la moitié de son temps à identifier des corps aussi froids que celui du dénommé Ankey du Thomas Gang qui a balancé quelques pruneaux bien mûrs sur « Boobie » et ses associés avant que ceux-ci lui retournent l’offrande. De leurs côtés, Fat Wayne et Efrain « E-4 » Casado se sont chargés de tuer Willie Jetier qui, dans un dernier soupir, bafouille leurs blazes avant de trépasser en 1991.
En cette fin d’année 1992, jour de Noël assez morose pour James Powel qui est descendu dans le dos – par Santa « Gangsta » Claus (?) – Généralement, ça se passe comme ça : E-4 conduit le bolide pendant que les joyeux drilles que sont Plex, Fat Wayne ou Chico défouraillent sur la cible mouvante. Quand ils ne liquident pas autrui, les Boobie Boys sont en train de créer à grande allure un axe de vente de cocaïne concernant l’entière Côte Est.

En 1994, le mot d’ordre est d’éliminer tout individu qui a de prêt ou de loin un rapport avec la Thomas Family. Imaginez une seule seconde le chantier !
C’est à bord d’Impala et Delta 88 que les Boobie Boys poursuivent Walter « Fatso » Betterson et Derrick « Hollywood » Harris dans leur propre quartier jusqu’à ce que morts s’ensuivent. Cette fois-ci, c’est au tour de « Boobie » et de Leonard « Bo » Brown d’être identifiés comme les tireurs, mais la police a toujours autant de mal à les appréhender car les tueurs cachent leurs visages à l’aide de masques de ski ou de hockey et autres cagoules.
Le brouhaha généré par les médias pousse la police à se bouger le cul. Seulement, le jour où elle décide d’appréhender Corey « Fishgrease » Mucherson des Boobie Boys pour lui tirer les vers du nez et rassurer l’opinion aux abois, ce dernier est abattu avant d’avoir pu être entendu.

 

 

Kenneth « Boobie » Williams
Kenneth « Boobie » Williams

Rarement la guerre des gangs impliquant les Boobie Boys et les différents gangs a été évoqué jusqu’à cette récente enquête sur la violence à Miami dans les années 1990, temps cruciaux où certaines légendes de la rue sont en train de naître sous une grêle de coups de feu. Ces investigations ont révélé qu’une certaine reine de la drogue nommée Avonda « Black Girl » Dowling a tenu tête à la puissance dévastatrice des Boobie Boys. Cheftaine du précité Vonda’s Gang, Avonda Dowling a pourtant été au centre du business de la drogue à Miami pendant plus de 15 ans. Une question se pose, comment a-t-elle pu échapper aux moindres soupçons pendant toutes ces années? Surtout qu’elle a engrangé plusieurs millions de dollars en vendant à la fois crack, héroïne, herbe et cocaïne, tout cela en tuant des dizaines de concurrents, statut de criminelle au moins équivalent à celui de Kenneth « Boobie » Williams.

 

 

Avonda
Avonda

Avonda Dowling featuring « Rah-Rah », ou quand la guerre fait rage.
Beaucoup ont été surpris d’apprendre qu’une femme dirigeait l’un des gangs de la drogue les plus actifs à Miami. Autant dire que sa féminité n’a jamais entravé ses rêves de pouvoir et d’argent. Il est dit que les gens du milieu la respectaient et la craignaient. Discrète et efficace, elle était redoutée pour sa dangerosité si bien que quand les gars de son gang étaient coffrés et interrogés par les cognes, jamais rien ne filtrait.

Afin de s’élever dans la hiérarchie locale du banditisme, Avonda s’est d’abord éprise d’un éminent gangster de Miami nommé Bunky Brown. A partir de là, elle grimpe quatre à quatre les marches de l’organisation. Le jour où Bunky est emprisonné, Avonda prend en main le gang. En 2003, l’un des ses principaux lieutenants, Jamal « Pookalotta » Brown, avouera aux enquêteurs que dans le courant de l’année 1994 un haïtien du nom de Tony enseigne à Avonda comment transformer la cocaïne en crack. Après quelques expérimentations, elle est capable de tambouiller la coco et de confectionner les paquets dans les différents appartements qu’elle loue.
Elle est épaulée par l’homme des basses œuvres, un certain Robert Lee « Rah-Rah » Sawyer, l’exécuteur en personne du gang d’Overtown alias Colored Town. En 1986, Avonda a payé 10 000 dollars et un demi kilo de cocaïne pour que « Rah-Rah » tue le dealer Michael McBride qui vend une came de bien meilleure qualité à un prix modique. C’est le début d’une longue et barbare co-entreprise.
En juillet de la même année, c’est en temps que criminel fugitif que « Rah-Rah » est arrêté alors qu’il attend un ami à l’aéroport international de Washington Dulles. Il passe une année en prison et est relâché.

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Les dossiers judiciaires indiquent que la relation meurtrière à trois s’oriente vers un face à face inévitable entre Boobies Boys et Vonda’s Gang. En 1989, peu de temps après les meurtres de Wallace Fortner, de Willie « Stinker » Geter et de E, « Rah-Rah » a décidé de s’inviter à la fête de Noël des Boobie Boys pour les venger. Il s’embarque pour une expédition punitive, repère un des lieutenants de « Boobie » et tente de le tuer, mais le lieutenant survit. Échec cuisant qui pousse « Rah-Rah » à reporter son déchaînement  meurtrier sur Marvin Rogers. Cette fois-ci, il ne rate pas le Boobie Boy à l’origine de la guerre intestine avec le Thomas Gang.

Autre fait marquant. Lors d’une course-poursuite en voiture en 1997, « Boobie » Williams et son complice E-4 sont pris par la police munis de fusils d’assaut, des vêtements de camouflage et des gilets pare-balles. Des révélations tardives diront qu’ils étaient en passe de tuer « Rah-Rah ». Toujours ces preuves manquantes… ils sont relâchés.
En septembre 1997, il est grièvement blessé alors qu’il voyage vers le nord sur la I-95 et est transporté à l’hôpital. Alité, « Rah-Rah » apprend par sa femme venue lui rendre visite, qu’elle a repéré deux membres des Boobie Boys dans l’ascenseur de l’hôpital. Ceux-ci papotaient sur la façon de le liquider. Heureusement pour « Rah-Rah », rien ne se passe.

Le 31 Décembre 1997, « Rah-Rah » repère le Boobie Boy dénommé Rogers debout à côté de sa voiture, en train de parler sur son téléphone cellulaire. Cette fois-ci, « Pookalotta » Brown est au volant, « Rah-Rah » et Bam sont ses passagers. Aussitôt dit, aussitôt fait. « Rah-Rah » et Bam sortent leurs AK-47, puis tuent Rodgers avant de laisser leurs armes et de s’enfuir.
Le lendemain, en représailles à l’assassinat de Rogers, « Pookalotta » est blessé au cou. En fin de compte, la fusillade a paralysé « Pookalotta », l’installant cette fois-ci au volant d’un fauteuil roulant aux jantes alu .

En 1998, des membres des Boobie Boys parviennent enfin à saupoudrer « Rah-Rah » à partir de leur voiture, mais la bonne étoile veille encore sur le miraculé « Rah-Rah » qui survit au guet-apens. Véritable soldat de la rue « Rah-Rah » a été maintes fois ciblé par les Boobie Boys. Tous savaient qu’il était la force vive du Vonda’s gang, du coup ils n’ont cessé de concentrer leurs efforts pour le descendre, en vain.

Rédemption pour « Bo » Brown des Boobie Boys devenu écrivain. [ici, avec sa femme]
Rédemption pour « Bo » Brown des Boobie Boys devenu écrivain. [ici, avec sa femme]

Fin de l’entente cordiale entre flics & drug Lords de Miyayo…

Plex
Plex

En 1995, les meurtres du dealer Otis Green, de sa femme et de leur fils est une fois de plus attribué au trio diabolique E-4, Fat Wayne et Plex. Hormis le nouveau tatouage rédempteur de Plex représentant un crucifix avec un garçonnet priant sur une tombe où est écrit « Dear Lord, can you save me ? », aucun élément ne peut les confondre.

Autant Arthur « Plex » Pless est un dude particulièrement froid et violent, autant il y a un cœur de MC qui bat la chamade quand il s’agit de balancer quelques rimes bien vécues sur le label Badland Records de Miami. Ne lui en déplaise, les Feds le considèrent à juste titre beaucoup plus comme un gangsta qu’un gangsta rappeur. Pourtant il est tout le contraire de ces MC’s qui rappent la pseudo vente d’un pseudo bourrin bien à l’abri sous le parapluie doré de leurs labels respectifs. Depuis, condamné à perpétuité, Plex a écrit Boo Baby: The Secret of Sweet Donnie Mac, polar urbain inspiré par la vie trépidante de ses héros gangsters de Miami.

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Revenons à nos noirs moutons. La guerre de la drogue fait rage à Miami. Les Boobies Boys sont continuellement sous la pression des gangs rivaux et orchestrent ce bain de sang depuis près de dix ans. Successivement, ils ont guerroyé avec la Thomas Family au début de 90’s, ont salement charcuté les soldats du Vonda ‘s Gang au milieu de la décennie, c’est désormais les marlous du John Does Gang qu’ils doivent défier en cette année 1997.

En 1999, Kenneth « Boobie » Williams n’est pas encore devenu une légende chez les rappeurs étiquetés gangsta. Il est un gangster underground, n’empêche qu’on le trouve en caractère gras sur la liste America’s Most Wanted de 1999 dressée par le FBI. Normal, « Boobie » est en cavale, donc considéré comme fugitif. On a mis en place l’Opération « Booby Trap ». Sa tête est mise à prix. Autant dire que ses jours de règne ne sont visibles que dans le rétroviseur de son Impala blanche.
Jusque là imprenable, « Boobie » va voir sa liberté d’agir et son impunité partir en fumée. Sa chevauchée sauvage de baron de la drogue est brutalement stoppée par les Feds qui l’observe depuis des mois et attendent la moindre occasion pour le coincer. Le 17 mai 1999, seul et sans armes, « Boobie » est au volant d’un pick-up Ford qu’il conduit sous un nom d’emprunt. Les Feds le serrent lors d’un arrêt de la circulation. Il n’y a pas de confrontation. « Boobie » révèle aussitôt sa véritable identité.

Déjà branlant, l’empire bâtit à grands coups de AK-47 par « Boobie » vient totalement de s’écrouler. Du coup, son gang explose. Les sentences pleuvent à la façon de cette bourrasque de biftons verts qui célébrait les filles dans un strip-club de Morgan City où « Bo » Brown fut capturé par les poulets en 1998. Enfin, on lui a infligé trois sentences à vie à « Boobie », il en encaissera peut être cinq… Après tout, qu’importe que ce soit 3 ou bien 5. Sans doute que la justice US aime pinailler. Tout dépendra des résultats de l’enquête sur les 100 à 130 prétendus cadavres qui jalonnent ses années de gloire à Miami. L’enquête a également dévoilé qu’il avait corrompu le gratin de la Police de Miami. Bref, une petite routine entretenue depuis des décennies entre flics et drug Lords du sud de la Floride qui aurait tort de s’éteindre.
A son tour, Vonda est arrêtée le 14 novembre 2003. Après six semaines de jugement, elle est convaincue coupable, échappe miraculeusement à la peine de mort, puis envoyée passer 20 ans dans une prison Fédérale. Vu qu’il plaide coupable, ce sera double dose pour l’increvable « Rah-Rah »… Bref, 40 piges, pas plus, pas moins.
A bord de son fauteuil muni de ces roues voilées de l’infortune, « Pookalotta » Brown écope, lui, de 25 ans.

Les précédents épisodes de Mobsters, flambeurs et gangsters du rap-game :

Episode 1 : Kenneth « Supreme » Mc Griffith, l’homme à l’origine des trois balles logées dans la carcasse de 50 Cent
Episode 2 : « Freeway » Ricky Ross, le vrai, celui qui participe à « voler » 18 millions de dollars à Ronald Reagan
Episode 3 : Demetrius « Big Meech » Flenory, fondateur de BMF, alias Blowin Money Fast alias Big Meech Family
Episode 4 : Frank «Black Caesar» Matthews, un mec qui brasse jusqu’à 600.000 dollars par jour au putain de calme
Episode 5 : Rayful Edmond 3, aka « je donne des billets de 100$ aux gosses pour qu’ils s’offrent des Air Jordans »

Bootleg : Niro – J’aime pas me mélanger

On le sait tous, Niro déteste les featurings. Il ne veut pas se mélanger aux autres rappeurs car il méprise le rap-game et qu’il ne veut pas être comparé à tous ces zoulous. Du coup, on a réuni les très rares morceaux où il collabore avec d’autres rappeurs. Forcément, il y en a très peu, alors le mix ne dure que cinquante petites minutes.

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=> https://soundcloud.com/captchamag3/niro-bootleg-captcha-mag

Pourquoi l’Orgasmixtape est le meilleur compact disc de tous les temps

Raison n°1 : Le titre « désanussage ».

A la lecture de la tracklist, la piste 5 frappe évidemment les esprits. Le verbe désanusser, qui a été utilisé pour la première fois par Alkpote sur L’arrivée de Serge Gainzbeur, se décline ici en un superbe nom commun (masculin : un désanussage). Le désanussage désigne l’action de retirer l’anus du partenaire sexuel, suite à une pénétration anale particulièrement violente (exemple : « c’est un désanussage, pas de lubrifiant »). Application possible : « Quelle rouste pour le parti socialiste aux municipales ! Un véritable désanussage » ; « -Viens t’assoir près de moi ! -Impossible, j’ai subit un désanussage cette nuit. »

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Raison n°2 : Le name-dropping abracadabrantesque.

Liste non-exhaustive, dans le désordre : Guy Lux, Céline Dion et René-Charles, Alain Soral, Enora Malagré, Mouammar Khadafi, Jerem Star, Laurent Gerra, Lady Gaga, Saddam Hussein, Ségolène Royal, Claude Nougaro, Thierry Gilardi, Malcolm, Reese et Francis.

Et évidemment, chacune d’elle est placée dans un contexte parfait :

Ça va me donner la chiasse si je vois Enrico Macias !

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Raison n°3 : L’exploration totale des champs lexicaux de la sodomie, de la fellation, et des secrétions diverses, ainsi qu’un état des lieux complet de l’ensemble des paraphilies connues.

En 2007, Alkpote annonçait son premier album solo avec une mixtape sobrement intitulée « Sucez-moi avant l’album ». Un septennat plus tard, il n’a évidemment rien perdu de sa musicale libido. Cette obsession troublante pour la fellation, marque de fabrique du rappeur, est ici contrebalancée par une nouvelle lubie : la masturbation.

« J’veux pas te baiser j’préfère me lébran »
« Rien ne me fait plus plaisir à part la branlette »

Et puisque s’imposer des limites ne semble pas faire partie de ses priorités, Alk agrémente cette activité solitaire d’une manière assez … étonnante :

« Bouffez-moi l’anus pendant qu’j’me branle »

Mais rassurez-vous. L’obsessionnelle fellation n’est pas complètement oubliée pour autant :

« Suce ma putain de bite, salope »
« Suce mon tuyau de plombier »
« Sur ma bite je déverse du sirop d’érable »
« Suce ma bite, lèche mes boules »
« Suce ma putain de Néochrome-bite »

A noter également une belle tribune offerte à la pratique du coït anal :

« J’vais te faire connaitre le plaisir anal »
« C’est un désanussage, pas de lubrifiant »

Et puisque s’imposer des limites ne fait définitivement pas partie des priorités d’Alk :

« J’aiguise ma lame, j’déchire ta chatte »

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Raison n°4 : La partition parfaite des invités, si on arrive à se convaincre que 1995 est un groupe qui n’a jamais existé.

-un Sidisid monstrueux, qui apparait sur 3 pistes différentes au total sur la galette.
– Zekwe Ramos, sur un story-telling de folie. Scénario digne des plus grands films hollywoodiens, twist final à couper le souffle, interprétations impeccables … maintenant on veut le clip.
– 25G, un mec toujours opérationnel pour casser quelques gueules le temps d’un featuring.
– Idjil, Malason, et SKP2JV que pas grand monde ne connaissaient, qui ne marqueront pas forcément l’histoire, mais qui prennent quand même le temps de placer 2-3 phases pas piquées des hannetons (« le pénis a l’air plus gros quand c’est un ami qui t’encule »).
– Joe Lucazz la Légende. Le mec est sortit de taule, et il a la dalle. En attendant l’album solo et la prochaine mixtape de Buffalo Soldiers, il vient prêter main forte à Atef. Et Joe Lucazz qui adopte le flow saccadé de Migos, il faut l’entendre pour le croire.
– Et enfin, le fameux remix de Mongoldorak : Sidisid et Zekwe fidèles à eux-mêmes, Zesau toujours aussi puissant, Jeff le nerf, qui, visiblement existe toujours, Aketo qui se lâche enfin un peu, 25G qui aime le boul d’Ayem, Bolo, toujours aussi violent, Neoklash, RCP, Kmase … Gros casting, même si on doit déplorer l’absence de Canardo, qui avait pourtant enregistré un couplet, qui n’a visiblement pas été retenu.

Raison n°5 : Alkpote va bientôt quitter le rap-jeu, il faut en profiter à fond tant qu’il est là.

Ce n’est plus un mystère pour personne : La Dernière Valse sera le dernier album de l’aigle de Carthage avant sa retraite officielle. Et contrairement à pas mal d’acteurs du rap-jeu français, lui n’est pas remplaçable. Et même si son délire poussé se retrouve partiellement chez Sidisid, il faut bien se rendre à l’évidence : Alkpote est un OVNI, avec un univers complètement ravagé, qui n’a aucune limite. Profitons à fond de ses derniers coups d’éclat. D’autant qu’Atef a bien compris que ce qui plait particulièrement chez lui, c’est la mongolitude de son personnage, et la démesure de ses références. Résultat : il en sur-abuse dans l’Orgasmixtape, offrant au public exactement ce qu’il attendait.

Raison n°6 : La qualité des prods

DJ Weedim est doué. Si l’Orgasmixtape est aussi réussi, c’est en grande partie parce que la réalisation tient plus que bien la route. Épaulé par Sidisid et Dela, il sublime la performance d’Alkpote, en lui mettant à disposition l’écrin parfait : des prods assez sobres pour ne pas enfermer le rappeur dans un style, mais suffisamment travaillées pour le mettre en lumière. Autre bon point : les quelques prises de risques sont réussies. De l’ambiance camée planante de Libertin à la tentative acoustique de N’importe quoi, cette mixtape s’aventure sur des sentiers pas forcément battus sans jamais s’égarer.

Raison n°7 : Déjà 3 clips, dont 2 déjà mythiques, avec un peu de chance on en aura au moins 5 ou 6.

Crise d’épilepsie et foulard de chiennasse … Alkpote traduit la folie de ses lyrics à l’image. Avec 3 clips déjà disponibles le jour de la sortie de la mixtape, on est en bon droit d’espérer au moins 5 ou 6 vidéos au total. Étant donné le nombre de morceaux potentiellement clipables sur la tape, il y a de quoi fantasmer : un clip à gros budget pour Dans le SAS, des petits bouts de pain dans celui de Egarer, un gros plan sur le visage de psychopate d’Alkpote quand il répète « p’tite sodomie, p’tite sodomie, p’tite sodomie » dans Libertin … les possibilités sont infinies.

Raison n°8 : Plus de punchlines improbables en 17 pistes que dans toute la discographie de ton groupe préféré.

Le syndrome Heenok Beauséjour. Parfois, Alkpote raconte n’importe quoi. Des choses qui n’ont aucun sens, pas le moindre rapport avec le contexte, et qui viennent se poser là sans aucune cohérence. Le souci, avec Alk, c’est que ça fonctionne. Florilège de ces phases sans queue ni tête :

« J’nique des prosti-putes »
« Y’a que des T-1000, finis les T-800 »
« Y’a pas de lézards verts et pas de chats noirs »
« J’rajoute du fromage sur mes ravioli »
« Où est Jack Lang ? Au Maroc ou en Thaïlande, à tourner sa langue 7 fois dans l’anus étroit de Laurent Fabius »
« J’écoute du Balavoine ! »
« Ça me fait chier comme un laxatif »

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Raison n°9 : Les backs d’Alk

L’un des détails qui tient à cœur à tout bon fan d’Alkpote : les fameux petits mots placés en fond à la fin de certaines mesures. Bien souvent, il s’agit simplement d’une redite du dernier mot prononcé. Exemple : « J’rêve d’un Mercedes (Mercedes !) » ; « Je souffre d’amnésie (amnésie !). Parfois, c’est également un simple auto-acquiescement (« exact » ! « c’est ça ! »), ou un plus classique « Sucez ! ».
Mais de temps en temps, ce petit mot est une véritable valeur ajoutée, qui complète la phrase précédente, rappelant le concept de hashtag que tout utilisateur de twitter connait :

« T’es incontinent et tu souffres de constipation (merde !) »
« Comme Malcolm et Reese (Francis) »
« Non, ne me sucez pas, vous êtes folle Madame ! (Salope ! Salope !) »
« J’ai le coeur qui palpite et la bite toute dure (Zekwe : quoi, mais c’est quoi le rapport ?) »
« J’suis accro aux jeux vidéos (Super Mario !) »

A noter que ce back fonctionne aussi pour les invités … ainsi, quand Jeff le Nerf s’auto-censure, Alk débarque derrière pour le dévergonder :

Tu donnes ta ch…. (ta shnek !)

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Raison n°10 : Les associations de LGBT, la Licra, le Crif, et peut-être même la SPA risquent de monter au créneau.

Alkpote a du mal à accepter que deux hommes puissent s’emboiter :

« J’ai mal comme un chevalier Jedi quand je vois toutes ces pédales sur les chars de la gay-pride »
« J’déteste les pédés depuis les années collège »
« Appelez vos frères homosexuels, sur vos faces on vient cracher nos glaires. »

Il a également pas mal de difficultés à se rapprocher de l’idéologie sioniste :

« Faut arrêter d’être trop gentil, ces sionistes gâchent nos moments de vie. »
« J’veux m’exprimer en liberté, pas être censuré par des étrangers. »
« On voit clair dans vos pratiques sionistes »
« A croire que j’vis pas en France, on dirait que j’habite à Sion »

Deux sujets très sensibles, tout particulièrement en ce moment, en France. Mais Alk n’est pas du genre à prendre des pincettes, résultat, si Manuel Valls en a marre de taper sur Dieudonné, il pourra se pencher sur l’Orgasmixtape. D’ailleurs, Atef en a une pour lui :

« J’danse ma dernière valse avec la femme de Manuel Valls »

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