Ryan Leslie est certainement un illustre inconnu de ce côté ci-de l’Atlantique. Mais son dernier album mérite de lui apporter un peu de lumière. Ambiance.
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La rentrée du rap français
Lundi 2 septembre.
Jour de rentrée, les webzines balancent les interviews réalisées pendant l’été. Jo Dalton chez nous, Aketo chez l’abcdr.
Dans le même temps, Dry publie sur son compte facebook l’affiche du prochain film-catastrophe de Will Smith. Il révèle quelques minutes plus tard qu’il s’agit en fait de la cover de son prochain album, intitulé Maintenant ou jamais, prévu pour 14 octobre. 
De son côté, Booba publie une interview agrémentée d’images inédites de son dernier Zenith, avec des questions extraordinairement pertinentes : « l’écriture est-elle importante pour toi ? ». La prochaine fois, demandez-lui s’il respire de l’air.
Et puisqu’on est dans le domaine des questions pertinentes, autant y rester. Le blog du magazine « Rap&Rnb » demande à Niro « son meilleur souvenir de rentrée scolaire ». Du grand journalisme. Mention spéciale à Niro, qui rend quand même le truc intéressant en racontant avoir coursé un prof avec un marteau quand il était en 5ème.
Mardi 3 septembre :
Le rap français a mis le paquet lundi pour la reprise, du coup rien à signaler mardi. Heureusement, Sazamyzy pense à nous, et annonce la 3ème guerre mondiale
La 3 EME MONDIAL C BIENTOT PARTI FUCK LA FRANCE ISRAEL USA ALLEMAGNE GRAND BRETAGNE ARABIE SAOUBITE …. LES MUSULMANS VONT VOUS ECLATER
— SAZAMYZY 93 LE VRAI (@BIGSAZAMYZY) September 4, 2013
//platform.twitter.com/widgets.jsMercredi 4 septembre :
Mercredi, toujours rien à se mettre sous la dent. Un peu comme cette meuf qui en met plein la vue à tout le monde le jour de la rentrée, puis qui redevient quelconque le reste de l’année. Une fois de plus, Sazamyzy sauve les meubles, en comparant La Fouine à Israël. Extraordinaire.
LA FOUINE ENFAITE C ISRAEL IL FAIT LE MISKINE PRES DU PEUPLE ET IL ENCULE TOUS LMONDE MOI JSUIS GAZA JVAIS LUI ET FABABY LES MONTEE EN L AIR
— SAZAMYZY 93 LE VRAI (@BIGSAZAMYZY) September 4, 2013
Pendant ce temps, Booba fait son coming-out sur instagram :

Jeudi 5 septembre :
La Fouine a eu toutes les vacances pour travailler ses lyrics. Il débarque avec une superbe trouvaille, « va niquer ta mère, c’est la fête des mères ».
Complètement perdu, le mec relance le clash avec Booba, tout en copiant intégralement son clip « Bakel City Gang ». Cerise sur la gâteau, il pompe également entièrement son flow, donnant l’impression d’avoir saigné Futur en boucle pendant tout l’été.

Évidemment, l’odeur du sang excite les médias généralistes, qui voient une nouvelle occasion de pisser sur le rap français tout en attirant un nombre certain de clics. Le Nouvel Obs contacte donc son meilleur « spécialiste des cultures ubraines » (sic). Résultat : un bon gros article de merde.
Au final, l’intérêt principal de ce clip, c’est l’analyse de Fellow qui en découle. Le mec est réactif, il balance ça quelques heures après la mise en ligne de la vidéo.
Pendant ce temps, un rappeur amateur balance un freestyle sur Skyrock, et en profite pour clasher Pierre Bellanger. La réaction de Fred Musa (qui sauve son emploi d’un coup de mute) vaut le détour.
Vendredi 6 septembre :
Fababy est grandiose. Une semaine après s’être encore auto-proclamé « boss du 93 », en citant les noms de Shone, Sofiane et Sazamyzy, il tape encore plus fort : Hall Street TV révèle d’autres passages de son interview chez Rap&Rnb, dans laquelle il affirme que Booba a pris Kaaris dans son équipe car il n’a pas pu avoir Fababy. Meilleure punchline de la carrière du crane le plus volumineux du rap-game : « Comme il ne m’a pas pris, il a récupéré Kaaris, qui est dans le même registre« .

Vendredi, c’est le jour des sorties de clip. Kaaris balance donc un troisième extrait de Or Noir. Encore un son qui fait l’unanimité, entre les habituelles punchlines violentes de K2a, le flow bulldozer, et, pour une fois, un semblant de thème en fond. Difficile de faire plus lourd. On attend la réaction de Fababy.
Une heure après Kaaris, c’est Shay qui balance un nouveau clip, réalisé par Kevin El Amrani. Mauvais timing, tout le buzz disponible a déjà été accaparé par Houdini.
Rohff, qui en a marre de se faire tailler à chaque fois qu’il sort un clip ou un son, préfère publier son film de vacances, et regonfle un peu son égo, accueilli comme un chef d’État, chez lui, aux Comores.
Pour bien finir, c’est Sazamyzy qui conclue de fort belle manière, en faisant un smoothie avec les grands-mères de Fababy et La Fouine :
Samedi 7 septembre :
Le Roi acquitté ! Après 5 ans de procédure, Heenok Beauséjour a vu son procès pour possession d’armes annulé. Malgré une perquisition (en 2008) et quelques jours en détention (il a été relâché en échange d’une caution), la justice québecoise ne retient aucune accusation concrète. T’entends, pute ?

Bonus – ça a tourné cette semaine :
Rohff, son t-shirt Wesh Zoulette, et deux meufs en Unkut.

Interview : Jo Dalton (partie 2/2)
Entrevue avec Jo Dalton, partie 2. Après avoir retracé son parcours (son enfance en Afrique, sa lutte contre les skinheads en France, ses années de sportif de haut-niveau …) dans la première partie, nous nous intéressons ici à sa carrière musicale, ses projets, parmi lesquels un nouvel album, un film, mais aussi à ses relations avec d’autres acteurs du mouvement rap : Tefa, Masta, MC Jean Gab1, Ciro, Tonton Marcel …
Clique ici pour lire ou relire la partie 1

Mido : Dans un passage de ton livre, tu parles de l’émergence du rap en France, et des gens que vous avez protégé, y’a un passage où j’ai cru reconnaitre Tefa …
Jo : C’est bien lui.
Mido : Et justement, vous qui avez protégé ces gens, qui les avez emmené en soirée, ils ont été plus vicieux, ont récupéré le truc, ont cloisonné … si c’était à refaire, est-ce que tu protègerais encore ces gens-là ? Est-ce que ça vous a quand même apporté du bon ?
Jo : Je vais pas rentrer dans la philosophie, je vais être direct. Votre génération pourrait dire « c’est de votre faute si le rap est dans cet état ». C’est pas de notre faute, parce que moi je vous ai pas quitté. Je suis resté au quartier, auprès des miens, caricaturé, stigmatisé … on m’a traité de zoulou, aujourd’hui on me traite de racaille, peut-être que demain ça sera autre chose, mais je n’ai pas changé. Le rap est arrivé en France en même temps que les luttes identitaires contre les fachos dans la rue. C’est la même vague. Ca a été une révélation au niveau culturel, à tous les niveaux. Ca a été l’émancipation, en France, des zones urbaines. Le système, lui, a vu le patrimoine que représentait cette culture. Sa géométrie symétrique faisait que tous les enfants, tous les jeunes, avaient trouvé leur truc. Ils créaient ! Ils graffaient, ils rappaient, ils écrivaient. Celui qui n’était jamais allé à l’école se mettait à écrire des vers, mieux que le bon français qui avait étudié la philosophie et la littérature. Cette géométrie démontrait la richesse de l’esprit des gens de cette grande civilisation, la capacité de dominer une situation, de s’adapter, d’innover.
Alors, qu’est ce qu’ils se sont dit ? Dieu merci, on est tombé sur ce continent, qui est le berceau de l’humanité, on s’est servit de leurs hommes et de leurs richesses pour tout construire. Ensuite, on les fout dans des quartiers, des cités, ils créent une culture, ils innovent … magnifique, on a plus qu’à rester là, créer des structures, et s’approprier tout ça ! (rires) C’est magnifique ! Mes fils ne sont pas heureux dans ma grande maison, malgré tous les jouets, les dessins-animés, etc. Ils ne se sentent pas bien. Ils se mettent à trainer avec des gens de couleur, qui créent, qui innovent, qui n’arrêtent pas. On peut les enfermer, ils dansent en cellule, ils chantent ! Alors je laisse mon fils trainer avec eux, et une fois qu’il aura maitrisé un peu l’essence de ce mouvement, je vais le tirer de là, et je vais en tirer profit, en faire un outil de divertissement, en prendre le contrôle.
« On était des entrepreneurs, on avait ce rêve de produire des rappeurs, comme le faisaient les américains, et Tefa assistait à ça. Et ces gamins-là, qu’on croyait naïfs, génétiquement, ils avaient cet esprit d’exploitation. Aucun humanisme, aujourd’hui, il ne se souvient même pas de mon existence. »
Nous qui sommes de la rue, et qui avons un amour universel, nous voyons des gamins qui nous regardent, avec nos tenues vestimentaires, fiers dans nos luttes, dans nos combats, dans notre créativité … nous leur tendons la main ! C’est humain, il faut partager. Donc on prend ces petits, on les initie, on les défend auprès de ceux qui ne veulent pas que notre art soit partagé. C’est Dieu qui nous a donné ça, c’est pas nous ! Il faut partager. Donc David, dit Tefa, est arrivé. On passait devant la boulangerie de sa famille, il avait même pas 10 ans. Il nous donnait des pains aux chocolats, nous on lui racontait nos histoires, nos courses-poursuites avec la police, nos combats contre les skinheads, ou avec d’autres gangs. Et Nasser, un mec de Bobigny, a estimé que le petit s’intéressait suffisamment, qu’il méritait plus, et lui a donc offert le disque de NWA. Et ce garçon est tombé amoureux de ça ! Ensuite, on a commencé à le sortir un peu, à lui faire assister à des zoulou-party, et moi j’étais son grand. Pour valider son intégration, il disait que j’étais son grand cousin !
A l’époque, on s’organisait magnifiquement. On faisait des sous, pour pouvoir organiser des soirées … on mettait des coups de pression aux gérants de boites de nuits pour qu’ils nous accordent des après-midi dans leurs clubs, pour qu’on puisse nous aussi profiter des privilèges. On était des entrepreneurs ! On avait ce rêve de produire des rappeurs, comme le faisaient les américains, et Tefa assistait à ça. Et ces gamins-là, qu’on croyait naïfs, génétiquement, ils avaient cet esprit d’exploitation. Aucun humanisme, aujourd’hui, il ne se souvient même pas de mon existence. Il est capable de tourner une page sur moi, alors que moi, je me souviendrai toute ma vie de lui, et je le mets dans mon histoire, je parle de lui dans mon livre.
Sylvain, de Kilomaitre, il habitait vers Chelles (77). Mon petit-frère, qui était dans un foyer pour jeunes délinquants là-bas, le protégeait. Il nous l’a amené, et il a été trainé dans les bois pour le former, pour qu’il devienne un homme. Mon petit frère nous a dit « c’est un petit blanc, mais il est courageux ». A l’époque, quand il y avait une descente, et que la discrimination fait qu’on ne fouillait pas les blancs, on cachait nos armes dans ses sacs. Il jouait bien le jeu.
Ces deux mecs, David et Sylvain, ils ne connaissaient rien au rap, on leur a tout appris. On les a initié. Et aujourd’hui, ce sont eux les maitres, et nous les élèves ? Si je veux sortir un disque, je dois aller voir mon élève et lui dire « est-ce que c’est bien ? », et il va me dire « non, ta musique n’est pas bonne » … Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est la logique des choses ? Est-ce que ces garçons sont capables d’aller dans une cité, de repérer un artiste avec une véritable alchimie, de l’encadrer de A à Z sans pour autant le formater, jusqu’à ce qu’il puisse sortir son truc, exceller dans son art, et faire bouger le peuple ? Est-ce qu’ils peuvent faire ça ? Ils sont dans des bureaux, déconnectés de notre réalité.

Les diamants viennent d’Afrique. L’or vient d’Afrique … le gaz, le pétrole … ta voix aussi ! Ta voix, c’est ton diamant, ta matière première ! Ton esprit, c’est de là que tout vient. Et lui, il prend une feuille de papier, il met quelques zéros, et il te dit « arrête d’être naturel, tu vas devenir un extra-terrestre » (rires)
Encore un produit du système qui a tout foutu en l’air, et qui fait qu’aujourd’hui on s’enfonce, parce qu’il n’y a pas d’égalité des chances. Ces mecs, ils pourraient être PDG de Lacoste, je trouverais ça normal … mais ils ne peuvent pas être à la tête d’une structure urbaine, alors qu’il y a des Fabe, des Express D, des Daddy Lord C, qui sont au quartier, là où cette culture est née. C’est eux les maitres, et c’est eux qui sont capables de mener à bien cette mission de structurer cette culture, et de la développer dans un esprit universel. Sinon, les gamins vont rentrer au quartier, et se dire quoi ? « C’est Daddy Lord C, boxeur professionnel, créateur de La Cliqua, il a fait les Booba et autres, et regarde comment il galère. Motherfuck, mon frère ! Donne-moi mes business, j’fais de l’oseille, de temps en temps je donne un petit truc aux frangins. »
Je crois plus en rien, c’est un système d’enculés, ils ont fait de nos gamins des monstres, et maintenant ils créent des structures policières pour les éradiquer. Ils nous ont empêché de profiter de notre propre culture. Ils empêchent l’Afrique de s’émanciper, de se développer. Ils mettent des pantins à la Présidence, des gens qui n’aiment même plus leur peuple. Tu préfères avoir un château en France qu’un village en Afrique, avec une architecture ancestrale, de la bonne nourriture cuite au feu de bois, qu’on appelle ici barbecue, et qu’on considère comme un privilège. Tu vois le délire, ils inversent tout. Et quand ils veulent profiter de la vie, ils viennent chez nous, ils vivent en maillot de bain, à moitié nus, ils font des barbecues, et ils essayent de bronzer … en somme, ils veulent te ressembler. Alors qu’ici, ils te disent que t’es de la merde ? T’es de la merde, mais ils veulent vivre et manger comme toi …
Et on te met sur écoute, on te surveille, on te fiche chez les RG … c’est rien mon frère, on est tous né, on va tous crever. Tu peux même me bâillonner, t’y passeras toi aussi. Dis à tes dirigeants qu’il faut changer les choses, parce que les nouvelles générations sont dégoutées, elles ne croient plus en rien, elles ont compris que ce système, c’est de la merde.
« Tu peux bosser toute ta vie à l’usine, qu’est ce que tu vas laisser ? Tes descendants chercheront ce que tu as fait, et même les honneurs de ton œuvre en tant qu’ouvrier iront au patron. »
Et la science … on cherche des traces, des ossements, on prend la boite crânienne d’un animal, et on vient te dire qu’on était comme ça avant. Mais alors, pourquoi le chien ne s’est pas levé, et n’est pas venu parler avec nous ? Ils essayent de détruire toute la divinité, tout le cosmique, tout ce qui a été fait parfaitement par Dieu. Tu peux bosser toute ta vie à l’usine, qu’est ce que tu vas laisser ? Tes descendants chercheront ce que tu as fait, et même les honneurs de ton œuvre en tant qu’ouvrier iront au patron. Alors … fais des dessins, ou écris ta vie, tes mémoires, dis tes pensées, fais ton alchimie. Quand tu vas à la Bibliothèque François Mitterrand, ou à Beaubourg, ils ont même les archives du premier homme qui a pété. Il faut laisser une trace ! Et nos descendants chercheront, même si ton livre ne s’est pas vendu. Ton arrière-petit-fils sera peut-être puissant, il créera un nouveau monde, et il aura besoin de savoir comment tu pensais. Voila pourquoi j’écris, je rappe, j’utilise tous les outils que Dieu m’a donné pour laisser des traces. C’est pas ce qu’eux ont écrit sur moi dans leurs journaux qui va compter, c’est que moi j’écris. C’est comme ça que je marche. Donc j’encourage les jeunes à rapper, à dessiner, même en prison, tu écris ce que tu penses. On te soumet, tu écris … c’est une grosse interview qu’on est en train de faire là !
Mido : Y’a de la matière, effectivement. Je voulais passer à la partie sur Gab1 …
Genono : Vas-y, je garde mes questions au chaud pour la suite.
Mido : Dans le bouquin, tu parles des Requins Vicieux, et on sent une grosse différence dans la logique du combat.
Jo : Le seul lien, c’est qu’on est de la même communauté.
Mido : On sent les rapports acides entre vous … Pourtant, récemment, y’a eu une interview en commun, et on a même entendu parler d’album en commun.
Jo : Je lui ai proposé un titre, mais ça ne va pas se faire. Les jeunes, aujourd’hui, sont divisés, ils se tirent dessus, parce qu’on a injecté le biff, les thunes, et les jeunes n’ont plus de repères, il n’y a que l’oseille. Ton père, ton frère, peuvent devenir tes pires ennemis, parce qu’il n’y a que des rapports d’oseille. En plus de ça, il y a toute la technologie d’isolement, qui fait que ça va trop vite. Ils n’y arrivent pas, ils ont accès à 500 chaines, des paramètres de fou sur leurs iphones, ils peuvent s’isoler et créer leurs univers tous seuls. Alors que nous, on avait un univers en commun, qui fait que même si on était pas d’accord idéologiquement, parce que lui s’appelle Requin et moi Dragon, on pouvait se taper dessus mais on se retrouvait quand même à partager la même culture urbaine. Donc on était des frères ! L’un pouvait être rouge, l’autre bleu, mais on était ensemble. C’est respectable. Nos luttes ne pouvaient pas toucher toute la communauté urbaine, parce qu’on avait pas la technologie pour diffuser l’information, et créer des groupes sectaires. C’était mieux, parce qu’on était très virulents, une violence crue, pas une violence de lâche. Y’a pas pire que la violence de la lâcheté.
Je n’ai pas apprécié ce qu’ils ont fait à Gab1. Ils lui ont sauté dessus à 7 ! C’est tellement lâche … C’est une image de la zone urbaine … de traitrise, de trahison. Quoi qu’il ait dit, quoi qu’il ait fait … je sais qu’il les a mis à genoux, je connais les Requins, je connais leurs pratiques, je me suis battu contre eux. Je me suis saigné contre eux.
« Gab1 a été mon ennemi, mais j’ai jamais eu la haine contre lui. »
Puis j’ai vu que les clashs avaient continué, que ça avait pris de l’ampleur … et moi, qui ait été clashé, qui ait clashé, à un moment j’étais plus là-dedans. J’ai même fait les démarches pour aller voir les acteurs de ces clashs, comme Rohff, pour s’expliquer face à face sur les tenants et aboutissants de nos actes. Puis je me suis retiré, ils font leurs sous, ils sont très bons rappeurs … ils n’ont pas besoin d’arriver à ce niveau-là ! Ils se mettent à se clasher, à insulter des mères, à faire des radios, des télés … mais ils se prennent pour qui ? Des demi-dieux ? Ils deviennent les dictateurs de l’Afrique ! Les gens qui nous ont écrasé parce qu’ils se sont fait de l’oseille, c’est ça le truc ? Jérusalem contre Palestine ? L’Amérique contre les Chicanos des ghettos ? Ils écrasent les autres parce qu’ils pèsent, parce qu’ils roulent en Lamborghini, tout le monde devient de la merde ? « Reste en chien », mais c’est la culture de ceux qui étaient en chien ! Pourquoi tu vas pas insulter Hollande, ou Sarko ? C’est eux qui ont une armée ! Maintenant que t’as de l’oseille, fais comme Tupac, sois comme Tupac jusqu’au bout mon ami ! Appelle toi Noriega ! Parle de Bush, dis que c’est un enculé ! Dis que les illuminatis sont des enculés, sois martyr jusqu’au bout, pour le ghetto ! Mais nan, il se retourne, et il dit au ghetto « reste en chien, je suis blindé ». On est plus négros, on est plus rebeus, maintenant on est la mafia russe, ma mafia corse, ou on est gitan, ça rigole pas. Les autres font la prière, ils sont pas puissants, ça t’intéresse pas. Mais qui a défendu la culture, qui a crée la culture ? Les ruskov ? Les corses ? Les gitans ? C’est une culture universelle, bien sûr, mais qui l’a défendu ? C’est les gars du ghetto, ceux qui sont en chien. Et Gab1, qu’on l’aime ou qu’on l’aime pas, il a fait partie de ceux qui ont fait le truc. Je lui ai donc dit « Gab1, montrons qu’avant on était ennemis, mais que maintenant on est ensemble ». Dieu est miséricordieux.

J’ai proposé à Gab1 de faire un titre ensemble, où on les clasherait tous. Il a refusé, parce qu’il est dans une démarche de business, et que ça l’intéressait pas. Mais il a un compte à régler avec eux, parce qu’ils ont touché son amour-propre. Personnellement, j’ai pas de comptes à régler avec eux, c’est des petits frères. Je peux croiser leurs parents, je m’entends très bien avec certains de leurs parents. Je peux pas avoir la haine contre des mecs de quartiers, c’est pas des ennemis. Je peux me battre, je peux les attaquer parce qu’on est pas d’accord sur un truc, mais je pourrais jamais avoir la haine qu’a Gab1. Même Gab1, il a été mon ennemi, mais j’ai jamais eu la haine contre lui. C’est comme hutus contre tutsis, les miens ne sont pas mes ennemis.
Gab1 et moi, on est pas dans le même univers. Je suis dans une optique martiale et spirituelle, lui il est dans le showbiz. Je veux pas être dans le showbiz, moi.
Genono : Sur ton street-album « Nerfs à vif » en 2005, t’as fait un son qui s’appelle Tarantino. C’est un réalisateur qui te parle particulièrement ?
Jo : Tarantino, il a fait des films … à la Tarantino. J’ai utilisé ça comme une image, pour dire qu’il y a beaucoup de Tarantino dans les quartiers. Ils ont des scénarios à la Pulp Fiction, des trucs de gangsters, donc je relate une histoire. J’avais un ami qui avait un profil à la Tarantino, il aurait pu être le personnage d’un de ses films. C’était un Tonton Flingueur, il avait toujours des histoires de fou, des assassinats, etc. Et pourtant, il payait pas de mine, tu pouvais même te dire « c’est un bouffon » ! Et quand tu découvres ce qu’il a fait, tu te dis merde, c’est vraiment un Tarantino ! C’est un Stomy Bugsy, un vrai ! Et je dis que dans les quartiers, il y a trop de mythos, ils se montent la tête quand il y a des embrouilles, ils vont te sortir un AK qui contient 500 bastos … pour tuer personne ! Ca sert à rien mon frère ! Prends un silencieux, et fais ton affaire, arrête de faire du bruit ! Trop de Tarantino, ça veut dire qu’ils jouent des rôles, ils vivent dans un film.
Quand tu passes à l’acte, t’as toujours le démon et l’ange qui te parlent. Le démon, il met ton égo en avant. Il te dit « allume-le », il te parle de ta réputation. L’ange du bien, il te dit « pense à ta famille ». Et les avocats du diable … tous ces avocats qu’on va voir quand on fait nos affaires … je vais te dire un truc : tous les règlements de compte à Marseille, à Paris, en Province, ont une seule cause. Cette cause, c’est les avocats. Les avocats et les flics, ils te mettent sur écoute, puis ils viennent te dire « tout ce qu’on sait sur toi, c’est ton pote qui nous l’a balancé », et ils vont le faire sortir avant toi. Alors toi, tu vas te dire, ce type c’est une poukave, tu vas te dire qu’il faut l’allumer. Mais l’avocat, il est au courant de tout, lui et le juge, ils ont fait les mêmes études. Ils s’arrangent entre eux.
Ton avocat va te dire « elle est difficile ton affaire, tu risques la perpétuité », tu lui réponds « oui mais quand même, je suis innocent », il te réplique que c’est difficile à prouver. Ensuite il te demande combien t’as mis de côté. 200000 ? Alors ton affaire va couter 150000. Il va prendre 100000 euros pour lui, il va en donner 50000 au juge, qui va te mettre 12 ans au lieu de 24. Tu sors de là, tu te dis « mon baveu est magnifique, il m’a sauvé ». Il t’a rien sauvé mon frère ! C’est des instances, des institutions … c’est la même équipe. C’est comme l’UMP et le PS, ils sont potes, ils ont fait les mêmes écoles. Et ils débattent sur toi, t’es un article de supermarché. T’es un produit premier prix, c’est 1 euro. Lui c’est Danone, donc c’est 5 euros.
C’est pour ça que je dis aux frères : assumez ce que vous faites. T’as braqué sans cagoule, on t’a filmé, ou on t’a mis sur écoute, t’es surveillé … mange ta peine avec dignité, arrête de dire que c’est la faute d’un autre. Fais pas manger des autres mecs à ta place, alors qu’ils n’ont rien fait. C’est pour ça que j’aime les guerriers, les kamikazes. Si mon dossier est cramé, alors que toi t’as un avenir, des perspectives, j’y vais et je dis que c’est moi. Y’a plus ça aujourd’hui, plus d’honneur, plus de dignité. Tout le monde balance, tout le monde parle au portable. Voila pourquoi y’a que des Tarantino aujourd’hui.
Genono : Niveau featurings, j’ai l’impression que tu refuses rien.
Jo : Non, jamais.
Genono : Comment tu fonctionnes ? Dès que quelqu’un te propose, tu acceptes ?
Jo : Quel que soit le gars, même si le gars sait pas rapper. La musique, c’est comme toi et moi, on parle. Si quelqu’un ne sait pas parler, tu ne vas pas refuser de le rencontrer quand même ? On est tous de la même zone, de la même culture, le mec utilise ses unités pour t’appeler, il prend de son temps, il utilise ses pieds pour venir te rencontrer. Toi tu viens de Mantes-la-jolie, tu viens jusqu’ici pour me voir, et moi je vais te dire « je chante pas avec toi » ? Mais je suis qui, moi ? Les seuls moments où je ne fais pas de featuring, c’est quand je n’ai pas le temps, parce que je dis tellement oui à gauche et à droite que je ne peux pas toujours tout faire dans les délais qu’on me demande. C’est le seul cas où je ne fais pas de featuring. Mais si je pouvais être dans tous les projets du monde, ce serait magnifique. Ce qui compte, c’est la richesse humaine, la discussion, la recherche. L’argent, c’est la pire carotte du monde. Le problème, c’est qu’on est dépendant de ça.
Quand Dieu a envoyé la Prophétie, il a donné à des hommes la puissance divine. Est-ce que ces hommes-là ont refusé de parler avec des gens ? Non, ils ont parlé avec tout le monde. Alors pourquoi nous-autres on devrait refuser de parler avec certains ? Tu veux chanter avec moi, je viens.
« Je ne refuse jamais un featuring. On est tous de la même zone, de la même culture, le mec utilise ses unités pour t’appeler, il prend de son temps, il utilise ses pieds pour venir te rencontrer. Et moi, je vais lui dire « je chante pas avec toi » ? Mais je suis qui, moi ? »
Genono : T’as fait un featuring avec Ciro y’a quelques temps … Comment s’est passée la rencontre, t’es allé le rejoindre chez lui, à Rouen, ou alors c’est lui qui est venu te voir ?
Jo : Je suis allé jusqu’à chez lui ! Il m’a dit « quand ? », j’ai répondu « quand tu veux ». Je suis allé chez lui, j’avais dépassé mes limites de zone, donc j’ai pris mon amende (rires).
Genono : Niveau instrus, t’as toujours des sonorités un peu asiatiques, ambiance arts martiaux … c’est toi qui produis ?
Jo : Non, mais les gens s’adaptent à mes idées. J’ai des titres dans toutes sortes d’univers, c’est magnifique de s’ouvrir à tout. L’Amérique … ça n’existe pas. C’est des produits dérivés, ils reprennent tout ce qu’ont fait les autres civilisations, et l’adaptent à leur sauce. Donc on revient à des sources culturelles anciennes. Dans mon prochain album, Vérité noire dans le blanc de l’œil, j’utilise des mélodies égyptiennes. Si mes sonorités sont souvent martiales, c’est parce que ma voix est martiale. C’est en accord avec mon truc, ça le crédibilise, je fais pas ça pour entrer dans un schéma, ou devenir populaire … c’est pas mon délire. Moi, je veux juste être en accord avec moi-même. J’aime l’Afrique, l’Asie, l’Occident.
Genono : Qu’est ce que tu penses des médias rap, en 2013 ?
Jo : Genre Booska-P, tout ça ?
Genono : Voila, d’une part les médias un peu « mainstream », comme Booska-P, comme Skyrock, et d’autres part les médias un peu plus obscurs, comme nous par exemple.
Jo : Dans la diversité, il faut se diversifier. Il faut des contre et des pour, pour créer une harmonie, sinon les choses ne sont pas en équilibre dans l’écosystème. Et c’est comme ça que s’est fait Mai 68, que les libérations se sont créées, c’est à partir de cette révolution culturelle, sociale, que les médias ont émergé, et que chacun a fait son truc. Virgin, c’est né des hippies des années 70. Et ce que vous faites aujourd’hui, c’est l’avenir. C’est un créneau que vous ne pouvez pas laisser aux autres, parce qu’ils sont là pour s’approprier tout ça !
Bientôt, ils vont vouloir détruire Google ! Mais les chinois, les indiens, ils ont déjà la solution, on va s’en sortir ! (rires) Tu sais que c’est un Black Panthers qui a crée Google ? Il a crée le truc, et ils l’ont racheté, mais il continue à gérer ça.
Genono : ….. ah ouai ?
Jo : Ouai, d’ailleurs je l’ai rencontré. Pour revenir aux médias, y’a des trucs qui me correspondent pas, comme Ndahood. Tonton Marcel, il délire un peu. Il coupe du cochon … je lui ai dit « hé, petit, tant que tu ne redeviens pas sérieux, ne viens plus me voir ». Booska-P c’est pareil, j’étais pas d’accord avec Fif, il est trop derrière les artistes. De mon côté … même si je n’ai pas le buzz, j’ai mes convictions.
Genono : Dallas Cartel c’est toujours actif ?
Jo : Ouai, on l’a réactivé. Maintenant, c’est Le Dernier Cartel : Da Last Cartel.
Genono : Quels sont les prochains projets, hormis ton album ?
Jo : Mis à part mon album, il y a celui des frangins, SWC, et probablement d’autres jeunes qui voudront intégrer la structure. On a repris le studio … le temps est pour nous : on a rien à perdre, tout à gagner. On va faire nos trucs. En ce moment, l’industrie ne marche pas, et même leurs icônes ont lâché, ils se montrent dans des bagarres bidons, ils s’affichent à poil … il est temps que les gens en difficulté reprennent le pouvoir, que l’on donne de l’espoir à la population. Les skins ressortent du trou ? Les combattants ressortent du trou, eux aussi. On fait ça avec nos supports : le rap, vos sites … on fait notre propagande, et on commence la guerre froide !
Mido : T’as une date pour ton album ?
Jo : Si Dieu le veut, ça sera le 23 octobre, en hommage à la mort de Tupac Shakur.
Genono : Ah, donc, t’as déjà bien avancé.
Jo : Ouai ouai, je suis dans les mixes en ce moment. Mais on va faire ça simplement. Les distributions physiques se feront de main à main, je donne pas de pourcentage à la Fnac. Et puis je mettrais ça en téléchargement, via les réseaux sociaux. Un peu comme pour mon livre, puisque les plateaux télé ne veulent pas de moi, et que franchement, j’ai pas envie d’aller les voir. Ca m’intéresse pas.
Mido : Niveau réseaux sociaux, t’as un compte facebook … je suppose que t’as pas de compte twitter ?
Jo : Twitter, ça fait trop, déjà Facebook, pour un vieux gars comme moi, j’ai du mal.
Mido : Tu ne comptes même pas t’y mettre pour la promo de ton album ?
Jo : Si, certainement … mais ma promo va être limitée. Je ne veux pas m’acharner, je ne rentre pas dans ce schéma.
« Mon album sortira le 23 octobre, en hommage à la mort de Tupac Shakur. Les distributions physiques se feront de main à main, je donne pas de pourcentage à la Fnac. »
Genono : Ton livre a bien marché ?
Jo : Ouai, ça marche très bien.
Genono : Malgré le manque de promo ?
Jo : Il est souvent en rupture de stock. Toi tu l’as lu, tu le recommandes, ce qui fait que les gens en parlent, ça fait du bouche-à-oreille, à l’ancienne un peu. Et c’est tant mieux, c’est un livre. Mais pour le disque, ça va être pareil. Tu vas écouter, tu vas le recommander, tu vas le chroniquer en disant que t’aimes ou que t’aimes pas … je préfère ça. Je veux pas rentrer dans un schéma où je dois me lever le matin en me disant que je dois aller vendre mon livre, ça va me stresser, m’irriter. Et ça sert à rien ! La logique des choses fait qu’on ne devrait pas stresser autant dans notre alchimie, dans notre intérieur. Si on stresse, c’est qu’il y a un truc qui ne va pas. Y’a un truc qui colle pas. On a crée notre monde nous-mêmes ! Vous avez crée votre truc vous-mêmes.

Genono : Niveau cinéma, c’est quoi tes influences ? On t’imagine surtout en amateur de films d’arts martiaux, mais c’est peut-être plus varié que ça.
Jo : J’ai un problème aujourd’hui : mon fils m’a dit « pourquoi Superman est blanc ? Pourquoi Batman est blanc ? Pourquoi Ben Ten est blanc ? » … je lui ai répondu « ne regarde pas sa couleur, c’est toi Superman ! ». Tu vois le film avec Stallone, Jet Li …
Genono : Expendables ?
Jo : Ouai … Toujours la même suprématie. Rambo ne suffit pas, Terminator ne suffit pas, on te rajoute des nouveaux héros. Moi ça me parle pas. Je préfère les films à l’ancienne, où on se bat pour l’honneur, ou parce que l’autre a volé un bol de riz. J’aime bien les scènes ou les combattants vont se recueillir dans la forêt, où ils sont en communion avec la nature. Je regarde ça, et après je vais dans mon parc pour observer les écureuils ! (rires)
Tout ce monde du cinéma, si tu regardes bien, on existe pas dedans. Donc c’est quoi le but ? Créer un monde universel, où tout le monde existe, ou alors créer un monde de suprématie, où c’est toujours les mêmes qui mangent sur la tête de ceux qui sont en galère ? Ca m’intéresse pas … Par contre je reste optimiste, je me dis qu’on a encore des perspectives d’avenir, parce qu’ils n’ont pas encore exploité nos richesses dans ce domaine. A un moment donné, il va falloir qu’on prenne nos caméras, et qu’on aille taper à la porte de nos quartiers, pour filmer nos histoires, pour raconter nos origines. Aujourd’hui, je suis dans cette optique.
Mido : Donc t’as pour projet de faire un film sur les quartiers ?
Jo : J’ai commencé à travailler dessus.
Mido : Ca ressemblerait à quoi ? Ce serait uniquement sur la culture urbaine ?
Jo : L’idée, c’est d’aller dans les quartiers. Chaque quartier a sa particularité, son histoire. Les anciens ont vu les quartiers évoluer, ils ont vécu des histoires fantastiques. J‘aimerais raconter ces histoires, en partant des anciens jusqu’à la nouvelle génération. Retracer l’histoire de chaque quartier, l’un après l’autre. Les gamins doivent connaitre l’histoire du lieu où ils vivent, d’autant plus qu’ils ne sortent jamais de leur propre quartier ! Un quartier, c’est comme un village. En Afrique, tout le monde connait l’histoire de son village. Il y a quelques temps, j’ai fait venir les premiers graffeurs, les premiers rappeurs, pour leur remettre un trophée. J’ai fait venir Expression Direkt, parce que ce sont eux les premiers à avoir lancé le rap à Mantes-la-Jolie ! Il faut une reconnaissance, entre nous, avant d’aller faire la queue aux awards, chez NRJ. Ils sont pas dans notre monde ! C’est à nous de créer nos propres trucs. Tiens, l’ancien qui est là, c’était le premier danseur du quartier. Et le gamin qui est à côté de lui, il danse le hip-hop, sans savoir ça ! Et les mecs ont pleuré ! C’est la première fois qu’ils recevaient une récompense !
Voila mon idée : raconter l’histoire de ces personnalités. Et le raconter de manière brute, directe. Rendre aussi hommage à ceux qui nous ont quitté. Et je compte accompagner ça avec des bandes sonores, faites par les jeunes artistes de ces quartiers là. Je suis donc en train d’étudier ça avec des jeunes qui ont une boite de production cinématographique, pour qu’on fasse ça en partenariat. Ils s’occupent du matériel, et moi je me charge d’aller dans les quartiers, à la rencontre des anciens et des plus jeunes.
Spark Master Tape – The #SWOUP Serengeti
Pour une fois j’vais parler de rap. Si tu lis l’article pour me faire remarquer à quel point j’y connais rien et que je devrais fermer ma gueule, va remplir le vagin de ta soeur. Lire la suite « Spark Master Tape – The #SWOUP Serengeti »
Mike Tyson, l’histoire d’une rédemption

La dernière apparition mémorable de Mike Tyson ? Hangover I : quand il balance une droite à Allan du Wolfpack juste avant la 42ème seconde. Lire la suite « Mike Tyson, l’histoire d’une rédemption »
Crik’s – Freestyle Episode 2
Clip : Aketo – Accoutumance
Un son pas spécialement dans la tendance, mais clairement dans la bonne direction.
A part ça, dans les commentaires sur la page youtube du clip, y’a un débat sur la légalisation du cannabis, avec un soupçon de nouvel ordre mondial et de « manipulation par le vote » … c’est assez magnifique.
Y’a aussi un mec qui a marqué « RIP Blacko », c’est super marrant.
Clip : Le Sid – Lalaland
Le Sid, premier clip en attendant la mixtape (11 titres)
Découvrez le reste de son univers sur Soundcloud :
MENACE SUR LA PLANETE RAP
#1 Les puristes vous diront que le rap c’était mieux avant, moi perso je vous dirais juste que c’était mieux avant que j’arrive. Je vais vous raconter une petite histoire :

Je venais d’éventrer une baguette et d’y mettre 3 steaks quand Dony S m’appelle.
Il me dit :
-« Il y a une interview avec Fababy pour Rap Rnb Mag et je voudrais que tu supervises ».
– « Fababy Fababy ? » que je lui dis « C’était pas ce grand gars maigre comme une asperge qui rappait avec une voix de femmelette pas nette ? ».
Il me répond :
-« Non ça c’est La Fouine, moi je te parle de ce petit nègre à l’air fatigué, les cheveux crépus ébouriffés avec la voix grave comme si il passait ses journées à mastiquer le cadavre à Barry White.. la peau toute noire comme le cul d’un Diakité ».
Et là je me suis souvenu :
-« Je me rappelle, ça y est je vois qui c’est ».
On a rigolé comme Anissa Kate quand ça lui demande si elle fait Le Ramadan puis après que Dony m’ait rencardé sur l’adresse, je me suis rendu à l’interview de ce Fababy.
Le lieu était un appartement cossu se situant dans une résidence pavillonnaire près d’un quartier huppé de Beverly Hills.
Dans le logement il faisait tellement sombre que les hommes noirs présents à l’intérieur se fondaient dans l’obscurité de sorte à ne laisser entrevoir que leurs yeux jaunes et leurs sourires éclatants.
J’ai allumé une petite lampe torche comme Lara Croft et les négros dans la pièce ont plissé les yeux comme des prisonniers de guerre qui découvrent la lumière du jour.
-« Lequel d’entre vous est Fababy ? » Ai-je demandé.
Aucune réponse ces mecs étaient aussi silencieux que le héros de GTA 3.
Ils étaient muets comme une carpe alors j’ai cherché des indices comme dans Le Professeur Layton sur Nintendo™ DS et je me suis rendu compte que je me trouvais dans un foyer jeune travailleur et que l’interview se déroulait à l’étage du dessus.
Je me suis précipité vers l’étage supérieur comme Bruce Lee dans Le jeu de la mort et j’ai ouvert la porte sans faire toc toc toc.
#2 L’interview avait commencé, Fababy et son staff se tenaient autour d’une table comme les chevaliers de la table ronde.
Je me suis présenté en tant que « Journaliste en Freelance » bluff Clark Kent, alors qu’en vrai je suis ce genre de reporter à la Ladji Ly qui se promène dans tout le 93 sans carte de presse.
Fababy était superbement vêtu, il arborait une longue crinière qui lui donnait l’air de Whoopi Goldberg et sa veste à capuche « Swagg » provoquait chez moi l’envie de lui étrangler sa mère avec les lacets de sa capuche comme Venom a étranglé Spider-Man quand il se déguisait en Scarlet-Spider avec sa petite veste à capuche bleue.

Les questions allaient bon train, l’atmosphère était chaleureuse jusqu’à ce que Fababy provoque un léger malaise en disant :
-« Je suis le boss du 93 ! Ce qui parlent sur ça, c’est qui ? Sofiane ? Shone ?? Saza ??? Mdr ces gens ont moins de buzz que moi ».. J’ai réclamé un temps mort comme en NBA.
J’ai demandé à ce fou :
-« Négro je te sens un peu mégalomane là. Ça va ? » il m’a répondu que son père lui disait toujours que « les gens humbles ne vont jamais très loin ».
-« Dis moi Connard, t’essayes de me faire croire que ton père c’est Mohammed Ali ? » Disons que la tournure de la discussion commençait à me casser les couilles.
Et il m’a tourné le dos, je l’ai retenu par la main comme dans un clip de Rnb et je l’ai prévenu :
« -« Écoute mon pote, je sais que au lieu de tourner dans le 93 tu fais des clips à 3h du matin dans le 11ème arrondissement de Paris donc vazi mollo avec tes « boss du 93″ ».. il a pris une profonde respiration avant de me dire d’aller me faire foutre moi et ma pute de mère, mettant par la même occasion fin à notre conversation.
Une fois son interview terminée, je sentais de la nervosité chez Fababy, la tension était palpable. J’allais partir avec mon calepin mais le bougre m’a interpellé :
-« Dis moi mec tu veux te faire de l’argent ? » J’ai répondu :
-« Et je veux rester en vie assez longtemps pour pouvoir le dépenser.. t’insultes des groupuscules qui s’appellent « Holocauste », « Grand Banditisme », n’espère pas me faire bosser pour toi ».. il m’a plaqué contre le mur comme Justin Timberlake dans « Cry me a river » et il m’a chuchoté sensuellement :
-« Arrête de faire la salope merde ! Tout ça les surnoms, les clashs, c’est comme au Catch.. il ne va rien se passer de grave ». Puis il m’a expliqué qu’il avait besoin d’un chauffeur pour le ramener chez lui, parce qu’à 24 ans il n’avait pas son permis comme Samir Nasri.
#3 Donc j’ai accepté et le lendemain soir on a roulé lors d’une nuit sombre à travers une forêt comme dans les films d’horreur.
Fababy avait l’air inquiet mais ce n’était pas à cause du décor terrifiant, il a passé tout le trajet à espionner le compte Twitter d’un certain « Sazamyzy le vrai ». Le gars menaçait Fababy sans vergogne et lui il faisait genre il ne voyait pas.
En plus Fababy c’est le genre de mec il aime bien vanner sur le physique mais après il n’assume pas, quand j’ai demandé si il allait répondre aux menaces il m’a sorti :
-« Parle pas avec moi, t’es plus moche que Makélélé dans PES 2 ».. Ceux à quoi j’ai répondu :
-« T’es tellement noir que si on joue tous les 2 dans un film américain tu meurs avant moi ».. Après ça a commencé à insulter les mères, j’ai été obligé de dire que sa daronne elle avait le même boule que Miley Cyrus.
Après on a commencé à se chamailler jusqu’à ce qu’on heurte un obstacle fait à partir de grandes piles de terre. On aurait dit un mur Doton dans Naruto.
Ça puait l’embuscade et je n’étais pas le seul à l’avoir remarqué, Fababy a sorti un flingue de la boite à gant.
J’ai rétorqué :
-« Tu te prends pour Rick Hunter ou quoi ? » il a répondu sereinement :
« J’aime Le Magnum à ma table, je le préfère dans ma boite à gant ».
Et d’un coup un bruit sourd, une masse lourde a atterri sur le toit de la voiture en grognant.
-« Ce truc a l’air féroce ! Putain ! » J’ai crié car je croyais que c’était un ours.
Mais en sortant du véhicule on a découvert avec stupeur qu’en fait c’était un gros monsieur avec un pull « Grand Banditisme Paris ».. J’ai commencé à comprendre qu’il allait y avoir du grabuge.
Le mec a sauté du toit de la voiture en faisant Zehma l’atterrissage avec réception à une main comme Trinity dans Matrix, Fababy a direct pointé son arme en direction de notre ennemi qui a dit :
-« Ne joue pas au con petit, le recul de ton arme te cassera le nez » visiblement ce type ne nous prenait pas au sérieux.
Ça se voyait que Fababy il hésitait à tirer, le poids de son arme semblait de plus en plus lourde et la sanction se faisait attendre comme une décision UEFA.
Le mec en joue s’est alors présenté sous le pseudonyme de « Hype » et il a dit :
-« Si tu veux tirer, tire.. ».. il parlait comme si il essayait de gagner du temps.
D’un coup Fababy m’a demandé :
-« C’est toi qui me vise avec un laser ? »
J’ai répondu que non ; là Fababy m’a regardé -Je l’ai regardé -il a regardé Hype -Hype a regardé vers le haut d’un arbre.. Et j’ai plaqué Fababy au sol en criant :
« A couvert ! Sniper ! ». Ça tirait de partout c’était un véritable remake de Call of Duty.. On voulait clairement nous éliminer.
#4 Pendant qu’on se traînait au sol pour se dégager de la zone de tir, Fababy il me dit quoi :
-« Mais pourquoi Aketo et Tunisiano nous tire dessus ? ».. Tellement sa blague était merdique, je lui ai proposé de sortir sa tête en dehors de notre repli pour qu’il prenne une balle afin qu’on puisse découvrir la position du tireur comme dans Stalingrad.
Après avoir copieusement insulté ma daronne de pute, il m’a dit qu’il pensait que le tireur était le fameux Sazamyzy car avec Hype ces 2 là agissaient en binôme.
Fababy a alors hurlé depuis notre planque :
– « Dis moi Saza, tu comptes rester longtemps en mode tireur embusqué à te foutre des suppositoires dans le cul comme Sniper Wolves ? »

.. Et là ca a été un déchainement de violence verbale, une voix a vociféré :
-« ESPECE DE FILS DE PUTE !! SALE BALANCE !! CONTINUE À ME CHAUFFER TU VAS VOIR QUAND JE VAIS T’ATTRAPER !! ».. Fababy il était bien, il aimait ça rendre fou les gens mais je l’ai félicité :
-« Bien joué ! On a sa position ! Ça vient du Nord-Ouest ! » Shrab il m’a répondu avec humour :
-« Qu’est ce que la fille à Kanye West vient faire là-dedans ? ».. Je lui ai demandé de me laisser tranquille en insistant bien sur le « fils de pute ».

Comme il avait bien le seum, Saza a rafalé notre véhicule comme les russes ont allumé Denzel Washington dans Training Day.. On allait devoir rentrer à pied, enfin si on sortait vivant de ce guêpier.
D’ailleurs je ne comprenais pas, on était pris dans une fusillade plus époustouflante que dans Max Payne 3 et on n’a à aucun moment pensé à appeler les keufs.
Forcément j’ai demandé si Fababy avait du réseau pour qu’on puisse le faire, il a marmonné :
-« Je viens de Seine-Saint-Denis, est-ce que ça te dit quelque chose ? ».. mais quand une balle a frôlé sa joue comme dans Nicky Larson, il a très vite composé le seventeen.
Les keufs sont arrivés à peu près une heure plus tard, laissant le temps à nos agresseurs de prendre la poudre d’escampette.
Quand un inspecteur est venu nous voir en nous expliquant que les 1ères analyses de l’enquête se dirigeaient vers une « piste d’origine criminelle », j’ai failli lui dire :
-« Sans blague fils de pute ? ».
Bref Fababy m’a indiqué avoir besoin de repos et m’a donné l’adresse de son associé, un certain « Hayce Lemsi ».. On avait à récupérer des armes le lendemain afin d' »assurer notre sécurité nous même » un peu comme Charles Bronson dans Le Justicier.
#5 Le lendemain matin, j’étais posé avec Hayce il m’avait accueilli en me faisant la blague « Hey Hayce you ! » genre il me voit en anglais.. Je lui ai juste demandé d’aller niquer sa mère plus loin.
On a tâté la play dans son appart en attendant l’heure du rdv.
Je ne comprenais rien au charabia de Hayce. Un moment il m’a proposé du champagne je n’ai compris que : »Jfgdkdhddgsfpfbhdmz Champaigne Bico ! ».. Je lui ai dit que j’étais musulman et que par conséquent, L’Alcool ne m’était pas autorisé.. il m’a dit d’aller me faire foutre parce qu’il m’avait vu manger du bacon avec des œufs au petit-déjeuner.
Subitement ça a sonné à la porte, Hayce m’a dit que dans l’œillet il apercevait 2mecs en costard et lunettes noires à base de Men in Black. Ils étaient posé derrière la porte calmement comme les tueurs dans Léon, j’ai conseillé à Hayce de retirer vite son œil du Judas avant qu’ils tirent une balle à travers.
Hayce m’a taquiné en disant :
-« Leurs shit coupé au pneu les rend parano ».. Puis il a ouvert en chantant :
– » Here come The Men in Black! ».. Un violent coup de crosse l’a fait vacillé vers l’arrière, visiblement ces types n’appréciaient pas son humour.

Parmi les 2 types en costume j’ai reconnu le gros monsieur de la fusillade dans les bois, donc j’ai conclu :
-« Messieurs Hype et Sazamyzy je présume » Sazamyzy a répondu :
-« PRESUME ENCORE UN TRUC ET JE TE NIQUE TA MERE ! ».. Quand j’ai rajouté que « je ne me souvenais pas avoir commandé de pizza » pour faire genre le mec qui garde son sang-froid, Hype m’a balayé par derrière et a posé un gun sur ma tempe.
Saza a fait mettre à genoux Hayce de la même manière que les otages en Cisjordanie et a lui clairement demandé :
-« JE TE POSE LA QUESTION UNE FOIS ! OÙ SE TROUVE FABABY ?? » Hayce a dit en montrant le champagne posé sur la table :
-« Voulez vous un verre de Wozaay ? Moi pas parler Fwancais ».. Un projectile a traversé son genou dans la seconde qui a suivi. Hayce hurlait tah les dégénérés, je trouvais même qu’il en faisait un peu trop à mon goût.
Sauf que quand Hype m’a posé la même question j’ai direct donné l’adresse du studio de La Banlieue Sale à Saint-Maur 94 en précisant que leur cible se cachait là bas.
Après j’ai fait mine de me rebeller pour me donner bonne conscience avec :
-« C’est bon ?! Vous avez eu ce que vous voulez ??!! ».. Ça me rappelait quand je balançais mes complices en GAV et qu’après je faisais Blehni.
Hype et Saza ont quitté les lieux en mitraillant tout l’immeuble comme dans Le Punisher avec John Travolta.
Les pompiers sont intervenus emmenant Hayce à l’hôpital et paraît il que ces incompétents de La Police ont classé l’affaire en disant que c’était un « Accident domestique ».. Moi perso j’avais déjà quitté l’endroit, j’étais dans une cabine comme dans Phone Game avec Collin Farell pour essayer de joindre Fababy et l’alerter.
#6 Après avoir laissé une dizaine de message sur son répondeur je suis parti sur les lieux du Rdv, un entrepôt désaffecté pour récupérer les armes prévus.
Un petit rebeu est arrivé sur place avec une écharpe Gucci en me demandant d’un air jovial :
-« Alors comme ça ces rebeux te veulent du mal ? » Son nom de code c’était « Lacrim » il a poursuivi :
-« Choisis ! Kalash, Glocc, ça va faire maleeu ! ».. il avait l’air motivé et sérieux.
De plus il disposait d’un arsenal plus impressionnant que celui d’Arsène Wenger, des armes complètement serbes.
Je n’ai pas eu le temps d’admirer que je reçu un appel, c’était Fababy. Il disait qu’on était en guerre et qu’on devait se rejoindre afin d’aller attaquer nos ennemis. Quand j’ai entendu « Clichy-sous-Bois » j’ai senti qu’il voulait une mort glorieuse comme Crixus.
Il m’a demandé de lui passer Lacrim et il lui a proposé de m’assister contre rémunération.. Lacrim a juste hoché la tête en disant :
-« Je suis un rebeu, j’ai l’habitude de travailler en équipe ».
On devait capter FAB à Champs-sur-Marne dans le 77, le mec faisait un shooting pour les entreprises Nestlé™ de là-bas.
On marchait à pied vers une épicerie car Lacrim me disait avoir besoin de se désaltérer avec un gros flacon de bourbon. C’est quand il a dit « Hamdullah » juste après que je me suis dit que ça n’allait pas dans sa tête.
On était à 2 pas de l’épicerie quand une voiture nous a barré la route et les passagers nous ont interpellé avec un accent du Sud :
-« Wooh wooh ! C’est Lacrim là ! Et franchement on aime bien ce que tu fais ! » il a répondu :
-« Ok merci les gars, maintenant cassez vous » ils étaient choqué de comment Lacrim cherchait la merde gratuitement mais ils lui ont laissé une chance :
-« Comment ça on se casse ? Vazi là fait un freestyle » Lacrim était dans son personnage :
-« Il n’y a pas de freestyle là ! Je suis à deux doigts de faire la guerre, tu me parles de freestyle ».
Par conséquent ça s’est embrouillé, j’essayais de calmer mais quand Lacrim a dit :
-« On va sa revoir ».. les mecs se sont vénère et sont tous sorti du véhicule ça l’a un peu refroidi.
Les gars avaient la même dégaine que les One Direction mais ca a suffit à calmer Lacrim, il a sourit en expliquant que ça ne servait à rien de s’embrouiller pour ça et il a lâché un petit freestyle sans aucune rime et exclusivement composé de mots-clés comme « Go-Fast », « Braquage », « Marbella », « Fleury », « Nanterre ».
Après on s’est tous serré la main et on a prit des photos.
Dès qu’ils sont parti (il a attendu une distance de 500 mètres entre les gars et nous) il a dit :
« Vazi ça ne va pas se passer comme ça » je l’ai raisonné :
-« Laisse tomber ça s’est bien passé en plus » il voulait pas lâcher l’affaire :
-« Non je ne laisse pas tomber » et il a commencé à appeler sur son répertoire des numéros farfelus comme celui de « Roro » ou encore « Michou ».. A chaque fois ça faisait :
-« Le numéro que vous avez composé n’est pas attribué ».. mais il a arrêté son cirque quand il a vu que je ne le regardais plus.
#7 Enfin on est arrivé dans une épicerie dans le 13ème tenue par des commerçant asiatique, on rodait dans les allées et ils n’arrêtaient pas de nous suivre ça cassait les couilles.
Là Lacrim vérifie à l’entrée et il sort un gun en criant :
-« La caisse ! C’est un braquage ! » Le gérant a juste répondu :
-« J’avais remarqué fils de pute ».
Je ne comprenais pas je venais de payer plus de 3000 euros pour ses armes, Lacrim n’avait pas besoin de braquer pour obtenir son bourbon.
Mais j’ai commencé à tilter le but de cette intervention quand Lacrim a demandé où se trouvait la caméra de l’épicerie et le commerçant a dit qu’il n’y en avait pas car ça coute là peau du cul.
En fait Lacrim il voulait que la caméra de sécurité filme notre braquage afin d’accentuer sa street crédibilité.. J’étais agacé par de telles conneries.

On allait sortir tranquillement avec la caisse et une bouteille de Jack Daniel’s mais le commerçant a dit juste avant qu’on ne franchisse le seuil :
-« Je plains vos parents » Lacrim a demandé :
-« Quoi ? Qu’est ce que t’as dit sur ma mère ? » Et il a répété :
-« Je plains vos parents ».. Alors Lacrim lui a mit une rafale en plein dans le buffet comme dans Menace 2 Society et on a couru c’était trop pour moi.
Une fois au calme j’ai mis une patate à Lacrim, il est tombé sur le sol en disant que j’allais le payer.
Je lui ai juste expliqué que c’était terminé ce genre de jeu et que maintenant on s’en tenait au plan.. Le ciel était étoilé, il a accepté sans broncher.
#8 De fil en aiguille on a rejoint Fababy sur le point d’extraction c’était le jour suivant au petit matin.
Il se tenait en haut d’une colline à Champs-sur-Marne comme convenu.
Lacrim était tout excité il a même raconté notre nuit d’embrouilles et de braquage, je n’ai pas pu l’en empêcher tant il était galvanisé.
Il agitait sa quincaillerie en arguant qu’il avait 28 aaaaans et que s’il s’embrouillait il n’allait pas mettre de gifles.
Le plan consistait à se rendre dans un appart sur Clichy Sous Bois pour abattre un certain « Shone » parce que Fababy a expliqué que ce type était une menace.
Au début je ne voulais pas faire dans l’assassinat mais quand Fababy a sorti une liasse de 5000 euros, j’ai tatoué un code-barres sur ma nuque comme Hitman.
On a infiltré la zone à pourvoir avec la même discrétion que Gabe Logan dans Syphon Filter.
On était 2 noirs et 1 arabe comme Le 113 on passait inaperçu.
En vrai quand ils voyaient les cheveux à Fababy les mecs de là bas le prenaient pour un crackman et ils disaient : « Non désolé les mecs on ne fait pas dans le crack, on a des principes » puis on continuait notre périple jusqu’à l’appartement de Shone.
Tout l’immeuble était vide c’était grave bizarre mais hassoul. Une fois devant l’appart de notre cible, la porte était ouverte.. Avec Lacrim et Fababy on se posait 10 000 questions comme dans Pulp Fiction.
On aurait dû s’en poser plus avant de rentrer à l’intérieur parce qu’on a entendu :
-« Rendez les clés de l’appart et de la street au Ghetto Fabulous Gang ! ».. toute l’équipe à Shone nous attendait comme Trunk a attendu Freezer et son fils de pute de père.
On a tous sorti nos armes comme dans un western et ça se braquait les uns les autres genre les Mexican Standoff de Quentin Tarantino.

#9 La tension était à son paroxysme, les gouttes de sueurs tombaient sur le sol comme celles de Tom Cruise suspendu avec son filin dans Mission Impossible.
Fababy avait l’air plus déterminé que lors du gunshot dans les bois, il tenait son gun genre les flics ripoux.
Lacrim a craqué sous la pression il a fait tomber son gun qui bizarrement, s’est cassé en 1000 morceaux sur le sol comme s’il s’agissait d’un jouet.
Il a dit :
-« Ecoutez les mecs j’ai 28 aaaaans ! Et tout ça c’est des connerie. Mdr je n’ai jamais tué personne en vrai je suis cadre dans une entreprise et j’ai une petite résidence secondaire sur Rennes ».
Quand Shone a demandé si c’était une blague, Lacrim a poursuivi en révélant que nos armes étaient des fausses.
Quand j’ai entendu ça j’ai lâché le même « heeeeeein ? » que French Montana et quand Shone s’est aperçu que mon arme était factice, il m’a placé un coup droit dans la tempe pareil à celui de Rafael Nadal.
Je me suis écroulé comme Ravanelli dans la surface de réparation.
Fababy ce con il a quand même essayé de tirer avec, son pistolet a sorti un drapeau avec « Pan ! » écrit dessus comme pour les armes du Joker dans Batman.. Bref on était dans la merde.
Shone nous a fait asseoir tout en nous braquant avec son gun comme dans XIII la bande-dessinée et a commencé à interroger Fababy :
-« Dis moi Sale noir ça fait longtemps que tu nous cherches avec Alpha.. ».
-« Je me suis déjà expliqué pour ça, je parlais d’Alpha Wann de 1995 You know.. Et pour l’interview Rap Mag je t’ai envoyé des tonnes de messages Wallah Shone on m’a manipulé You know ».
Shone allait clore ce chapitre d’une balle dans la tête pour chacun d’entre nous.. Soudain des fumigènes ont envahi la pièce on se serait cru à Anfield. Ça a crié :
-« LA VIE DE MA MÈRE IL EST POUR MOI SHONE ! » C’était Saza accompagné de Hype, ils dissimulaient de grosses kalashnikov sous leurs longs manteaux noirs comme Morpheus. De suite ils nous ont pris d’assaut.
Fababy il aimait bien dire :
-« Dans le 93 quand ça tire au pompe Boy, personne ne balise » mais là il s’était couché comme Lebron James quand il flopait lors de la dernière finale des Play-offs.
Lacrim s’était caché derrière un fauteuil en disant qu’il était trop vieux pour ses conneries comme Danny Glover.
Les balles sifflaient et les corps virevoltaient.. Après 30 minutes d’échange de coups de feu, Le GIGN a encerclé le bâtiment.
Avec Fababy on a profité du brouillard pour fuir sur le toit à l’instar des Yamakasi.
-« Putain mais cette histoire va me faire un buzz de fou comme Ali » même dans les situations les plus extrêmes cet enculé tentait des punchlines tellement il était inconscient. On était au pied du mur, je lui ai dit :
-« Écoute Fab, si je dois y rester je veux que tu prennes soin de ma famille.. Et je suis désolé de t’avoir balancé à Hype et Saza pour ton studio dans le 94 ».
Il m’a dit que ce n’était pas grave parce que lui aussi il avait déjà balancé les mecs de sa ville à Noisy-le-Grand et qu’aujourd’hui il arrivait à vivre avec ça.
En bas tout le quartier de La Forestière a été bouclé et les membres du GIPN ont enfoncé la porte du toit.
Après une interpellation musclée alors qu’on ne résistait même pas Ils nous ont indiqué qu’on avait le droit de garder le silence et que tout ce qu’on dira pourrait être retenu contre nous. Quand ils ont dit qu’on pourrait avoir un avocat commis d’office, j’ai failli danser comme sur le toit de l’immeuble comme Diddy feat les 2 niafous là dans « Hello Goodmorning ».
#10 On est tous passé très rapidement en comparution immédiate, c’est Lacrim qui risquait le plus gros car en plus de « Détention d’armes », « Tentative de meurtre » et « Menaces » la caméra vidéo de l’épicerie qu’on avait braqué s’était ajoutée au dossier.. Il allait prendre une grosse peine pour « Braquage à main armée ».
Fababy nous avait tous balance, il avait lâché plus de blases que Kendrick Lamar dans « Control ». Il parlait tellement vite lors de sa déposition que L’OPJ lui a même dit : « Doucement mon garçon, je n’arrive pas à suivre ».

Pour ça j’étais vénère, j’étais tellement énervé que ça se voyait sur mon visage.. La Juge m’a même dit pendant la comparution :
-« Dites moi, vous avez un regard bien énervé.. Comment on dit chez vous ? Vous avez l’air Zehef ».. Mon avocat m’a dit que ce surnom m’allait bien, j’ai acquiescé en lui disant d’aller se faire enculer.
Ce traître de Fababy avait chanté devant les keufs comme Bobby Valentino et mon avocat commis d’office était comme les Kennedy, c’est à dire flingué à mort.
Cependant le procureur est venu me proposer un marché, j’ai ouvert grand mes oreilles et j’ai pu éviter une grosse peine en acceptant 2 mois fermes dont 1 semaine de sursis et des TIG.. Ça avait négocié dur, comme McCoy dans New York Police Judiciaire.

Après l’épisode du Nine-One-One Lacrim était maintenant incarcéré pour 4 ans de Prison de 2 avec sursis à Aix-en-Provence mais il avait dit aux mecs de sa cité à Chevilly-Larue 94550 qu’il était à Chicago pour un Go-Fast.
Concernant Shone, Saza et Hype.. ils avaient disparu de la circulation comme les S Club Seven, ce qui n’annonçait rien de bon.
Fababy je voulais lui enculer sa mère, j’avais la même heyn que Sasuke Uchiwa quand il traquait son grand reuf.. et que ça c’était soldé par un duel fratricide mêlant Sharingan et drogue douce.

En ce qui me concerne, j’ai simulé ma mort en mettant ma carte d’identité dans la poche du cadavre d’un jeune malien avec une grosse tête, histoire de laisser passer l’orage.
Mais vous savez, là où le tonnerre gronde.. L’accalmie n’est que de très courte durée. #TheEnd
Clip : Clone X – Favorite game
Extrait de la Clone-Xtape « Enregistré Saoul », mixtape disponible sur http://theclonex.com/
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