Ambusquad, l’héritage de la All School

La saison chaude et ses corollaires : la moiteur des serrages de main, les photos Facebook aux cadrages foireux des « amis » qui voyagent, les blockbusters cramés, le gouvernement qui fait passer ses ordonnances au nez et au désintérêt du peuple… Y a pas à dire, les étés se suivent et se ressemblent. Bizarrement, il s’agit de la saison la plus attendue, le principe du plaisir étant poussé à son paroxysme. Le seul mot d’ordre, donné à tous, est le suivant : que la vie est douce. C’est pratique. Cela permet de fermer les yeux sur la vie, le monde, tout ce qui nous agresse le reste de l’année. Tout se prend à la légère, « ce n’est pas grave, c’est l’été, profitons, on verra plus tard » nous disons-nous. Il n’empêche, c’est toujours là. La seule carte postale qui soit vraie est celle décrite par Audiard : « En été, les vieux cons sont à Deauville, les putes à Saint-Tropez, et les autres en voiture un peu partout ». L’été, c’est l’ennui déguisé en chapeau de paille.

Alors quoi ? La musique suit le mouvement, les fameux tubes de l’été pleuvent sous le soleil avec pour seul objectif affiché de faire danser la masse en vacances. Le monde du rap, quant à lui, encore un peu digne malgré tout, se fait un peu plus rare. Alors que les six premiers mois de l’année ont été particulièrement intensifs, avec un nombre mirobolant de sorties (de qualité qui plus est), les rappeurs se trouvent plus avares depuis ces deux derniers mois – probablement occupés à Deauville ou à Saint-Tropez diront les mauvaises langues. Et c’est tant mieux. L’auditeur consciencieux peut alors prendre le temps de rattraper les albums qu’il aurait omis d’écouter. À ce titre, peut-être êtes-vous passés à côté de la belle affaire du mois de mai. À savoir, deux albums et une compilation en libre téléchargement d’un groupe à (re)découvrir, Ambusquad.

Ambusquad est un groupe originaire de la banlieue caennaise et originalement composé de six membres. Isma, Malik, Driss et Karim au micro, ainsi que de Sylence (et Driss) à la production et de DJ Batigoal. Formé au milieu des 90’s et actif jusqu’à la fin des années 2000, Ambusquad produit un rap issu des carcans de l’époque, à savoir une musique engagée et énervée dans lesquelles les samples structurent encore les productions. Les membres du groupe reprennent les thèmes chers à ces années glorieuses : dénoncer les dysfonctionnements, raconter la galère, exprimer son amour pour le rap, qui représente davantage qu’une simple musique mais un style de vie. La rage, les désillusions, la fraternité, l’ennui, l’espoir fondent la mosaïque des émotions et des valeurs exprimées par le groupe.

Proche du D.Abuz System, groupe majeur du rap français, Ambusquad a longtemps arpenté la scène en underground avant de sortir un premier album. Passé par les Découvertes du Printemps de Bourges en 1998 (ce qui n’est pas une petite victoire pour l’époque), l’héritage que laisse Ambusquad n’a pas à rougir devant la discographie des groupes pour lesquels ils ont assuré les premières parties : 2Bal 2Neg, Saïan Supa Crew, Rim’K ou encore Assassin. En 2007, le groupe se produit même en première partie de Public Enemy lors de leur tournée en France.

Le premier album d’Ambusquad, La Dernière marche, voit ainsi le jour en 2009, après une longue période de gestation pendant laquelle le groupe existe donc grâce à la scène. S’en suit une net tape en 2012, Nouvel Horizon. Si aujourd’hui l’occasion de revoir Ambusquad en concert se trouve impossible en raison de l’arrêt de la formation, ses membres proposent en libre téléchargement ses deux projets, ajouté à cela une compilation de morceaux regroupés pour marquer le coup sous l’appellation Les Mondes Engloutis. Retrouvez l’intégralité des projets en cliquant sur le lien suivant :

Bandcamp d’Ambusquad

Il est possible que vous ne sachiez pas lequel des trois projets choisir en priorité afin de vous faire une idée, comme au début de Pokemon. Nous vous invitons à plonger dans le second projet, Nouvel Horizon, plus abouti que le précédent, un projet qui aurait mérité une bien plus grande exposition et qui démarre sur les chapeaux de roue en réutilisant le célèbre sample de Many Men de 50 Cent. Si La Fouine et Soprano l’ont fait avant, Ambusquad transforme véritablement l’essai. D’autres morceaux animent cet album de bien belle manière comme Enfants de la Rime, un titre clairvoyant, un potentiel hymne davantage qu’un tube. On peut cependant regretter la volonté d’Ambusquad de produire de longs projets, difficilement digestes tant les flows débitent sans interruption. Ecouter Ambusquad exige de l’auditeur une attention particulière. Enfin, la qualité des productions est assez inégale d’un morceau à l’autre, mais cela est aussi lié au fait que le groupe s’inspire de courants musicaux divers pour produire sa propre musique. D’ailleurs, Ambusquad se veut être l’initiateur du concept All School, impliquant par-là la volonté de puiser ses inspirations partout, sans frontières de genre.

Pour aller plus loin : Mektoub Lounes et Ismaël Lesage

Deux des membres d’Ambusquad sont encore actifs en solo et forment un crew nommé RedDrum Muzik pour lequel Sylence et Driss produisent encore. Mektoub Lounes a sorti un EP digital iJacking sortit en septembre 2016 et disponible sur son Bandcamp (sont également téléchargeables ses deux autres projets solo). Mektoub Lounes a gardé son attachement aux valeurs qui étaient celles d’Ambusquad mais n’a pas hésité à moderniser les productions et l’interprétation pour correspondre davantage à la musique actuelle, à l’image de l’excellent Mémoires d’un jeune con.

Ex-leader d’Ambusquad, Ismaël Lesage a, quant à lui, sorti deux albums en 2013 et 2014, disponibles également sur son Bandcamp et prépare un album prévu pour le début de l’année 2018. Ambusquad ne meurt donc jamais ; un peu comme Bouteflika.

Avis aux septiques

Ne nous méprenons pas. L’étiquette « Rap Conscient » qu’arbore Ambusquad n’en fait pas une musique à destination unique des fameux puristes. Ce raccourci, forcément réducteur, pourrait vous faire passer à côté de morceaux tout à fait succulents et d’un groupe dans le plus pur esprit underground. D’ailleurs, il serait bon d’indifférencier les catégories d’auditeurs comme si le rap, musique plurielle mais unique, devait voir s’affronter tel type d’auditeur à tel autre type d’auditeur. Le rap se divise en plusieurs styles, mouvances. Cela rend cette musique extrêmement riche. Mais ce faisant, elle divise aussi ses auditeurs. S’affrontent alors l’arrogance des puristes à l’ignorance des anti-puristes. Dans les deux cas, la bêtise est commune et empêche les uns et les autres d’offrir à leurs oreilles de beaux morceaux. Ne faites pas cette erreur avec Ambusquad, leur discographie, de par son volume, contient forcément des titres qui vous combleront. Peut-être devrions-nous nous aussi être un peu plus All School. Enfin, comme le disait le Roi Heenok : « Il faut arrêter cette merde t’entends, et fumer le calumet de la paix, LE calumet de la paix ».

Bon été quand même.

Kekra à la Gaïté Lyrique : des masques, de la lumière et des femmes…

Et autant vous dire que vos 25€ n’entaient pas perdu.

kekra affiche concert

Mon aventure a commencé à 18h à Chatelet (avec  2h d’avance pour redorer le blason des congoïdes au sujet de la ponctualité), j’attendais d’autres personnalités des internets pour ne pas m’enjailler solo. Préparation mentale avec Vreel 1 et 2 dans les oreilles tout en travaillant les abducteurs et les ischios jambiers avant le grand moment (et en regardant du coin de l’œil les passants tombaient de l’escalier).

18h53, je rejoins un Teobaldo déambulant dans la rue déjà masqué, le concert avait déjà commencé dans sa tête. Après avoir tapé un grec (de qualité moyenne) en compagnie d’une troisiéme protagoniste (un sosie de Lauryn Hill), on arrive le ventre plein à La Gaité Lyrique. 20h pile (vous pouvez être fière de moi mes congoïde), et comme prévu (car on parle quand même de rap français), le concert n’a pas commencé. Pas de première partie, ce qui est assez rassurant : on ne perd pas de temps, on envoie la purée directe (reste calme petit coquin).

En attendant, la salle se remplit, l’alcool coule à flot et les filles affluent à gogo (dit rapidement, on aurait dit du Nekfeu). Le DJ chauffe la salle avec un mix de Booba, Young Thug, 13 Block…

Captain Nemo, le DJ officiel de Kekra, fait son entrée, masque de chirurgie sur la face… la foule s’impatiente, tandis que des séquences de l’Attaque des Titans sont diffusées sur les 3 écrans géants de la salle. Celui qui a fait ça, si tu me lis, sache que t’es le meilleur d’entre nous.

21h, Walou retentit : les hostilités commencent. C’est Terminator 2, c’est Universal Soldier, c’est le combat final de The Raid 2 : la foule est en délire, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, il n’y a aucun drapeau algérien mais marocain qui se brandit, alors qu’il y en a même lors de match de hockey au fin fond de l’Ohio. Tout le monde chante en chœur et en totale harmonie. C’est comme ça qu’ont débutés les 80 minutes de concert sous adrénaline pure.

Kekra enchaine avec Baldwin, l’outro de Freebase 3 qui a bercé les oreilles des fans depuis ce fameux 14 Juillet 2016 (et autant vous dire qu’il y a une petite surprise dans la vidéo).

Les 350 700 personnes spectateurs étaient aussi réactifs sur les singles (AWW, Pas Joli, Sans Visage, ou encore Méfiant) que sur les titres bonus de Vreel 2, sorti il y a moins d’1 mois (Uzi, Dans l’allée et J’suis la pour… qui a mis la foule dans un état de transe rarement égalé). Un concert en forme de célébration de l’amour, puisque dans un premier temps, Kekra répétait continuellement (comme à son habitude) qu’il aimait son public (certes pas très nombreux si on se base sur ces ventes, mais fidèle) et dans un second temps, le public lui rendait bien, surtout ses compatriotes des Hauts-de-Seine qui le tcheckaient, et  tentaient de le prendre dans leurs bras.

Comparable à une bouteille de Coca Cola dont on aurait introduit un mentos avant de le refermée, la petite salle de la Gaité Lyrique était sur le point de prendre feu après que Johnny Valliday ait posé Samosa, J’connais Personne, et surtout, surtout le son grime par excellence (si on ne connaît pas Grems, parce qu’il faut quand même rendre à César ce qui est à César) : 9 Milli. Je peux témoigner de la folie dans la salle quand il l’avait interprété à la soirée de Noisey/Viceland 3 semaines auparavant dans la même salle, mais en comparaison de ce soir, c’était une promenade de santé. Les femmes jetaient leurs masques pour déployer leurs plus belles voix et dévoiler leurs jolis visages, je tombais amoureux toutes les 30 secondes). Le public mimait des danses étranges mais synchros avec Kekra sur Satin, et des sauts dignes d’épreuves olympiques sur Boombastik

Vinrent ensuite les 3 moments les plus importants de la soirée : le début laborieux de Baldwin, le passage de Family où tous les frères d’armes de Kekra l’ont rejoint sur scène pour un grand moment de partage et d’amour comme ses textes le véhiculent, et enfin, le point culminant de ce concert, le live d’un son totalement inédit (qui sera peut-être sur FB4 ou Vreel 3, qui sait) : Pull Up.

En conclusion, un show (presque) parfait : Kekra faisait preuve d’une vraie aisance sur scène, sachant parfaitement s’adapter aux réactions du public (dit comme ça, on dirait je parle d’une meeting de Sarkozy), balançant des vannes et des blagues comme s’il connaissait chacune des personnes présentes dans la salle, son backeur maitrisant chacun des 16 et assurant qu’il n’y ait aucun moment de flottement, sans compter les jeux de lumières époustouflantes, et la prestation impeccable de Nemo …

Une réussite donc, sans aller jusqu’à affirmer que l’on a assisté au concert de l’année (l’année où Gucci Mane débarque en France, la place est déjà réservée). On regrettera juste que le public n’ait pas vraiment suivi sur les 2 freestyles qui faisaient office d’amuse gueule en attendant Vreel 2, « Freestyle 2612 » et « Envoie la monnaie », et le fait que Kekra n’ait joué aucun titre de Freebase 1 ou d’autres extraits de Vreel 2, comme Porque Hombre ou Alexander Wang (pour ceux qui veulent concrétiser en fin de soirée), ou encore Styliste qui doit juste être magistrale en live.

Pour conclure, Kekra a fait rejouer « 9 Milli » mais cette fois, ce sont les mecs de son équipe qui s’occupaient du show pendant que l’intéressé s’éclipsait dans la plus grande des discrétions, sans que le public ne s’aperçoive (à l’exception de votre serviteur ici présent, qui capte tous les trucs louches du coin de l’oeil). La scène a aussitôt été envahie par certains mecs du public, ce qui m’a rappelée la séquence de World War Z quand Brad Pitt est en Israël, le seul moment utile de tout le film.

Pas de séance photos ou de dédicaces, mais pendant que certains faisaient un débrief de la soirée, un sosie de Bruno Le Maire s’improvisait mannequin pour la marque A AU CARRÉ, soutenue par Kekra et d’autres tombaient (au sens litteral du terme) sous les effets de l’alcool et du shit de mauvaise qualité.

Une soirée riche en émotion.

Les projets que l’on nomme « …Volume 1 » qui n’ont jamais eu de « …Volume 2 »

Dans l’histoire du rap, les projets avortés sont plus que monnaie courantes. Faute de moyens financiers, manque d’engouement du public, problèmes avec les labels/maisons de disques ou encore retraites anticipées sont les causes les plus entendues pour enfermer à double tour les maquettes dans les tiroirs ou pour laisser prendre la poussière dans le disque dur.

Mais la frustration est beaucoup plus grande quand il s’agit de projets qui devaient être des suites du premier opus, souvent étiquetés incontournables ou classiques.

Voici une liste non-exhaustive (donc pas la peine de nous menacer de mort en commentaire) des projets qui sont nommés « Volume 1 » mais dont la suite ne verra jamais le jour, comme la seconde saison de la série Vinyl, produit par HBO (on voulait initialement placer le remake de Robocop, mais finalement, ce n’est pas une grande perte) :

X-Men & Ghetto Diplomat – Big Bang Vol.1 (2000)

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On ne présente plus les X-Men, Ill et Cassidy, ils sont déjà légendaire dans le rap français. Cependant, on va présenter ce second groupe, rejeton de Time Bomb, que l’on nomme Ghetto Diplomats, initialement appelé Jedi.Composé de 4 membres, Celsius, Watchos, Kamal et Kamal, ces 4 comoriens du 19eme arrondissement de Paris font armes égales avec les X le temps d’un album.

Et beaucoup diront que cet album est meilleur que « Jeunes, Coupables et Libres ». Surement dù aux productions beaucoup plus « actuelles », représentatives de l’époque, ou dû au feat qui sont de bonnes qualités : Mala, Movez Lang, Menzo et Sat (de Fonky Family), et Metek.

Puis, après cet album, chaque groupe pars de son coté. Les Ghetto Diplomats sortent ensuite une mixtape devenue incontournable « Speciale Mix Tapes » en 2003, puis ils ont changé de noms de groupe (pour la 3éme fois) et deviennent Famille Haussmann pour leur album « 40 Grammes et Une Mule » sorti en 2008.

Tandem – Tandematique Modéle Vol.1 (2004)

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Une année avant la sortie de leur unique album, Mac Kregor et Mac Tyer, formant le groupe Tandem, sortent leur second projet : Tandematique Vol.1, mixtape regroupant des sons présents dans plusieurs projets (par exemple, « Sport de Sang » avec Dadoo et Busta Flex provenant de la compilation Mission Suicide, « Tout ce passe en profondeur » dans une tape de DJ Poska, « 93 Barjot » dans Talents Fachés, ou « Les Maux » extrait de « Ceux qui le savent m’écoutent »), des freestyles sur face B et des inédits.

Bande sonore super sombre, extraits de films cultes ou d’interviews choques en guise d’interlude, featuring au top niveau et lyrics qui vont droit au but comme une balayette laser, c’est ce qu’il vous faut pour passer l’hiver.

Après « C’est toujours pour ceux qui savent », les 2 rappeurs d’Aubervilliers décident de chacun partir en solo, mais la séparation sera officialisée qu’en 2012 via une interview de Mac Kregor. (En bonus, DJ Uka avait sorti en 2015 un bootleg gratuit nommé « Tandematique Vol.2 », pour vous faire plaisir : https://www.hauteculture.com/mixtape/2322/tandem-tandematique-modele-vol-2 )

Rohff – Le Cauchemar Du Rap Français Chapitre 1 (2007)

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Été de l’an 2007, Rohff balance sa seconde mixtape (la première étant « 10 Ans d’Avance »), alors en plein développement de sa marque streetwear Distinct. « Dirty Hous » (en featuring avec Big Ali) en rotation massive dans les ondes hertziennes, l’ainé des M’Kouboi en profite pour sortir ce projet qui a l’effet d’un rouleau compresseur : vague de face B, extrait de freestyles radios et de couplets venant d’autres projets, remix de ses meilleurs morceaux d’ « Au dela de Mes Limites », un concentré de haut niveau de violence (2-3 coups de pelle pour les rageux) et d’hymne vitrio étalés sur 1h12.

2 semaines après la sortie de cette tape, Rohff finit incarcéré, et même après sa libération, ce dernier ne pense plus à réitérer l’expérience, partant dans l’optique de sortir que des albums. « Le Cauchemar du Rap Français » sonne comme le clap de fin d’une discographie tout bonnement exceptionnelle.

Cam’ron & Vado – Heat in Here Vol.1 (2010)

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Alors que le Dipset n’est plus, que le dernier restant du crew est son capitaine Cam’ron et qu’on le voyait finir sa carrière en solo, un jeune prodige venu lui aussi de Harlem et que beaucoup surnomment alors « le nouveau Big L », apparait pour donner une seconde chance au plus sudiste des crews new-yorkais : Vado.

Après quelques apparitions dans diverses mixtapes, ce jeune loup decide de passer à la vitesse supérieure au côté de l’ambassadeur de Harlem et d’AraabMuzik, beatmaker qui avait déjà travaillé avec ce dernier dans son album « Crime Pays » (et avec Hell Rell entre autres) : ils sortent 2 volumes de « Boss Of All Bosses » qui sont de véritables succés critiques. Ces tapes aident à bien poser le décor avant la sortie d’un projet de plus grand envergure mais qui reste tout de même un apéritif avant les choses sérieuses, et c’est de ce projet que l’on va vous parler. « Heat In Here Vol.1 » est un « album avant l’album » entièrement produit par AraabMuzik (sauf « Sextape » qui est produit par Skitzo), avec en featuring Gucci Mane, Young Chris et Felony Fame.

La complémentarité des 2 loustiques est une fois une évidence époustouflante sur chaque son. Killa et son flow qui épouse chaque prods tout en mêlant ses phrases loufoques font parfaitement équipe avec le flow saccadé et texte plus 1ere degré de Vado.

L’aventure se termine un album et 2 mixtapes plus tard, et le tout en bon terme (Cam et Vado ont même sorti un son il y a un mois de là, on est content dans le coin).

Scardini – Amuse Gueule Vol.1 (2012)

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Proche d’Escobar Macson et de DJ Hamdi, habitué des cyphers de Urban Shoot, habillé d’une casquette plate Lacoste et d’une paire de lunettes noires (on ne parle pas de Lino bien sûr), Scardini, originaire de Cergy, decide de sortir une mixtape avant un album, et c’est une sacrée réussite.

Dès la première écoute, son humour et son obscession pour les rimes embrassées nous happent direct dans son délire (« Ceinture de TNT, NTM, captes moi partout comme la TNT ou une paire de TN »). Comme le titre du projet indique, elle sert nous faire une idée du personnage en 17 morceaux, datant entre 2002 et 2012, et de nous faire attendre avant l’album tant attendu.

Mais 4 ans plus tard, toujours aucun ne signe de l’album en question, juste 2 (potentiels) extraits et un EP « Cicatrice » (avec Escobar Macson et Green Money en feat), pas de deuxième Amuse Gueule non plus, les dents frottent l’assiette et les estomacs gargouillent.

380 Dat Lady – A Day In The Life of 380 Vol.1 (1996)

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Première dame du label Cartel Record, 380 sort son seul et unique album, « A Day In The Life of 380 Vol.1 ». Cette rappeuse de Houston (Texas) s’en sort plus que bien sur les productions de Mike B (qui a produit pour Devin The Dude, K-Rino, Big Mike, Trinity Garden Cartel COZ, Ganksta NIP ou encore ESG), qui sont pour la première moitié du CD plutôt smooth, voir G-Funk (sauf « Reminisce » en 9éme piste), et l’autre moitié plutôt gangsta rap local, qui rappelle un peu les productions de chez Suave House Records de l’époque. Épaulée par D of Trinity Garden Cartel, ce projet très court est indispensable pour les amoureux des sons sudistes relatant les histoires de rues (même si c’est narré par une femme, zéro misogynie chez Captcha Magasine).

On ne sait pas ce qu’elle est devenue entre-temps, mais elle est maintenant très active sur Twitter, ce qui est une bonne nouvelle (si on veut).

T-Mo – Tribal Groove Vol.1 (1997)

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Côte ouest. Mais plus au nord-ouest de Los Angeles (plus loin surtout). Plus précisément la bay area. Et encore plus précisément, la ville de 2Pac et J. Stalin : Oakland. Un artiste ici attire notre attention, son pseudonyme : T-Mo (pas de Goodie Mob, c’est un autre).

On ne sait pas grand-chose de ce jeune homme, mais ce qu’on peut dire, c’est qu’il a sorti une véritable merveille : les sons g-funk et mobb représentatif de la bay area forment une excellente bande son pour la ride, avec en bonus la voix douce de T-Mo et ces textes rappelant un certain Too Short.

A savourer car c’est l’unique projet de T-Mo, disparition totale depuis.

Ski Mask Malley – Ski Mask Malley Vol.1 (2014)

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Malgré que Gucci Mane soit encore en prison (bon, vous lisez cette article il est déjà libre mais mettez-vous dans le contexte bordel), son héritage reste quand même intact. Et même en dehors d’Atlanta. La preuve est sous nos yeux : Ski Mask Malley, alias Mal G. Several dans les rues de Cleveland (Ohio). Il reprend les mêmes thèmes que son mentor tout le long de la tape : drogues, liasse de billets dépassant de toutes les poches, tchoin, armes de guerre, histoires cartonnesque de la rue sous prod aux basses hystériques. Il va jusqu’à le rendre hommage sur certains morceaux.

On notera que les productions de Gwapaholics et Beat Zombie sont les points culminants de cette galette virtuelle. Malheureusement, on devra attendre un long moment avant d’avoir un autre opus, car Ski Mask Malley purge actuellement une peine de 9 ans de prison pour homicide involontaire.

Project Pat – Pistol & A Scale Chapter 1 : Omerta (2015)

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4 mois après la sortie de son 8éme album « Mista Don’t Play 2 », annoncé depuis plusieurs années, Patrick Houston nous livre gratuitement une mixtape, reprenant le titre d’un son présent dans son projet « Cheez N Dope 3 » : Pistol & A Scale.

Comme à son habitude, Patta nous parle de cambriolage, armes russes et cocaïne en briques, le tout sur des productions de Metro Boomin, Lil Awree, Dun Deal, Joe Blow CEO ou Izze The Producer. Le chapitre 2 est vite jeté aux oubliettes, et remplacé par la quadrilogie « Street God » (starfoullah) qui ne cesse d’augmenter en qualité de suite en suite.

Alkpote – Mazter Chef Muzik Vol.1 (2013)

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Je ne vais pas me casser la tête, Genono a déjà fait une très bonne chronique de ce disque en 2013 (http://captchamag.net/blog/2013/06/11/alkpote-mazter-chefs-muzik-vol-1-chronique/). On rajoutera juste qu’on regrette qu’il n’y a pas de suite après le beef entre Alk et Zekwe. Faites la paix.

G-Unit – Radio West Volume 1 (2005)

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A la base petit groupe composé de 5 membres (50 Cent, Tony Yayo, Lloyd Banks, Young Buck et The Game mais pour des raisons qu’on connait tous, a été éjecté), devenu un super collectif, le G-Unit recrutait de plus en plus d’artistes et devenait de plus en plus grand. Tellement grand que le G-Unit a fait plein de petits, des sous-labels: G-Unit South, G-Unit Philly, et G-Unit West.

Ce dernier, comme le G-Unit Philly, a eu le temps de sortir qu’une seule mixtape avant l’implosion. Et quelle mixtape. Elle regroupe tous les rappeurs west coast avec qui s’est beefé The Game, hormis Snoop Dogg et Bishop Lamont (avec qui il s’est beefé plus tard) : Spider Loc, 40 Glocc, Lil Eazy E et Ras Kass.

Et pour notre plus grand plaisir, la sud est aussi venu ramener sa fraise pour la fête : Young Jeezy, Lil Jon, Lil Scrappy, Chamillionaire, Bobby Creekwater et B.G. (Hot Boyz).

La East Coast n’a pas non plus à rougir des artistes présents : Jay-Z, DMX, Bump J, Mobb Deep et Ma$e.

Mais l’année 2006 était déjà le début de la fin du collectif, beaucoup d’artistes sont partis au compte goutte, en laissant les membres originaux seuls dans les locaux du G-Unit Records et en supprimant tout bonnement les sous-labels.

En conclusion, pour les rappeurs qui liront ce papier, arrêtez de mettre « Volume 1 » dans chaque titre de projets si c’est pour ne pas sortir de « Volume 2 », en particulier quand le « Volume 1 » est très très bon. Ca donne envie de s’exploser le caisson.

Casey de retour avec ‘Places Gratuites’

Il y a bien longtemps qu’on n’a pas entendu Casey seule derrière un micro. Après une alliance éphémère sous la banniére de l’Asocial Club il y a deux ans, il est temps semble-t-il de donner une suite à l’excellent Libérez la bête.  Ce premier extrait nommé Place Gratuites laisse supposer que la phase de gestation d’un hypothétique troisième album touche à sa fin. Dieu merci, rien de nouveau sous la grisaille : s’il est clair que le rap français à entamé une nouvelle page de son histoire, on se réjouit que Casey reste insensible aux mutations incontrôlées et garde son propre cap, tapi dans l’ombre comme elle l’a toujours fait. C’est le retour dans le monde réel d’une chimère dont tout le monde ou presque avait oublié l’existence. Un rap sombre et amer, un flow versatile toujours aussi millimétré, et une plume qui écrase sans forcer l’immense majorité du rap français. Casey est de retour, sans la moindre trace de rouille dans les entrailles. Les démons vont bientôt regagner la surface : réjouissons-nous.

 

Clip : Yuri G – Pop mon bail

Apres sa mixtape Texas Tea, Yuri G libère petit à petit des nouveaux morceaux. Après J’vais Mourir, il revient avec un nouveau clip « Pop mon bail » : deuxième extrait de son prochain projet intitulé Smelly Proof Stories, qui sortira à la rentrée. Sample de Three 6, basses lourdes, phrasé imbibé d’acide, teintes fluorescentes : bienvenue dans le monde de Yuri, là où les Pokemons côtoient les démons les plus malsains. Le clip a été réalisé par LK (Hôtel Moscou) et la prod par le jeune Yawata. Du violet, du vert et du Sprite. What else ?

 

Si les rappeurs français étaient des personnages de Gomorra …

Toujours sur ce concept pompé au Blavog, lui même pompé aux cainris, que j’ai déjà appliqué à Oz. Un concept extrêmement poussé et complexe, qui consiste à trouver des comparaisons foireuses entre les personnages d’une série et les principaux acteurs du rap-jeu français. Aujourd’hui : Gomorra.

On a tous aimé cette première saison de Gomorra. Des personnages super bien foutus et suffisamment complexes, de la trahison, des morts (beaucoup), du suspense, bref, tous les ingrédients d’une bonne série. Conséquence logique, une saison 2 a été commandée, et est déjà en cours de production. Le monde découvre donc que l’Italie sait produire d’excellentes séries, et dans le même genre, je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un oeil à Il Capo dei Capi (pour rester dans l’univers mafieux), à Romanzo Criminale, ou à Crimini. Par ailleurs, l’Italie livrera dans les mois à venir deux autres séries très prometteuses : 1992, série politico-policière, et, surtout, Diabolik, basée sur l’histoire du célèbre Don Ciccio, Matteo Messina Denaro.

ATTENTION : Avant d’aller plus loin, assurez-vous d’avoir maté l’intégralité des épisodes de la première saison, car cet article est rempli de spoilers.

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Danielino – Zifou

Un petit gars pas méchant mais un peu naïf, qui s’est vu promettre plein de belles choses et s’est pris au jeu, rêvant de côtoyer les pontes du game et de devenir riche … mais qui s’est fait complètement baiser par le système, qui l’a utilisé et pressé au maximum avant de le jeter comme une petite merde. Devenu embarrassant pour tout le monde, il finit sur le carreau.

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Manu, la petite meuf de Daniellino – La Bambina

Une enfant qui n’a rien demandé et qui finit insultée, rouée de coups et carbonisée par un mec sans coeur.

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Donna Imma – Diams

Une petite meuf qui paye pas de mine à la base, et qui semble juste être là pour kiffer la vibe avec son mec. Puis quand les choses deviennent sérieuses, on se rend vite compte qu’elle n’est pas d’humeur à ce qu’on lui prenne la tête, et elle prouve à tout le monde que dans ce milieu d’hommes, la meilleure meneuse de business, c’est elle. Impliquée dans le social, elle met également en place des deals assez incroyables, et fortifie la main-mise de sa famille. Le succès finit par se retourner contre elle.

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Attilio – Fabe

Un mec qu’on pensait voir vieillir, prendre du poids, et devenir important dans le jeu, mais qui s’est arrêté plus tôt que prévu. Ciro le considère comme un exemple et prend le même chemin que lui.

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Salvatore Conte – Hype

Un mec qui te parle de religion et de foi la moitié du temps, mais n’hésitera pas à te casser la mâchoire et te pisser dessus si tu fais un peu trop le malin.

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Michele Casillo – Orelsan

A la base, on se dit que c’est juste un branleur sans ambitions qui aime trainer en boite de nuits. C’était donc pas gagné pour lui au départ, mais à force de persévérance, il atteint de grands objectifs, ferme pas mal de bouches, et peut même se permettre de faire croquer ses potes.

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Ciro quand il boit de la pisse – Les ratpi de Booba

Parce qu’avec un peu de bonne volonté, on peut se convaincre que la pisse du boss est meilleure que le Moët le plus raffiné. Bon, il reste un arrière-gout un peu dégueulasse, et niveau haleine ça laisse un peu à désirer, mais quand t’es un soldat, tu t’exécutes et tu la fermes.

disiz

Ciro quand il est largué au milieu de la Méditerranée par Salvatore Conte – Disiz

Et tu nages, et tu nages, et tu nages, et t’en vois pas le bout.

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Ciro quand il kidnappe la petite meuf de Danielino – La Fouine

« Allez, petite, monte dans la voiture, on va faire un tour tous les deux. Skuuuurt »

bellanger

Ciro après la mort de Donna Imma – Pierre Bellanger quand il flagelle une mineure

Ce même regard sadique et machiavélique.

djé

Malammore – Djé

Un mec qui se contente d’apparitions épisodiques mais qui reste fidèle à son patron du début (et même avant) à la fin (et même après).

dam

Bolletta – Dam16

Un bon gars respecté par tout le monde, qui n’a jamais trahi personne, mais qui se retrouve dans le collimateur du boss sans trop qu’on sache pourquoi. L’embrouille entre les deux coïncide d’ailleurs indirectement avec la chute de ce même boss. Le karma, frère.

rat lucian

O Pescivendolo – Le Rat Luciano

Un ancien chahuté par les jeunes, qui se laisse un peu bousculer, mais quand même capable de t’allumer ta mère si tu vas trop loin.

cachin

Zecchinetta – Olivier Cachin

Un vieux de la vieille qui finit dans le collimateur de la nouvelle génération et qui se fait agresser par un mec avec une coupe de cheveux bizarre.

sefyu

Massimo (le grand frère de Danielino) – Sefyu

Est-il le gardien de son frère ?

jul

Gennaro Savastano – Jul

Au début, tout le monde se fout de sa gueule : c’est juste un petit branleur avec un peu trop de ventre et des survets has-been. Mais quand le business devient sérieux, ce petit con met tout le monde à l’amende. Mettant de côté le circuit classique, il établit une connexion directe entre fournisseur et consommateur. Forcément, grâce à lui, son clan s’en met plein les fouilles. Il traine derrière toute une bande de petits gremlins prêts à bouffer le monde.

rockin

Le docteur – Rockin Squat

Les petits vieux lui sont fidèles, et même s’il a perdu de son influence d’il y a vingt ans, il a toujours son petit mot à dire. Il aurait pu monter quelques échelons de plus s’il avait consenti à rallier la cause de plus gros que lui, mais il a fait de son indépendance sa raison de lutter. Forcément, à la fin, il se fait prendre pour un con par la jeunesse, qui lui crache à la gueule (ou à celle de sa fille, littéralement, dans le cas du docteur).

shay

Noemi – Shay

Elle aime les bijoux qui brillent, les voitures qui en ont sous le capot, et les hommes qui en ont dans le pantalon. Ce chien lui a dit qu’il l’aimait trop, il voulait son cœur, elle voulait sa maille.

doc

Franco Musi – Doc Gynéco

Un mec qui avait tout pour lui, qui aurait pu finir très haut, mais qui s’est associé aux mauvaises personnes, s’est fait racketter, a tenté le tout pour le tout, et a fini par se faire prendre à son propre jeu.

fababy

Tonino Spiderman – Fababy

Un mec avec une drôle de tête, qui a voulu défier les anciens, a joué au con, et s’est fait remettre en place bien comme il faut.

joeluc

Pietro Savastano – Joe Lucazz

Un taulier qui a passé tellement de temps loin du jeu qu’on a finit par se demander s’il allait revenir un jour. Et au moment où on l’attendait le moins, le voila prêt à reprendre sa place. On pourrait le croire un peu puriste, avec ses méthodes héritées de l’ancienne école, mais le boug est juste quelqu’un de loyal, qui a une confiance illimitée envers ses fidèles. Et une fois qu’il est enfin dehors, une seule constatation s’impose : c’est bien lui le plus fort.

Rap-game et dinosaures

Kaaris a récemment remis au goût du jour la métaphore du dinosaure, en établissant dans AMG63 une comparaison aussi puissante qu’efficace : « elles se déboitent les babines quand elles sucent le dinosaure« . Animalisation classique mais inventive, elle a produit un effet certain sur un public pas forcément préparé à ce type de punchline préhistorique, même si la mâchoire de dinosaure avait déjà été usitée par l’Oncle Tom (« J’compte croquer la vie avec une mâchoire de dinosaure« ) :

 

 

 

 

 

 

Pourtant, le rap français regorge de références aux monstres du passé. Tantôt par une métaphore sexuelle, tantôt par une référence peu judicieuse à la préhistoire, le rappeur-lambda aime se rappeler au bon souvenir des biscuits Dinosaurus des goûters de son enfance … Une madeleine de Proust parfaitement assumée par LeBoy Krisy’B dans Vraiment moi :  « J’ai pas tourné autour du pot donc j’ai aligné quelques mots du genre : Fuck You ! tout en mangeant mes petits dinosaures« .

29266 - comic dinosaur nazi velociraptorMais la majeure partie du temps, le lyriciste utilise la figure du dino pour se viriliser. Kaaris posséderait selon lui « le torse et les triceps du tricératops » (Bébé). Hyacinthe, quand à lui, trouve le moyen de comparer sa bite à un animal préhistorique : « Ankylosaure, la queue est longue et le bout est gros » (Rap Game Nuit sans Fin). La métaphore est bien souvent sexuelle, et Taïpan considère être « au rap ce qu’un putain de tyrannosaure est à la levrette » (Rien à Prouver).

Mais contrairement aux idées reçues, le tyrannosaure n’est pas forcément le plus populaire chez les rappeurs : le vélociraptor, rendu célèbre par sa représentation erronée dans Jurassik Park, est l’un des plus cités : « Evite de clash un vélociraptor » (GringeEnnemi d’état.com) ; « touche à mon bifteck, j’suis pire qu’un Vélociraptor » (Deen BurbigoPartiel de punchlines -chez NeoBoto-). Différentes écoles s’affrontent pour déterminer le sort à réserver aux reptiles géants : si Dooz Kawa préfère leur réserve la corde et le tabouret (« les dinosaures d’un monde perdu on les a vus et bien pendus pour oublier que l’heure est grave » – Message Aux Anges Noirs), Médine préfère les prendre en bouche (« les dinosaures de Brazzaville ont déversé leur poison » – Lecture aléatoire).

« J’suis un fuckin dinosaure, old-school dans ma tête » (FiligraNNVentre Du Dragon) … l’animal préhistorique est bien évidemment synonyme d’ancêtre, et s’associe naturellement à l’ancienne école. Poulpix en donne une nouvelle illustration dans 60 Kilogrammes, lui qui est « tellement old-school qu’il se déplace en ptérodactyle« . Le dinosaure volant est mentionné également par Swift Guad dans Vautour : « volatile et nécrophage, descendant du ptérodactyle« . 3010 a quand à lui une « attitude en or, swag de dinosaure » (Bienvenue dans le Premium). Difficile à confirmer, d’une part parce que le swag de 3010 est tout à fait subjectif, et d’autre part car la qualité première d’un dinosaure n’est pas forcément d’être soin. Au contraire, il est régulièrement utilisé pour ridiculiser l’adversaire : « A côté de moi t’as l’air d’un fossile, t’es encore à l’époque du pterodactyle » (Hastero KidHastero) ou encore le moins académique « bandes de fuckin’ tas de fiantes de diplodocus lépreux » de Freddy Gruesum dans Admirez. Toujours dans le domaine « peu académique », citons l’inévitable Seth Gueko, qui « baise les putes comme un dinosaure » dans Bafana Remix. Il convient alors de se demander si les reptiles géants étaient réellement adeptes de prostituées …

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Médine (à nouveau) aura peut-être la réponse, lui qui se pose en véritable expert des vertébrés diapsides du passé : « les dinosaures ont disparu par manque d’adaptation » (Oracle). Une superbe analyse de spécialiste. Se positionnant dans le même registre, Keny Arkana se décrit dans Odyssée d’une Incomprise comme « descendante des étoiles, pas des singes, encore moins des dinosaures » (attention tout de même : scientifiquement, la filiation génétique entre la rappeuse et les astres lumineux reste tout de même à prouver). Plus habitué au Club Dorothée qu’aux bancs de l’école, Vidji (5 Majeur) se trouve quant à lui « désolé si Denver n’est pas le dernier des dinosaures » (On pèse). D’autres donnent la même impression de ne pas avoir fréquenté assidument les établissements de l’Éducation Nationale, non pas par manque de documentation scientifique, mais simplement par le sens sibyllin de leurs lyrics : « j’back avec des evil buzz à dos du minotaure, j’réanime les dinosaures » (Maybe WatsonMange un char).

Dernier trublion à avoir esquivé avec soin les institutrices (sauf peut-être pour leur offrir le rôle principal d’un snuff movie), Alkpote a pour lui un véritable motif d’absence dans son carnet de correspondance : « J’encule les ptérodactyles« .

Alkpote avec des dinosaures nazis
Alkpote avec des dinosaures nazis

Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 3)

A lire si ce n’est pas déjà fait : partie 1partie 2

Quand il n’y en a plus, il y en a encore…nous poursuivons, et achevons maintenant notre vaste enquête sur la sexualité débridée des rappeurs français. Une sexualité hors de toutes conventions, faite toute à la fois de relations homosexuelles, de plans culs zoophiles et de viols en réunion. En deux articles nous avons déjà pu constater que nos mc nationaux avaient de quoi s’inquiéter quant à leur vie sexuelle, mais, non content d’avoir déceler chez eux des caractéristiques gérontophiles ou sadomasochistes , Captcha Mag est reparti sur le ter-ter, pour relever dans le rap game des tendances exhibitionnistes, fétichistes et pédophiles. A cela s’ajoute un attrait pour des paraphilies peu communes : la salirophilie et la mysophilie, qui correspondent peu ou proue au fait de baiser dans la crasse et la saleté …

ON FAIT CA SALEMENT

Alkpote+et+la+crme+du+91Si l’on en croit les textes des rappeurs français, leurs bites sont aussi dirty que leurs beats. Evidemment, c’est à l’Empereur de la crasserie  Alkpote que nous devons donner la parole en premier : « mon zizi sale attire les rates » s’exclame-t-il avec une certaine fierté dans L’empereur. Un petit retour à l’article précédant vous permettra de saisir le pourquoi du comment de la présence d’animaux ici, Alk faisait partie de la ligue des zoophiles du rap français. Il révèle désormais qu’il appartient également à celle des mysophiles, ces personnes excitées par les choses ou personnes souillées. La sombre gargouille puante du 91 laisse tomber toutes les règles d’hygiène. Mycoses sur le sexe et moisissure sous les roubignolles, Alkpote arrive dans la boite pour choper de la gonzesse crado. Car, oui, Alk exige de ses partenaire sexuelles qu’ils soient tout aussi peu portés sur la propreté que lui. D’ailleurs il n’aime que les femmes qui ont une expérience en la matière, et ne va pas fourrer sa teub dégueulasse dans n’importe quelle bouche lavée : « Les petites garces que je partouze on pipé trop de clodos sales » ! Quand il explique cela sur Sisisi gros, on comprend bien que le casting pour les bukkakes avec Gainzbeur est assez exigeant. Visiblement, n’importe quelle crasseuse n’est pas conviée, seules celles ayant copulé avec des sans abris pas lavés depuis un certain temps ont le droit de pomper le loustic. Et pour le coup, il ne semble pas mettre d’eau de Cologne sur son engin, comme il s’en était pourtant vanté dans le poème intitulé Sucez moi !

"Menstrual Blood and bath"
« Menstrual Blood and bath »

Les pratiques de Taipan, le protégé de Youfoufa, sont tout aussi peu ragoûtantes. Si son discours s’est un tantinet aseptisé depuis sa signature chez Bomayé Music, le bougre, dans sa discographie compte quelques phrases choc sur sa vie sexuelle. Par exemple dans Muscle d’amour, il invite une femme à venir partager quelques moments de plaisir avec lui. Au programme un peu d’urolagnie, comprenez, des jeux coquins fondés sur l’urine. « Viens avec ton dentifrice, tu me toucheras mon zizi, je te toucherai ton pipi » dit-il. L’utilisation du futur ne permet pas de douter une seconde de ce qui se passera dans la chambre du rappeur, qui ira mettre ses mains dans la pisse de sa copine. C’est extrêmement immonde, mais ce n’est malheureusement qu’un début…Et c’est un autre rappeur blanc, beauf de France à ses heures qui vient nous raconter ce qui lui plait chez une femme. En toute poésie, Orelsan étale un peu sa passion ménophile, ou en d’autres termes, son attirance pour les menstruations, en écrivant dans Jimmy Punchline « J’crache dans tes règles ça fait ketchup mayo, j’te baise sur un tas de bois t’attrapes une syphilis de derrière les fagots ». Aussi rouge que soit la rivière, Aurélien y fait quand même passer la pirogue, et n’hésite pas à la décharger un peu en chemin. Appréciez la jolie référence culinaire ketchup/mayo, et profitez en pour ne pas vous imaginer Orelsan en train de bouffer un grec sauce sperme/ragnana.

Booba est lui aussi un rappeur ménophile, et fier . Certes sa position a semble-t-il évolué au cours de sa carrière, puisqu’il ordonne aujourd’hui à sa femme d’aller se « passer la chatte au carwash » , mais à l’époque de Civilisés, il tenait tellement à voir l’hémoglobine vaginale couler pendant l’amour, qu’il disait «je te fais saigner quand t’as pas tes règles ». Bien plus tard, sur Gangster, il ira plus loin, assumant totalement son fantasme dégueulasse, à base de « sanguinaire, j’te baise même quand t’as tes gle-ré !» Au passage nous pouvons noter la proximité phonique de gle-ré avec glaire. Le duc, depuis qu’il a été cité par la Nouvelle Revue Française, se sent pousser des ailes et joue avec la langue française comme peu avant lui.Le choix du verlan dans la phrase citée n’est donc pas anodin, puisqu’il renvoie immédiatement l’auditeur à un image peu appétissante du sang mêlé à la morve …

OU TU VOUDRAS, COMME TU VOUDRAS

Absent depuis le début de cet article, vous vous demandiez peut être ce que devenait Salif. Rassurez vous, quand il s’agit de parler de paraphilies, le Boulogne Boy n’est jamais très loin. Il se manifeste maintenant pour que l’on s’attarde un peu sur une de ses pratiques favorites, à savoir l’exhibitionnisme. Salif, comme on l’a vu, aime déjà un certain nombres de choses étranges en terme de sexe, mais en plus, il adore faire cela en public. En règle générale, il a une préférence pour un environnement urbain ou périurbain, au beau milieu d’une cité éventuellement cela ne semble pas le déranger, bien au contraire, lui qui sur Je t’aime moi non plus fait des avances à sa douce : « dans le local ou dans la cave on fera l’amour ».

La cave n’est certes pas un lieu public et a priori on y copule en toute tranquillité, mais pour local en revanche, si l’on part du principe qu’il s’agit d’un local à poubelles, il en est tout autrement ! Déjà, c’est un endroit sale, ce qui laisse penser que Salif a lui aussi un penchant mysophile. Mais c’est aussi un lieu de passage, tous les riverains venant y poser leurs ordures, poubelles et compost. Autant dire que coucher dans un local à poubelles est un bon moyen d’être vu par tout le monde, ce qui n’est pas sans exciter Salif. Il aime beaucoup s’exhiber, et dans le même morceau évoque la possibilité de s’énamourer et de « te cracher dans la bouche, dans la cage d’escalier ». Les escaliers semblent d’ailleurs pas mal attirer les rappeurs du pont de sèvres, puisque LIM vient soutenir la même cause. Sur le titre Bienvenue dans le four il se vante d’avoir « baisé ta femme dans [ses] escaliers ». On peut noter l’emploi du possessif, LIM dit « mes escaliers » et veut montrer qu’il s’est approprié le lieu. Les escaliers de son bloc sont les siens, à lui, parce qu’il y baise plus souvent que tous les autres et parce que s’il n’en est pas propriétaire, il a malgré tout un droit de préséance quand il s’agit de dévergonder des pucelles en ce lieu sordide.

Le fétichisme est également un délire assez présent dans les cerveaux malades de nos rappeurs. Il prend diverses formes, parfois très surprenantes, surtout lorsque le fantasme porte sur des objets de 420 tonnes pour 935m² de surface, comme c’est le cas chez Sultan. L’homme à l’origine de la plus grande honte de tous les habitants de Bagneux, bien devant Youssouf Fofana, révèle en effet sur le titre Le mzé qu’il a eu des relations sexuelles avec des satellites. Il dit joyeusement « j’ai mis la barre tellement haut, j’ai niqué des satellites », ce qui nous laisse donc penser que le mc a éventuellement tenter de fourrer la station spatiale internationale, ISS, dont les mensurations laissent pantois. Nous avons bien affaire dans le cas présent à une forme très grave de fétichisme, et nous suggérons à Sultan, pour sortir de cette folie, de se mettre le satellite dans le cul une bonne fois pour toute, et de ne plus toucher un micro. A moins qu’il aille s’amuser avec Joke, du coté de la camargue, au milieu d’une flore épanouissante qui permet au rappeur montpelliérain d’assouvir ses pulsions fétichistes. Sa passion à lui consiste à faire l’amour en utilisant des plantes comme stimulant sexuel. Il est permis de parler  de dendrophilie. Joke qui est apparemment connaisseur, se fait très précis sur la plante qu’il utilise pour vous chatouiller la fleur mesdames, et l’herueux élu est un roseau , qu’il vous « met dans la choune », si l’on en croit ses dires sur Scorpion…
Exhibitionnisme et fétichisme font donc parties des moult paraphilies courantes dans le rap français. Aux yeux de la loi, la première est répréhensible. Mais en même temps, les rappeurs s’en foutent pas mal, et dans la logique d’une surenchère permanente et d’une provocation croissante contre le forces de l’ordre, ils n’hésitent plus à crier sur tous les toits leurs petits plaisirs pédophiles.

POINTEURS ET PEDOPHILES

Pour finir cette investigation sur les paraphilies du rap français, il est nécessaire d’examiner de près la plus honteuse de toutes les déviances sexuelles : la pédophilie. Si le clash La Fouine versuce Booba a été l’occasion pour le Duc de porter quelques coups bas à son adversaire, le surnommant Emile Laounizi, Captca Mag suggère à Booba de s’occuper de sa propre vie sexuelle avant d’aller emmerder les autres. Loin d’être innocent en matière de pointage de gamines, Booba a revendiqué dès l’album Ouest Side, sur Le météore, son envie de sortir son zgueg au milieu du bac à sable. A l’époque il ne dénigrait pas du tout Emile Louis, au contraire il lui rendait hommage et se comparait à lui « J’te baise comme Emile Louis »… Pédophile réputé et respecté dans le milieu des pointeurs, Emile Louis a été condamné à deux reprises pour atteintes sexuelles sur mineures. Il partage avec Booba un évident manque d’affection, ce qui peut en partie expliquer pourquoi B2o se reconnaît dans ce pédophile.

fouine pedobearPeut être n’est il pas le seul rappeur à éprouver une certaine sympathie pour Emile Louis, et la vision de Seth Gueko et Alkpote sur la pédophilie peuvent laisser penser qu’eux aussi admirent le bonhomme, et en envient la vie sexuelle agitée. Seth Guex n’a-t-il pas appelé un de ses morceaux Emile Louis Vuitton ? Lui qui menace de temps à autre une enfant à base de « Gamine je vais t’écarter  les parties » (Patate de forain), n’est apparemment pas très regardant sur l’age des personnes avec qui il couche. Son poto Alk de l’u2f ne se montre pas beaucoup plus exigeant sur l’age minimum à avoir pour le satisfaire sexuellement, du moins c’est ce qu’il laisse croire sur Peep show en affirmant « Tu peux me sucer avec ton appareil dentaire ». L’appareil dentaire est certes parfois porté par des femmes adultes, mais de façon générale vous conviendrez qu’il se trouve le plus souvent sur des chicos encore vierges de tous rapports bucco-sexuel… Quand bien même vous douteriez du caractère pédophile d’Alk, Captcha a trouvé un autre aveu dans la discographie de l’Empereur, sur le morceau Légitime défonce, où il se permet de dire « Fiston tu vas te faire fister comme Delphyn Delage ». Cette dernière est actrice porno, et le fait qu’Alkpote compare un enfant , dont nous osons imaginer qu’il n’est pas son propre fiston, à elle, traduit avec pas mal d’efficacité l’état avancé du délabrement mental et sexuel du mc.
Il est malheureusement loin d’être un cas isolé, et dès les années 1990 le rap français compte son lot de pédophiles. Parmi eux sans aucun doute, Niro des 2bal, qui se présente sur Lascars comme « celui qui dépucelle ceux qui ne sont pas initiés ». Homosexuel et pédophile, le CV parfait pour rapper, visiblement. A la même période Doc Gynéco fait lui aussi montre d’un désir d’enfants : « tu viens d’avoir quinze ans hmmmm   intéressant, ne dis rien à tes copines je ne dirai rien à tes parents », promet il sur Viens voir le docteur… L’onomatopée « hmmm » vient de toute évidence illustrer l’appétit insatiable de Bruno Beausire, qui se lèche les babines à l’idée de coucher avec une gamine en âge de passer le brevet…

Ainsi s’achève la longue enquête de Captcha Magazine dans les méandres du rap français, où nous avons croiser un lot impressionnant de malades mentaux, à la sexualité dégénérescente. Les rappeurs français apparaissent comme ayant été bercés beaucoup trop près du mur. Ils nourrissent leur imaginaire sexuel de pédérastie, de pédophilie, de sitophilie, de mysophilie, de sado masochisme et de bien d’autres choses toutes plus immondes les unes que les autres. Ce sont des personnes sûrement très fragiles et en carence d’amour, qui imaginent prenre leur revanche sur la vie en déversant leur foutre dans les orifices les plus incongrus qui soient, et de façon toujours plus condamnable sur le plan moral. Il semble nécessaire d’interroger des psychiatres voire des psychanalystes sur ce que signifient réellement tous ces fantasmes de rappeurs …

Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 2)

Captcha Mag, toujours à la recherche du fantasme inédit de vos rappeurs préférés poursuit son étude sur les multiples paraphilies qu’affectionnent les mc français. Alors que l’ensemble du milieu feint d’ignorer les étranges désirs sexuels des rappeurs, il semble de bon ton de révéler à tous la vérité. Récemment nous relevions que bon nombre de rappeurs étaient gays comme des phoques. L’homosexualité dans le rap étant devenue la norme, les rappeurs donnant sans arrêt dans la surenchère, tout laisse à penser que la zoophilie s’imposera dans les années à venir comme le must-do du rap de rue. C’est à cette paraphilie, consistant à baiser avec des animaux, que nous allons nous attaquer. A celle ci et à d’autres, dont la gérontophilie et le sadomasochisme. Salif parviendra-t-il à se glisser dans tous les paragraphes de cet article, comme il l’a fait dans la première partie ? Serait-il, comme Alkpote, doté d’une telle imagination que son fantasme ultime serait de s’adonner à de violents ébats avec un vieil animal ? Telle est la question que chacun se pose …

30 MILLIONS D’AMIS

Exit Miami et le soleil de Floride, c’est maintenant sur la cote Atlantique de l’hexagone que le gotha du rap se donne rendez vous, et se dispute pour savoir qui est propriétaire d’une cage au zoo de la Palmyre. Qui possède une putain de girafe à sodomiser ? Qui couche véritablement avec des rhinocéros, mâle ou femelles ? Quels sont les rappeurs à réellement éjaculer dans des carpes ? Si ces questions ne font pas encore les choux gras de la presse, elles hantent pourtant l’esprit d’artistes comme Nessbeal ou La Fouine qui se tirent la bourre pour tirer des animaux. Le premier est plutôt du genre amour tropical, et fait le choix de l’exotisme. Dans un élan de confiance, sur Gunshot il se prend pour un dos argenté en toute tranquillité et assure « baiser des femelles babouins »… Il est intéressant de noter qu’il s’imagine être un gorille, or les mensurations d’un gorille sont sans commune mesure avec celles d’un babouin. Il semble donc que nous ayons affaire à un zoophile dominateur. S’il est zoophile, Ne2s n’est pas homosexuel, et prend soin de préciser le caractère féminin de ces partenaires sexuels. Cela n’est d’ailleurs pas forcément rassurant, puis que s’il insiste pour que l’on sache que ce sont des femelles, c’est que Nessbeal est parfaitement conscient de son désir de singe, et il préfère effectivement assumer à fond sa zoophilie, que de laisser penser une seconde qu’il est homo.

Toujours est il que baiser des babouins n’est pas donné à tout le monde, la misère des rappeurs ne leur permettant pas forcément de séjourner du coté du zoo de la Palmyre. Pourtant ils ne peuvent se satisfaire de leurs compagnes et compagnons humains, et se sentent obligé de nous raconter que le top du top pour eux, c’est de fourrer des chiennes. Commençons par Booba, qui dévoile son fantasme sur Boss du rap game : « Comme un pitbull avant d’te baiser j’te renifle le cul » . Comme Nessbeal, le duc de boulbi s’animalise tout seul comme un grand. Il est légitime de se demander à qui appartient le cul que Booba renifle comme un clébard. Deux réponses sont possibles : soit le cul est celui d’une chienne, puisqu’en toute logique, un pitbull enfile des femelles de son espèce ; soit le cul est celui d’une femme, et alors il est tout à fait normal aux yeux de Booba qu’un pitbull et une femme copulent. Quelle que soit la réponse pour laquelle vous optez, elle est dérangeante et remet en cause la santé mentale de Booba. Toujours là pour en faire plus, La Fouine tient à montrer à tout le monde que lui aussi tape dans le chenil, comme sur Nahr Sheitan Click où il explique sereinement que sur « une banquette arrière, avec [sa] chienne [il] joue à tetris ». Le poète fait dans la finesse d’une superbe métaphore, renvoyant l’auditeur au célèbre jeu vidéo Tetris ou des pièces s’imbriquent les unes dans les autres. En clair, Fouiny baby encastre, enfile, imbrique son animal de compagnie, une chienne, sans préciser s’il préfère s’enjailler dans celle ci par l’anus ou le vagin. Mais attention, la Fouine est assez sentimental et évoque l’animal qui fait vibrer son cœur dans d’autres musiques, dont Fouiny Juice, où il livre implicitement quelques détails à son sujet. Sa chienne est une beurette, comme en atteste la formule « j’suis chaud comme le charbon chienne goûte ma chicha !» Au delà de la richesse syntaxique de cette ligne, il est intéressant de se pencher sur ce qu’elle révèle de la zoophilie de Laounizi. Pour commencer, La Fouine coupe l’instru au moment d’hurler son « CHIENNE GOUTE MA CHICHA », ce qui illustre de toute évidence la profondeur de son désir. Secundo, il est « chaud », très chaud même, trop chaud sûrement. Le genre de chaleur qui l’enverrait tout droit à Bois d’Arcy si la police des mœurs passait par là. Enfin, sa chienne fume la chicha, or la chicha n’est fumée que par des beurettes surmaquillées, donc sa chienne est une beurette surmaquillée. On s’enjaaaaaillllle muaaaaah. Toujours au rayon canidé, Alkpote se fait remarquer lui aussi, en posant sur Moyens du bord, « on va t’fister le cul avec le museau d’un labrador ». Cette phrase n’a pas grand sens, mais en dit malheureusement beaucoup sur la libido de Serge Gainzbeur… Quelle idée saugrenue que de vouloir utiliser un labrador comme sex toy ! Cet animal n’a qu’assez peu de noblesse, son museau est très humide et il y a peu de chance qu’il procure une quelconque excitation à la dulcinée d’Alk.

Alkpote est sacrément dérangé, comme vous pouvez le constater. Mais il veut que vous en soyez sûrs, archi-sûrs et dévoile une autre facette de sa zoophilie sur Le retour de l’u2f : « On encule les ptérodactyles. » Quand il pose cette phrase, il atteint des sommets dans le genre. Les pterodactyles sont des dinosaures volants, disparus depuis soixante millions d’années. Vous admettrez que le fantasme est pour le moins étrange. Avec tout le respect que Captcha Magazine a pour Alkpote, nous lui recommandons vivement de consulter un spécialiste, car en affirmant sodomiser des reptiles ailés, il repousse les limites de la zoophilie à un degrés de folie inquiétant.

ILS EJACULENT AVANT LA CANICULE

Sortis de l’animalerie, nos amis rappeurs se dirigent vers la maison de retraite, pour se détendre tranquillement dans des vagins mis à l’épreuve du temps. Vous l’aurez deviné, les types sont gérontophiles. Pour Booba, la cyprine c’est comme le vin, plus le contenant est vieux, mieux c’est. « On te nique ta mère et ta grand mère si elle est toujours en vie », affirme-t-il crânement sur le titre Double Poney…Coucher avec une maman est un fantasme respectable -sauf dans le cas où c’est la votre-, mais pour les mamies, un justificatif est exigé. Au nom de quoi Booba, jeune, riche et bien portant, se retrouverait-il à faire le gigolo ? S’il fait des coquineries avec des femmes de 70 ans c’est de son plein gré, et uniquement de son plein gré. A voir ses clips il était difficile d’imaginer l’ourson aussi dérangé sur ce point, mais nous ne nous étonnons plus de rien. Et puis, c’est avec joie que nous constatons qu’il n’est pas nécrophile. Il ne « te nique ta grand mère » que « si elle est toujours en vie », sinon, c’est mort, il passe son tour. Pas de temps à perdre avec des champignons sur lèvres mortes, il les aime frais.

Et comme d’habitude, à votre avis qui ramène le bout de sa barbichette ? #FouinySondage la famille. Oui oui c’est bien lui, l’os géant du 78, Laouni Mouhid aka La Fouine, est une fois de plus jaloux de son confrère, et veut prouver à la terre entière que lui aussi, il a fourré de la vieille au club du troisième âge de Miami. Booba pose une condition vitale pour niquer une mamie, La Fouine ne prend pas les mêmes précautions, et certifie « on va niquer ta grand mère » parce que « ta mère est trop jeune » sur Nhar Sheitan Click…Vous pouvez constater au passage que La Fouine semble assez conscient de l’âge moyen de son public cible, 3-5 ans, ce qui fait des mamans d’une vingtaine d’années. D’après les bruits de couloirs il eût été possible de penser que des femmes d’un tel âge sont beaucoup trop vieilles pour La Fouine, mais lui certifie le contraire, elles ne le seraient pas assez. Du coup il se rabat sur des mamies, enfin « il », ou plutôt lui et ses potes, étant donné qu’apparemment, dans la banlieue sale, « on » fait ça en bande. On se demande bien où sera Hicham, où sera Toumany, et où sera la mamy…

Enfin ce temps de notre étude dédié à la gérontophilie est peut être l’occasion pour Alkpote de redorer son image. On lui connaît désormais un penchant pour es hommes, où encore pour les fossiles de dinosaures, mais les vieilles ne semblent pas le brancher plus que ça. Bon, bien sur, de temps à autres il n’a rien contre une petite gaterie à l’ancienne par un ancien, comme il le dit sur l’explicite Sucez Moi : « tu veux me pomper vieux, t’auras que ma queue à sucer ». Mais l’empereur nie toute assimilation au mouvement gérontophile dans Bande de Chiennasses. « Non vous ne me sucerez pas le gland, bande de vieillasses usées par le temps ! » C’est chose dite, Alka putain de pote de mange pas de ces pines là.

SADOMASOMUSIC

Sur le même titre en revanche, il dévoile une autre de ses pratiques sexuelles préférées, en plus de la sitophilie. En affirmant « j’te fais mouiller avec un couteau rouillé mais très affuté », le boug du 91 nous laisse admirer son penchant pour le sadisme. Dominateur et violent, il aime avoir recours à une arme blanche pour pimenter ses parties de jambes en l’air. Par dessus tout, il adore utiliser une lame bien crade. Le genre de couteau oxydé qu’on utilise pour faire tourner son tétanos. C’est cela que l’empereur affectionne, une sorte de violence sale, incarnée par cet ustensile atypique qu’est le couteau rouillé. Sûrement plus persuasif qu’une simple main, le Laguiole permet à Alk d’assouvir ses désirs sans que sa chère et tendre ne se fasse trop prier.

Mais l’utilisation d’un couteau ne suffit pas à tout le monde. La domination de certain, comme Monseigneur Mike, n’a pas de limite. Sadique à mort, il jette les armes blanches pour avoir recours au calibre. Le morceau Gangsta rap au champagne est l’occasion pour lui de laisser parler son sadisme : « Lui enfoncer un glock dans la chatte, tirer une balle à blanc » conseille-t-il fièrement. Effectivement c’est probablement une technique efficace pour obtenir ce que l’on veut d’une dame, mais en l’occurrence, il n’y a qu’un pas entre le sadisme et le viol, et Monseigneur Mike semble le franchir. On apprécie quand même la subtilité de la « balle à blanc », pour ne pas causer trop de dégâts. Certes Miky va lui endommager la chatte, mais ce sera pour la blague, pas pour de vrai. Les ovaires ne mourront pas et la belle demoiselle retrouvera très certainement ses capacités reproductives, à terme.

Un autre dominateur à tendance sadique du rap game nous arrive tout droit d’Intouchable. Il s’agit de Dry, qui profite d’une invitation de Mr You sur le son Vieille Meuf pour narguer ses compagnons de jeux sexuels : « J’vous fracasse à coups de hanches .» Le choix du verbe fracasser n’est pas anodin et traduit bien le sadisme de D.r.y, puisqu’il est, rappelons le, synonyme de mise en pièces, de destruction, dans une violence extrême. Autant dire que le mafieux K1fry n’est pas des plus doux au plumard…Il cache bien son jeu, et si même Dry est contaminé par la luxure, la perversion et les fantasmes peu recommandable, on se demande bien quel rappeur y échappera… Sûrement pas Rohff en tout cas, qui lui assume carrément son vice : le masochisme. « Flow hagrah man, complètement maso », dit il sur Dans tes yeux. Cette révélation permet éventuellement de questionner le titre du morceau… S’il aime être dominé, fouetté, souillé, ne serait-ce pas dans ses yeux qu’atterrit le liquide séminal de son compagnon ? D’autant que Rohff dans le même titre explique qu’il est éjaculateur précoce (« j’vais me branler avant pour pas cracher tout de suite »), il y a fort à parier que le mc est plutôt du genre à se faire prendre violemment sur une table. C’est bien évidemment dégueulasse, mais par professionnalisme nous ne pouvions laisser de coté cette tendance de Rohff à la soumission .

En deux articles, nous n’avons pas encore fait le tour de tous les fantasmes qui perturbent les cerveaux de nos chers rappeurs français. Mais nous trouvons déjà un bon lot de déviants sexuels, de Salif à Rohff, de Dry à Alkpote, de Seth Gueko à Monseigneur Mike et la liste n’est pas exhaustive… Gérontophilie, homosexualité, inceste et sadomasochisme sont le quotidien des rappeurs, et Captcha Magazine se donne pour mission de traquer tous les malades mentaux de la musique rap en français. Le rap français apparaît comme une maison close sans mur ni toit, où tous les détraqués sexuels s’acoquinent sans vergogne. Nous poursuivrons l’immersion, au péril de notre innocence…

Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 1)

LE RAP FRANCAIS, CE DEVIANT SEXUEL

Les rappeurs ont la fâcheuse tendance de passer en deux temps trois mesures de l’égotrip au personnal branling. Leur grand délire c’est l’autofellation, pratique sommes toutes peu courante dans la vie des gens normaux. Après tout, les rappeurs ont le droit de faire ce qu’ils veulent avec leur sexe et avec leur bouche, mais cela devient problématique dès lors qu’ils se mettent dans l’idée de partager leurs expériences intimes avec leurs auditeurs. A l’écoute de leurs productions musicales, le langage si fleuri de nos amis poètes nous met en tête les pires images sexuelles qui soient. D’aucuns nous proposent amicalement de nous imaginer leur bite, qu’ils aiment comparer à une batte ou ce genre de choses… D’autres poussent le vice un peu plus loin, en nous imposant de désagréables images mentales les mettant en scène, au lit ou ailleurs, avec des femmes ou d’autres bestioles dont on aurait préféré ne jamais rien savoir. Le rap français s’impose comme le pendant musical de l’industrie porno, sans le côté excitant. Captcha Magazine vous propose de décrypter un peu les diverses paraphilies dont les rappeurs semblent friands. Comme ces derniers sont apparemment de fins gourmets, plusieurs articles seront nécessaires pour comprendre un peu ce qui se passe dans la tête de ces gens… Voici pour commencer les trois premiers types de pratiques sexuelles affectionnées par les rappeurs français: homosexualité, inceste et sitophilie. Pour vous donner une vague idée du fantasme d’un homme qui, comme Salif, semble adepte des trois, il s’agit pour lui de faire des jeux coquins à base de nourriture, avec un membre de sa famille, de sexe masculin.  

RAP GAME CAROLINE FOUREST.

De prime abord, la musique rap en français semble plus homophobe qu’autre chose. Malheureusement, cette peur résulte de toute évidence d’un rejet de soi-même. Le psychologue Henry Adams a, dans les années 1960, tenté de prouver que les homophobes ne l’étaient souvent qu’en raison d’une peur de leur propre identité sexuelle. Les résultats de son étude n’ayant pas convaincu tous ses collègues, nous lui proposons donc de réitérer son expérience, avec de nouveaux cobayes. Des cobayes qui comme Kennedy, aiment crier « nique les PD qui s’galochent en public »  puis se vêtir d’un cuir rose quelques années plus tard, et l’afficher sans scrupule. Effectivement, derrière la dureté des propos homophobes de nos amis rappeurs, se cachent une grande tendresse pour la gente masculine, une tendresse du type de celle que Dave ne renierait pas. Salif, le meilleur rappeur français, à peu près, nous offre ainsi un remarquable coming out dans son excellent morceau Interdit au moins de seize, ou il affirme sans complexe à une personne dont tout laisse à penser qu’elle est de genre masculin : « ta bouche est un lieu de repos pour ma bite ». Avant toute chose, il faut savoir que Salif a une excuse pour cette homosexualité, à savoir sa relation avec Princesse Aniès. De toute évidence, on ne sort pas indemne de ce genre d’expérience, mais enfin, cela ne nous regarde pas…  Le Boulogne Boy qui sait se faire des fois très violent, ne cache pas ici son amour pour la douceur d’une fellation d’homme à homme. Cela rend extrêmement gênante cette phrase lâchée au détour d’un morceau très réussi, puis qu’il décrit clairement la bouche du rappeur agenouillé face à lui comme un endroit paisible et confortable pour loger son attribut masculin. Sachez que la politique de Captcha Mag dans cet article consiste à ne pas juger les rappeurs, surtout quand ils ont couché avec Princesse Aniès, mais nous n’en pensons pas moins…
Si Salif privilégie l’amour lorsqu’il couche avec des hommes, certains de ses confrères se font eux beaucoup moins délicats, et font la part belle à la domination et à une certaine idée de la virilité. C’est le cas de Seth Gueko qui dans
Ils nous baiseront pas se montre très attaché à sa supériorité au lit, en clamant un joli « tu vas t’en prendre plein le cul pédale ». On est loin de la tendresse de Salif. Ici le Gueko se fait dominateur voire violent, renvoyant l’homme qu’il compte sodomiser à sa propre homosexualité.

Nous ne doutons pas du fait que Seth Gueko ait pu satisfaire son désir de pénétration anale, éventuellement avec son ami Alkpote, qui lui aussi revendique ouvertement sa bisexualité. Dans Allez boum, l’empereur déclare joyeusement à une demoiselle que son chéri, à elle, lui « suce le sexe » à lui. Voici donc un homme qui défend la même cause que Caroline Fourest, et il n’est pas un cas à part dans le rap français, loin s’en faut. Le temps nous manque pour parler exhaustivement de la pédérastie qui gangraine cette musique, mais nous ne sommes pas à cours d’exemple. Attardons-nous donc sur celui de l’homme que l’on nomme Sinik, le dangereux assassin essonnien, qui menace son ennemi de toujours Kizito, d’ingérer goulument par voie buccale son liquide séminal. Dans un clash , aprrès avoir annoncé au crew de Kizito qu’il l’enculait, il tient à préciser à son adversaire que « des comme lui, il en avale trois par heure ».  Au sens propre, il semble que Sinik prétende manger l’équivalent de trois Kizito par heure. Mais compte tenu de la carrure de Kizito, et de celle du plus Thomas des Algériens, tout laisse à penser que S.I.N.I.K avale en fait du sperm, et qu’il vide chaque heure trois paire de couilles ayant la même contenance que celle de Kizito… On le croit sans peine, lui qui partage le lit de Kayna Samet et on le remercie de ne pas avoir illustré de trop près cette idée dans le clip du morceau.
Autre tête d’affiche à faire part publiquement part de son attirance pour les mâles, Rohff étale dans
A bout portant, les sentiments de tristesse et de déception qui s’emparent de lui, lorsqu’il apprend qu’un ami à lui a partagé son zgueg avec une tierce personne. « Wesh gros, tu m’as trahi t’es pas mon poto, ta bouche sent la bite d’un autre négro » déclare-t-il à un proche. L’adjectif qualificatif peut laisser penser que Rohff a un penchant pour les obèses, mais il n’en est rien, « gros » étant l’expression préférée de tous les voyous du 94. Par contre, nous savons que les braqueurs val de marnais ne vont pas tous fourrer leur nez entre les lèvres de leurs amis. Et quand bien même cela leur arriverait par hasard, il est peu probable qu’ils aient l’odorat suffisamment aiguisé  pour reconnaitre des effluves de bites. Il est par ailleurs surement nécessaire d’avoir déjà reniflé une teub pour en reconnaitre l’odeur. La phrase de Rohff ne permet donc pas de douter très longtemps sur le caractère sodomite du mc. Sodomite, oui, mais amoureux, comme en atteste le superbe « tu m’as trahi t’es pas mon poto » à valeur performative, puisqu’une fois prononcé, il est évident que la liaison qu’entretenait Rohff avec ce « gros » n’a plus lieu d’être. Voilà donc un ennemi en plus pour Frigide Barjot, Housni prouvant que l’amour existe aussi chez les homosexuels, et que ceux-ci peuvent prétendre au même droit au divorce que les autres.
Pour épauler Salif, Rohff et consort dans leur lutte acharnée pour les droits sociaux des tarlouzes, le meilleur rappeur de sa génération, en la personne de Niro,  propose de donner un coup de main. Pour le moment, il tient à en rester à l’amour entre rappeurs, mais la suite de sa carrière donnera peut être lieu à une plus grande ouverture d’esprit encore que celle dont il fait preuve sur le titre
Scorpion remix lorsqu’il s’exclame « que des rapports sexuels avec des rappeurs tellement je les baise !! » L’interprétation rageuse du rappeur donne une idée de sa conviction : il ne touche que des rappeurs, et plutôt de fois qu’une, si l’on se fie au choix de l’adverbe « tellement ». Bon, il est  du genre homosexuel actif apparemment. Joke, le rappeur qui l’invite sur ce titre, est en toute logique, l’autre pièce du puzzle. Celle qui se fait enfiler. Et il n’hésite pas à le signaler, sur le titre MTP Anthem, en lâchant un grand « quand on monte à Paname, sensation de fourrage anal » dont on hésite encore à dire s’il est plaintif ou joyeux.  Sachant que Montpellier est réputée pour être le San Francisco français (comprenez, la capitale de la tarlouzerie), on ose pas du tout imaginer le sort réservé à Joke dans les locaux de Def Jam France à Paris…


A LA LILLOISE, A LA, A LA LILLOISE.


Si le rap français compte donc une belle brochette de pédales, dont nous n’avons mis en lumière que quelques pièces, l’homosexualité n’est pas la seule pratique déviante dont les mc français sont adeptes. Et là, nous montons d’un cran, pour vous parler d’un phénomène encore tabou dans les médias spécialisés : l’inceste dans le rap. Si Bourdieu a montré que la prohibition de l’inceste avait une valeur universelle, le rap français constitue, avec le Nord Pas De Calais, l’un des derniers bastions où baiser des gens de sa famille a un caractère excitant. Encore une fois, Salif est là pour nous aider dans nos recherches, lui qui dans
Ghetto Youth, interpelle une demoiselle à base de « Pssst cousine t’es charmante » en lui ordonnant de « venir là ». Celle-ci le renvoie bouler, et la scène laisse relativement sceptique l’auditeur. Concrètement le, « viens là » sous-entend un « pour que mon pénis fasse des va-et-vient dans ton vagin ».  Vous admettrez que c’est un sous-entendu gênant, sur lequel nous ne souhaitons pas nous attarder outre mesure. En revanche, du plus profond de notre cœur, nous espérons que la cousine en question ne soit pas Princesse Anies, parce que là, le mauvais gout viendrait s’ajouter à l’inceste sur les charges accablant Salif.
Du côté de Trappes,  les fantasmes d’orgies familiales hantent les pensées de La Fouine. Cet homme se masturbe probablement sur son propre arbre généalogique, ce qui est franchement dégueulasse, mais ne le choque pas plus que ça.  Quand il invite Rohff sur
Passe Leur Le Salam Laouni laisse un peu parler ses désirs charnels, en avouant à l’auditeur ce que voici : « On a baisé ta sœur, ton petit frère est mon neveu ». L’enquête de l’INSEE sur cette idée saugrenue est encore en cours. Admettons que La Fouine engrosse la sœur d’un type, celui-ci aura pour neveu le fils de La Fouine. En aucun cas le type n’aura de frère, à moins que sa mère soit également sa sœur. Ce serait fort étrange… Laouni n’aura pas de neveu, à moins que la meuf qu’il baise soit en fait sa sœur. Donc le fils de La Fouine serait effectivement son neveu, et le type à qui il s’adresse serait son frère. Une autre interprétation de cette ligne est possible, mais mène à la même conclusion : les fêtes de famille chez La Fouine sont des orgies. Le « est » pourrait en fait être un « et », et le mc nous dirait simplement qu’il a baisé son propre neveu. « Cela ne nous regarde pas… »
Dans le trip familial, un rappeur inattendu se fait remarquer, en la personne de Doc Gyneco. 
Celui qui vient chez toi est aussi de ceux qui préfère la pureté d’un amour entre cousins au métissage interfamilial. Une sorte de nazi du love, un Lannister sous produit, qui s’adressant au mari de sa cousine de maitresse avance «  tu ne me connais pas, ta femme me connait, je suis ton meilleur ami, ton cousin, ton refré ». Il n’y pas à proprement parler de consanguinité dans le cas présent, dans la mesure où si le type à qui Gyneco parle est son cousin, sa femme n’est qu’une cousine par alliance. Dans ce cas, c’est permis. Ca fait batard mais c’est permis. Si Gyneco parle en revanche à son frère, il n’y a toujours pas de consanguinité, mais coucher avec sa belle-sœur reste un sacré coup de pute, et l’échangisme familial est une coutume que notre société ne tolère qu’à moitié. Vicelow, du Saian Supa Crew, n’a en revanche aucun souci avec cela, et se vante de sauter celle qui partage les jours de son frère. Il le fait très explicitement dans Monte dans la Vago : « J’ai aucune gêne, c’est dans les gènes, je bouffe la foufoune de la meuf de mon frangin ». C’est là une activité certainement distrayante, mais Vicelow est encore un rappeur qui nous prouve que l’amour en famille est monnaie courante dans ce milieu. Non content de raconter à tout le monde qu’il fait des cunnilingus à sa belle sœur, il précise que c’est un désir quasi pulsionnel, contre lequel il ne peut lutter puisqu’il est inscrit dans son patrimoine génétique. Rappelons qu’il partage une partie de se patrimoine génétique avec son frère, tout laisse à penser que le frère de Vicelow fait également l’amour à sa belle sœur, la meuf du rappeur. Produit en croix.


CULINAIRE CUNILINGUS.


Vicelow n’a pas honte de lécher des vagins, c’est son droit le plus strict, et il n’est pas le seul rappeur de France à s’en vanter. Mais surement las du gout de la cyprine, un certain nombre d’entre eux préfère agrémenter le jus de chatte de quelques accompagnement nutritifs. Seth Gueko par exemple « mettrait bien de la chantilly sur la chatte d’Ashanti » si l’on en croit ce qu’il raconte dans
La Nuit. Il ne précise pas quelle utilisation serait faite de cette crème chantilly, mais il est malheureusement assez peu probable qu’il la regarde couler sans aller y fourrer sa grosse langue de gitan. Au pire, il appellera son poto Rim’k à la rescousse. Le rappeur du 113 prend très à cœur les consignes de la publicité pour manger cinq fruits et légumes par jour, et il commence par des fraises, sur une teuch. Dans Salam, il parle à une demoiselle, qu’il appelle gentiment « mon amour » et exige d’elle qu’elle « prépare les fraise et la chantilly » puisqu’il « va lui faire l’amour » et, cerise sur le clito, « ce sera filmé ». Poète, Rim’k ne baise pas, ne nique pas, ne saute pas, il fait l’amour. Classe et raffiné, le coquin ne commet pas le pêché de chaire sans ses fruits et sa crème. Sextape coming soon rolalala comment j’ai hâte ! Enfin, presque…
Tout le rap game n’a pas la tendresse de tonton Karim, et Alkpote s’illustre encore une fois par son inventivité au lit. Sitophile expérimenté, le mec se fait très exigeant, et ne parle qu’à l’impératif à ses conquêtes, leur ordonnant
tantôt de venir « branler son oursin » avec du « du bon lait, du boursin », tantôt de « lécher son concombre et ses citrouilles ». Jean Pierre Coffe apprécie l’idée, et Maïté s’empresse d’apporter le fromage.
Enfin, l’heure est venue de reparler de Salif, qui ne mange pas forcément aussi équilibré que Rim’k et Alk. Du moins il n’incite pas ses partenaires sexuels à se nourrir sainement, puisqu’il préfère, dans
Peep Show les convier, s’ils ont faim, à déguster « sa bite, au chocolat fourrée ». On ne tient pas franchement à vous faire un dessin d’une twix-bite. Enfin de compte, comme dans Brice De Nice, Salif a des éclairs à la place des pieds, sauf que dans son cas, c’est à la place du pénis. Il se tient donc à votre disponibilité, si vous êtes sitophile, pour quelques jeux coquins. Mais encore une fois, « cela ne nous regarde pas …»