Rap français : bilan du premier semestre 2014

On approche tout doucement de la fin du premier semestre de 2014. Certains passent leur bac, d’autres s’éclatent au Brésil, pendant que les rappeurs ont du mal à boucler leurs fins de mois. L’heure est venue de tirer un premier bilan de ce qu’il s’est passé dans le game depuis janvier. Lire la suite « Rap français : bilan du premier semestre 2014 »

Les séries qu’on a maté en 2013-2014

Fargo, saison 1

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La série anthologique a le vent en poupe. Une excellente nouvelle : d’une part, on évite les intrigues étirées et distendues sur trop de saisons, et d’autre part, les chaines peuvent se permettre d’offrir des rôles d’envergure à des acteurs qui ne veulent pas forcément s’engager pour plusieurs années. Résultat, on se retrouve avec un Martin Freeman qui affronte un ennemi bien plus dangereux que Smaug : Lorne Malvo. Sans trop en dire pour ne pas spoiler, Lorne Malvo est le tueur à gages le plus [insérer un synonyme de badass] depuis Anton Chigurh (No Country for Old Men), et l’une des principales raisons de considérer cette saison 1 de Fargo comme l’une des plus belles réussites télévisuelles de l’année. Un univers riche et déroutant, une galerie de personnages assez extraordinaire, et un scénario incroyablement bien ficelé : l’esprit des frères Coen hante cette série. Vivement la saison 2. – Genono

Platane, Saison 2

Platane c’est déjà à la base un genre d’OVNI sur la télé française. Eric Judor (tout seul) tentait une première saison très originale sur le thème : Eric Judor raconte sa vraie vie d’après Eric et Ramzy, et fait du cinéma sérieux. Ok, le fil conducteur – le cinéma sérieux – était vraiment, vraiment relou mais l’écriture était vraiment sympa et surtout, surtout, Eric était vraiment excellent en menteur pathétique et loser invétéré. Une vie rêvée bien pourrie dans laquelle il était drôle seulement quand il cherchait à être sérieux. Alors cette saison 2 ? Encore meilleure. Eric a compris que si ça marchait bien seul, ça marchait encore mieux avec Ramzy. Prétexte ? La tour Montparnasse infernale 2. Et ça défonce. L’écriture est encore meilleure, débarrassée des lourdeurs de la saison 1. Reste un Eric encore plus pathétique, Ramzy dans un personnage de célibataire mi connard mi sympa, et des récurrences de la première saison, dont Flex le légendaire beau frère d’Eric. A voir sans hésiter.- Buddy Love

True Detective, saison 1

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Sur True Detective je partais avec des réserves déjà, eu égard à la hype autour du truc qui me faisait dire qu’il devait y avoir de l’enculerie derrière tout ça. Et au premier épisode, la claque. Le rythme, la réalisation,  le jeu d’acteur, tout est juste impeccable. Tout a déjà été dit partout sur cette série excellente. Il faut simplement souligner que l’idée de clore l’histoire à la fin de la saison et de s’arrêter là est une idée de génie. Pas si loin de nous, Prison Break nous avait fait regretter une saison 1 incroyable par un jeu de prolongations qui ont finalement ridiculisé toute l’œuvre. – Buddy Love

La barre est tellement haute, j’ai jamais vu ça à la télévision. J’aurais presque peur de salir un tel chef d’oeuvre en posant des mots dessus, alors je vais me contenter de la fermer. – Genono

Cette série mériterait un article dédié. C’est LA vraie série de cette année, un pur bijou. Même si, j’avoue que j’ai du mal à savoir dans quoi je mettais les pieds lors des deux premiers épisodes, la force du scénario et le jeu des acteurs font mouche immédiatement. L’originalité de cette série est que la saison couvre une seule enquête qui balaye 3 périodes distinctes (1995-2002 et 2014). L’autre bon point de la série, c’est de l’avoir situé dans le Sud des États-Unis, cette zone bien trash et consanguine qui n’est pas sans nous rappeler le Nord de la France. Ce côté White Trash et Country Swag (ndlr : WTF ?!) donne encore plus de noirceur dans l’ambiance de l’enquête. S’il n’y a qu’une série à retenir cette année, c’est bien celle qui nous a offert les 6 minutes les plus classe de la télé. – Mido Ban

Californication, saison 7

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J’ai regardé cette dernière saison de Californication un peu comme si je rendais visite à un vieux copain cancéreux en soins palliatifs : on a bien rigolé ensemble y’a quelques années, mais là, il faut vraiment que ça s’arrête, parce que ça devient dur à vivre pour tout le monde. Pourtant, si on fait fi des ficelles scénaristiques incroyablement subtiles -attention, spoil à venir- et cet ingénieux « tiens, Hank Moody a un fils caché depuis 20 ans ! », cette saison 7 est moins catastrophique que ce à quoi on pouvait s’attendre : les dialogues font encore mouche, et le trinôme Hank-Runkle-Marcy fonctionne toujours bien. Avec un peu de chance, on aura même droit à un épisode final honorable. Étant données les conclusions des deux-trois dernières saisons, c’était vraiment pas gagné. – Genono

American Horror Story : Coven (Saison 3)

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Troisième série anthologique de ma liste, American Horror Story semble peu à peu abandonner le genre horreur pure, pour s’aventurer vers une exploration plus large des bizarreries de la culture populaire. La saison 3 s’aventure du côté de la sorcellerie et du vaudou, dans un décor qui ne déplairait pas à notre Jean-Pierre Labarthe préféré : la Louisiane, son bayou, ses marécages, et ses personnalités historiques : Marie Laveau et Marie-Delphine LaLaurie. Après les nazis, les amputations, les viols et les extra-terrestres de la saison 2, il est évident que les banales histoires d’inceste, de sodomie par un minotaure, et de nécrophilie de cette saison 3 me paraissent un peu fades. Une saison sympatoche, mais pas folle, façon « Buffy contre les vampires sous speed, avec un peu de cul« . La saison 4 se tiendra dans un cirque ambulant des années 50, avec des nazis et, surtout, avec Michael Chiklis, le Vic MacKey de The Shield. Avec un peu de chance, il jouera un nazi extra-terreste nécrophile. – Genono

The Big Bang Theory, Saison 7

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The Big Bang Theory a réussi une prouesse dramatiquement ratée par sa cousine How I Met your mother : suivre une courbe d’intérêt ascendante. Comprenez : plus le temps passe, plus TBBT devient géniale, les personnages sympas ,et les histoires étoffées. C’est simple : là ou HIMYM s’est perdue au fur et à mesure des années dans des histoires tertiaires dénuées d’intérêt et surtout, dans le meurtre pur et simple de Barney Stinson (les vrais sauront), TBBT a su amener du sang neuf avec de nouveaux personnages. Notamment Amy et Bernadette qui ont réellement apporté une plus value. Amy a permis de mettre Sheldon dans des situations encore plus ubuesques et Bernadette a permis à Howard de quitter sa mère et par le même temps de le placer dans une nouvelle sphère comique. On regrettera la relation Leonard / Penny qui semble au point mort (ses véléités d’actrice … #smh) mais le reste vaut vraiment le coup. Jusqu’ici toute la série reposait sur le génie comique de Sheldon. Il est démultiplié grâce à Amy. Sept ans, c’est le moment fatidique pour une relation. Celle que TBBT entretien avec son public semble définitivement au beau fixe. – Buddy Love

Peaky Blinders, Saison 1

Le genre de série à laquelle tu jettes un oeil uniquement pour le casting : Cillian Murphy, Sam Neil, en attendant Tom Hardy dans la saison 2 … bordel ! Et au final, 6 épisodes plus tard, tu te rends compte que certes, les performances des acteurs sont superbes, mais qu’en plus la BO, le scénario, les décors, les coupes de cheveux, les ourlets sur les pantalons, le battement des ailes des oiseaux en arrière-plan dans l’épisode 4, la manière dont respire le figurant au fond de l’allée à 38’21 dans l’épisode 2 … tout est absolument parfait. Bon, ok, y’a une amourette à la con, et deux-trois conneries dont on se serait bien passé, mais frère, Peaky Blinders c’est grand. – Genono

Homeland, Saison 3

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De base cette série est pour moi un modèle du genre. Le genre de série qui repose sur un pitch tenant sur un bout de papier. Si le concept initial peut être original et emballant, il a souvent du mal à passer le cap de la saison 1 (le fameux syndrome Prison Break). Du coup, cette saison reprend sur un rythme bien bâtard, on a du mal à comprendre où la série veut en venir suite à l’attentat survenu à Langley (et la mort de la moitié du casting). Finalement, on replonge rapidement dans les travers de la série manichéenne post-11/09, avec une stratégie ultra-WTF : placer un agent double de la CIA à la tête du régime Iranien. Bref, on reprend plus ou moins la logique de lasaison 2, Brody est un terroriste en cavale, ensuite c’est un agent double, puis un traitre puis un … Bon, t’as compris l’idée, jusqu’à arriver au cliffhanger de la mort qui tue qui te donne envie d’attendre la saison 4 … sauf qu’on ne m’y reprendra pas deux fois. A éviter. – Mido Ban

House of Cards, Saison 2

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House of Cards première saison du nom j’en avais dit du bien déjà ici même. Ca faisait un peu groupie mais c’était vraiment excellent et original. Pour la saison 2 on retrouve Franck encore plus enculé que précédemment. La folie du gars est à la mesure de son ambition, décuplée alors qu’il touche son rêve du bout des doigts. Du coup, même si la série abandonne un peu l’intrigue politicienne qui la rapprochait d’A la maison blanche, elle développe un côté thriller qui lui va à ravir. Au final, même si j’ai regretté certains raccourcis de début de saison, le tout est homogène, passionnant et impossible de lâcher jusqu’à la dernière seconde. Ça promet une superbe saison 3. – Buddy Love

Là, on passe à autre chose : du lourd, de la haute couture, le retour d’House of Cards. Après une première saison tout simplement parfaite, on retrouve Franck Underwood là où on l’a laissé, et sa soif de vengeance semble s’être atténuée avec l’obtention de son poste de Vice-Président. Seulement, il se retrouve rapidement face à un adversaire à sa mesure, en la personne de Raymond Tusk. Cette saison est donc une sorte de lutte entre deux personnes voulant avoir le champ libre pour manipuler le Président. Des coups de putes à tour de bras, des dommages collatéraux, et une fin de saison somptueuse. Bref, la confirmation encore une fois que la série de Netflix s’impose de plus en plus comme un classique avec un Kevin Spacey grandiose. – Mido Ban

La première saison d’House of Cards était tellement grandiose qu’on s’attendait forcément à quelque chose d’aussi monumental pour la suite. Déception. Franck Underwood est toujours un incroyable stratège et un manipulateur né, aucun souci là-dessus. Le reste, en revanche, c’est peau de zob. Entre un Président des Etats-Unis faiblard et naïf, une théorie du complot matrixée qui n’apporte absolument rien à l’intrigue, et une scène ô combien traumatisante pour tout homophobe qui se respecte … Bref, saison 2 globalement décevante, va falloir arrêter de se laisser griser par le succès et redresser la barre. – Genono

How I Met Your Mother, Saison 9

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J’ai longtemps hésité à ajouter cette série dans cette sélection par pudeur… La pudeur de ne pas mentionner une série que j’aimais bien à ses débuts, et qui est en train de totalement agoniser. Je n’arrive toujours pas à dater à quel moment cette série est réellement partie en couille. En tout cas, les 4 dernières saisons donneraient du crédit à toutes les personnes voulant autoriser l’euthanasie dans ce pays. Pourquoi continuer à la regarder ? Curiosité morbide, peut être. En tout cas, rallonger d’une saison le calvaire n’aura pas été la pire idée des scénaristes … Histoire de rendre encore plus merdique cette saison, ils ont décidé de faire dérouler les 24 épisodes en un seul week-end (le mariage de Barney et Robin). Inutile de dire que la fin de la série est une énorme déception et qu’on a réellement l’impression d’avoir perdu son temps en la regardant. Le pire dans tout ça, c’est que le crime est parfaitement prémédité, car la majorité des scènes finales ont été tournées en 2006 … – Mido Ban

Game of Thrones, Saison 4

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Difficilement pour moi d’avoir un avis objectif sur cette saison, étant lecteur du bouquin. Cette saison correspond au passage le plus marquant de l’œuvre littéraire. Malheureusement quelques libertés prises par les scénaristes me laissent sur ma faim. Même si je n’ai aucun problème avec les modifications en soit je trouve dommage d’avoir coupé des passages (très courts) du bouquin, qui modifient énormément la psychologie des personnages (Tyrion notamment). Cependant la série reste très bonne, même si son succès nous pousse à éviter les réseaux sociaux infestés de fils de putes tous les lundi. La seule grosse déception demeure dans la fin de la saison pour deux raisons : la première, le choix de mettre la bataille du mur en un seul épisode, ce qui la rend moins épique et plus indigeste ; la deuxième, ne pas avoir fini avec l’épilogue du bouquin qui nous faire revenir à la vie un personnage assassiné précédemment … – Mido Ban

Dix épisodes de 55 minutes chacun pour voir l’intrigue avancer d’un demi-pouce de Tyrion. Heureusement qu’il y a eu un viol entre frère et sœur pour sauver un peu les apparences. – Genono

Odezenne : «Le titre Je veux te baiser est un geste de liberté créative» (interview)

La semaine dernière, je vous livrais une chronique de « Rien » dernier EP en date du groupe Odezenne. Deux jours après sa publication, je me suis rendu au festival Aucard, à Tours,  pour interviewer le groupe bordelais juste avant leur concert. Lire la suite « Odezenne : «Le titre Je veux te baiser est un geste de liberté créative» (interview) »

Riski et moi

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A la base, j’avais pas prévu d’écouter Riski. Tout ça parce que, comme une bonne frange du rap-game, Metek s’était aventuré dans un tweetclash avec moi (mon amour pour les nazis est incompréhensible pour certains, soit). Je me suis dit « quel connard ce boug, jamais j’écouterai son album ». Le souci, c’est que ce connard rappe très bien. Alors forcément, quand la moitié de mes contacts est en sang sur sa dernière production, je finis par me dire que finalement, je vais peut-être y jeter une oreille. Surtout que les dernières sorties rap français ne m’enthousiasment pas le moins du monde. Après tout, si je n’écoutais que les rappeurs qui m’aiment bien, je n’écouterais plus grand monde.

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J’ai donc lancé l’écoute de ce Riski. Et merde, le produit est bon. Alors une fois l’écoute terminée, je l’ai re-lancée. Puis encore une fois, et encore une autre. Quinze, ou vingt écoutes plus tard, je ne sais toujours pas quoi en penser. Une position que Pure Baking Soda a parfaitement résumé : « dur d’oser donner un avis sur ce disque, il est tellement personnel« . La seule chose dont on puisse être certain, c’est que Riski est un très bon disque. La première remarque je me fais, c’est qu’après un nombre conséquent d’écoutes complètes, je ne suis pas lassé. Contrairement à une majorité d’albums récents, très bons, certes, mais qui saturent trop rapidement, Riskavi s’apprécie sur la durée, au fur et à mesure qu’il se découvre. En exagérant l’idée, on pourrait considérer Riski comme l’antithèse d’Or Noir. Or Noir tabasse dès la première écoute, met des grosses baffes à chaque mesure, mais tourne rapidement en rond une fois que la surprise est passée. Au final, on l’écoute de moins en moins au fil des mois. Un album consommé jusqu’à l’os, puis jeté parce que devenu incapable de nous surprendre.

Riski est donc tout le contraire : il faudrait un bon millier d’écoutes pour tout comprendre. Et encore, on pourrait y revenir dans dix ans, et capter encore un quelconque sens caché, une référence dissimulée sous l’herbe, une phase mal comprise pendant les 999 premières écoutes. Pour autant, ce n’est pas non plus un disque complètement inaccessible. Metek a eu la bonne idée de combiner ses textes ultra-personnels avec des mélodies extrêmement porteuses. Ça parait simple : le fond est travaillé, la forme aussi. Mais pourquoi tous les rappeurs ne font pas ça ?

Deuxième remarque : Riski est ce genre de disque intemporel, qu’on résumerait presque par un caricatural « ni old-school, ni futuriste ». Pas de boom-bap à la con, pas non plus de gros beats trap, d’adlibs dans tous les sens, ou de sur-abus de voix autotunées. Juste des refrains chantonnés, des couplets denses, un flow technique et quelques belles accélérations bien dosées. Merde, je vous jure que cet article n’est pas sponsorisé. Riski m’a complètement convaincu.

Tiens, à l’instant, mon collègue entre dans le bureau, entend le refrain de Payer tes dettes, et me lâche un « ça fait quinze secondes que je l’entends, et je l’ai déjà dans la tête. C’est qui ? Metek ? Connais pas ». Metek est peut-être un petit con sur les réseaux sociaux, mais le public français gagnerait à écouter sa musique.

Rien à ajouter.

A lire : une très très bonne chronique de Riski par Paperboys

Alkabitbol, Le rappeur le plus classe du monde

Sans titre

-Une fois n’est pas coutume, on commence notre histoire avec 2 membres de 1995, Alpha Wann et Nekfeu, mais vous barrez pas, je vous jure qu’on va rire, malgré tout.

Alpha Wann -Wesh.
Nekfeu -Wesh ?
Alpha Wann -Wesh.
Nekfeu -Qu’est-ce qu’il te prend de dire « wesh » ?
Alpha Wann -Rien. C’était pour dire « wesh ».
Nekfeu -Bah ça. C’est pas banal.

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-Chemin faisant vers le studio, ils échangent d’autres amabilités jusqu’à arriver sur les lieux pour alors tomber nez à nez avec un étrange spectacle.
Alkpote -Salut les rappeurs conscients.
Nekfeu -Mais ? Qu’est-ce que tu fais là ?
Alkpote -Je vous attendais, je voulais vous parler.
Alpha Wann -La bite à la main ?
Alkpote -Ouais, je trouvais le temps long, alors je me branle en attendant.
Nekfeu -Mais on est là, maintenant. Tu peux arrêter.
Alkpote -J’arrive aussi, t’inquiète.
Nekfeu -…
Alpha Wann -…
Alkpote -Voilà une bonne chose de faite. Chaud lapin avec des rouleaux de sopalins.
Nekfeu -Doux Jésus, à quoi venons nous d’assister ?
Alpha Wann -J’ai bien peur que…
Alkpote -Bon c’est pas le trou, mes gargouilles, mais je suis là pour vous inviter sur ma mixtape, les petits hipsters.
Alpha Wann -Ça c’est des rumeurs, on a jamais été des hipsters.
Nekfeu -Et encore moins des rappeurs conscients.
Alkpote -Mais si, vous êtes des petits hipsters donc vous faites du rap conscient démago pour puceaux et c’est exactement ce qu’il faut sur ma tape.
Nekfeu -Euh… Pas exactem…
Alkpote -C’est A L K P O T E ! La putain d’bite qu’il fallait dans ta putain d’bouche.
Alpha Wann -Euh… Nous on est plus hiphop et…
Alkpote -Ouais mais ta gueule quand même.
Nekfeu -Mais y’a longtemps j’ai fait un freestyle où je disais « tu suces ma verge et tu m’appelles Nek », on doit pouvoir trouver un terrain d’ent…
Alkpote – Faux, nul. Quand tu dis ça tu ne fais que constater que ton pote te suce, c’est pas suffisant.
Nekfeu – Nan mais ho ! J’imaginais une meuf à la base.
Alkpote – Sûrement, sûrement. Le truc c’est qu’il faut que ce soit un ordre, que le public comprenne qu’il a pas le choix. Toi avec ta phase t’arrives après la bataille, ça n’a aucun intérêt.

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Alpha Wann -En tout cas, j’aime beaucoup L’Unité 2 Feu.
Alkpote -De quoi ?
Alpha Wann -Donc je suis partant pour un feat avec toi.
Alkpote -À la bonne heure, mon bucéphale hystérique.
Nekfeu -Tu crois qu’il sait ce qu’il dit ou il balance des mots au hasard ?
Alpha Wann -Tu crois que t’es vraiment bon ou juste un gars qui est bon quand il refait ce que des mecs bons ont déjà fait ?
Nekfeu -Quoi ?
Alpha Wann -Certaines questions resteront sans réponse
Alkpote -C’est quoi le dernier son que vous avez fait ? Salope ! Salope !
Alpha Wann -C’est un morceau où on parle de souvenirs, de flashbacks, un morceau qui donne le spleen, le blues.
Nekfeu -Moi par exemple, je parle de mon grand père qui est décédé et…
Alkpote -Parfait ! Alors, les p’tits bobos, je vais poser sur ce son et dire que j’explose des diaphragmes. Et le foutre sur mon projet.
Nekfeu -Hey mais…
Alkpote -Et je veux pas du gars en gueu-gueu dessus.
Sneazzy -Je peux pas poser sur le son ?
Alkpote -Non, toi tu fais vraiment trop gay. Sur ta face j’ai envie de cracher mon glaire.
Sneazzy -Ah ça. Mais vous refusez le dialogue.
Alkpote -Exactement, je veux pas qu’on parle, je veux que tu me bouffes l’anus pendant que je me branle.
Sneazzy -Et c’est moi qui suis PD, après ?
Alkpote -C’est toi qui mets des strings, suceuse ! Et de toute façon y’a déjà un blanc sur le feat, les quotas seraient dépassés avec toi
Sneazzy – Mais je suis marocain
Alkpote – Va dire ça à ta coupe de cheveux.

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-On retrouve Sneazzy, à table, prenant un petit déjeuner, au bar des rappeuses (me demandez pas pourquoi, moi même je sais pas ce qu’on fout là).
Moon’A -Demander des feats à d’autres rappeurs, je trouve ça drôlement courageux de la part d’un petit PD comme toi.
Sneazzy -Mais je suis pas PD.
Shay -C’est fou que t’aies tant de complexes.
Moon’A -Allez, dis le que t’es PD.
Sneazzy -Je vous jure que non.
Shay -En string, t’étais bonne.
Sneazzy -Mais euh !!… Très bien, je vais tout vous dire… j’étais pas en string… C’était euh… un caleçon avec un string dessiné dessus !
Shay -Mais bien sûr, tu joues à faire l’homo mais t’es pas homo.
Moon’A –Pourquoi imiter les guêpes ? Une calamité.
Shay -Tu voulais dire les deps, non ?
Sneazzy -Ou les gays ?
Moon’A –Compte les rapports. Tu vois pas le rapport ? Accélérateur ! Je ne vois plus de rappeurs.
Sneazzy -C’est facile de compter mes rapports, j’en ai jamais eu.
Moon’A -…
Shay -…
Moon’A –Prie pour être stérile ou tu feras un enfant de putain.
Shay -Ça j’ai compris.
Sneazzy -Mais c’était crédible, comme excuse, le coup du string dessiné sur le caleçon, nan ?
Shay -Non.
Sneazzy -Rhooo la bitch.
Shay -C’est moi que tu traites de bitch, là ? Parce que si t’es pas content, on peut en parler autour du nine (elle sort un 9 milli de son sac à main).
Sneazzy -Euh… Non… Je parlais de moi !
Shay -Je préfère. Bitch, je suis tyrannique.
Moon’A -Allez, y’a rien. Je paye ma teille…
Sneazzy -Enfin quelqu’un qui reconnaît ma supériorité, faible f…
Moon’A –Pour te l’enfoncer dans le trou, biatch !
Sneazzy -Quelle barbarie… Cela dit, c’est assez émoustillant d’imaginer la scène.
Moon’A -MCs travestis jouent les Boyz n the hood mais ont toujours le cul opé.
Shay –Penalty sur ces pouffiasses.

 

-On retourne dans le studio-
Alkpote -Rebonjour les p’tits hipsters ! Alors on est revenus voir son petit Alka putain d’pote préféré ? On cherche des émotions violentes ?
Nekfeu -Mais on a pas bougé d’ici.
Alpha Wann -Et tu n’es jamais parti.
Alkpote -C’est comme ça que je fonctionne ! C’est comme ça que je fonctionne !!
Nekfeu -Bon, au moins ce sera toujours du rap multisyllabique sur du boom bap. T’aimes bien les sons typés New York, toi, non ?
Alkpote -Ouais, j’aime bien. J’ai le cœur qui palpite et la bite toute dure.
Nekfeu -Quelle vulgarité. Par contre, ça rime bien avec petite coupure.
Alpha Wann -TECHNIQUE !!!
Nekfeu -Wooooouuuuuuuuh ! 3 syllabes ! Rimes sur 3 syllabes ! Excelsior !!
Alpha Wann -Comment c’est trop bien le multisyllabisme ! On est trop des bêtes !
Nekfeu -ON-EST-TROP-TECH-NIQUE
Alpha Wann – c’est genre historique ! HISTORIQUE
Nekfeu – TRISOMIQUE
Alkpote -C’est la première fois que je vois des gens aussi dérangés.
Alpha Wann – mais c’est bizarre qu’on arrive à te choquer
Nekfeu – oui, c’est genre illogique
Alpha Wann – ILLOG…
Alkpote – Vos gueules putain. Pourquoi vous faites pas rimer ça avec « kilos d’shit » d’abord ?
Nekfeu – je préfère « stylo bic »
Alkpote – et « ptite coquine » sinon ?
Alpha Wann – je préfère « hypophyse »
Alkpote – bon ben moi je recommence à me branler si c’est comme ça.


Sidi -Alors, t’as vraiment posé avec ces gens ?
Alkpote -Ouais, sur un morceau genre nostalgique, une connerie comme ça, je crois.
Sidi -Pfff… encore des trucs de passéistes qui préfèrent regarder derrière. Leur rap de merde existe encore, c’est un miracle. Sur notre son, on va poser sur de la trap. T’entends ? De la trap ! C’est tout l’effet que ça te fait quand je te dis qu’on va poser sur de la trap ?
Alkpote -J’ai le cœur qui palpite et la bite toute dure.
Sidi -Voilà ! Là je te reconnais. En plus, ça rime avec petite coupure.
Alkpote -Tu me rappelles Nekfeu, techniquement.
Sidi -Nekfeu ?! Et qu’est-ce que j’ai à voir avec Nekfeu ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai rappeur. Nekfeu n’est qu’un hipster de merde ! UN HIPSTER DE MERDE !!

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et le « film » en entier pour les plus jeunes et les plus cons d’entre vous

MAGIE, HOODOO, BAYOU ET MYSTERES : LA LOUISIANE A L’ECRAN

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« Bayou Gumbo Ya-Ya »
Parcourir l’État du Nord au Sud et d’Est en Ouest comme un chien perdu sans collier. Après avoir barboté en eaux troubles à New Orleans, humé l’acre parfum chimique des torchères de Plaquemine, caressé les longues jambes d’amazone du delta du Mississippi, ne reste plus qu’à perdre sa propre boussole à l’intérieur même du pays cajun, ses po’ boys, crawfish pies et sa musique diatonique qui porte son âge. Atchafalaya bayou. Fantômes amérindiens. Labyrinthe de rivières et cloaques boueux rendu encore plus vertigineux par le manque cruel de repères, sans oublier les mousses espagnoles qui se balancent à la façon des corps refroidis de Strange Fruit et vous abritent temporairement du soleil assommant.
Quasiment incompréhensible, le patois du gars du coin qui conduit le rafiot et sans lesquels vous ne retrouveriez jamais votre chemin de retour vous persuade une bonne fois pour toute que vous avez bien posé vos deux pauvres burnes sur une planète inconnue. Bruit du moteur et clapotis contre la coque du bateau cachent un silence séculaire brisé par les bruits d’animaux et autres bêtes mystérieuses de la jungle hostile, mais ne peut clairement rien contre le taux d’humidité assez vertigineux qui surcharge vos poumons et mouille votre chemise. Bref, le gars ouvre la bouche, exhibe ses chicots manquants et te raconte cette veille histoire de rougarou (cf. loup-garou) à te faire froid dans le dos, alors qu’il fait 45° Celsius. Mi-humain, mi-loup qu’il est le rougarou… Bon, éthyliquement parlant, le gazier ne donne pas de signe probant de sobriété. Et puis, le cagnard aidant, tout se mêle, tout s’embrouille. En définitive, le rugaru, est-il mi-homme, mi-alligator, folklore du bayou pour péquins ou bien Cavalier sans tête ?

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C’est dans cette nature envoutante et sauvage, très appropriée à retranscrire polars poisseux, histoires fantastiques et autres légendes issues du bayou, que cinéastes américains et européens (autant notoires qu’undergrounds) sont venus quérir ce que seule la Louisiane possède, défend, et ne bradera jamais à qui que ce soit : magie, swamp freaks, mythologies antiques & mystères.
En gros, ça commence en 1948 avec Louisiana Story, film de commande tourné pour la Standard Oil Company racontant l’histoire d’un jeune garçon cajun qui arpente sur sa pirogue le bayou de Louisiane. Cependant, rien de bien mystérieux ni d’écolo dans un scénario écrit à la gloire du capitalisme US. Bientôt, attiré par des bruits de machines qui perturbent le calme d’une nature presque vierge, le garçon aperçoit des ouvriers qui installent au cœur des marais un puits de pétrole. Alors que son père vient de signer avec la compagnie pétrolière un contrat d’exploitation de sa terre, le garçon, intrigué, ne cesse d’observer l’étonnante fabrication du derrick…

 

Jack Palance / Panique Dans La Rue
Jack Palance / Panique Dans La Rue

Précédant d’un an Un Tramway Nommé Désir réalisé en 1951, film mythique basé sur un scénario d’une pièce de Tennessee Williams mettant en scène un huis clos digne d’une tragédie psychiatrique, Panique Dans La Rue (Panic In The Streets) est un des tout premiers films où Elia Kazan s’affranchit du théâtre, de Broadway, et décide de ne plus  être esclave du script. Du coup, il s’en va tourner les scènes dans les rues à bordels, dans les bars louches, sur les quais mal-famés de la Nouvelle-Orléans et finit par imposer la vraie trouvaille de ce film noir: la sale gueule de malfaiteur découpée à la serpette, celle de Jack Palance – Lequel est un pur rookie de la bobine et s’appelle encore Walter.
Sous couvert d’enquête menée par le Dr Clint Reed (Richard Widmark) et le capitaine Tom Warren (Paul Douglas) afin de retrouver les malfaiteurs et tous ceux qui ont approché un homme porteur du virus de la peste pulmonaire et éviter que l’épidémie ne se répande, c’est bien l’idéologie communiste qui est visée par Kazan. Son témoignage devant la tristement célèbre Commission sur les Affaires Anti-Américaines lors de la Chasse aux Sorcières (1953-54) confirmera cette éventuelle propagande anti-rouge.

EASY RIDER (1969)

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Prostituées, sexe dans un mausolée ouvert et prise de LSD font partie des moments cultes de Easy Rider (1969), notoire film « beatnick » qui a pour vedettes nominales Peter Fonda, Dennis Hopper, Jack Nicholson, Luke Askew, mais aussi le tout récent condamné à perpète pour le meurtre de sa dulcinée, Phil « Wall of Sound » Spector – Lequel négocie l’achat de quelques grammes de coco au tout début.
Les scènes de Carnaval montrent la ville aux mille danses sous des aspects les plus champêtres, avant que Peter Fonda et Dennis Hopper filent à l’anglaise avec les filles pour s’adonner aux plaisirs du sexe sous acide. Les scènes sont filmée à l’intérieur du cimetière St Louis N°1, là où se trouve le sépulcre de Marie Laveau, incontournable Reine vaudou qui grimpa dans la société hiérarchique locale grâce à sa vision mainstream du vaudou. Au lieu de confronter son vaudou à la foi héréditaire de la vieille aristocratie européenne, Marie Laveau cuisina un gumbo platonique pour « petits blancs », nécessairement populaire, donc très lucratif… Ici, dans Easy Rider, le Sud y est perçu comme une terre particulièrement hostile, intolérante, réactionnaire. Un endroit où l’autochtone blanc incarné par Cat Man (Hayward Robillard) – celui qui tue Nicholson à coups de gourdin – a droit de vie et de mort sur la fange composée par les négros, fags et autres beatnicks.  Finalement, la petite mort entrevue au Cimetière N°1 va laisser la place à la vraie… Un peu avant que les Yankee queers (sic) franchissent la limite du comté.

VIVRE ET LAISSER MOURIR (LIVE AND LET DIE) (1973)

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Un Bond classique de Guy Hamilton (1973). Plusieurs agents britanniques ont été tués et James Bond enquête à New York, dans le quartier de Harlem, où il affronte un caïd de la drogue, le redoutable docteur Kananga. Envoyé à la Nouvelle-Orléans, pour enquêter sur ces morts mystérieuses, il rencontre Tee Hee qui a une griffe en guise de main, Baron Samedi à la fois maître vaudou et gardien du cimetière… enfin, la mystérieuse Blanche Solitaire et ses cartes de tarot. Il va sans dire qu’un James Bond de cet acabit ne pouvait accepter les acteurs noirs que dans la parodie, la canaillerie, la vilenie.
Afin de remplir sa mission, et pénétrer à l’intérieur de la «cabalistique» Nouvelle-Orléans, James Bond se doit de naviguer à travers les herbes marécageuses, déjouer les sorts perfides jetés par les autochtones, évoluer sur l’eau, comme Jésus, tout ça avec la maestria et désinvolture bondiesques adaptées à ce genre de situations.
Bref, le message est clair : la séculaire magie locale ne fait pas le poids face à la gadgétisation (cf. modernisation) à outrance de Bond.

J.D’s REVENGE (REVANCHE D’OUTRE-TOMBE) (1976)

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Polar fantastique ou bien série B de S.F. voire film d’épouvante blax un peu daté, les cloisons du cinéma de genre sont si poreuses qu’on peut hésiter un brin lorsqu’il s’agit de classifier Revanche d’Outre-Tombe. Le cahier des charges d’Arthur Marks était de filmer une vulgaire histoire de possession comme il en existe des dizaines dans le patrimoine orléanais. De fait, Revanche d’Outre-Tombe conte la vie perturbée d’un jeune étudiant noir qui connaît un dédoublement pour le moins sauvage de sa personne. Peu à peu, dans l’incompréhension la plus totale, le placide Ike (Glynn Turman) pâtit d’un énigmatique phénomène de réincarnation. Adoptant faits et gestes d’une ancienne petite frappe de la Nouvelle-Orléans du nom de J.D. Walker, lequel fut tué au début des années 40 après avoir été accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis… Ike, entièrement sous influence car possédé par l’esprit du défunt gangster, parviendra-t-il à venger ce fameux J.D. Walker puis à retrouver sa personnalité ?
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DOWN BY LAW (1986)

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Après s’être fait la main de belle manière moyennant le format « minimal » en noir & blanc de Stranger Than Paradise (1985), Jim Jarmush trouve ses marques et lance sa carrière de façon irréversible avec Down By Law (1986), toujours en noir & blanc. Un travelling du générique du film parcourt furtivement les housing projects de Magnolia d’où vont bientôt émerger Bounce music et pléthore de rappeurs notoires de la ville. Petit exercice de style qui plante le décor et anticipe la cavalcade effrénée du trio de petits malfrats à la remorque composé de Tom Waits (Zac), John Lurie (Jack) et Roberto Begnini (Roberto). Si certaines scènes dont la fuite rocambolesque du pénitencier sont dignes du cinéma muet, celles filmées dans les marais doivent beaucoup à l’évasion du camp dans lequel a été enfermé Max Sand alias Nevada Smith (Steve McQueen) dans le film Nevada Smith (1966) de Henry Hathaway. Ce moment à la fois crucial et même fatal où Max/Nevada, Bill Bowdre (Arthur Kennedy) et Pilar (Suzanne Pleshette) s’enfuient avec une pirogue à travers les marécages n’est pas sans rappeler les pièges que doivent surmonter les trois lascars de Down By Law pour entrevoir la liberté…

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ANGEL HEART (1987)

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Angel Heart fait parti des « voodoo movies », genre abordé en 1943 par le bien nommé Vaudou de Jacques Tourneur où les personnages tentent d’échapper à leur passé, aux forces du destin. Un combat vain, désespéré. A noter que, contrairement à Harry Angel/Johnny Favorite (Mickey Rourke), détective privé amnésique d’ Angel Heart, le cinéaste d’origine française – fils de Maurice Tourneur – n’a jamais vendu son âme au Diable. Préférant être mis au ban pendant de longs mois par Hollywood qui voyait en lui un « nigger lover » totalement incontrôlable plutôt que de caricaturer les Noirs à l’écran.
Fascination, fétichisme, parodie et même une certaine anxiété, c’est la représentation que Hollywood a souvent fait du culte vaudou, culture populaire énigmatique et peu comprise de la diaspora africaine. Laissant apparaître au grand jour certains traumatismes dans la société des descendants européens tels que les stéréotypes raciaux et la question du racisme, lesquels flottent comme des bouchons de liège à la surface de l’incompréhension. Bien entendu, le jeu de Tarot de Margaret Krusemark, la diseuse de bonne aventure d’ Angel Heart, fait partie intégrante des tours de passe-passe du hoodoo louisianais… Cartes à jouer mettant en balance le côté cartésien de la foi traditionnelle européenne, toutes capables de réveiller craintes latentes et forces obscures qu’elles invoquent.

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BAD LIEUTENANT : ESCALE A LA NOUVELLE-ORLEANS (2010)

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Remake à la fois teuton et mou du chibre du chef d’œuvre d’Abel Ferrara. Interminable, lourd et surjoué (2h2mn) le long-long métrage ne possède pas la fièvre communicative du scénario original écrit par feu Zoë Lund & Victor Argo… Ici, il faut sacrifier à la thématique du sublime pour avaler sans broncher ce genre de polar de Werner Herzog. Je vous convie à (re)voir l’interprétation de Harvey Keitel qui savait donner épaisseur et subtilité à son personnage, tout ça sans se répandre. Non, rien n’y fait, la déliquescence de la ville aux mille danses filmée par Herzog ne fera jamais oublier le New York glauque de Ferrara. Ni les décors naturels, ni le scénario, encore moins les substances que s’envoie Terrence McDonagh (Nicolas Cage) à longue-longueur de film ne parviennent à secouer la partie reptilienne de mon cerveau. Pas même le châssis pourtant cubain de Frankie Donnenfeld (Eva Mendes) ne parvient à sublimer l’action, c’est dire…

TRUE DETECTIVE (2014)
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HBO aime s’implanter en Louisiane afin de profiter des décors naturels et n’hésite jamais à absorber catastrophes et cultures locales pour broder scenarii et intrigues qui font le succès de ses séries les plus populaires – cf. True Blood, Treme –
La dernière en date, la série True Detective, est ce diamant noir taillé avec un soin tout particulier par les producteurs de la firme à installer une intrigue issue de The King in Yellow (cf. Le Roi vêtu de jaune), recueil de nouvelles fantastiques de Robert W. Chambers (1895), au sein même de la pampa louisianaise.
Certainement influencé par le synopsis du Masque de La Mort Rouge d’Edgar Allan Poe (1842), The King in Yellow a enfanté un gnome fantastique :L’Appel de Cthulhu, écrit en 1926 par H.P. Lovecraft dans lequel un anthropologiste découvre un étrange bas-relief représentant une caricature d’homme « à tête de poulpe munie de tentacules surmontant un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires ». Décidément, rien ne semble différencier le rugaru des marais et l’univers de Lovecraft.
Bayou 13 Paru au début des années 80, le jeu de rôle éponyme inspiré par L’Appel de Cthulhu est à la hauteur du labyrinthique bayou louisianais. Un peu à la manière de Rust Cohle, le zinzin de détective de la série, ce défit vous fera perdre tôt ou tard des points de santé mentale, notamment si vous croisez sur votre chemin le Roi Jaune, avatar d’Hastur qui utilise la pièce de théâtre afin de plonger l’humanité dans le chaos le plus total.