Les projets que l’on nomme « …Volume 1 » qui n’ont jamais eu de « …Volume 2 »

Dans l’histoire du rap, les projets avortés sont plus que monnaie courantes. Faute de moyens financiers, manque d’engouement du public, problèmes avec les labels/maisons de disques ou encore retraites anticipées sont les causes les plus entendues pour enfermer à double tour les maquettes dans les tiroirs ou pour laisser prendre la poussière dans le disque dur.

Mais la frustration est beaucoup plus grande quand il s’agit de projets qui devaient être des suites du premier opus, souvent étiquetés incontournables ou classiques.

Voici une liste non-exhaustive (donc pas la peine de nous menacer de mort en commentaire) des projets qui sont nommés « Volume 1 » mais dont la suite ne verra jamais le jour, comme la seconde saison de la série Vinyl, produit par HBO (on voulait initialement placer le remake de Robocop, mais finalement, ce n’est pas une grande perte) :

X-Men & Ghetto Diplomat – Big Bang Vol.1 (2000)

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On ne présente plus les X-Men, Ill et Cassidy, ils sont déjà légendaire dans le rap français. Cependant, on va présenter ce second groupe, rejeton de Time Bomb, que l’on nomme Ghetto Diplomats, initialement appelé Jedi.Composé de 4 membres, Celsius, Watchos, Kamal et Kamal, ces 4 comoriens du 19eme arrondissement de Paris font armes égales avec les X le temps d’un album.

Et beaucoup diront que cet album est meilleur que « Jeunes, Coupables et Libres ». Surement dù aux productions beaucoup plus « actuelles », représentatives de l’époque, ou dû au feat qui sont de bonnes qualités : Mala, Movez Lang, Menzo et Sat (de Fonky Family), et Metek.

Puis, après cet album, chaque groupe pars de son coté. Les Ghetto Diplomats sortent ensuite une mixtape devenue incontournable « Speciale Mix Tapes » en 2003, puis ils ont changé de noms de groupe (pour la 3éme fois) et deviennent Famille Haussmann pour leur album « 40 Grammes et Une Mule » sorti en 2008.

Tandem – Tandematique Modéle Vol.1 (2004)

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Une année avant la sortie de leur unique album, Mac Kregor et Mac Tyer, formant le groupe Tandem, sortent leur second projet : Tandematique Vol.1, mixtape regroupant des sons présents dans plusieurs projets (par exemple, « Sport de Sang » avec Dadoo et Busta Flex provenant de la compilation Mission Suicide, « Tout ce passe en profondeur » dans une tape de DJ Poska, « 93 Barjot » dans Talents Fachés, ou « Les Maux » extrait de « Ceux qui le savent m’écoutent »), des freestyles sur face B et des inédits.

Bande sonore super sombre, extraits de films cultes ou d’interviews choques en guise d’interlude, featuring au top niveau et lyrics qui vont droit au but comme une balayette laser, c’est ce qu’il vous faut pour passer l’hiver.

Après « C’est toujours pour ceux qui savent », les 2 rappeurs d’Aubervilliers décident de chacun partir en solo, mais la séparation sera officialisée qu’en 2012 via une interview de Mac Kregor. (En bonus, DJ Uka avait sorti en 2015 un bootleg gratuit nommé « Tandematique Vol.2 », pour vous faire plaisir : https://www.hauteculture.com/mixtape/2322/tandem-tandematique-modele-vol-2 )

Rohff – Le Cauchemar Du Rap Français Chapitre 1 (2007)

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Été de l’an 2007, Rohff balance sa seconde mixtape (la première étant « 10 Ans d’Avance »), alors en plein développement de sa marque streetwear Distinct. « Dirty Hous » (en featuring avec Big Ali) en rotation massive dans les ondes hertziennes, l’ainé des M’Kouboi en profite pour sortir ce projet qui a l’effet d’un rouleau compresseur : vague de face B, extrait de freestyles radios et de couplets venant d’autres projets, remix de ses meilleurs morceaux d’ « Au dela de Mes Limites », un concentré de haut niveau de violence (2-3 coups de pelle pour les rageux) et d’hymne vitrio étalés sur 1h12.

2 semaines après la sortie de cette tape, Rohff finit incarcéré, et même après sa libération, ce dernier ne pense plus à réitérer l’expérience, partant dans l’optique de sortir que des albums. « Le Cauchemar du Rap Français » sonne comme le clap de fin d’une discographie tout bonnement exceptionnelle.

Cam’ron & Vado – Heat in Here Vol.1 (2010)

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Alors que le Dipset n’est plus, que le dernier restant du crew est son capitaine Cam’ron et qu’on le voyait finir sa carrière en solo, un jeune prodige venu lui aussi de Harlem et que beaucoup surnomment alors « le nouveau Big L », apparait pour donner une seconde chance au plus sudiste des crews new-yorkais : Vado.

Après quelques apparitions dans diverses mixtapes, ce jeune loup decide de passer à la vitesse supérieure au côté de l’ambassadeur de Harlem et d’AraabMuzik, beatmaker qui avait déjà travaillé avec ce dernier dans son album « Crime Pays » (et avec Hell Rell entre autres) : ils sortent 2 volumes de « Boss Of All Bosses » qui sont de véritables succés critiques. Ces tapes aident à bien poser le décor avant la sortie d’un projet de plus grand envergure mais qui reste tout de même un apéritif avant les choses sérieuses, et c’est de ce projet que l’on va vous parler. « Heat In Here Vol.1 » est un « album avant l’album » entièrement produit par AraabMuzik (sauf « Sextape » qui est produit par Skitzo), avec en featuring Gucci Mane, Young Chris et Felony Fame.

La complémentarité des 2 loustiques est une fois une évidence époustouflante sur chaque son. Killa et son flow qui épouse chaque prods tout en mêlant ses phrases loufoques font parfaitement équipe avec le flow saccadé et texte plus 1ere degré de Vado.

L’aventure se termine un album et 2 mixtapes plus tard, et le tout en bon terme (Cam et Vado ont même sorti un son il y a un mois de là, on est content dans le coin).

Scardini – Amuse Gueule Vol.1 (2012)

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Proche d’Escobar Macson et de DJ Hamdi, habitué des cyphers de Urban Shoot, habillé d’une casquette plate Lacoste et d’une paire de lunettes noires (on ne parle pas de Lino bien sûr), Scardini, originaire de Cergy, decide de sortir une mixtape avant un album, et c’est une sacrée réussite.

Dès la première écoute, son humour et son obscession pour les rimes embrassées nous happent direct dans son délire (« Ceinture de TNT, NTM, captes moi partout comme la TNT ou une paire de TN »). Comme le titre du projet indique, elle sert nous faire une idée du personnage en 17 morceaux, datant entre 2002 et 2012, et de nous faire attendre avant l’album tant attendu.

Mais 4 ans plus tard, toujours aucun ne signe de l’album en question, juste 2 (potentiels) extraits et un EP « Cicatrice » (avec Escobar Macson et Green Money en feat), pas de deuxième Amuse Gueule non plus, les dents frottent l’assiette et les estomacs gargouillent.

380 Dat Lady – A Day In The Life of 380 Vol.1 (1996)

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Première dame du label Cartel Record, 380 sort son seul et unique album, « A Day In The Life of 380 Vol.1 ». Cette rappeuse de Houston (Texas) s’en sort plus que bien sur les productions de Mike B (qui a produit pour Devin The Dude, K-Rino, Big Mike, Trinity Garden Cartel COZ, Ganksta NIP ou encore ESG), qui sont pour la première moitié du CD plutôt smooth, voir G-Funk (sauf « Reminisce » en 9éme piste), et l’autre moitié plutôt gangsta rap local, qui rappelle un peu les productions de chez Suave House Records de l’époque. Épaulée par D of Trinity Garden Cartel, ce projet très court est indispensable pour les amoureux des sons sudistes relatant les histoires de rues (même si c’est narré par une femme, zéro misogynie chez Captcha Magasine).

On ne sait pas ce qu’elle est devenue entre-temps, mais elle est maintenant très active sur Twitter, ce qui est une bonne nouvelle (si on veut).

T-Mo – Tribal Groove Vol.1 (1997)

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Côte ouest. Mais plus au nord-ouest de Los Angeles (plus loin surtout). Plus précisément la bay area. Et encore plus précisément, la ville de 2Pac et J. Stalin : Oakland. Un artiste ici attire notre attention, son pseudonyme : T-Mo (pas de Goodie Mob, c’est un autre).

On ne sait pas grand-chose de ce jeune homme, mais ce qu’on peut dire, c’est qu’il a sorti une véritable merveille : les sons g-funk et mobb représentatif de la bay area forment une excellente bande son pour la ride, avec en bonus la voix douce de T-Mo et ces textes rappelant un certain Too Short.

A savourer car c’est l’unique projet de T-Mo, disparition totale depuis.

Ski Mask Malley – Ski Mask Malley Vol.1 (2014)

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Malgré que Gucci Mane soit encore en prison (bon, vous lisez cette article il est déjà libre mais mettez-vous dans le contexte bordel), son héritage reste quand même intact. Et même en dehors d’Atlanta. La preuve est sous nos yeux : Ski Mask Malley, alias Mal G. Several dans les rues de Cleveland (Ohio). Il reprend les mêmes thèmes que son mentor tout le long de la tape : drogues, liasse de billets dépassant de toutes les poches, tchoin, armes de guerre, histoires cartonnesque de la rue sous prod aux basses hystériques. Il va jusqu’à le rendre hommage sur certains morceaux.

On notera que les productions de Gwapaholics et Beat Zombie sont les points culminants de cette galette virtuelle. Malheureusement, on devra attendre un long moment avant d’avoir un autre opus, car Ski Mask Malley purge actuellement une peine de 9 ans de prison pour homicide involontaire.

Project Pat – Pistol & A Scale Chapter 1 : Omerta (2015)

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4 mois après la sortie de son 8éme album « Mista Don’t Play 2 », annoncé depuis plusieurs années, Patrick Houston nous livre gratuitement une mixtape, reprenant le titre d’un son présent dans son projet « Cheez N Dope 3 » : Pistol & A Scale.

Comme à son habitude, Patta nous parle de cambriolage, armes russes et cocaïne en briques, le tout sur des productions de Metro Boomin, Lil Awree, Dun Deal, Joe Blow CEO ou Izze The Producer. Le chapitre 2 est vite jeté aux oubliettes, et remplacé par la quadrilogie « Street God » (starfoullah) qui ne cesse d’augmenter en qualité de suite en suite.

Alkpote – Mazter Chef Muzik Vol.1 (2013)

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Je ne vais pas me casser la tête, Genono a déjà fait une très bonne chronique de ce disque en 2013 (http://captchamag.net/blog/2013/06/11/alkpote-mazter-chefs-muzik-vol-1-chronique/). On rajoutera juste qu’on regrette qu’il n’y a pas de suite après le beef entre Alk et Zekwe. Faites la paix.

G-Unit – Radio West Volume 1 (2005)

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A la base petit groupe composé de 5 membres (50 Cent, Tony Yayo, Lloyd Banks, Young Buck et The Game mais pour des raisons qu’on connait tous, a été éjecté), devenu un super collectif, le G-Unit recrutait de plus en plus d’artistes et devenait de plus en plus grand. Tellement grand que le G-Unit a fait plein de petits, des sous-labels: G-Unit South, G-Unit Philly, et G-Unit West.

Ce dernier, comme le G-Unit Philly, a eu le temps de sortir qu’une seule mixtape avant l’implosion. Et quelle mixtape. Elle regroupe tous les rappeurs west coast avec qui s’est beefé The Game, hormis Snoop Dogg et Bishop Lamont (avec qui il s’est beefé plus tard) : Spider Loc, 40 Glocc, Lil Eazy E et Ras Kass.

Et pour notre plus grand plaisir, la sud est aussi venu ramener sa fraise pour la fête : Young Jeezy, Lil Jon, Lil Scrappy, Chamillionaire, Bobby Creekwater et B.G. (Hot Boyz).

La East Coast n’a pas non plus à rougir des artistes présents : Jay-Z, DMX, Bump J, Mobb Deep et Ma$e.

Mais l’année 2006 était déjà le début de la fin du collectif, beaucoup d’artistes sont partis au compte goutte, en laissant les membres originaux seuls dans les locaux du G-Unit Records et en supprimant tout bonnement les sous-labels.

En conclusion, pour les rappeurs qui liront ce papier, arrêtez de mettre « Volume 1 » dans chaque titre de projets si c’est pour ne pas sortir de « Volume 2 », en particulier quand le « Volume 1 » est très très bon. Ca donne envie de s’exploser le caisson.

SCH | Scélérate sélection (Bootleg Captcha Mag X DGEDLG)

Le timbre de voix de Freko Ding, le flow de Lil Durk, et la gueule de Vigo Mortensen : Sch est une sacrée bestiole. Le genre de bestiole qui risque de faire son trou très rapidement et de démanger pas mal de monde. Étendard de la crapulerie hissé aux quatre vents, Sch, digne représentant des « mecs de cité à cheveux longs », est -souhaitons-le- l’une des futures têtes d’affiche de la scène française.

Si R.I.P.R.O Vol.1 a permis une première mise en lumière du talent marseillais (oui, c’est un oxymore), Sch Mathafack prépare actuellement la sortie de A7, une mixtape qui devrait satisfaire l’appétit d’un public grandissant. En attendant, le bien nommé Marcel La Gnole (déjà à l’origine du bootleg de Nessbeal « 50 nuances de Khey ») a compilé toutes ses apparitions, freestyles, remixs.

Sélection : Marcel la Gnole
Cover et taggage des pistes : Genono

Clique sur la cover ci-dessous pour télécharger le dossier :

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Djé : « J’aime les assonances, les double-sens, triple-sens » | Interview + Bootleg

Présenter Djé est un exercice compliqué. Membre énigmatique du 92i, dont on ne connaissait jusqu’ici que quelques couplets éparses, il est ce type de personnage que l’on pourrait qualifier un peu trop facilement de « secret le mieux gardé du rap français ».

Traffic, son premier projet solo, sera dans les bacs le 29 juin. L’occasion pour nous de rencontrer Djé dans un café parisien, et d’évoquer la genèse de cette mixtape, le style assez unique de son écriture, son parcours au sein du 92i, et ses projets à venir. Mala était également présent, mais le sujet du jour étant la sortie de Traffic, l’interview est pleinement centrée sur Djé et sur sa musique. Pour la même raison, on a également évité d’évoquer Booba, même s’il revient -forcément- à un moment ou deux dans la discussion.

Je tiens également à noter que Djé a payé toutes les conso (deux noisettes pour ma part, deux allongés pour mon comparse Le Jeune Did), et un rappeur qui paye, c’est assez rare pour être souligné.

Et à la fin de l’interview y’a un bootleg en bonus.

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Genono : T’es dans le game depuis une bonne dizaine d’années, mais ton premier projet solo n’arrive que maintenant. Est-ce que c’est parce que t’as vraiment pris le temps de le peaufiner, ou c’est juste que t’as pas eu l’opportunité de le faire avant ?

Djé : C’est vrai que l’opportunité ne s’est pas vraiment présentée avant. Ces derniers dix-huit mois, j’ai vraiment fait de la musique, en levant le pied sur les activités annexes. Et puis, il y a des événements qui font que tu prends du recul sur certaines choses, ce qui m’a poussé à prendre la décision de « compiler un savoir-faire ». C’est une chose qu’on m’a longtemps demandé de faire, parce qu’on avait décelé chez moi un certain « talent » -et j’insiste sur les guillemets- mais je n’arrivais pas à m’y mettre sérieusement. J’arrivais pas à me voir comme un artiste solo, qui doit faire des trucs de son côté. J’ai toujours été un mec qui, artistiquement, aimait bien les trucs de groupe, de collectif.

Genono : Quand tu dis qu’on t’a demandé de le faire … l’idée de te lancer dans un projet solo ne vient pas de toi ?

Djé : A la base la passion de la musique vient de moi. Mais au début, quand tu m’as entendu sur différents projets, c’est parce qu’on m’a dit « viens ». Après, je vais pas te dire, comme j’entends certains le dire « j’ai suis tombé dans le rap par accident » … Moi, la musique, c’est un truc qui me prend aux tripes. Maintenant, c’est bien beau d’avoir des aptitudes à quelque chose, mais il faut le travailler. Cette mixtape, j’ai bossé dessus sept jours sur sept, à l’atelier, au labo. Et toute la journée je suis dans le son, j’écoute des prods, je prends des trucs cainris et je kick dessus … C’est la première fois de ma vie que je me consacre pleinement à ça. J’ai aussi reçu pas mal d’instrus venues d’internet, des mecs que je connais même pas, que j’ai jamais rencontré, mais qui apprécient ce que je fais. Après, je me leurre pas, je sais que ces mecs ont aussi essayé d’approcher des cainris, ou des mecs signés, mais qu’ils se sont fait recaler, ou qu’ils n’ont simplement pas eu de retour. Et avec moi, pas besoin de se voir et de devenir potes pour que je pose sur tes prods. Si le son est bon, je le prends, point. Je pense que ce que les gens aiment chez nous, c’est qu’on fait le rap qu’on a envie de faire, on dit ce qu’on a envie de dire, sans trop se poser de questions. C’est très décomplexé.

Genono : Du coup tu bosses avec plein de producteurs différents, t’as pas peur de t’éparpiller ? Qu’est ce qui assure la cohésion ?

Djé : Bah justement, sur le prochain projet, je compte travailler plus étroitement avec certains beatmakers. J’aime garder une certaine couleur, j’aime qu’il y ait une cohérence entre les morceaux. Sur Traffic, j’ai des prods de Bone, de Parabellum … des gens que j’avais pas eu l’occasion de rencontrer auparavant.

Genono : Toi, tu touches pas du tout à la prod ?

Djé : Un petit peu, mais … quand je suis allongé dans mon lit, avec le pc sur les genoux. C’est pour m’amuser, y’a rien de sérieux. Moi, je bosse sur l’interprétation, l’écriture, le kickage, le flow. Je me nourrie de tout ce que j’entends. Les trucs récents, à la pointe, comme les Migos, les Young Thug, les Meek Mill, les Rick Ross, c’est bien, mais moi mes influences, à la base, c’est Jay-Z et Mobb Deep.

Genono : Pourtant, musicalement on te sent plus influencé par les trucs récents.

Djé : Ouai, mais c’est quand même ce qui me nourrit. Jay-Z, Mobb Deep, CNN, je sors de ça. J’ai pété un plomb sur leurs textes, je pouvais passer des heures à analyser leurs morceaux.

Le Jeune Did : Dans le fond je trouve pas ça tellement étonnant, même si on le ressent pas forcément musicalement, c’est une influence qu’on retrouve dans ta mentalité : le côté entreprenariat, aller de l’avant …

Djé : Ouai, sans faire de comparatif parce que ce sont deux échelles extrêmement différentes, mais l’état d’esprit est un peu le même. J’espère que c’est ce qui ressort de la mixtape : on n’est pas dans la complainte perpétuelle. C’est vraiment … à mi-chemin entre le système D et l’entreprenariat. On sait ce qu’on fait et de quoi on parle, sans jamais en faire l’apologie. C’est juste un hommage à ce genre de vie.

Genono : C’est vrai que c’est ce qui ressort de ta mixtape : t’es dans la description, jamais dans le jugement.

Djé : C’est ça. Tu te rappelles du titre Izi Life, dans l’album 0.9 ? « This ain’t a rap song, this is my life » … Bah voila, c’est exactement ça. C’est pas juste de la représentation, c’est nos vies. Après, ça reste du rap, ça peut sembler caricatural parce que parfois tu forces le trait, tu mets en scène … mais le fond, il est réel.

djé studio captcha magGenono : Est-ce que t’as senti qu’il y avait une attente de la part du public, sur l’arrivée de ton premier projet solo ? Parce qu’avant ça, on t’a entendu sur des sons un peu éparpillés, toujours en featuring … Même des titres solos, je crois que t’en as jamais sorti avant Traffic.

Djé : Pour cette mixtape, j’ai fait une quarantaine de morceaux en un an et demi. Et à la fin, j’ai fait ma sélection, un condensé de ce que je sais faire. Je pense que les gens qui aimaient bien ce que je faisais jusqu’ici vont être surpris, dans le bon sens du terme. Non seulement il y a plus de matière, mais surtout, c’est dix fois plus abouti, avec plus de personnalité.

Genono : C’est ce que j’allais dire, cette fois on sent vraiment que tout vient de toi, alors qu’auparavant, c’était uniquement des collaborations : on t’appelle, tu viens poser un couplet, et au revoir.

Djé : Voila, du choix de la prod jusqu’au mix, c’est moi. Maintenant, ça reste du Djé : si t’as aimé ce que je faisais avant, sur les sons avec Booba ou d’autres, tu vas kiffer cette mixtape.

Genono : Je me fais pas de soucis pour les gens qui apprécient déjà ton style, mais est-ce que tu penses que tu vas pouvoir attirer un nouveau public ?

Djé : Je pense, oui, parce que je suis contacté par des producteurs un peu hype du moment. Ils veulent qu’on bosse ensemble, donc ça me fait plaisir. Sur Traffic, j’ai fonctionné sans producteur attitré, après avoir passé des années dans les studios d’Animalsons. Je voulais pas me servir des outils mis à disposition par d’autres, je voulais pas solliciter les graphistes, les producteurs de Booba. C’est normal, il s’est constitué une équipe, je peux pas arriver et dire aux gens « fais moi ça ». J’ai tout fait de mon côté, de manière professionnelle, j’ai trouvé un graphiste, je me suis occupé du mastering … Attends mais j’ai pas répondu à ta question, c’était quoi déjà ?

Genono : Est-ce que tu penses attirer un nouveau public ?

Djé : Je pense, oui, parce que je fais du son actuel. On dénigre beaucoup la trap, mais à l’époque j’écoutais Young Jeezy, je considère que c’était déjà un peu de la trap. La trap, c’est un style particulier, aussi bien dans ce que tu racontes que dans la musique en elle-même. Les tempo lents, j’ai toujours kiffé, et déjà à l’époque de 0.9 on en faisait. A Harlem, ça s’est toujours fait ! Regarde les Dipset, par exemple. Et là, je kick sur des beats à 54 bpm, 52 bpm … c’est là-dessus que je prends du plaisir ! Après j’ai d’autres sons, comme Gold Cuban, qui sont un peu plus speed. Mais le plaisir, je le trouve vraiment dans les sons lents, indépendamment du fait qu’on considère ça comme de la trap, du dirty ou autre chose. Donc pour répondre à ta question, oui, je pense que ma musique étant très actuelle, elle peut parler à des gens qui ne me connaissent pas. Et le fait de collaborer avec de nouveaux producteurs va certainement m’ouvrir à un certain public.

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Le Jeune Did : L’ambiance de ta mixtape est clairement pesante, mais quand tu t’autorises des envolées un peu plus planantes -comme sur le refrain de Gold Cuban-, ça fonctionne aussi sans jamais dénaturer le côté OG. Le style nuageux, le cloud a le vent en poupe en France, comme en témoigne le succès d’un groupe comme PNL. De ton côté, as-tu envie d’explorer d’avantage ce style ?

Djé : C’est vrai qu’en réecoutant le projet de A à Z, je me dis que ça peut éventuellement ouvrir une fenêtre vers d’autres choses. Traffic, c’est des lyrics assumées, du kickage … Je suis un gros consommateur de mixtapes, j’aime beaucoup ce format. J’aime l’attitude que l’on peut avoir sur mixtape, t’as plus de libertés que sur un album. Ecoute les textes de French Montana sur ses mixtapes, et après écoute-le sur un album … c’est pas la même chose ! Traffic, c’est un projet qui a quand même une certaine sombritude, et un son comme Gold Cuban permet de démontrer qu’on peut faire autre chose tout en restant soi-même. On ne s’enferme pas dans un truc. Moi, j’écoute de tout, j’ai toutes sortes d’influences.

Genono : T’as un univers très racailleux, tu parles de drogue, d’armes, mais d’un autre côté tu utilises des mots peu usités (« apparatchik » ) et des références super pointues. J’ai carrément appris des mots en écoutant Traffic ! Est-ce que c’est un truc qui te vient naturellement, ou c’est quelque chose que tu recherches pour enrichir tes textes ?

Djé : (rires) T’es journaliste, et c’est moi qui t’apprends des mots ! Mala, t’en dis quoi ?

Mala : T’es fort fréro.

Djé : En vrai, on a appris comme ça, tu connais Boulogne. Et même les cainris que j’ai kiffé, c’est des mecs qui écrivent un peu comme ça. Avec des assonances, de la subtilité … pas forcément des punchlines, comme on dit maintenant. Les punchlines, on dirait un concours de vanne. Des « ta mère en short » … alors que tu vas écouter Jay-Z, c’est pas ça du tout. Et puis moi, je suis pas un mec qui va s’imposer par sa grosse voix, ou se mettre en avant dans les clips, donc chacun ses armes. C’est pas parce qu’on fait un genre de rap qu’on doit s’enfermer dans des formats particuliers. Moi, j’aime les mots, même si le propos est dur, je fais attention à ce que ce soit correctement écrit.

Genono : Tu fais également énormément de name-dropping, c’est une volonté d’imager tes textes ?

Djé : Je me dis pas « faut que je fasse du name-dropping », ça vient comme ça.

Genono : T’as une écriture très instinctive en fait.

Djé : Oui et non, en fait j’ai des mécanismes qui me viennent naturellement parce que je les ai assimilés en écoutant des textes cainris. J’aime les assonances, les jeux de mots, les double-sens, triple-sens.

Genono : Est-ce que t’as pas l’impression de dérouter les auditeurs, parfois ? Parce que t’as des phases qu’il faut écouter deux, trois, quatre fois pour les comprendre.

Djé : Je sais pas, je fais pas attention à ça. J’ai toujours écrit comme ça. C’est aussi une façon de ne pas se dévoiler à mort, tu te caches un peu derrière les double-sens, les trucs codés. Quand tu parles d’un truc, et que l’auditeur se dit « ah ouai, il parle de ça, mais en fait il parle aussi de ça » … c’est ce que je trouve fort, et ce que j’essaye de faire. Mais je travaille pour resserrer un peu le truc, parce qu’il faut quand même que ça reste compréhensible.

Genono : Donc t’es quand même conscient que tes textes ne sont pas forcément faciles à aborder.

Djé : Ah oui, bien sûr. D’où les vidéos-lyrics, par exemple, ça aide les gens à suivre ce que je raconte. Si je dis quelque chose que je suis le seul à comprendre, ça n’a pas grand intérêt.

Genono : T’as une syntaxe super particulière, avec parfois les mots dans le désordre, ou des phases où il manque un pronom, un déterminant, ou un verbe … Cette syntaxe un peu torturée, ça vient du fait que t’écoutes que du rap US ? J’ai presque l’impression que tu écris en anglais, et que tu fais la traduction mot pour mot en français.

Djé : J’aime beaucoup les ellipses, c’est vraiment un truc que je fais volontairement. Après, c’est vrai que quand j’écris, je pense presque en anglais. Du moins, dans la construction des phrases, comme j’écoute que du rap US, j’ai les mêmes mécanismes qu’un mec qui rappe en anglais. Après, j’ai quand même des influences françaises, parce que je viens de l’école de Boulogne. J’ai grandit là-dedans, je peux pas l’enlever de moi.

Genono : Ce qui m’a agréablement surpris dans Traffic, c’est que t’as vraiment une écriture très travaillée et très pointue … mais paradoxalement, j’ai l’impression qu’elle n’est pas suffisamment mise en avant. T’as jamais eu envie de faire un morceau un peu plus solennel, qui mettrait plus en valeur l’aspect purement lyrical ?

Djé : Nan, mais quand Jay-Z disait « si le talent vendait, la vérité serait dite » … ou « j’aurais voulu rapper comme Common Sense mais … » il y a une différence entre être un bon technicien et savoir écrire de bonnes chansons. Si demain t’entends un son de Djé sur du piano-violon, tu vas te dire « qu’est ce qui lui arrive ? ».

Genono : Piano-violon c’est un peu caricatural, mais tu vois ce que je veux dire ? Quand on va écouter ta mixtape, on va s’arrêter sur l’ambiance, les flows, les prods, mais je trouve dommage que quand on parle de Djé, on en parle pas d’écriture.

Djé : Je sais pas comment me perçoivent les gens. Quand on parle de Djé, on parle de quoi ?

Genono : Tu sais, les gens cherchent pas bien loin. Quand on dit Djé, on pense « pote de Booba », et généralement ça s’arrête là.

Djé : C’est le souci, ton propos passe toujours après la manière de faire, et les gens font tout de suite des raccourcis. Et Booba, avec sa position, c’est le premier à subir ce genre de choses. C’est comme ça, on peut rien y faire.

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Genono : Il y a quatre featurings avec Mala sur Traffic. Est-ce qu’un projet commun est envisageable ?

Mala : Oui, c’est envisageable …

Genono : … et c’est envisagé ?

Djé : (rires) T’es bon ! Oui, c’est envisagé, mais je vais pas te dire n’importe quoi, parce que demain je vais aller sur internet je vais voir « Mala et Djé sortent bientôt un album commun » … nan, c’est pas le cas ! Humainement, Mala et moi on s’entend super bien, donc artistiquement, forcément, on est amené à se rapprocher. Ca se fait tout seul, en fait. Voila, là j’avais besoin de jeter des trucs solo. Compiler ce que je sais faire, sans chercher l’appui de featurings, sans aller dans l’univers d’autres gens. C’est ce qui explique l’absence de featurings –hormis Mala.

Genono : Tu m’as dit que tu bossais sur Traffic depuis un an et demi, mais en 2009, tu parlais déjà d’un projet en préparation.

Djé : Ouai, t’enregistres des sons, tu les sors pas, tu te dis que ça va faire un projet … Mais comme je t’ai dit tout à l’heure, le travail que je fournissais à l’époque n’a rien à voir avec le travail que j’ai fourni cette année. Là, je suis au labo du lundi au vendredi, écriture, flow, enregistrement, je rentre chez moi pour dormir, je me lève j’y retourne … Alors qu’en 2009, j’étais beaucoup moins structuré. J’avais beaucoup moins d’instrus à disposition, aucun support, et puis il n’y avait pas de cohérence. Un projet, ça doit être habité. Si tu fais un morceau, et deux mois après t’en fais un autre, et que le troisième arrive six mois plus tard … ça ressemble à rien.

Genono : Les sons que t’as enregistré à l’époque, tu les as zappé ?

Djé : Ouai, je les ai zappé. Après, y’a des phases que t’entends dans Traffic qui peuvent venir de ces couplets enregistrés il y a 5 ans, mais c’est retravaillé, réécrit. 5 ans, c’est beaucoup, il s’est passé beaucoup de choses depuis.

Genono : T’es satisfait des retours sur les premiers extraits que t’as balancé ?

Djé : Satisfait … on va dire oui. On a fait notre truc en indé, on a monté notre structure …

Genono : Quand tu dis que t’es satisfait c’est au niveau des critiques, ou en termes de visibilité ?

Djé : De visibilité, déjà. Quand tu jettes un truc, t’as envie que ça touche le plus de monde possible. Après, j’ai bien conscience d’être dans un certain créneau, d’avoir un certain style. Pour ce qui est des critiques, je les entends, mais je me fais plutôt un avis en fonction des gens que je côtoie. J’ai du mal à faire les choses et à regarder ce que les gens en pensent en même temps.

Genono : T’utilises beaucoup le vocoder tout au long de ta mixtape. Comment t’aurais fait si cet outil n’existait pas ?

Djé : Comment j’aurais fait … Je sais pas. Mais si demain j’ai envie de voir mon pote, et qu’il n’y plus facebook ou le téléphone, je vais me donner les moyens. Si y’avait pas vocoder, j’aurais fait sans, et j’aurais assumé le résultat. Je suis pas pro-vocoder, ou anti je ne sais quoi, mais il faut vivre avec son temps. Y’a des morceaux où y’en a moins, des morceaux où y’en a du début à la fin … On s’amuse avec. Toutes les torsions que t’entends dans les sons, c’est volontaire. J’aime bien le mélange des genres.

Genono : Traffic sort en physique, ou uniquement en digital ?

Djé : Physique et digital. Elle sort le 29 juin, et y’a surement encore un clip qui va arriver avant la sortie.

Genono : Tu peux déjà parler des projets qui vont suivre ?

Djé : J’ai déjà enregistré deux-trois morceaux pour enregistrer une nouvelle mixtape. Je vais pas t’en dire trop tout de suite, je pense qu’on aura l’occasion de se revoir pour en reparler.

Genono : La liste de tes collaborations hors 92i est super courte. Je me souviens de Dosseh, de LIM y’a très longtemps … C’est un choix de ne pas te mélanger, ou c’est juste que t’as eu peu de propositions ?

Djé : En fait, la musique j’ai presque été obligé d’en faire. J’aime trop ça, je ne pouvais pas ne pas en faire. C’est comme si j’avais pas eu le choix. Mais je me prenais pas au sérieux, je faisais ça en dilettante. Et quand je faisais un son, j’avais pas à chercher. Tu veux faire un son, tu tournes ta tête, tu tombes sur Mala. Bon bah vas-y, viens, on fait un son ! Tu vois, t’as pas besoin de chercher plus loin. A Boulogne, même quand tu veux rester dans ton coin, t’es pas tout seul. Tout le monde fait de la musique, c’est un coin particulier à ce niveau là.

Le Jeune Did : Ton intégration au sein de 92i, elle s’est passée comment ?

Djé : Heu …

Genono : (rires) Est-ce que t’as été bizuté ?

Djé : J’ai du ramener un cadavre pour entrer dans le gang. Un cadavre par personne ! (rires) Nan mais c’est la vie de quartier, t’es là, les gens sont là … Au début t’es plus jeune, puis tu grandis, tu te retrouves avec les grands … voila. Y’a pas vraiment de genèse à raconter. Des fois je lis des trucs, les gens se rappellent de tout vingt ans après, ils peuvent te décrire comment était habillé le mec la première fois qu’ils l’ont rencontré … Nan, nous on était du même quartier, on a grandit là-bas, et y’avait un peu des têtes de gondoles : Malekal, Sages Po’, Lunatic. Moi, je trainais souvent avec Sir Doum’s, qui était dans Beat de Boul …

Le Jeune Did : En fait, y’a une telle effervescence que t’es plongé dedans, que tu le veuilles ou non.

Djé : C’est un peu ça. C’est un vivier, sans être une école. C’est ton problème, ça te motive de voir les gens faire, mais quand tu rentres chez toi pour écrire t’es tout seul. Donc t’as ça, plus les influences cainri … et puis la vie qu’on a mené en dehors de la musique. Tout ça, c’est des choses qui nous ont rapproché.

Le Jeune Did : Après On Contrôle la Zone, il y a eu une période où les fans attendaient un album commun du 92i. Est-ce que ça a été en projet à un moment donné ?

Djé : En projet, oui et non. C’est pas comme si on l’avait commencé, et que ça s’était arrêté. Mais c’est un truc qui aurait fait plaisir à tout le monde, c’est sûr.

Mala : Après, c’est compliqué. Y’a des gens qui vont te dire « j’aurais aimé un album du 92i de telle époque », d’autres « non, de telle époque ». C’est impossible de mettre les gens d’accord.

djé captcha mag

Le Jeune Did : Là vous êtes tous les deux sur le label « OG », c’est ça ?

Djé : En fait, j’avais commencé à monter une petite structure quand j’ai commencé la mixtape. Et puis finalement, on a eu l’occasion de créer ce label, OG. On est content, on peut sortir Traffic dessus, et on a déjà prévu de lancer les prochains projets par le même biais.

Genono : OG, c’est juste vous deux, ou il y a d’autres artistes ?

Mala : Pour l’instant, c’est juste nous deux.

Djé : Après, on verra. Il y a d’autres artistes qui nous disent qu’ils veulent travailler avec nous, qui nous envoient des sons tous les jours. Mais tant qu’il n’y a rien de bouclé, je préfère ne pas en parler. Quand ce sera fait, ça fera une occasion de se revoir !

Genono : Est-ce que tu connais Le Blavog ?

Djé : Le Blavog … le nom me dit quelque chose.

Genono : Les faux dialogues entre rappeurs …

Djé : Ok, ouai je vois. Je sais plus si j’ai lu le truc, ou si on me l’a rapporté … Ils m’ont torpillé, nan ?

Genono : Nan …

Djé : Si, si, si. Genre on est des mecs de bande dessinée. Tu vois ce que c’est, Mala ?

Mala : (silence)

Djé : Ils nous ont torpillé.

Genono : Du coup, tu penses quoi de la caricature qu’ils font de toi ? Y’a un fond de vérité ?

Djé : Ils nous connaissent pas ces mecs ! C’est comme si tu demandais à Johnny si sa caricature des Guignols avait un fond de vérité … t’es un ouf toi ! Quand tu te bases uniquement sur ce que t’entends dans des sons, sur des lyrics … tu peux pas prétendre connaitre quelqu’un juste par rapport à ça. C’est juste une facette, c’est biaisé sur plein de choses. Et toi t’es là, t’interprètes … Après ça peut être marrant, j’en sais rien.

Genono : En fait je te demande ça parce qu’il y a certains rappeurs qui se sont tellement reconnus dans leurs caricatures qu’ils pensaient qu’il y avait une taupe dans les studios, ou que les mecs qui écrivaient les dialogues étaient des proches à eux.

Djé : Dans mon cas en tout cas, nan, pas du tout. Après, ça m’avait pas énervé non plus, mais bon … j’ai pas trouvé ça super marrant. Je trouve que c’est plus du torpillage gratuit qu’autre chose. Ils tirent sur des ambulances. Attends, mais toi t’as écrit là-dedans ?

Genono : Nan, mais je les connais.

Djé : Et ça existe encore ?

Genono : Je sais pas si c’est officiellement terminé, mais ça fait un moment qu’ils n’ont plus rien publié.

Djé : Faudrait que je relise, mais dans mon souvenir … C’est peut-être aussi le fait d’être concerné.

Le Jeune Did : Pour conclure, on entend souvent « les gangsters dans le rap, ça n’existe pas ». Dans ton projet, tu parles beaucoup de narcotrafic, de grand banditisme, etc. Où se situe la frontière entre fiction et réalité ?

Djé : Les rappeurs qui disent ça, je pense que ça les dérange de ne pas vraiment être comme ça. Moi, je prétends pas avoir tout fait. Mais dans ce que je dis, tout est vrai. Y’a des trucs que je peux illustrer par des histoires qui me sont arrivées, et d’autres que je peux illustrer par des histoires qui sont arrivées à des amis avec qui je suis tous les jours. Si y’a une commission rogatoire, on se fait péter, et mon pote prend quatre ans de prison, alors que moi je m’en sors … c’est la même chose. Et puis, une fois que t’as eu un certain style de vie, que t’as mangé ton pain noir dans différentes situations … ce qu’on raconte, c’est un hommage à cette vie. On a pas le droit d’avoir vécu ces choses, et d’en parler en assumant ? Quand Rick Ross dit « Seigneur, je sais que je suis un pêcheur », personne lui dit rien. Les mecs parlent de kilos de drogue toute la journée alors qu’ils ont été matons pendant des années. Les rappeurs aux States, on sort des dossiers de fou. Ils ont fait des écoles d’art, des trucs de fou … et pour nous, on vient chercher la petite bête ? Mais jamais tu trouveras de dossiers sur nous !

djé traffic cover1

BONUS : DELTA ECHO JOKER – BOOTLEG CAPTCHA MAG MIXE PAR TIS

Tracklist :
01 – Djé – Alpo
02 – Djé – Schmozonizi freestyle
03 – Djé – 187
04 – Sir Doum’s – Zik à fond feat. Djedo & LIM
05 – Djé feat. LIM & Sir Doum’s – Double violences urbaines
06 – Booba – Salade, tomates, oignons feat. Djé
07 – Mala – Bande à part feat. Djé
08 – Dosseh – Summer crack mothafuckaz feat. Djé
09 – Booba – On contrôle la zone feat. Djé, Brams & Mala
10 – Booba – Si tu savais feat. 92i
11 – Djé – Monnaie dans le crâne
12 – Djé – Quoi qu’il arrive feat. Booba
13 – Djé – Life feat. JC of The Finest
14 – Booba – Me-ca feat. Djé
15 – Soma – Sex prime feat. Djé
16 – Booba – Izi life feat. 92i
17 – Djé – O.G.H.N. feat. Mala

MAXO ‘187’ KREAM : ‘RIDIN CREEPY’ [2]

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«Je ne dors jamais car le sommeil est le cousin de la mort !! » – Maxo.

Ridin’ Nasty.

Enfouraillé comme en Lybie (cf. Maxo Khadafi), un sourire à s’en déraciner les chicots miroitants, nanti de ce ‘ twistin tongue ‘ qui débobine la pensée et titille la glotte encore baignante dans le gorgeon purpurin : Ici, c’est Maxo Kream ou l’art de confirmer son statut de desperado sous les tropiques joyeux du West Side à la faveur de Maxo 187, une œuvre au noir où percent les nouvelles ambitions du rap houstonien.

Faut bien l’avouer, depuis que Trae, Bun-B, Slim Thug, Z-Ro et d’autres vétérans se sont « bunkerisé » dans la routine, les choses ont évolué à Houston. L’apparition de ce ‘shoota’ de l’Ouest en continuelle ascension depuis Quiccstrikes a réveillé les passions. Un soudain engouement lié au fait que Maxo Kream apporte une alternative ‘creepy’ à la nouvelle vague locale composée des Propain, Doughbeezy, Yung Maqus, Sauce Walka, Sauce Twins, SosaMann, Stoppa, Dice Soho, Harold Lee, Honey The Hippie, D-Boss, OG Che$$, Marcus Manchild, Benji Bands, Kwasei La’Flare, Amber London, Boston George…
En fait, un aveugle enfermé dans un cercueil verrait tout de suite que Maxo est une anomalie. Sa rhétorique ‘dirty & nasty’ dénuée de gimmicks dessine tel un sismographe les tremblements parkinsoniens d’un Houston se réveillant au lendemain d’une java qui a duré pas moins de dix ans. Selon Maxo, la fête est bien terminée. Le cycle naturel des choses en somme. Mais ce n’est pas tout. A l’entendre, le rap de Houston est définitivement moribond, en conséquence, il est a réinventer. Manifestement, tout mettre en œuvre pour que son œuvre échappe au conservatisme local et ne ressemble jamais à ces multiples standards joués une fois de trop est aujourd’hui au programme.
Bien entendu, question concept, on est à des années lumières de la résonance communautaire du Saint-Esprit que l’on trouvait chez Grapetree Records, ex-label expiateur aujourd’hui enfoui sous une chape de douilles et de jurons.
Nul besoin de préciser que de ce côté-ci du biz, l’évangile est tout autre : ça transpire le péché de la chair, le Xanax à la louche, la poudre à canon, l’argent du beurre, pour ainsi dire le mauvais genre. D’ailleurs, quand on demande à Maxo s’il croit en Dieu, il rétorque qu’il croit en lui. Et ne se fait pas prier pour conchier la mort, fond de commerce de l’Église, puis kidnapper le pasteur dans Mary & Molly : « Piss on your casket and shoot up the hurse, kidnap the pastor then trap out the church. »

Inspiré, téméraire, Maxo Kream a rallié sans trop de peine la rue à sa cause car il incarne à lui seul le grand chambard …  Si la doctrine locale du ralentissement est encore là, latente, dans son charabia aux âcres parfums de tétrahydrocannabinol, force est de constater que celui-ci aime faire appel aux expérimentations bass & drums les plus syncrétiques afin de s’aventurer dans des territoires de préférence obscurs, mystérieux, par moment cauchemardesques. Car la psyché de Maxo Kream est saturée de fantômes et de maisons hantées, de fait, c’est un monde entropique aux accents gothiques qui nous entraine dans les friches d’un rap libéré de ses artifices putassiers.

https://soundcloud.com/maxo-kream/maxo-kream-x-lyndo-cartel-real-bucc-prod-tommy-kruiseimage003

KREAM CLICC GANG : LES NOUVEAUX APACHES DE PURPLE CITY.

Le statut indépendant revendiqué par la Maxo Kream n’a rien de rédhibitoire quand on est originaire de la métropole qui abrite les institutions Rap-A-Lot, Swishahouse et Boss Hogg Outlawz. Faut dire que depuis K-Rino mais aussi Dope-E, vétérans grisonnants de bien des guerres, on n’a jamais eu peur d’entrer dans la résistance et continuer à vivoter de ses maigres deniers plutôt que renier sa propre éthique. Seulement le très instable centre névralgique du rap actuel a intégré d’autres valeurs que la réussite par le travail et les vertus anti-establishment. Ne suffit plus de ‘bouncer la weed’, de ‘rapper la double cup’ ou de combiner quelques rimes fielleuses sur les Blancs ou le président américain pour tant soit peu surnager à Purple City. Appréhender sa carrière en mode ‘gamejackeur’ est hautement conseillé lorsqu’on désire à la fois briser une bonne fois pour toute la mécanique binaire Nord/Sud de la ville, franchir les limites de l’État et s’en aller conquérir une audience nationale …
Notamment tenir la dragée haute aux spitters de l’Ohio, à savoir Insomniac Lamb$ et autre Mal G alias Ski Mask Malley.

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Kream Clicc Lyndo Cartel.

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« Like Soulja Slim I got enough of dicc for all y’all ! » a récemment prévenu Kream Clicc Lyndo Cartel sur twitter, preuve que leurs modèles ne sont pas/plus de ce monde … En fait, depuis que Lil’ Andrew aka Woodrow Kream est sorti de sa brève existence les deux pieds devants, la klicc composée des Maxo, Lyndo, Kream Jay, Jared, Jermaine & C° est sur le sentier de la guerre. Pas un choix anodin : tous préfèrent avancer en file indienne, laissant Maxo libre de décider quand, où et en compagnie de quels cracheurs de feu il est envisageable de bruler un bon calumet. Car dans cet univers du rap où moguls et gros bonnets te considèrent comme du gumbo, il vaut mieux vivre entouré de la Clicc et extirper ses propres dollars noirs du caniveau plutôt que de bouffer au râtelier du rap verbeux, pasteurisé jusqu’à la l’overdose. Échapper à ces loups qui veulent t’arracher le fond de ta culotte, mais aussi fuir ces chroniques manipulées par les ghostwriters où l’on détecte mille empreintes digitales, tel est le mot d’ordre. Qu’importe si on se salit les paluches, le jeu en vaut la chandelle, et puis c’est une question de principe, de crédibilité, tout autant qu’une preuve d’amour envers Forum Park Drive 10110, l’un des hoods les plus brulants de Houston où on a perdu depuis longtemps le bouton du thermostat.
Quant à déterrer la hache, autant que ce soit accompagné par ceux qui se prosternent devant le totem sacré qu’est le Tableau B. Ici, c’est avec J. $tash, chasseur de $calp$ osseux et taulier du Relax Gang / Relax Rekords, qu’il entremêle les jargons :

https://soundcloud.com/relaxrekords/j-tash-ft-maxo-kream-flexin

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Maxo 187.

Venons-en à Maxo 187, projet sensé à la fois ouvrir la boîte de Pandore et arroser de napalm le volcan en ébullition qu’est le West Side. Des mois que Maxo annonce sa sortie, faisant monter la hype à la manière d’une banale mayonnaise jusqu’à ce que le quorum des prosélytes soit enfin atteint. Ce faisant, l’album est maintenant en ligne avec une liste d’invités qui rend l’écoute captivante: Father (Atlanta), Joey Bada$$ (New York), Lamb$ (Cleveland), Fredo Santana (Chicago), Lil Family, Sauce Twinz & LE$ (Houston).
Tout d’abord, après avoir balancé la purée façon Kenyatta dans la tire-lire à Carol (cf. Donald Goines)  – Paranoia – Maxo sort le mortier et sème le trouble dans le précité Clientele : « Fuck the feds and fuck the judge… Fuck the cops they catching slugs, fuck the laws im selling drugs… »
A partir du moment où les ébats du couple incestueux vicodine & syrup rendent hypnotiques la rotation synchrone des chromes d’antan, 1998 est recommandé pour s’enfoncer dans la jungle houstonienne.
Pas de langues de bois, en aucun cas de langues tièdes, exclusivement des langues débridées et chargées de mots qui roulent comme le tonnerre dans un ciel noir chargé de pluies acides –  Sur KKK.
De la magie au paranormal, il n’y a qu’un pas. A la seule écoute de Trap Mami/ Flippin, mon chien est allé se réfugier sous le lit en gémissant. Mmmh … à mon tour, j’ai la nausée du zombie et des douleurs aiguës dans les guitares. A moins que ce soit actavis, xannies, roxies, oc 80s et percs qui intensifient la catalepsie d’Astrodome screwdé à l’aide d’un jeu de clés à cliquet réversible par Wxlf Gxd, lequel se surpasse sur Murder et Cell Boomin’ … Enjoy !

http://www.livemixtapes.com/embed.php?album_id=31947

Raider Klan x Captcha Mag – Simple et Phonky

Raider Klan est un groupuscule à la solde de Satan fondé par SpaceGhostPurrp (Markese Rolle) en Floride. Leur style consiste à mélanger du rap sudiste des années 1990 au fameux agent chimique X. Sauf que le bordel est devenu totalement incontrôlable et a donné naissance à la Phonk. Leurs débuts n’étaient pas fameux, mais avec le temps, leur rap a pris du poids. Grâce à tout ce chaos, des rappeurs comme Denzel Curry, Key Nyata, Yung Simmie ou Xavier Wulf (qui ne figure pas sur le CD mixé) ont pu tirer leur épingle de jeu et se faire connaître du grand public.

J’ai pris le soin de sélectionner 10 morceaux qui prouvent que leur m**de est intense.

CLIQUE, CLIQUE S***** !

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Raider Klan x Captcha Mag – Simple et Phonky by Captchamagazine on Mixcloud

La sélection est téléchargeable en cliquant sur l’image ci-dessous :

raider klan

Bootleg : Fofo44 – Un 44 tah les Hauts-de-Seine

Fofo44, c’est pas le blaze le plus vendeur du monde, mais dites-vous qu’au début de sa carrière, Fofo s’appellait Junks, donc quelque part, on a échappé au pire.

fofo44 captcha mag

Fofo c’est un mec qu’on connait surtout pour ses featurings avec Salif, et c’est d’ailleurs l’un des seuls à ne jamais se faire déclasser par le meilleur rappeur français de tous les temps.

Fofo, c’est aussi un mec qui n’a pas de réelle discographie, puisqu’il n’a jamais réellement été un rappeur. Une apparition par-ci, un feat par-là, et c’est tout. J’ai donc compilé les morceaux disponibles, je vous cache pas qu’il en manque certains (globalement, tout ce qui est antérieur à 2006) parce qu’ils sont tout simplement inexistants sur le net.

Aux dernières nouvelles, Fofo 44 a arrêté le rap.

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Fofo 44 – Un 44 tah les Hauts-de-Seine (bootleg Captcha Mag) by Captchamagazine on Mixcloud

Tracklist :

1. Training Days (solo)
2. Ténébreux Récital (feat. Salif, MC Djems)
3. Pop ce négro (feat Juicy P, Salif, Jack Many)
4. A.B.D.E.R (feat Tenor)
5. Vision Banlieusarde (feat Mc Djems,  Bad-R)
6. Salaire de la peur (feat Sly)
7. Big City du Crime (feat Salif, Exs)
8. 95-92 (feat Aketo)
9. Ne Fais Pas Le Con (feat Tony, Dostan, N’Dal)
10. Bleu Blanc Rouge (feat Salif)
11. Sans Plomb 92 (feat MC Djems)
12. Question de temps (feat Salif)
13. SDB (feat Salif, Exs, et la VF de Tony Montana)

EDIT : lien pour télécharger le mix : FOFO BOOTLEG EMPETROI.mp3

Téléchargement / écoute : Dosseh (best-of)

Pour commencer comme il faut cette année, et dans la lignée de nos différentes mixtapes sorties récemment, Captcha t’offre aujourd’hui une mixtape spéciale Dosseh. La sélection est entièrement subjective et comporte les sons qui m’ont le plus frappé depuis le début de sa carrière. Donc si tu penses qu’il y a des titres oubliés je te suggère gentiment d’aller te faire enculer de me le faire savoir via twitter ou commentaire.

Tu cliques sur l'image pour télécharger
Tu cliques sur l’image pour télécharger, ou tu descends plus bas pour écouter le mix.

Cela sera également une bonne manière de patienter avant la sortie de son premier Album / Perestroika repoussé à 2014. Bien que n’ayant pas sorti d’album pour le moment, la discographie de l’artiste est déjà bien soignée :

Bolides (2004)

Bolides Vol 2 (2008)

Desperadoss (2011)

Summer Crack (2011)

Summer Crack Vol 2 (2012)

Karma (2013)

Perestroika (?)

 

Si vous voulez en savoir plus sur le bonhomme je vous recommande de lire les excellents papiers des potos du Blavog ici et la. J’ai essayé de faire un parcours chronologique avec les morceaux les plus marquant de sa carrière … Bonne écoute.

Tracklist :

 

  1. Je Suis

  2. Pharaonique

  3. Prototype (Feat Despo Rutti)

  4. Aigle Royal

  5. Frere d’arme (feat Pit Baccardi)

  6. OGM (Feat Rim K)

  7. Qui t’a menti (feat. Ol Kainry)

  8. Non Stop

  9. 45 Scientific (Feat Booba)

  10. Poete Maudit (Feat Despo Rutti)

  11. Desperadoss

  12. 1001 Questions

  13. Gin And Juice Remix (feat Niro)

  14. Pirates (feat Kaaris)

  15. Cliché

  16. Mon Gang

  17. Perestroika

  18. IGO

  19. Survet et Costard

  20. Gagnam Style Trap Remix

  21. Dosseh Adios

News : Flynt sort la mixtape Rétrographie !

Lundi 28 octobre, 2013, jour de sortie pour Flynt : Rétrographie est, comme son nom l’indique, une mixtape rétrospective de la carrière du MC parisien. De 1998 à 2013, une sélection de couplets inédits ou mythiques, compilant ses meilleures apparitions sur albums, maxis, mixtapes …

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C’est disponible en Fnac ou sur flyntmc.com, dans un coffret regroupant Rétrographie et Itinéraire Bis, son dernier album.

Ci-dessous, l’intro de la mixtape, par Monsieur Nodey :

L’occasion de vous inviter à relire notre interview-fleuve de Flynt : partie 1 ; partie 2 ; partie 3