Teobaldo va vous causer de … Cokein

Cet article provient à l’origine du site Le rap en France.

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Cokein évolue depuis de nombreuses années sur la scène rap de Grigny, ayant posé quelques sons sur les projets des groupes et des artistes les plus talentueux que compte leur ville de grands baisés de rap venu principalement de la côte ouest et du sud des United States of A. D’ailleurs, ça va surprendre ceux qui l’ont découvert dernièrement mais il y a 10 ans il rappait plutôt dans un délire Bone Thugs avec une voix plus nasillarde, un flow plus rapide et des roulements. Depuis, ça a beaucoup changé. Il parle plus lentement et laisse sa voix rauque résonner sur le peu de morceaux où il a distillé ses couplets ces dernières années.

Ce n’est que récemment qu’il a commencé à travailler le terrain pour une carrière solo en proposant quelques clips au compte-gouttes dont notamment Marche ou crève avec en featuring Alkpote (l’une des figures emblématiques du rap du 91 qu’on ne présente plus) et le bouillant Shoot qui voit Cokein partager le micro avec La Comera, toujours présent pour faire la bande originale d’une bonne émeute réussie. Il est maintenant l’heure pour le Young Coke de transformer l’essai en offrant un long format pour voir si ça tient bien la route au-delà de quelques clips sympas. (Young Coke c’est un jeu de mot avec Jeune Coq, c’est marrant nan ?)

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Voici donc « CMF volume 1 » What the CMF stands for ? Que veut dire CMF ? Les plus fins limiers d’entre vous ne tarderont pas à comprendre que ce sont les initiales de « Cokein Mother Fucker ! » Le ton est donné. Il prévient dès l’introduction de son album : « Je rappe, c’est pas ce que je fais de mieux, mais je m’ennuie. » Et il le réaffirmera d’ailleurs plus tard dans l’album : « Je prends pas le rap au sérieux, j’en fait car je suis en train de me faire chier. J’ai un talent, on me dit insatisfait, je suis en train de me chercher. » Cokein n’est pas à proprement parler un foudre de guerre au micro, bien qu’il demeure quand même capable de quelques variations de flow. Son truc n’est pas la performance technique, ce n’est pas son but et ça change un peu des autres MCs émergeants qui, bien souvent, mettent le style en avant et tout le reste loin derrière. Ici le grignois scande chacune de ses rimes bien mâchées, vers après vers, en prenant toute la place que lui offre les instrumentaux pour les marquer de sa voix calme (et un peu inquiétante).

Cela dit, Coke ça reste un rappeur de Grigny qui se respecte, c’est à dire que c’est pas un petit rigolo. Ses instrus il sait se les choisir. Ses morceaux il sait se les construire. Ses ambiances il sait les varier, tout en restant sur sa ligne directrice le plus souvent. Le mec sait poser en cabine, faire des backs, des ad libs, etc… Le tout avec un mix à la hauteur. Oui, je sais, vous allez me dire que c’est la base pour un rappeur. Mais généralement, quand on parle de rappeurs peu exposés, les gens pensent direct à des cassos pas pro du tout. Mais ici t’es à Grigny. Même le plus cassos des cassos a un minimum d’exigence requise sur la qualité du son qu’il sort.

Et celui qui est venu chercher les billets verts, jaunes, rouges et violets compte bien le faire avec un projet solide et sérieux où il livre différents aspects de sa personnalité, n’hésitant pas à mettre à nu comme il le dit lui-même, mais avec des lunettes de soleil, c’est aussi ça la pudeur. Instinct 2 vérité fait partie de ces moments-là. Sur une mélodie apaisante, Coke semble déballer un flot de pensées en vrac tantôt nostalgiques, tantôt revanchardes, le rappeur grignois semble avoir accouché de ce texte en une fois sans vraiment y revenir après. Et au détour d’une phrase on comprend pourquoi, ce texte ayant été écrit en une occasion particulière, son auteur ne voulait peut être pas y retoucher. Le titre du morceau prend tout son sens. Seul le refrain de Mossda semble avoir été rajouté ensuite.

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D’ailleurs c’est un autre aspect sympa des rappeurs de Grigny. Dans leurs projets ils invitent souvent leurs potes, ça donne un aspect convivial réunion d’anciens élèves autour d’un barbecue de merguez. Parfois on retrouve un mec en feat qu’on n’avait pas entendu depuis quelques temps mais qu’on aime bien et ça fait plaisir de le réentendre. Ou d’entendre des gens que t’as entendu sur leur premier morceau studio quand ils étaient encore mineur évoluer au fil des ans. Cela dit, il y a aussi quelques feats extra grignois et même extra essonniens dans cet album avec MAS et Sultan mais en même temps, ils sont surtout là pour des refrains parce que niveau MCing y avait tout ce qu’il fallait sur place, exception faite pour le troisième invité à nous venir d’une autre ville : Alpha 5.20. Et même si ça n’a rien d’étonnant vu que le Ghetto Fabulous Gang a toujours connecté avec la scène locale et qu’ils jouent toujours un peu à domicile chez les grignois, avoir un couplet de la Pharmacie de Dakar inédit qu’on a décoffré pour l’occasion, c’est un petit plus. Surtout quand c’est un couplet qui commence direct par un gros égotrip impliquant Memphis et Project Pat. On apprécie. Et pour couronner le tout, il y a aussi Castor « Skinny » Troy de la LMC Click qui, contrairement à ses copains de micros Juicy P et Jack Many, n’avait jamais rappé avec Alpha. On retrouve aussi cet aspect album de famille dont je parlais à propos de la scène rap de Grigny.

Troy que l’on retrouve par ailleurs sur un autre bon morceau de CMF 1, le membre le moins connu des LMC est en jambe et nous livre deux prestations enthousiasmantes sur son univers coloré qui a de bons arguments pour séduire les fans de Too $hort… ou de Paul Wall pour les plus débiles d’entre vous.

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Venant grossir les rangs des autochtones de la ville du 91 conviés à la fête, on retrouve Ketokrim, frère d’arme et de rimes de Cokein depuis des temps immémoriaux, sur le refrain de Âme de guerrier puis sur Street King en compagnie du groupe Ekinox, qui est un trio de jeunes rappeurs tous terrains qui devraient faire de plus en plus parler d’eux. Comme ils le montrent sur Street King, un morceau efficace disposant d’un refrain aux voix pitchées. En gros la voix du mec est accélérée et surtout rendue très grave un peu comme avec un ballon d’hélium. C’est une astuce que Rohff utilisait souvent à une époque puis ça c’est un peu perdu et là ça réapparaît sur les radars sur CMF pour le plaisir de petits et grands. Et pour finir ce tableau, l’album se referme sur le bien nommé Trip family où Gizo Evoracci (un mec du coin qui rappe avec Snoop Dogg, rien que ça), OzerLanders et Nolege rejoignent leur pote pour un bon petit freestyle de fin, comme le veut la tradition.

Enfin, ce n’est pas vraiment la fin vu qu’il reste un bonus derrière et que c’est tout simplement Shoot avec La Comera qui a été remis pour le plus grand malheur de vos voisins. Et ce n’est pas non plus la fin de mon petit speech, parce que dit comme ça, on dirait qu’il n’y a que les morceaux avec des invités qui valent le coup. Mais pas du tout. Ecoutez juste l’enchaînement Décalé Chinois avec I.D.C. (InDestructible Cokein) et vous verrez bien.

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En définitif, ce Cokein Mother Fucker volume 1 est un long format bien travaillé, d’un rappeur qui est loin d’être un nouveau venu dans le game. Il a su prendre le temps et surtout se donner les moyens d’arriver avec un premier projet abouti qui, toutefois, sans être un album purement hardcore, ne parlera pas facilement aux auditeurs qui ne sont pas portés sur ce genre de musicalité. Cela dit, ce n’est pas peine perdue. Cokein a su rendre son rap accessible en maintenant un bon équilibre où le fond n’empiète pas sur la forme, ni l’inverse. Il faut aimer le genre mais c’est maîtrisé et pas du tout fermé comme galette. Testez par vous-même.

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Rap-game et dinosaures

Kaaris a récemment remis au goût du jour la métaphore du dinosaure, en établissant dans AMG63 une comparaison aussi puissante qu’efficace : « elles se déboitent les babines quand elles sucent le dinosaure« . Animalisation classique mais inventive, elle a produit un effet certain sur un public pas forcément préparé à ce type de punchline préhistorique, même si la mâchoire de dinosaure avait déjà été usitée par l’Oncle Tom (« J’compte croquer la vie avec une mâchoire de dinosaure« ) :

 

 

 

 

 

 

Pourtant, le rap français regorge de références aux monstres du passé. Tantôt par une métaphore sexuelle, tantôt par une référence peu judicieuse à la préhistoire, le rappeur-lambda aime se rappeler au bon souvenir des biscuits Dinosaurus des goûters de son enfance … Une madeleine de Proust parfaitement assumée par LeBoy Krisy’B dans Vraiment moi :  « J’ai pas tourné autour du pot donc j’ai aligné quelques mots du genre : Fuck You ! tout en mangeant mes petits dinosaures« .

29266 - comic dinosaur nazi velociraptorMais la majeure partie du temps, le lyriciste utilise la figure du dino pour se viriliser. Kaaris posséderait selon lui « le torse et les triceps du tricératops » (Bébé). Hyacinthe, quand à lui, trouve le moyen de comparer sa bite à un animal préhistorique : « Ankylosaure, la queue est longue et le bout est gros » (Rap Game Nuit sans Fin). La métaphore est bien souvent sexuelle, et Taïpan considère être « au rap ce qu’un putain de tyrannosaure est à la levrette » (Rien à Prouver).

Mais contrairement aux idées reçues, le tyrannosaure n’est pas forcément le plus populaire chez les rappeurs : le vélociraptor, rendu célèbre par sa représentation erronée dans Jurassik Park, est l’un des plus cités : « Evite de clash un vélociraptor » (GringeEnnemi d’état.com) ; « touche à mon bifteck, j’suis pire qu’un Vélociraptor » (Deen BurbigoPartiel de punchlines -chez NeoBoto-). Différentes écoles s’affrontent pour déterminer le sort à réserver aux reptiles géants : si Dooz Kawa préfère leur réserve la corde et le tabouret (« les dinosaures d’un monde perdu on les a vus et bien pendus pour oublier que l’heure est grave » – Message Aux Anges Noirs), Médine préfère les prendre en bouche (« les dinosaures de Brazzaville ont déversé leur poison » – Lecture aléatoire).

« J’suis un fuckin dinosaure, old-school dans ma tête » (FiligraNNVentre Du Dragon) … l’animal préhistorique est bien évidemment synonyme d’ancêtre, et s’associe naturellement à l’ancienne école. Poulpix en donne une nouvelle illustration dans 60 Kilogrammes, lui qui est « tellement old-school qu’il se déplace en ptérodactyle« . Le dinosaure volant est mentionné également par Swift Guad dans Vautour : « volatile et nécrophage, descendant du ptérodactyle« . 3010 a quand à lui une « attitude en or, swag de dinosaure » (Bienvenue dans le Premium). Difficile à confirmer, d’une part parce que le swag de 3010 est tout à fait subjectif, et d’autre part car la qualité première d’un dinosaure n’est pas forcément d’être soin. Au contraire, il est régulièrement utilisé pour ridiculiser l’adversaire : « A côté de moi t’as l’air d’un fossile, t’es encore à l’époque du pterodactyle » (Hastero KidHastero) ou encore le moins académique « bandes de fuckin’ tas de fiantes de diplodocus lépreux » de Freddy Gruesum dans Admirez. Toujours dans le domaine « peu académique », citons l’inévitable Seth Gueko, qui « baise les putes comme un dinosaure » dans Bafana Remix. Il convient alors de se demander si les reptiles géants étaient réellement adeptes de prostituées …

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Médine (à nouveau) aura peut-être la réponse, lui qui se pose en véritable expert des vertébrés diapsides du passé : « les dinosaures ont disparu par manque d’adaptation » (Oracle). Une superbe analyse de spécialiste. Se positionnant dans le même registre, Keny Arkana se décrit dans Odyssée d’une Incomprise comme « descendante des étoiles, pas des singes, encore moins des dinosaures » (attention tout de même : scientifiquement, la filiation génétique entre la rappeuse et les astres lumineux reste tout de même à prouver). Plus habitué au Club Dorothée qu’aux bancs de l’école, Vidji (5 Majeur) se trouve quant à lui « désolé si Denver n’est pas le dernier des dinosaures » (On pèse). D’autres donnent la même impression de ne pas avoir fréquenté assidument les établissements de l’Éducation Nationale, non pas par manque de documentation scientifique, mais simplement par le sens sibyllin de leurs lyrics : « j’back avec des evil buzz à dos du minotaure, j’réanime les dinosaures » (Maybe WatsonMange un char).

Dernier trublion à avoir esquivé avec soin les institutrices (sauf peut-être pour leur offrir le rôle principal d’un snuff movie), Alkpote a pour lui un véritable motif d’absence dans son carnet de correspondance : « J’encule les ptérodactyles« .

Alkpote avec des dinosaures nazis
Alkpote avec des dinosaures nazis

Noël au ballon … Pâques à Houston !

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Noël. Joyeux Noël… en prison. Qui se rappelle de Knowledge Born Allah, MC du Lifers Group, un collectif de prisonniers rappeurs cumulant des peines de plus de 25 ans ? Knowledge a connu les pires règles de la vie pénitentiaire. Selon lui, se la raconter, c’est bien… Parler en toute connaissance de cause, c’est nettement mieux. Discréditer les grandes stars du gangsta rap comme N.W.A., dixit : « Tu n’as jamais été en prison, tu n’en as jamais vu une. Merde à N.W.A. ! Range ton pistolet à eau ! » beaucoup en ont rêvé, Knowledge l’a fait.
La prison, c’est comme le Dirty South, tout le monde en parle, rares sont ceux qui y ont foutu les pieds. Bon, pas la peine de refaire un dessin, le Sud de l’Amérique c’est la Centrafrique, le Nicaragua, en gros, ça tombe comme à Gravelotte, ça encellule à tour de bras. Étudier l’histoire de la « jailhouse » US et oublier les diverses descriptions qu’en a fait le hip hop est une carence injustifiable.
A Houston comme partout ailleurs, la prison est la case qu’il faut à tout prix éviter dans le Life/Monopoly Game. Une sale histoire qui ne date pas d’aujourd’hui, les plaintes parlant de Big Brazos et Sugarland résonnent encore dans ces chiourmes visitées jadis par les bluesmen.
En 1935, Shorty George de Leadbelly racontait cela : « Ils m’ont infligé une condamnation à vie / Au pénitencier de Sugarland / Mon Dieu, certains ont pris six mois / D’autres deux ou trois ans / Trop de bons gars passent leur vie ici. »

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Convicts : « Penitentiary Blues »

noel3La pochette explique beaucoup de choses, pourtant c’est bien Big Mike qu’il faut écouter relater sa propre expérience pénitentiaire. D’après lui, le manque de nicotine, la privation de sexe et la malnutrition prennent une ampleur significative en zonzon. Pourtant Mike ne s’arrête pas là. Il observe le sort des victimes de violences au cours de leur enfance, les violés devenus violeurs etc,  s’attardant notamment sur un jeunot au nom de Buck qui va se coltiner 50 piges. Certes, Penitentiary Blues date de 1991 mais dépeint avec force et détails les inconvénients de la vie pénitentiaire, là où il n’est pas bon de se baisser quand on est sous la douche…

D of Trinity Garden Cartel : « Niggaz Say, Niggaz Do. »

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noel5Darrell « D » William alias D of Trinity Garden Cartel a eu son heure de gloire chez Rap-a-Lot avec le crew éponyme, notamment lors du procès retentissant que des (vrais) flics imposèrent au label texan après la publication de la pochette de Don’t Blame It On Da Music (1994) discréditant leur profession.

Trop vite écourtée, sa carrière en solo comporte Game Done Changed (1995), Straight Texas Hoodlum muni du prémonitoire « Sittin In My Cell » (1995) et I Love N.I.G.G.A.Z. (1997). Seulement, jamais D n’a adhéré au ralentissement prôné par le Screw Movement.,  préférant continuer à rapper comme il vivait, c’est à dire à deux cent à l’heure. Un jour, il a dégainé, riposté et a tué quelqu’un. Terrible erreur qui se paye cash quand tu es noir et que tu n’es pas fils de. A partir de là, ils lui ont ôté son permis de rapper à D, via un châtiment de 25 Noëls, pas moins.

E.S.G. : « Money & Power. »

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Autant le monde est froid, autant la prison est polaire. En conséquence, un homme libre averti en vaut des dizaines dans le hood. Se tenir à carreau ? Mhh, faut voir… La vie est une salope. Les murs en brique ont des oreilles, les balances te font plonger pour un Benjamin. En l’an 2000, E.S.G. usait de l’intimidation, laquelle doit clairement palier à toutes déconvenues. En substance, Money And Power prodiguait un vrai conseil d’ «ami » à celui ou ceux qui seraient tenté d’avertir les Fédéraux !
« If you scream to the FED’s, put a beam on your head / My beam ain’t scared, kidnap your nieces / You can find ’em in the Gulf, sharks eating they pieces . »

Geto Boys : «  G-Code »

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Certains MC’s qui ont eu à faire à l’exigence pathologique de DJ Screw racontent que ce dernier se plantait devant toi, à quelques millimètres de ta figure, te fixait dans les yeux, t’inspectait, te calculait, te reniflait… Survenait ce moment assez angoissant où tu te demandais s’il allait te palper les glaouis le Maître syrupé. Non, absolument rien de sexuel dans cette parade glamoureuse. C’est juste qu’avant de t’intégrer dans la Screwed Up Click. DJ Screw voulait vérifier si chaque pore de ta peau suait la vérité, ou plus exactement si la putain de semence qui allait gicler de ta bouche aurifiée n’était pas du Nestlé en boîte, de la branlette pour « petits Blancs »…
Pas la peine de leur palper les glaouis aux Geto Boys pour savoir que chacune de leurs rimes applique le défunt G-Code (2005).
« These motherfuckers look at me like I’m a slanger / Makin threats to my family, dawg I’m in danger / Who do you call when these agents want you dead / And they hit these penetentiaries and niggaz make a pledge  »

K-Rino : « The Blood Doctrine »

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Non, K-Rino n’est pas à proprement parler un joyeux drille, loin s’en faut. Le fondateur de South Park Coalition continue à faire ce qu’il a toujours fait tout au long de sa prolifique carrière : unir les talents de Houston ajouté à une sérieuse et introspective réflexion sur la vie. Bon, ici dans The Blood Doctrine (2008) tout y passe… la drogue, Satan, Dieu, Obama, les prophéties douteuses, la manipulation, le mensonge, l’argent, la prison etc…
Aucun doute là-dessus, l’homme est éminemment religieux, spirituel, habité par le désir d’informer, d’éduquer, de clarifier… Les quatre pôles de la ville lui doivent beaucoup !
« My tainted mind is dizzy, And now it seems every time I need a sign where is he? / Called God but his line was busy / We in and out of prison, trying to make our living / In an unforgiving system that’s money and power driven / The conditions seems immutable, A plethora of wakes and funerals. »

Pharoah : « Rock, Rock A Bird (Chopped & Screwed) »

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Darrel « Pharoah » Burton a été condamné à 55 ans de prison pour avoir séquestré et attenté à la vie d’une femme de 55 ans au moyen d’une arme alors qu’il était défoncé au PCP. Faut dire qu’il y a un petit moment qu’il avait fondu les plombs le Pharaon de Houston, et pas qu’un peu. Recueilli lors du procès, le témoignage d’une ex-petite amie racontait ceci : « Il y a un moment qu’il tuait mes chiens, et les ouvrait pour en extraire des micros. Il pensait que le FBI et la CIA les plaçaient à l’intérieur de leurs corps ! »
En 2007, au bout de 7 ans d’incarcération, jugé schizophrène, le membre de Street Military était selon un psychiatre apte à reprendre une vie normale… à deux conditions : ne pas s’approcher de la famille de la victime, mais aussi des animaux !
Malgré des nouvelles rassurantes de KB Da Kidnappa & Lil Flea, ses deux compères du Military crew, il serait toujours encellulé mais désirerait rapper à nouveau en communicant avec eux à l’aide d’un téléphone portable.
Un seul problème, le système pénitentiaire texan autorise l’emploi du téléphone une seule fois tous les trois mois … Screw thing for him !

#FREE PHAROAH  #FREE « D » of TRINITY GARDEN CARTEL

Chicano rap VS Joe Arpaio : un shérif mégalo et ségrégationniste de l’Arizona !

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« La cucaracha, la cucaracha,
Ya no puede caminar;
Porque no tiene,
porque le falta
Marijuana que fumar.
»Traditionnel.

Joe Arpaio n’est autre que ce petit homme qui ressemble ingénument à ton grand-père, c’est à dire nez/fraise bulbeux, goitre simple, bajoues de bouledogue et regard de vieux Border terrier dressé pour entrainer la meute, sauf qu’il ne fréquente pas les boulodromes et ne donne jamais à manger aux pigeons, enfin aux pigeons à la plume basanée gazouillant l’espingouin pour rester dans le domaine animalier. Ce natif de Springfield (Massachussets), en 1932, va fêter ses 82 piges le bougre, et se qualifie lui-même de « shérif le plus dur d’Amérique ! ». Non, Arpaio ne frime pas, il a passé l’âge. Il pourrait même la boucler tant les chiffres parlent pour lui. Ces chiffres précisément qui prouvent que le shérif de Phoenix (Arizona) possède des statistiques de réussite incontestables en ce qui concerne l’immigration chicano et la délinquance … Des preuves ? Alors que la criminalité a baissé de près de 20 % dans le Comté de Maricopa entre 2004 et 2008, cette baisse n’est que de 8 % dans le reste des États-Unis. A n’en pas douter des résultats à filer des complexes aux Ministres de l’Intérieur et autres tyrans les plus narcissiques de la terre entière, seulement ce sont les moyens employés qui dérangent chez José Arpaio accusé de se livrer à un profilage racial systématique en Arizona … Portrait.

Du désert jusqu’à Joe Arpaio : l’angoisse constante de La Raza.

Attention ! Il est dangereux voire mortel de traverser le désert du Sud de l’Arizona. Des croix blanches plantées à même le sol cendreux sont là pour rappeler aux chicanos téméraires les dangers encourus quand il s’agit de marcher pendant des jours et des nuits dans un four qui peut atteindre les 60 degrés Celsius. Pour les plus résistants, ceux qui arrivent à bon port, ils leur restent un ultime rempart à franchir et pas des moindres: il s’agit de l’indéboulonnable Joe Arpaio, élu shérif du Comté en 1992.
Après avoir été agent spécial au sein du Bureau of Narcotics pendant 25 ans (devenu depuis la D.E.A, récemment brutalisée par Maxo Kream dans « Lewinsky ») Arpaio est poursuivit pour discrimination raciale et sexuelle par un de ses collègues de la DEA en 1981. Seulement, Joe a les appuis nécessaires pour continuer à perpétrer cette politique du mépris et de la terreur depuis près de 50 ans sans que quiconque puisse politiquement l’abattre. Il y avait notamment ce suprémaciste blanc d’Arizona, un certain Jason Todd J.T. Ready, à la fois ex-marine, co-fondateur du Neo-Nazi Socialist Movement, mais aussi « recovering mormon », lequel assistait fréquemment aux meetings chargés d’antagonisme de Joe avant de se suicider après avoir tué sa fiancé et trois membres de la famille de celle-ci.

Célébration du 18ème anniversaire de Tent City Jail [Quartier des femmes]
Célébration du 18ème anniversaire de Tent City Jail [Quartier des femmes]

C’est rien de dire que la chicanophobie pollue chacun des atomes de son corps flétri à ce Eugene « Bull » Connor des années 2000. Il y a vingt ans, Arpaio a fait construire Tent City, prison dans laquelle 2000 détenus vivent en permanence en plein désert sous des toiles de tente, contraints de casser des cailloux dans la chaleur asphyxiante. « Travaux forcés ! » et « Magazines pornos interdits ! » affichent les panneaux à l’entrée du bagne.
Les Fédéraux mais aussi Barack Obama ont bien tenté de lui mettre les bâtons dans les roues, pourtant le shérif n’abdique toujours pas : « Ces gens là seront quand même arrêtés, parce que nous avons des lois locales qui continuent à s’appliquer. S’ils croient que je vais abdiquer ils se trompent ! » martèle-t-il, chapeau de mexicain enfoncé sur la tête… Une sorte de Jean-Claude Gaudin sous amphètes capable de massacrer le refrain intemporel de La Cucaracha pour moissonner quelques votes.

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D’ailleurs, Arpaio a déclaré la guerre à Obama, enquêtant sans interruption sur l’authenticité du certificat de naissance de l’actuel président américain, l’accusant d’avoir dénaturé la loi fédérale sur l’immigration par pure démagogie électorale, à vrai dire s’assurer le vote crucial des Latinos sans lequel il aurait eu beaucoup plus de difficultés pour se faire élire. Les rappeurs chicanos Avenue Gangsters, Serio, Chingo Bling, Lil’ Chico et autre Yung Ridah ont beau monter au créneau et qualifier Arpaio d’enculé sur des beats dirty, les choses sont immuables à Maricopa. Malgré que la proportion des habitants d’origines hispaniques ait fait un bond de 45 % lors de la dernière décennie, c’est l’argent appartenant aux banlieues réactionnaire blanches de Phoenix qui décide du pouvoir. Indéfendable sur le plan juridique, cette initiative de harceler et de multiplier les délits de faciès cartonne au niveau politique, car rengaine conspirationniste très prisée parmi ses électeurs d’extrême droite où l’âge moyen est de 73 ans.
En fait, Arpaio est très lucide sur sa réputation de shérif/chasseur de clandestins : « Les Hispaniques me détestent car ils ont peur de se faire arrêter ! »

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Tent City ou ‘pudrirse en la carcèl’ en sous-vêtements roses.

Non, Trent City n’est pas une prison comme les autres. Rien à voir par exemple avec Angola (Louisiane) où les prisonniers, afro américains en grande majorité, se muent en comédiens et jouent des pièces sur la vie de Jésus afin de postuler à un hypothétique rachat, à la rédemption. Ici, à Tent City, on se fait traiter de « wet back » (dos mouillés), d’ « enculés, de salopes de Mexicains » et on casse des cailloux comme au bon vieux temps des chain gangs!
Évidemment, Arpaio a été visé par une procédure du ministre de la Justice pour une série de violations des droits de l’homme commises à l’encontre de son cheptel de Latinos. Bref, rien ne semble inquiéter Joe, lequel, en vieux roublard, a infligé quelques raids nocturnes afin de vérifier la validité des papiers des portiers chicanos de l’hôtel de ville occupé par George Gascon, chef de la police de Mesa qui lui cherchait des noises.
Pour rajouter un peu de piment à cette sombre affaire, Joe Arpaio oblige les détenus à porter des sous-vêtements roses sous leur tenue à rayures blanches et noires, une façon de mieux contrôler les vols des slips boxer blancs par les détenus … Si un slip ou un tricot de corps disparaissent, le détenu se doit d’enfiler ces dessous roses, humiliation ultime pour un macho de chicano.
« Le public est mon patron ! » claironne-t-il, méchamment égotiste, à qui veut l’entendre. Du coup, le caleçon rose,  Arpaio en a fait un des ressorts burlesques de ses campagnes électorales successives qui sentent toujours autant le sapin pour les chicanos, running gag qui participe à cette médiatisation dont il est le principal bénéficiaire depuis la sortie de son livre : « American’s Toughest Sheriff » en 1996.

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Un clown du cirque médiatique accroché à vie à son calibre 50

Pour répondre aux Fédéraux qui refusent de coopérer, pour marquer le coup, Arpaio arrête 500 clandestins de plus en cette année électorale 20012. Escalade dans la provocation qu’il justifie par : « Vote hispanique. Année électorale. Je sers de repoussoir ! ». Pourtant, montré du doigt pour avoir négligé plus de 400 crimes sexuels commis dans le Comté, puis dénoncé par un rapport interne évoquant des années de corruption et de comportement répréhensible, Arpaio s’accroche au gouvernail du pouvoir à la façon d’un cap-hornier syrupé en pleine tempête. Du coup, la Raza se met à espérer un chavirage de son rafiot réactionnaire car il a de plus en plus de mal à arrêter puis à expulser ceux qui n’ont commis aucun délit depuis que Obama a assoupli la politique d’immigration.
Malgré l’image entièrement négative que lui renvoie sans cesse la presse, Arpaio continue à jouer sa partition démagogique pour son seul public de rupins de Phoenix et ça fonctionne toujours aussi bien… Il a collecté pas moins de 7 millions de dollars pour sa campagne et se voit bien rester shérif du Comté de Maricopa jusqu’à 90 voire 100 piges, même assis dans un fauteuil roulant avec un calibre 50 chargé à portée de sa main tremblotante…
Après avoir réclamé des drones au gouvernement pour stopper trafic de drogue et contrebandes frontalières diverses, c’est le cœur sur la main (l’autre sur son calibre 50) que Arpaio a proposé un menu spécial aux détenus de Tent City afin de célébrer dignement Thanksgiving de novembre 2013 – repas payant bien entendu :  5 oz. of turkey soy casserole (24 cents), 1 cup of mashed potatoes (12 cents), 1 cup of glazed carrots (7 cents), half a cup of fresh fruit (8 cents), 1 cup of brownies (which were donated), a dinner roll (4 cents), margarine (1 cent).

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Buen provecho hermanos !

Mangas et rap game

Une fois n’est pas coutume, un ptit jeune qui n’en veut nous a proposé de faire ça, donc voilà. L’occasion de rappeler que le blavog est ouvert aux contributions, tant que les gens qui les écrivent sont assez intelligents pour comprendre qu’on a strictement rien à leur offrir en échange, mais suffisamment fous pour penser à des conneries originales. Bref place à Tony Nhem.

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Vous avez eu les comparaisons avec The Wire, puis entre personnages de Comics et rappeurs, vous allez avoir maintenant celles entre personnages de mangas et rappeurs. Je vous préviens tout de suite, rien à battre si certains rappeurs seront comparés à des personnages du sexe opposé et de toute façon, certaines explications n’iront pas plus loin que le bout du nez de Krilin. Et puis, si vous avez des remarques, des suggestions, vous savez où vous adresser. Et le nombre de parties n’est pas encore défini. (là faut que tu cliques sur « page suivante)