La Saint-Valentin de @Spleenter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Femmes fatales, sexe et Blaxploitation !

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Nous sommes au début des années 70, à vrai dire dans la foulée du mouvement des droits civiques et au beau milieu d’une période de turbulences dans le mouvement radical du Black Panther Party. Il y a quelques temps déjà qu’un nouveau genre de film est apparu, un genre appelé « Blaxploitation », combinaison des mots «Black» et «exploitation», dans lequel acteurs et actrices noirs occupent les écrans des cinémas pour un public Noir ciblé. En raison de la nature des films – milieu urbain, sexualité exacerbée, usage de drogues et d’armes, proxénètes et prostituées – le genre est très critiqué pour exploiter et renforcer les stéréotypes sur les Noirs depuis que le cinéma indépendant afro a succombé face à la rapacité des producteurs hollywoodiens.
Malgré la désapprobation et le fait que Hollywood a supprimé le message politique pour rajouter la caricature, le genre Blaxploitation fournit à cet instant une source non négligeable de valeur culturelle de la communauté noire et de la culture populaire américaine dans son ensemble. Sans exclure le fait que le genre donne l’opportunité aux afro américains d’intégrer une industrie du film US jusqu’alors très hermétique et, chose non négligeable, de faire un maximum d’argent. Un apport culturel notable est aussi en train d’apparaître sous la forme de bandes sonores, grâce aux bandes originales de Sweetback’s Badassss Song, le film « Arty » de Melvin Van Peebles, de Shaft et Cleopatra Jones composées respectivement par Isaac Hayes et J.J. Johnson, ou Superfly (1972) écrite par Curtis Mayfield, film qui glorifie l’histoire d’un trafiquant de drogue de Harlem. Paradoxalement, le message dans la musique de Mayfield n’épouse pas le scénario du film, préférant dénoncer les dangers et conséquences de l’abus de drogues.

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Un cinéma super-macho révélant une femme à la fois fatale et forte.
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Assata Shakur du Black Panther Party

Révélant une nouvelle image de la puissance de l’individualité noire, la Blaxploitation est un cinéma destiné à un jeune public de mâles noirs doté d’un petit budget. Il s’agit donc d’un cinéma couillu, machiste, gorgé de testostérones … du moins jusqu’à l’apparition de Pam Grier. Ancienne miss Colorado venue au cinéma par hasard, Pam Grier se détache illico du rôle rétrograde de la « bitch » ou « hoe », censée refléter la hiérarchie qui existe entre les sexes au sein de la communauté afro, afin de portraiturer la première « femme noire fatale, indépendante et forte » du 7ème Art américain.
Sur l’écran, elle ne recule devant aucun sacrifice pour arriver à ses fins. Créature héroïque à l’énorme potentiel mammaire et à l’érotisme chargé, elle est capable d’actes d’une violence inouïe envers autant les gros bras sexistes du hood que les dignes représentants Blancs d’une société à la fois discriminatoire et corrompue. Tant de caractéristiques attribuées à Angela Davis, Elaine Brown ou Assata Shakur (photo ci-dessous), les figures de proues du Black Panther Party et d’autres mouvements de libération de l’époque qu’on dit être la source d’inspiration pour les personnages féminins de la Blaxploitation.

 

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Projetant le concept de « cinema of vengeance », intrigue quasi immuable du cinéma de Hong-Kong (cf. Shaw Brothers) qui fait autant fureur en Europe qu’au États-Unis, les films  de Jack Hill offrent à Pam Grier ses plus beaux rôles. Elle devient rapidement une icône des salles obscures qui venge sa sœur des dealers noirs dans Coffy (1973), qui émascule (toujours par vengeance) le Blanc dans Foxy Brown (1974) … Mais aussi celle qui organise à grands coups de glaive La Révolution Des Gladiatrices (1974), péplum métaphorique qui pousse Roger Corman à réviser l’affiche du film pour la distribution locale sudiste, métamorphosant la guerrière noire Pam Grier en femme blanche pour échapper au boycott.
En réponse au changement de ton et à l’attitude agressive des hommes noirs engagés dans une lutte effrénée à l’égalité sociale et économique, les mouvements de libération des femmes sont dans l’air du temps. A partir de là, vocations, corps sculpturaux, afro indéfrisable et jolis minois convergent et nombreuses sont les actrices noires qui émergent grâce à la Blaxploitation. Si elles jouent des rôles mineurs dans des films plus ou moins bien appréciés, Sheila Frazier, Carol Speed, Gloria Hendry, Brenda Sykes, Marlene Clark, Teresa Graves, Johnnie Hill, Juanita Brown, Lola Falana, Jeanne Bell, Tamara Dobson et autre Vonetta McGee, pour ne citer qu’elles, sont les vedettes hyper sexualisées de Jet, Ebony ou Playboy Magazine (pour celles qui conviennent aux canons de beauté du moment) avant de devenir les reines éphémères d’un genre cinématographique qui va connaître son apogée entre 1973 et 1975.
Entre temps, les groupes NAACP, Urban League et Southern Christian Leadership Conference se sont unis pour créer la « Coalition Against Blaxploitation » qui sera le principal facteur du déclin du genre Blax, jusqu’à son enterrement définitif célébré en grande pompe par l’économie de l’industrie du cinéma en 1976.

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Jeanne Bell

 

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Tamara Dobson

 

Le cinéma Blax et ses sous-genres : le film érotique & porno.

Autant l’ascétique Église noire a une forte tendance à amputer les corps de ses parties génitales, autant la Blaxploitation n’a aucun mal à enfanter des sous-genres :
Films de guerre, de prison, de kung-fu, péplums, westerns, horreur & fantastique, films de motos etc … mais aussi les films érotiques & pornographiques qui profitent de l’explosion de ce genre pour adultes pour percer. A l’instar du pinku eiga japonais (« cinéma rose » ou roman porno), la désormais Sexploitation s’autorise à peu près tout et n’importe quoi en terme de pratique sexuelle sur grand écran. Car, pseudo-acteurs (-trices) et réalisateurs (-trices) underground sont accrochés à leur rêves de chambard. Surtout depuis le succès phénoménal de Deep Throat, porno chic de 25000 dollars tourné en six jours qui fait fonctionner le tiroir-caisse des cinémas X à plein régime et va tantôt rapporter pas moins de 600 millions de dollars.

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Le premier film érotico-pornographique à bénéficier d’un éclairage « noir » en cette année  1970 est Africanus Sexualis (Black is Beautiful) de Matt Cimber, un réalisateur italo-américain du genre X qui va bientôt réaliser une petite série de classiques Blax : The Black 6 (1974), The Black Gestapo (1975), Lady Cocoa (1975) et surtout The Candy Tangerine Man (1975) qui oscille entre cabotinage pimp de Black Baron, gadgets « jamesbondiens » et fulgurances admirablement trashy – à noter que c’est film le préféré de Samuel L. Jackson.
Par sa représentation positive des Noirs, Africanus Sexualis (Black is Beautiful) obtient une jolie petite résonance dans la communauté afro américaine. Bien évidemment, d’autres réalisateurs vont s’essayer au genre porno Blax.
Particulièrement Herschell Gordon Lewis, le monarque blanc du genre gore qui tourne le mythique Black Love (1972), long-métrage financé par un propriétaire de salon de crème glacée qui désire tenter sa chance dans le domaine lucratif du cinéma sexy. C’est sous le pseudo « RL Smith » que Lewis filme ce qui est plus une « étude d’un des aspects importants de l’expérience noire » qu’un film porno au sens strict du terme. L’auteur ne faisant que survoler le territoire hardcore d’une façon très furtive.

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The Black Bunch alias Jungle Sex alias Super Sisters alias Vicious Virgins (1973) de Henning Schellerup raconte les mésaventures de quatre filles d’un village africain, seules survivantes d’un massacre effectué par des mercenaires, qui ont juré de se venger. Pour cela, elles séduisent des chasseurs de prime qui sont sur les traces du fils enlevé d’un millionnaire et utilisent les seules armes dont elles disposent : leurs corps …  Bref, une poche de diamants a été sciemment introduite dans un script aussi plat qu’une limande et, nihilisme underground oblige, quasiment tout le monde y laisse la peau à la fin.

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10Impossible de sous-estimer Lalieh (1974) de Barron Bercovichy considéré pendant longtemps comme le premier Blax-porn de la courte histoire avant qu’on découvre ceux qui l’ont précédé. Œuvre tutélaire également renommée pour le jazz & groove de la Bande Originale composée, produite et jouée par l’éminent drummer Bernard Purdie.
En 1976, Niva Rushell — actrice qui joue dans la scène d’introduction de Sweetback’s Badassss Song avec un jeune Melvin Van Peebles âgé de 13 ans — écrit et produit Tongue. Le film détone autant par l’originalité d’un script plutôt sophistiqué que par les scènes de cul non simulées. L’histoire tourne autour des problèmes sentimentaux d’un lascar afro-américain du nom d’Al Poe (Rf. à Allan Poe ?) qui vit seul avec une grenouille depuis que sa fiancée s’est évaporée dans la nature. Particularité du gars, il possède non pas un sexe, mais bien une langue d’une vingtaine de centimètres … Besoin d’autres détails pour imaginer le topo ?

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La même année, Hot Summer in The City de Gail Palmer signe la fin de la brève mais trépidante liaison entre Blaxploitation & pornographie.
Qualifié par l’esprit dérangé de Quentin Tarantino comme le meilleur film porno jamais réalisé, le scénario déviant de Hot Summer in The City met en scène un gang de militants noirs payé par des Blancs pour déclencher une émeute raciale. Pour cela ils ont kidnappé une jeune vierge blanche, la violent, lui imposent diverses tâches ménagères et jouent sa possession au poker. Finalement, les gars trouvent un terrain d’entente (le corps de la Playmate de Playboy de l’année : Lisa Baker), lui dévoilant avec sexe et détails la signification de l’expression en vogue des 60’s, cependant sur le déclin : « Black is beautiful » ! Un film fauché assez malsain qui renvoie à plusieurs lectures. Peut être plus fantasmagorique que raciste voire misogyne. A noter que Black Orchid, l’unique personnage féminin de race noire qui s’est immiscée dans le clan et tente de tuer Lisa Baker, est abattue sur le champ par un de ses partenaires afro …

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Les 10 albums rap français qui vont marquer 2014 : Bonus !

Alors d’abord il faut lire l’article complet ici.

Et ça, c’est le bonus, ceux qui ont été coupés au montage :

Sadek – Johnny Niuuum ne meurt jamais

Sadek n’est pas franchement le rappeur français le plus intéressant. Un premier album, pas mauvais, mais plutôt scolaire dans sa conception, quelques apparitions sur des compilations … Sadek sait écrire, sait rapper, mais peine à sortir de ses rails. Pourtant, lorsqu’il se lâche vraiment (91-93 feat Alkpote, Benef feat Zesau), on le sent capable d’aller plus loin et de martyriser le beat avec pas mal d’aisance. Johnny Niuuum ne meurt jamais pourrait être l’album qui lui fera franchir le cap en passant du statut de « peut-être futur bon rappeur » à « rappeur confirmé ».

Joe Lucazz – Album solo
et Buffalo Soldiers – Mixtape

2014 sera-t-elle enfin l’année de Joe « bonhomme de neige » Lucazz ? Après quelques mois passés derrière les barreaux, le boug semble déterminé à avancer dans le monde de la musique, et a annoncé une grande nouvelle pour tout auditeur de rap : l’arrivée prochaine d’un véritable album solo. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, une nouvelle mixtape de Buffalo Soldiers devrait aussi voir le jour cette année. ALLELUIA

Diomay – Le gaucher

On a surtout connu Diomay pour ses collaborations avec les ex-dream-teams Neochrome et IV My People. Mais le boug a aussi et surtout sortit 5 albums entre 2004 et 2010, ainsi que 13 (!!) mixtapes -en solo ou en collaboration- entre 2006 et 2013. Un mec productif (il compte également une cinquantaine de clips), donc, qui va accoucher d’un sixième album studio dans quelques jours (avec notamment Driver parmi la liste des invités).

Youssoupha, Kery James et Médine – La Ligue des fils de putes

Nan je déconne, je préfèrerais encore un nouvel album de Fababy. Au moins tu rigoles en regardant les chiffres de vente.

LIM – Violences Urbaines vol.4

En 1994, LIM a quatorze ans. Il rappe déjà depuis quatre ans, et participe cette année à la tournée des Sages Poètes de la Rue. En 2014, LIM a 34 ans, et n’a pas bougé d’un iota. Même discours fait de rue et de délinquance, même envie de rapper. Entre-temps, il aura mis près d’une vingtaines de CD dans les bacs, participé à une centaine de featurings, et vendu des centaines de milliers d’albums. Prochaine étape : un quatrième volume de sa série de mixtapes Violences Urbaines. Aucune surprise n’est attendue : ce sera du LIM, de Tous Illicites, et qui l’a aimé en 1994, en 1999, en 2004 ou en 2009, l’aimera en 2014.

Moïse the Dude – Vol.2

Après un premier volume salué par la seule critique qui vaille le coup d’être lue, l’homme à la tête de Screw récidive, et nous embarque dans la suite de ses aventures dudesques. Toujours smooth, mais moins désinvolte, le sosie non-officiel de Jeffrey Lebowski devrait une fois de plus prendre un malin plaisir à nous embarquer dans son univers si particulier, à mi-chemin entre Gainsbourg et Doc Gynéco. 7 pistes produites par Monkey Green, The Grissom, Pernini9000 et Joachim De Lux, disponibles fin mars/début avril sur la page bandcamp du boug.