Interview : Jo Dalton (partie 2/2)

Entrevue avec Jo Dalton, partie 2. Après avoir retracé son parcours (son enfance en Afrique, sa lutte contre les skinheads en France, ses années de sportif de haut-niveau …) dans la première partie, nous nous intéressons ici à sa carrière musicale, ses projets, parmi lesquels un nouvel album, un film, mais aussi à ses relations avec d’autres acteurs du mouvement rap : Tefa, Masta, MC Jean Gab1, Ciro, Tonton Marcel …

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Mido : Dans un passage de ton livre,  tu parles de l’émergence du rap en France, et des gens que vous avez protégé, y’a un passage où j’ai cru reconnaitre Tefa …

Jo : C’est bien lui.

Mido : Et justement, vous qui avez protégé ces gens, qui les avez emmené en soirée, ils ont été plus vicieux, ont récupéré le truc, ont cloisonné … si c’était à refaire, est-ce que tu protègerais encore ces gens-là ? Est-ce que ça vous a quand même apporté du bon ?

Jo : Je vais pas rentrer dans la philosophie, je vais être direct. Votre génération pourrait dire « c’est de votre faute si le rap est dans cet état ». C’est pas de notre faute, parce que moi je vous ai pas quitté. Je suis resté au quartier, auprès des miens, caricaturé, stigmatisé … on m’a traité de zoulou, aujourd’hui on me traite de racaille, peut-être que demain ça sera autre chose, mais je n’ai pas changé. Le rap est arrivé en France en même temps que les luttes identitaires contre les fachos dans la rue. C’est la même vague. Ca a été une révélation au niveau culturel, à tous les niveaux. Ca a été l’émancipation, en France, des zones urbaines. Le système, lui, a vu le patrimoine que représentait cette culture. Sa géométrie symétrique faisait que tous les enfants, tous les jeunes, avaient trouvé leur truc. Ils créaient ! Ils graffaient, ils rappaient, ils écrivaient. Celui qui n’était jamais allé à l’école se mettait à écrire des vers, mieux que le bon français qui avait étudié la philosophie et la littérature. Cette géométrie démontrait la richesse de l’esprit des gens de cette grande civilisation, la capacité de dominer une situation, de s’adapter, d’innover.

Alors, qu’est ce qu’ils se sont dit ? Dieu merci, on est tombé sur ce continent, qui est le berceau de l’humanité, on s’est servit de leurs hommes et de leurs richesses pour tout construire. Ensuite, on les fout dans des quartiers, des cités, ils créent une culture, ils innovent … magnifique, on a plus qu’à rester là, créer des structures, et s’approprier tout ça ! (rires) C’est magnifique ! Mes fils ne sont pas heureux dans ma grande maison, malgré tous les jouets, les dessins-animés, etc. Ils ne se sentent pas bien. Ils se mettent à trainer avec des gens de couleur, qui créent, qui innovent, qui n’arrêtent pas. On peut les enfermer, ils dansent en cellule, ils chantent ! Alors je laisse mon fils trainer avec eux, et une fois qu’il aura maitrisé un peu l’essence de ce mouvement, je vais le tirer de là, et je vais en tirer profit, en faire un outil de divertissement, en prendre le contrôle.

« On était des entrepreneurs, on avait ce rêve de produire des rappeurs, comme le faisaient les américains, et Tefa assistait à ça. Et ces gamins-là, qu’on croyait naïfs, génétiquement, ils avaient cet esprit d’exploitation. Aucun humanisme, aujourd’hui, il ne se souvient même pas de mon existence. »

Nous qui sommes de la rue, et qui avons un amour universel, nous voyons des gamins qui nous regardent, avec nos tenues vestimentaires, fiers dans nos luttes, dans nos combats, dans notre créativité … nous leur tendons la main ! C’est humain, il faut partager. Donc on prend ces petits, on les initie, on les défend auprès de ceux qui ne veulent pas que notre art soit partagé. C’est Dieu qui nous a donné ça, c’est pas nous ! Il faut partager. Donc David, dit Tefa, est arrivé. On passait devant la boulangerie de sa famille, il avait même pas 10 ans. Il nous donnait des pains aux chocolats, nous on lui racontait nos histoires, nos courses-poursuites avec la police, nos combats contre les skinheads, ou avec d’autres gangs. Et Nasser, un mec de Bobigny, a estimé que le petit s’intéressait suffisamment, qu’il méritait plus, et lui a donc offert le disque de NWA. Et ce garçon est tombé amoureux de ça ! Ensuite, on a commencé à le sortir un peu, à lui faire assister à des zoulou-party, et moi j’étais son grand. Pour valider son intégration, il disait que j’étais son grand cousin !

A l’époque, on s’organisait magnifiquement. On faisait des sous, pour pouvoir organiser des soirées … on mettait des coups de pression aux gérants de boites de nuits pour qu’ils nous accordent des après-midi dans leurs clubs, pour qu’on puisse nous aussi  profiter des privilèges. On était des entrepreneurs ! On avait ce rêve de produire des rappeurs, comme le faisaient les américains, et Tefa assistait à ça. Et ces gamins-là, qu’on croyait naïfs, génétiquement, ils avaient cet esprit d’exploitation. Aucun humanisme, aujourd’hui, il ne se souvient même pas de mon existence. Il est capable de tourner une page sur moi, alors que moi, je me souviendrai toute ma vie de lui, et je le mets dans mon histoire, je parle de lui dans mon livre.

Sylvain, de Kilomaitre, il habitait vers Chelles (77). Mon petit-frère, qui était dans un foyer pour jeunes délinquants là-bas, le protégeait. Il nous l’a amené, et il a été trainé dans les bois pour le former, pour qu’il devienne un homme. Mon petit frère nous a dit « c’est un petit blanc, mais il est courageux ». A l’époque, quand il y avait une descente, et que la discrimination fait qu’on ne fouillait pas les blancs, on cachait nos armes dans ses sacs. Il jouait bien le jeu.

Ces deux mecs, David et Sylvain, ils ne connaissaient rien au rap, on leur a tout appris. On les a initié. Et aujourd’hui, ce sont eux les maitres, et nous les élèves ? Si je veux sortir un disque, je dois aller voir mon élève et lui dire « est-ce que c’est bien ? », et il va me dire « non, ta musique n’est pas bonne » … Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est la logique des choses ? Est-ce que ces garçons sont capables d’aller dans une cité, de repérer un artiste avec une véritable alchimie, de l’encadrer de A à Z sans pour autant le formater, jusqu’à ce qu’il puisse sortir son truc, exceller dans son art, et faire bouger le peuple ? Est-ce qu’ils peuvent faire ça ? Ils sont dans des bureaux, déconnectés de notre réalité.

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Les diamants viennent d’Afrique. L’or vient d’Afrique … le gaz, le pétrole … ta voix aussi ! Ta voix, c’est ton diamant, ta matière première ! Ton esprit, c’est de là que tout vient. Et lui, il prend une feuille de papier, il met quelques zéros, et il te dit « arrête d’être naturel, tu vas devenir un extra-terrestre » (rires)

Encore un produit du système qui a tout foutu en l’air, et qui fait qu’aujourd’hui on s’enfonce, parce qu’il n’y a pas d’égalité des chances. Ces mecs, ils pourraient être PDG de Lacoste, je trouverais ça normal … mais ils ne peuvent pas être à la tête d’une structure urbaine, alors qu’il y a des Fabe, des Express D, des Daddy Lord C, qui sont au quartier, là où cette culture est née. C’est eux les maitres, et c’est eux qui sont capables de mener à bien cette mission de structurer cette culture, et de la développer dans un esprit universel. Sinon, les gamins vont rentrer au quartier, et se dire quoi ? « C’est Daddy Lord C, boxeur professionnel, créateur de La Cliqua, il a fait les Booba et autres, et regarde comment il galère. Motherfuck, mon frère ! Donne-moi mes business, j’fais de l’oseille, de temps en temps je donne un petit truc aux frangins. »

Je crois plus en rien, c’est un système d’enculés, ils ont fait de nos gamins des monstres, et maintenant ils créent des structures policières pour les éradiquer. Ils nous ont empêché de profiter de notre propre culture. Ils empêchent l’Afrique de s’émanciper, de se développer. Ils mettent des pantins à la Présidence, des gens qui n’aiment même plus leur peuple. Tu préfères avoir un château en France qu’un village en Afrique, avec une architecture ancestrale, de la bonne nourriture cuite au feu de bois, qu’on appelle ici barbecue, et qu’on considère comme un privilège. Tu vois le délire, ils inversent tout. Et quand ils veulent profiter de la vie, ils viennent chez nous, ils vivent en maillot de bain, à moitié nus, ils font des barbecues, et ils essayent de bronzer … en somme, ils veulent te ressembler. Alors qu’ici, ils te disent que t’es de la merde ? T’es de la merde, mais ils veulent vivre et manger comme toi …

Et on te met sur écoute, on te surveille, on te fiche chez les RG … c’est rien mon frère, on est tous né, on va tous crever. Tu peux même me bâillonner, t’y passeras toi aussi. Dis à tes dirigeants qu’il faut changer les choses, parce que les nouvelles générations sont dégoutées, elles ne croient plus en rien, elles ont compris que ce système, c’est de la merde.

« Tu peux bosser toute ta vie à l’usine, qu’est ce que tu vas laisser ? Tes descendants chercheront ce que tu as fait, et même les honneurs de ton œuvre en tant qu’ouvrier iront au patron. »

Et la science … on cherche des traces, des ossements, on prend la boite crânienne d’un animal, et on vient te dire qu’on était comme ça avant. Mais alors, pourquoi le chien ne s’est pas levé, et n’est pas venu parler avec nous ? Ils essayent de détruire toute la divinité, tout le cosmique, tout ce qui a été fait parfaitement par Dieu. Tu peux bosser toute ta vie à l’usine, qu’est ce que tu vas laisser ? Tes descendants chercheront ce que tu as fait, et même les honneurs de ton œuvre en tant qu’ouvrier iront au patron. Alors … fais des dessins, ou écris ta vie, tes mémoires, dis tes pensées, fais ton alchimie. Quand tu vas à la Bibliothèque François Mitterrand, ou à Beaubourg, ils ont même les archives du premier homme qui a pété. Il faut laisser une trace ! Et nos descendants chercheront, même si ton livre ne s’est pas vendu. Ton arrière-petit-fils sera peut-être puissant, il créera un nouveau monde, et il aura besoin de savoir comment tu pensais. Voila pourquoi j’écris, je rappe, j’utilise tous les outils que Dieu m’a donné pour laisser des traces. C’est pas ce qu’eux ont écrit sur moi dans leurs journaux qui va compter, c’est que moi j’écris. C’est comme ça que je marche. Donc j’encourage les jeunes à rapper, à dessiner, même en prison, tu écris ce que tu penses. On te soumet, tu écris … c’est une grosse interview qu’on est en train de faire là !

Mido : Y’a de la matière, effectivement. Je voulais passer à la partie sur Gab1 …

Genono : Vas-y, je garde mes questions au chaud pour la suite.

Mido : Dans le bouquin, tu parles des Requins Vicieux, et on sent une grosse différence dans la logique du combat.

Jo : Le seul lien, c’est qu’on est de la même communauté.

Mido : On sent les rapports acides entre vous … Pourtant, récemment, y’a eu une interview en commun, et on a même entendu parler d’album en commun.

Jo : Je lui ai proposé un titre, mais ça ne va pas se faire. Les jeunes, aujourd’hui, sont divisés, ils se tirent dessus, parce qu’on a injecté le biff, les thunes, et les jeunes n’ont plus de repères, il n’y a que l’oseille. Ton père, ton frère, peuvent devenir tes pires ennemis, parce qu’il n’y a que des rapports d’oseille. En plus de ça, il y a toute la technologie d’isolement, qui fait que ça va trop vite. Ils n’y arrivent pas, ils ont accès à 500 chaines, des paramètres de fou sur leurs iphones, ils peuvent s’isoler et créer leurs univers tous seuls. Alors que nous, on avait un univers en commun, qui fait que même si on était pas d’accord idéologiquement, parce que lui s’appelle Requin et moi Dragon, on pouvait se taper dessus mais on se retrouvait quand même à partager la même culture urbaine. Donc on était des frères ! L’un pouvait être rouge, l’autre bleu, mais on était ensemble. C’est respectable. Nos luttes ne pouvaient pas toucher toute la communauté urbaine, parce qu’on avait pas la technologie pour diffuser l’information, et créer des groupes sectaires. C’était mieux, parce qu’on était très virulents, une violence crue, pas une violence de lâche. Y’a pas pire que la violence de la lâcheté.

Je n’ai pas apprécié ce qu’ils ont fait à Gab1. Ils lui ont sauté dessus à 7 ! C’est tellement lâche … C’est une image de la zone urbaine … de traitrise, de trahison. Quoi qu’il ait dit, quoi qu’il ait fait … je sais qu’il les a mis à genoux, je connais les Requins, je connais leurs pratiques, je me suis battu contre eux. Je me suis saigné contre eux.

« Gab1 a été mon ennemi, mais j’ai jamais eu la haine contre lui. »

Puis j’ai vu que les clashs avaient continué, que ça avait pris de l’ampleur … et moi, qui ait été clashé, qui ait clashé, à un moment j’étais plus là-dedans. J’ai même fait les démarches pour aller voir les acteurs de ces clashs, comme Rohff, pour s’expliquer face à face sur les tenants et aboutissants de nos actes. Puis je me suis retiré, ils font leurs sous, ils sont très bons rappeurs … ils n’ont pas besoin d’arriver à ce niveau-là ! Ils se mettent à se clasher, à insulter des mères, à faire des radios, des télés … mais ils se prennent pour qui ? Des demi-dieux ? Ils deviennent les dictateurs de l’Afrique ! Les gens qui nous ont écrasé parce qu’ils se sont fait de l’oseille, c’est ça le truc ? Jérusalem contre Palestine ? L’Amérique contre les Chicanos des ghettos ? Ils écrasent les autres parce qu’ils pèsent, parce qu’ils roulent en Lamborghini, tout le monde devient de la merde ? « Reste en chien », mais c’est la culture de ceux qui étaient en chien ! Pourquoi tu vas pas insulter Hollande, ou Sarko ? C’est eux qui ont une armée ! Maintenant que t’as de l’oseille, fais comme Tupac, sois comme Tupac jusqu’au bout mon ami ! Appelle toi Noriega ! Parle de Bush, dis que c’est un enculé ! Dis que les illuminatis sont des enculés, sois martyr jusqu’au bout, pour le ghetto ! Mais nan, il se retourne, et il dit au ghetto « reste en chien, je suis blindé ». On est plus négros, on est plus rebeus, maintenant on est la mafia russe, ma mafia corse, ou on est gitan, ça rigole pas. Les autres font la prière, ils sont pas puissants, ça t’intéresse pas. Mais qui a défendu la culture, qui a crée la culture ? Les ruskov ? Les corses ? Les gitans ? C’est une culture universelle, bien sûr, mais qui l’a défendu ? C’est les gars du ghetto, ceux qui sont en chien. Et Gab1, qu’on l’aime ou qu’on l’aime pas, il a fait partie de ceux qui ont fait le truc. Je lui ai donc dit « Gab1, montrons qu’avant on était ennemis, mais que maintenant on est ensemble ». Dieu est miséricordieux.

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J’ai proposé à Gab1 de faire un titre ensemble, où on les clasherait tous. Il a refusé, parce qu’il est dans une démarche de business, et que ça l’intéressait pas. Mais il a un compte à régler avec eux, parce qu’ils ont touché son amour-propre. Personnellement, j’ai pas de comptes à régler avec eux, c’est des petits frères. Je peux croiser leurs parents, je m’entends très bien avec certains de leurs parents. Je peux pas avoir la haine contre des mecs de quartiers, c’est pas des ennemis. Je peux me battre, je peux les attaquer parce qu’on est pas d’accord sur un truc, mais je pourrais jamais avoir la haine qu’a Gab1. Même Gab1, il a été mon ennemi, mais j’ai jamais eu la haine contre lui. C’est comme hutus contre tutsis, les miens ne sont pas mes ennemis.

Gab1 et moi, on est pas dans le même univers. Je suis dans une optique martiale et spirituelle, lui il est dans le showbiz. Je veux pas être dans le showbiz, moi.

Genono : Sur ton street-album « Nerfs à vif » en 2005, t’as fait un son qui s’appelle Tarantino. C’est un réalisateur qui te parle particulièrement ?

Jo : Tarantino, il a fait des films … à la Tarantino. J’ai utilisé ça comme une image, pour dire qu’il y a beaucoup de Tarantino dans les quartiers. Ils ont des scénarios à la Pulp Fiction, des trucs de gangsters, donc je relate une histoire. J’avais un ami qui avait un profil à la Tarantino, il aurait pu être le personnage d’un de ses films. C’était un Tonton Flingueur, il avait toujours des histoires de fou, des assassinats, etc. Et pourtant, il payait pas de mine, tu pouvais même te dire « c’est un bouffon » ! Et quand tu découvres ce qu’il a fait, tu te dis merde, c’est vraiment un Tarantino ! C’est un Stomy Bugsy, un vrai ! Et je dis que dans les quartiers, il y a trop de mythos, ils se montent la tête quand il y a des embrouilles, ils vont te sortir un AK qui contient 500 bastos … pour tuer personne ! Ca sert à rien mon frère ! Prends un silencieux, et fais ton affaire, arrête de faire du bruit ! Trop de Tarantino, ça veut dire qu’ils jouent des rôles, ils vivent dans un film.

Quand tu passes à l’acte, t’as toujours le démon et l’ange qui te parlent. Le démon, il met ton égo en avant. Il te dit « allume-le », il te parle de ta réputation. L’ange du bien, il te dit « pense à ta famille ». Et les avocats du diable … tous ces avocats qu’on va voir quand on fait nos affaires … je vais te dire un truc : tous les règlements de compte à Marseille, à Paris, en Province, ont une seule cause. Cette cause, c’est les avocats. Les avocats et les flics, ils te mettent sur écoute, puis ils viennent te dire « tout ce qu’on sait sur toi, c’est ton pote qui nous l’a balancé », et ils vont le faire sortir avant toi. Alors toi, tu vas te dire, ce type c’est une poukave, tu vas te dire qu’il faut l’allumer. Mais l’avocat, il est au courant de tout, lui et le juge, ils ont fait les mêmes études. Ils s’arrangent entre eux.

Ton avocat va te dire « elle est difficile ton affaire, tu risques la perpétuité », tu lui réponds « oui mais quand même, je suis innocent », il te réplique que c’est difficile à prouver. Ensuite il te demande combien t’as mis de côté. 200000 ? Alors ton affaire va couter 150000. Il va prendre 100000 euros pour lui, il va en donner 50000 au juge, qui va te mettre 12 ans au lieu de 24. Tu sors de là, tu te dis « mon baveu est magnifique, il m’a sauvé ». Il t’a rien sauvé mon frère ! C’est des instances, des institutions … c’est la même équipe. C’est comme l’UMP et le PS, ils sont potes, ils ont fait les mêmes écoles. Et ils débattent sur toi, t’es un article de supermarché. T’es un produit premier prix, c’est 1 euro. Lui c’est Danone, donc c’est 5 euros.

C’est pour ça que je dis aux frères : assumez ce que vous faites. T’as braqué sans cagoule, on t’a filmé, ou on t’a mis sur écoute, t’es surveillé … mange ta peine avec dignité, arrête de dire que c’est la faute d’un autre. Fais pas manger des autres mecs à ta place, alors qu’ils n’ont rien fait. C’est pour ça que j’aime les guerriers, les kamikazes. Si mon dossier est cramé, alors que toi t’as un avenir, des perspectives, j’y vais et je dis que c’est moi. Y’a plus ça aujourd’hui, plus d’honneur, plus de dignité. Tout le monde balance, tout le monde parle au portable. Voila pourquoi y’a que des Tarantino aujourd’hui.

Genono : Niveau featurings, j’ai l’impression que tu refuses rien.

Jo : Non, jamais.

Genono : Comment tu fonctionnes ? Dès que quelqu’un te propose, tu acceptes ?

Jo : Quel que soit le gars, même si le gars sait pas rapper. La musique, c’est comme toi et moi, on parle. Si quelqu’un ne sait pas parler, tu ne vas pas refuser de le rencontrer quand même ? On est tous de la même zone, de la même culture, le mec utilise ses unités pour t’appeler, il prend de son temps, il utilise ses pieds pour venir te rencontrer. Toi tu viens de Mantes-la-jolie, tu viens jusqu’ici pour me voir, et moi je vais te dire « je chante pas avec toi » ? Mais je suis qui, moi ? Les seuls moments où je ne fais pas de featuring, c’est quand je n’ai pas le temps, parce que je dis tellement oui à gauche et à droite que je ne peux pas toujours tout faire dans les délais qu’on me demande. C’est le seul cas où je ne fais pas de featuring. Mais si je pouvais être dans tous les projets du monde, ce serait magnifique. Ce qui compte, c’est la richesse humaine, la discussion, la recherche. L’argent, c’est la pire carotte du monde. Le problème, c’est qu’on est dépendant de ça.

Quand Dieu a envoyé la Prophétie, il a donné à des hommes la puissance divine. Est-ce que ces hommes-là ont refusé de parler avec des gens ? Non, ils ont parlé avec tout le monde. Alors pourquoi nous-autres on devrait refuser de parler avec certains ? Tu veux chanter avec moi, je viens.

« Je ne refuse jamais un featuring. On est tous de la même zone, de la même culture, le mec utilise ses unités pour t’appeler, il prend de son temps, il utilise ses pieds pour venir te rencontrer. Et moi, je vais lui dire « je chante pas avec toi » ? Mais je suis qui, moi ? »

Genono : T’as fait un featuring avec Ciro y’a quelques temps … Comment s’est passée la rencontre, t’es allé le rejoindre chez lui, à Rouen, ou alors c’est lui qui est venu te voir ?

Jo : Je suis allé jusqu’à chez lui ! Il m’a dit « quand ? », j’ai répondu « quand tu veux ». Je suis allé chez lui, j’avais dépassé mes limites de zone, donc j’ai pris mon amende (rires).

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Genono : Niveau instrus, t’as toujours des sonorités un peu asiatiques, ambiance arts martiaux … c’est toi qui produis ?

Jo : Non, mais les gens s’adaptent à mes idées. J’ai des titres dans toutes sortes d’univers, c’est magnifique de s’ouvrir à tout. L’Amérique … ça n’existe pas. C’est des produits dérivés, ils reprennent tout ce qu’ont fait les autres civilisations, et l’adaptent à leur sauce. Donc on revient à des sources culturelles anciennes. Dans mon prochain album, Vérité noire dans le blanc de l’œil, j’utilise des mélodies égyptiennes. Si mes sonorités sont souvent martiales, c’est parce que ma voix est martiale. C’est en accord avec mon truc, ça le crédibilise, je fais pas ça pour entrer dans un schéma, ou devenir populaire … c’est pas mon délire. Moi, je veux juste être en accord avec moi-même. J’aime l’Afrique, l’Asie, l’Occident.

Genono : Qu’est ce que tu penses des médias rap, en 2013 ?

Jo : Genre Booska-P, tout ça ?

Genono : Voila, d’une part les médias un peu « mainstream », comme Booska-P, comme Skyrock, et d’autres part les médias un peu plus obscurs, comme nous par exemple.

Jo : Dans la diversité, il faut se diversifier. Il faut des contre et des pour, pour créer une harmonie, sinon les choses ne sont pas en équilibre dans l’écosystème. Et c’est comme ça que s’est fait Mai 68, que les libérations se sont créées, c’est à partir de cette révolution culturelle, sociale, que les médias ont émergé, et que chacun a fait son truc. Virgin, c’est né des hippies des années 70. Et ce que vous faites aujourd’hui, c’est l’avenir. C’est un créneau que vous ne pouvez pas laisser aux autres, parce qu’ils sont là pour s’approprier tout ça !

Bientôt, ils vont vouloir détruire Google ! Mais les chinois, les indiens, ils ont déjà la solution, on va s’en sortir ! (rires) Tu sais que c’est un Black Panthers qui a crée Google ? Il a crée le truc, et ils l’ont racheté, mais il continue à gérer ça.

Genono : ….. ah ouai ?

Jo : Ouai, d’ailleurs je l’ai rencontré. Pour revenir aux médias, y’a des trucs qui me correspondent pas, comme Ndahood. Tonton Marcel, il délire un peu. Il coupe du cochon … je lui ai dit « hé, petit, tant que tu ne redeviens pas sérieux, ne viens plus me voir ». Booska-P c’est pareil, j’étais pas d’accord avec Fif, il est trop derrière les artistes. De mon côté … même si je n’ai pas le buzz, j’ai mes convictions.

Genono : Dallas Cartel c’est toujours actif ?

Jo : Ouai, on l’a réactivé. Maintenant, c’est Le Dernier Cartel : Da Last Cartel.

Genono : Quels sont les prochains projets, hormis ton album ?

Jo : Mis à part mon album, il y a celui des frangins, SWC, et probablement d’autres jeunes qui voudront intégrer la structure. On a repris le studio … le temps est pour nous : on a rien à perdre, tout à gagner. On va faire nos trucs. En ce moment, l’industrie ne marche pas, et même leurs icônes ont lâché, ils se montrent dans des bagarres bidons, ils s’affichent à poil … il est temps que les gens en difficulté reprennent le pouvoir, que l’on donne de l’espoir à la population. Les skins ressortent du trou ? Les combattants ressortent du trou, eux aussi. On fait ça avec nos supports : le rap, vos sites … on fait notre propagande, et on commence la guerre froide !

Mido : T’as une date pour ton album ?

Jo : Si Dieu le veut, ça sera le 23 octobre, en hommage à la mort de Tupac Shakur.

Genono : Ah, donc, t’as déjà bien avancé.

Jo : Ouai ouai, je suis dans les mixes en ce moment. Mais on va faire ça simplement. Les distributions physiques se feront de main à main, je donne pas de pourcentage à la Fnac. Et puis je mettrais ça en téléchargement, via les réseaux sociaux. Un peu comme pour mon livre, puisque les plateaux télé ne veulent pas de moi, et que franchement, j’ai pas envie d’aller les voir. Ca m’intéresse pas.

Mido : Niveau réseaux sociaux, t’as un compte facebook … je suppose que t’as pas de compte twitter ?

Jo : Twitter, ça fait trop, déjà Facebook, pour un vieux gars comme moi, j’ai du mal.

Mido : Tu ne comptes même pas t’y mettre pour la promo de ton album ?

Jo : Si, certainement … mais ma promo va être limitée. Je ne veux pas m’acharner, je ne rentre pas dans ce schéma.

« Mon album sortira le 23 octobre, en hommage à la mort de Tupac Shakur. Les distributions physiques se feront de main à main, je donne pas de pourcentage à la Fnac. »

Genono : Ton livre a bien marché ?

Jo : Ouai, ça marche très bien.

Genono : Malgré le manque de promo ?

Jo : Il est souvent en rupture de stock. Toi tu l’as lu, tu le recommandes, ce qui fait que les gens en parlent, ça fait du bouche-à-oreille, à l’ancienne un peu. Et c’est tant mieux, c’est un livre. Mais pour le disque, ça va être pareil. Tu vas écouter, tu vas le recommander, tu vas le chroniquer en disant que t’aimes ou que t’aimes pas … je préfère ça. Je veux pas rentrer dans un schéma où je dois me lever le matin en me disant que je dois aller vendre mon livre, ça va me stresser, m’irriter. Et ça sert à rien ! La logique des choses fait qu’on ne devrait pas stresser autant dans notre alchimie, dans notre intérieur. Si on stresse, c’est qu’il y a un truc qui ne va pas. Y’a un truc qui colle pas. On a crée notre monde nous-mêmes ! Vous avez crée votre truc vous-mêmes.

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Genono : Niveau cinéma, c’est quoi tes influences ? On t’imagine surtout en amateur de films d’arts martiaux, mais c’est peut-être plus varié que ça.

Jo : J’ai un problème aujourd’hui : mon fils m’a dit « pourquoi Superman est blanc ? Pourquoi Batman est blanc ? Pourquoi Ben Ten est blanc ? » … je lui ai répondu « ne regarde pas sa couleur, c’est toi Superman ! ». Tu vois le film avec Stallone, Jet Li …

Genono : Expendables ?

Jo : Ouai … Toujours la même suprématie. Rambo ne suffit pas, Terminator ne suffit pas, on te rajoute des nouveaux héros. Moi ça me parle pas. Je préfère les films à l’ancienne, où on se bat pour l’honneur, ou parce que l’autre a volé un bol de riz. J’aime bien les scènes ou les combattants vont se recueillir dans la forêt, où ils sont en communion avec la nature. Je regarde ça, et après je vais dans mon parc pour observer les écureuils ! (rires)

Tout ce monde du cinéma, si tu regardes bien, on existe pas dedans. Donc c’est quoi le but ? Créer un monde universel, où tout le monde existe, ou alors créer un monde de suprématie, où c’est toujours les mêmes qui mangent sur la tête de ceux qui sont en galère ? Ca m’intéresse pas … Par contre je reste optimiste, je me dis qu’on a encore des perspectives d’avenir, parce qu’ils n’ont pas encore exploité nos richesses dans ce domaine. A un moment donné, il va falloir qu’on prenne nos caméras, et qu’on aille taper à la porte de nos quartiers, pour filmer nos histoires, pour raconter nos origines. Aujourd’hui, je suis dans cette optique.

Mido : Donc t’as pour projet de faire un film sur les quartiers ?

Jo : J’ai commencé à travailler dessus.

Mido : Ca ressemblerait à quoi ? Ce serait uniquement sur la culture urbaine ?

Jo : L’idée, c’est d’aller dans les quartiers. Chaque quartier a sa particularité, son histoire. Les anciens ont vu les quartiers évoluer, ils ont vécu des histoires fantastiques. J‘aimerais raconter ces histoires, en partant des anciens jusqu’à la nouvelle génération. Retracer l’histoire de chaque quartier, l’un après l’autre. Les gamins doivent connaitre l’histoire du lieu où ils vivent, d’autant plus qu’ils ne sortent jamais de leur propre quartier ! Un quartier, c’est comme un village. En Afrique, tout le monde connait l’histoire de son village. Il y a quelques temps, j’ai fait venir les premiers graffeurs, les premiers rappeurs, pour leur remettre un trophée. J’ai fait venir Expression Direkt, parce que ce sont eux les premiers à avoir lancé le rap à Mantes-la-Jolie ! Il faut une reconnaissance, entre nous, avant d’aller faire la queue aux awards, chez NRJ. Ils sont pas dans notre monde ! C’est à nous de créer nos propres trucs. Tiens, l’ancien qui est là, c’était le premier danseur du quartier. Et le gamin qui est à côté de lui, il danse le hip-hop, sans savoir ça ! Et les mecs ont pleuré ! C’est la première fois qu’ils recevaient une récompense !

Voila mon idée : raconter l’histoire de ces personnalités. Et le raconter de manière brute, directe. Rendre aussi hommage à ceux qui nous ont quitté. Et je compte accompagner ça avec des bandes sonores, faites par les jeunes artistes de ces quartiers là. Je suis donc en train d’étudier ça avec des jeunes qui ont une boite de production cinématographique, pour qu’on fasse ça en partenariat. Ils s’occupent du matériel, et moi je me charge d’aller dans les quartiers, à la rencontre des anciens et des plus jeunes.

MENACE SUR LA PLANETE RAP

#1 Les puristes vous diront que le rap c’était mieux avant, moi perso je vous dirais juste que c’était mieux avant que j’arrive. Je vais vous raconter une petite histoire :

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Je venais d’éventrer une baguette et d’y mettre 3 steaks quand Dony S m’appelle.
Il me dit :
-« Il y a une interview avec Fababy pour Rap Rnb Mag et je voudrais que tu supervises ».
– « Fababy Fababy ? » que je lui dis « C’était pas ce grand gars maigre comme une asperge qui rappait avec une voix de femmelette pas nette ? ».
Il me répond :
-« Non ça c’est La Fouine, moi je te parle de ce petit nègre à l’air fatigué, les cheveux crépus ébouriffés avec la voix grave comme si il passait ses journées à mastiquer le cadavre à Barry White.. la peau toute noire comme le cul d’un Diakité ».
Et là je me suis souvenu :
-« Je me rappelle, ça y est je vois qui c’est ».
On a rigolé comme Anissa Kate quand ça lui demande si elle fait Le Ramadan puis après que Dony m’ait rencardé sur l’adresse, je me suis rendu à l’interview de ce Fababy.

Le lieu était un appartement cossu se situant dans une résidence pavillonnaire près d’un quartier huppé de Beverly Hills.
Dans le logement il faisait tellement sombre que les hommes noirs présents à l’intérieur se fondaient dans l’obscurité de sorte à ne laisser entrevoir que leurs yeux jaunes et leurs sourires éclatants.
J’ai allumé une petite lampe torche comme Lara Croft et les négros dans la pièce ont plissé les yeux comme des prisonniers de guerre qui découvrent la lumière du jour.
-« Lequel d’entre vous est Fababy ? » Ai-je demandé.
Aucune réponse ces mecs étaient aussi silencieux que le héros de GTA 3.
Ils étaient muets comme une carpe alors j’ai cherché des indices comme dans Le Professeur Layton sur Nintendo™ DS et je me suis rendu compte que je me trouvais dans un foyer jeune travailleur et que l’interview se déroulait à l’étage du dessus.
Je me suis précipité vers l’étage supérieur comme Bruce Lee dans Le jeu de la mort et j’ai ouvert la porte sans faire toc toc toc.

#2 L’interview avait commencé, Fababy et son staff se tenaient autour d’une table comme les chevaliers de la table ronde.
Je me suis présenté en tant que « Journaliste en Freelance » bluff Clark Kent, alors qu’en vrai je suis ce genre de reporter à la Ladji Ly qui se promène dans tout le 93 sans carte de presse.

Fababy était superbement vêtu, il arborait une longue crinière qui lui donnait l’air de Whoopi Goldberg et sa veste à capuche « Swagg » provoquait chez moi l’envie de lui étrangler sa mère avec les lacets de sa capuche comme Venom a étranglé Spider-Man quand il se déguisait en Scarlet-Spider avec sa petite veste à capuche bleue.

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Les questions allaient bon train, l’atmosphère était chaleureuse jusqu’à ce que Fababy provoque un léger malaise en disant :
-« Je suis le boss du 93 ! Ce qui parlent sur ça, c’est qui ? Sofiane ? Shone ?? Saza ??? Mdr ces gens ont moins de buzz que moi ».. J’ai réclamé un temps mort comme en NBA.
J’ai demandé à ce fou :
-« Négro je te sens un peu mégalomane là. Ça va ? » il m’a répondu que son père lui disait toujours que « les gens humbles ne vont jamais très loin ».
-« Dis moi Connard, t’essayes de me faire croire que ton père c’est Mohammed Ali ? » Disons que la tournure de la discussion commençait à me casser les couilles.
Et il m’a tourné le dos, je l’ai retenu par la main comme dans un clip de Rnb et je l’ai prévenu :
« -« Écoute mon pote, je sais que au lieu de tourner dans le 93 tu fais des clips à 3h du matin dans le 11ème arrondissement de Paris donc vazi mollo avec tes « boss du 93″ ».. il a pris une profonde respiration avant de me dire d’aller me faire foutre moi et ma pute de mère, mettant par la même occasion fin à notre conversation.

Une fois son interview terminée, je sentais de la nervosité chez Fababy, la tension était palpable. J’allais partir avec mon calepin mais le bougre m’a interpellé :
-« Dis moi mec tu veux te faire de l’argent ? » J’ai répondu :
-« Et je veux rester en vie assez longtemps pour pouvoir le dépenser.. t’insultes des groupuscules qui s’appellent « Holocauste », « Grand Banditisme », n’espère pas me faire bosser pour toi ».. il m’a plaqué contre le mur comme Justin Timberlake dans « Cry me a river » et il m’a chuchoté sensuellement :
-« Arrête de faire la salope merde ! Tout ça les surnoms, les clashs, c’est comme au Catch.. il ne va rien se passer de grave ». Puis il m’a expliqué qu’il avait besoin d’un chauffeur pour le ramener chez lui, parce qu’à 24 ans il n’avait pas son permis comme Samir Nasri.

#3 Donc j’ai accepté et le lendemain soir on a roulé lors d’une nuit sombre à travers une forêt comme dans les films d’horreur.
Fababy avait l’air inquiet mais ce n’était pas à cause du décor terrifiant, il a passé tout le trajet à espionner le compte Twitter d’un certain « Sazamyzy le vrai ». Le gars menaçait Fababy sans vergogne et lui il faisait genre il ne voyait pas.
En plus Fababy c’est le genre de mec il aime bien vanner sur le physique mais après il n’assume pas, quand j’ai demandé si il allait répondre aux menaces il m’a sorti :
-« Parle pas avec moi, t’es plus moche que Makélélé dans PES 2 ».. Ceux à quoi j’ai répondu :
-« T’es tellement noir que si on joue tous les 2 dans un film américain tu meurs avant moi ».. Après ça a commencé à insulter les mères, j’ai été obligé de dire que sa daronne elle avait le même boule que Miley Cyrus.
Après on a commencé à se chamailler jusqu’à ce qu’on heurte un obstacle fait à partir de grandes piles de terre. On aurait dit un mur Doton dans Naruto.

Ça puait l’embuscade et je n’étais pas le seul à l’avoir remarqué, Fababy a sorti un flingue de la boite à gant.
J’ai rétorqué :
-« Tu te prends pour Rick Hunter ou quoi ? » il a répondu sereinement :
« J’aime Le Magnum à ma table, je le préfère dans ma boite à gant ».

Et d’un coup un bruit sourd, une masse lourde a atterri sur le toit de la voiture en grognant.
-« Ce truc a l’air féroce ! Putain ! » J’ai crié car je croyais que c’était un ours.
Mais en sortant du véhicule on a découvert avec stupeur qu’en fait c’était un gros monsieur avec un pull « Grand Banditisme Paris ».. J’ai commencé à comprendre qu’il allait y avoir du grabuge.
Le mec a sauté du toit de la voiture en faisant Zehma l’atterrissage avec réception à une main comme Trinity dans Matrix, Fababy a direct pointé son arme en direction de notre ennemi qui a dit :
-« Ne joue pas au con petit, le recul de ton arme te cassera le nez » visiblement ce type ne nous prenait pas au sérieux.
Ça se voyait que Fababy il hésitait à tirer, le poids de son arme semblait de plus en plus lourde et la sanction se faisait attendre comme une décision UEFA.
Le mec en joue s’est alors présenté sous le pseudonyme de « Hype » et il a dit :
-« Si tu veux tirer, tire.. ».. il parlait comme si il essayait de gagner du temps.

D’un coup Fababy m’a demandé :
-« C’est toi qui me vise avec un laser ? »
J’ai répondu que non ; là Fababy m’a regardé -Je l’ai regardé -il a regardé Hype -Hype a regardé vers le haut d’un arbre.. Et j’ai plaqué Fababy au sol en criant :
« A couvert ! Sniper ! ». Ça tirait de partout c’était un véritable remake de Call of Duty.. On voulait clairement nous éliminer.

#4 Pendant qu’on se traînait au sol pour se dégager de la zone de tir, Fababy il me dit quoi :
-« Mais pourquoi Aketo et Tunisiano nous tire dessus ? ».. Tellement sa blague était merdique, je lui ai proposé de sortir sa tête en dehors de notre repli pour qu’il prenne une balle afin qu’on puisse découvrir la position du tireur comme dans Stalingrad.
Après avoir copieusement insulté ma daronne de pute, il m’a dit qu’il pensait que le tireur était le fameux Sazamyzy car avec Hype ces 2 là agissaient en binôme.
Fababy a alors hurlé depuis notre planque :
– « Dis moi Saza, tu comptes rester longtemps en mode tireur embusqué à te foutre des suppositoires dans le cul comme Sniper Wolves ? »

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.. Et là ca a été un déchainement de violence verbale, une voix a vociféré :
-« ESPECE DE FILS DE PUTE !! SALE BALANCE !! CONTINUE À ME CHAUFFER TU VAS VOIR QUAND JE VAIS T’ATTRAPER !! ».. Fababy il était bien, il aimait ça rendre fou les gens mais je l’ai félicité :
-« Bien joué ! On a sa position ! Ça vient du Nord-Ouest ! » Shrab il m’a répondu avec humour :
-« Qu’est ce que la fille à Kanye West vient faire là-dedans ? ».. Je lui ai demandé de me laisser tranquille en insistant bien sur le « fils de pute ».

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Comme il avait bien le seum, Saza a rafalé notre véhicule comme les russes ont allumé Denzel Washington dans Training Day.. On allait devoir rentrer à pied, enfin si on sortait vivant de ce guêpier.

D’ailleurs je ne comprenais pas, on était pris dans une fusillade plus époustouflante que dans Max Payne 3 et on n’a à aucun moment pensé à appeler les keufs.
Forcément j’ai demandé si Fababy avait du réseau pour qu’on puisse le faire, il a marmonné :
-« Je viens de Seine-Saint-Denis, est-ce que ça te dit quelque chose ? ».. mais quand une balle a frôlé sa joue comme dans Nicky Larson, il a très vite composé le seventeen.

Les keufs sont arrivés à peu près une heure plus tard, laissant le temps à nos agresseurs de prendre la poudre d’escampette.
Quand un inspecteur est venu nous voir en nous expliquant que les 1ères analyses de l’enquête se dirigeaient vers une « piste d’origine criminelle », j’ai failli lui dire :
-« Sans blague fils de pute ? ».
Bref Fababy m’a indiqué avoir besoin de repos et m’a donné l’adresse de son associé, un certain « Hayce Lemsi ».. On avait à récupérer des armes le lendemain afin d' »assurer notre sécurité nous même » un peu comme Charles Bronson dans Le Justicier.

#5 Le lendemain matin, j’étais posé avec Hayce il m’avait accueilli en me faisant la blague « Hey Hayce you ! » genre il me voit en anglais.. Je lui ai juste demandé d’aller niquer sa mère plus loin.
On a tâté la play dans son appart en attendant l’heure du rdv.
Je ne comprenais rien au charabia de Hayce. Un moment il m’a proposé du champagne je n’ai compris que : »Jfgdkdhddgsfpfbhdmz Champaigne Bico ! ».. Je lui ai dit que j’étais musulman et que par conséquent, L’Alcool ne m’était pas autorisé.. il m’a dit d’aller me faire foutre parce qu’il m’avait vu manger du bacon avec des œufs au petit-déjeuner.
Subitement ça a sonné à la porte, Hayce m’a dit que dans l’œillet il apercevait 2mecs en costard et lunettes noires à base de Men in Black. Ils étaient posé derrière la porte calmement comme les tueurs dans Léon, j’ai conseillé à Hayce de retirer vite son œil du Judas avant qu’ils tirent une balle à travers.
Hayce m’a taquiné en disant :
-« Leurs shit coupé au pneu les rend parano ».. Puis il a ouvert en chantant :
– » Here come The Men in Black! ».. Un violent coup de crosse l’a fait vacillé vers l’arrière, visiblement ces types n’appréciaient pas son humour.

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Parmi les 2 types en costume j’ai reconnu le gros monsieur de la fusillade dans les bois, donc j’ai conclu :
-« Messieurs Hype et Sazamyzy je présume » Sazamyzy a répondu :
-« PRESUME ENCORE UN TRUC ET JE TE NIQUE TA MERE ! ».. Quand j’ai rajouté que « je ne me souvenais pas avoir commandé de pizza » pour faire genre le mec qui garde son sang-froid, Hype m’a balayé par derrière et a posé un gun sur ma tempe.

Saza a fait mettre à genoux Hayce de la même manière que les otages en Cisjordanie et a lui clairement demandé :
-« JE TE POSE LA QUESTION UNE FOIS ! OÙ SE TROUVE FABABY ?? » Hayce a dit en montrant le champagne posé sur la table :
-« Voulez vous un verre de Wozaay ? Moi pas parler Fwancais ».. Un projectile a traversé son genou dans la seconde qui a suivi. Hayce hurlait tah les dégénérés, je trouvais même qu’il en faisait un peu trop à mon goût.
Sauf que quand Hype m’a posé la même question j’ai direct donné l’adresse du studio de La Banlieue Sale à Saint-Maur 94 en précisant que leur cible se cachait là bas.
Après j’ai fait mine de me rebeller pour me donner bonne conscience avec :
-« C’est bon ?! Vous avez eu ce que vous voulez ??!! ».. Ça me rappelait quand je balançais mes complices en GAV et qu’après je faisais Blehni.
Hype et Saza ont quitté les lieux en mitraillant tout l’immeuble comme dans Le Punisher avec John Travolta.

Les pompiers sont intervenus emmenant Hayce à l’hôpital et paraît il que ces incompétents de La Police ont classé l’affaire en disant que c’était un « Accident domestique ».. Moi perso j’avais déjà quitté l’endroit, j’étais dans une cabine comme dans Phone Game avec Collin Farell pour essayer de joindre Fababy et l’alerter.

#6 Après avoir laissé une dizaine de message sur son répondeur je suis parti sur les lieux du Rdv, un entrepôt désaffecté pour récupérer les armes prévus.

Un petit rebeu est arrivé sur place avec une écharpe Gucci en me demandant d’un air jovial :
-« Alors comme ça ces rebeux te veulent du mal ? » Son nom de code c’était « Lacrim » il a poursuivi :
-« Choisis ! Kalash, Glocc, ça va faire maleeu ! ».. il avait l’air motivé et sérieux.
De plus il disposait d’un arsenal plus impressionnant que celui d’Arsène Wenger, des armes complètement serbes.
Je n’ai pas eu le temps d’admirer que je reçu un appel, c’était Fababy. Il disait qu’on était en guerre et qu’on devait se rejoindre afin d’aller attaquer nos ennemis. Quand j’ai entendu « Clichy-sous-Bois » j’ai senti qu’il voulait une mort glorieuse comme Crixus.

Il m’a demandé de lui passer Lacrim et il lui a proposé de m’assister contre rémunération.. Lacrim a juste hoché la tête en disant :
-« Je suis un rebeu, j’ai l’habitude de travailler en équipe ».

On devait capter FAB à Champs-sur-Marne dans le 77, le mec faisait un shooting pour les entreprises Nestlé™ de là-bas.
On marchait à pied vers une épicerie car Lacrim me disait avoir besoin de se désaltérer avec un gros flacon de bourbon. C’est quand il a dit « Hamdullah » juste après que je me suis dit que ça n’allait pas dans sa tête.
On était à 2 pas de l’épicerie quand une voiture nous a barré la route et les passagers nous ont interpellé avec un accent du Sud :
-« Wooh wooh ! C’est Lacrim là ! Et franchement on aime bien ce que tu fais ! » il a répondu :
-« Ok merci les gars, maintenant cassez vous » ils étaient choqué de comment Lacrim cherchait la merde gratuitement mais ils lui ont laissé une chance :
-« Comment ça on se casse ? Vazi là fait un freestyle » Lacrim était dans son personnage :
-« Il n’y a pas de freestyle là ! Je suis à deux doigts de faire la guerre, tu me parles de freestyle ».
Par conséquent ça s’est embrouillé, j’essayais de calmer mais quand Lacrim a dit :
-« On va sa revoir ».. les mecs se sont vénère et sont tous sorti du véhicule ça l’a un peu refroidi.
Les gars avaient la même dégaine que les One Direction mais ca a suffit à calmer Lacrim, il a sourit en expliquant que ça ne servait à rien de s’embrouiller pour ça et il a lâché un petit freestyle sans aucune rime et exclusivement composé de mots-clés comme « Go-Fast », « Braquage », « Marbella », « Fleury », « Nanterre ».
Après on s’est tous serré la main et on a prit des photos.
Dès qu’ils sont parti (il a attendu une distance de 500 mètres entre les gars et nous) il a dit :
« Vazi ça ne va pas se passer comme ça » je l’ai raisonné :
-« Laisse tomber ça s’est bien passé en plus » il voulait pas lâcher l’affaire :
-« Non je ne laisse pas tomber » et il a commencé à appeler sur son répertoire des numéros farfelus comme celui de « Roro » ou encore « Michou ».. A chaque fois ça faisait :
-« Le numéro que vous avez composé n’est pas attribué ».. mais il a arrêté son cirque quand il a vu que je ne le regardais plus.

#7 Enfin on est arrivé dans une épicerie dans le 13ème tenue par des commerçant asiatique, on rodait dans les allées et ils n’arrêtaient pas de nous suivre ça cassait les couilles.
Là Lacrim vérifie à l’entrée et il sort un gun en criant :
-« La caisse ! C’est un braquage ! » Le gérant a juste répondu :
-« J’avais remarqué fils de pute ».
Je ne comprenais pas je venais de payer plus de 3000 euros pour ses armes, Lacrim n’avait pas besoin de braquer pour obtenir son bourbon.
Mais j’ai commencé à tilter le but de cette intervention quand Lacrim a demandé où se trouvait la caméra de l’épicerie et le commerçant a dit qu’il n’y en avait pas car ça coute là peau du cul.
En fait Lacrim il voulait que la caméra de sécurité filme notre braquage afin d’accentuer sa street crédibilité.. J’étais agacé par de telles conneries.

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On allait sortir tranquillement avec la caisse et une bouteille de Jack Daniel’s mais le commerçant a dit juste avant qu’on ne franchisse le seuil :
-« Je plains vos parents » Lacrim a demandé :
-« Quoi ? Qu’est ce que t’as dit sur ma mère ? » Et il a répété :
-« Je plains vos parents ».. Alors Lacrim lui a mit une rafale en plein dans le buffet comme dans Menace 2 Society et on a couru c’était trop pour moi.
Une fois au calme j’ai mis une patate à Lacrim, il est tombé sur le sol en disant que j’allais le payer.
Je lui ai juste expliqué que c’était terminé ce genre de jeu et que maintenant on s’en tenait au plan.. Le ciel était étoilé, il a accepté sans broncher.

#8 De fil en aiguille on a rejoint Fababy sur le point d’extraction c’était le jour suivant au petit matin.
Il se tenait en haut d’une colline à Champs-sur-Marne comme convenu.
Lacrim était tout excité il a même raconté notre nuit d’embrouilles et de braquage, je n’ai pas pu l’en empêcher tant il était galvanisé.
Il agitait sa quincaillerie en arguant qu’il avait 28 aaaaans et que s’il s’embrouillait il n’allait pas mettre de gifles.

Le plan consistait à se rendre dans un appart sur Clichy Sous Bois pour abattre un certain « Shone » parce que Fababy a expliqué que ce type était une menace.
Au début je ne voulais pas faire dans l’assassinat mais quand Fababy a sorti une liasse de 5000 euros, j’ai tatoué un code-barres sur ma nuque comme Hitman.

On a infiltré la zone à pourvoir avec la même discrétion que Gabe Logan dans Syphon Filter.
On était 2 noirs et 1 arabe comme Le 113 on passait inaperçu.
En vrai quand ils voyaient les cheveux à Fababy les mecs de là bas le prenaient pour un crackman et ils disaient : « Non désolé les mecs on ne fait pas dans le crack, on a des principes » puis on continuait notre périple jusqu’à l’appartement de Shone.

Tout l’immeuble était vide c’était grave bizarre mais hassoul. Une fois devant l’appart de notre cible, la porte était ouverte.. Avec Lacrim et Fababy on se posait 10 000 questions comme dans Pulp Fiction.
On aurait dû s’en poser plus avant de rentrer à l’intérieur parce qu’on a entendu :
-« Rendez les clés de l’appart et de la street au Ghetto Fabulous Gang ! ».. toute l’équipe à Shone nous attendait comme Trunk a attendu Freezer et son fils de pute de père.
On a tous sorti nos armes comme dans un western et ça se braquait les uns les autres genre les Mexican Standoff de Quentin Tarantino.

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#9 La tension était à son paroxysme, les gouttes de sueurs tombaient sur le sol comme celles de Tom Cruise suspendu avec son filin dans Mission Impossible.
Fababy avait l’air plus déterminé que lors du gunshot dans les bois, il tenait son gun genre les flics ripoux.

Lacrim a craqué sous la pression il a fait tomber son gun qui bizarrement, s’est cassé en 1000 morceaux sur le sol comme s’il s’agissait d’un jouet.
Il a dit :
-« Ecoutez les mecs j’ai 28 aaaaans ! Et tout ça c’est des connerie. Mdr je n’ai jamais tué personne en vrai je suis cadre dans une entreprise et j’ai une petite résidence secondaire sur Rennes ».
Quand Shone a demandé si c’était une blague, Lacrim a poursuivi en révélant que nos armes étaient des fausses.
Quand j’ai entendu ça j’ai lâché le même « heeeeeein ? » que French Montana et quand Shone s’est aperçu que mon arme était factice, il m’a placé un coup droit dans la tempe pareil à celui de Rafael Nadal.
Je me suis écroulé comme Ravanelli dans la surface de réparation.
Fababy ce con il a quand même essayé de tirer avec, son pistolet a sorti un drapeau avec « Pan ! » écrit dessus comme pour les armes du Joker dans Batman.. Bref on était dans la merde.
Shone nous a fait asseoir tout en nous braquant avec son gun comme dans XIII la bande-dessinée et a commencé à interroger Fababy :
-« Dis moi Sale noir ça fait longtemps que tu nous cherches avec Alpha.. ».
-« Je me suis déjà expliqué pour ça, je parlais d’Alpha Wann de 1995 You know.. Et pour l’interview Rap Mag je t’ai envoyé des tonnes de messages Wallah Shone on m’a manipulé You know ».
Shone allait clore ce chapitre d’une balle dans la tête pour chacun d’entre nous.. Soudain des fumigènes ont envahi la pièce on se serait cru à Anfield. Ça a crié :
-« LA VIE DE MA MÈRE IL EST POUR MOI SHONE ! » C’était Saza accompagné de Hype, ils dissimulaient de grosses kalashnikov sous leurs longs manteaux noirs comme Morpheus. De suite ils nous ont pris d’assaut.
Fababy il aimait bien dire :
-« Dans le 93 quand ça tire au pompe Boy, personne ne balise » mais là il s’était couché comme Lebron James quand il flopait lors de la dernière finale des Play-offs.
Lacrim s’était caché derrière un fauteuil en disant qu’il était trop vieux pour ses conneries comme Danny Glover.
Les balles sifflaient et les corps virevoltaient.. Après 30 minutes d’échange de coups de feu, Le GIGN a encerclé le bâtiment.

Avec Fababy on a profité du brouillard pour fuir sur le toit à l’instar des Yamakasi.
-« Putain mais cette histoire va me faire un buzz de fou comme Ali » même dans les situations les plus extrêmes cet enculé tentait des punchlines tellement il était inconscient. On était au pied du mur, je lui ai dit :
-« Écoute Fab, si je dois y rester je veux que tu prennes soin de ma famille.. Et je suis désolé de t’avoir balancé à Hype et Saza pour ton studio dans le 94 ».
Il m’a dit que ce n’était pas grave parce que lui aussi il avait déjà balancé les mecs de sa ville à Noisy-le-Grand et qu’aujourd’hui il arrivait à vivre avec ça.
En bas tout le quartier de La Forestière a été bouclé et les membres du GIPN ont enfoncé la porte du toit.
Après une interpellation musclée alors qu’on ne résistait même pas Ils nous ont indiqué qu’on avait le droit de garder le silence et que tout ce qu’on dira pourrait être retenu contre nous. Quand ils ont dit qu’on pourrait avoir un avocat commis d’office, j’ai failli danser comme sur le toit de l’immeuble comme Diddy feat les 2 niafous là dans « Hello Goodmorning ».

#10 On est tous passé très rapidement en comparution immédiate, c’est Lacrim qui risquait le plus gros car en plus de « Détention d’armes », « Tentative de meurtre » et « Menaces » la caméra vidéo de l’épicerie qu’on avait braqué s’était ajoutée au dossier.. Il allait prendre une grosse peine pour « Braquage à main armée ».
Fababy nous avait tous balance, il avait lâché plus de blases que Kendrick Lamar dans « Control ». Il parlait tellement vite lors de sa déposition que L’OPJ lui a même dit : « Doucement mon garçon, je n’arrive pas à suivre ».

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Pour ça j’étais vénère, j’étais tellement énervé que ça se voyait sur mon visage.. La Juge m’a même dit pendant la comparution :
-« Dites moi, vous avez un regard bien énervé.. Comment on dit chez vous ? Vous avez l’air Zehef ».. Mon avocat m’a dit que ce surnom m’allait bien, j’ai acquiescé en lui disant d’aller se faire enculer.
Ce traître de Fababy avait chanté devant les keufs comme Bobby Valentino et mon avocat commis d’office était comme les Kennedy, c’est à dire flingué à mort.
Cependant le procureur est venu me proposer un marché, j’ai ouvert grand mes oreilles et j’ai pu éviter une grosse peine en acceptant 2 mois fermes dont 1 semaine de sursis et des TIG.. Ça avait négocié dur, comme McCoy dans New York Police Judiciaire.

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Après l’épisode du Nine-One-One Lacrim était maintenant incarcéré pour 4 ans de Prison de 2 avec sursis à Aix-en-Provence mais il avait dit aux mecs de sa cité à Chevilly-Larue 94550 qu’il était à Chicago pour un Go-Fast.
Concernant Shone, Saza et Hype.. ils avaient disparu de la circulation comme les S Club Seven, ce qui n’annonçait rien de bon.
Fababy je voulais lui enculer sa mère, j’avais la même heyn que Sasuke Uchiwa quand il traquait son grand reuf.. et que ça c’était soldé par un duel fratricide mêlant Sharingan et drogue douce.

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En ce qui me concerne, j’ai simulé ma mort en mettant ma carte d’identité dans la poche du cadavre d’un jeune malien avec une grosse tête, histoire de laisser passer l’orage.
Mais vous savez, là où le tonnerre gronde.. L’accalmie n’est que de très courte durée. #TheEnd

Kaaris – King Kong Coming (compilation)

Une sélection de Teobaldo, publiée originellement chez Nemanjadr.

1. Kaaris – Ce que tu veux (3:44)
2. Kaaris – Coeur d’acier (3:35)
3. Kaaris – De l’autre côté de la nuit (Feat Mac Kregor) (4:46)
4. Kaaris – Exécution (Feat Nubi) (4:18)
5. Kaaris – Freestyle Booskaaris (4:13)
6. Kaaris – Kaarismatik (2:14)
7. Kaaris – Kalash (Feat Booba) (3:49)
8. Kaaris – Les son des loups (Feat DOC) (5:01)
9. Kaaris – Les vendeurs (Feat Despo) (5:04)
10. Kaaris – Mafia Musik Remix (4:21)
11. Kaaris – Parloir sauvage (Feat Sazamyzy) (4:16)
12. Kaaris – Parole d’honneur (Feat Brasco) (1:37)
13. Kaaris – Pirates (Feat Dosseh) (3:25)
14. Kaaris – Roue arriere (3:02)
15. Kaaris – Une armée de soucis (3:07)

Pour télécharger, tu cliques ici.

Travis Scott : la preuve qu’on peut s’appeler Jacques et reussir dans le rap

Après vous avoir parlé de Big K.R.I.T, à la rédaction, on a décidé de s’arrêter sur une étoile montante de chez G.O.O.D Music, Travis Scott auteur de l’EP Owl Pharaoh.

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Upper Echelon

Travis Scott, de son vrai nom Jacques Webster, est natif de Houston. Il commença la production à 16 ans, ce qui le mena à intéresser Mike Dean. Il apprit beaucoup avec lui. Il décida alors de former plusieurs crews avec ses amis, pour finalement revenir à une autosuffisance musicale. C’est alors que T.I. tomba sur Lights (Love Sick) et le signa chez Grand Hustle. Un peu plus tard, ce fut Kanye West qui le prit sous son aile à travers Very G.O.O.D Beats. C’est de là qu’Owl Pharaoh est né.

Ce qui est assez choquant en écoutant les productions de Travis, c’est sa proximité musicale avec Kanye West, même avant sa rencontre avec lui. Mais il cultiva sa différence et fut choisi pour produire dans les albums de G.O.O.D. Music, Jay-Z, Kanye West, Wale et Pusha-T.

Owl Pharaoh

C’est alors que le 21 Mai dernier, il décida de sortir son premier projet abouti, Owl Pharaoh, un EP de 14 tracks qui fut acclamé par tous. Après tout, il amène à lui plusieurs featurings fruiteux tel que T.I., 2Chainz, Meek Mill, Wale et A$ap Ferg.
Ce qui est omniprésent dans cet album est que tout semble calibré pour éviter que l’auditeur s’ennuie. Travis a su alterné entre banger  à en décoller le tympan et production plus minimaliste, laissant place à un esprit plus mélodique.

Il n’hésite pas à mettre en place une intro composé de cris pour embrayer sur Bad Mood/Shit On You, une double musique laissant émaner son plaisir à rentrer des bruits d’animaux et des orgues dans ce qu’il produit. C’est alors que Travis fait un mix de ses deux labels, et de sa proximité avec Mike Dean pour faire Upper Echelon, le single de l’album en collab’ avec T.I. et 2Chainz. Ce banger entre dirty south et idée avant-gardiste fait monter la pression et la chaleur déjà étouffante de cet été.

Une interlude permet aux esprits de se calmer pour laisser place à A$ap Ferg et son flow agressif, mais loin d’être violent. Puis, extinction, plus rien. Soudain, on entend un sample d’une voix très aigu, une voix à assonance asiatique. Hell Of A Night commence. Une chanson qui commence doucement pour se développer au fur et à mesure des changements d’instruments.
Travis décide alors de reprendre une de ses productions acclamés, Blocka, faite pour Pusha-T, pour rapper dessus et la modifier à sa guise. Après tout, pourquoi se faire chier quand ça nous appartient. Cependant, il coupe court à l’énergie développée avec Naked, une interlude bien calme.
L’album reprend alors de plus bel avec deux tracks bien fat, Dance On The Moon et MIA, dont le dernier reprend ces voix très ragga que Travis adore mettre dans ses productions. Le dixième son, Drive, est à l’image de ta recherche désespérée sur les ondes radio d’une chanson audible dans ta vago pendant les bouchons sur le périph’.

Pour finir, les trois derniers tracks sont les plus violentes et les plus bordéliques. Celles qui  font headbanger tous tes potes en bas des blocks. Quintana et Bandz, respectivement en feat avec Wale et Meek Mill sont ces sons que tu laisseras toujours dans ta playlist de sons furieux.

Personnellement, j’ai adhéré du début à la fin à ce projet. On ne ressent aucun ennui à l’écouter en boucle puisque chaque chanson a son monde et est bien placée dans l’album. Freshman de cette année, Travis Scott a encore un bel avenir devant lui. Il n’est qu’à l’aube de sa carrière.

La criminalité organisée nationale et transnationale abordée à travers Scarface d’Afrique

Article publié à l’origine sur le blog de Squale Sadique

L’album est introduit par un dialogue extrait du film Scarface (Brian De Palma, 1983), qui renvoie au titre de l’album : Scarface d’Afrique. Cette référence est reprise dans le titre éponyme par une transformation du célèbre « j’ai les mains faites pour l’or, chico, mais elles sont dans la merde » de Tony Montana :
J’ai les mains faites pour l’or mais elles sont dans la boue
Les pieds trempés dans la merde et des traces sur mon cou
Ce titre à lui seul est très explicite, car l’histoire de Scarface met justement en scène plusieurs réseaux de criminalité organisée. D’abord le réseau qui introduit Tony Montana (ici Alpha) dans un pays par la voie clandestine. On y pense peu, mais les filières d’immigration clandestine constituent de véritables mines d’or, notamment sur les trajets reliant le Mexique ou Cuba aux États-Unis, le Maghreb à la France ou à l’Espagne, la Turquie à Allemagne, etc … Ensuite, la vente de drogue à grande échelle, qui implique une organisation ou au moins des contacts à l’étranger, des passeurs ou mulets … Tony Montana est en contact avec un trafiquant sud-américain, Alpha lui importe depuis l’Espagne, ainsi que nous le voyons dans le premier titre de l’album, Un Monde Tout Blanc :
Mec de tess, couilles en fer
Voiture d’Allemagne
Je charge un mulet
Voyage d’Espagne
Perpignan Montpellier
Viaduc de Millau
Clermont, Vierzon
Tape une pointe sur Orléans
Péage de Dourdan
Rentre dans l’Essonne
Évite les pirates
Comme Latif l’Égyptien
Qui va finir dans le coffre
Reniflé par les chiens
Les miens abordent la vie
À 180

En effet, le rappeur décrit ici avec précision le déroulement des fameux go-fast, à savoir des trajets en voiture effectués à très grande vitesse, et visant à traverser la frontière espagnole avec des cargaisons maximales de drogue. Latif l’Égyptien est un personnage du film Un Prophète (Jacques Audiard, 2009) qui, impliqué dans un trafic de drogue au sud de la France, tentera de bloquer le réseau d’importation de Malik, le « héros » du film. Ce même film est également évoqué dans le morceau Scarface d’Afrique:

Chuchotant au parloir
Dans la bouche un rasoir

Le rasoir est l’arme employée par Malik pour assassiner Reyeb dans le film.

Le thème du Go Fast est un thème récurent de l’album:

On a joué dans La Horde on a joué dans Go Fast
Slalomé devant de sballes comme dans les rues de Belfast
Ici le rappeur fait référence au film Go Fast (Olivier Van Hoofstadt, 2007), lequel film décrit également ces opérations automobiles.

Après le Go Fast, Alpha s’attaque à la description de la vente de drogue en région parisienne.

Je parle d’embrouilles, je parle de barres de fer
Je parle de ceux qui maillent capuchés en hiver
Ceux qui maillent, c’est à dire gagnent de l’argent, ce sont bien entendu les dealers, qui, été comme hiver doivent garder leur poste dans la rue pour effectuer leurs transactions. De nombreuses autres références plus ou moins directes au trafic de drogue sont effectuées dans l’album:
Dakar ne baisse les stores qu’à la prière du vendredi
Drogue import store Universal Vivendi
Ce que la rue nous à laissé comme héritage
Des statues remplies d’héro dans mes bagages
Pour les trafiquants d’héro, frère j’ai un réseau
Buzz buzz crack crack 
Trafique les stups man 93
Banlieue nord criminelle 
Jamais à l’abri, on paye des sentinelles

Alpha montre ici que ce trafic ne se limite plus à l’herbe ou à la résine, mais a gagné en ampleur, mêlant crack, héroïne et cocaïne (cette dernière est évoquée à la fin du morceau Police Murderer). Quant à l’héroïne, la France n’est pas exempte d’expérience dans le domaine puisqu’elle était au centre du fameux réseau de la French Connexion, qui visait à raffiner en France l’héroïne sicilienne pour l’envoyer aux États-Unis. Avec l’expansion du trafic vient la guerre des gangs ou des quartiers, l’obligation de poster des guetteurs, etc.

Ça tire à Bondy, un meurtre à Noisy
Des balles perdues, c’est la guerre de l’héroïne
En quelques rimes, Alpha parvient à dresser un portait complet de la criminalité française, omettant cependant de mentionner le rôle des « gars du Mitan » corses ou marseillais, qui maîtrisent encore aujourd’hui une grande partie de la criminalité organisée française (les braquages de la Brise-Mer, les Francisci dans les cercles de jeux parisiens…)
Bienvenue dans le crime, pas dans la frime
Fait monter en flèche le taux du banditisme
Violence gratuite dans le halls des gares
Je ne parle pas des branleurs qui agressent les femmes
Je parle de meurtriers, je parle de tueurs,
Je parle de receleurs, je parle de bicraveurs,
Je parle de truands, je parle de braqueurs.

Cette dernière référence aux braqueurs de banque est reprise dans Où est ton Cœur Négro

À visage découvert venu défoncer la banque
Le braquage à visage découvert, pratiqué notamment par Mesrine, est de moins en moins pratiqué à cause de l’essor des techniques de vidéosurveillance. En y faisant allusion, Alpha se place dans une lignée de criminels « à l’ancienne ».
Il aborde également le passé, les origines de cette criminalité.
Les rappeurs sont dragons,
Les rappeurs sont requins,
Mais y’en a pas un qui
Va se battre pour le Bénin
Et j’suis comme Yves le Vent
Un vrai Black Panther
Salam à tous les anciens
Les autres n’ont qu’à se taire.
 
En plus de faire allusion à la puissance symbolique des deux animaux évoqués, le rappeur fait bien sûr référence aux célèbres gangs des Black Dragons et des Requins Vicieux (et Requins Juniors), et surtout de la recrudescence de faux membres de ces gangs.
Yves le Vent est le fondateur des Black Dragons, un spécialiste des arts martiaux. Alpha relie ici les Black Dragons aux Black Panthers, la célèbre organisation afro-américaine. Il sort ainsi partiellement les Black Dragons de la criminalité dans laquelle certains de ses membres ont pu sombrer, pour les relier à leur démarche politique et d’autodéfense initiale. Les « anciens » sont les membres de ces gangs, qui ont chassé les bonheads de Paris. Il fait une dernière référence à cette glorieuse époque dans Où est Ton Cœur Négro
Les lâches rasent les murs
Dès que je sors la lame
De mon blouson cuir

Pour conclure ce véritable panorama de la criminalité organisée, Alpha évoque tour à tour la corruption policière, pratique de plus en plus répandue en Île-de-France :

Trafic d’influence, corruption active
Faire sauter les PV: moi je paye un flic
Ainsi que les gitans, qui forment avec les caïds corso-marseillais et les voyous parvenus de banlieue le « tiercé gagnant de la criminalité française actuelle » :
Même pas peur des gitans ou des gosses
Cependant ce type de références à la criminalité nationale est monnaie courante dans les textes de rap. L’intérêt de Scarface d’Afrique, c’est l’évocation d’une criminalité organisée à une échelle mondiale: la criminalité organisée transnationale.
Mes idoles, des marchands d’armes
À la Yuri Orlov, frère, la mort j’incarne
 
Yuri Orlov, qui porte le nom d’un physicien soviétique, est le personnage principal du film Lord Of War (Andrew Niccol, 2005), largement inspiré de Viktor Bout, ex-pilote de l’armée soviétique qui s’est par la suite spécialisé dans les transports aériens : armes, mais également produits surgelés … Recherché sur le territoire américain, il a pourtant participé à des transports logistiques pour le compte de l’ONU en 1993 et pour les États-Unis jusqu’en 2004-2005. Les ex-pays du bloc de l’Est (Ukraine, Moldavie, Serbie, Russie…) sont évoqués pour leur participation active dans le trafic d’armes mondial à travers ce personnage de Yuri Orlov.
Pratiquant de l’ómerta négro négro ferme ta gueule
L’ómerta, ou la « loi du silence », est une pratique tirée du code d’honneur de la mafia sicilienne, popularisé par la culture populaire. À travers cette phrase, Alpha 5.20 rattache non-seulement ses actes à un code d’honneur, mais évoque également cette forme de criminalité organisée connue sous le nom de mafia italienne, regroupant en réalité divers groupes mafieux (Cosa Nostra, Camorra, ‘Ndranghetta, Sacra Corona Unita …) eux-mêmes constituée d’un constellation de groupuscules territoriaux.
West Side criquent, brillent comme les frères de Sacramento
Sacramento, ville de Californie à haut taux de criminalité, a notamment fourni au hip-hop le rappeur Gangsta Dre. Alpha 5.20, en établissant une connexion entre l’Ouest parisien et le West Side de Los Angeles, compare également la criminalité de banlieue française à celle des hoods américains.
Puis au fond du chemin, parle avec Oussama,
Ne me demande pas ce que je pense du port de la burqa

Oussama Ben-Laden, auteur présumé de l’attentat des Tours Jumelles de New-York et leader de l’organisation Al-Qaïda, est un personnage de prédilection pour Alpha, puisqu’il est évoqué dans d’autres morceaux :

Montfermeil aka la tess de Ben-Laden
Mollah Omar mentalité schyzophrène

Le titre d’une piste de l’album, Oussama de Dakar, fait également référence à ce personnage, ainsi qu’un Best-Of distribué gratuitement en 2011 et nommé Ben-Laden d’Afrique (merci O.G).

Selon David Crane, procureur en chef du tribunal spécial de Freetown, une grande partie du financement des attentats du 11 septembre provient du trafic de diamants de sang d’Afrique de l’Ouest (Sierra Leone, Liberia et Côte d’Ivoire), où l’organisation avait maintenu une présence active de 1998 à 2002. Les diamants de sang font l’objet d’un trafic international actif et servent de surcroît de monnaie parallèle dans les milieux interlopes, où ils sont appréciés pour la valeur qu’ils peuvent renfermer et leur taille qui facilite la dissimulation. Il n’y a donc qu’un pas à faire pour relier ces références multiples au morceau Diamants du Zaïre d’Alpha, tiré de l’album Invasion du Ghetto Fabulous Gang.

Île de france c’est l’Axe du Mal 

On fait trembler l’Amérique

 

L’Axe du Mal, regroupement de dictatures établi par l’ex-président étasunien Georges W. Bush, est composé de l’Irak de Saddam Hussein (auquel Alpha 5.20 dédie un morceau homonyme), de l’Iran et de la Corée du Nord. Ces « États-Voyous » sont également impliqués dans des transactions illégales. Ainsi, la Corée du Nord est réputée pour ses financements quasi-officiels d’exportations de drogue et pour son implication dans de nombreux autres trafics. D’autres États-Voyous sont impliqués dans la criminalité transnationale, comme la République Moldave de Transnistrie (armes).

Interview : Jo Dalton (partie 1/2)

Jérémie Maradas-Nado, dit Cool J, dit Jo Dalton. Né en Centrafrique, dans la lutte contre Bokassa, émancipé en France, dans la lutte contre les skinheads. Champion de Taekwondo, rappeur, producteur, écrivain, chef de gang, libre penseur, l’artiste possède autant d’étiquettes que de lignes à son CV. Après avoir chroniqué son livre « Coeur de Gang », nous avons souhaité le rencontrer en personne, afin de mieux comprendre l’homme qu’est Jo Dalton. Lire la suite « Interview : Jo Dalton (partie 1/2) »

Le Paradoxe Niro

Noreddine Bahri Aka Niro est un artiste au style peu orthodoxe mais il a su se créer un véritable personnage à la technique viscérale et qui montre que le vice est al bien vicère. Le rappeur a commencé à ses débuts il ne valait rien, aujourd’hui si tu le veux tu le paye il s’en bat les reins (Cf. Booba – Garde la pêche). Aujourd’hui le rappeur est une véritable star des banlieues qui mérite que l’on se penche plus sur son sujet. Son nom de scène notamment calqué sur celui du célèbre acteur (Cf Robert de Niro – Taxi Driver Raging Bull Les Incorruptibles Les Affranchis Heat) annonce la couleur. N.I.R.O. utilise un champ lexical prônant la délinquance plutôt qu’un emploi stable, dispose d’une voix puissante derrière un corps fluet et d’un arsenal impressionnant de références culturelles à couper le souffle.

de niro taxi

Niro s’est d’abord fait  un nom dans Le Rap Underground avec son univers inspiré qui plonge ses auditeurs dans un vrai film mêlant grand banditisme et folie meurtrière.

Depuis l’artiste a explosé et atteint le quart de siècle même s’il s’exprime déjà comme un vétéran de la guerre du Vietnam. Le vocabulaire qu’il utilise oscille entre les menaces de mort indirectes et l’énumération d’agissements tout droit sorti du cerveau de Walter Elias Disney.  La voyoucratie moyenne semble faire partie de son quotidien et l’ombre du gangstérisme plane au dessus de son crâne comme une épée de Damoclès. En attendant que cette arme tombe sur sa victime, voici la crème de ses vers les plus raffinés, 30 plus exactement.

1. Pour être le roi de la jungle, je ne tuerai pas mon frère comme Mufasa :

Ok alors il est vrai que c’est très difficile après avoir placé dans les rimes précédentes « Barça » et « Tah sah », de finir par une rime qui se termine par Scar.

Mais pour l’info il faut savoir que dans Le Roi Lion, c’est bien Scar qui assassine son frère Mufasa et non l’inverse.

2. Comme Baloo il nous en faut peu pour être heureux :

Là on est toujours dans les références Disney, D’ailleurs Niro semble être un grand amateur de dessin animé. Apparemment le rappeur explique que pour être heureux il suffit de se frotter le postérieur contre un arbre et de chanter dans la forêt avec un gamin qui se balade en slip rouge. Et si Rudyard Kipling avait raison ?

3. Moi et mon joint inséparables comme Timon et Pumba :

On est dans la continuité, le rappeur persiste à nous étaler toute sa culture Disney. Sous ses airs de gros dur il y a fort à parier que Niro c’est le genre de mec à aller en weekend à DisneyLand Paris et à s’abonner à des chaines comme Disney Channel™ histoire de mater au calme des séries telles que Les sorciers de Waverly Place.

4. Si je respire ce n’est pas grâce à toi :

Effectivement le système respiratoire utilise une technique qui consiste à inspirer de l’oxygène et à expirer du dioxyde de carbone, donc nul besoin d’aide pour réaliser une telle prouesse (sauf complications médicales bien évidemment).

5. Je ne veux pas me faire des ennemis, je ne veux pas me faire des amis :

C’est avec ce genre d’affirmation qu’on se rend compte à quel point la vie est compliquée. Ne pas se faire des ennemis ? Ne pas se faire des amis ? Telle est la question comme pourrait l’écrire William Shakespeare. La solution serait peut être de se laisser échouer sur une ile déserte ou vivre en ermite dans une montagne isolée en attendant de savoir ce qu’on veut réellement.

6. J’irai bicrave des grammes à leurs fils, des grammes à leurs filles, des grammes aux fils de leurs filles :

Ce qu’on aime dans cette punchline c’est tout l’altruisme qu’elle dégage. Quitte à risquer plusieurs années de prison pour « trafic de stupéfiants », pourquoi ne pas étendre son réseau distribution sur plusieurs générations afin d’en faire profiter le plus de monde possible ?

7. Ce n’est pas pour rien qu’on ne se mélange pas :

Pour preuve bien avant de signer chez Street Lourd, Niro avait posé le Street Album sorti en 2007 intitulé « Niroshima » qui implique pas moins de 4 grosses collaborations (Seth Gueko , Alibi MontanaSix Coups MC,  et Rockin’ Squat ).

De plus Niro a à son actif plus d’une vingtaine de collaborations comprenant Kery James, Dosseh, Lino, Lacrim, Booba, Al Kpote, La Fouine, Rim*K, etc..

8. 90% de zoulous dans le rap :

Les statistiques sont formelles ! Il semblerait que grâce à un sondage très précis Niro a établi un répertoire de tous les rappeurs (amateurs, signés, indépendants, américains, français, etc.) et l’estimation établie révèle que 90% des rappeurs seraient en réalités des zoulous.

poke

9. Zoulou

Pour information Les Zoulous sont un peuple d’Afrique Australe en partie sédentarisé qui se
trouve principalement en Afrique du Sud. Cependant Niro appelle tout et n’importe quoi « Zoulou », du simple brigadier-chef à l’artiste ambitieux (qui suce pour avoir des feats lourds même si malgré cela, ça n’empêche pas qu’il se loupe).

10. J’ai vu des Tony Montana devenir des Tony Micelli :

Tony Montana c’est un symbole pour toute une jeunesse. Le mec est parti de rien avant de se hisser au sommet. Mais réfléchissez quelques secondes : Il a terminé sa vie en cocaïnomane, il a fini par abattre son meilleur ami, sa sœur et à la fin, sa maison a été assiégée comme à l’époque de l’empire romain par des ennemis bien plus nombreux que Le Wu-Tang Clan.

Maintenant zoom sur Tony Micelli : Un ancien joueur de base-ball reconverti femme au foyer qui coule des jours paisibles dans le Connecticut avec une milf plein aux as. Voilà maintenant je ne veux pas vous influencer mais c’est réducteur de penser qu’être un Tony Montana et devenir un Tony Micelli soit si grave que ça.

11. T’as des armes dans la bouche reufré, chez nous les drames c’est pour de vrai :

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Ca me fait penser à une vidéo : un jour j’ai vu un gif d’un mec qui se tire une balle dans la bouche et elle ressort au niveau de la nuque, le mec tombe raide mort. Comment ça se fait techniquement ? Autant un mec qui se fait sauter le cerveau ok, mais tirer dans la bouche vers « l’arrière ».. Bref un vrai drame, je n’ai pas compris. La seule question que mon psychologue m’a posé c’était : Louis, pourquoi regardes-tu ce genre de gif ?

12. Sur le terrain 41 tu sais où j’habite :

Après la zone 51 dans Le Nevada et Roswell tout ça, voici le terrain 41, un autre type de zone extraterrestre. Pour rappel, Niro est originaire de La Zup de Blois dans Le Loir-et-Cher, un petit coin tranquille sous vidéosurveillance depuis 2003 où les interpellations sont musclées et le trafic de stupéfiants est.. stupéfiant.

13. N’attend pas de nous voir couler pour nous tendre la perche enculé :

Certes  en plus d’être passible de poursuites judiciaires pour « non assistance à personne en danger », il s’avère que ce geste ne sert à rien.

14. La rue sait reconnaitre les siens :

La formule n’a rien de particulièrement dantesque mais je voulais juste revenir sur un détail qui m’a médusé. Dans le titre « Hors-Catégorie » à 1min30, Niro lâche une sorte de bruit rauque qui sonne bien viril juste après cette phrase. Ce bruit charmant est devenu le nouveau cri de guerre de tous mes collègues de bureau, autant dire que l’ambiance au travail est épouvantable.

15. Appelle moi pas ton frère, je ne suis pas le fils à ton père je n’ai pas ton sang :

La généalogie dans le rap français c’est un  truc vraiment il faut se pencher dessus. Après le fameux « on a serré ta sœur, ton petit frère est mon neveu » de Laouni Mouhid (pour la parenthèse : sur les forums, de violentes joutes verbales ont lieu pour établir quelle place occupe Canardo dans cette punchline de La Fouine. Fin de la parenthèse) maintenant on a cette ligne véridique de Niro. C’est vrai que d’un point de vue biologique ça se tient mais de là à être aussi agressif dans ses propos pour un surnom affectif, ça c’est une autre histoire.

16.  Il y a comme une différence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils prouvent :

Dans « Que du vécu » Niro dit « Avant d’sortir un CD j’ai déjà plus rien à prouver », dans « Follow me » Niro dit « les vrais rajeuls n’ont rien à prouver dans « Hood Story » Niro dit «Salement, assez chômé, faut que ça mange, rien à prouver». En résumé Niro n’a rien à prouver. Alors une simple question : Pourquoi est-ce qu’il insiste sur le fait qu’il y a une différence entre ce que certains disent et ce qu’ils prouvent ? Il est fort probable qu’eux aussi soit dans cette optique où ils n’ont rien à prouver.

17.   Je suis comme le soleil et la lune, on me voit sans jamais m’atteindre :

Le Soleil, La Lune. Ok il faut admettre que cette étoile et ce satellite sont visibles de très loin (de jour pour Le Soleil et de nuit pour La Lune) et on ne peut pas les atteindre. Mais honnêtement, qui a vraiment envie d’atteindre de telles destinations? Pour information Sur Le Soleil la température avoisine les 15 millions de degrés et sur La Lune n’en parlons même pas. De 1. Il n’y a pas d’atmosphère là bas et de 2. Le champ de gravité est tellement faible que vous allez virevolter comme dans un film de John Woo. En creusant un peu cette punchline est peut-être une menace subliminale, peut-être que la concurrence n’a pas envie d’atteindre Niro tout simplement.

18.  Moi, pas d’Blackberry Bold.. Rebeu cherche rebeue, tismée, whi-white, black very bonne :

« Jeune homme de 25 ans type méditerranéen recherche relation coquine dans ma région » Les catalogues de rencontres n’ont qu’à bien se tenir. En matière de choix de partenaire sexuelle, l’artiste est en fait très éclectique. Ici pas de distinction de couleurs de peau, on touche à tout, ce qui offre une plus large palette de combinaisons en terme de consommation féminine. Comme dirait Sinik : « Je ne discute pas les goûts les couleurs ».

19.  Tu vas tellement t’en mordre les doigts qu’tu vas t’branler avec les coudes :

J’aimerais revenir sur deux phénomènes inconnus du grand public : – le premier est « l’auto-anthropophagie », cela consiste à pratiquer le cannibalisme mais sur soi-même (donc se manger les doigts n’est qu’un des symptômes de cette pathologie). – le second c’est « la masturbation articulaire », qui demande une très grande souplesse mais qui permet néanmoins de réaliser des exploits comme s’astiquer (pour rester correct) avec ses coudes ou encore ses genoux.

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20.  Punchline tweetée aussitôt retweetée dans la rue la zermi on est condamné à perpétuité :

Parce qu’il faut savoir une chose : avant d’écrire ses punchlines sur un cahier de rimes, Niro les poste sur Twitter (pour les fans voici  le twitter de Niro : @OfficielNiro, comme son nom l’indique c’est le compte officiel). Ensuite il attend quelques heures  et si le tweet atteint un nombre de RT satisfaisant, la punchline est alors insérée dans un de ses sons. Donc c’est simple mais c’est comme ça que procède Niro pour la plupart de ses textes.

21.  Je veux une meuf vierge comme le cassier judiciaire à mon petit frère :

Bon le rappeur de Blois ne le sait pas mais rendre public l’état d’un casier judiciaire (même vierge, même d’un membre de sa famille) est passible de lourdes sanctions pénales. Oui je suis rabat-joie mais nul n’est sensé ignorer la loi.

22.  On sait qui réchauffe le banc, on sait qui tire les coups francs :

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Qui se rappelle de Fréderic Dehu ? Ce mec il a été champion de France avec Le RC Lens, il a joué au grand FC Barcelone mais on va évoquer d’autres souvenir le concernant. Qui se souvient quand Frédéric Dehu envoyait ses coups-francs sur le parking du stade vélodrome ? Là il y a plus de monde (Lol). Résultat des courses : Après une bonne série de coups-francs hors cadre, Frédéric a été transféré à Levanté (en D1 espagnole) où il a fait 14 matches en 1 an.

23.  T’es comme le remède du Sida : personne ne te connait :

Cette blague fonctionne aussi avec « t’es comme celui qui a lancé la carrière de Sultan ». Oui en effet ce n’est pas bien.

24.   Plus solitaire qu’un ver de terre, plus solidaire qu’un frère déter :

Information de dernière minute : on vient de m’apprendre que le ver solitaire n’était pas un ver de terre mais un « ver plat »communément appelé « ténia ». Forcément Niro a posé ça juste pour la rime (et aussi je suppose pour le jeu de mots ver de terre/ frère déter) et moi, ben je me tire juste pour la rime (désolé Gims Senseï).

25.  Il n’y a aucun imam pédophile, tu peux demander à ton curé :

En vrai c’est difficile d’aborder ce sujet parce que la pédophilie dans le milieu religieux c’est un peu La Cosa Nostra, les concernés préfèrent observer la loi du silence. Maintenant c’est courageux d’évoquer des faits aussi graves  mais personnellement le meilleur conseil c’est de ne pas balancer tout et n’importe quoi concernant des sujets aussi tendus.

26.   Y’a qu’un doigt entre un coup de main et une main courante :

Il n’a un qu’un doigt entre une rime que l’on pense une punchline et un jeu de mots moyen.

27.  Si t’as la chnek en feu, elle ne s’éteindra pas même si tu perds les eaux :

Allez avoue tu ne peux qu’être subjugué par le double sens de cette phrase. Double sens ? Oui car  en plus de l’antagonisme feu/eau, Niro insiste aussi sur un point : Même le fait d’accoucher ne calme pas une authentique nymphomane.

28.   Dites aux MC’s d’enlever leur bouche d’la bite à Rick Ross :

Ce qui est révoltant après avoir entendu cette ligne c’est qu’à la fin du morceau, La Fouine (l’artiste qui a invité Niro sur le titre Paname Boss, d’où est extraite cette phrase)  lâche un « Boooooowss » digne de Rick Ross lui-même avant de s’enfuir en voiture. Note personnelle à l’attention des mcs : penser à faire regarder les clips avant de laisser les rappeurs en featurings écrire leurs textes.

rozay

29.  T’as des punchlines Tah leader price, ca se voit que t’as rien dans le cerveau :

Très gentiment hein, celui qui a compris le sens de cette punchline merci de contacter la rédaction pour que l’on puisse avoir plus d’information sur cette énigme. Cordialement.

30.  La Misère c’est comme la plupart d’mes ex partenaires c’est des grosses putes :

Comme dit le proverbe : « que celles qui se sentent morveuses se mouchent ».

Le point sur les 30 vers les plus farfelus de Niro ayant été fait, pour conclure on va revenir sur la carrière du rappeur. Ce dernier est sur la pente ascendante  et avec des noms d’album tout droit sortis de chez L’Ostéopathe comme « Paraplégique » puis « Rééducation » on peut qualifier Niro d’être « Le Kinésithérapeute du Rap Français ». Ainsi on ne peut que lui souhaiter de continuer sur sa lancée et à ce rythme de guérison qui sait ? Peut-être que son nouvel opus aura pour nom « Miraculé » (oui c’est vrai, il a annoncé le titre depuis un an, c’était pour faire de l’humour pas la peine de faire un scandale).