Hip-Hop Reverse : le meilleur du hip-hop en deux langues !

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Concept imaginé par Squale Sadique, Hip-Hop Reverse est un nouveau site à ajouter à tes favoris. Amené à proposer « le meilleur du hip-hop en deux langues », il se présente comme une passerelle entre la scène US et la scène française : traductions de lyrics, interviews dans les deux langues, clips … Un contenu riche et mis à jour régulièrement, avec la volonté de sortir des sentiers battus.

A noter que Captcha Mag a contribué à la mise en place du site.

Les 5 Commandements du Rap Barbouzard en 5 Classiques!

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Nombreux sont ceux qui se sont attelés au concept des « Commandements » avant moi … Et pas des moindres :

Moïse / « The Ten Commandments Of God »,

Prince Buster / «  10 Commandments »,

Princess Buster / «  10 Commandments (from woman to man)»,

Keith Sweat / « 10 Commandments Of Love »,

The Notorious B.I.G. / «  10 Crack Commandments »,

Cappadonna / « 10 Commandments Of The Street »,

Yung Texxus / «  10 Rap Commandments »,
DJ’s Mike Danger & Beatnick / « Ten Trap Commandments » etc …

Contrairement aux anciens écrivains underground de romans policiers, pour la plupart rémunérés au mot, j’écris ici pour la gloire … Du coup, ci-joint non pas 10, mais 5 Commandements au rabais. Sorte de G-code maison qui énumère certaines règles à ne pas transgresser si tu veux prospérer sur le biz bien établi du rap et de la vie, quitte à devenir blindé comme Jé$u$ tout en restant intègre comme Cré$u$. Ou le contraire. En piste.

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1er Commandement : « Ne prends pas de drogues avec tes ennemis »

Bon, tu n’es plus en 1960/1970, fiston. L’autodestruction est devenue à peu près aussi subversive que Miley Cyrus. En plus, l’herbe n’est plus synonyme de partage et convivialité. Rappelle-toi, les amérindiens ont partagé le calumet avec les colons Blancs dans la backroom de leurs tipis à la forme pyramidale. Résultat des courses : massacres, puis ségrégation !
Depuis la kush a poussé des idiots qui ne fumaient pourtant pas à dire bon nombre d’inepties. Jadis, le « Mc Carthy de la drogue » Harry Anslinger (1892-1975) avait légiféré sur l’effet nocif de l’herbe sur les communistes et les « races dégénérées » (sic) dixit :
« Leur musique satanique, jazz & swing, est le résultat de leur consommation de marijuana. Cette marijuana pousse les femmes blanches à entretenir des relations sexuelles avec les négros, les gens du spectacle et les autres. L’herbe fait penser à ces négros qu’ils sont l’équivalent des Blancs ! »
Bon, vas-y mollo avec le très addictif syrup, lequel te rendra aussi lent que le Marseille-Vintimille, puis, à la longue, te fera ressembler à une barrique. Vigilance sur les drogues synthétiques à moins que tu veuilles ressembler à Charly Sheen. Oui, sauf que Charly est fils de Martin, sa star de daron auquel il a volé la carte bancaire pour s’envoyer son premier rail de coke et négocier son dépucelage avec une prostituée de Las Vegas. C’est bien simple, Charly Sheen peut se défoncer en toute liberté vu qu’il n’a pas/plus d’ami depuis qu’il ruiné sa carrière d’acteur en vivant une vie sans le moindre mensonge, existence aux proportions homériques qui captive les âmes damnées.
Bref, si tu as le moindre doute, (ré)écoute feu Notorious Big qui racontait ceci dans « Warning »:
« It’s the one’s that smoke blunts withcha, see your piccha, now they wanna grab they gunz and come and getcha … »

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2ème Commandement : « Serpent qui danse n’évoque pas obligatoirement amour charnel et passionnel »

Rappelle-toi, le Serpent du Jardin d’Éden est l’initiateur du mensonge. Depuis, les afro-américains l’ont cuisiné à leur propre sauce, faisant du serpent une connotation sexuelle familière et implicite. En fait, l’imagerie animale issue de l’ensemble des croyances importées d’Afrique enrichissait la chanson de superstitions obscures et de métaphores zoomorphiques. Il fut une époque où tout le monde se bidonnait en écoutant ces mélopées qui parlaient de « serpent noir qui rampe le long de son gros cul » (sic), oui tout le monde … sauf les Blancs et les enfants. Imaginez une seule seconde la saveur du truc !
Quant au rap, il a inventé le « snake azz nigga » – antithèse du « main nigga » – ou l’esprit pervers qui te sourit à pleines dents mais qui ondule, rampe et finit par s’enrouler autour de ton cou … dixit Kevin Gates dans « Snake Nigga »
«Snake nigga’s try to put my money in a ceiling / Pow, pow, nigga that’s the main missing / You wish nigga out of too families / My mama she told me go get it / Conviction, convictions go get it / Go get it, go get it, go get it / Conviction, convictions go get it. »

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3ème Commandement : « Range ta banane si tu ne possèdes pas la carte bancaire qui fait Trap, Boom, Bling ! »

On te l’a dit et répété mille et une fois :  « L’amour n’est pas un bouquet de violette, fiston ! ». Si tu persévères, tu vas l’apprendre à tes dépends. J’ai entendu dire que tu la joues clubbish sans les pourliches, que tu rappes à demi-mots et n’as pas la glace trois-boules tatouée sur la joue ? Brrrr … Tu vas droit dans le mur mon garçon. L’humour et le baratin ça va cinq minutes … les filles te le diront mieux que moi.
Hein, tu me traites de rabat-joie ? Ouvre grandes tes esgourdes, dans « Face Card » le trap king explique de A à Z en quoi consiste la flambe clubbish:
« New Gucci boots but fuck the shoe laces / Smoking on purp that smell just like grapes / And I don’t smoke mid, I don’t like the taste / Buy my ace of spades by the case and I don’t have to pay I just use my face. »

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4ème Commandement : « Ne soutiens jamais un candidat politique ou tu deviendras une sorte de ‘pimp cheap’ de la rime centriste ! »

Pas envie de les nommer. Tu les reconnaîtras, ils parlent haut et fort. Ils ne parlent pas uniquement de ces rappeurs illustres qui en disent plus sur notre époque que les plus brillants développements, ils jactent à la télé quand tu es absent. On sait tous ce que  deviennent les MC’s politico-médiatiquement engagés. Centre gauche ? Divers droite ? W9, CNN, Canal +, Captcha TV … Le Cirque Pinder tout ça. Quand ils intègrent le truc , pour ne pas se tromper, ils doivent se rappeler la morale des autres. Un calvaire, fiston, les compromis ça les abîme.
Ils leur est publiquement interdit de dire de leurs patrons qui les emploient que « leurs femmes sont laides, leurs mentalités à chier, que leurs vies sont minables ! » Je te jure, la prison n’est rien à côté.
Tous ont oublié que la vie du G est en tout point semblable à la solitude du coureur de fond … oublié qu’on demeure seul pour survivre, seul pour crever. C’est pas seulement moi qui le dit, il y a aussi Z-Ro dans « Happy Alone » :
« I’m cool as a popsicle, in the freezer in the winter time / But I’m a damn fool, and I have about respect so give me mine (…) My attitude is leave me the fuck alone / I know they don’t give a fuck about me / I promise I’ll be happy alone / Whether you see me on TV or these streets / I’m not a rapper homie, I’m just a G. »

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5ème Commandement : « Remballe ton pistolet à eau, puis en ce qui concerne les cookies, ralenti, fiston, ralenti … »

Bon, je sais, je ne suis ni ton père, ni ton frère. Pourtant, sais-tu que tu vas faire de la peine à ta mère si tu files du mauvais coton ? J’ai entendu dire que tu trimballes un glock dans la poche de ton futal et que tu incarnes à toi tout seul, Franck Matthews, Supreme Mc Griffith et Curtis Snow réunis ? Ralenti, fiston ralenti, la rue est un vrai schmilblick. Tu es un condamné à mort qui ne vaut pas le prix du projectile qui va trouer ta carcasse de gangster en goguette.
Entends-tu sonner le glas de « Scary » de feu Doe-B. La rue il a connu, il a payé cher sa dette. En ce qui concerne les cookies, mets un bémol une bonne fois pour toutes … Puis remballe ton pistolet à eau, fiston.
« I bet that white bitch ain’t no human, we bring her down to pieces and spread her out to the community. »

10 albums de Décembre 2013 / Janvier 2014

Le passage de 2013 à 2014 a sûrement été un vrai choc pour la plupart d’entre nous. Entre haleines trop alcoolisées, freins trop rongés ou réputations trop souillées, le tableau ne fait que moyennement envie. Rassure-toi, pour t’aider à changer ce vieux slip sale qu’est 2013, je te propose une sélection de quelques projets musicaux qui valent le coup. Espèce de gros dégueulasse.

Clams Casino – Instrumental Mixtape 3

Le beatmaker spécialisé dans le cloud rap qui a tout cassé notamment grâce à Lil B a sorti sa troisième tape avec deux sons pas encore utilisés. C’est toujours aussi cool d’écouter ses basses toutes douces de temps à autre. Dispo ici

Childish Gambino – because the internet

Avec mes potes on adore le comparer à une sorte de Drake version 2.0. Le mec chantonne, rappe et se nique un putain de missile atomique au prénom imprononçable (Jhene Aiko). Childish avait déjà sorti quelques mixtapes assez intéressantes, avec des prods farfelues et des collaborations étonnantes, et là il nous délivre un album vraiment dans l’air du temps : internet. Le disque est bizarrement foutu, à la manière d’un livre avec des chapitres, sauf qu’ils se répètent, un truc assez indescriptible qu’on pourrait comparait à une sorte de bordel cohérent, principe que les femmes ne comprendront bien évidemment pas. C’est une belle descente aux enfers enrobée d’amour et de haine, c’est sympathique et ça change, une fois de plus, de la trap et de sa violence exploitée sous tous les angles.

Fredo Santana – It’s A Scary Site 2

Ben tiens, en parlant de trap, en veux-tu en voilà. Fredo Satana, aka le petit-fils de Satan, aka Pain d’Epice, aka jouflu, aka petit bide, aka 47 (guette le jeu de mot) revient avec encore une nouvelle mixtape dans la lignée de la Drill chicagoenne : quantité et violence extrême. Fredo n’est pas connu (on le répète) pour la qualité de ses enregistrement ou même la qualité de ses raps, ça c’est sûr. Mais même si son projet ressemble à une grosse brique quasiment impossible à avaler, c’est toujours agréable de lancer quelques titres choisis au préalable pour faire des pompes de cow-boys tout en fredonnant d’énormes atrocités durant les temps de repos en sueur.

King Louie – Drilluminati 2

Après avoir sorti Driluminati premier du nom fin 2012, King Louie et son grand front (rien à voir avec la petite-amie de La Fouine hein) sont revenus pour larguer le deuxième opus. Plus cohérent, moins de gros bangers certes, mais plus compréhensible et digérable sur la longueur, cette deuxième brique apportée à l’édifice m’a personnellement fait espérer un vrai album bien monté de A à Z, histoire de bien s’avoiner la gueule. Note spéciale pour le titre « Again », où l’on peut remarquer que la prod a été faite par un maçon adepte du marteau-piqueur bien lourd et puissant.

Busta Rhymes & Q-Tip – The Abstract & The Dragon

J’ai pas du tout écouté cette tape par manque de temps. Du coup je préfère être honnête, mais selon les dires c’est un truc fait par des mecs de 40 piges et qui eux assurent bien plus qu’un ancien accro aux amphétamines peroxydé. Mais c’est disponible gratuitement ICI.
http://www.livemixtapes.com/embed.php?album_id=25325

OppositionC & Koursky Lion – The Promethazine Elevator II : The Dawn Of Bermuda Lee

Certaines personnes se doivent de faire des choses ensemble pour l’humanité. C’est le cas du rappeur OppositionC (Floride) et le beatmakeur Koursky Lion (Loire-Atlantique), tu vas me dire qu’il y a un peu plus simple comme rencontre, ce à quoi je te répondrai d’aller te faire enculer même si tu as raison. Nos deux comparses sont soudés comme deux couilles bien installées à la base d’une longue verge bien dure enfoncée dans le cadavre d’une morte-vivante de série B à la langue cisaillée et avide de cocktail au sperme et au sang. C’est impossible de passer à côté de leur mixtape aux odeurs cadavériques, aux bruits de portes qui claquent trop fort et aux paroles aussi dérangées que subtiles : le lien bandcamp.

http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=865932488/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/artwork=small/transparent=true/

Young Scooter – Street Lottery 2

Tous les suceurs qui ont sucé le premier volet se voient actuellement obligés de sucer ce volet.
Tous les mecs qui ne comprennent pas la musique de Scooter ne la comprendront toujours pas dans ce volet.
Toutes les meufs qui ont eu des rapports sexuels avec ma personne sont arrivées avec un carpaccio et sont reparties avec un chou-fleur.
Pardon.
Et certaines personnes n’ayant pas accroché au premier volet, trouveront celui-là relativement cool, sans vraie raison valable. C’est vrai que le rap vachement simpliste (personnellement je le trouve simpliste, cela n’engage que moi, ne venez pas me mettre de gifle, vous risqueriez de vous faire mal) de sir Scooter peut laisser perplexe, mais j’ai l’impression que les prods sont meilleures, tout comme le chantonnement de Scooter. Dispo ICI

Hits Alive – Triple 6 Vol.2

Une mixtape de prods faite par 2 beatmakeurs qui ont monté quelques prods pour le dernier album de Seth Zgeg. C’est très très bon, ya une vraie ambiance d’horreur (encore, je sais) et chaque morceau est accompagné d’une putain (celle qui a la voix de Google Trad je crois) qui dit des saloperies « BisousBaveux », et des choses un peu plus censées « Sachez que dans chaque barbu, il y a un rasoir qui sommeille ». Dispo à cette adresse légalement et gratuitement.

Autres trucs

Il  y a aussi les compils de fin d’année de Pure Baking Soda comme les pépites de Gucci Mane (qui m’a presque fait pleurer) et l’album secret de Future (qui vous réconciliera avec lui si vous étiez un peu en grippe) que je ne peux que vous conseiller d’écouter. Et ce son de Tree (extrait de son prochain projet) aussi qui a été mis dans une liste de je ne sais trop quoi faite par RedBull :

Rap-game et dinosaures

Kaaris a récemment remis au goût du jour la métaphore du dinosaure, en établissant dans AMG63 une comparaison aussi puissante qu’efficace : « elles se déboitent les babines quand elles sucent le dinosaure« . Animalisation classique mais inventive, elle a produit un effet certain sur un public pas forcément préparé à ce type de punchline préhistorique, même si la mâchoire de dinosaure avait déjà été usitée par l’Oncle Tom (« J’compte croquer la vie avec une mâchoire de dinosaure« ) :

 

 

 

 

 

 

Pourtant, le rap français regorge de références aux monstres du passé. Tantôt par une métaphore sexuelle, tantôt par une référence peu judicieuse à la préhistoire, le rappeur-lambda aime se rappeler au bon souvenir des biscuits Dinosaurus des goûters de son enfance … Une madeleine de Proust parfaitement assumée par LeBoy Krisy’B dans Vraiment moi :  « J’ai pas tourné autour du pot donc j’ai aligné quelques mots du genre : Fuck You ! tout en mangeant mes petits dinosaures« .

29266 - comic dinosaur nazi velociraptorMais la majeure partie du temps, le lyriciste utilise la figure du dino pour se viriliser. Kaaris posséderait selon lui « le torse et les triceps du tricératops » (Bébé). Hyacinthe, quand à lui, trouve le moyen de comparer sa bite à un animal préhistorique : « Ankylosaure, la queue est longue et le bout est gros » (Rap Game Nuit sans Fin). La métaphore est bien souvent sexuelle, et Taïpan considère être « au rap ce qu’un putain de tyrannosaure est à la levrette » (Rien à Prouver).

Mais contrairement aux idées reçues, le tyrannosaure n’est pas forcément le plus populaire chez les rappeurs : le vélociraptor, rendu célèbre par sa représentation erronée dans Jurassik Park, est l’un des plus cités : « Evite de clash un vélociraptor » (GringeEnnemi d’état.com) ; « touche à mon bifteck, j’suis pire qu’un Vélociraptor » (Deen BurbigoPartiel de punchlines -chez NeoBoto-). Différentes écoles s’affrontent pour déterminer le sort à réserver aux reptiles géants : si Dooz Kawa préfère leur réserve la corde et le tabouret (« les dinosaures d’un monde perdu on les a vus et bien pendus pour oublier que l’heure est grave » – Message Aux Anges Noirs), Médine préfère les prendre en bouche (« les dinosaures de Brazzaville ont déversé leur poison » – Lecture aléatoire).

« J’suis un fuckin dinosaure, old-school dans ma tête » (FiligraNNVentre Du Dragon) … l’animal préhistorique est bien évidemment synonyme d’ancêtre, et s’associe naturellement à l’ancienne école. Poulpix en donne une nouvelle illustration dans 60 Kilogrammes, lui qui est « tellement old-school qu’il se déplace en ptérodactyle« . Le dinosaure volant est mentionné également par Swift Guad dans Vautour : « volatile et nécrophage, descendant du ptérodactyle« . 3010 a quand à lui une « attitude en or, swag de dinosaure » (Bienvenue dans le Premium). Difficile à confirmer, d’une part parce que le swag de 3010 est tout à fait subjectif, et d’autre part car la qualité première d’un dinosaure n’est pas forcément d’être soin. Au contraire, il est régulièrement utilisé pour ridiculiser l’adversaire : « A côté de moi t’as l’air d’un fossile, t’es encore à l’époque du pterodactyle » (Hastero KidHastero) ou encore le moins académique « bandes de fuckin’ tas de fiantes de diplodocus lépreux » de Freddy Gruesum dans Admirez. Toujours dans le domaine « peu académique », citons l’inévitable Seth Gueko, qui « baise les putes comme un dinosaure » dans Bafana Remix. Il convient alors de se demander si les reptiles géants étaient réellement adeptes de prostituées …

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Médine (à nouveau) aura peut-être la réponse, lui qui se pose en véritable expert des vertébrés diapsides du passé : « les dinosaures ont disparu par manque d’adaptation » (Oracle). Une superbe analyse de spécialiste. Se positionnant dans le même registre, Keny Arkana se décrit dans Odyssée d’une Incomprise comme « descendante des étoiles, pas des singes, encore moins des dinosaures » (attention tout de même : scientifiquement, la filiation génétique entre la rappeuse et les astres lumineux reste tout de même à prouver). Plus habitué au Club Dorothée qu’aux bancs de l’école, Vidji (5 Majeur) se trouve quant à lui « désolé si Denver n’est pas le dernier des dinosaures » (On pèse). D’autres donnent la même impression de ne pas avoir fréquenté assidument les établissements de l’Éducation Nationale, non pas par manque de documentation scientifique, mais simplement par le sens sibyllin de leurs lyrics : « j’back avec des evil buzz à dos du minotaure, j’réanime les dinosaures » (Maybe WatsonMange un char).

Dernier trublion à avoir esquivé avec soin les institutrices (sauf peut-être pour leur offrir le rôle principal d’un snuff movie), Alkpote a pour lui un véritable motif d’absence dans son carnet de correspondance : « J’encule les ptérodactyles« .

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Alkpote avec des dinosaures nazis

#RIP DOE-B : Bon Pied, Bon Œil … et Bad Luck (suite et fin)

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Comme disait l’autre dont j’ai oublié le nom : « Chaque heure blesse, la dernière tue ! »

Feu Glenn Thomas alias Doe-B faisait parti de la caste des MC’s nés sous le signe d’un matériau produisant un champ magnétique et attirant le métal : l’aimant… C’est ça, un gamin de la rue de Montgomery (Alabama) qui attirait les balles à n’en plus finir, comme d’autres attirent les filles, certains, l’anamour. Dans cet univers sombre, banal, périlleux, bref, quartier à hauts risques, Doe-B y avait perdu un œil, il y a deux ou trois ans, et pensait avoir définitivement payé son dû à la National Rifle Association… En vain.
En fait, le Centennial Hill Bar & Grill de son bled, Montgomery, nightclub aussi chaud que le magma en fusion d’un volcan, était connu pour sa violence récurrente et son feu nourri… Déjà, Naughty Shawty, MC du groupe Deuce Komradz y avait perdu la vie en 2007.
L’endroit demeurera à jamais le tombeau de Doe-B, jeune père de 22 ans qui ne buvait, ni ne fumait, et était en train de donner au hip hop alabamien une dimension conforme au talent des artistes (G-Side, Zilla, Jackie Chain, G-Mane, Bambino Gold, Bentley, Lil Mook, Monster etc…) l’ayant sorti de l’ornière, tous plus ou moins oubliés par une industrie discographique gérée par des affairistes pisse-froids, banquiers et autres juristes.

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Un des leitmotivs de Doe-B était la perte de l’innocence dans ce monde de perdition. Perte de l’innocence qui équivaut à la perte du pucelage, d’un ami ou d’un œil, c’est selon les cas. Sa vertu cardinale, l’humilité, mais aussi un alliage entre langue vernaculaire du hood de Montgomery et mélodies lancinantes sur laquelle il surfait avec grâce, sobriété, définissant la trap muzik comme un moyen de survivance qu’on appréhende dès son plus jeune âge.

Fâcheusement, Doe-B n’a pas eu le temps de développer son art du emceing au sein du Hustle Gang de T.I., sa toute récente promotion de luxe qui aurait, selon son manager DJ Frank White, provoqué jalousie, ressentiment et actionné la gâchette d’un certain Jason McWilliams muni lui aussi, coïncidence troublante, d’un cache-œil de pirate.
Retour à la lumière blanche du dernier opus de l’artiste, Baby Je$us. Vous remarquerez que B n’utilisait jamais le ton du justicier, l’anathème. Pas besoin de sauce « gun & hoes » pour bousculer la hiérarchie hip hop. B hissait les couleurs du country hood aux frontons des strip-clubs et des rues décharnées, avec pudeur, sans trop de blush, imprimant dans le crâne des pulsions d’amour et de survie. #RIP

« Pray for me,
Somebody pray for me
Cuz I know the Lord got a day for me
I’m tryin my best to keep them devils away from me
I see death around the corner and it’s waitin on me. »

A relire :

Doe B : Bon pied, bon oeil – épisode 1
Doe B : Bon pied, bon oeil – épisode 2 (Baby Jésus)

Noël au ballon … Pâques à Houston !

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Noël. Joyeux Noël… en prison. Qui se rappelle de Knowledge Born Allah, MC du Lifers Group, un collectif de prisonniers rappeurs cumulant des peines de plus de 25 ans ? Knowledge a connu les pires règles de la vie pénitentiaire. Selon lui, se la raconter, c’est bien… Parler en toute connaissance de cause, c’est nettement mieux. Discréditer les grandes stars du gangsta rap comme N.W.A., dixit : « Tu n’as jamais été en prison, tu n’en as jamais vu une. Merde à N.W.A. ! Range ton pistolet à eau ! » beaucoup en ont rêvé, Knowledge l’a fait.
La prison, c’est comme le Dirty South, tout le monde en parle, rares sont ceux qui y ont foutu les pieds. Bon, pas la peine de refaire un dessin, le Sud de l’Amérique c’est la Centrafrique, le Nicaragua, en gros, ça tombe comme à Gravelotte, ça encellule à tour de bras. Étudier l’histoire de la « jailhouse » US et oublier les diverses descriptions qu’en a fait le hip hop est une carence injustifiable.
A Houston comme partout ailleurs, la prison est la case qu’il faut à tout prix éviter dans le Life/Monopoly Game. Une sale histoire qui ne date pas d’aujourd’hui, les plaintes parlant de Big Brazos et Sugarland résonnent encore dans ces chiourmes visitées jadis par les bluesmen.
En 1935, Shorty George de Leadbelly racontait cela : « Ils m’ont infligé une condamnation à vie / Au pénitencier de Sugarland / Mon Dieu, certains ont pris six mois / D’autres deux ou trois ans / Trop de bons gars passent leur vie ici. »

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Convicts : « Penitentiary Blues »

noel3La pochette explique beaucoup de choses, pourtant c’est bien Big Mike qu’il faut écouter relater sa propre expérience pénitentiaire. D’après lui, le manque de nicotine, la privation de sexe et la malnutrition prennent une ampleur significative en zonzon. Pourtant Mike ne s’arrête pas là. Il observe le sort des victimes de violences au cours de leur enfance, les violés devenus violeurs etc,  s’attardant notamment sur un jeunot au nom de Buck qui va se coltiner 50 piges. Certes, Penitentiary Blues date de 1991 mais dépeint avec force et détails les inconvénients de la vie pénitentiaire, là où il n’est pas bon de se baisser quand on est sous la douche…

D of Trinity Garden Cartel : « Niggaz Say, Niggaz Do. »

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noel5Darrell « D » William alias D of Trinity Garden Cartel a eu son heure de gloire chez Rap-a-Lot avec le crew éponyme, notamment lors du procès retentissant que des (vrais) flics imposèrent au label texan après la publication de la pochette de Don’t Blame It On Da Music (1994) discréditant leur profession.

Trop vite écourtée, sa carrière en solo comporte Game Done Changed (1995), Straight Texas Hoodlum muni du prémonitoire « Sittin In My Cell » (1995) et I Love N.I.G.G.A.Z. (1997). Seulement, jamais D n’a adhéré au ralentissement prôné par le Screw Movement.,  préférant continuer à rapper comme il vivait, c’est à dire à deux cent à l’heure. Un jour, il a dégainé, riposté et a tué quelqu’un. Terrible erreur qui se paye cash quand tu es noir et que tu n’es pas fils de. A partir de là, ils lui ont ôté son permis de rapper à D, via un châtiment de 25 Noëls, pas moins.

E.S.G. : « Money & Power. »

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Autant le monde est froid, autant la prison est polaire. En conséquence, un homme libre averti en vaut des dizaines dans le hood. Se tenir à carreau ? Mhh, faut voir… La vie est une salope. Les murs en brique ont des oreilles, les balances te font plonger pour un Benjamin. En l’an 2000, E.S.G. usait de l’intimidation, laquelle doit clairement palier à toutes déconvenues. En substance, Money And Power prodiguait un vrai conseil d’ «ami » à celui ou ceux qui seraient tenté d’avertir les Fédéraux !
« If you scream to the FED’s, put a beam on your head / My beam ain’t scared, kidnap your nieces / You can find ’em in the Gulf, sharks eating they pieces . »

Geto Boys : «  G-Code »

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Certains MC’s qui ont eu à faire à l’exigence pathologique de DJ Screw racontent que ce dernier se plantait devant toi, à quelques millimètres de ta figure, te fixait dans les yeux, t’inspectait, te calculait, te reniflait… Survenait ce moment assez angoissant où tu te demandais s’il allait te palper les glaouis le Maître syrupé. Non, absolument rien de sexuel dans cette parade glamoureuse. C’est juste qu’avant de t’intégrer dans la Screwed Up Click. DJ Screw voulait vérifier si chaque pore de ta peau suait la vérité, ou plus exactement si la putain de semence qui allait gicler de ta bouche aurifiée n’était pas du Nestlé en boîte, de la branlette pour « petits Blancs »…
Pas la peine de leur palper les glaouis aux Geto Boys pour savoir que chacune de leurs rimes applique le défunt G-Code (2005).
« These motherfuckers look at me like I’m a slanger / Makin threats to my family, dawg I’m in danger / Who do you call when these agents want you dead / And they hit these penetentiaries and niggaz make a pledge  »

K-Rino : « The Blood Doctrine »

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Non, K-Rino n’est pas à proprement parler un joyeux drille, loin s’en faut. Le fondateur de South Park Coalition continue à faire ce qu’il a toujours fait tout au long de sa prolifique carrière : unir les talents de Houston ajouté à une sérieuse et introspective réflexion sur la vie. Bon, ici dans The Blood Doctrine (2008) tout y passe… la drogue, Satan, Dieu, Obama, les prophéties douteuses, la manipulation, le mensonge, l’argent, la prison etc…
Aucun doute là-dessus, l’homme est éminemment religieux, spirituel, habité par le désir d’informer, d’éduquer, de clarifier… Les quatre pôles de la ville lui doivent beaucoup !
« My tainted mind is dizzy, And now it seems every time I need a sign where is he? / Called God but his line was busy / We in and out of prison, trying to make our living / In an unforgiving system that’s money and power driven / The conditions seems immutable, A plethora of wakes and funerals. »

Pharoah : « Rock, Rock A Bird (Chopped & Screwed) »

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Darrel « Pharoah » Burton a été condamné à 55 ans de prison pour avoir séquestré et attenté à la vie d’une femme de 55 ans au moyen d’une arme alors qu’il était défoncé au PCP. Faut dire qu’il y a un petit moment qu’il avait fondu les plombs le Pharaon de Houston, et pas qu’un peu. Recueilli lors du procès, le témoignage d’une ex-petite amie racontait ceci : « Il y a un moment qu’il tuait mes chiens, et les ouvrait pour en extraire des micros. Il pensait que le FBI et la CIA les plaçaient à l’intérieur de leurs corps ! »
En 2007, au bout de 7 ans d’incarcération, jugé schizophrène, le membre de Street Military était selon un psychiatre apte à reprendre une vie normale… à deux conditions : ne pas s’approcher de la famille de la victime, mais aussi des animaux !
Malgré des nouvelles rassurantes de KB Da Kidnappa & Lil Flea, ses deux compères du Military crew, il serait toujours encellulé mais désirerait rapper à nouveau en communicant avec eux à l’aide d’un téléphone portable.
Un seul problème, le système pénitentiaire texan autorise l’emploi du téléphone une seule fois tous les trois mois … Screw thing for him !

#FREE PHAROAH  #FREE « D » of TRINITY GARDEN CARTEL

Compilation : Deuxmillezeutré Music

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Petite sélection d’artistes de l’ombre qui pourraient exploser en 2014. La plupart ne sont même pas au courant qu’on les a foutu dans notre compil, alors messieurs les artistes et/ou ayant-droits, si vous n’êtes pas contents de vous retrouver chez nous, faites-le nous savoir, et on supprimera le truc (non sans penser que vous êtes des petits enculés).

Tracklist :

1. Bigg Meuj – Un peu de Yayo
2. Mayo – C’que j’ai à dire
3. Clone X – Nino (feat Million)
4. Sizay – Insomniaque
5. Sémaphore – Puuh Puuh Puuh
6. Faz – Je l’aime à mourir
7. Criks – LCALT
8. Moise the dude – San Fernando Valley
9. Grizz – O’Dog Francophone
10. DFGDGB – Rap Game Nuit sans Fin (feat Jok’air)
11. M24 – Stress Free (feat Lalcko)
12. Barabara – Michoacan
13. Teddy the beer – Bédo Mineur
14. Pompes funègres – Nelson Mandela

Téléchargement direct (version découpée) : http://jheberg.net/captcha/captcha-mag-deuxmillezeutr-music/

Écoute en ligne (mix by Genono) :

(Cover par Genono mais avec un artwork volé sur Google Images)

10 albums du mois de Novembre 2013

Parfois, les astres se placent dans une position délicate et créent une sorte d’alchimie avec un nom qui oscillerait entre le mot “levrette” et “smoothie à la cyprine”. C’est exactement ce qu’il s’est passé ce soir de pré-hiver entre Mugen et moi autour d’une conversation Twitter remplie d’insultes. Après avoir compris que les étoiles nous le demandaient, on a finalement décidé d’oeuvrer ensemble pour vous présenter les 10 meilleurs albums sortis le mois dernier. Que du rap bien gras pour Mugen, et un peu de tout pour ma part.

6ix Commendments – Da Mafia 6ix

Pour ceux qui n’auraient pas allumé internet ces dernières semaines, sachez que Three 6 Mafia se cache derrière ce nom barbare. L’obligation de renommer le légendaire groupe de Memphis, sûrement pour des questions de droits (le plus grand ennemi du rap avant MTV, n’est ce pas Z-Ro) n’aura finalement pas changé grand chose. Il faut reconnaitre que ce nom n’est pas si désagréable et que surtout, l’essentiel n’est pas là. Juicy J ne fait pas partie de cette joyeuse fête sanglante, même s’il passe quand même faire coucou sur une piste. Dj Paul est le principal artisan de cette réunion, et il en faut de l’énergie pour réunir ces gens proches de la retraite. Et sa coke doit être de très bonne qualité parce qu’à coté il a bossé comme un Chinois dans une usine Nike. A Person Of Interest, For I have Sinned, une courte mixtape avec Yelawolf, celle avec Drumma Boy « Clash Of The Titans » (que j’ai même pas eu le temps d’écouter et je vais aller en enfer pour ça d’ailleurs) avant d’enchaîner avec la réunion mafieuse. Je sais de source sûre que Richard Gasquet l’a contacté personnellement. Et comme la drogue rend les rappeurs bons, cette cassette de Three 6 est une petite tuerie.

C’est court comme la bite de Jean François Copé, mais foutrement plus efficace. Rangez la douceur profond à la cave, il n’y a de la place que pour la violence et l’hémoglobine. En entrée de ce gros tas de chaire fraîche, le combo Go Hard avec Yelaloup (qui n’est pas si périmé, n’en déplaise aux Deeper Than Trappeurs) Beacon-N-Blender et Been Had Hard. Déluge mystique et incantations voodoos, on attendait sa depuis si longtemps en se grattant les bras comme des junkies en bas de la cité Carter. Vos oreilles seraient en droit de demander un peu de répit, comme une chinoise dans un gangbang iinterracial mais oubliez vite cette idée farfelue. La suite n’est qu’une lente descente aux enfers : Betta Pray, avec les Outlawz et Lil Wyte, un bon remake de la déjà excellente Break Da Law…

Presque contraint à faire du track par track tellement ce comeback est puissant. Les prods, les featurings de légende (sur Yeen High, Memphis, je vous fais pas un dessin) rend l’écoute absolument indispensable. J’ai écouté la mixtape deux fois et j’en suis déjà à trois cadavres de découpés, obligé de racheter un congélateur par manque de place.

 

Trappin’ Ain’t Dead – Fredo Santana

Toujours dans la poésie, Fredo Santana a récemment sorti sont premier album. Alors oui, je vous ai assez gonflé avec Chicago mais je ne peux pas passer à coté d’une occasion aussi bonne pour vous parler du mec le plus taré de cette ville si hostile : Fredo Santana aka l’incarnation de l’antéchrist.

Au premiers abords, Fredo pourrait apparaître comme le moins talentueux de toute la clique GBE. Keef, Lil Durk, SD et Reese semble avoir tous un peu plus d’exposition que lui. Il faut dire que Fredo ne fait pas les choses à moitié. De la violence, un peu de sang, beaucoup d’armes à feu, des caisses entières de munitions, de la drogue dure : c’est de la poésie macabre, la rue brute de décoffrage. Même s’il semble qu’il n’ait toujours pas perdu cette mauvaise habitude d’enregistrer ses morceaux dans des catacombes (il y a pire d’ailleurs : Trey Savage), cet album fait largement le travail et n’apporte que peu de mauvaises surprises, hormis l’immonde single avec Kendrick Lamar. Faut bien remplir le frigo. Les bons titres s’enchaînent avec l’aisance d’un Genono proférant des insultes antisémites : Trap Boy, Trap House, Ring Bell (clip légendaire pus bas) Want A Nigga Dead (avec SD toujours aussi bon) le recyclage de Gangbang, Over Here font largement le travail. Mention spéciale pour Bought A Big K avec Chief Keef qui n’est toujours pas redescendu de sa lointaine planète. Si vous cherchez à le localiser son “I sip lean i dont like no rosay” devrait vous mettre sur sa route. Pour en revenir à Fredo, je crois que j’aimerais sa musique tant que sa principale activité sera de parler de l’odeur des cadavres en décompositions entassé devant sa porte. C’est un génie incompris, même si les gens peuvent le trouver ennuyant et monotone. Tas de cons.

BRICKS FROM DA BOAT LOAD aka la bonne cartouche qu’on avait pas vu venir : Third Floor avec Peewee Longway (un noir d’Atlanta qui a poussé sur le même arbre que Yung Thug) sur une prod de nos très chers 808 Mafia. Que demande le peuple ! Ce Trappin’ Ain’t Dead est donc une festive incitation au meurtre que je vous recommande aveuglement malgré ses rares imperfections. SD étant définitivement plus habile à l’autotune que Fredo…
Sa feras une bonne BO pour jouer a GTA 5, dans les missions carnage avec Trevor, certaines phases transpirent le génie macabre. (promis on arrête les vannes avec GTA)

 

 

One For The Road – Devin The Dude

Devin The Dude c’est un peu l’assurance tout risque. Quoi qu’il fasse tout le monde sait que sa musique sera bonne et il n’y a jamais de mauvaises surprises. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Devin, je vous conseil vivement de jeter une oreille sur ce qu’il fait. C’est du rap extrêmement lent et chaleureux, smooth comme Moïse The Dude. Y’a un peu de Soul et de Blues. C’est proche de la perfection. Ça s’écoute sans effort, c’est doux le matin, relaxant le soir, agréable en fond sonore dans un apéro enfumé autant que dans lendemain de cuite difficile. C’est le genre de musique que vous pouvez écouter avec mademoiselle sans qu’elle dise « c’est quoi ta musique de singe, ça me casse la tète ». J’avais déjà essayé de faire écouter Mean Muggin’ de Plies à une femme donc je reviens de loin croyez moi. THE DUDE : c’est le bon pote avec qui on traîne pour boire des bières et fumer des joints, se raconter des blagues débiles et pas penser au reste de la vie. C’est presque thérapeutique, sa aide à supporter le monde,à s’en foutre donc, et a apprécier les bonnes choses de la vie : les choses simples. Je pourrais vous parlez de Devin pendant des heures entières, allez simplement écouter ce One For The Road. Si des chansons comme « I’m just gettin’ blow », « Fresh air » « Probably should have » ou « Hear the sound » ne font aucun effet sur votre humeur, vous couvez surement quelques chose de très grave et je vous conseillerais de vite consulter un spécialiste. De la bière fraîche, du poulet, des femmes pulpeuses et de la bonne herbe : vous me retirerais pas de l’esprit que le paradis doit ressembler à quelque chose comme ça.
Mention spéciale pour la meilleure campagne de sensibilisation sur les dangers du crack depuis la naissance de l’univers : Please dont smoke no cheese.

 

Savage Life 4 – Webbie

Les Savage Life on tous sans exceptions été des excellents albums et ce quatrième opus est dans la tradition. « Baton Rouge dans vos génitrices ». Aux premières notes, on reconnait la voix de Webbie et son accent bouseux et putain ça fait du bien, mais #nohomo. Deux ans après l’opus précédent, sans quasiment rien à se mettre sous la dent, sa commençait à faire long. Finalement Webbie c’est un peu un mec comme K.R.I.T : il a grandi en écoutant UGK, les Geto Boys et tout ce qui tournait de bon dans le sud dans les années 90 et il a décidé de faire du rap, en suivant les traces de ses idoles. Et avec des références pareil, vous comprenez facilement que sa destiné était écrite et que c’est un peu dur de pas aimer le bonhomme et sa musique. Et en plus il a une des meilleures coiffure du game. Il y a a boire et a manger dans de Savage Life 4. De la puissance : I’m back, Another one, What I do avec son refrain psyché et Big. Il y a aussi la merveille Mine. Et aussi beaucoups d’autres chansons très émotives et toujours bien racontées. Ça parle d’ailleurs pas mal des femmes… KUNTRY RAP TUNES 4 EVER : LIBEREZ BG !

 

En vrac : les choses qu’il faut écouter mais dont j’ai pas le temps de vous parler.

La dernière mixtape de Starlito : Fried Turkey. Ne surtout pas passer à coté. Ça parle au insomniaques, aux gens un peu torturés du cerveau, aux dépressifs et aux gens au bord de schizophrénie. Lito est très fort pour raconter des histoires et créer des ambiances, c’est presque lacrymal comme délire. Il a un peu la même voix plaignante et enrayée que celle de Kevin Gates sur certains morceaux. Si vous voulez plus d’infos sur le bonhomme, je vous recommande vivement d’aller lire ceci : les princes de Nashville.

Bernard Freeman (pas le grand père dans les Boondocks, la moitié vivante de UGK, tas de con) conclut sa TRiLLOGiE avec l’album du même nom, sobrement appelé The Epilogue. Comme Lil Keke, Z-Ro, Three 6, 8 Ball et MJG, Bun-B fait partie des légendes vivante de ce bon vieux sud sale. Alors il faut être tolérant et pas mal parler sur Bernard, il quand même 40 ans et encore toutes ses dents. Il a fait vivre Pimp C pendant ces 5 longues années d’incarcérations et rien que pour ça cet homme en a fait plus pour l’humanité que tous les prix nobels réunis. Donc son album est bien, il faut l’écouter, juste pour Dippin’ & Swervin’.

Boss Life de Slim Thug a aussi débarqué très récemment. Il y a tellement de bonnes choses à dire sur cet album que je vais surement lui consacrer un article entier. Enfin c’est surtout que ce fumier de Bogdan trouvais ça trop long. Pourtant d’habitude il dit rien quand c’est trop long, mais comme c’est moi qui me tape l’incruste dans sa chronique j’ai pas vraiment le choix #nohomotho !

DONC VOILA MAINTENANT ON PASSE AUX 5 AUTRES ALBUMS ET ON AINECULE (ENCULER AVEC UN FORT ACCENT MARSEILLAIS ET UN RICHARD DANS LA MAIN) LES TRANSITIONS

Moby – Innocents

Notre chauve partouzeur a sorti son nouvel album du nom de “Innocent”. Après un dernier album mitigé, le génie du clavier revient en force avec des featuring millimétrés et une dose d’entousiasme incroyable terrassée par un arrière-goût de suicide qui plombe radicalement toute tentative de bonheur qui pourrait émaner de ce disque. C’est effectivement là où Richard Melville Hall est très très fort : annihiler toute once d’espoir qu’il a lui même déjà mis en place. Une chanson du disque reflète parfaitement ce que j’essaye de vous dire : Perfect Day. En effet, le titre laisse présager un titre plein d’entrain et de jovialité, ce qui est le cas, mais si l’on se penche un peu plus sur son cas, on s’aperçoit qu’il manque à peu près tout à cette chanson pour rendre cette journée si parfaite, un peu comme si la définition du bonheur de Moby était empilée sur un tas de cagettes complètement instables. Du coup c’est absolument jouissif pour les plus dépressif en quête de moments heureux. N’oublions pas qu’écouter un albuim de Moby c’est un peu comme se faire glisser à l’oreille qu’on a le sida pendant que l’on est entrain d’éjaculer à grosses gouttes dans un vagin bien chaud et accueillant, et c’est exactement ce qu’il arrive durant la longueur de ce disque.

Lil Durk – Signed To The Streets

De tous ces fou-furieux de Chicago, je peux affirmer que Lil Beurk est, de loin, mon préféré. Loin des mixtapes poubelles (Almighty So) de Keef, bien moins chiant qu’un Lil Reese, plus carré qu’un Fredo Santana, Durky Durk arrive à sortir son épingle du jeu surtout grâce à sa façon de rapper qui oscille vraiment entre du chant (bien fait) et du rap. Après niveau rap c’est toujours la même chose, il nous pisse gaiement à la gueule pour affirmer sa suprématie qu’il a réussi à mettre en place grâce à sa forte consommation de drogues, ses nombreux guns ainsi que sa force mentale pouvant mettre à terre la petite salope de Hulk. Pour ma part sa mixtape m’a accompagné durant de longues heures sur GTA V. Petite note : la tape a été signée par les Coke Boys (les copains de French Montana), à voir où ça va le mener tout ça.

Darkside – Psychic

Attention chers amis, ce CD a un potentiel d’hipsterisme (néologisme, je t’encule le scrabble) qui pourrait faire crever n’importe quel récalcitrant à quelconque réédition de la AM1, mais je tente quand même l’approche.
Si l’on devait essayer de comparer cet album à quelque chose, je pense que la meilleure des métaphores serait celle-ci :
Imaginez-vous, nous sommes un samedi après-midi d’été, il fait donc très chaud. Vous décidez donc de vous ruer vers l’intermarché du coin pour vous acheter une boisson rafraîchissante de votre envie (exit le Selecto et le Scwhepps Rastaman par contre). Sur le chemin vers votre quête de la boisson, un dragon avec une chatte (un vagin) apparaît gisant d’on ne sait trop où, éjaculant sur vos vitres sa douce cyprine enflammée. Tentant de vous défendre, vous sortez donc un AK47 en guimauve de votre sac pour lui tirer dessus d’énormes bites en mousse qui rebondissent sur sa carcasse en faisant de léger bruits électroniques déclenchant dans votre cerveau une ballade digne des meilleurs moments d’égarement de DJ Quik. Pendant ce temps là, vous n’aviez pas vu mais Nelly Furtado (vrais reconnaissent vrais) vous taillait une pipe depuis environ 15 minutes, vous informant qu’elle se transformerait en femme fontaine de Sprite bien frais une fois de retour chez vous.
Conclusion : pas besoin de passer à l’intermarché, et vous avez Nelly Furtado qui extrait du Sprite gratos d’entre ses cuisses.Voilà comment j’ai ressenti l’album, vraiment. Merci Nicolas Jaar.

Overdoz – Boom

Il aura fallu attendre 2 ans pour enfin voir un deuxième projet de la part d’Overdoz. A la vue du résultat ça ne me dérange pas d’avoir tant attendu tellement leur mixtape est vraiment fraîche. Si vous les connaissiez pas encore, c’est un groupe de 4 fou-furieux en provenance de Los Angeles qui ont décidé de prendre d’assault le rap game par le cul, tout en conservant quelques constantes comme la forte consommation de THC (et pas que), les femmes à gros culs et leur suprématie lyricale. Après là où je les trouve intéressants, c’est au niveau de leurs prods et ce qu’ils en font. Là aussi ils surfent sur de l’actuel, en effet on y retrouve des grosses sonorités trap bien fraîches, à la différence qu’ils rappent vraiment dessus, et ça rend salement bien.

Les Ancticipateurs – Tour Du Chapeau

Je sais qu’on aime bien le roi Heenok au Captcha, du coup lorsque j’ai vu que Les Anticipateurs avaient sorti leur album, j’ai pas pu m’empêcher de penser à Genono et son amour pour la langue du pays de Céline Fion (c’est un jeu de mot raté durant lequel j’exécute le changement du D en F). En tant que petit Français, c’est souvent corsé d’arriver à supporter l’accent de nos confrères fans de hockey et de poutine Mais là, dès la première seconde de l’album c’est impossible de ne pas aimer vu la violence de la basse qui arrive à Mach 3 dans notre gueule. Très honnêtement, je savais que les prods étaient importantes pour nos deux compères, mais là ils donnent clairement l’exemple à 90 % des rappeurs français. Comme quoi leur soi-disant mauvais goût nous met bien des claques avec de gros gants de hockey. Et sur tout le reste on ne peut que aimer ces divers pamphlets haineux à tout ce qui n’est pas québécois, leurs déclarations d’amour aux Canadiens de Montréal, à la Ford F–350 et à Patrick Roy, les divers essais de drogue qu’ils ont pu faire, et tout particulièrement leur accent. Chissodènelsein (j’ai ça dans l’sang),mayanaillaze japanayeze (mayonnaise japonaise), blènechisseuge (blanchissage) et j’en passe une tonne.