Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 1)

LE RAP FRANCAIS, CE DEVIANT SEXUEL

Les rappeurs ont la fâcheuse tendance de passer en deux temps trois mesures de l’égotrip au personnal branling. Leur grand délire c’est l’autofellation, pratique sommes toutes peu courante dans la vie des gens normaux. Après tout, les rappeurs ont le droit de faire ce qu’ils veulent avec leur sexe et avec leur bouche, mais cela devient problématique dès lors qu’ils se mettent dans l’idée de partager leurs expériences intimes avec leurs auditeurs. A l’écoute de leurs productions musicales, le langage si fleuri de nos amis poètes nous met en tête les pires images sexuelles qui soient. D’aucuns nous proposent amicalement de nous imaginer leur bite, qu’ils aiment comparer à une batte ou ce genre de choses… D’autres poussent le vice un peu plus loin, en nous imposant de désagréables images mentales les mettant en scène, au lit ou ailleurs, avec des femmes ou d’autres bestioles dont on aurait préféré ne jamais rien savoir. Le rap français s’impose comme le pendant musical de l’industrie porno, sans le côté excitant. Captcha Magazine vous propose de décrypter un peu les diverses paraphilies dont les rappeurs semblent friands. Comme ces derniers sont apparemment de fins gourmets, plusieurs articles seront nécessaires pour comprendre un peu ce qui se passe dans la tête de ces gens… Voici pour commencer les trois premiers types de pratiques sexuelles affectionnées par les rappeurs français: homosexualité, inceste et sitophilie. Pour vous donner une vague idée du fantasme d’un homme qui, comme Salif, semble adepte des trois, il s’agit pour lui de faire des jeux coquins à base de nourriture, avec un membre de sa famille, de sexe masculin.  

RAP GAME CAROLINE FOUREST.

De prime abord, la musique rap en français semble plus homophobe qu’autre chose. Malheureusement, cette peur résulte de toute évidence d’un rejet de soi-même. Le psychologue Henry Adams a, dans les années 1960, tenté de prouver que les homophobes ne l’étaient souvent qu’en raison d’une peur de leur propre identité sexuelle. Les résultats de son étude n’ayant pas convaincu tous ses collègues, nous lui proposons donc de réitérer son expérience, avec de nouveaux cobayes. Des cobayes qui comme Kennedy, aiment crier « nique les PD qui s’galochent en public »  puis se vêtir d’un cuir rose quelques années plus tard, et l’afficher sans scrupule. Effectivement, derrière la dureté des propos homophobes de nos amis rappeurs, se cachent une grande tendresse pour la gente masculine, une tendresse du type de celle que Dave ne renierait pas. Salif, le meilleur rappeur français, à peu près, nous offre ainsi un remarquable coming out dans son excellent morceau Interdit au moins de seize, ou il affirme sans complexe à une personne dont tout laisse à penser qu’elle est de genre masculin : « ta bouche est un lieu de repos pour ma bite ». Avant toute chose, il faut savoir que Salif a une excuse pour cette homosexualité, à savoir sa relation avec Princesse Aniès. De toute évidence, on ne sort pas indemne de ce genre d’expérience, mais enfin, cela ne nous regarde pas…  Le Boulogne Boy qui sait se faire des fois très violent, ne cache pas ici son amour pour la douceur d’une fellation d’homme à homme. Cela rend extrêmement gênante cette phrase lâchée au détour d’un morceau très réussi, puis qu’il décrit clairement la bouche du rappeur agenouillé face à lui comme un endroit paisible et confortable pour loger son attribut masculin. Sachez que la politique de Captcha Mag dans cet article consiste à ne pas juger les rappeurs, surtout quand ils ont couché avec Princesse Aniès, mais nous n’en pensons pas moins…
Si Salif privilégie l’amour lorsqu’il couche avec des hommes, certains de ses confrères se font eux beaucoup moins délicats, et font la part belle à la domination et à une certaine idée de la virilité. C’est le cas de Seth Gueko qui dans
Ils nous baiseront pas se montre très attaché à sa supériorité au lit, en clamant un joli « tu vas t’en prendre plein le cul pédale ». On est loin de la tendresse de Salif. Ici le Gueko se fait dominateur voire violent, renvoyant l’homme qu’il compte sodomiser à sa propre homosexualité.

Nous ne doutons pas du fait que Seth Gueko ait pu satisfaire son désir de pénétration anale, éventuellement avec son ami Alkpote, qui lui aussi revendique ouvertement sa bisexualité. Dans Allez boum, l’empereur déclare joyeusement à une demoiselle que son chéri, à elle, lui « suce le sexe » à lui. Voici donc un homme qui défend la même cause que Caroline Fourest, et il n’est pas un cas à part dans le rap français, loin s’en faut. Le temps nous manque pour parler exhaustivement de la pédérastie qui gangraine cette musique, mais nous ne sommes pas à cours d’exemple. Attardons-nous donc sur celui de l’homme que l’on nomme Sinik, le dangereux assassin essonnien, qui menace son ennemi de toujours Kizito, d’ingérer goulument par voie buccale son liquide séminal. Dans un clash , aprrès avoir annoncé au crew de Kizito qu’il l’enculait, il tient à préciser à son adversaire que « des comme lui, il en avale trois par heure ».  Au sens propre, il semble que Sinik prétende manger l’équivalent de trois Kizito par heure. Mais compte tenu de la carrure de Kizito, et de celle du plus Thomas des Algériens, tout laisse à penser que S.I.N.I.K avale en fait du sperm, et qu’il vide chaque heure trois paire de couilles ayant la même contenance que celle de Kizito… On le croit sans peine, lui qui partage le lit de Kayna Samet et on le remercie de ne pas avoir illustré de trop près cette idée dans le clip du morceau.
Autre tête d’affiche à faire part publiquement part de son attirance pour les mâles, Rohff étale dans
A bout portant, les sentiments de tristesse et de déception qui s’emparent de lui, lorsqu’il apprend qu’un ami à lui a partagé son zgueg avec une tierce personne. « Wesh gros, tu m’as trahi t’es pas mon poto, ta bouche sent la bite d’un autre négro » déclare-t-il à un proche. L’adjectif qualificatif peut laisser penser que Rohff a un penchant pour les obèses, mais il n’en est rien, « gros » étant l’expression préférée de tous les voyous du 94. Par contre, nous savons que les braqueurs val de marnais ne vont pas tous fourrer leur nez entre les lèvres de leurs amis. Et quand bien même cela leur arriverait par hasard, il est peu probable qu’ils aient l’odorat suffisamment aiguisé  pour reconnaitre des effluves de bites. Il est par ailleurs surement nécessaire d’avoir déjà reniflé une teub pour en reconnaitre l’odeur. La phrase de Rohff ne permet donc pas de douter très longtemps sur le caractère sodomite du mc. Sodomite, oui, mais amoureux, comme en atteste le superbe « tu m’as trahi t’es pas mon poto » à valeur performative, puisqu’une fois prononcé, il est évident que la liaison qu’entretenait Rohff avec ce « gros » n’a plus lieu d’être. Voilà donc un ennemi en plus pour Frigide Barjot, Housni prouvant que l’amour existe aussi chez les homosexuels, et que ceux-ci peuvent prétendre au même droit au divorce que les autres.
Pour épauler Salif, Rohff et consort dans leur lutte acharnée pour les droits sociaux des tarlouzes, le meilleur rappeur de sa génération, en la personne de Niro,  propose de donner un coup de main. Pour le moment, il tient à en rester à l’amour entre rappeurs, mais la suite de sa carrière donnera peut être lieu à une plus grande ouverture d’esprit encore que celle dont il fait preuve sur le titre
Scorpion remix lorsqu’il s’exclame « que des rapports sexuels avec des rappeurs tellement je les baise !! » L’interprétation rageuse du rappeur donne une idée de sa conviction : il ne touche que des rappeurs, et plutôt de fois qu’une, si l’on se fie au choix de l’adverbe « tellement ». Bon, il est  du genre homosexuel actif apparemment. Joke, le rappeur qui l’invite sur ce titre, est en toute logique, l’autre pièce du puzzle. Celle qui se fait enfiler. Et il n’hésite pas à le signaler, sur le titre MTP Anthem, en lâchant un grand « quand on monte à Paname, sensation de fourrage anal » dont on hésite encore à dire s’il est plaintif ou joyeux.  Sachant que Montpellier est réputée pour être le San Francisco français (comprenez, la capitale de la tarlouzerie), on ose pas du tout imaginer le sort réservé à Joke dans les locaux de Def Jam France à Paris…


A LA LILLOISE, A LA, A LA LILLOISE.


Si le rap français compte donc une belle brochette de pédales, dont nous n’avons mis en lumière que quelques pièces, l’homosexualité n’est pas la seule pratique déviante dont les mc français sont adeptes. Et là, nous montons d’un cran, pour vous parler d’un phénomène encore tabou dans les médias spécialisés : l’inceste dans le rap. Si Bourdieu a montré que la prohibition de l’inceste avait une valeur universelle, le rap français constitue, avec le Nord Pas De Calais, l’un des derniers bastions où baiser des gens de sa famille a un caractère excitant. Encore une fois, Salif est là pour nous aider dans nos recherches, lui qui dans
Ghetto Youth, interpelle une demoiselle à base de « Pssst cousine t’es charmante » en lui ordonnant de « venir là ». Celle-ci le renvoie bouler, et la scène laisse relativement sceptique l’auditeur. Concrètement le, « viens là » sous-entend un « pour que mon pénis fasse des va-et-vient dans ton vagin ».  Vous admettrez que c’est un sous-entendu gênant, sur lequel nous ne souhaitons pas nous attarder outre mesure. En revanche, du plus profond de notre cœur, nous espérons que la cousine en question ne soit pas Princesse Anies, parce que là, le mauvais gout viendrait s’ajouter à l’inceste sur les charges accablant Salif.
Du côté de Trappes,  les fantasmes d’orgies familiales hantent les pensées de La Fouine. Cet homme se masturbe probablement sur son propre arbre généalogique, ce qui est franchement dégueulasse, mais ne le choque pas plus que ça.  Quand il invite Rohff sur
Passe Leur Le Salam Laouni laisse un peu parler ses désirs charnels, en avouant à l’auditeur ce que voici : « On a baisé ta sœur, ton petit frère est mon neveu ». L’enquête de l’INSEE sur cette idée saugrenue est encore en cours. Admettons que La Fouine engrosse la sœur d’un type, celui-ci aura pour neveu le fils de La Fouine. En aucun cas le type n’aura de frère, à moins que sa mère soit également sa sœur. Ce serait fort étrange… Laouni n’aura pas de neveu, à moins que la meuf qu’il baise soit en fait sa sœur. Donc le fils de La Fouine serait effectivement son neveu, et le type à qui il s’adresse serait son frère. Une autre interprétation de cette ligne est possible, mais mène à la même conclusion : les fêtes de famille chez La Fouine sont des orgies. Le « est » pourrait en fait être un « et », et le mc nous dirait simplement qu’il a baisé son propre neveu. « Cela ne nous regarde pas… »
Dans le trip familial, un rappeur inattendu se fait remarquer, en la personne de Doc Gyneco. 
Celui qui vient chez toi est aussi de ceux qui préfère la pureté d’un amour entre cousins au métissage interfamilial. Une sorte de nazi du love, un Lannister sous produit, qui s’adressant au mari de sa cousine de maitresse avance «  tu ne me connais pas, ta femme me connait, je suis ton meilleur ami, ton cousin, ton refré ». Il n’y pas à proprement parler de consanguinité dans le cas présent, dans la mesure où si le type à qui Gyneco parle est son cousin, sa femme n’est qu’une cousine par alliance. Dans ce cas, c’est permis. Ca fait batard mais c’est permis. Si Gyneco parle en revanche à son frère, il n’y a toujours pas de consanguinité, mais coucher avec sa belle-sœur reste un sacré coup de pute, et l’échangisme familial est une coutume que notre société ne tolère qu’à moitié. Vicelow, du Saian Supa Crew, n’a en revanche aucun souci avec cela, et se vante de sauter celle qui partage les jours de son frère. Il le fait très explicitement dans Monte dans la Vago : « J’ai aucune gêne, c’est dans les gènes, je bouffe la foufoune de la meuf de mon frangin ». C’est là une activité certainement distrayante, mais Vicelow est encore un rappeur qui nous prouve que l’amour en famille est monnaie courante dans ce milieu. Non content de raconter à tout le monde qu’il fait des cunnilingus à sa belle sœur, il précise que c’est un désir quasi pulsionnel, contre lequel il ne peut lutter puisqu’il est inscrit dans son patrimoine génétique. Rappelons qu’il partage une partie de se patrimoine génétique avec son frère, tout laisse à penser que le frère de Vicelow fait également l’amour à sa belle sœur, la meuf du rappeur. Produit en croix.


CULINAIRE CUNILINGUS.


Vicelow n’a pas honte de lécher des vagins, c’est son droit le plus strict, et il n’est pas le seul rappeur de France à s’en vanter. Mais surement las du gout de la cyprine, un certain nombre d’entre eux préfère agrémenter le jus de chatte de quelques accompagnement nutritifs. Seth Gueko par exemple « mettrait bien de la chantilly sur la chatte d’Ashanti » si l’on en croit ce qu’il raconte dans
La Nuit. Il ne précise pas quelle utilisation serait faite de cette crème chantilly, mais il est malheureusement assez peu probable qu’il la regarde couler sans aller y fourrer sa grosse langue de gitan. Au pire, il appellera son poto Rim’k à la rescousse. Le rappeur du 113 prend très à cœur les consignes de la publicité pour manger cinq fruits et légumes par jour, et il commence par des fraises, sur une teuch. Dans Salam, il parle à une demoiselle, qu’il appelle gentiment « mon amour » et exige d’elle qu’elle « prépare les fraise et la chantilly » puisqu’il « va lui faire l’amour » et, cerise sur le clito, « ce sera filmé ». Poète, Rim’k ne baise pas, ne nique pas, ne saute pas, il fait l’amour. Classe et raffiné, le coquin ne commet pas le pêché de chaire sans ses fruits et sa crème. Sextape coming soon rolalala comment j’ai hâte ! Enfin, presque…
Tout le rap game n’a pas la tendresse de tonton Karim, et Alkpote s’illustre encore une fois par son inventivité au lit. Sitophile expérimenté, le mec se fait très exigeant, et ne parle qu’à l’impératif à ses conquêtes, leur ordonnant
tantôt de venir « branler son oursin » avec du « du bon lait, du boursin », tantôt de « lécher son concombre et ses citrouilles ». Jean Pierre Coffe apprécie l’idée, et Maïté s’empresse d’apporter le fromage.
Enfin, l’heure est venue de reparler de Salif, qui ne mange pas forcément aussi équilibré que Rim’k et Alk. Du moins il n’incite pas ses partenaires sexuels à se nourrir sainement, puisqu’il préfère, dans
Peep Show les convier, s’ils ont faim, à déguster « sa bite, au chocolat fourrée ». On ne tient pas franchement à vous faire un dessin d’une twix-bite. Enfin de compte, comme dans Brice De Nice, Salif a des éclairs à la place des pieds, sauf que dans son cas, c’est à la place du pénis. Il se tient donc à votre disponibilité, si vous êtes sitophile, pour quelques jeux coquins. Mais encore une fois, « cela ne nous regarde pas …»

Les chroniques de Nadsat (n°1)

Quatre chroniques ciné pour le prix d’une. Cette semaine : Phantom of the paradise, (Brian De Palma, 1974), Neds (Peter Mullan, 2010), Spéciale première (Billy Wilder, 1974) et Wrong (Quentin Dupieux, 2012)

Neds, de Peter Mullan (2010)

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La troisième réalisation de Peter Mullan débarquait sur les écrans en 2010, sous le nom de Neds. Un énième long-métrage dans la tradition du film social britannique ?

Le contexte s’y prête grandement : A Glasgow, en 1973, un jeune homme brillant fait son entrée au collège. Il subit rapidement des menaces, mais la réputation de son frère le précède, pour le meilleur, en lui offrant une protection contre ses adversaires, terrifiés par l’idée de devoir affronter son frère ; mais aussi pour le pire, en lui fermant les portes de la classe de niveau supérieur, les professeurs ayant un trop mauvais souvenir du dernier membre de la famille étant passé par l’établissement.

Dans Neds, tout est question de hiérarchie ; du système éducatif écossais, classant ses élèves par rapport à leurs résultats ; jusqu’aux fréquentations des personnages, condamnés à agir comme les gens de leur classe sociale. John, le personnage principal deviendra rapidement ami avec un enfant de la petite-bourgeoisie, malheureusement, après une malencontreuse bévue, il se verra banni de la maison. Jeté à la rue, avec les types comme lui.neds2

C’est de cette manière qu’il intégrera une bande de petites frappes en devenir. Ces derniers se livreront à de nombreux affrontements avec d’autres bandes, peut-être un des aspects les plus intéressants du film ; Peter Mullan filmant à merveille les meutes de combattants.

« Le fait le plus frappant présenté par une foule psychologique est le suivant : quels que soient les individus qui la composent, quelque semblables ou dissemblables que puissent être leur genre de vie, leurs occupations, leurs caractères ou leur intelligence, le seul fait qu’ils soient transformés en foule les dote d’une sorte d’âme collective. Cette âme les fait sentir, penser et agir d’une façon tout à fait différente de celle dont sentirait, penserait, et agirait chacun d’eux individuellement. » Gustave Le Bon – Psychologie des foules

Le film parvient partiellement à se démarquer de la production du genre grâce à quelques échappées comiques. Certains diront que Mullan a le cul entre deux chaises … mais les incursions dans ce registre font du bien au film, et permettre de l’aérer, d’y incorporer une dose de légèreté essentielle pour le spectateur.

Car pour le reste, le film est vraiment noir. Presque trop à vrai dire … Cette noirceur s’accompagne de l’usage de nombreuses symboliques ; parfois efficaces, mais souvent vraiment lourdingues, notamment durant les quarante cinq dernières minutes. Durant la deuxième moitié du film, la narration et le comportement du personnage principal deviennent en effet de plus en plus confus, et le réalisateur appuie énormément sa mise en scène. Ça en est trop. Après avoir réussi à jouer l’équilibriste pendant plus d’une heure, Peter Mullan s’écroule.

Comme son personnage principal, le réalisateur ne parviendra pas totalement à se sortir du rôle qu’on lui aura attribué. Condamné, il n’aura pas la force de se sortir de son marasme. Malgré tout, une légère touche optimisme parsème les dernières minutes du long-métrage, redonnant une touche d’espoir pour le cas de John … Cet optimisme touchera-t-il aussi Peter Mullan ? Réponse au prochain film.

Phantom of the paradise, de Brian De Palma (1974)

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Peu de réalisateurs sont parvenus à relire une grande tragédie en y implantant leur propre univers. Brian De Palma fait incontestablement partie du club grâce à Phantom of the paradise.

Ce film, sorti en 1974, est en fait une relecture moderne de Faust. On y découvre un jeune musicien du nom de Winslow acceptant de signer avec Death Records, maison de disque du célèbre Swan (en référence à l’phantomofparadise2œuvre de Marcel Proust). Ce dernier va duper l’artiste à plusieurs reprises. Winslow va donc tout faire pour se venger.

Un tel contexte permet à Brian De Palma de réaliser une véritable satire de la pop culture. Il utilise différents archétypes pour construire ses personnages ; et le cliché devient ainsi un outil de création. On retrouve le producteur véreux, le jeune artiste naïf, ainsi que les filles prêtent à tout pour percer dans le monde de la musique … De nombreuses références aux gros noms de la musique des années 60 et 70 parsèment le film. Le réalisateur se moque ainsi des Beach Boys ou encore de Kiss, tous présentés comme de vulgaires produits.

Phantom of the paradise contient donc plusieurs grands thèmes et chacun d’entre eux est traité avec la même fougue. Car le long-métrage est réellement passionnant, chaque plan transpire l’amour du cinéma ; et De Palma n’a peur de rien. Un bon nombre de cinéastes d’aujourd’hui nous livrent des œuvres timorées, se cachant derrière un pseudo-naturalisme. Voir ou revoir ce film serait une bonne leçon pour eux. Ils comprendraient ainsi que le cinéma n’a pas à être réaliste pour être efficace, et que la fantasmagorie et le lyrisme mènent bien plus souvent à de grands films que le réalisme pur et dur.

Le film est rempli de trouvailles visuelles, que ce soit via les décors, la mise en scène ou encore le montage de Paul Hirsch. Le style baroque de De Palma nous en met plein les yeux, et les nombreuses références distillées au court du métrage ont de quoi faire bander n’importe quel cinéphile.

A l’inverse de bon nombre de jeunes réalisateurs, l’ami Brian a réellement digéré toutes ses influences, qu’elles soient cinématographiques ou littéraires. On retrouve en effet une multiplicité d’hommages à de grands livres. Jamais placées de manière gratuite, elles permettent l’avancée de la narration et la caractérisation des différents personnages. Et si chaque vie était liée à une œuvre ?

Spéciale première, de Billy Wilder (1974)

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Spéciale première est le film qui marqua les quarante ans de carrière de Billy Wilder. Quarante ans de relations humaines passées au vitriol.

Une des grandes problématiques de la carrière de Billy Wilder aura été de réussir à faire passer un message parfois subversif au travers de l’industrie hollywoodienne. C’est d’ailleurs une problématique qui concerne bon nombre de scénaristes et de réalisateurs, car Hollywood, comme chacun le sait, représente avant tout une gigantesque machine de propagande.

(From left) Pat O'Brien, Adolphe Menjou, Effie Ellsler, & MauricLe réalisateur américain nous raconte ici l’histoire d’une bande de journalistes – issus de différents journaux – se préparant à relayer l’exécution d’un assassin. Ce dernier se nomme Earl Williams et a assassiné un policier quelques jours auparavant. Les personnages sont rapidement présentés comme une bande d’ivrognes glandeurs décadents. La fraternité régnant au sein de leur petit groupe donne envie de les rejoindre pour boire un verre avec eux ; mais on comprend rapidement que leur sens de la morale est plus que douteux. Ils sont tous présentés comme des charognards à l’affût du moindre scoop. (« Tu sais les médias c’est comme des chiens tu jette de la viande rouge et … bouffe ça, bouffe ça ! » Dieudonné).

Ainsi Billy Wilder se permet de dénoncer la montée du sensationnalisme dans le journalisme, ainsi que la proximité qui règne entre les différentes feuilles de chou. Les journaux nous sont en effet présentés comme ayant des orientations politiques diverses, mais l’on constate ici qu’ils sont tous à niveau égal en ce qui concerne la bêtise. Le scénariste ne s’arrête pas là puisqu’il s’attaque ensuite à la proximité liant les journalistes – soit disant quatrième pouvoir – aux policiers et aux politiciens. Ils semblent tous faire partie du même monde.

Toutes ces questions ne sont pourtant pas traitées sous un angle politique, mais vraiment sous la forme d’un film à enquête, avec une bonne dose de comédie, passant notamment au travers de dialogues mitraillettes dans lesquels l’esprit fuse. Il ne serait pas étonnant que Aaron Sorkin ait été influencé par ce film …

Wilder possède aussi un excellent sens du rythme, et il nous le prouve encore une fois au travers de ce film. L’exercice du huis-clos n’est jamais facile, et peut rapidement ennuyer  ; mais le scénariste parvient à instaurer une dynamique réglée au millimètre. Pas une seconde de répit pour le spectateur. Impossible de relâcher son attention devant tout ces rebondissements, toujours bien emmenés, jamais tirés par les cheveux. On imagine que c’est grâce à toutes ces qualités que le réalisateur américain est parvenu à faire produire son film, et ce, malgré son propos subversif.

Comme il le disait lui-même dans une interview, l’interprétation peut aussi être un bon moyen de faire passer un message. C’est un procédé qu’il use ici en poussant la seule partisane du tueur à surjouer, ce qui permet de dénoncer l’anti-communisme primaire de certains des protagonistes.

Billy Wilder signe donc un film quasiment parfait, recouvrant une multitude de thème, tout en étant très divertissant. Et si c’était ça la forme la plus pure du cinéma ?

Wrong, de Quentin Dupieux (2012)

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Des pieds foulent la route. On distingue des bandes jaunes sur le bas du pantalon de la personne. La caméra nous montre un groupe de pompiers, amorphes, adossés à leur véhicule de travail. Ils attendant que l’un d’eux pose sa pêche au beau milieu de la route, pendant qu’un camion brûle tout près d’eux. Voilà comment démarre Wrong, le dernier film de Quentin Dupieux.

Une séquence assez significative de son cinéma, consistant à étirer ses non-sens jusqu’à leur paroxysme. Ici, le réalisateur français, aussi connu sous le nom de Mr. Oizo, nous raconte l’histoire d’un homme dont le chien a disparu, et qui va tout faire pour le retrouver. Le comportement du personnage principal – interprété par Jack Plotnick – est assez surprenant. Ce dernier ne vit que pour son animal de compagnie, et continue de se rendre tout les jours au bureau, alors qu’il en a été viré il y a trois mois. Dupieux nous avait habitué à l’humour absurde, et il est toujours présent, mais une nouvelle facette vient s’ajouter à son cinéma : une étonnante forme de pathétisme émane de ses personnages.wrong-poster-dogbrain-full

L’absurde est donc toujours le moteur de création du réalisateur, mais il est désormais utilisé pour créer une douce poésie surréaliste, matérialisée par des idées visuelles inventives (la pluie qui tombe sans arrêt dans le bureau, les jeux sur la profondeur de champ, …), et des dialogues bizarroïdes qui surprennent à chaque réplique. Dupieux parvient à tirer le maximum d’idées pouvant sembler assez anodines.

L’économie de moyen se dégageant de son cinéma le pousse à être le plus inventif possible, à instaurer son atmosphère de manière modeste mais efficace. Un univers graphique marqué,  une bonne utilisation de la musique, et une direction d’acteurs marquée lui permettent de créer de petites pastilles existentielles qui amusent tout en faisant réfléchir

Regarder un film de Dupieux revient à suspendre le temps, à laisser son esprit vagabonder dans un univers parallèle pendant quelques minutes. Il se passe peu de choses durant ses films, et pourtant il parvient de plus en plus à nous hypnotiser. Quentin Dupieux est en progrès constant, et il commence réellement à avoir une importance dans le cinéma français. On attend son prochain film avec impatience.

Escobar Macson : loin des pulls à capuche, une sale crapule

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En 1992, Mac n’a que onze printemps. Et quand il pose pour la première fois le pied aux States, c’est d’un revers en pleine face qu’il est accueilli : une claque nommée Snoop ! Avant même Doggystyle, lui et toute l’équipe de Death Row viennent choquer celui qui deviendra Escobar putain de Macson !

Six hivers plus tard, le gosse a bien grandi, et suit les traces de Calvin Cordozar Broadus. Ses premières armes se font au niveau local : le projet Villeta Saga, compilation de rappeurs issus de Villetaneuse, et réunissant notamment Alibi Montana ou Alino, ne voit malheureusement jamais le jour. On prête alors à Escobar une comparaison peu judicieuse avec Oxmo Puccino : si le timbre de voix (pas encore tout à fait mûr) s’en rapproche, le style est radicalement différent. Macson n’est pas encore majeur, mais ses textes sont d’ores et déjà déconseillés à aux mineurs.

Un an plus tard, les choses accélèrent : signature chez Menace Records ! Le chargeur est surchargé, mais une boulette bloque l’automatique : un peu moins de dix-huit mois plus tard, Escobar annonce son départ. « Ça n’allait pas à mon rythme« , expliquera-t-il quelques années plus tard à Rap2k. Le boug est pressé, il a ses projets en tête, et veut les finaliser. Que les horreurs imaginées dans son cerveau puissent enfin se matérialiser, que le massacre à la tronçonneuse devienne massacre de beat.

On est déjà en 2001, et Tony Bamboula décide de s’entourer d’une équipe pour enfin débarquer dans les bacs, déblatérer et mettre des coups de battes. Drive By Firme est le nom que se donne le groupe : trois bougs du 93 (Esco, Rani et Jozahaf -ces deux derniers formant le groupe 3ème Degré-) et un du 77 (Awanza Cocaïne), encadrés par DJ Hamdi (95). Le produit ? Intifada, une mixtape, au sens premier du terme, puisqu’elle sort au format cassette ! La liste des invités donnerait presque mal à la tête : Casey, Movez Lang, Ol Kainry, L’Skadrille, Eloquence, Savant des rimes, AP, Samat … A noter qu’une réédition (format digital) est parue en 2012.

http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/album=3917610325/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=4285BB/

« Negro, si tu kiffes pas t’écoutes quand même » : on sent le Macson Escobar déjà très affuté. En 2002, Drive-By Firme lance le maxi du groupe 3ème Degré, « Interdit aux batards« . Esco pose un couplet assassin sur le morceau « Mein Kainf » : « Touche mon clan, ça pue les funérailles« , « tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise, c’est Aux armes, citoyens« . Rencontrant un certain succès d’estime, il est contacté par K-lybr (ex associé de Bayes chez Menace Records), et signe chez Calibre Records.

Son style est alors déjà bien défini : sec, crapuleux et violent, Escobar est le genre de mec qui découpe le beat à la machette. Sans fioritures ni mise en scène (« loin des pulls à capuche, une sale crapule« ), il débite crûment ses saillis, envoie de la punchline massive sans peur de se salir les mains. Les champs lexicaux prédominants ? La violence, évidemment (« j’me fais une écharpe avec tes boyaux »), la torture et l’amputation (« me montre pas du doigt ou c’est la machette, tu vas jouer du tam-tam avec les coudes »), l’argent sale (avec une prédilection pour les stupéfiants comme source de revenus : »investissements grâce aux sachets d’Amérique Latine« ), la vengeance et la damnation (« si je suis là c’est qu’il n’y a plus de place en enfer »« ). Mais Mac Jerry n’est pas uniquement violence : à l’instar d’un Despo Rutti, son africanisme est revendiqué et interrogateur (« la cause de la première guerre mondiale, c’est parce qu’ils se disputaient l’Afrique« ), et ses coups de têtes sont politiques (« me demande pas l’impossible, comme l’Iran sous une kippa« ) comme historiques (« tu parles de Napoléon en héros, mais quelle histoire mal écrite« ).

Priceless : Youtubeur américain découvrant le clip de Ghetto Guet Apens
Priceless : Youtubeur américain découvrant le clip de Ghetto Guet Apens

2004 est une année-charnière dans la carrière de Tony Bamboula, qui sort de l’ombre suite à sa rencontre avec Lalcko. Le morceau Ghetto Guet Apens se retrouve sur Sang d’Encre Haut Débit, la compilation du 45 scientific, et met une claque monumentale à bon nombre d’auditeurs. « Parfois il faut marcher avec le diable pour accomplir l’oeuvre de Dieu« , « Pourquoi faire les difficiles, à la naissance on vient à poil« , « Tu vas quitter ce monde comme t’es venu : sale, en hurlant, et arraché à la femme que t’aimes » … on pourrait quasiment citer chaque ligne du morceau tellement la punchline lui semble facile. La noirceur d’Escobar commence enfin à rayonner au delà des quartiers dans lesquels Intifada avait tourné.

Cette époque, c’est celle du chant du cygne pour le 45 scientific. Après la très faste période Mauvais Oeil – 45 scientific vol.1 – Temps Mort, l’écurie cherche un nouveau souffle. Sans Booba, mais avec les brillants Lalcko, Hifi, Keydj ou Mekhlouf, on se dit que le label peut survivre. Après un premier album de Hifi passé quasiment inaperçu, c’est donc au tour de Ali, tête d’affiche du 45, de sortir son solo. Escobar y apparait le temps d’un morceau, « L’Impasse« . Évidemment, le contraste avec le pieux Ali est saisissant : « j’ai envie de bé-ger, vite, ramène un sachet« . Une association de contraires qui n’est pas sans rappeler le duo Lunatic, et qui pousserait presque à rêver d’un album commun. Dans la même interview (abcdrduson, juillet 2006), Ali confirme, « il est clair que nous sommes appelés à faire des trucs en commun« , puis tempère, « pour être franc, je ne me vois plus retaper des albums en duo, non« . Difficile d’y voir clair dans les intentions et les projets du label.

Après une tournée (France + quelques dates à l’étranger) avec les membres du 45 scientific, Escobar pense enfin avoir trouvé le label qui lui permettra de lancer son premier album. Une fois de plus, le coche est manqué. Septembre 2006, Macson quitte donc le navire percé du commandant Geraldo. Deux mois plus tard, Résurrection, street-CD produit par Escobar et mixé par DJ Hamdi, est dans les bacs, sous l’égide du 45. Aucune promo, Esco lui-même n’était pas au courant de cette sortie ! C’est à n’y rien comprendre. D’autant qu’un album est annoncé ! « Du berceau à la tombe » est même visible sur les boutiques en ligne de la Fnac !

« Du berceau à la tombe’, c’est le titre qu’a donné à un de mes morceaux un espèce d’escroc appelé Laurent Geraldo. Ce soit-disant monsieur a voulu sortir derrière mon dos tout ce que j’avais enregistré chez 45 Scientific. Un de ces morceaux s’intitulait ‘Du berceau  la tombe’ et je l’avais fait avec Lalcko… Le mec, il n’est pas allé chercher plus loin. ‘Du berceau à la tombe’ ? Hop, hop, hop, ce sera le titre de l’album… Donc que les choses soient dites : l’album “ Du berceau à la tombe  n’existe pas, c’est virtuel. » (abcdrduson, octobre 2008)

Voila pour l’extra-musicale. Mais qu’en est-il du son ? Résurrection est un projet inégal, fait à 50% de remplissage à base d’interludes, d’extraits de films, et de freestyles radio. Pourtant, si on prend le temps de faire le tri parmi les 27 pistes, il y a de quoi se décrocher deux ou trois chicots. On voyage de 1998 à 2006, et des salves comme Résurrection, De l’argent ou du plomb, Rimes et tragédies, ou encore 3 voyelles et 4 consonnes raisonnent salement dans le crâne, comme un coup d’extincteur en pleine face.

Une fois de plus, Tony Bamboula confirme son véritable talent de punchlineur : « les poches vides, ça sert à rien comme les couilles du Pape » ; « Il faut que je prenne les devants pour pas qu’on me prenne le derrière » ; « Tourne ta langue sept fois avant que je la bouffe » ; « Le crime paie plus que l’intérim » … la liste est longue, très longue. Et si on regrette que le projet ne soit pas un peu plus condensé, on reconnait aux interludes et extraits divers le mérite de donner une cohérence à l’ensemble. De la cohérence dans un street-CD : Escobar fait décidément les choses comme personne.

En 2007, Mac Jerry continue à enfanter de sales rejetons, vaquant de compil en invitation, reprenant Le Crime Paie pour la compilation Têtes Brûlées 3épaulant Seth Gueko sur son street-album Patate de Forain, ou donnant la mesure de la compilation Self Defense (Driver), avec Lino l’année suivante.

Après la résurrection, 2008 est l’année de la Vendetta. Nouveau street-CD, à nouveau très cohérent, malgré un manque flagrant d’inédits. Escoputaindebar travaille son personnage hardcore jusqu’à l’aspect visuel, tronchonne ses instrus et tronçonne avec le clip de l’Introconneuse.

Quelques featurings côtés (notamment Lalcko et Seth Gueko), de nouvelles claques … encore une fois, le projet est solide, mais a le démérite de faire s’impatienter la fan-base grandissante du bonhomme. L’album est attendu, et annoncé pour l’année à venir. Il s’appelera « Esprit de clan« . Dans une interview pour l’abcdrduson parue en janvier 2009, il le présente même comme « quasiment terminé ».

Mauvaise pioche. L’album ne sort pas.

Mais quelle putain de malédiction poursuit Tony Bamboula ?

Comme une mauvaise habitude, c’est donc avec un street-CD qu’on retrouve Escobar Macson. Ou une mixtape, compilation, pré-album … en fait, on ne sait plus trop. « Un best-of » précise le rappeur dans une interview pour Passion Hip-Hop. On se retrouve donc avec huit morceaux déjà connus (Mein Kainf, Lettre anonyme …), agrémentés de 4 inédits (2 solos et 2 feats : Alpha 5.20 et Dosseh), et d’un remix (Fripouilles et billets sales – l’originale provenant de la BO d’African Gangster). On apprécie les inédits, mais on se demande si la carrière du Villetaneusien ne commence pas à sentir le sapin. De mixtape en best-of, on est en 2010, et douze ans après ses premiers pas au micro, le rappeur n’a toujours pas sortit d’album.

Depuis, on continue de le croiser ci et là, au détour d’un featuring, comme sur la compilation « Département 93« , en featuring avec Despo Rutti : Qu’est ce que tu racontes ? Il trouve même le temps de balancer quelques classiques instantanés, comme cette grosse saveur, Esprits Crapuleux, avec Lalcko et Despo (une association fructueuse) :

Faisons une fleur à Escobar, et ne parlons pas de sa participation à Rap Contenders en tant que membre du jury. Parlons plutôt de l’avenir, puisqu’un nouveau projet est dans les startings blocks : Red Business, « pré-album » composé d’une dizaine d’inédits, devrait être disponible très prochainement. Prévu à la base pour la fin d’année 2012, Red Business est surtout un moyen de préparer le terrain en attendant l’album. Dernier Hold-up est quasiment terminé, et il suivra de très près la sortie du pré-album.

Alors bien sûr, ce n’est pas la première fois qu’on nous annonce un album d’Escobar Macson « presque terminé » et « sur le point de sortir ». Mais cette fois, c’est sa propre structure (Makila Mizik) qui gère les bails. On sait le bonhomme déterminé, et une fois les derniers détails juridico-administratifs réglés, rien ne devrait l’empêcher d’envoyer les bastos. On attend ça depuis bien trop longtemps, et on a peu de doutes sur la qualité du produit fini, qu’on imagine déjà violent, efficace et sans concessions : le dernier hold-up parfait.

« J’veux voir des rappeurs à l’hosto »

Black Dave : Bronx Skater devenu Rappeur de Harlem.

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Davon « Black Dave » Willis est né dans le Bronx il y a 21 ans, mais il vit actuellement à Harlem avec sa mère. Skater virtuose du Bronx de sa prime enfance, il est devenu ce rappeur harlémite en devenir à la faveur d’un premier single : « On Tha Map ».

Physiquement poussé à franchir les frontières fortifiées des quartiers historiques de la ville sur sa planche à roulette, son esprit, lui, s’est émancipé depuis qu’A$ap Rocky a donné le ton en ce qui concerne l’influence sudiste sur le rap new yorkais. 2Oui, la tendance se confirme : le ver des champs est dans la Grande Pomme… Surtout que Grandmilly de The Lost Island (NY) a sauté le pas. Pas de géant, mais aussi bandana de soldat et Black Magic pour ce nordiste bon teint qui, en s’affiliant avec le Raider Klan de Spaceghospurrp, a éprouvé l’irrépressible besoin de faire sauter le verrou de la crispation Nord/Sud.
Même s’il a grandi avec Dipset, Roc-A-Fella, The LOX, Terror Squad, Wu Tang, Murder Inc et G-Unit, il y a ce petit vent chaud venu du Sud (UGK et 3-6 Mafia) qui souffle par intermittence dans la tête bien remplie de Black Dave. Petite bourrasque sous un crâne devenue tornade depuis l’ouverture des gigs des Juicy J, OG Ron C et Project Pat qui ont eu lieu il y a quelques mois à Big Apple.

Déjà, son premier effort BLACK DONALD TRUMP (2012) posait les jalons de ce qui allait vite devenir STAY BLACK, petite liste de 14 cuts qui l’a instantanément installé sous les feux des projecteurs. Meech de Flatbush Zombies, D-Stunna, le chicagoan Lil Mouse & d’autres, des obscurs, sont venus étayer ce projet de facture assez classique, finalement séduisant. Son récent clip « Bucket Low (F*ck It Tho) » est l’exemple type de ce que New York peut de temps à autre bâtir en terme de rap actuellement. Boucle screw, flow luciférien made in M-town, paresse emblématique du beat, du coup Black Dave fait bien mieux que coller à l’air du temps, il a du style, de bons lyrics et maitrise remarquablement son sujet.

Sempiternels flics véreux et récent modèle de menottes en plastique emprunté à la culture  SM hantent le Boom twist de Dave. Lequel, agrippé à son glock, profite de « Free BK » pour ressusciter la harangue anti-cop de N.W.A., concept en aucun cas avarié du plus « dangereux » West crew des années 90.
Justement, mis en orbite par le Remix languissant de « Boomin N Zoomin » « Dangerous », explicite et menaçant à souhait, prévient quiconque osera s’aventurer dans la mythique « Danger zone » (Intersection de Lenox Avenue et de 139th West) — quartier de prédilection du fils du diable de Harlem, feu Big L.

La signification de STAY BLACK d’après Black Dave ?
C’est sans conteste « Muthafuck ! My Ennemies », mais aussi « Bitch Nigga Why You Fake » C’est à dire rester vrai envers soi-même, et par conséquent poser ses raps sans accorder la moindre attention aux vilipendes aboyées par la race des aigris, des haineux.
Que dire de plus en ce qui concerne STAY BLACK ? Rien, sinon pari tenu, pari gagné !

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WRESTLEMANIA 29

Wrestlemania, c’est un bon gros show à l’américaine, avec des soldats, des pubs, des aigles, des drapeaux, et des interludes qui font pleurer. On a même eu droit à l’apparition d’athlètes paralympiques cette année. Plus de 80 000 spectateurs au Metlife Stadium, dans le New Jersey.

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Alors bon, oui, je pense que vous l’avez compris, la WWE aujourd’hui, c’est plus du tout des combats à base de punaises dans le dos, de flaque de sang sur le ring. C’est plutôt un truc du genre Amour Gloire et Beauté, une série ultra complexe ou le mec sort avec une fille et qu’un gros malabar essaye de lui piquer, alors l’autre décide qu’il va lui casser la gueule etc. Mais c’est aussi et surtout un spectacle familial, et ultra mainstream, si bien qu’un combat entre The Rock et John Cena est capable d’enflammer les foules comme un PSG OM chez nous (Je ne révélerais pas qui est le PSG ou l’OM dans cette histoire là.).

Avant la grosse bamboula, y’a les amuses bouche. Le vin d’honneur de Wrestlemania, c’est ce pré-show, ouvert par le big boss à la démarche de Cow-Boy (ou de détenu malchanceux) : Vince McMahon, en vidéo. Bon, après les chichis, le spectacle peut commencer. Ah non, y’a eu plein de chichis en fait. Une apparition de Snooki en coulisses, qui discute avec The Miz de ses tweets et de son bébé. On s’en fout comme de l’an quarante. Ça parle aussi auto-bronzant, on a une experte là, mais on s’en fout aussi en fait.

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Y’a plus important ce soir. D’abord, est-ce que Ryback, ce type qui dit tout le temps qu’il a faim, va défoncer la gueule de Mark Henry ? Est-ce que CM Punk va foutre une rouste à l’Undertaker et stopper son streak? Est ce que Triple-H va devoir achever sa carrière, une fois que Brock Lesnar lui aura pété les dents, la clavicule et les chevilles (référez vous à l’article sur Brock Lesnar, ce type pourrait être le videur d’une soirée en enfer.) ? Et surtout, est-ce que John Cena va enfin réussir à faire taire The Rock, le renvoyer smell ce qu’il cook chez sa mère après une défaite cuisante ?

Pour nous mettre en appétit, un match pendant le pré-show, Wayde Barrett, le mec qui est quand même une superstar, se voit dérobé de son titre de Champion Intercontinental par ce petit frimeur qu’est The Miz. Je suis déçue, je suis une femme, et l’accent anglais de Wayde Barrett me plaît beaucoup. Et The Miz a visiblement un penchant pour Snooki, qu’il a traitée de MILF.

DONC, Wrestlemania 29 va commencer là : un trailer de cinq minutes sur le New Jersey, pour dire que tout le monde est gentil là-bas et que dans l’adversité ils s’aident tous, un genre de générique de South Park, mais en long et chiant. On aperçoit enfin quelle tenue américaine a choisie Jerry Lawler cette fois. Il a mis un costard, mais il a fallu qu’il mette une espèce de diamant chelou à son col (déformation sexuelle, excusez moi).

La musique de Sheamus raisonne, superbe, j’adore ce type, surtout ses cheveux. Il doit se battre en équipe avec le Big Show et Randy Orton, contre The Shield (pas la série…), une équipe de mecs qui veulent du mal à tout le monde, les Morsay du catch. Ces derniers ont d’ailleurs remporté le match, avec un Spear de toute beauté. Mais c’est parti en couilles puisque le Big Show a décidé de se disputer avec Orton. Sheamus remonte sur le ring, le Big Show le remet en place avec un KO Punch, et il en profite aussi pour casser la gueule de Randy Orton. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

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Après ca, l’heure du combat entre Mark Henry et Ryback. Henry a foutu une grosse rouste à Ryback au début, et puis après, tout le monde s’est fait chier et le mot « BORING » a sonné dans tout le stade. Ryback se reveille et met Mark Henry par terre. Ensuite, les gars, un truc que vous n’arriverez jamais à faire dans votre chienne de vie, il soulève le gros Henry, qui pèse 200 kilos. Bon après ce qui est con, c’est qu’il perd parce qu’il tombe et qu’il se laisse écraser jusqu’à la défaite. CHEH. Il est par terre, des medecins viennent l’aider, mais Henry les chasse comme une sorte de répulsif automatique, c’est très impressionnant. Ryback se relève, réussit à soulever Mark Henry pour lui faire son Shell Shocked.

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Ensuite, interlude émotion, y’a des athlètes handicapés qui viennent saluer la foule, la WWE s’annonçant partenaire des JO spéciaux de 2014. Malaise pour ma part, je ne vois pas absolument l’utilité de leur présence. Ils sont restés plantés là pendant une grosse minute, et Stéphanie McMahon les regarde avec un sourire figé de Miss Univers, ou de quelqu’un qui aurait vraiment envie de chier mais qui essaye de faire bonne figure.

Le Tag Team Championship Match peut commencer, Daniel Bryan et Kane contre Dolph Ziggler et son esclave Big E Langston. Ouais je dis que c’est son esclave car c’est un type qui ne sert à rien d’habitude, il marche juste derrière lui avec AJ, la meuf de Ziggler. C’est un peu une meuf polyvalente, on a tous connu une meuf comme ca, qui se tapait tout un groupe de potes à tour de rôle. Bah là c’est pareil. Elle s’est fait Daniel Bryan, Kane, John Cena, Cm Punk, et maintenant Ziggler.

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Elle a pris cher, ENFIN BREF, on a enfin pu voir si Big E Langston savait catcher. Et ouais je dois avouer que ouais, mais il n’aura sans doute jamais un poste de superstar, il n’a pas commencé par le bon chemin. Ce match était pas mal à vrai dire, y’a eu un clin d’œil à WrestleMania 28, où Daniel Bryan a perdu son titre de Champion Poids Lourd de la manière la plus conne qui soit. Ce canard a voulu rouler une pelle à sa meuf en tournant le dos à son adversaire (Sheamus). Et là, il s’est mangé un Brogue-Kick dans la gueule, coup de pied de forain.

Le combat aura duré en tout et pour tout 18 secondes l’année dernière. C’est con pour les gens qui avaient payé un billet à 3000$ pour voir un combat de qualité entre ces deux mecs. A Wrestlemania 29, c’est Ziggler qui a roulé une pelle à AJ, et Daniel Bryan qui lui a mis un coup de pied, mais pas assez fort. Le match a donc duré, et ils ont quand même fini par gagner, pour garder leur titre de Champions en Équipe. Ces types ont l’air de psychos, et Daniel Bryan me fait penser à un de ces mecs bizarres qu’on peut croiser dans le métro parisien. Mais c’est un rôle qui lui va tellement bien, ça passe crème du coup.

Bon et le match d’après, ça me fait presque chier d’en parler. Un combat entre Chris Jericho (point mode: Ce type a toujours une veste avec des loupiotes, un fashion faux-pas.) et Fandango. Alors Fandango c’est le nouveau joujou de Vince McMahon, qui adore son personnage. Le personnage ? C’est un mec qui est danseur de tango à la base, et qui entre sur une musique horrible, avec une danseuse de tango à son bras, un personnage atroce, qui me sort par tous les orifices.

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C’est pas que j’aime pas le tango, mais trop c’est trop. Un fail aussi énorme que le plus que raté personnage de Lord Tensai, qui était sensé être un espèce de guerrier asiatique, c’est parti en couilles en fait, et le gars fait aujourd’hui équipe avec Brodus Clay (pour l’anecdote, il est l’ancien garde du corps de Snoop Dogg, enfin Snoop Lion…), avec qui il danse sans rythme sur de la funk, un truc un peu weird, leur team s’appelle Tons of Funk, c’est drôle parce qu’ils sont gros. Je me suis encore laissée égarer.

Le plus triste dans ce match, c’est que le danseur de Tango a gagné, alors que Jericho méritait largement une victoire, tant il l’a frôlée à plusieurs reprises, mais c’est le jeu, le latin lover a gagné en pliant Jericho en Small Package. Par contre, on peut souligner le professionnalisme de Jericho, qui n’a plus aucune preuve à faire, qui est une star du rock (si, je vous jure), et qui a quand même accepté de venir se prendre une pâtée par un DANSEUR DE TANGO devant toute la planète.

Stop, la Terre s’arrête de tourner, P Diddy, Puff Daddy, Swag Diddy (haha merde) monte sur scène pour interpréter « I’m coming home », morceau choisi comme BO de ce Wrestlemania. Je crois que la WWE a un deal avec Bad Boys, ils avaient fait venir le jeune Machine Gun Kelly l’année dernière. C’est cool, ça fait un petit showcase sympathoche, il interprète même All About The Benjamins.

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Et là, un truc un peu moins cool, une espèce de vidéo nationaliste, même raciste un peu. C’est marrant, mais aux États-Unis, quand tu dis que ce que tu diffuse n’engage que les auteurs, tu peux dire des trucs de nazi ou de nécrophile, C’EST OKAY. Alors là, Jack Swagger avec Zeb Colter, un gros plouc, qui hurlent leur amour de la Terre-Patrie, que les Latinos sont crades et qu’ils n’ont rien à foutre aux États-Unis, haha pétard, je suis choquée devant ma télé.

Colter affirme que les Grecs, Chinois, Italiens polluent les rues de New York et qu’ils sont sans papiers où je sais pas quoi. Alors qu’au final, rebeu, renoi ,babtou, chinois, et ainsi va la chanson … Pour ceux qui restent choqués par ce que je viens de dire, rassurez vous, Alberto Del Rio a gagné son match contre Jack Swagger et sa dégaine de Serafin vivant dans une caravane. Del Rio l’a terminé en lui mettant un Cross Arm Breaker dans la teuch, Swagger a du abandonner et perdre le match par soumission. (Il paraît que le personnage de Zeb Colter est caricatural des mecs du Tea Party, desquels la WWE a envie de se moquer un peu, mais bon, c’est pas un fait avéré.)

Club du troisième âge, salut, c’est l’heure du match de l’Undertaker, invaincu depuis 20 combats à Wrestlemania, contre CM Punk. Aucun suspense, après l’entrée du Phenom, longue comme le bras , un combat scénarisé pour enjailler le vieil Undertaker, qui rafle la victoire face à la mine déconfite de CM Punk, KO après une Tombstone. Le Dead Man va pouvoir récupérer son urne magique, que Paul Heyman, le larbin/avocat/agent de Punk trimbale depuis quelques semaines, bafouant l’âme de Paul Bearer, (larme de Jack au sol pour) le soss mort de l’Undertaker.

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Avant dernier combat, un No Holds Barred. Tous les coups sont permis, même les coups de marteau, une version édulcorée des matches hardcores de l’Attitude Era. Shawn Michaels, Sexy Boy plus trop sexy, arrive habillé comme un clodo en santiags, un swag yolo-style (Purée j’ai réussi à placer ces deux mots.). Mais respect au HBK, qui vient soutenir son copain Triple H, qui devra rentrer chez lui en tant qu’ancien catcheur s’il perd son combat contre Brock Lesnar. Ça n’est pas chose aisée de gagner un combat contre Brock Lesnar. Une espèce de sanglier nourri aux OGM, croisé avec un bison.

Ça va, c’était bien chargé, y’a eu une table de cassée, encore la table des commentateurs mexicains, ils s’en prennent toujours plein la gueule les pauvres. Oui, Lesnar a jeté HHH sur la table, pourquoi pas. Voyant son pote en difficulté sur le ring, HBK a essayé de venir aider, mais le gringalet s’est pris un F5 dans la pomme. Le match a pris un putain de tournant a un moment assez incongru, HHH a mis une gifle à Brock Lesnar, dix fois plus humiliant que n’importe quel autre coup. Ah et aussi, il lui a mis un Low-Blow, autrement dit, un coup dans les valseuses…

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Alors l’ancien champion de MMA est devenu tout rouge et a remis son adversaire en place avec un Kimura Lock. Malheureusement pour l’homme écarlate, HHH était ultra motivé, et il a fini par lui mettre bien méchamment dans la gueule avec une masse et l’écraser avec un Pedigree sur l’escalier en alu. Un, Deux, Trois, ding ding ding, victoire du Game.

Quelques minutes avant d’attaquer le Main Event, on nous présente les nouveaux venus du Hall Of Fame de 2013. Dedans, une femme, Trish Stratus, Booker T, ce bon vieux bûcheron Mick Foley, Bob Backlund, le très riche Donald Trump (un ami de Monsieur McMahon, jadis impliqué dans deux trois histoires.), et Bruno Sammartino, un vieux catcheur, champion WWE pendant presque 8 ans, de 1963 à 1971. Aujourd’hui il est le sosie officiel de Rim’K du 113.

Dernier match de ce WrestleMania. John Cena vs The Rock. On voit une sacrée bataille d’égo dans leurs regards, j’sais pas si c’est gerbant ou excitant.

Quoi qu’il en soit, peu d’ambiance dans ce match, vraiment dommage pour un Main Event, question performance, on sent un essoufflement chez les deux superstars… Sans surprise, John Cena gagne, on s’en doutait, puisque The Rock doit partir retrouver sa carrière hollywoodienne, il n’a pas le temps d’assumer davantage un rôle de Champion WWE. Ce combat m’a rappelé, avec un peu d’amertume et de nostalgie, ce match fort de café que nous avaient offert The Rock et Hulk Hogan pour WrestleMania 18

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Donc voilà, John Cena est aujourd’hui Champion WWE, pour le plus grand bonheur de ses petits fans habillés de la tête aux pieds en bons soldats de la Cenation, mais bon j’vais lui faire une fleur, j’vais pas parler de sa marque de vêtements. The Rock, bon prince, lui a  fait un petit câlin pour terminer, c’est la 11eme fois que Cena remporte cette ceinture.

Feux d’artifices, Rideau.

En résumé, j’ai été un peu déçue de ce WrestleMania, on dirait un peu un brouillon du prochain, le n°30, qui à mon avis s’annonce bien meilleur, fêté en grande pompe. Il m’en faut beaucoup, ouais je sais, une vraie gonzesse.

Mais bon, je suis pas non plus sans arguments. Il y a eu un manque d’organisation de dingue.

HHH a été blessé, pas au combat, mais pendant son entrée, il s’est pris de la neige carbonique sur le torse et s’est fait brûler. Ils ont même zappé un match, qui a finalement été programmé au lendemain. Ah, et aussi le livestream de l’événement qui ne marchait pas sur leur site, alors que c’est un Pay Per View à 18€…  Par contre, un truc qui m’a fait plaisir, la WWE s’est enfin résignée à mettre de côté la division des Divas. Une bonne nouvelle pour terminer donc, puisque, effectivement, on n’a pas assisté à un seul match féminin cette fois-ci. Ils étaient devenus sans aucune utilité, sauf peut être à espérer apercevoir un téton ou deux par ci par là.

Jean Gab1 – Sur la tombe de ma mère

On va pas te raconter le destin tragique du petit Charles une fois de plus : tu le connais déjà. Il ne se passe pas une interview, une intervention télé, un article, sans que ces pédés de journaleux se sentent obligés de remuer le couteau dans la plaie de l’orphelin Gab1. Sa vie, tu la connais dans les grandes lignes. Le boug en a même fait un album.

Alors passons, et parlons littérature. Le titi parisien est fidèle à lui-même jusque dans la tournure de ses phrases : Audiard aurait pu ghostwritter Sur la tombe de ma mère sans le moindre mal. T’as déjà entendu jacter Gab1 ? Transpose sa prose à l’écrit : grosso-modo, qu’on parle de bouffe, de donjon ou de gazelles, le vocabulaire est fleuri : « La spécialité maison s’appelait la soupe de guerre einthof, bouillon clair, morceaux de gras et de chou. A bouffer, c’était du velours, à chier, de la soie.« 

MC-Jean-Gab1-Booba-La-Fouine

Résultat ? Cette sauce littéraire se dévore comme un bon dialogue Gabin-Ventura. Ça glisse de la première à la dernière lampée, et une fois le plat terminé, on en redemande. Il faut dire qu’au delà du style -qualité première du bouquin-, les péripéties de l’emmerdeur numéro 1 du rap français sont palpitantes. Alors, certes, on ne sait pas si tout s’est réellement passé comme dans le bouquin, si certains passages ne sont pas romancés, si certains détails ne sont pas arrangés. Mais au final, on ne se pose même pas la question. Du petit larcin aux braquages par dizaines, du marron dans les dents aux fusillades en pleine rue, on suit l’ascension d’un mec aux casquettes multiples, tour à tour voleur, receleur, braqueur et proxénète (un métier qui lui déplait au plus haut point et qu’il délaisse très rapidement).

1347131383_mc_jean_gab_1Il y aurait de quoi faire deux ou trois films sur les aventures du Ptit Charles. Si un réalisateur s’attelait à adapter Sur la tombe de ma mère, le résultat pourrait être extraordinaire. Mesrine passerait presque pour un petit délinquant à côté du Gab1 conté ici. Lorsqu’il est emprisonné en Allemagne, il semble même jouir des mêmes privilèges qu’un Ray Liotta dans Goodfellas. Bordel, foutez-moi un Scorsese derrière la caméra, le résultat sera grand, d’autant plus en considérant la prose cinématographique de l’auteur. Pour les dialogues, rien à envier à Audiard : Charles enchaine les punchlines avec encore plus d’aisance qu’un Despo ou un Lino : « Le Rapha était pédé jusqu’à la moëlle mais il valait mieux pas essayer de l’enculer.« . En prison, au sujet d’un passeur : « Si j’avais mis Misha à ma botte, ce n’était pas juste pour la capacité de son cul. » De la punchline qui se retrouve jusqu’aux titres de chapitres : South Side Pussy, Gangsta Reich, ou encore Les vertus de toujours frapper le premier.

Certains passages sont paradoxalement aussi durs que drôles, la faute à un Gab1 qui semble ne jamais rien prendre au sérieux, aidé par son phrasé légendaire. Les viols en prison ? « Certains avaient de bonnes dents, mais il y en avait toujours un pour leur casser les chicots afin que sa bite puisse entrer. » La perte de l’amour de sa vie ? « La rupture avec Pepito me faisait si mal que je somatisais du tarin toute la journée, j’en avais même attrapé un ulcère aux couilles. » Le boug se permet même de déconner sur sa double-tentative de suicide manquée.

Quand y’en a plus, y’en a encore

Une fois les péripéties de type braquage-prison-bicrave passées, on en redemande. Et Gab1 n’est pas avare en paroles ! La dernière partie du bouquin est consacrée au rap et ses alentours. De Joeystarr et ses consommations de coke à ODB, à qui Gab1 a collé une droite, tout le monde y passe ! Gab1, qui cherche presque à se justifier de s’être lancé dans la musique (par moments, on a l’impression qu’il n’assume pas vraiment d’être devenu rappeur), nous raconte dans un premier temps comment il est entré dans ce monde … en projetant d’enlever puis rançonner les Rita Mitsouko ! Parmi une foule d’anecdotes, on apprend aussi que « 33 comme l’autre » a été le premier morceau écrit de l’album « Ma vie », ou encore que la première version de « J’t’emmerde » durait dix minutes.6db74faf01df1ea24a8d8646d9c0652b7c5e5098.png

Des drames, du rire, des ragots sur les rappeurs, de l’action, des fusillades … il ne manque pas grand-chose à Sur la tombe de ma mère. En plus de nous proposer une biographie riche et rythmée, Gab1 se permet aussi quelques très bonnes réflexions de nature sociale (notamment sur le thème « tout le monde peut s’en sortir, aucune citée n’a de barreaux). Et, cerise sur le gâteau, comme dans toute bonne autobiographie, on en apprend pas mal sur la personnalité de l’emmerdeur numéro 1 du rap-jeu. Notamment sur le fait qu’il soit … un putain d’emmerdeur : « J’ai toujours pensé que si j’arrivais à gâcher la journée de quelqu’un, c’était une journée de gagnée pour moi. Aussi, chaque jour, opiniâtre, je m’y employais.« 

Une faculté innée à emmerder le monde, qui nous réserve quelques passages hilarants : « Un gars du Mozambique, qui ne parlait pas un mot d’allemand, désespérait d’écrire une lettre à sa meuf. N’écoutant que mon bon coeur, je m’improvisai écrivain public. Le frère était à la peine, et moi un sentimental, alors j’écrivis ceci  : « Salut ma chatte, maintenant je te déteste, tu n’étais qu’une grosse blanche avec des yeux bleus, quand je te baisais, je pensais que tu étais un cochon. Ne m’écris plus, je ne veux plus rien savoir de toi. Signé : ton gros zob noir. » »

Gab1, crois-moi, ton bouquin a un seul défaut : il a une fin. On voudrait que ça ne finisse jamais, qu’après le dernier chapitre, il y en ai encore un, ne serait-ce que quelques pages. Un peu comme à la fin d’une bonne série tv, tu payerais cher pour une saison de plus, ou juste un épisode-bonus. On relit les dernières phrases avec une interrogation : franchement, en 2013, après des décennies à mener l’existence que tu nous contes … bah tu dois bien te faire chier.

Allez, faut conclure. Une dernière pour la route : « S’il y a une vie après la mort, je souhaiterais revenir sous la même forme, pour commencer à déconner plus tôt, et buter mon père par précaution.« 

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Pour votre santé, mangez 5 Swag par jour (+ Jeu-Concours)

RENDEZ-VOUS A LA FIN DE L’ARTICLE POUR UN EXTRAORDINAIRE JEU-CONCOURS AVEC UN EXTRAORDINAIRE LOT A GAGNER

Quand Genono me propose d’aller à une soirée/expo sur « Lil B et ses potes » je me préparais à une avalanche de WOOP WOOP SWAG, de freestyle rares et basés, et autres patates dans la figure . Ni une ni deux je ruinais une paire de vans blanche pour faire honneur au Basedgod, mais il était déjà trop tard quand je me suis aperçu que cette soirée à la Favela Chic était plus qu’un regroupement d’hipsters tatoués scandant les vers du Petit Boss en transe.

CARTOON & CEREAL est une soirée organisée par Paul Seul du label Midnight Trouble et Claude Money du collectif Neue. Neue est composés de deux artistes intéressés par la culture rap internet tout comme leurs amis True Chains qu’ils avaient inviter pour l’occasion. En témoignent leurs dessins et photo sur Tumblr. Mais ils quittent aussi leurs feutres pour faire des Mixes. »

C’est donc armé d’herbes médicinales et d’une liqueur à la couleur du ciel que je me suis rendu à cette soirée Cartoon & Cereal.  On arrive donc dans une entrée décorée de dessins, collages et gravures. Armé d’un iPhone d’une génération archaïque aux mégapixels éreintés j’ai réussi à vous prendre quelques photos :

 

Le #GIRLTIME du chef de secte Lil B
Le #GIRLTIME du chef de secte Lil B

Un petit carnet de dessins et collages se place au milieu d’une sorte de fresque d’écolier laissant place au fan des ciseaux à bouts ronds, au drogué qui sniff le pot de colle Cléopâtre (on vous connait !) et au futur tatoueur avec des pyrogravures des tatouages de tes stars préférées Lil B, Riff Raff et Gucci Mane.

AK, Weed et Cornet de glace
AK, Weed et Cornet de glace

Et si t’es pas content tu peux compter tes billets verts avec Z-Ro, ou mater des boules opulents.

Cats and stacks
Cats and stacks

 

Bad bitches quelconques
Bad bitches quelconques

Après avoir passé un restaurant qui faisait très cantine, je m’assois près du bar à une table type forêt aux  lueurs violettes afin de siroter mon verre sur les beats du Jeune Chop, en effet la salle est rythmée par nos copains (et copines) de Chiraq. On passe les gros bangers, I Don’t Like, Val Venis, et même un retour au rap français avec Kaaris et son Zoo, sur une transition assez douteuse. Autour de meufs en legging Air Max et autres hipsters à casquette Supreme je secoue frénétiquement mes bras sur du Ocho Cinco ou encore un remix de Clique. Les gens se connaissent, c’est une sorte de microcosme émissaire du rap de l’Illinois en France qui secoue sa tête sur des productions entêtantes créées par des noirs à fines dreads.

Au moment de partir, je passe devant un mur rempli de faciès du Gucci Mane, pour finalement me faire achever par un Guwop chauve et un boulard abstrait.

Bold  Gucci is Best Gucci
Bold Gucci is Best Gucci
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Au final comme me l’avait dit un des organisateurs l’expo était plus un prétexte pour passer un bon moment entre potes qu’un truc bobo sérieux. L’ambiance était bonne et sans prétention, TOLD THAT BITCH GIVE ME HEAD, OCHO CINCO !

BONUS :

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Le concours

A gagner : un exemplaire collector du fanzine photo « genre photo porno vendu sous la ceinture », crée par les organisateurs de la soirée. Exemples de tofs (d’autres sont dispo ici) :

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Modalités du concours : Le vainqueur sera celui qui nous enverra la meilleure photo lol-nazie (exemple ci-dessous). Google images sera votre allié le plus précieux, sont acceptés toutes les photos contenant des chiens avec une moustache de Hitler, des photomontages de Morsay avec une croix gammée, et autres loufoqueries hitlériennes.

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Un magnifique exemple

 Où envoyer vos photos : Soit par mail : admin(at)captchamag(point)net ; Soit via twitter, en mentionnant : @captchamagazine et @st_neue

A vos nazis !