Bootleg réalisé par : Crem / Cover : SingeMongol / Texte : Genono
De Vald à Niska, de Nekfeu à Sch : les grandes vedettes du rap français, celles qui brassent millions de vues et contrats à cinq -voir six- chiffres ont toutes, à un moment ou à un autre de leur ascension, revendiqué leur appartenance à la caste des rappeurs influencés par Alkpote. Maitrise technique fabuleuse -faisant de lui un véritable esthète de la multisyllabique-, personnage aussi glacial que loufoque, capacité à s’adapter continuellement aux mises à jour du rap game : avec le temps, Alkpote a fini par devenir le prototype ultime du rappeur, sorte de T1000 revenu du futur pour désanusser Sarah Conor.
Mais en plus d’être l’un des rappeurs français les plus influents, Alkpote est aussi l’un des plus productifs. De mixtapes en featurings, de remixs en freestyles, les aventures de cet horrible tourbilloneur s’enrichissent chaque semaine de nouveaux épisodes, toujours plus riches en crasserie et en vulgarité extrême. Suivre l’actualité d’Alkpote sans en louper une miette suppose parcimonie et détermination, raison pour laquelle nous vous proposons aujourd’hui un bootleg entièrement consacré au véritable Empereur de ce rap français en perdition.
La sortie des Marches de L’Empereur Saison 2 étant prévue en CD dans les mois à venir, les neuf premiers épisodes ne sont pas proposés ici -mais les nombreuses perles composant ce bootleg devraient suffire à satisfaire votre curiosité malsaine.
L’épisode 10 des Marches de L’Empereur Saison 2 sera en ligne le 15 mars.
Pour télécharger le bootleg : clique ici, ou sur la cover ci-dessous. Tracklist en bas de l’article.
Depuis quelques années, on remarque une baisse du nombre d’élèves choisissant de s’orienter vers une filière scientifique, privilégiant les filières plus orientées vers la professionnalisation afin d’être plus apte à affronter le monde du travail. D’après des chiffres de 2013 (c’est loin mais c’est tout ce qu’on a pu trouver), 1 élève sur 4 passes un bac S, mais seulement 25% choisit de continuer de poursuivre des études scientifiques. Vous allez me demander quel est le rapport avec le rap, ne vous inquiétez pas, j’y viens…
Les rappeurs diplômés sont nombreux, malgré ce que pensent certains hurluberlus, mais le cachent ou le glorifient très rarement. Les plus connus sont Ekoué de La Rumeur, Kaaris, Kalash Criminel, Youssoupha, Ninho, Cochise de la Mafia Trece (de son vrai nom Serge Money, devenu avocat et ayant son propre cabinet), Al Peco, Juicy P, et j’en passe…
Seulement voilà, on remarque ici qu’aucun de ces rappeurs n’a passé un bac S, ils sont tous bacheliers littéraires ou d’économies. Ce qui est étonnant car, comme le rappel Babarr, rappeur de Toulouse, la plupart des gens sont nulles en maths, sauf quand il s’agit de compter les billets.
Ici, nous allons donc vous démontrez que les rappeurs aiment plus les sciences qu’ils ne vous le font croire.
SCH – Liquide (feat. LaCrim)
Extrait du désormais incontournable premier projet d’SCH « A7 », Lacrim lâche un couplet nerveux comme il sait le faire. Ce qui nous intéresse c’est qu’il mêle les arithmétiques au destin funeste de l’un de ses ennemis ou mauvais payeurs : « Des semi-automatiques, des putes en talon, te niquer ta mère, fiston c’est la thématique, si j’te fume, ça fait un de moins, pas besoin de mathématique ». Bah si, quand même les soustractions c’est la base.
Kaaris – Tu Me Connais
On avoue qu’on a eu du mal à choisir une seule phase tellement l’album « Or Noir » est truffé de références aux arithmétiques, mais rappelons que la géométrie est très importante aussi. On a donc jeté notre dévolu sur « j’vais les prendre en abscisse et en ordonnée ». A savoir âpres s’il parle d’un polynôme du second degré ou autre…
Kekra – Je Gere
Troisième volet de la série de mixtape « Freebase », le justicier masqué de Courbevoie par dès le début du premier couplet dans des allitérations finement menées en reprenant aussi les cours d’SVT datant du collège (ou lycée, pour certains) pour nous rappeler comment déterminer la localisation d’un épicentre : « Le reste j’m’en bats les couilles même s’ils bouffent les pissenlits par la racine, racine carrée d’l’épicentre, Physique, mathématiques, gros le séisme est puissant ». Cette phase sera le meilleur aide-mémoire (ou anti-sèche) que vous pourriez avoir.
The S – BlackOut #1
Membre du collectif XVBarbar, The S se lance en solo avec une série de freestyles appelés BlackOut. Et ce premier clip, produit par Izii Tiime (qui a fait la prod de « On Arrache la route » de PPros et Niro) nous ramène directement dans les TP de Physique-Chimie, avec derrière des scientifiques en pleine séance de saponification. Par contre, attention aux yeux, ça va très vite.
Kaotik – Triangle
Originaire de Chanteloup-les-Vignes (78), le groupe Kaotik (composé de Wahed et Lasmi) sort le mois dernier leur second clip, extrait d’un futur projet à venir que l’on vous parlera surement une fois sorti. On vous prévient quand même, la référence au triangle n’a absolument rien à voir avec la franc-maçonnerie, n’en déplaise à Masta-Ex Killuminaty.
Douma – Tout est carré
Peut-être le rappeur le plus talentueux de Grigny (actuellement), membre du groupe Bangladesh Goon Mafia, et cousin de Kalash Criminel, Douma frappe très fort avec son premier solo « Tout est carré », devenu son gimmick pour nous dire que le plan se passe sans accroc comme Hannibal Smith. Récemment repéré par Daimolition pour sortir une série de freestyle appelé Gourou, on vous conseille de suivre de près.
Petite escale du côté de Marseille, avec Dika du label 13éme Art, qui s’entoure de Soldat de la Guirri Mafia, Graya, YL et Dibson pour le 3éme volet de #Youleuh. Tout ça pour nous dire implicitement qu’il est chimiste que si ça paye « On t’kill de suite, on t’fait une p’tite frappe avec 2 kil’ de sucre, 1 kil’ de pure, moi frangin j’tire 2 kil’ dessus ». A la redaction, on n’est pas contre avoir les instructions pour préparer cette fameuse solution.
Prodigy & Alchemist – Albert Einstein
Pour finir, nous allons voir du côte des Etats-Unis, plus précisément du Queensbridge, histoire de parler du second album en commun de Prodigy de Mobb Deep et d’Alan Maman « Albert Einstein », sorti en Juin 2013. Cette référence n’est pas anodine car, dans un premier temps, le prénom de Prodigy est Albert, et ensuite, on connait la passion de P pour parler des guerres et des complots des gouvernements, en plus de la street, de la mort, de la dope et de sordide histoire de QB. Et cette référence va jusqu’à la cover (et le nom de la réédition « P=mc² »). On en dira pas plus, on peut juste vous recommander l’écoute de cette excellent projet et de profiter des samples sortis tout droit du vaisseau Vostok 1.
Nous pouvons conclure cet article avec cet extrait du JT de Canal+, où Victor Robert -qui m’est totalement inconnu- cite une phase de Sidi Sid devant des millions de téléspectateurs. Un grand moment de télévision :
C’est hier qu’est sorti le second volet de « La Machine », net-tape gratuite de OU2S, rappeur franco-comorien résidant à Villiers-le-Bel (95). Pour cette occasion, nous avons parlé de sa carrière en groupe, puis en solo, pour ensuite abordé des thémes comme l’amour, les faits divers, le rap du Queensbridge et d’Atlanta, l’Afrique, ou encore des skyblog (pour les vieux de la vieille).
Photo par Maoni Corner Photographie
M : A la base, tu formais un duo avec Kila Kali (le neveu de Calbo et Lino d’Arsenik, et de T-Killa du K.Ommando Toxik), qui s’appelait Max-R…
O : C’est ça. On a sorti 2 mixtapes : KnockOut Mixtape Round 1 et KnockOut Mixtape Round 2, et un EP.
M : Et niveau exposition, c’était plutôt pas mal il me semble.
O : A l’époque c’était bien, c’était à l’époque des Skyblog, du coup, on était parmi les premiers artistes à faire des 50 000 vues sur Youtube dans le 95, c’était déjà énorme. Dans le coin, Villiers-le-Bel, Goness, Garges-Sarcelles, tous le nord du 95, on avait une très bonne réputation.
M : Quand t’étais avec Kila Kali (de 2007 à 2014), je me rappelle que t’avais fait une apparition dans l’unique album du K.Ommando Toxik, dans un son qui s’appelle « Memory »…
O : Non, le titre où j’avais posé en fait c’était « Nouvelle Génération », c’était une sorte de grand cypher, et en fait… je vois pourquoi tu me dis « Memory », c’est parce qu’à l’époque (aux environs de 2009), sur la version iTunes, ils m’ont credité sur « Memory », mais sur la version mp3, sur la tracklist de l’album, j’apparais bien sur « Nouvelle Génération ».
M : A quel moment justement vous avez décidé de former un duo, Kila Kali et toi ?
O : Pour t’expliquer brièvement notre histoire, Kila et moi, nous nous sommes rencontré au lycée, nous sommes tombés dans la même classe. Il s’avérait qu’il faisait du rap de son coté, et moi du mien. On a décidé un jour de faire un morceau ensemble, puis on en a fait un deuxième, puis un troisième… On a vu que ça collait bien donc on a décidé de faire une mixtape en commun, ensemble. On a commencé à enregistrer la mixtape, et au fur et à mesure, on a remarqué qu’il y avait des automatismes qui s’étaient créés, des habitudes aussi, puis tout naturellement c’est devenu un groupe.
M : Mais à l’époque, en 2007, t’avais quand même sorti un solo si je ne me trompe pas.
O : C’est ça, mais c’était avant de me mettre avec Kila Kali, quelques mois avant. J’avais sorti une net-tape qui s’appelait « 16 Mesure Express ». C’était un concept en fait, il fait une vingtaine de titres, et dans chaque titre, je posais que des 16 mesures.
M : T’étais quand même jeune à l’époque, t’avais 15-16 ans. Sortir un projet à cet âge là, c’était quand même assez rare…
O : Ouais mais tu sais, j’étais très productif, donc c’est pour ça que j’ai sorti un projet directement.
M : Pourquoi avoir décidé de partir en solo maintenant ? Continué sans Kila Kali.
O : Ca s’est fait naturellement en fait, comme la formation du groupe. Arrivé à un moment, je pense qu’on arrivait aux limites des collaborations. Il tirait à gauche, je tirais à droite, on n’avait plus les mêmes perspectives au niveau artistique. Il voulait faire un type de musique, moi je voulais en faire un autre, du coup on a décidé chacun de partir de son coté.
M : Moi personnellement je t’ai connu en 2011, avec le clip « Nouvel Air » avec Kila Kali et T-Killa. Et justement, à la fin du clip, ya un mec qui tente un switch, vous coupez au moment même où on allait voir s’il met le panier ou pas. J’imagine qu’il l’a pas mis si ya eu coupure…
O : Ah non, il l’a pas mis [Rires]. Il l’a pas mis du tout…
M : En plus ça se voyait il était concentré, il avait la pression…
O : [Rires] Ah non, il l’a pas mis, on était obligé.
M : Pour revenir à notre époque… En 2015, t’as sorti 2 projets en moins de 4 mois : « La Machine Vol.1 » en août et « Verum » en décembre. Pourquoi avoir décidé de sortir ces projets aussi rapidement ?
O : Déjà, « La Machine Vol.1 », c’était un pack on va dire, j’avais réuni plusieurs freestyles que j’avais sortis les mois précédents, il y en avait à peu prés 7 ou 8, que j’ai réuni parce qu’on me les réclamait en mp3 dans les réseaux sociaux, et j‘ai rajouté des inédits, ça a fait un projet et je l’ai sorti sur HauteCulture, ça s‘est bien télécharger à l’époque. Et en parallèle j’étais en train de bosser sur « Verum », que j’ai lancé quelque temps plus tard. Je l’ai enegistré en 6 mois, j’ai pris mon temps. Je mettais des sons, je les enlevais, j’ai vraiment pris mon temps. 6 mois je trouve que ce n’est pas mal pour un EP.
M : « Verum » en latin veut dire Véritable. Pourquoi ce titre justement ?
O : Parce que ma musique est basé sur ça, j’essaye d’être le plus vrai possible dans mes propos. Par exemple si je dois dire dans un morceau que je suis faible, je le dirais. J’essaye d’être le plus honnete possible quand j’écris.
M : J’t’avoue un truc, à la base je lisais Venum.
O : Vénum ?
M : Ouais. Donc quand j’ai écouté l’EP et remarqué aucune référence au méchant de Spiderman, j’étais déçu [Rires]
O : [Rires] Non gros, c’est Vérum, c’est Vérum.
M : T’as justement clippé le dernier son de l’EP qui s’appelle « Véritable », dans ton pays d’origine : les Comores. C’était important pour toi de tourner un clip là-bas ?
O : Pour moi c’était important parce que je le prône, c’est chez moi. Et tu sais, le fait de clipper là-bas ça donne beaucoup de plaisir aux habitants. Pendant le tournage, les gens étaient contents, étaient joyeux, et c’est pour ça que ça me tenait à cœur d’aller tourner là bas. J’avais tourné à la même periode que Sultan tournait son clip « Je viens d’en bas », mais je l’ai sorti plus tard car j’étais resté beaucoup plus longtemps au bled, et après le montage s’est passé ici.
M : Dans les 3 premiers sons du EP, le thème de la trahison revient souvent. Tu te présentes comme un solitaire, même un peu plus quand dans « La Machine Vol.1 »…
O : Bah comme je t’ai dit, devant la feuille c’est mon ressenti, j’essaye d’être le plus vrai possible, et ce sentiment c’est ce que je ressentais à l’époque où j’enregistrais ces 2 projets. Du coup, c’est bien que tu me le dises parce que c’était vraiment ce que je vivais à l’époque.
M : Dans « Le Deal » avec Bess, tu abordes le thème de la rupture, qui est un sujet assez rare dans le rap français. Donc je te le demande : ecoutes-tu du zouk ?
O : [Rires] Non, jamais. [Rires]. J’pense que c’est la seule musique de je n’écoute pas. Pour revenir au son, c’est une histoire totalement fictive. Enfin… la première partie, quand la meuf se plaint être délaissé, c’est un peu du vécu car quand j’étais un couple, on me reprochait de ne pas être souvent là, par rapport à la musique, par rapport aux enregistrements, ça faisait partie des reproches qu’on me faisait. J’ai décidé d’aborder ce thème dans le morceau. Après, j’ai poussé le délire encore plus loin en parlant de rupture dans le second couplet.
M : On va parler du son « Wesh » avec Sultan, tu dis que rapper comme Migos c’est trop facile, Sultan dit qu’il aime pas trop la trap, et Rohff en interview dit qu’il a pas rappe 15 ans pour reprendre le flow de Migos. Vous vous rendez compte qu’on va croire que les comoriens détestent le rap d’Atlanta ?
O : [Rires] Peut-être les gens vont le croire, mais moi en vrai j’aime bien la musique de Migos, c’est même pas une attaque. C’est une remarque en fait, comme on peut en faire tous les jours. A l’époque où le morceau est sortie, 97% des rappeurs français reprenaient le flow des Migos. C’est même pas méchant, c’est juste une remarque comme une autre.
[On parle après des comoriens et de leurs amours pour le rap californien, je suis à 2 doigts de taper des pas de C-Walk et de faire des signes bizarres avec mes doigts]
O : Moi, de base, j’écoute beaucoup plus le rap de la East Coast. J’ai été bousillé par Mobb Deep. Après, comme je t’ai dit, j’ai rien contre Migos, c’est de la musique de j’écoute. Moi je vise juste les gens qui rappaient comme eux.
M : Ca tombe bien car tu dis dans le son que t’es plus rap du Queens que la Trap.
O : Moi, j’me suis pété au rap du Queensbridge, j’adore Mobb Deep, Infamous Mobb et Nas. C’est ma base ça, c’est mon école.
M : Ca me fait penser qu’un autre rappeur justement à New York s’appelle La Machine : c’est Conway The Machine, de Griselda Record. Ya moyen de faire une connexion là.
O : Ah ouais ? Bah pourquoi pas.
M : En parlant de collaboration, dans la mixtape « La Machine Vol.1 », il y a un beatmaker qui a produit une bonne partie du projet, c’est 2050 Beat. Il a notamment travaillé avec Sofiane (qui a produit Savastano), PSO Thug ou encore DTF. Comment vous vous êtes mis à travailler ensemble ?
O : Je l’ai rencontré sur internet. J’ai écouté ce qu’il faisait, j’lui ai envoyé un message, il a aimé ce que je faisais aussi, du coup ça s’est fait tout naturellement, puisqu’on a les mêmes influences, on a les mêmes manières de penser par rapport à la musique… Du coup après ça a collé directement. La connexion était totalement naturelle. Il m’envoyait des prods pratiquement tout les jours, et c’est pour ça que tu retrouves beaucoup de ses instrus sur mes projets. Parce qu’il a pas produit que dans « La Machine Vol.1 » mais aussi dans « Verum », il a placé beaucoup de prods dans ce projet.
M : Ya 2 phases dans « Brille » qui m’ont interpellés et que j’aimerai qu’on développe : à un moment, tu dis « j’ai l’african credibility, nique celle de la street »…
O : Ouais, parce que je m’en fous de la street credibilité, ça m’apporte rien… A mes yeux. Après pour d’autres c’est peut-être important mais pour moi, l’african credibility est plus importante, car je suis né au bled, donc pour moi, c’est ce qui est plus important. Par exemple, je me reconnaissais et écoutais beaucoup Alpha 5.20, qui se revendiquait clairement venir d’Afrique. D’ailleurs, VIVRE ET MOURIR A DAKAR c’est un des meilleurs albums du rap français pour moi. Dans les discours et les principes qu’il degageait, je me retrouvais beaucoup.
M : D’accord. Tu dis aussi qu’ »un homme sans opinion reste un homme sans identité »…
O : Oui.
M : Si on doit remettre dans le contexte actuel, avec l’affaire Adama Traoré (paix à son âme) et de Théo, tu penses justement que les rappeurs devraient donner leurs opinions et dire clairement leurs positions sur ce genre de d’histoire ?
O : Ca dépend de ce que tu penses sur ce sujet. Après, moi j’pense que les artistes qui sont bien exposés, ce sont des hauts-parleurs du ghetto, comme a pu dire Sofiane dans une interview. Donc c’est à nous, qui venons des quartiers, qui devons parler de ce genre de chose, parce qu’on a un grand auditoire, il y a beaucoup de gens qui nous écoutent. Et donc c’est important qu’on parle de ce genre de chose, que ça ne se noit pas dans les multitudes d’informations qu’il peut y avoir.
M : Parlons de « La Machine Vol.2 » que nous venons d’écouter. J’ai remarqué que au niveau des prods tu t’es plutôt diversifié. Par exemple « C’est maintenant » fait très afro-trap. Ce qui n’est pas péjoratif…
O : Oui car depuis mes débuts je suis un rappeur qui fait de tout… À un moment je m’étais enfermé dans un créneau très dark queens bridge parce que j’étais en groupe et automatiquement il faut faire des concessions, mais en vrai moi je suis un rappeur tout terrain, dés qu’une instru me parle je la « tabasse » [Rires]. Je n’ai aucun problèmes avec les styles. Dans le projet je voulais montrer ces facettes un peu cachées de mon art.
M : Il y a aussi « Waves » qui ressemble à de la cloud…
O : Oui c’est ça… encore une fois l’instru m’a parlé et je suis parti en studio, et tu sais c’qui est bizarre c’est que c’est l’un des morceaux qui revient le plus lorsque je fais des sessions d’écoutes de la mixtape.
M : En regardant la tracklist, j’ai remarqué que les freestyles que t’avais fait pour Daymolition sont aussi présent. Comment s’est faite la connexion avec eux justement ?
O : C’est super simple je connais un des membres de leur équipe depuis super longtemps… j’ai eu l’envie de faire un freestyle chez eux je lui ai envoyé un message et ça s’est fait la semaine d’aprés ! Big à lui d’ailleurs il va se reconnaitre.
M : Dans « Illusions », dés le début tu dis que la musique pour toi à la base était un oxygène et que maintenant, c’est elle qui t’asphyxie. Cela voudrait dire que la retraite est pour bientôt ?
O : Comme j’ai dis dans « Enfant du soleil » « le rap a parfois des allures de corvée », ça prend beaucoup de temps même à notre petite échelle. Des fois je craque j’aimerai sortir avec mes potes ou avec Madame quand il y en a une (rires) mais j’peux même pas car j’ai studio ! Mais pour répondre à ta question je ne pense pas que la retraite soit pour maintenant j’aime beaucoup trop le rap et j’ai encore beaucoup de choses a prouver a faire dans la musique.
M : On arrive bientôt à la fin de l’interview, je vais donc te demander quels ont été tes influences ? Les artistes ou les albums qui t’ont donné envie de rapper.
O : Déjà, au bled, le premier rappeur que j’ai écouté, c’était Cheikh MC. Big up à lui d’ailleurs. Après, le premier vrai album que j’ai écouté c’est « Nastradamus » de Nas, et ce qui m’a vraiment mis une gifle c’est « La Fierté des Nôtres » de Rohff.
M : Et qu’est-ce que t’écoutes en ce moment ? S’il-te-plait, fais pas le rappeur français qui dit ne pas écouter de rap français, ça me fait mal d’entendre ça…
O : Si, bien sûr que j’écoute du rap français. J’aime beaucoup Dosseh, Sofiane, Sadek aussi. Après les comoriens du game aussi : Rohff, Sultan, Croma, Soprano, Alonzo…
M : Même 3010 ?
O : Ouais, ce qu’il fait ça me parle.
M : (se gratte la tête et fait une grimace)…J’ai vraiment du mal.
O : Ouais mais moi j’aime bien. J’écoute vraiment de tout. Après en rap américain, j’reste sur mes bases : Mobb Deep, Nas, j’écoute beaucoup The Game aussi, Rick Ross, Meek Mill, Drake, euh… Tory Lanez j’aime beaucoup ce qu’il fait.
Pour certains »Opéra Puccino », pour d’autres »L’amour est mort ». Le sujet ici n’est pas
d’entamer un débat interminable pour savoir lequel est LE classique d’Oxmo Puccino, il s’agit juste d’écouter autre chose que du rap.
Trois années séparent les deux premiers albums d’Oxmo Puccino. Sur »Opéra Puccino » il enfonce le clou, confirme ce que tout le monde avait aperçu sur différentes compilations comme »L’invincible armada » ou »L 432 » : un MC avec du style. Sur »L’amour est mort » la plume est plus sombre, et plus assurée aussi. Sur »Opéra Puccino » seuls Mars et Sek assurent les productions ; sur »L’amour est mort » Oxmo met la main à la pâte avec brio (sûrement encouragé par la qualité de »La
dernière chance »).
Deux albums, deux ambiances. Quel est le meilleur ? Aucune importance. Juste un bootleg réunissant les originaux qui ont permis de les créer. Parce qu’il n’y a pas que le rap dans la vie, il y a aussi la bonne musique.
Télécharger : clique ici ou sur la cover en bas de l’article
Nous avons eu l’idée de cet article (oui, nous, car on est plusieurs si vous en doutiez) suite à un débat houleux au sujet de la plastique actuelle de Ayem Nour qu’il y a pu avoir sur les réseaux sociaux.
Bon, chez Captcha Mag nous ne sommes pas de grands fans de la téléréalité (jusqu’à preuve du contraire), cependant, nous sommes contre toutes formes de discriminations, y compris physique. Et certains rappeurs aussi semblent l’être.
Rappelons que le rap est une musique à l’image de la société, et donc, que l’image de la femme plate taille mannequin, appellé porte-manteau dans le jargon, pour nous ne devrais pas être une norme, toutes les femmes, peu importe leurs physiques, devraient avoir droit de connaître l’amour et le bonheur sans être pointé du doigt (on avoue, ça fait moral de film à la con genre Shallow Hal des Frères Farrelly, mais faut s’y faire). Et c’est là que nos chères petites têtes crépus/bouclés/gominés rentrent en scène (ou au studio), pour donner de l’amour aux chubby en format audio.
Demetria Obilor, journaliste américaine qui vous informe du traffic de mon corazón.
Redman – I’ll Bee Dat
Premier extrait du 4éme album de l’homme-rouge du New Jersey intitulé « Doc’s Da Name 2000 », « I’ll Bee Dat », produit par Rockwilder, sort en 1998. Quelques semaines après la sortie de cet album, il est certifié disque de platine. Tout cela est bien mais ce n’est pas ce qui nous intéresse.
C’est la première fois (il me semble) que l’on voit, dans un clip de rap, un rappeur se trémoussait à coté de femmes rondes (qui remplacent des femmes de corpulences moyennes, mais que Red a dégagé sauvagement à coût de balai), dés la 20éme secondes, pour nous prouver qu’il a un cœur gros comme une piscine. Tout cela est confirmé lorsque dans « How High II » avec Method Man, Red dit très clairement « I love a fat chick with a body enormous, It’s ain’t about the weight, yo, it’s how they performin’ ». Et il réitére cette idée dans le film du même nom. Cela tombe bien car…
Mata – AXL (Amour Extra Large)
Mata, rappeur belge, a eu la brillante idée de faire un son et un clip en 2015, en hommage aux femmes avec des formes comme il le dit si bien. Pour parfaire tout cela, Shaolyn The Chin & Citrus Lazar samplent la voix de Redman disant la phrase cité plus haut (la transition de la mort qui tue).
Nessbeal – Ma Grosse (feat. Orelsan)
Seconde collaboration des 2 lurons, extrait du projet « Ne2s », « Ma Grosse » est (peut-être) le seul son du rap français où 2 rappeurs assument totalement leurs amours pour les femmes rondes. Le succès et l’incompréhension autour de cet extrait est telle que certaines personnes mal intentionnés prenaient ce son pour du second degré (bon, le couplet d’Orelsan n’aide pas vraiment aussi). Mais c’est à vous d’en jugez.
Kekra – Cagoulé
Il nous fallait bien une excuse pour placer ce magnifique son de Kekra dans l’article, et une seule phrase nous a suffit pour accomplir notre mission : « Ma **** sous une blonde, tout n’tourne pas rond même si cette **** est ronde ». Certes, ce n’est pas très flatteur mais c’est l’intention qui compte.
La pochette « Fadanuf Fa Erybody » de Odd Squad
Autre classique dans le catalogue de Rap-A-Lot Records, l’unique album du Odd Squad (sorti en 1994), composé de Devin The Dude, Rob Quest et Jugg Mugg fait couler beaucoup d’encre. La cover, un clin d’œil direct à celle de « I Want You » de Marvin Gaye, montre des mecs s’enjaillant dans ce qui pourrait être une fête, avec essentiellement que des femmes type Christina Aguilera (de maintenant, pas d’il y a 10 piges). On regrette juste l’absence de track parlant des femmes rondes, mais nous recommandons quand même ce disque juste pour Putcha Lips et ces couplets d’une insanité rarement égalés.
De La Soul – Phat Baby
Et on revient avec Devin The Dude, cette fois en refrain (et avec DJ Quik à la prod), avec le groupe De La Soul, qui, en 2001 à l’occasion de leur 6eme album « AOI : Bionix », sortent une belle ode pour les femmes ditent « plus size », dans le but de leur dire qu’elles doivent s’accepter telles qu’elles sont, et elles sont belles comme ça.
A noter que le G-Unit a fait une reprise de ce son dans la mixtape « No Mercy No Fear », mais à l’inverse du De La Soul, ils sont plutôt du genre à tirer sur les femmes rondes, à l’exception de Tony Yayo, qui est définitivement le plus vrai du crew.
NWA – Fat Girl
Revenons 28 ans en arrière, à Compton. Eazy-E, du célèbre groupe N.W.A, pose un solo dans le premier album du groupe « N.W.A and The Posse ». Pour faire simple, dans ce storytelling (dont on ne sait pas si c’est la réalité ou de la pure fiction), le petit prince de C-Town parle d’une soirée alcoolisé où il a géré (voir plus si affinité) une femme forte. Et comme on le sait tous, l’alcool libére les sens et nos désirs cachaient (à ce qu’il parait). Du coup, le lendemain, cette femme le poursuit et il nie en bloque, jusqu’à dire qu’il ne connait pas la demoiselle en question.
On est pas du genre à insulter les morts, mais ce n’est pas très gentil de la part d’Eric tout ça.
2nd II None – Thick Girls
Restons à Compton, cette fois avec Gangsta D et KK, formant le duo 2nd II None, proche du légendaire DJ Quik.
En 2008, les 2 pirus sortent leur 3éme album (9 ans après le précedent), qui passe totalement inaperçu. Dans ce 19 pistes, un son entier est dédié aux « thick girls ». Entendons nous bien, ce terme est très technique : c’est une femme qui est ronde mais pas trop, genre Raven Simone, pour ceux qui visualisent l’idée.
Bref, tout ça pour dire que nous les aimons aussi.
Too Short – Ain’t Nothing But A Word To Me (feat. Ice Cube)
Comment ne pas parler de l’un des vétérans d’Oakland ? L’homme au 19999 conquêtes ? Le papa d’innombrable rappeur de la bay et même de la Californie entière ?
On est en 1990, Too $hort balance son 3éme album, au sonorité très proche du P-Funk. Un extrait attire notre attention ici, le seul feat de l’album : « Ain’t Nothing But A Word To Me », avec l’ex-membre de N.W.A, Ice Cube. Il suffit d’une seule phrase (pas très classe oui mais venant d’Anthony, faut pas trop en demander) pour comprendre que ce monsieur aime toutes les femmes : « I like fat bitches, and I like em slim, I’ll take a fat bitch, and stick my dick right in, her big fat ass, She’ll make me cum again… ». Pas besoin de traduction ici, on connait le personnage.
The Jacka – Fat Woman (feat. J. Stalin, Shady Nate & Skeme)
Rien à voir avec le sujet (malgré le titre du son), c’est juste pour le plaisir d’écouter le défunt The Jacka sur cette superbe prod de DJ Fresh.
En somme, on vous a prouvé ici que même les rappeurs, qui sont, dans l’ensemble, loin d’être de tendres individus, sont aussi des hommes avec des valeurs et du goût. Même [ATTENTION, SPOILER !!!!!!!] Negan, qui est l’ordure par excellence, nous a montrez qu’il n’était pas du tout indifférent des femmes aux formes généreuses.
(Et si votre homme trouve que vous avez pris du poids, faites pas de régimes, jetez le et allez chercher des hommes comme nous. Ou moi, directement, ça évite de s’inscrire sur Tinder).
Jason Voorhees, le tueur masqué du film Massacre à la tronçonneuse, est un personnage particulièrement atypique dans l’histoire du cinéma d’horreur. Comme tout bon serial-killer horrifique, l’essentiel de son activité consiste à poursuivre d’innocentes personnes dans le seul but de les faire disparaitre de la surface de la terre, mais contrairement à la plupart de ses confrères du crime, Jason tue avec un certain sens de l’humour et de la mise en scène.
Comme son homonyme cinématographique, Jason Voriz, le rappeur, est un personnage particulièrement atypique. Comme Voorhees, Voriz n’a, a priori, rien de plus que ses confrères, et il serait facile de le considérer comme un enième rappeur exhilé en Thaïlande obsédé par les punchliens à caractère sexuel. Mais Voriz possède lui aussi ce sens du second degré et de la mise en scène si particuliers, qui font lui confèrent une personnalité beaucoup plus complexe et fascinante que ce que les premières impressions laissent paraitre. Au milieu du bestiaire des katoïs et des prostituées thaï, l’univers de Voriz est entremêlé de tout une série de références toujours plus improbables, magnifiées par un vocabulaire propre à lui-même, mélange d’expressions niçoises, de termes thaïlandais, et de dictons détournés.
La position de Voriz sur l’échiquier du rap-game francophone est celle de nombreux artistes ayant su sortir de l’ombre et se faire un nom auprès des amateurs du genre, mais sans jamais réussir à atteindre complètement la lumière des projecteurs. A mi-chemin entre underground et devant de la scène, Voriz n’est pas du genre à chercher à tout prix gloire, célébrité et gros chiffres de vente : sa musique est faite pour contenter son public de fanatiques, pas pour partir à la conquête de nouvelles parts de marché.
Particulièrement productif, Jason est un rappeur que l’on retrouve -ou que l’on a retrouvé par le passé- régulièrement sur de nombreux featurings, que ce soit avec des rappeurs issus de l’écurie DBF, avec ceux de Néochrome, avec d’autres zins du zéro-six, ou avec des français de passage en Thaïlande. Comme il n’est pas toujours facile de suivre l’ensemble des collaborations auxquelles prend part le garçon, notre bootlegueur-star, Crem, a compilé l’ensemble des featurings et apparitions de Jason Voriz dans ce Manstrr & Cie, qui vient parfaitement compléter la dernière sortie officielle de Voriz, la mixtape Trap Manstrr.
Tracklist :
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Du côté des politiques, rien que de très ordinaire : le tweet de Gérard Araud, l’ambassadeur de France aux Etats-Unis qui invectivait Trump, a été supprimé, et Nicolas Sarkozy a félicité chaudement celui qu’il méprisait jusqu’alors. C’est le jeu.
Du côté des analyses, rappelons qu’on avait eu droit à des mecs qui se sont plantés bien en amont, et un nombre impressionnant de prévisions à côté de la plaque de la part de nombreux amateurs.
Mais n’oublions les plus téméraires qui ont réussi à tout foirer jusqu’à la dernière ligne droite en annonçant Clinton gagnante toute la nuit avec un aplomb qui force le respect.
S’ensuit LA question que tout mauvais journaliste est amené à se poser au moins une fois dans sa vie : quand on se prétend expert tout en étant largué au point de n’avoir jamais envisagé le succès d’un truc qui finit par vous donner tort dans les grandes largeurs, que faire ? Reconnaître ses erreurs et passer publiquement pour une merde ? Inenvisageable. En revanche, la jouer fine et partir sur l’autoroute de l’analyse onanique en mode « personne ne l’avait vu venir, et on vous explique pourquoi » reste la solution idéale. Je ne juge personne, j’ai fait ça pour Jul.
Absolument tout le monde est tombé là-dedans, de l’intrépide Anne Sinclair à l’intégralité des consultants télé et autres éditorialistes.
Dire que les experts qui expliquent à qui veut l’entendre les véritables raisons de la victoire de Trump sont exactement ceux qui expliquaient l’inverse à qui voulait l’entendre auparavant peut paraître caricatural. C’est donc là qu’interviennent les boss de fin. L’incontournable Bernard-Henri Levy, après avoir signé un papier intitulé « Pourquoi Trump va perdre » a été invité sur LCI dans le plus grand des calmes pour expliquer à ces braves gens qu’il fallait « arrêter avec le déni et regarder la réalité en face« . Cela peut paraître culotté mais on parle du gars qui avait écrit que le film Cinéman était un chef-d’oeuvre, à la limite heureusement qu’il est riche parce que sinon plus personne de sérieux ne lui aurait laissé (ni adressé) la parole après ça.
Se placent donc ex-aequo Le Point et Slate, avec de gros efforts de chaque côté pour décrocher la première place, quitte à être complètement amnésiques chez les uns
et schizophrène chez les autres.
L’euphorie
A la base cette partie s’appelait juste « les fachos » mais c’est assez réducteur, autant réunir d’un coup tous les comiques de premier plan.
Comme prévu, les officiels et les anonymes ont félicité le prochain président des USA en disant tout et n’importe quoi.
Ce qui est mimi tout plein c’est qu’on sent à chaque fois une sorte de victoire de loser ultime par procuration, un peu comme quand un mec qui a raté sa vie en vient à être personnellement fier des conquêtes amoureuses d’un acteur ou sportif sous prétexte qu’ils viennent de la même ville voire juste du même pays.
Idiot, certes, mais pas tellement plus que ceux qui se félicitaient de la victoire d’Obama en s’imaginant réellement que ça allait changer leur quotidien.
Florian Philippot a fait la tournée d’absolument tous les médias possibles, ce qui nous montre à la fois sa bonne humeur communicative et le niveau des médias en question.
Notre championne reste Marion Marechal-Lepen qui a tout bonnement inventé une invitation de la part de l’équipe de Trump alors que personne ne lui avait jamais adressé la parole. Là pour le coup ça fait pas mal penser aux rappeurs français en manque de buzz qui s’inventent des grandes amitiés avec des homologues américains pour impressionner la galerie. Ce n’est pas comme ça qu’on construit une carrière Marion.
Afida Turner s’est découvert un don de divination, ce qui en fait notre Azealia Banks à nous et ça c’est une information dont je ne sais vraiment pas quoi faire.
Rachida Dati a prouvé qu’elle n’avait aucune idée de qui était le paternel de Donald Trump, et probablement de qui est Donald Trump lui-même.
Malgré son nom de famille Jean-Frédéric Poisson s’est senti poussé des ailes et a tenu à partager son enthousiasme avec nous. Une semaine et demie plus tard, il apparaît clair que les « perspectives nouvelles » c’est pas non plus la folie puisqu’elles se chiffrent à 1,5%.
Non, décidément, ceux qui avaient le plus de raison de se réjouir, c’était les fans de catch, mais évidemment personne ne leur a donné la parole.
Rebondir sur l’actu
Certains ont amené une touche d’humour bienvenue, une initiative à la hauteur de l’événement et accueillie comme il se doit.
Les équipes de BFM ne se sont pas laissées dépasser par la situation et ont fourni une fois n’est pas coutume un véritable travail d’investigation.
Pareil du côté de la Provence.
La LICRA a voulu la jouer déprimée devant les résultats vu que les valeurs de Trump ne correspondent pas exactement à de l’antiracisme. Malheureusement ils ont utilisé une image de la série The Office pour illustrer leur propos. Déjà c’est dégueulasse pour The Office qui est une excellente série et qui mérite donc mieux que ça, mais surtout ça a permis à des internautes de leur replonger la cloison nasale dans leurs excréments en rappelant qu’à l’inverse du casting de la série, la LICRA ne compte aucun basané. C’est balot, sans ça, ça passait presque.
Un François Hollande apparemment constipé a ponctué son discours d’une citation qui semble tout droit sorti du nouveau Star Wars.
Les plus malins sont bien entendu ceux qui relaient la tribune de Michael Moore prédisant avec pas mal de justesse l’issue de la présidentielle. Tribune qui date de juillet dernier et qu’ils n’avaient pas relayée à l’époque mais c’est pas le sujet.
Ceux qui n’ont rien à dire mais qui le disent quand même
Parce qu’il faut parfois se sacrifier pour dire tout haut que vous ne pensez à rien de précis, plein phare sur ces héros des temps modernes.
Une partie de la presse cinéma, se sentant probablement un peu délaissée, a fait des rétrospectives de la carrière d’acteur de Donald Trump et on les en remercie. Une partie de la presse généraliste, se sentant trop bridée, a fait des rappels des occurrences entre fiction et réalité. Concrètement ça a donné des références à Idiocracy et aux Simpson tous les 2 articles, jusqu’à vous dégoûter d’un film et d’une série plutôt drôles à la base.
Slate a continué de produire des papiers aux titres tellement contradictoires qu’on croirait presque que c’est du Vice.
Réalisant que tous les angles les plus improbables étaient déjà pris (cf plus haut), Konbini a donné le tout pour le tout et a pondu ce truc, qui permet de remettre l’élection en perspective avec rien du tout mais c’est l’intention qui compte.
Des graphistes désœuvrés et sûrement en manque d’affection ont googlé « citation triste » et ont inondé la toile de montages tous plus niais les uns que les autres ; des gens qui ne sont jamais allés plus loin que le terminus d’un TER se sont mis à affirmer haut et fort qu’ils n’iraient plus jamais aux Etats-Unis, d’autres ont improvisé des analyses de politique internationale alors que leur vrai domaine de compétence était jusqu’ici le commentaire des twists pourris de The Walking Dead.
Bref, c’était pas du niveau du 11 septembre, mais il faut reconnaître qu’on se sera quand même bien marrés. Merci à tous les participants et revenez-nous en forme pour mai 2017.
Dans la famille souvenir 2016, dur de faire l’impasse sur le 8 novembre dernier, qui a vu la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Seulement une trentaine de sondages le donnaient gagnant (contre plus de 300 l’estimant perdant), d’où le surplus d’intérêt, de surprise et de réactions diverses et variées ; forcément, la quasi intégralité de la classe politique française y est allée de son petit commentaire de circonstance, de même que certaines célébrités en tout genre.
Plusieurs télés ont couvert en direct cette « nuit américaine » pendant de longues heures, réalisant du même coup de jolies audiences. Le sujet est logiquement resté en tête des trending topics sur les réseaux sociaux pendant plus d’une journée, ce qui n’arrivera sans doute plus jusqu’à la mort de Justin Bieber. Avec le décalage horaire, dès le petit matin, la journée du 9 novembre a été assez agitée de notre côté de l’Atlantique.
Je ne sais pas si c’est quelque chose de particulièrement positif, mais cela faisait de nombreuses lunes que l’on n’avait pas été témoin d’une excitation pareille, avec tous les dégâts collatéraux que ça comporte. Rétrospectivement, c’était un des moments les plus délicieux de l’année 2016… Souvenez-vous.
Le pragmatisme
Il en faut. Certaines marques y sont allées de leur petite blagounette histoire d’exister en cette période sensible, pareil pour les annonces dans l’événementiel.
De très rares anonymes ont malgré tout rappelé que Trump c’est pas top mais qu’Hillary c’était pas Byzance (tous ceux qui ont lu « Beyonce » peuvent arrêter ici la lecture) non plus.
D’autres, plus nombreux, ont souligné le décalage des prévisions et des sondages officiels avec les résultats définitifs. C’est finement observé mais ça passe apparemment mal quand la remarque vient d’un footballeur professionnel.
Les traditionnels nuisibles sont une fois de plus sortis de leur terrier pour faire le lien forcément logique entre le succès de Trump et l’urgence de voter l’année prochaine « pour qu’une pareille catastrophe n’arrive jamais en France ».
Défendre son steak
A première vue cela se rapproche du pragmatisme, sauf que l’on parle de névrosés, angoissés et autres mégalos qui n’ont pas ou peu de connexion directe avec la réalité.
Forcément, on retrouve des politiques, Rama Yade en tête, qui a semble-t-il fait l’approche la moins subtile de toute l’histoire de Twitter, et ça inclut pourtant la drague en DM à coup de dick pics.
Le député Robert Rochefort a essayé de faire croire à tout le monde qu’il ne s’était jamais branlé dans un magasin de bricolage (pourquoi pas) à proximité d’enfants (sans doute un hasard), pensant sans doute que ça passerait ni vu ni connu grâce à l’agitation générale du moment.
Christiane Taubira a accusé Facebook d’être responsable du résultat de l’élection, parce que c’est vrai que ce serait dommage de faire l’impasse sur le classique « c’est la faute à Internet » au point où on en est. Quant à Jean Christophe Cambadélis il a joué la carte de la prise de conscience, ce qui a moyennement marché selon un échantillon représentatif de mecs pas contents.
Des courageux journalistes ont tenu à défendre l’honneur de la profession en répétant jusqu’à plus soif que non, personne ne s’était trompé ou n’avait couvert la campagne de manière orientée dans les médias US, et que même si c’était le cas bah en plus ça changeait rien.
Là où ça devient très fort, c’est que même le New York Times a reconnu ses torts dans un édito assez autocritique. On pourrait croire que cela suffirait à calmer les ardeurs corporatistes de confrères, surtout quand un océan les sépare, mais apparemment non, la peur panique du discrédit jeté potentiellement sur toute la presse est trop forte. Ce qui nous amène au point suivant.
La dignité
Des journalistes sans doute incompétents et irresponsables ont reconnu que la presse dans son ensemble s’était un peu oubliée sur ce coup-là.
La gagnante du Goncourt, qui s’était faite copieusement insultée pour cause d’arabisme lorsqu’elle a remporté la récompense, a posté plusieurs petites phrases assez calmes et posées mais surtout réalistes et assez loin du ton hystérique ambiant.
Voilà, j’espère que ça vous a plu parce que les réactions classes s’arrêtent ici.
Ceux qui en ont fait des caisses sans qu’on sache bien pourquoi
Certains malappris ont fait remarquer que ce happening était plutôt cocasse venant d’une émission qui humilie régulièrement ses propres chroniqueurs et dont l’un desdits chroniqueurs a fait le buzz avec ce qui ressemble beaucoup à une agression sexuelle, sans parler de la chroniqueuse qui a expliqué à tout le monde que son patron qui lui choppe la main pour la mettre sur sa queue c’est pas méchant, mais bon, il y a des jaloux partout. Il faut reconnaître une chose à Cyril Hanouna : son positionnement lui a valu des insultes venant à la fois de mecs d’extrême droite, de gauche, et de sans étiquettes, ce qui n’est pas donné à tout le monde.
Les réseaux sociaux, dans ce genre de situation, suscitent chez leurs utilisateurs une sorte de pulsion animale primaire qui les force à réagir le plus vite possible à l’actualité. Quand c’est pour faire des vannes c’est plutôt sympa, malheureusement une grande majorité opte systématiquement pour la pleurniche, et c’est à celui qui le fera le plus rapidement et surtout le plus fort. On a déjà connu ça avec l’épidémie des « Je suis Charlie » de doux débiles qui ont découvert après coup ce qu’était le journal, c’est évidemment insupportable mais amusant à observer. D’autant qu’ici la plupart de ces gens ne s’expriment pas en anglais, ce qui relativise légèrement la portée de leurs propos auprès du citoyen américain moyen.
Il y a aussi la version agressive : ceux qui prennent les électeurs d’outre-atlantique de haut et stigmatisent les USA comme la contrée des beaufs et de la médiocrité par excellence. Rappelons qu’on est un pays qui a déjà eu une finale Lepen vs Chirac, puis mis Sarkozy au pouvoir avant d’élire Hollande, entre autres parce que DSK ne pouvait pas se présenter suite à une accusation de viol, et qu’actuellement la présidentielle de 2017 semble dépendre de la question épineuse du cochonnou à la cantine pour les petits musulmans. Mais au moins on n’est pas américains, hashtag soulagement.
Une trentaine de personnes, qui n’ont selon toute probabilité ni famille ni amis, s’est déplacée pour manifester place de la République avant de se disperser. Ou peut-être que c’était simplement leur point de rendez-vous avant de se faire un ciné, c’est dur à dire.
Ensuite vient le grand classique : les champions qui postent des pavés en se prenant pour des porte paroles ou des guides spirituels. En général vous les reconnaissez à plusieurs traits facilement identifiables. D’abord leur texte débute toujours par une formule de fin d’épisode de sitcom des années 90 du style « je crois qu’il y a une leçon à tirer de tout ça », ensuite il y a des fautes de frappe parce que c’est écrit trop vite ; l’expression « prise de conscience » ou une similaire reviendra toujours au pire moment ; enfin, si on a affaire à un winner il se permettra de donner des précieuses leçons de vie dans une conclusion qui appelle bien évidemment à voter en 2017. On vous épargne l’illustration, vous avez tous au moins trois gros lourds de ce modèle dans vos contacts.
L’émission Quotidien nous a offert une séquence inoubliable avec ce plan sur les gens du public qui pleurent en comprenant que Monsieur Orange a gagné et que le point culminant de la carrière d’Hillary restera à jamais cet épisode de South Park où elle avait une bombe nucléaire greffée dans le vagin. C’était le spectacle le plus drôle de l’année jusqu’à ce qu’il soit détrôné par les images des paumés en pleurs il y a quelques semaines au QG de Sarkozy en apprenant sa défaite aux primaires.
Des animateurs télé ou affiliés ont exprimé leur désarroi, souvent en surjouant comme des pieds (et surjouer à l’écrit c’est pas donné à tout le monde) mais s’ils avaient du talent de ce côté on les verrait au cinéma donc c’est excusable.
C’est avec un certain plaisir que nous avons accueilli le 2 décembre dernier La petite maison de la tuerie de Billy Joe, le dernier effort en date du label Néochrome.
Écurie en pleine implosion, symbolisée par le différend entre les anciennes têtes d’affiches du label, Zekwé et Alkpote ; Néochrome serait à bout de souffle pour certains, voire synonyme d’un âge d’or désormais révolu pour d’autres. L’exigence des auditeurs n’est après tout que le résultat d’un catalogue bien fourni, étalé sur plus d’une décennie, aux réussites artistiques et commerciales reconnues. C’est dans ces conditions délicates que Granit, le producteur exécutif du label, tente tant bien que mal de garder le cap, à la tête d’un navire de plus en plus menacé par la houle.
Après quelques sorties en demi-teintes, voire disons-le, totalement passées inaperçues, la machine semble en passe d’être relancée par la dernière trouvaille du label. À la fois héritier et familier de ses pairs de par certaines analogies, Billy Joe vient grossir les rangs du label en apportant non seulement du sang frais, mais surtout un nouvel univers, très personnel, jusqu’à présent inédit dans le rap français. La petite maison de la tuerie, replacé dans son contexte, est donc un EP haut en couleur, un ultime pari un peu fou offrant au projet un capital sympathie non-négligeable. La bonne surprise, c’est qu’au travers de ses six morceaux, Billy Joe nous invite à plonger sans réserve dans son univers, et qu’en y jetant une oreille attentive, on s’aperçoit assez vite de la richesse et du potentiel dont il regorge. Le rappeur girondin nous y offre quelques envolées lyriques qui nous rappellent bel et bien que nous avons tout d’abord affaire à un pur produit Néochrome : brut, cru, sale et violent, puis, comme toujours dans un second temps, bien plus subtil et délicat que de premier abord. Avec ce premier essai solo, Billy Joe s’invite ainsi à la table des artistes à suivre pour l’année 2017. Avant cela, nous souhaitions en savoir un peu plus sur sa musique et son parcours, c’est donc retranché dans sa cabane que Billy Joe a soigneusement accepté de répondre à nos questions.
Symbole ultime de la grande tradition du rap français respectée jusqu’au moindre détail : le beau visuel annonçant une sortie le 25 Novembre … pour finalement sortir le 2 Décembre. Neochrome, pour toujours et à jamais
Propos recueillis le 21/12/2016
Le Jeune Did : Avant d’officier en solo pour Néochrome, tu as rappé avec ton groupe, BuchWood Family. Dès le départ, ton style assume ouvertement une tendance pour le white trash. En France, on l’assimilera plus facilement à des courants musicaux comme le punk ou la country. Tu mélanges habilement tous ces univers pour nous en livrer ta propre version sous forme de rap. Qu’est-ce qui t’a amené sur cette voie ?
Billy Joe : C’est sans doute générationnel. Comme toi, j’ai grandi avec le rap. Même si j’ai toujours écouté d’autres trucs, je suis vite devenu fou de ça. Plus jeune, je pouvais claquer toutes mes économies dans les disques. Et même plus tard en travaillant, il m’arrivait de claquer toute ma paye là-dedans. J’ai toujours écouté beaucoup de rap français, j’écoutais les disques jusqu’à les rayer, particulièrement ceux de la FF. Dans leur cas, je me rappelle très bien que de l’extérieur, au delà de la musique, leur travail me faisait rêver. Voir cette bande d’amis prendre du plaisir à travailler ensemble en studio, tout en s’amusant, ça me rendait envieux. Ce sont des images qui sont restées imprégnées dans ma tête.
Quel a été l’élément déclencheur qui t’a fait basculer du statut de spectateur, à celui d’acteur ?
Par une rencontre de premier abord assez anodine, mais qui s’avérera au final déterminante. Un mec de chez moi un peu fou, qui rappait. Tu pouvais le croiser par-ci par-là, qui traînait, toujours équipé de son carnet, sans cesse en train de gratter des lignes. À force de le croiser, de le voir écrire et rapper, ce gars-là m’interpellait. Il a senti l’intérêt que je pouvais lui porter et m’a en quelque sorte initié à l’écriture. De commencer à écrire, spontanément, et devant quelqu’un d’autre, c’était assez intimidant. Je me rappelle que ce mec avait une sorte de micro/oreillette qui te permettait de t’enregistrer et de t’écouter instantanément. Et en m’écoutant les premières fois, je dois dire que le résultat me plaisait assez (rires). Je prenais beaucoup de plaisir à écrire et à poser mes lignes. Je me suis donc dit pourquoi ne pas continuer tout en essayant de m’améliorer, en toute insouciance. C’était juste un petit hobby parmi tant d’autres qui, au final, m’aura définitivement donné goût pour l’écriture.
Tu pourrais situer cette période ?
Je venais d’avoir 18 ans, c’était il y a un petit peu plus de 10 ans déjà. Après je vais pas te mentir, bien que restant toujours auditeur et fan de rap, j’ai un peu perdu le truc. J’ai commencé à enchaîner les soucis, les galères, toutes sortes de conneries… bref, l’école de la vie. Je ne m’y suis remis sérieusement qu’il y a 4 ans. Et dès ce moment, je me suis dis que j’allais m’y mettre à fond. Que ce soit dans la productivité, la créativité, mais aussi dans la façon de travailler mon style. Peaufiner le flow, soigner les placements, garder le sens du rythme… Au final, sans forcément m’en rendre compte sur le coup, tout a commencé à devenir très appliqué.
Et à travers tous ces efforts, ce travail, cette recherche stylistique : à partir de quand penses-tu avoir trouvé cette griffe, qui a abouti sur ce rap redneck qui te caractérise aujourd’hui ?
À vrai dire, j’ai commencé dans l’écriture mélancolique. Dans la pure tradition de l’époque, le fameux piano-violon. J’aime l’écriture mélancolique, très introspective. Le fait de ne pas avoir eu de mère par exemple, (fait évoqué dans son freestyle #NeoWood 2 ndlr.) raconter ce genre d’aléa de la vie, l’évacuer artistiquement par l’écriture, sous forme d’exutoire. C’est quelque chose d’ancré en moi. Par la suite, le délire redneck et un peu plus rentre-dedans est arrivé naturellement. En vérité, la première question que je me suis posée était la suivante : dois-je l’oser ou non ?
Pourquoi ? Parce que personne d’autre en France ne l’avait fait avant toi ?
Affirmer musicalement sous forme de rap ce côté rural, ce n’était pas évident ! Une partie de ma famille vient vraiment de la campagne profonde. Dans ce milieu-là, tout le monde se connaît. J’appréhendais la réaction des gens que je côtoyais, surtout de ma famille, proche ou lointaine. Si tu ajoutes à cela le côté très caille-ra et bien street du rap français d’il y a quelques années, le contexte ne facilitait pas les choses ! Seulement, à force de cogiter, tu n’avances pas. Tout se fait donc finalement étape par étape : tu enregistres tout d’abord un morceau, et tu observes autour de toi, tu vérifies si ça prend. Si ce n’est pas le cas, alors tu continues de peaufiner ta musique, tu lui fais subir quelques arrangements jusqu’à ce qu’elle puisse évoluer positivement. C’est un long cheminement.
Qui a abouti sur un appel de l’écurie Néochrome. Quelle a été ta réaction lorsque la DA du label t’a abordé ?
Tout d’abord forcément surpris. Comme tout le monde qui s’intéresse de près au rap français, je connaissais très bien ce label. Jusque-là j’avais toujours fait de la musique dans mon coin. De Paris, et disons de l’ensemble du rap français, je m’en suis toujours senti assez loin. Donc qu’on vienne me chercher directement de BuchWood, ça m’a dans un premier temps surpris, forcément flatté, mais aussi interrogé. D’autant plus que pour ceux qui me connaissent suffisamment bien, dans la vie, je suis un éternel poissard ! Je n’ai jamais réussi à me dire que j’étais un bon rappeur car je ne suis jamais satisfait de ma copie. Je ne comprenais donc pas leur offre qui m’a vraiment mis la pression, on parle quand même de Néochrome, label phare et historique du rap français.
Comment expliques-tu que Néochrome t’ait choisi, et pas un autre ?
Ça a d’abord été une curiosité de leur part. Ils ont apprécié les différents projets sortis avec la BuchWood Family, le potentiel artistique que je pouvais dégager, mais aussi ma créativité sans borne, car des idées, j’en ai à la pelle. Ils ont voulu voir si je correspondais à ce qu’ils pouvaient voir et entendre à travers ma musique. Là encore, tout ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais après maintes discussions espacées sur plusieurs mois. Je suis finalement monté à Paris pour les rencontrer et enregistrer dans leur studio. Cela aura tout de même pris près de 6 mois.
Est-ce que tu penses coller à l’image du label ?
Ce qui est intéressant, c’est qu’on est venu me chercher avant tout pour mon style d’écriture très mélancolique, mais aussi technique, bien avant le côté fougueux et très énergique. De plus, vu mon passé, j’ai beaucoup de choses à raconter que je pourrais éventuellement mettre en musique. Combiner la fougue et le texte : ce sont ces deux points qui répondent aux critères Néochrome. On peut retrouver ces critères chez des artistes passés par le label comme Alkpote ou Jason Voriz. Tu t’aperçois de leur similitude, car ils sont complets : que ce soit dans l’écriture, leur personnage, et leur folie.
Que ce soit Alkpote, Jason Voriz, ou même Joe Lucazz, vous avez encore quelque chose en commun : ce sont vos références respectives, américaines, digérées et assumées jusqu’au bout. Exactement comme toi. Ce qui rend à tous votre rap pleinement maîtrisé, et surtout décomplexé. Tu as été le premier en France à apporter le style redneck au rap, or , j’ai l’impression que de plus en plus d’artistes reprennent ces codes-là sans forcément les maîtriser autant que toi, ce qui rend leur musique grossière et caricaturale, contrairement à la tienne, qui relève plus de l’hommage. Se sentir plagié ou copié, au delà de la frustration que cela puisse créer, n’est-ce pas au final une première victoire en soi, ou une première reconnaissance ?
C’est une question que je n’ai effectivement cessé de me poser ces derniers mois. J’étais dès le départ frustré par le manque de moyen dont je pouvais bénéficier afin de diffuser au maximum ma musique. J’ai donc vu défiler des copies plus ou moins conformes, sous mes yeux. Que ce soit chez des rappeurs assez confidentiels, jusqu’à certains beaucoup plus hauts placés. Tout ça, je le vois, et mon équipe aussi. Donc forcément, au départ cela m’a frustré, mais de ouf ! Tu ne peux que te sentir impuissant dans cette situation. Puis, à force d’en discuter entre nous, on a effectivement ressenti cela comme une première victoire car je suis évidemment copié, et non l’inverse. Au bout d’un certain temps, le public finira bien par s’apercevoir que j’étais le premier sur ce créneau là. Aujourd’hui, je ne peux que le prendre à la rigolade, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Après tout, si je commence par plaire aux rappeurs, je ne peux que, par la suite, plaire au public. Je ne me fais aucun souci, car j’ai l’ambition d’aller toujours plus loin, et je sais que mes idées, qui se renouvellent sans arrêt, m’y amèneront. De par mes influences bien assumées, je sais où je vais, cela finira bien par payer, que ce soit maintenant ou plus tard. Mon style, je ne le cherche pas vraiment car je l’ai dans le sang, au plus profond de moi.
Comme tu dis, au delà de toutes les influences dont tu peux te revendiquer, et avant de l’interpréter en tant que tel, ne serais-tu pas toi-même un peu redneck ? Quelle part d’authenticité dans tout cela ?
Complètement, je suis redneck comme je suis white trash. C’est ce que je suis et ce que tous ceux qui m’entourent sont. On est juste des pauvres blancs, issus du milieu rural. On est de la raclure, des pauvres au premier sens du terme, que les classes sociales plus aisées ne veulent pas voir. Ce schéma social est valable partout, dans les grandes métropoles, jusqu’aux petites communes plus ou moins reculées. Avant une quelconque couleur, ou une quelconque religion, tu as deux sortes d’individus : le riche, et le pauvre. On vit en marge, et les quartiers plus huppés se gardent bien de se mélanger à nous. Ce schéma apparaît autant aux états-unis que chez nous, en France ! Voilà pourquoi l’identification aux rednecks américains a pu être aussi forte, mais pas seulement. La zone géographique a également beaucoup joué. On vient d’une zone forestière, sauvage, où tu peux encore trouver aujourd’hui des cabanes de ceux qu’on appelle les résiniers, les mecs qui extraient la résine des arbres. Ces cabanes existent depuis des siècles, sans cesse retapées et transmises de génération en génération. Encore aujourd’hui, des gens y habitent, à l’écart de tout, ce sont d’authentiques rednecks. Donc au delà du facteur social, il y a également le facteur géographique qui fait naturellement de nous des rednecks pur jus.
As-tu l’impression de toucher un nouveau public dans le rap ?
Je pense que je réveille quelque chose, enfoui depuis des années, je mets simplement la lumière dessus. Tous ces mecs de campagne qui m’écoutent, ont en réalité pour la plupart toujours écouté du rap. Le seul modèle qui leur est majoritairement parvenu aux oreilles était jusqu’à présent celui du rap de tess. Tu peux directement t’en apercevoir chez eux de par les expressions et le langage utilisé, l’accent caille-ra importé en campagne par exemple. J’ai toujours trouvé ça dommage, car ici on a également nos codes, nos expressions, seulement personne ne les a jamais vraiment mis en avant.
En France tout du moins. Je me rappelle que dès que je t’ai découvert, tu m’as directement évoqué des artistes comme Yelawolf pour le côté purement country, et Skinhead Rob des Transplants pour le côté plus punk et rugueux.
Effectivement, Yelawolf est un des artistes que je trouve le plus complet. Il représente le haut du panier, car dans son œuvre, tout est maîtrisé artistiquement. C’est un pur white trash, chez lui tout sonne authentique, rien n’est faux, c’est tout simplement un pionnier. J’ai eu la chance d’échanger un instant avec lui lors d’un de ses concerts à Paris et c’est bel et bien lui qui m’a fait prendre conscience qu’on pouvait représenter le coin d’où l’on venait, quel qu’il soit, tant que tu transpires cette authenticité. Il y avait déjà eu auparavant des mecs comme Bubba Sparxxx, qui ont pu montrer la voie, Yelawolf l’a sublimée, sa musique est belle, saisissante, poignante, tout en gardant cette touche très professionnelle et carrée. J’ai pu saisir grâce à ce gars que même dans le rap, on pouvait s’assumer tel que l’on a toujours été.
Ton rap suscite un certain enthousiasme, mais aussi beaucoup d’incompréhension. Certains auditeurs ont d’ailleurs pu bêtement amalgamer ta musique à des courants racistes tels que le KKK, ou le White Power. Comment réagis-tu face à autant d’inculture, et aux fantasmes que ta musique peut renvoyer ?
Le mot juste et très propre est exactement celui employé : inculture. White trash ne veut pas dire White Power, l’amalgame doit sans doute venir de là. Ce que j’aime avec la musique, c’est qu’elle dépasse les frontières, et que n’importe qui peut y avoir accès. Ceux qui veulent diviser, chercheront toujours à diviser, ça ne changera pas. Ils ont justement sans doute peur de la plus grande force de la musique, qui est de fédérer et de rassembler les gens, quels que soient leurs origines.
Au delà du rap, quels ont pu être tes premiers liens avec la culture redneck ?
À travers le cinéma, notamment d’horreur. Au début je ne plaçais pas forcément de nom dessus, j’ignorais ce que pouvait signifier ce terme de redneck. Quand j’ai commencé à voir des films avec des personnages qui faisaient flipper et qui venaient de la cambrousse comme nous, ça m’a forcément marqué. C’est en côtoyant Koni K (membre de BuchWood Redneck Family ndlr) que ça m’a sauté aux yeux et que j’ai pu faire le lien entre la fiction et la réalité. Je lui disais qu’aussi bien lui que sa famille, c’étaient des purs rednecks, exactement comme dans ces films d’horreur ! Ça nous amusait, et à force de les regarder, on a pu s’y identifier. Les paysages, les cabanes, les gueules cassées, le style vestimentaire, le style de vie ! On aurait pu transposer tous ces films chez nous sans aucun problème. En plus de nous ressembler, on s’est finalement imprégné de tout cet univers jusqu’à en maîtriser les moindres codes. Il ne nous restait plus qu’à se les réapproprier, à les citer ou à les détourner, cette fois-ci sous forme de rap.
Visuellement il y a justement toutes ces références très cinématographiques. On pense évidemment à Deliverance, La Dernière Maison sur la Gauche, Détour Mortel, la liste est éminemment longue. Comment tous ces films sont arrivés jusqu’à toi ?
Pour l’anecdote, quand j’étais petit, je flippais vraiment des films d’horreur (rires) ! Le premier choc ça a été L’exorciste, je me rappelle très bien n’avoir pas su terminer le film. Ce n’est venu que beaucoup plus tard. Comme beaucoup d’autres personnes, en grandissant tu souhaites revenir sur tes plus grandes peurs, tu veux alors comprendre comment la peur est conçue cinématographiquement. Tu enchaînes donc les grandes références du genre : Massacre à la tronçonneuse, les Vendredi 13, les Freddy etc. De voir tous ces films précédemment cités, sous un œil adulte, la peur s’estompe naturellement, tu apprends à l’apprivoiser, et tu te surprends même à ce qu’elle t’amuse !
Je ne suis pas pour autant un inconditionnel du genre, je connais les références et les apprécie, je ne vais pas forcément m’amuser à suivre toute l’actualité du truc. Ce qui m’a le plus marqué, c’était les points communs qu’on pouvait avoir avec certains protagonistes dans ces films, qui étaient rarement les victimes (rires). Ma vie est vraiment hardcore, elle peut-être lourde, sombre, pesante, angoissante… bref, exactement comme dans l’ambiance que peuvent dégager ce genre de films. Ma musique s’imprègne donc inévitablement de tout cela.
Qu’est-ce qui te plaît dans la cruauté, la brutalité, ou le côté parfois malsain qui se dégage régulièrement de ce cinéma ?
Paradoxalement, l’action se situe souvent dans un cadre magnifique. Je trouve ça tout simplement beau : les grands espaces, la forêt, la nature sauvage… C’est souvent elle qui a le premier rôle au final. Elle peut être magnifique, et très cruelle à la fois. Je suis absorbé par cela, et je m’en suis toujours nourri. La nature te rappellera toujours que le matérialisme auquel on se soumet, n’a aucune valeur face à elle. Il y a donc tout d’abord de la beauté dans le cadre. On en trouve également dans cet autre paradoxe : la mocheté des visages des culs-terreux, les gueules cassées. Ils ont souvent le visage marqué par la souffrance, et donc une histoire à raconter ; ce qui les rend beaux, si tu prends le temps d’écouter ce que ces visages ont à raconter. Tout ça, c’est exactement comme par chez moi. La beauté dans la mocheté, c’est d’ailleurs quelque chose que j’évoque dans le morceau La colique a des yeux, qui est celui sur lequel j’ai eu le plus de retours. Alors que je trouve ce morceau vraiment pas terrible (rires), les gens ont du se reconnaître dedans.
Il y a aussi ce refrain mémorable. Hormis cette belle référence cinématographique, comment t’es venue cette phase incroyable : « si je te vois à travers ma chiasse, c’est que la colique à des yeux » ?
Si tu veux tout savoir, je l’ai trouvée sur les chiottes. J’étais en train de faire ce que j’avais à faire, tout en réfléchissant à une idée de clip. Je pensais à un plan où on me verrait rapper sur les toilettes, en train d’astiquer le fusil de chasse. Ce refrain est tellement beau que je vais me le tatouer d’ailleurs.
Il te reste encore de la place ?
Sur les côtes et dans le dos seulement. Après ce sera fini, je pourrai enfin passer à autre chose !
source : Instragram Billy Joe
T’as souvent besoin d’aller au bout des choses comme ça ? J’ai remarqué qu’il n’y a jamais de demi-mesure chez toi. Tu repousses sans cesse la limite, à l’extrême.
Que ce soit dans le rap, le tatouage, le skateboard… j’aime aller là où les autres osent moins. En skate par exemple, le street, le flat… c’est super, mais je préfère carrément le bowl ou les pools. Quitte à chuter et à se manger le bitume, autant le faire bien ! Tout va plus vite, les sensations sont plus fortes, c’est pareil dans mon rap, j’essaye de le pousser le plus loin possible dans l’extrême. Une fois que ce sera fait, très bien, ce ne sera donc plus à faire, je pourrai ensuite me consacrer pleinement à quelque chose d’autre. Ça peut-être n’importe quoi, pourquoi pas le tennis tiens ! Ça doit sûrement être très défoulant.
Toute cette énergie que tu dégages, rend justement ta musique calibrée pour la scène. Tu as joué le week-end dernier à Bordeaux, comment ça s’est passé ?
C’était merveilleux, le seul problème disons technique, c’est qu’on est passé en dernier, et qu’entre temps la bière nous était offerte. On est peut-être arrivés trop alcoolisés, ce qui ne nous a pas empêché de voir les retours en direct du public. Il réagissait comme dans un concert de punk : les gens pogotaient, se sautaient dessus les uns sur les autres, c’était vraiment beau. Dès que le public commence à se taper dessus, c’est toujours bon signe ! J’en aurais fait tout autant à leur place (rires) ! Le public s’est bien amusé, défoulé, on les a fait rire, il y a eu une belle interaction, c’était une super soirée. Tout BuchWood réuni sur scène, c’est vraiment quelque chose à voir.
Au niveau de tes impressions ou sensations sur scène : comment tu t’y sens et est-ce que cet espace d’expression te plaît ?
J’ai un seul problème qui n’en est peut-être pas un pour ça, au final. J’ai vraiment du mal à canaliser mon énergie. Une fois sur scène, est-ce toujours du rap ? (rires) L’ambiance est clairement plus semblable à un concert de rock’n’roll. À la fin, tout le monde sur scène et tout le public était trempé, c’était énergique du début à la fin. La scène c’est unique, tu y rencontres ton public, de nouvelles personnes, de nouveaux artistes. Donner vie à ta musique, et faire venir des gens jusqu’à toi puis les faire bouger, c’est une sensation complètement folle, sans doute la meilleure que la musique puisse t’offrir.
Une partie du public n’était pas trop déconcertée ? Vu que l’affiche était partagée, certains non avertis n’ont-ils pas eu trop peur ? (rires)
J’ai terminé le concert par un freestyle qui doit bientôt sortir, Original Perdant 2. Un freestyle que j’ai enregistré comme ça, sur un coup de rage. Je l’ai posé et toute la salle s’est arrêtée, comme choquée. À ce moment j’étais vraiment satisfait, je me suis dit que ce freestyle allait être très efficace quand Neochrome le diffusera (rires).
Tu vas bientôt ré-enregistrer sur Paris, quels projets pour la suite, maintenant que Billy Joe a été présenté ?
On va partir sur un nouvel EP, une mixtape, puis je l’espère un album.
Granit a-t-il prévu de te faire de nouveau collaborer avec des artistes du label ?
Pour l’instant avec 25G et Jason Voriz.
Tu parles du morceau Chevrotine ?
Non cette fois-ci ce sera deux morceaux différents, un feat par morceau.
Aura-t-on la chance de voir Koni K réapparaître sur le projet ? Sur ce premier EP, j’ai trouvé que les morceaux qui sortaient le plus du lot étaient ceux sur lesquels il apparaissait. Et que votre combinaison avant d’être artistique est également humaine, on ressent donc naturellement une bonne alchimie.
C’est quelque chose que je souhaite. À la base Koni K était prévu sur tous mes projets, pour le moment il est en stand-by. Je pense que le monde du rap le laisse vraiment dubitatif. C’est dommage car c’est vraiment le rappeur avec qui je souhaite aller le plus loin possible, c’est le plus redneck d’entre nous, c’est un ancien bûcheron, sa famille vient des bois… il dégage cet aspect redneck plus que quiconque. Je ne vois personne d’autre de plus authentique que lui pour représenter ce mouvement.
Comment as-tu vécu cette première sortie sous Néochrome, et comment as-tu perçu les retours ?
Avant même d’être satisfait, je dirais très surpris. Il faut savoir que l’enregistrement de cet EP commence à dater. Il a surtout été élaboré par nos soins et nos propres moyens à BuchWood, c’est à dire un peu à l’arrache. Je ne m’attendais pas à autant de retours, un premier cap a été franchi c’est évident. Vu ce qu’on a déjà enregistré depuis avec Néochrome, qui est d’une toute autre qualité, le public ne pourra qu’apprécier d’avantage.
Cette nouvelle exposition contraste encore avec ta discrétion dans les médias. Une volonté du label ?
La première étape c’était cet EP, disons en guise de présentation. Cela étant fait, tout devrait suivre logiquement petit à petit. J’explique plutôt cette discrétion par la distance. Il va donc falloir s’investir encore d’avantage, que ce soit dans la création de futurs projets, mais aussi dans leur diffusion, à travers toutes sortes de médias, comme de futurs concerts.
En espérant que toutes ces prochaines entreprises rencontrent le succès escompté, merci beaucoup pour tes réponses.
Merci à toi et à Captcha, à Genono de nous avoir relayé sur d’autres médias, et à tous ceux qui nous supportent de près ou de loin.
Moins ruff’, plus produit que »O’riginal MC’s sur une mission », l’ultime album d’Ideal J est un sommet. Le sommet de l’alchimie entre le flow haché de Kery James et les productions éclatantes de Dj Mehdi. L’évolution dans le travail de ce dernier est réelle, et les arrangements sont nombreux sur ce disque.
Seulement deux années séparent les deux seuls albums d’Ideal J, mais musicalement tout les oppose. Autant »O’riginal MC’s sur une mission » frappait par sa justesse et son coté direct, autant »Le Combat continue » brille par sa richesse.
Voici donc un bootleg compilant les morceaux qui ont permis de créer ce classique. Parce qu’il n’y a pas que le rap dans la vie, il y a aussi la bonne musique.
A télécharger ici : La Bonne Musique Vol.3 | Idéal J (pas de playlist parce que Soundcloud, Mixcloud et tous ces rats suppriment tout à cause de les droits d’autaveurs)