La légende de Takeshi Kitano

On se retrouve toujours en bord de mer, sur la plage en train de jouer au soleil ou assis à s’ennuyer pendant des heures interminables sous le climat tropical de l’extrême orient.  Kitano fume sa clope, plus par habitude que par plaisir comme tous les vieux fumeurs.  Il est assis, les épaules voutées du boxeur qui a raccroché les gants dans une vie passée, un tic qui contracte les muscles de sa pommette droite tire le coin de la bouche et cligne son œil, avec cette manière singulière d’être à la rue et en même temps à l’affût .

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Kitano dans sa vie comme dans ses films c’est d’abord et avant tout l’incarnation du loser. Dans sa vie comme dans ses films il fait rigoler tout le monde, sans doute à cause de cette étiquette de comique collée dans son dos depuis que le Japon le connait.  Avec un compère, il a commencé sa carrière à s’exécuter dans des spectacles burlesques à la télé. Ça a bien marché puisqu’encore aujourd’hui, les spectateurs dans son pays se fendent le citron dès qu’il apparait à l’écran même dans des sujets aussi sérieux que Battle Royale, film qui a largement inspiré la version sucette à la fraise des Hunger Games. Nul n’est prophète dans son pays : ses films ne marchent pas au Japon. La plupart du temps on le retrouve en flic ou en Yakuza. Quand il est flic, il est souvent un flic minable ; quand il est Yakuza, c’est  aussi souvent un sous-fifre qui se fait gueuler dessus par son boss de la mafia.

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Ivre (virgule) au milieu des années 90, un soir il décide de se jeter en mobylette contre un mur, sans doute pour faire taire les voix des différents personnages qui parlaient dans sa tête. Il en ressortira avec la partie droite de son visage paralysée. Il ne s’en plaint pas plus que ça, et quand il s’agit de faire l’acteur, il dit que d’avoir juste le côté gauche pour faire part des expressions du visage ajoute de la sobriété à son personnage ; un peu comme Jean Gabin qui n’en faisait jamais des tonnes et jouait à l’économie. Dans la réalisation des ses films aussi il joue à l’économie : il fait rarement plus d’une prise et si la prise n’est pas bonne au montage, il mettra les rushs de l’essai de la prise ou l’audio avec une autre scène, ou il enlèvera la scène.  Un peu comme si il n’avait pas que ça à foutre. Et il semblerait en effet qu’il n’ait pas que ça à foutre : derrière l’attitude de loser, qui rigole bêtement en haussant les épaules il y a l’homme hyper productif, hyper actif, prolifique en somme : en plus d’être comique à la télé, Takeshi est aussi  animateur de talk show, peintre– on aperçoit souvent ses tableaux dans ses films –, sculpteur, poète, écrivain , créateur de jeux vidéos, et même chanteur ; et bien sûr, réalisateur et acteur dans ses propres films ou ceux des autres.

On est pas sur le même barreau de l’échelle selon qu’on est un voyou, un dur, un caïd ou un O.G. Des voyous, y en a jusqu’en bas de ton immeuble, y en a même dans ta famille ; les durs ils sont plein les salles de muscu à écouter Or Noir de Kaaris en se posant des questions existentielles autour de leur gros doigt de pied ; des caïds y en a partout, des petits, des gros, armés à l’automatique ou un couteau. Mais des gangsters, ça court pas les rues ni les quartiers, les gangsters on en voit rarement et quand on en a vu un, c’est par erreur, ça aurait pas du arriver ; la dernière fois que t’as vu un gangster t’as bredouillé que t’avais rien vu et depuis on t’a plus revu. dolls cerezoCe qu’a réussi à faire Kevin Spacey avec l’interprétation de Keyser Sauze dans Usual Suspect,  Takeshi Kitano l’a fait dans une grande partie de sa filmographie comme dans sa vie et on peux le résumer par cette formule : passer d’abord pour un con pour ensuite passer à tout le monde un savon.

La légende rapporte que son père était Yakuza. La légende raconte qu’une femme par le passé a consumé le cœur de Kitano et cette histoire serait racontée dans le film Dolls, un film qui parle d’amour, de mort et de cerisiers en fleur. La légende dit que Kitano dort dix à douze heures par nuit et que même le tremblement de terre de Kobe ne l’a pas tiré de son sommeil. Quand il dort, Kitano se repose entre les morts. Quand il s’ennuie, Kitano se retrouve au bord de la mer, sur la plage, pendant des heures interminables, sous le climat tropical de l’extrême orient.

La criminalité organisée nationale et transnationale abordée à travers … GB Paris vol.1

Si l’album Scarface d’Afrique préfigurait par son nom une profusion de références à la criminalité organisée, que dire de Grand Banditisme Paris 1 d’Hype et Sazamyzy, un album qui accueille par ailleurs le fleuron de l’indépendant français sur un total de 17 pistes. Lire la suite « La criminalité organisée nationale et transnationale abordée à travers … GB Paris vol.1 »

Téléchargement / écoute : Dosseh (best-of)

Pour commencer comme il faut cette année, et dans la lignée de nos différentes mixtapes sorties récemment, Captcha t’offre aujourd’hui une mixtape spéciale Dosseh. La sélection est entièrement subjective et comporte les sons qui m’ont le plus frappé depuis le début de sa carrière. Donc si tu penses qu’il y a des titres oubliés je te suggère gentiment d’aller te faire enculer de me le faire savoir via twitter ou commentaire.

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Tu cliques sur l’image pour télécharger, ou tu descends plus bas pour écouter le mix.

Cela sera également une bonne manière de patienter avant la sortie de son premier Album / Perestroika repoussé à 2014. Bien que n’ayant pas sorti d’album pour le moment, la discographie de l’artiste est déjà bien soignée :

Bolides (2004)

Bolides Vol 2 (2008)

Desperadoss (2011)

Summer Crack (2011)

Summer Crack Vol 2 (2012)

Karma (2013)

Perestroika (?)

 

Si vous voulez en savoir plus sur le bonhomme je vous recommande de lire les excellents papiers des potos du Blavog ici et la. J’ai essayé de faire un parcours chronologique avec les morceaux les plus marquant de sa carrière … Bonne écoute.

Tracklist :

 

  1. Je Suis

  2. Pharaonique

  3. Prototype (Feat Despo Rutti)

  4. Aigle Royal

  5. Frere d’arme (feat Pit Baccardi)

  6. OGM (Feat Rim K)

  7. Qui t’a menti (feat. Ol Kainry)

  8. Non Stop

  9. 45 Scientific (Feat Booba)

  10. Poete Maudit (Feat Despo Rutti)

  11. Desperadoss

  12. 1001 Questions

  13. Gin And Juice Remix (feat Niro)

  14. Pirates (feat Kaaris)

  15. Cliché

  16. Mon Gang

  17. Perestroika

  18. IGO

  19. Survet et Costard

  20. Gagnam Style Trap Remix

  21. Dosseh Adios

Les 5 Commandements du Rap Barbouzard en 5 Classiques!

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Nombreux sont ceux qui se sont attelés au concept des « Commandements » avant moi … Et pas des moindres :

Moïse / « The Ten Commandments Of God »,

Prince Buster / «  10 Commandments »,

Princess Buster / «  10 Commandments (from woman to man)»,

Keith Sweat / « 10 Commandments Of Love »,

The Notorious B.I.G. / «  10 Crack Commandments »,

Cappadonna / « 10 Commandments Of The Street »,

Yung Texxus / «  10 Rap Commandments »,
DJ’s Mike Danger & Beatnick / « Ten Trap Commandments » etc …

Contrairement aux anciens écrivains underground de romans policiers, pour la plupart rémunérés au mot, j’écris ici pour la gloire … Du coup, ci-joint non pas 10, mais 5 Commandements au rabais. Sorte de G-code maison qui énumère certaines règles à ne pas transgresser si tu veux prospérer sur le biz bien établi du rap et de la vie, quitte à devenir blindé comme Jé$u$ tout en restant intègre comme Cré$u$. Ou le contraire. En piste.

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1er Commandement : « Ne prends pas de drogues avec tes ennemis »

Bon, tu n’es plus en 1960/1970, fiston. L’autodestruction est devenue à peu près aussi subversive que Miley Cyrus. En plus, l’herbe n’est plus synonyme de partage et convivialité. Rappelle-toi, les amérindiens ont partagé le calumet avec les colons Blancs dans la backroom de leurs tipis à la forme pyramidale. Résultat des courses : massacres, puis ségrégation !
Depuis la kush a poussé des idiots qui ne fumaient pourtant pas à dire bon nombre d’inepties. Jadis, le « Mc Carthy de la drogue » Harry Anslinger (1892-1975) avait légiféré sur l’effet nocif de l’herbe sur les communistes et les « races dégénérées » (sic) dixit :
« Leur musique satanique, jazz & swing, est le résultat de leur consommation de marijuana. Cette marijuana pousse les femmes blanches à entretenir des relations sexuelles avec les négros, les gens du spectacle et les autres. L’herbe fait penser à ces négros qu’ils sont l’équivalent des Blancs ! »
Bon, vas-y mollo avec le très addictif syrup, lequel te rendra aussi lent que le Marseille-Vintimille, puis, à la longue, te fera ressembler à une barrique. Vigilance sur les drogues synthétiques à moins que tu veuilles ressembler à Charly Sheen. Oui, sauf que Charly est fils de Martin, sa star de daron auquel il a volé la carte bancaire pour s’envoyer son premier rail de coke et négocier son dépucelage avec une prostituée de Las Vegas. C’est bien simple, Charly Sheen peut se défoncer en toute liberté vu qu’il n’a pas/plus d’ami depuis qu’il ruiné sa carrière d’acteur en vivant une vie sans le moindre mensonge, existence aux proportions homériques qui captive les âmes damnées.
Bref, si tu as le moindre doute, (ré)écoute feu Notorious Big qui racontait ceci dans « Warning »:
« It’s the one’s that smoke blunts withcha, see your piccha, now they wanna grab they gunz and come and getcha … »

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2ème Commandement : « Serpent qui danse n’évoque pas obligatoirement amour charnel et passionnel »

Rappelle-toi, le Serpent du Jardin d’Éden est l’initiateur du mensonge. Depuis, les afro-américains l’ont cuisiné à leur propre sauce, faisant du serpent une connotation sexuelle familière et implicite. En fait, l’imagerie animale issue de l’ensemble des croyances importées d’Afrique enrichissait la chanson de superstitions obscures et de métaphores zoomorphiques. Il fut une époque où tout le monde se bidonnait en écoutant ces mélopées qui parlaient de « serpent noir qui rampe le long de son gros cul » (sic), oui tout le monde … sauf les Blancs et les enfants. Imaginez une seule seconde la saveur du truc !
Quant au rap, il a inventé le « snake azz nigga » – antithèse du « main nigga » – ou l’esprit pervers qui te sourit à pleines dents mais qui ondule, rampe et finit par s’enrouler autour de ton cou … dixit Kevin Gates dans « Snake Nigga »
«Snake nigga’s try to put my money in a ceiling / Pow, pow, nigga that’s the main missing / You wish nigga out of too families / My mama she told me go get it / Conviction, convictions go get it / Go get it, go get it, go get it / Conviction, convictions go get it. »

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3ème Commandement : « Range ta banane si tu ne possèdes pas la carte bancaire qui fait Trap, Boom, Bling ! »

On te l’a dit et répété mille et une fois :  « L’amour n’est pas un bouquet de violette, fiston ! ». Si tu persévères, tu vas l’apprendre à tes dépends. J’ai entendu dire que tu la joues clubbish sans les pourliches, que tu rappes à demi-mots et n’as pas la glace trois-boules tatouée sur la joue ? Brrrr … Tu vas droit dans le mur mon garçon. L’humour et le baratin ça va cinq minutes … les filles te le diront mieux que moi.
Hein, tu me traites de rabat-joie ? Ouvre grandes tes esgourdes, dans « Face Card » le trap king explique de A à Z en quoi consiste la flambe clubbish:
« New Gucci boots but fuck the shoe laces / Smoking on purp that smell just like grapes / And I don’t smoke mid, I don’t like the taste / Buy my ace of spades by the case and I don’t have to pay I just use my face. »

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4ème Commandement : « Ne soutiens jamais un candidat politique ou tu deviendras une sorte de ‘pimp cheap’ de la rime centriste ! »

Pas envie de les nommer. Tu les reconnaîtras, ils parlent haut et fort. Ils ne parlent pas uniquement de ces rappeurs illustres qui en disent plus sur notre époque que les plus brillants développements, ils jactent à la télé quand tu es absent. On sait tous ce que  deviennent les MC’s politico-médiatiquement engagés. Centre gauche ? Divers droite ? W9, CNN, Canal +, Captcha TV … Le Cirque Pinder tout ça. Quand ils intègrent le truc , pour ne pas se tromper, ils doivent se rappeler la morale des autres. Un calvaire, fiston, les compromis ça les abîme.
Ils leur est publiquement interdit de dire de leurs patrons qui les emploient que « leurs femmes sont laides, leurs mentalités à chier, que leurs vies sont minables ! » Je te jure, la prison n’est rien à côté.
Tous ont oublié que la vie du G est en tout point semblable à la solitude du coureur de fond … oublié qu’on demeure seul pour survivre, seul pour crever. C’est pas seulement moi qui le dit, il y a aussi Z-Ro dans « Happy Alone » :
« I’m cool as a popsicle, in the freezer in the winter time / But I’m a damn fool, and I have about respect so give me mine (…) My attitude is leave me the fuck alone / I know they don’t give a fuck about me / I promise I’ll be happy alone / Whether you see me on TV or these streets / I’m not a rapper homie, I’m just a G. »

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5ème Commandement : « Remballe ton pistolet à eau, puis en ce qui concerne les cookies, ralenti, fiston, ralenti … »

Bon, je sais, je ne suis ni ton père, ni ton frère. Pourtant, sais-tu que tu vas faire de la peine à ta mère si tu files du mauvais coton ? J’ai entendu dire que tu trimballes un glock dans la poche de ton futal et que tu incarnes à toi tout seul, Franck Matthews, Supreme Mc Griffith et Curtis Snow réunis ? Ralenti, fiston ralenti, la rue est un vrai schmilblick. Tu es un condamné à mort qui ne vaut pas le prix du projectile qui va trouer ta carcasse de gangster en goguette.
Entends-tu sonner le glas de « Scary » de feu Doe-B. La rue il a connu, il a payé cher sa dette. En ce qui concerne les cookies, mets un bémol une bonne fois pour toutes … Puis remballe ton pistolet à eau, fiston.
« I bet that white bitch ain’t no human, we bring her down to pieces and spread her out to the community. »

10 albums de Décembre 2013 / Janvier 2014

Le passage de 2013 à 2014 a sûrement été un vrai choc pour la plupart d’entre nous. Entre haleines trop alcoolisées, freins trop rongés ou réputations trop souillées, le tableau ne fait que moyennement envie. Rassure-toi, pour t’aider à changer ce vieux slip sale qu’est 2013, je te propose une sélection de quelques projets musicaux qui valent le coup. Espèce de gros dégueulasse.

Clams Casino – Instrumental Mixtape 3

Le beatmaker spécialisé dans le cloud rap qui a tout cassé notamment grâce à Lil B a sorti sa troisième tape avec deux sons pas encore utilisés. C’est toujours aussi cool d’écouter ses basses toutes douces de temps à autre. Dispo ici

Childish Gambino – because the internet

Avec mes potes on adore le comparer à une sorte de Drake version 2.0. Le mec chantonne, rappe et se nique un putain de missile atomique au prénom imprononçable (Jhene Aiko). Childish avait déjà sorti quelques mixtapes assez intéressantes, avec des prods farfelues et des collaborations étonnantes, et là il nous délivre un album vraiment dans l’air du temps : internet. Le disque est bizarrement foutu, à la manière d’un livre avec des chapitres, sauf qu’ils se répètent, un truc assez indescriptible qu’on pourrait comparait à une sorte de bordel cohérent, principe que les femmes ne comprendront bien évidemment pas. C’est une belle descente aux enfers enrobée d’amour et de haine, c’est sympathique et ça change, une fois de plus, de la trap et de sa violence exploitée sous tous les angles.

Fredo Santana – It’s A Scary Site 2

Ben tiens, en parlant de trap, en veux-tu en voilà. Fredo Satana, aka le petit-fils de Satan, aka Pain d’Epice, aka jouflu, aka petit bide, aka 47 (guette le jeu de mot) revient avec encore une nouvelle mixtape dans la lignée de la Drill chicagoenne : quantité et violence extrême. Fredo n’est pas connu (on le répète) pour la qualité de ses enregistrement ou même la qualité de ses raps, ça c’est sûr. Mais même si son projet ressemble à une grosse brique quasiment impossible à avaler, c’est toujours agréable de lancer quelques titres choisis au préalable pour faire des pompes de cow-boys tout en fredonnant d’énormes atrocités durant les temps de repos en sueur.

King Louie – Drilluminati 2

Après avoir sorti Driluminati premier du nom fin 2012, King Louie et son grand front (rien à voir avec la petite-amie de La Fouine hein) sont revenus pour larguer le deuxième opus. Plus cohérent, moins de gros bangers certes, mais plus compréhensible et digérable sur la longueur, cette deuxième brique apportée à l’édifice m’a personnellement fait espérer un vrai album bien monté de A à Z, histoire de bien s’avoiner la gueule. Note spéciale pour le titre « Again », où l’on peut remarquer que la prod a été faite par un maçon adepte du marteau-piqueur bien lourd et puissant.

Busta Rhymes & Q-Tip – The Abstract & The Dragon

J’ai pas du tout écouté cette tape par manque de temps. Du coup je préfère être honnête, mais selon les dires c’est un truc fait par des mecs de 40 piges et qui eux assurent bien plus qu’un ancien accro aux amphétamines peroxydé. Mais c’est disponible gratuitement ICI.
http://www.livemixtapes.com/embed.php?album_id=25325

OppositionC & Koursky Lion – The Promethazine Elevator II : The Dawn Of Bermuda Lee

Certaines personnes se doivent de faire des choses ensemble pour l’humanité. C’est le cas du rappeur OppositionC (Floride) et le beatmakeur Koursky Lion (Loire-Atlantique), tu vas me dire qu’il y a un peu plus simple comme rencontre, ce à quoi je te répondrai d’aller te faire enculer même si tu as raison. Nos deux comparses sont soudés comme deux couilles bien installées à la base d’une longue verge bien dure enfoncée dans le cadavre d’une morte-vivante de série B à la langue cisaillée et avide de cocktail au sperme et au sang. C’est impossible de passer à côté de leur mixtape aux odeurs cadavériques, aux bruits de portes qui claquent trop fort et aux paroles aussi dérangées que subtiles : le lien bandcamp.

http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=865932488/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/artwork=small/transparent=true/

Young Scooter – Street Lottery 2

Tous les suceurs qui ont sucé le premier volet se voient actuellement obligés de sucer ce volet.
Tous les mecs qui ne comprennent pas la musique de Scooter ne la comprendront toujours pas dans ce volet.
Toutes les meufs qui ont eu des rapports sexuels avec ma personne sont arrivées avec un carpaccio et sont reparties avec un chou-fleur.
Pardon.
Et certaines personnes n’ayant pas accroché au premier volet, trouveront celui-là relativement cool, sans vraie raison valable. C’est vrai que le rap vachement simpliste (personnellement je le trouve simpliste, cela n’engage que moi, ne venez pas me mettre de gifle, vous risqueriez de vous faire mal) de sir Scooter peut laisser perplexe, mais j’ai l’impression que les prods sont meilleures, tout comme le chantonnement de Scooter. Dispo ICI

Hits Alive – Triple 6 Vol.2

Une mixtape de prods faite par 2 beatmakeurs qui ont monté quelques prods pour le dernier album de Seth Zgeg. C’est très très bon, ya une vraie ambiance d’horreur (encore, je sais) et chaque morceau est accompagné d’une putain (celle qui a la voix de Google Trad je crois) qui dit des saloperies « BisousBaveux », et des choses un peu plus censées « Sachez que dans chaque barbu, il y a un rasoir qui sommeille ». Dispo à cette adresse légalement et gratuitement.

Autres trucs

Il  y a aussi les compils de fin d’année de Pure Baking Soda comme les pépites de Gucci Mane (qui m’a presque fait pleurer) et l’album secret de Future (qui vous réconciliera avec lui si vous étiez un peu en grippe) que je ne peux que vous conseiller d’écouter. Et ce son de Tree (extrait de son prochain projet) aussi qui a été mis dans une liste de je ne sais trop quoi faite par RedBull :

Rap-game et dinosaures

Kaaris a récemment remis au goût du jour la métaphore du dinosaure, en établissant dans AMG63 une comparaison aussi puissante qu’efficace : « elles se déboitent les babines quand elles sucent le dinosaure« . Animalisation classique mais inventive, elle a produit un effet certain sur un public pas forcément préparé à ce type de punchline préhistorique, même si la mâchoire de dinosaure avait déjà été usitée par l’Oncle Tom (« J’compte croquer la vie avec une mâchoire de dinosaure« ) :

 

 

 

 

 

 

Pourtant, le rap français regorge de références aux monstres du passé. Tantôt par une métaphore sexuelle, tantôt par une référence peu judicieuse à la préhistoire, le rappeur-lambda aime se rappeler au bon souvenir des biscuits Dinosaurus des goûters de son enfance … Une madeleine de Proust parfaitement assumée par LeBoy Krisy’B dans Vraiment moi :  « J’ai pas tourné autour du pot donc j’ai aligné quelques mots du genre : Fuck You ! tout en mangeant mes petits dinosaures« .

29266 - comic dinosaur nazi velociraptorMais la majeure partie du temps, le lyriciste utilise la figure du dino pour se viriliser. Kaaris posséderait selon lui « le torse et les triceps du tricératops » (Bébé). Hyacinthe, quand à lui, trouve le moyen de comparer sa bite à un animal préhistorique : « Ankylosaure, la queue est longue et le bout est gros » (Rap Game Nuit sans Fin). La métaphore est bien souvent sexuelle, et Taïpan considère être « au rap ce qu’un putain de tyrannosaure est à la levrette » (Rien à Prouver).

Mais contrairement aux idées reçues, le tyrannosaure n’est pas forcément le plus populaire chez les rappeurs : le vélociraptor, rendu célèbre par sa représentation erronée dans Jurassik Park, est l’un des plus cités : « Evite de clash un vélociraptor » (GringeEnnemi d’état.com) ; « touche à mon bifteck, j’suis pire qu’un Vélociraptor » (Deen BurbigoPartiel de punchlines -chez NeoBoto-). Différentes écoles s’affrontent pour déterminer le sort à réserver aux reptiles géants : si Dooz Kawa préfère leur réserve la corde et le tabouret (« les dinosaures d’un monde perdu on les a vus et bien pendus pour oublier que l’heure est grave » – Message Aux Anges Noirs), Médine préfère les prendre en bouche (« les dinosaures de Brazzaville ont déversé leur poison » – Lecture aléatoire).

« J’suis un fuckin dinosaure, old-school dans ma tête » (FiligraNNVentre Du Dragon) … l’animal préhistorique est bien évidemment synonyme d’ancêtre, et s’associe naturellement à l’ancienne école. Poulpix en donne une nouvelle illustration dans 60 Kilogrammes, lui qui est « tellement old-school qu’il se déplace en ptérodactyle« . Le dinosaure volant est mentionné également par Swift Guad dans Vautour : « volatile et nécrophage, descendant du ptérodactyle« . 3010 a quand à lui une « attitude en or, swag de dinosaure » (Bienvenue dans le Premium). Difficile à confirmer, d’une part parce que le swag de 3010 est tout à fait subjectif, et d’autre part car la qualité première d’un dinosaure n’est pas forcément d’être soin. Au contraire, il est régulièrement utilisé pour ridiculiser l’adversaire : « A côté de moi t’as l’air d’un fossile, t’es encore à l’époque du pterodactyle » (Hastero KidHastero) ou encore le moins académique « bandes de fuckin’ tas de fiantes de diplodocus lépreux » de Freddy Gruesum dans Admirez. Toujours dans le domaine « peu académique », citons l’inévitable Seth Gueko, qui « baise les putes comme un dinosaure » dans Bafana Remix. Il convient alors de se demander si les reptiles géants étaient réellement adeptes de prostituées …

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Médine (à nouveau) aura peut-être la réponse, lui qui se pose en véritable expert des vertébrés diapsides du passé : « les dinosaures ont disparu par manque d’adaptation » (Oracle). Une superbe analyse de spécialiste. Se positionnant dans le même registre, Keny Arkana se décrit dans Odyssée d’une Incomprise comme « descendante des étoiles, pas des singes, encore moins des dinosaures » (attention tout de même : scientifiquement, la filiation génétique entre la rappeuse et les astres lumineux reste tout de même à prouver). Plus habitué au Club Dorothée qu’aux bancs de l’école, Vidji (5 Majeur) se trouve quant à lui « désolé si Denver n’est pas le dernier des dinosaures » (On pèse). D’autres donnent la même impression de ne pas avoir fréquenté assidument les établissements de l’Éducation Nationale, non pas par manque de documentation scientifique, mais simplement par le sens sibyllin de leurs lyrics : « j’back avec des evil buzz à dos du minotaure, j’réanime les dinosaures » (Maybe WatsonMange un char).

Dernier trublion à avoir esquivé avec soin les institutrices (sauf peut-être pour leur offrir le rôle principal d’un snuff movie), Alkpote a pour lui un véritable motif d’absence dans son carnet de correspondance : « J’encule les ptérodactyles« .

Alkpote avec des dinosaures nazis
Alkpote avec des dinosaures nazis