Bigg Me$a arbore le symbole du dollar dans son blase, il exhibe pendentifs brillants et dents métallisées dans son clip. La pochette de son EP met en scène un ours en peluche hustler, et le Roi Heenok gratifie le Bigg Lire la suite « Bigg Me$a – Gros Gramme 1.1 »
Catégorie : Captcha Mag
Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 3)
A lire si ce n’est pas déjà fait : partie 1 – partie 2
Quand il n’y en a plus, il y en a encore…nous poursuivons, et achevons maintenant notre vaste enquête sur la sexualité débridée des rappeurs français. Une sexualité hors de toutes conventions, faite toute à la fois de relations homosexuelles, de plans culs zoophiles et de viols en réunion. En deux articles nous avons déjà pu constater que nos mc nationaux avaient de quoi s’inquiéter quant à leur vie sexuelle, mais, non content d’avoir déceler chez eux des caractéristiques gérontophiles ou sadomasochistes , Captcha Mag est reparti sur le ter-ter, pour relever dans le rap game des tendances exhibitionnistes, fétichistes et pédophiles. A cela s’ajoute un attrait pour des paraphilies peu communes : la salirophilie et la mysophilie, qui correspondent peu ou proue au fait de baiser dans la crasse et la saleté …
ON FAIT CA SALEMENT
Si l’on en croit les textes des rappeurs français, leurs bites sont aussi dirty que leurs beats. Evidemment, c’est à l’Empereur de la crasserie Alkpote que nous devons donner la parole en premier : « mon zizi sale attire les rates » s’exclame-t-il avec une certaine fierté dans L’empereur. Un petit retour à l’article précédant vous permettra de saisir le pourquoi du comment de la présence d’animaux ici, Alk faisait partie de la ligue des zoophiles du rap français. Il révèle désormais qu’il appartient également à celle des mysophiles, ces personnes excitées par les choses ou personnes souillées. La sombre gargouille puante du 91 laisse tomber toutes les règles d’hygiène. Mycoses sur le sexe et moisissure sous les roubignolles, Alkpote arrive dans la boite pour choper de la gonzesse crado. Car, oui, Alk exige de ses partenaire sexuelles qu’ils soient tout aussi peu portés sur la propreté que lui. D’ailleurs il n’aime que les femmes qui ont une expérience en la matière, et ne va pas fourrer sa teub dégueulasse dans n’importe quelle bouche lavée : « Les petites garces que je partouze on pipé trop de clodos sales » ! Quand il explique cela sur Sisisi gros, on comprend bien que le casting pour les bukkakes avec Gainzbeur est assez exigeant. Visiblement, n’importe quelle crasseuse n’est pas conviée, seules celles ayant copulé avec des sans abris pas lavés depuis un certain temps ont le droit de pomper le loustic. Et pour le coup, il ne semble pas mettre d’eau de Cologne sur son engin, comme il s’en était pourtant vanté dans le poème intitulé Sucez moi !

Les pratiques de Taipan, le protégé de Youfoufa, sont tout aussi peu ragoûtantes. Si son discours s’est un tantinet aseptisé depuis sa signature chez Bomayé Music, le bougre, dans sa discographie compte quelques phrases choc sur sa vie sexuelle. Par exemple dans Muscle d’amour, il invite une femme à venir partager quelques moments de plaisir avec lui. Au programme un peu d’urolagnie, comprenez, des jeux coquins fondés sur l’urine. « Viens avec ton dentifrice, tu me toucheras mon zizi, je te toucherai ton pipi » dit-il. L’utilisation du futur ne permet pas de douter une seconde de ce qui se passera dans la chambre du rappeur, qui ira mettre ses mains dans la pisse de sa copine. C’est extrêmement immonde, mais ce n’est malheureusement qu’un début…Et c’est un autre rappeur blanc, beauf de France à ses heures qui vient nous raconter ce qui lui plait chez une femme. En toute poésie, Orelsan étale un peu sa passion ménophile, ou en d’autres termes, son attirance pour les menstruations, en écrivant dans Jimmy Punchline « J’crache dans tes règles ça fait ketchup mayo, j’te baise sur un tas de bois t’attrapes une syphilis de derrière les fagots ». Aussi rouge que soit la rivière, Aurélien y fait quand même passer la pirogue, et n’hésite pas à la décharger un peu en chemin. Appréciez la jolie référence culinaire ketchup/mayo, et profitez en pour ne pas vous imaginer Orelsan en train de bouffer un grec sauce sperme/ragnana.
Booba est lui aussi un rappeur ménophile, et fier . Certes sa position a semble-t-il évolué au cours de sa carrière, puisqu’il ordonne aujourd’hui à sa femme d’aller se « passer la chatte au carwash » , mais à l’époque de Civilisés, il tenait tellement à voir l’hémoglobine vaginale couler pendant l’amour, qu’il disait «je te fais saigner quand t’as pas tes règles ». Bien plus tard, sur Gangster, il ira plus loin, assumant totalement son fantasme dégueulasse, à base de « sanguinaire, j’te baise même quand t’as tes gle-ré !» Au passage nous pouvons noter la proximité phonique de gle-ré avec glaire. Le duc, depuis qu’il a été cité par la Nouvelle Revue Française, se sent pousser des ailes et joue avec la langue française comme peu avant lui.Le choix du verlan dans la phrase citée n’est donc pas anodin, puisqu’il renvoie immédiatement l’auditeur à un image peu appétissante du sang mêlé à la morve …
OU TU VOUDRAS, COMME TU VOUDRAS
Absent depuis le début de cet article, vous vous demandiez peut être ce que devenait Salif. Rassurez vous, quand il s’agit de parler de paraphilies, le Boulogne Boy n’est jamais très loin. Il se manifeste maintenant pour que l’on s’attarde un peu sur une de ses pratiques favorites, à savoir l’exhibitionnisme. Salif, comme on l’a vu, aime déjà un certain nombres de choses étranges en terme de sexe, mais en plus, il adore faire cela en public. En règle générale, il a une préférence pour un environnement urbain ou périurbain, au beau milieu d’une cité éventuellement cela ne semble pas le déranger, bien au contraire, lui qui sur Je t’aime moi non plus fait des avances à sa douce : « dans le local ou dans la cave on fera l’amour ».
La cave n’est certes pas un lieu public et a priori on y copule en toute tranquillité, mais pour local en revanche, si l’on part du principe qu’il s’agit d’un local à poubelles, il en est tout autrement ! Déjà, c’est un endroit sale, ce qui laisse penser que Salif a lui aussi un penchant mysophile. Mais c’est aussi un lieu de passage, tous les riverains venant y poser leurs ordures, poubelles et compost. Autant dire que coucher dans un local à poubelles est un bon moyen d’être vu par tout le monde, ce qui n’est pas sans exciter Salif. Il aime beaucoup s’exhiber, et dans le même morceau évoque la possibilité de s’énamourer et de « te cracher dans la bouche, dans la cage d’escalier ». Les escaliers semblent d’ailleurs pas mal attirer les rappeurs du pont de sèvres, puisque LIM vient soutenir la même cause. Sur le titre Bienvenue dans le four il se vante d’avoir « baisé ta femme dans [ses] escaliers ». On peut noter l’emploi du possessif, LIM dit « mes escaliers » et veut montrer qu’il s’est approprié le lieu. Les escaliers de son bloc sont les siens, à lui, parce qu’il y baise plus souvent que tous les autres et parce que s’il n’en est pas propriétaire, il a malgré tout un droit de préséance quand il s’agit de dévergonder des pucelles en ce lieu sordide.
Le fétichisme est également un délire assez présent dans les cerveaux malades de nos rappeurs. Il prend diverses formes, parfois très surprenantes, surtout lorsque le fantasme porte sur des objets de 420 tonnes pour 935m² de surface, comme c’est le cas chez Sultan. L’homme à l’origine de la plus grande honte de tous les habitants de Bagneux, bien devant Youssouf Fofana, révèle en effet sur le titre Le mzé qu’il a eu des relations sexuelles avec des satellites. Il dit joyeusement « j’ai mis la barre tellement haut, j’ai niqué des satellites », ce qui nous laisse donc penser que le mc a éventuellement tenter de fourrer la station spatiale internationale, ISS, dont les mensurations laissent pantois. Nous avons bien affaire dans le cas présent à une forme très grave de fétichisme, et nous suggérons à Sultan, pour sortir de cette folie, de se mettre le satellite dans le cul une bonne fois pour toute, et de ne plus toucher un micro. A moins qu’il aille s’amuser avec Joke, du coté de la camargue, au milieu d’une flore épanouissante qui permet au rappeur montpelliérain d’assouvir ses pulsions fétichistes. Sa passion à lui consiste à faire l’amour en utilisant des plantes comme stimulant sexuel. Il est permis de parler de dendrophilie. Joke qui est apparemment connaisseur, se fait très précis sur la plante qu’il utilise pour vous chatouiller la fleur mesdames, et l’herueux élu est un roseau , qu’il vous « met dans la choune », si l’on en croit ses dires sur Scorpion…
Exhibitionnisme et fétichisme font donc parties des moult paraphilies courantes dans le rap français. Aux yeux de la loi, la première est répréhensible. Mais en même temps, les rappeurs s’en foutent pas mal, et dans la logique d’une surenchère permanente et d’une provocation croissante contre le forces de l’ordre, ils n’hésitent plus à crier sur tous les toits leurs petits plaisirs pédophiles.
POINTEURS ET PEDOPHILES
Pour finir cette investigation sur les paraphilies du rap français, il est nécessaire d’examiner de près la plus honteuse de toutes les déviances sexuelles : la pédophilie. Si le clash La Fouine versuce Booba a été l’occasion pour le Duc de porter quelques coups bas à son adversaire, le surnommant Emile Laounizi, Captca Mag suggère à Booba de s’occuper de sa propre vie sexuelle avant d’aller emmerder les autres. Loin d’être innocent en matière de pointage de gamines, Booba a revendiqué dès l’album Ouest Side, sur Le météore, son envie de sortir son zgueg au milieu du bac à sable. A l’époque il ne dénigrait pas du tout Emile Louis, au contraire il lui rendait hommage et se comparait à lui « J’te baise comme Emile Louis »… Pédophile réputé et respecté dans le milieu des pointeurs, Emile Louis a été condamné à deux reprises pour atteintes sexuelles sur mineures. Il partage avec Booba un évident manque d’affection, ce qui peut en partie expliquer pourquoi B2o se reconnaît dans ce pédophile.
Peut être n’est il pas le seul rappeur à éprouver une certaine sympathie pour Emile Louis, et la vision de Seth Gueko et Alkpote sur la pédophilie peuvent laisser penser qu’eux aussi admirent le bonhomme, et en envient la vie sexuelle agitée. Seth Guex n’a-t-il pas appelé un de ses morceaux Emile Louis Vuitton ? Lui qui menace de temps à autre une enfant à base de « Gamine je vais t’écarter les parties » (Patate de forain), n’est apparemment pas très regardant sur l’age des personnes avec qui il couche. Son poto Alk de l’u2f ne se montre pas beaucoup plus exigeant sur l’age minimum à avoir pour le satisfaire sexuellement, du moins c’est ce qu’il laisse croire sur Peep show en affirmant « Tu peux me sucer avec ton appareil dentaire ». L’appareil dentaire est certes parfois porté par des femmes adultes, mais de façon générale vous conviendrez qu’il se trouve le plus souvent sur des chicos encore vierges de tous rapports bucco-sexuel… Quand bien même vous douteriez du caractère pédophile d’Alk, Captcha a trouvé un autre aveu dans la discographie de l’Empereur, sur le morceau Légitime défonce, où il se permet de dire « Fiston tu vas te faire fister comme Delphyn Delage ». Cette dernière est actrice porno, et le fait qu’Alkpote compare un enfant , dont nous osons imaginer qu’il n’est pas son propre fiston, à elle, traduit avec pas mal d’efficacité l’état avancé du délabrement mental et sexuel du mc.
Il est malheureusement loin d’être un cas isolé, et dès les années 1990 le rap français compte son lot de pédophiles. Parmi eux sans aucun doute, Niro des 2bal, qui se présente sur Lascars comme « celui qui dépucelle ceux qui ne sont pas initiés ». Homosexuel et pédophile, le CV parfait pour rapper, visiblement. A la même période Doc Gynéco fait lui aussi montre d’un désir d’enfants : « tu viens d’avoir quinze ans hmmmm intéressant, ne dis rien à tes copines je ne dirai rien à tes parents », promet il sur Viens voir le docteur… L’onomatopée « hmmm » vient de toute évidence illustrer l’appétit insatiable de Bruno Beausire, qui se lèche les babines à l’idée de coucher avec une gamine en âge de passer le brevet…
Ainsi s’achève la longue enquête de Captcha Magazine dans les méandres du rap français, où nous avons croiser un lot impressionnant de malades mentaux, à la sexualité dégénérescente. Les rappeurs français apparaissent comme ayant été bercés beaucoup trop près du mur. Ils nourrissent leur imaginaire sexuel de pédérastie, de pédophilie, de sitophilie, de mysophilie, de sado masochisme et de bien d’autres choses toutes plus immondes les unes que les autres. Ce sont des personnes sûrement très fragiles et en carence d’amour, qui imaginent prenre leur revanche sur la vie en déversant leur foutre dans les orifices les plus incongrus qui soient, et de façon toujours plus condamnable sur le plan moral. Il semble nécessaire d’interroger des psychiatres voire des psychanalystes sur ce que signifient réellement tous ces fantasmes de rappeurs …
MOBSTERS, FLAMBEURS ET AUTRES GANGSTERS DU RAP GAME (2)
« Freeway » Ricky Ross
A ma connaissance, Ricky Donnell Ross n’a jamais été concerné par l’univers du rap game. Arabian Prince, « Lonzo » Williams, Ice-T, Kid Frost, Egyptian Lover, N.W.A. Snoop ? Pas un seul de ces putains d’illustres pionniers de la West Coast n’apparait dans ses interviews ou déclarations. Les considérait-il comme des michetons du breakbeat et de la rime dite « gangster », lui qui avait pris l’habitude de grenouiller avec les pires narco trafiquants de la planète ? Or, l’ex-maton de Miami devenu rappeur, Rick « Rozay » Ross a débarqué, exploitant sans vergogne son blaze, enfilant sans son consentement son costard de ponte de la drogue, puis, pour finir, démentant avoir un jour entendu ne serait-ce qu’une seule fois parler de lui. Pris une nouvelle fois en flagrant délit de mensonge, Rozay a désormais avancé trop de pions bancals dans le jeu du rap et ne peut cette fois-ci faire marche arrière. Sachez que c’est seulement à partir de 2007/2008, qu’informé par des missives en provenance de Miami lui racontant qu’un MC barbu rapporte maintes histoires rocambolesques au sujet de dealers de drogue qu’il ne connait ni d’Ève, ni d’Adam, que Freeway Ricky Ross semble découvrir la face alambiquée du nouveau rap. Emprisonné depuis plus de dix ans, il profite d’un champ d’action très restreint et ne peut réclamer quelconques réparations. Heureusement, les nouvelles de sa libération se précisent, aussi Ricky prend son mal en patience. Enfin sortit du mitard en 2009, il s’empresse d’exiger 10 millions de dollars pour contrefaçon et entame une action en justice contre Rick Ross, Jay-Z, Def Jam et Universal Music pour utilisation illégale de sa propre identité (en mai 2010). Mais ce n’est pas tout. Au delà de l’usurpation frauduleuse de son blaze, c’est peu dire que la parabole rap de la montagne de saindoux de Mayback Music l’ulcère au plus au point. Car, comme Ricky l’a clamé durant tout le temps de sa récente introspection : « Les vrais dealers ne parlent jamais de drogues ! ».
Ce n’est rien de dire que les moindres faits et gestes du Falstaff noir du « coke rap » sont continument colportés par la presse people US, par contre, la vraie vie du vrai Ricky Ross est digne d’être adaptée au cinéma. Ci-joint un éclairage diurne sur la vie sportive du légendaire Freeway Ricky Ross, laquelle oscille entre carrière avortée de tennisman professionnel, débauche d’énergie animale de gros gangster et récidiviste pourchassé au volant de son bolide par un escadron du SWAT de Los Angeles !
Reprenez votre souffle, trois, deux, un c’est parti…
Né en 1960 dans la ville de Troup (Texas) Ricky file vers la Californie vers 1978. A cette époque il joue plutôt bien au tennis puisqu’il remporte tournois sur tournois et qu’une carrière de professionnel se profile. Or, si le monde immaculé du tennis US a tout juste commencé à intégrer les Noirs (Arthur Ashe), il ne supporte en rien les incultes et les médiocres. Ricky Ross possède un jeu de jambes phénoménal, un revers performant, malheureusement pour lui, il est quasiment illettré. Le jour où son coach constate ses lacunes, on lui barre l’entrée au collège. Du coup, dépossédé de la manne pécuniaire indispensable à sa progression sportive, il fait une croix définitive sur la carrière de tennisman qu’il a tant rêvé.
Un rejeton empoisonnant baptisé « Ready Rock »
De retour dans le hood, Ricky Ross est vite confronté à cette quotidienneté oppressante que le tennis lui a permis momentanément de fuir. Le fait de ne pouvoir vivre dans une maison de Beverly Hills avec un court de tennis dans son jardin alimente sa frustration. A force de chercher une nouvelle sortie, il finit par en déduire que la cocaïne est cette énième chose que les Blancs ne veulent pas que les Noirs possèdent. Indéniablement, la coke est une défonce bien trop onéreuse pour les habitants de Compton ou de South Central, des endroits où l’herbe et l’héroïne sont prédominants, aussi, accrocher les trimards du hood – via l’erythroxyline – à une drogue aussi délétère que le sacro-saint rêve américain est un projet de marketing qui s’étudie de près.
Il a 19/20 ans lorsqu’il rencontre Henry Corrales, dealer de drogue nicaraguayen qui va commencer à l’approvisionner. Son ami « Big Loc » Newell est de la partie. Tous deux décident de prendre le business à leur compte, se connectent avec les Crips et développent leur propre clientèle.
En 1983, résultante des ravages causés par la crack cocaïne, les quartiers pauvres de la métropole des angelins sont devenus de véritables poudrières (sorry). Un peu comme on baptise son propre rejeton, Ricky Ross la surnomme affectueusement « Ready Rock ». A cet instant, il a perdu de façon irrévocable son statut de rookie du business de la drogue, il possède un vrai gang sous ses ordres, « The Freeway Boys », plusieurs laboratoires de transformation, et peut vendre jusqu’à 2 à 3 millions de dollars de freebase crack par jour.
Argent de la drogue + CIA + Danilo Blandón VS la révolution sandiniste
Le fait d’avoir grandit sans son père pousse Ricky a s’inventer une figure paternelle. C’est là qu’intervient Oscar Danilo Blandón Reyes alias Mr Fisher, un ancien maître d’école reconverti en pourvoyeur de drogues. Ce dernier possède sa connexion nicaraguayenne de narco trafiquants, laquelle peut vous abreuver en coke de haute qualité à un prix défiant toute concurrence. Comme il l’avouera plus tard lors d’une interview, à cet instant, Ricky Ross n’a ni peur de la CIA, ni des Contras, cela vient du fait qu’il n’a aucune connaissance des intrigues politiques qui lient le Nicaragua, les USA et le trafic de cocaïne. Pourtant, Blandón Reyes l’éclaire de façon assez précise sur ce sujet plutôt brûlant : « Ronald Reagan nous a donné 18 millions de dollars pour acheter des installations médicales et des armes pour mater la révolution. De notre côté, nous avons empoché l’argent et avons acheté de la drogue ! »

Les lacunes géopoliticardes de son associé n’ont aucune incidence sur le déroulement des affaires de Blandón Reyes, celui-ci utilise l’argent en provenance du trafic pour irriguer les fonds de la lutte anti-sandiniste. Du reste, ce dernier est en relation étroite avec la CIA et l’administration Reagan qui non seulement luttent main dans la main contre l’implantation du communisme au Nicaragua, mais l’autorisent à importer puis déverser la drogue dans les ghettos californiens. De son côté, Ricky Ross est devenu le rouage essentiel entre les Cartels colombiens et les Bloods & Crips, notoires crack gangs locaux qui défendent bec et ongle leurs bouts de territoires afin de vendre leur came –> THE DARK ALLIANCE, exposé incendiaire dévoilé par Gary Webb en 1996, qui ruinera à jamais sa carrière de journaliste et le poussera à un énigmatique suicide en 2004, raconte ici l’inavouable : http://www.mega.nu:8080/ampp/webb.html
Cause à effet, le cancer qui ronge South Central n’est qu’au début de sa généralisation…. Une étude conduite par Roland G. Fryer de la Harvard University Society of Fellows, conclura bien plus tard qu’avant 1980 les indices du crack étaient, toutes races confondues, quasiment nuls. Pendant les 80’s jusqu’au début des années 90, les indices concernant les Noirs ont bondi au delà de 3 voire 4, alors qu’il est de 0,5 pour les Blancs. A cet instant précis personne n’est encore capable d’évaluer les conséquences ou répercutions d’un tel fléau, Ricky Ross, quant à lui, voit grand, toujours plus grand …
En 1984, il profite de ses nouvelles relations pour ajouter les armes à la drogue dans le contrat des offres. Puis, profitant des équipements les plus sophistiqués permettant d’échapper aux scanners de la police et autres surveillances radio, le marché bien établi du crack peut s’étendre, irriguant les villes de Kansas City, Oklahoma, New Orleans, St. Louis, Seattle, accostant enfin celles de l’Est du pays – Atlanta, Miami, New York et Detroit.
Du « Ready Rock » au « Jailhouse Rock » !
La vie dispendieuse de Freeway Ross – achats de parkings, de bateaux, d’une flottille de voitures, d’un hôtel baptisé Freeway Motor Inn qui sert de lieu de villégiature pour gros dealers, séjour au ski à Aspen etc – alerte l’attention de certaines autorités. Résultat des courses, différents fédéraux suivent ses agissements 24 h sur 24 …
Infiltrer le marché de la drogue de Cincinnati est le nouveau challenge qui lui tient très à cœur. Avec les dealers de la ville sous sa coupe, c’est pas moins de 5 millions de dollars que Ross compte empocher … L’organisation est en place et les affaires vont bon train, si bien que la rue et le milieu cincinnatiens l’ont baptisé « The Six Million Dollar Man »….
En 1988, un énième caillou de « ready rock » mal négocié vient faire dérailler cette machine du deal merveilleusement huilée. En effet, une conversion téléphonique au cours de laquelle il est question de transfert de cocaïne est interceptée. Pire, une section canine de New Mexico intercepte neuf kilos de coke qui transitent dans un bus. Alfonso Jeffries, dealer impliqué dans le dit transit, crache le morceau lors d’une garde à vue …
Désormais, le Gouvernement Fédéral possède les indices nécessaires pour délivrer un mandat qui inculpe Ricky Ross et 13 de ses complices de trafic de cocaïne à Cincinnati. Se sachant poursuivit, Ross retourne se fondre dans la masse à Los Angeles. Il se planque et, chose impensable pour quelqu’un de sa stature, est obligé de faire profil bas. Le 8 juin 1989, deux hommes du SWAT le capturent à la suite d’un assaut. En novembre de la même année, il est transféré au pénitencier de Cincinnati.
En 1990, Ricky Ross plaide coupable au sujet de la majorité des faits qui lui sont reprochés. Sa coopération avec les autorités va entraîner la chute de 35 shérifs adjoints, de leurs compagnes et d’un nombre incroyable de subsidiaires corrompus de Los Angeles.
Ce sont dix années de placard qui se profilent. Toutefois, la pleine collaboration qu’il a consenti avec les autorités lui donne l’opportunité d’écourter sa peine … Cette coopération est si fructueuse que c’est au bout de quatre ans de détention qu’il est finalement libéré moyennant 2 millions de dollars et des broutilles d’arrangements qui appartiennent au seuls arcanes de l’État Fédéral.

Enfin libéré, Freeway Ricky décide de changer de vie. Du moins en apparence. Il restaure un théâtre de South Central qu’il a acheté avant son incarcération, et apparaît à la télévision en tant qu’ex gros dealer marchant sur le chemin escarpé de la repentance avec, surplombant sa caboche, auréole virginale de philanthrope éclairé. Cette soudaine velléité de réhabilitation ne peut que séduire. Du coup, huiles politicardes de tous bords, cohorte de fans, institutions religieuses et pléthore de célébrités du rap et du sport (Magic Johnson, Snoop Dogg, Ice Cube) s’activent au chevet d’un Ricky Ross transformé, par on ne sait quel génie, en une sorte de petit Jésus noir de South Central. Sans être cynique, la fable narrée par Ross a tout pour plaire aux enfants des crack heads de South Central qui s’étripent pour le moindre caillou de « ready rock ». Feu Walt Disney, gourou du dessin animé béni par les WASP, n’a jamais fait mieux.
En 1995, fraîchement libéré, Danilo Blandón réapparait. Le fait de revoir Ricky Ross à la télévision réactive des neurones du cerveau engourdis par 24 mois de détention. Aussitôt, il contacte son ancien partenaire de crime car il possède pas moins de 600 kilos de cocaïne estimés à 12 millions de $ à fourguer à travers le pays. En premier lieu, Ross refuse, mais sur l’insistance maintes fois répétée de Brandon ajoutée à l’idée réjouissante de faire un gros coup, il craque à nouveau. Justement, ça tombe bien, un quidam a besoin illico de 100 kilos. On est le 2 mars 1995 et le transfert de la blanche doit avoir lieu sur un parking de la périphérie de San Diego. Ross s’en va chercher la voiture bourrée de came et vole vers le rendez-vous.
A peine débarqué, voilà que l’étau se resserre. Les flics interceptent le deal mais, pareil à une anguille habituée à frayer dans les eaux pestilentielles de la « L.A. river », Ross se faufile et s’enfuit au volant de sa merco. Il est arrêté un peu plus tard après que son bolide ait fait une embardée et emboutie une haie.
Le rap dans la nouvelle vie de Ricky Ross
Une nouvelle fois, sa sentence à vie est réduite à vingt ans. Tous les efforts consentis pour se rééduquer et se réhabiliter aux yeux de l’opinion publique via quelques très influents médias font qu’il est relaxé en 2009.
Depuis, il s’est établi dans différents secteurs de la vie active qui vont de la conception d’un show de télé réalité à une fondation conçue pour aider les jeunes défavorisés en passant par l’édification d’un label de rap – Freeway Music Group – pas encore tout à fait prêt à concurrencer le notoire Maybach, propriété de son fieffé homonyme qu’il ne cesse de provoquer, de désavouer, en confortant le fait que la « War On Drugs », cheval de Troie électoral de Ronald Reagan, fut, parole de Ricky Donnell Ross, une jolie petite farce républicaine.
Freeway Ricky Ross Presents « American Gangster » The Street Album
http://freewaymixtapes.com/freeway-ricky-presents-american-gangster-the-street-album/
Les chroniques de Nadsat (2)
Promised Land de Gus Van Sant (2013)
Promised Land signe la troisième collaboration entre Gus Van Sant – réalisateur – et Matt Damon, qui partage ici l’écriture avec John Krasinski (The Office).Seulement, contrairement à Gerry et Will Hunting, Gus Van Sant n’a pas du tout participé à la genèse du projet, puisqu’il a été débusqué pour réaliser le film seulement deux semaines avant le tournage ! On a donc plus à faire à un projet de Matt Damon et John Krasinski qu’à une collaboration classique entre le premier cité et le réalisateur. D’autant plus que les deux scénaristes – tenant par ailleurs les deux rôles principaux – sont aussi producteurs.
Ces deux derniers nous content l’histoire de Steve Butler, débarquant dans une petite ville du nord-est des USA, en compagnie sa collègue de travail, et ayant pour mission de racheter les terres des habitants pour le compte d’une grosse société, en vue d’une exploration du sous-sol, supposé contenir une grande quantité de gaz de schiste. Sujet d’actualité donc.
Van Sant possède une filmographie assez particulière : il navigue entre les films sur fond politique, les productions intimistes, les films artys, et, enfin, les productions hollywoodiennes. On pourrait croire que Promised Land rentrerait dans la catégorie de ses réalisations politiques, mais, en réalité, le thème du film sert surtout de toile de fond pour développer les relations entre les personnages, et, surtout pour mettre en avant les contradictions de son personnage principal : Steve Butler. Ce dernier va en effet faire plusieurs rencontres qui vont déterminer ses actions, et le pousser à se remettre en question. Dans un premier temps, il ne semble pas réellement réaliser les enjeux que représentent sa mission. Il n’est même pas convaincu par ce qu’il dit. Plusieurs personnages vont ,tour à tour, venir ébranler ses convictions. C’est peut-être là qu’est le vrai thème du film : comment réagit un homme face à ses contradictions ? C’est le sujet qui est au service du personnage, et non l’inverse.
Dustin Noble, interprété par John Krasinski, sera son opposant le plus farouche. Le personnage viendra militer contre l’exploitation des gaz de schiste, qu’il considère comme dangereux pour l’environnement. Dans ce sens, le film pourrait donc s’inscrire dans la lignée du drame shakespearien, mais en réalité, ce personnage d’écologiste sert surtout de faire-valoir. Steve Butler est bel et bien le thème central du film. Les parties les plus intéressantes du film sont en fait de simples conversations, qu’elles se situent au bar ou dans un champ. Les dialogues sont de très bonne qualité, mais la force du film vient en fait du sous-texte qui le jalonne de bout en bout. Quelque chose de profondément humaniste se dégage, et on pense alors à un des meilleurs films de Gus Van Sant : Restless, lui aussi d’apparence très simple mais pourtant particulièrement profond. On peut cependant émettre quelques doutes sur la qualité du scénario, qui, pour meubler sa dernière demi-heure, vient user de rebondissements peut-être un peu trop tirés par les cheveux, même si crédibles.
A la réalisation, Gus Van Sant s’efface énormément, presque trop. La réalisation est classique, et même si elle contient quelques bonnes idées, on regrette qu’elle ne soit pas plus inventive. Un léger défaut qui est sans doute à mettre au profit de son arrivée tardive sur le projet. Malgré tout, ses choix de réalisation sont justifiables : une manière de filmer simple pour des gens simples … Ce raisonnement peut paraître exagéré, mais cette modestie fonctionne très bien lors de certains dialogues, on en oublie presque la caméra et le montage, entièrement concentrés sur les personnages.
En résumé, le trio Damon – Krasinski – Van Sant signent un film intéressant, axé sur les contradictions d’une personne tiraillée entre ce qu’elle doit faire, ce qu’elle pense qu’elle aimerait faire, et ce qu’elle aimerait réellement faire. Ils ne jugent aucun de leur personnage, et ne prennent jamais parti sur le questionnement politique, pour se concentrer uniquement sur le ressenti de leur personnage ; et c’est là la grande force de ce film, imparfait certes, mais tellement humain.
Bernie de Albert Dupontel (1996)
En 1996, après une courte carrière de comique et de comédien, Albert Dupontel décide de réaliser son premier long-métrage : Bernie. Toujours aussi fantasque, l’humoriste choisira de nous conter l’histoire d’un homme, jeté à la poubelle dès sa naissance, puis recueilli par un orphelinat. Le film débute lorsque le personnage choisit enfin de quitter le lieu où il a grandi, à l’âge de 29 ans.
Bernie va donc découvrir la vie en dehors de l’orphelinat, qui l’a élevé, puis qui l’a fait travaillé. Dupontel va donc se servir du décalage entre le personnage (qu’il interprète lui même) et le monde qui l’entoure comme d’un ressort comique. Ressort qu’il va user durant une heure vingt avec de nombreuses variations … Heureusement, le film ne se contente pas de ça, et va peu à peu se concentrer sur la recherche des parents de Bernie. Ce dernier décidera en effet de retrouver son père et sa mère, alors qu’il ne connaît ni leurs noms, ni à quoi ils ressemblent. Dupontel parvient a créer de multiples surprises grâce à la mise en place de situations complètement folles et improbables. On comprend rapidement qu’on est dans une sorte de conte trash, intuition qui sera confirmée avec le dernier plan du film …
Cette inventivité, on la retrouve aussi dans la mise en scène et dans le montage. L’humoriste français tente des choses, beaucoup de choses … A quelques reprises, il arrive à nous en mettre plein les yeux, à nous surprendre. Mais parfois ça ne passe pas, et les effets paraissent inutiles, et non justifiés. Enfin, il n’y a pas vraiment de quoi bouder son plaisir sur ce point, on préfère largement un cinéaste qui tente beaucoup de choses, même si il rate une marche de temps à autre ; qu’un cinéaste effrayé à l’idée de trébucher, et choisissant de nous livrer un film totalement plat.
De même la bande originale est assez originale car très rock, et elle permet d’ajouter une vraie plus value à deux ou trois séquences. On pense notamment à la scène dans laquelle Bernie cherche son père parmi une bande de clochards. La caméra navigue au milieu des gueules cassées avec un morceau de prog-rock, ce qui permet de créer un moment de lyrisme trash particulièrement réussi. Bernie n’est pas exempt de défauts, et pêche à une ou deux reprises par manque de rythme, ou par tentatives manquées, mais l’aspect bordélique et inventif du métrage l’emporte assez largement (comme souvent chez ses potes Kervern et Delépine). Ce n’est pas propre et tant mieux !
« C’est la société qu’est bien foutue. Ils mettent des uniformes aux connards pour qu’on les reconnaissent. »
Mes chers voisins de Alex de la Iglesia (2000)
En 2000, Alex de la Iglesia nous revenait avec son cinquième long-métrage intitulé Mes chers voisins (La comunidad).
Dans la droite lignée de ses précédents films, le réalisateur nous offrait une comédie noire et satirique sur l’appât du gain, et son impact sur la société, au travers de l’histoire de Julia, agent immobilier, découvrant la somme de 300 millions de pesetas dans l’appartement de son voisin du dessus. Malheureusement pour elle, ses voisins vont commencer à se comporter d’une manière étrange … Bien entendu, de la Iglesia conserve son ton volontairement outrancier, toujours aussi jouissif. Cela lui permet de magnifier chaque dialogue, chaque plan. C’est l’aspect le plus intéressant de son cinéma, car au delà de la satire, on y retrouve de nombreuses idées de mise en scène, le tout formant un ensemble cohérent et baroque. Chose assez rare pour être signalée dans la comédie : on rit tout en prenant plein les yeux.
Le réalisateur espagnol ne tombe pas dans un des principaux pièges de la satire, à savoir se livrer à un cinéma trop froid, presque inhumain, qui pousse certains cinéastes à livrer des films intelligents, mais bien trop éloignés de leurs personnages. Par l’intermédiaire de quelques dialogues, de la Iglesia parvient à humaniser ses protagonistes, et à leur donner une raison d’agir de la sorte. Même si cet aspect prend très peu de place, il est suffisamment important dans l’équilibre du film pour qu’on le relève, car les personnages, aussi détestables soient-ils, gardent ainsi une certaine consistance : l’erreur ne vient pas seulement d’eux, mais de l’ensemble d’un système.
Avec mes chers voisins, de la Iglesia nous donne une véritable leçon de cinéma fauché. Il nous montre comment il est possible de faire monter la tension avec peu de choses ; sa gestion du rythme en crescendo y étant pour beaucoup. On démarre assez doucement, pour progressivement monter dans l’horreur, avant d’aboutir à une somptueuse poursuite hitchcockienne, clôturant parfaitement le film.
Finalement le message de Mes chers voisins est assez simpliste, mais ce que l’on retient en particulier, c’est le talent de mise en scène du cinéaste espagnol. Les grandes révolutions cinématographiques proviennent souvent du cinéma de genre ou de la série B, et, avec Mes chers voisins, Alex de la Iglesia confirme encore un peu plus cette idée.
Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 2)
Captcha Mag, toujours à la recherche du fantasme inédit de vos rappeurs préférés poursuit son étude sur les multiples paraphilies qu’affectionnent les mc français. Alors que l’ensemble du milieu feint d’ignorer les étranges désirs sexuels des rappeurs, il semble de bon ton de révéler à tous la vérité. Récemment nous relevions que bon nombre de rappeurs étaient gays comme des phoques. L’homosexualité dans le rap étant devenue la norme, les rappeurs donnant sans arrêt dans la surenchère, tout laisse à penser que la zoophilie s’imposera dans les années à venir comme le must-do du rap de rue. C’est à cette paraphilie, consistant à baiser avec des animaux, que nous allons nous attaquer. A celle ci et à d’autres, dont la gérontophilie et le sadomasochisme. Salif parviendra-t-il à se glisser dans tous les paragraphes de cet article, comme il l’a fait dans la première partie ? Serait-il, comme Alkpote, doté d’une telle imagination que son fantasme ultime serait de s’adonner à de violents ébats avec un vieil animal ? Telle est la question que chacun se pose …
30 MILLIONS D’AMIS
Exit Miami et le soleil de Floride, c’est maintenant sur la cote Atlantique de l’hexagone que le gotha du rap se donne rendez vous, et se dispute pour savoir qui est propriétaire d’une cage au zoo de la Palmyre. Qui possède une putain de girafe à sodomiser ? Qui couche véritablement avec des rhinocéros, mâle ou femelles ? Quels sont les rappeurs à réellement éjaculer dans des carpes ? Si ces questions ne font pas encore les choux gras de la presse, elles hantent pourtant l’esprit d’artistes comme Nessbeal ou La Fouine qui se tirent la bourre pour tirer des animaux. Le premier est plutôt du genre amour tropical, et fait le choix de l’exotisme. Dans un élan de confiance, sur Gunshot il se prend pour un dos argenté en toute tranquillité et assure « baiser des femelles babouins »… Il est intéressant de noter qu’il s’imagine être un gorille, or les mensurations d’un gorille sont sans commune mesure avec celles d’un babouin. Il semble donc que nous ayons affaire à un zoophile dominateur. S’il est zoophile, Ne2s n’est pas homosexuel, et prend soin de préciser le caractère féminin de ces partenaires sexuels. Cela n’est d’ailleurs pas forcément rassurant, puis que s’il insiste pour que l’on sache que ce sont des femelles, c’est que Nessbeal est parfaitement conscient de son désir de singe, et il préfère effectivement assumer à fond sa zoophilie, que de laisser penser une seconde qu’il est homo.
Toujours est il que baiser des babouins n’est pas donné à tout le monde, la misère des rappeurs ne leur permettant pas forcément de séjourner du coté du zoo de la Palmyre. Pourtant ils ne peuvent se satisfaire de leurs compagnes et compagnons humains, et se sentent obligé de nous raconter que le top du top pour eux, c’est de fourrer des chiennes. Commençons par Booba, qui dévoile son fantasme sur Boss du rap game : « Comme un pitbull avant d’te baiser j’te renifle le cul » . Comme Nessbeal, le duc de boulbi s’animalise tout seul comme un grand. Il est légitime de se demander à qui appartient le cul que Booba renifle comme un clébard. Deux réponses sont possibles : soit le cul est celui d’une chienne, puisqu’en toute logique, un pitbull enfile des femelles de son espèce ; soit le cul est celui d’une femme, et alors il est tout à fait normal aux yeux de Booba qu’un pitbull et une femme copulent. Quelle que soit la réponse pour laquelle vous optez, elle est dérangeante et remet en cause la santé mentale de Booba. Toujours là pour en faire plus, La Fouine tient à montrer à tout le monde que lui aussi tape dans le chenil, comme sur Nahr Sheitan Click où il explique sereinement que sur « une banquette arrière, avec [sa] chienne [il] joue à tetris ». Le poète fait dans la finesse d’une superbe métaphore, renvoyant l’auditeur au célèbre jeu vidéo Tetris ou des pièces s’imbriquent les unes dans les autres. En clair, Fouiny baby encastre, enfile, imbrique son animal de compagnie, une chienne, sans préciser s’il préfère s’enjailler dans celle ci par l’anus ou le vagin. Mais attention, la Fouine est assez sentimental et évoque l’animal qui fait vibrer son cœur dans d’autres musiques, dont Fouiny Juice, où il livre implicitement quelques détails à son sujet. Sa chienne est une beurette, comme en atteste la formule « j’suis chaud comme le charbon chienne goûte ma chicha !» Au delà de la richesse syntaxique de cette ligne, il est intéressant de se pencher sur ce qu’elle révèle de la zoophilie de Laounizi. Pour commencer, La Fouine coupe l’instru au moment d’hurler son « CHIENNE GOUTE MA CHICHA », ce qui illustre de toute évidence la profondeur de son désir. Secundo, il est « chaud », très chaud même, trop chaud sûrement. Le genre de chaleur qui l’enverrait tout droit à Bois d’Arcy si la police des mœurs passait par là. Enfin, sa chienne fume la chicha, or la chicha n’est fumée que par des beurettes surmaquillées, donc sa chienne est une beurette surmaquillée. On s’enjaaaaaillllle muaaaaah. Toujours au rayon canidé, Alkpote se fait remarquer lui aussi, en posant sur Moyens du bord, « on va t’fister le cul avec le museau d’un labrador ». Cette phrase n’a pas grand sens, mais en dit malheureusement beaucoup sur la libido de Serge Gainzbeur… Quelle idée saugrenue que de vouloir utiliser un labrador comme sex toy ! Cet animal n’a qu’assez peu de noblesse, son museau est très humide et il y a peu de chance qu’il procure une quelconque excitation à la dulcinée d’Alk.
Alkpote est sacrément dérangé, comme vous pouvez le constater. Mais il veut que vous en soyez sûrs, archi-sûrs et dévoile une autre facette de sa zoophilie sur Le retour de l’u2f : « On encule les ptérodactyles. » Quand il pose cette phrase, il atteint des sommets dans le genre. Les pterodactyles sont des dinosaures volants, disparus depuis soixante millions d’années. Vous admettrez que le fantasme est pour le moins étrange. Avec tout le respect que Captcha Magazine a pour Alkpote, nous lui recommandons vivement de consulter un spécialiste, car en affirmant sodomiser des reptiles ailés, il repousse les limites de la zoophilie à un degrés de folie inquiétant.
ILS EJACULENT AVANT LA CANICULE
Sortis de l’animalerie, nos amis rappeurs se dirigent vers la maison de retraite, pour se détendre tranquillement dans des vagins mis à l’épreuve du temps. Vous l’aurez deviné, les types sont gérontophiles. Pour Booba, la cyprine c’est comme le vin, plus le contenant est vieux, mieux c’est. « On te nique ta mère et ta grand mère si elle est toujours en vie », affirme-t-il crânement sur le titre Double Poney…Coucher avec une maman est un fantasme respectable -sauf dans le cas où c’est la votre-, mais pour les mamies, un justificatif est exigé. Au nom de quoi Booba, jeune, riche et bien portant, se retrouverait-il à faire le gigolo ? S’il fait des coquineries avec des femmes de 70 ans c’est de son plein gré, et uniquement de son plein gré. A voir ses clips il était difficile d’imaginer l’ourson aussi dérangé sur ce point, mais nous ne nous étonnons plus de rien. Et puis, c’est avec joie que nous constatons qu’il n’est pas nécrophile. Il ne « te nique ta grand mère » que « si elle est toujours en vie », sinon, c’est mort, il passe son tour. Pas de temps à perdre avec des champignons sur lèvres mortes, il les aime frais.
Et comme d’habitude, à votre avis qui ramène le bout de sa barbichette ? #FouinySondage la famille. Oui oui c’est bien lui, l’os géant du 78, Laouni Mouhid aka La Fouine, est une fois de plus jaloux de son confrère, et veut prouver à la terre entière que lui aussi, il a fourré de la vieille au club du troisième âge de Miami. Booba pose une condition vitale pour niquer une mamie, La Fouine ne prend pas les mêmes précautions, et certifie « on va niquer ta grand mère » parce que « ta mère est trop jeune » sur Nhar Sheitan Click…Vous pouvez constater au passage que La Fouine semble assez conscient de l’âge moyen de son public cible, 3-5 ans, ce qui fait des mamans d’une vingtaine d’années. D’après les bruits de couloirs il eût été possible de penser que des femmes d’un tel âge sont beaucoup trop vieilles pour La Fouine, mais lui certifie le contraire, elles ne le seraient pas assez. Du coup il se rabat sur des mamies, enfin « il », ou plutôt lui et ses potes, étant donné qu’apparemment, dans la banlieue sale, « on » fait ça en bande. On se demande bien où sera Hicham, où sera Toumany, et où sera la mamy…
Enfin ce temps de notre étude dédié à la gérontophilie est peut être l’occasion pour Alkpote de redorer son image. On lui connaît désormais un penchant pour es hommes, où encore pour les fossiles de dinosaures, mais les vieilles ne semblent pas le brancher plus que ça. Bon, bien sur, de temps à autres il n’a rien contre une petite gaterie à l’ancienne par un ancien, comme il le dit sur l’explicite Sucez Moi : « tu veux me pomper vieux, t’auras que ma queue à sucer ». Mais l’empereur nie toute assimilation au mouvement gérontophile dans Bande de Chiennasses. « Non vous ne me sucerez pas le gland, bande de vieillasses usées par le temps ! » C’est chose dite, Alka putain de pote de mange pas de ces pines là.
SADOMASOMUSIC
Sur le même titre en revanche, il dévoile une autre de ses pratiques sexuelles préférées, en plus de la sitophilie. En affirmant « j’te fais mouiller avec un couteau rouillé mais très affuté », le boug du 91 nous laisse admirer son penchant pour le sadisme. Dominateur et violent, il aime avoir recours à une arme blanche pour pimenter ses parties de jambes en l’air. Par dessus tout, il adore utiliser une lame bien crade. Le genre de couteau oxydé qu’on utilise pour faire tourner son tétanos. C’est cela que l’empereur affectionne, une sorte de violence sale, incarnée par cet ustensile atypique qu’est le couteau rouillé. Sûrement plus persuasif qu’une simple main, le Laguiole permet à Alk d’assouvir ses désirs sans que sa chère et tendre ne se fasse trop prier.
Mais l’utilisation d’un couteau ne suffit pas à tout le monde. La domination de certain, comme Monseigneur Mike, n’a pas de limite. Sadique à mort, il jette les armes blanches pour avoir recours au calibre. Le morceau Gangsta rap au champagne est l’occasion pour lui de laisser parler son sadisme : « Lui enfoncer un glock dans la chatte, tirer une balle à blanc » conseille-t-il fièrement. Effectivement c’est probablement une technique efficace pour obtenir ce que l’on veut d’une dame, mais en l’occurrence, il n’y a qu’un pas entre le sadisme et le viol, et Monseigneur Mike semble le franchir. On apprécie quand même la subtilité de la « balle à blanc », pour ne pas causer trop de dégâts. Certes Miky va lui endommager la chatte, mais ce sera pour la blague, pas pour de vrai. Les ovaires ne mourront pas et la belle demoiselle retrouvera très certainement ses capacités reproductives, à terme.
Un autre dominateur à tendance sadique du rap game nous arrive tout droit d’Intouchable. Il s’agit de Dry, qui profite d’une invitation de Mr You sur le son Vieille Meuf pour narguer ses compagnons de jeux sexuels : « J’vous fracasse à coups de hanches .» Le choix du verbe fracasser n’est pas anodin et traduit bien le sadisme de D.r.y, puisqu’il est, rappelons le, synonyme de mise en pièces, de destruction, dans une violence extrême. Autant dire que le mafieux K1fry n’est pas des plus doux au plumard…Il cache bien son jeu, et si même Dry est contaminé par la luxure, la perversion et les fantasmes peu recommandable, on se demande bien quel rappeur y échappera… Sûrement pas Rohff en tout cas, qui lui assume carrément son vice : le masochisme. « Flow hagrah man, complètement maso », dit il sur Dans tes yeux. Cette révélation permet éventuellement de questionner le titre du morceau… S’il aime être dominé, fouetté, souillé, ne serait-ce pas dans ses yeux qu’atterrit le liquide séminal de son compagnon ? D’autant que Rohff dans le même titre explique qu’il est éjaculateur précoce (« j’vais me branler avant pour pas cracher tout de suite »), il y a fort à parier que le mc est plutôt du genre à se faire prendre violemment sur une table. C’est bien évidemment dégueulasse, mais par professionnalisme nous ne pouvions laisser de coté cette tendance de Rohff à la soumission .
En deux articles, nous n’avons pas encore fait le tour de tous les fantasmes qui perturbent les cerveaux de nos chers rappeurs français. Mais nous trouvons déjà un bon lot de déviants sexuels, de Salif à Rohff, de Dry à Alkpote, de Seth Gueko à Monseigneur Mike et la liste n’est pas exhaustive… Gérontophilie, homosexualité, inceste et sadomasochisme sont le quotidien des rappeurs, et Captcha Magazine se donne pour mission de traquer tous les malades mentaux de la musique rap en français. Le rap français apparaît comme une maison close sans mur ni toit, où tous les détraqués sexuels s’acoquinent sans vergogne. Nous poursuivrons l’immersion, au péril de notre innocence…
MDRG : Mort du Rap Game
« Skyrock, Booska-P ne sont pas premiers sur le R-A-P, mais sur les rappeurs signés … ce sont mes ennemis ! ». Shone pose les bases dès la première piste de sa compil. Initiateur du projet MDRG, le ghetto fabulous gangster aime faire les choses à sa manière : en totale indépendance. Pas de planète rap, pas d’habillage booska-p, comme une illustration de la mentalité exposée dans le premier extrait, « Enterrez-moi dans ma tess » (Shone et Iron Sy). A l’heure où Miami est devenu le nouveau lieu de pèlerinage de toute bonne tête d’affiche du rap-game, le GFG vient remettre les pendules à l’heure.
Trente titres. Comme une manière de dire : ici on ne se fout pas de la gueule de l’auditeur. A une époque où les albums se consomment façon fast-food-music, MDRG se pose là aussi en opposition, avec un produit véritablement consistant. Une lourdeur qui se dessine avant même de lancer l’écoute du double-CD, par la simple lecture du nom des participants à la tuerie. Dans le désordre (liste loin d’être exhaustive) : Dosseh, Casey, Niro, Iron Sy, Sofiane, Ciro, Mac Kregor, La Comera, Le Rat Luciano, Nakk ou encore Rockin Squat … Rockin Squat ? Vraiment ?
On est presque surpris de voir son nom apparaitre sur un projet estampillé Ghetto Fabulous. Et on l’est encore plus à l’écoute du morceau : l’Assassin se fond parfaitement dans l’ambiance ghettoïsée de MDRG. On l’imaginerait presque aux puces, capuche sur la tête, en train de vendre ses CD, aux côtés de Malik Bledoss et O’Rosko. Et c’est précisément là que se trouve la réussite de la compilation : malgré la quantité phénoménale de participants, l’ensemble est d’une cohérence impressionnante. L’accumulation de talents ne nuit aucunement à l’homogénéité musicale du projet. Au contraire ! L’armée ghetto-fabuleuse pousse toute entière dans le même sens, comme un seul homme, avec une seule visée : « la mort du rap game, et le renaissance du r-a-p ».
Une mentalité insufflée par Shone, digne successeur d’Alpha 5.20, qui s’évertue à réunir autour de lui des rappeurs talentueux, qu’ils soient reconnus ou très peu exposés. Voir Ciro apparaitre sur la même tracklist que Le Rat Luciano, c’est tout l’esprit Ghetto Fab. Saluons la démarche, d’autant que l’initiative ne se limite pas à quelques beaux espoirs bien intentionnés, mais bien à un double-CD sans le moindre temps mort, sans la moindre baisse de rythme ou de qualité. Difficile de dégager une sélection de morceaux meilleurs que d’autres, l’ensemble est si homogène que les préférences seront forcément totalement subjectives. Citons tout de même l’enchainement des 6 premières pistes (en excluant l’interlude), qui déclasse de très loin tout ce qui s’est fait jusqu’ici en 2013 : Ennemi d’État (Shone), Enterre-moi dans ma tess (Shone et Iron Sy), La mentale (Niro), Infernhall (La Comera), Règne de terreur (Mac Kregor), Pussy Niggaz (Juicy P, D.O.Z, Malik Bledoss).
L’ambiance est celle de tout bon Ghetto-Fabulous album : sombre et crapuleuse. Les champs lexicaux prédominants ? Racisme, bicrave, armes à feu, amour de la rue, haine anti-policière, religion, valeurs, solidarité des quartiers, rejet des faux, affranchissement du système. Pas d’idées révolutionnaires, d’utopies naïves, de misérabilisme larmoyant, ou de bons sentiments hypocrites. Loin des paillettes du rap game, MDRG réhabilite une vision humble, sincère et lucide de la musique, tout en conservant sa verve crue et la violence de son énergie.
Le rap-game est mort, vive le rap
Mobsters, flambeurs et autres gangsters du rap game (1)
1/ Kenneth « Supreme » Mc Griffith
« They was legends, myths like urban-legends myths » Irv Gotti.
Finalement, il n’y a pas de justice ! Les derniers ont fini par être les premiers. Les vrais gangsters notoires de l’Amérique se sont vu ravir la place au Panthéon et (surtout) le magot par d’illustres rappeurs au CV de la cambriole aussi fin que le morceau de fromage qui s’ébat dans le sandwich SNCF. Se nommer Demetrius « Big Meech » & Terry « Southwest T» Flenory, Freeway Ricky Ross, Pappy Mason, Kenneth «Supreme » Mc Griffith, acteurs majeurs dans le jeu de la drogue mais aussi pour certains du business du rap, peut vous amener à vous coltiner de nombreuses années dans les pires pénitenciers du pays pendant que d’autres exploitent, voire s’approprient votre blaze tout en pérorant fadaises rimées sur votre vie d’illustre gangster.

A l’instar de Rome, le rap game ne s’est pas fait en un jour. De Miami en passant par New York, le rap du début rime le plus souvent avec argent sale en provenance de la drogue. Les breakbeats séminaux secouent non seulement les arabesques corporelles des B-Boys, mais aussi neurones de gangsters et autres gros dealers. Ces derniers ont compris que cannibaliser l’énergie du hip hop est un bon moyen de faire fructifier leurs nouvelles richesses. Don d’ubiquité, sang-froid et urgence dans les décisions sont les qualités requises pour celui qui désire établir son business en soumettant les autres à ses propres règles … Oui, les autres, c’est à dire les amis qui deviennent vos pires ennemis, ceux-là justement qui veulent se la faire à l’identique, c’est à dire être des putains d’enfoirés de califes à la place du Calife !
Ce n’est pas pour rien que la vie trépidante des mobsters a été baptisée : « sporting life » ! Littéralement « vie sportive » … Sorte de marathon du meurtre, du business de la drogue et des allers-retours en prison, tout au long duquel le moindre arrêt pipi peut vous être fatal.
Bref, à l’heure où détonations de glock de studio et baragouin de gangster résonnent la plupart du temps comme des pétards mouillés, une fois n’est pas coutume, rendons au Petit César ce qui appartient au Petit César !
THE SUPREME TEAM
Non, Kenneth « Supreme » Mc Griff n’est pas le seul individu à avoir la légitime ambition de devenir riche pendant les années 80 dans le Queens (NY), il y a aussi pléthore de concurrents qui deviendront, business oblige, alter egos du drug game : Gerald « Prince » Miller, Thomas « Tony Montana » Mickens et surtout Lorenzo « Fat Cat » Nichols, gangster à poigne qui sévit entre 150th Street et Southeast Queens, un des rares chapelain de la coke à être capable de diriger son gang depuis sa cellule quand il est assigné à passer quelques temps derrière les barreaux.
Supreme et sa Team ont commencé à vendre de la drogue dans Bailey Park Houses du quartier Jamaïca (Queens) puis ont étendu leurs activités du côté des Queensbridge Houses, enfilades de barres bétonnées desquelles vont bientôt émerger Nas, Mobb Deep, Cormega et tant d’autres rappeurs en herbe. De fil en aiguille, la réputation de la Team va grandissante à Queensbridge, surtout grâce à la promiscuité établie avec les latinos qui sont les seuls à disposer de la filière de la cocaïne. Pour preuve, bien qu’étant de Harlem, le rappeur AZ décide d’emprunter son nom d’artiste à un des membres de la Team.
En 1986, Supreme est incarcéré une première fois pour détentions de drogues et d’armes. Affublée de la mythique veste rouge arborant le mot « Supreme », la Team ne lâche pas l’affaire pour autant. Désigné nouveau leader du crew par Supreme lui-même, c’est son neveu Gerald « Prince » Miller qui prend en main les opérations en tout point juteuses, traffic qui rapporte pas moins de 3000 dollars par jour. C’est une vraie fortune qu’accumulent ces ex-crevards en accrochant les nécessiteux du hood à leur poison, d’ailleurs tous se donnent vite des allures de propriétaires de yacht, roulent en voiture de luxe, enfin, portent pas moins de deux Rolex à chacun de leur poignet.

LE RAP : MURDER INC & E-MONEY BAGS
En 1989, Supreme Mc Griffith est frappé de plein fouet par la queue du « crack dragon » qu’il vend sans vergogne avec l’aide des ses soldats. La sentence est lourde : ce sont dix longues années de placard qui se profilent. Il en fera six. A sa sortie du mitard en 1995, le business du rap est en plein boom. Supreme prend sous son aile Irv Gotti, un rookie qui l’idolâtre, et l’aide à monter un label de rap : Murder Inc. Il est clair que Gotti a impérativement besoin d’un vrai caïd à ses côtés pour renforcer sa street credibility et vendre son rap sans que quiconque ose la ramener, seulement la réciprocité est de rigueur dans leurs relations. De son côté, Supreme a vite compris que le marché florissant du disque risque de lui échapper définitivement sans le concours de son protégé. En fait, cette histoire s’apparente à la virgule près à celle du rappeur Young Jeezy, lequel aurait eu, sans l’appui de Big Meech Felony, un mal fou à élaborer son Trap recording business à Atlanta au milieu des années 2000.
On est en 1999. Escorté par son homme de main Colbert « Black Just » Johnson, Supreme est pris sous le feu nourri du rappeur E-Money Bags. Une banale histoire d’achat et vente de voiture de luxe est à l’origine du désaccord qui a brutalement dégénéré. Ces babioles de gangsters sur les nerfs font que Johnson est blessé, pire, il se vide de son sang. Au lieu de l’emmener directement à l’hôpital qui se situe au bout de la rue, Supreme a la piteuse idée de retourner au quartier et de demander à quiconque de transporter son ami à l’hôpital. Trop de temps perdu et « Black Just » y laisse finalement la peau.
Deux ans plus tard, à titre de vengeance, Supreme embauche un associé en chef dans la crapulerie et la brutalité, Dennis « Divine » Crosby. Le contrat est clair : celui-ci, épaulé par sa compagne, doit liquider E-Money. Après avoir filmé ses mouvements pendant plusieurs jours et décidé de l’endroit du crime, le couple démoniaque l’abat au volant de sa Mercedes mais se retrouve assez vite devant la justice pour meurtre, racket et trafic de drogues. Lors du procès, il est prouvé que, prévenu de la mort d’E-Money Bags, Supreme s’est empressé d’envoyer un message à Irv Gotti and C°, leur disant ceci : « Vous avez manqué la fête ! »
La même année, ce sont deux barons de la drogue du Queens, à savoir Troy « Big Nose Troy » Singleton et Nathan « Green Eyed Born » May qui sont assassinés par Emmanuel Mosley. Le délit qui leur a couté la vie ? Ils ont aveuglément giflé le très protégé Irv Gotti dans un studio.

CURTIS « 50cent » JACKSON
Entre temps, en 2000, c’est le rappeur devenu notoire Curtis « 50cent » Jackson qui a subit les représailles de Supreme. Un tueur à gage lui a logé trois balles dans la carcasse alors qu’il flâne avec un ami devant chez sa grand-mère. Il survit miraculeusement. En vérité, cela fait déjà un petit moment que 50 Cent cherche des crosses, notamment en agressant verbalement Murder Inc sur disque, puis dans les colonnes des magazines hip hop. Il ne cesse de sermonner que Ja Rule est une brêle, mais prononce la phrase de trop lors d’une battle : « Don’t nobody respect you nigga / You Preme’s son nigga / Muthafucker been getting extorted since day one. ».
Truculent, arrogant, il est décidé à enfoncer le clou et en rajoute une couche énorme sur « Ghetto Qu’ran » (2000) « When you hear talk of the southside / You never hear talk of the Team / See niggas feard Prince and respected Preme / For all you slow mothefuckers I’m gonna break it down iller / See, Prince was the businessman and Prince was the killer. »
Pourtant 50 Cent n’est pas le premier MC à rapper sur la « sporting life » de Supreme, Nas, autre rappeur notoire de Queensbridge, a profité de « Memory Lane (Sittin in Da Park) » sur Illmatic (1994) pour verser son couplet sur Mc Griffith. Seulement, dans la rue on raconte que Supreme a quelque chose à voir avec la mort de la mère à 50 Cent, elle-même affiliée à la Supreme Team qu’on a retrouvé morte chez elle après qu’un anonyme ait versé un produit dans son verre et ouvert le gaz. Si la défunte Sabrina Jackson a, soit dit en passant, arnaqué financièrement Preme, sa mort sonne comme un avertissement pour tous ceux qui auront la mauvaise idée de tenter pareille chose.
Si 50 Cent avait à peine huit ans lors des faits, il est en âge de se rebeller en cette année 2000. Du coup, il s’époumone à souffler sur la mèche courte qu’il a allumé en connaissance de cause. Cause à effet, les choses s’enveniment quand il y a confrontation physique avec Ja Rule dans un club d’Atlanta, mais aussi avec des membres de Murder Inc. dans un studio à Manhattan.
Or, il faut être doté d’une inconscience folle pour dévoiler les arcanes du pouvoir de Supreme … Pourtant, le jeune Cent sait (mieux que quiconque) qu’avant de s’élever à ce rang de puissance tutélaire du crime qui impose autant la crainte que le respect, il a fallu à Supreme remuer par centaines de kilos, poudre blanche et carcasses refroidies de gangsters acariâtres. Étonnamment, plutôt que sévir, Supreme préfère pour une fois s’aventurer sur le terrain de l’apaisement, tentant de ne pas retenir ce qui sort de la bouche du jeune rappeur, réfutant toute relation avec la mort de sa mère.
Un beau jour, Supreme décide même de se déplacer afin de parlementer une bonne fois pour toute avec le jeune effronté. S’ils se séparent en « bon terme », le drive by shooting qui fauche 50 Cent à l’aube du nouveau millénaire est bien entendu imputé à son interlocuteur, à savoir Kenneth « Supreme » Mc Griffiths.
Blablablabla … les langues se délient … Jon « Love » Ragin régurgite les propos du supposé tireur le jour de la fusillade — « Je l’ai eu ! Il y avait beaucoup de sang. » – Les titres de la presse new yorkaise (New York Post) gonflent de façon vertigineuse rumeurs et soupçons. Rien n’y fait, Supreme ne sera jamais épinglé pour ce délit.

Nulle autre que l’Amérique sait mieux transformer quelconque fatalité en conte de fée. Pour preuve, ce fait divers a élevé le jeune rappeur au rang d’icône gangsta, lui qui jusque là naviguait dans les eaux troubles d’un rap new yorkais en pleine déconfiture. Paradoxalement, 50 cent doit une éternelle reconnaissance à Supreme Mc Griffith, sans lequel il n’aurait probablement jamais flirté avec le haut de l’affiche.
Rattrapé en 2007 par son passé qui l’accuse d’avoir sorti de ses poches 50.000 $ afin d’éliminer « Big Nose Troy » Singleton et « Green Eyed Born » May, mais aussi d’avoir blanchi 1 million de dollars d’argent de la drogue via les manigances rapologiques du label Murder Inc, Supreme est incarcéré dans une prison fédérale de Brooklyn où la peine de mort lui tend amoureusement les bras.
Aux abois mais jamais battu d’avance, il lance un appel désespéré à Gotti, lui demandant de contacter Jay-Z ainsi que P. Diddy afin de financer sa défense au tribunal ….
Reconnu coupable, il échappe à la peine de mort mais est condamné à la sentence à vie en février 2007.
Hyacinthe – Cheveux rouges (explication de texte)
Explication de texte de rap, sauce Captchamag : épisode 3. Hyacinthe – Cheveux rouges (comme le sang qui sort de sa chatte). Lire la suite « Hyacinthe – Cheveux rouges (explication de texte) »
Les rappeurs français et leurs paraphilies (partie 1)
LE RAP FRANCAIS, CE DEVIANT SEXUEL
Les rappeurs ont la fâcheuse tendance de passer en deux temps trois mesures de l’égotrip au personnal branling. Leur grand délire c’est l’autofellation, pratique sommes toutes peu courante dans la vie des gens normaux. Après tout, les rappeurs ont le droit de faire ce qu’ils veulent avec leur sexe et avec leur bouche, mais cela devient problématique dès lors qu’ils se mettent dans l’idée de partager leurs expériences intimes avec leurs auditeurs. A l’écoute de leurs productions musicales, le langage si fleuri de nos amis poètes nous met en tête les pires images sexuelles qui soient. D’aucuns nous proposent amicalement de nous imaginer leur bite, qu’ils aiment comparer à une batte ou ce genre de choses… D’autres poussent le vice un peu plus loin, en nous imposant de désagréables images mentales les mettant en scène, au lit ou ailleurs, avec des femmes ou d’autres bestioles dont on aurait préféré ne jamais rien savoir. Le rap français s’impose comme le pendant musical de l’industrie porno, sans le côté excitant. Captcha Magazine vous propose de décrypter un peu les diverses paraphilies dont les rappeurs semblent friands. Comme ces derniers sont apparemment de fins gourmets, plusieurs articles seront nécessaires pour comprendre un peu ce qui se passe dans la tête de ces gens… Voici pour commencer les trois premiers types de pratiques sexuelles affectionnées par les rappeurs français: homosexualité, inceste et sitophilie. Pour vous donner une vague idée du fantasme d’un homme qui, comme Salif, semble adepte des trois, il s’agit pour lui de faire des jeux coquins à base de nourriture, avec un membre de sa famille, de sexe masculin.
RAP GAME CAROLINE FOUREST.
De prime abord, la musique rap en français semble plus homophobe qu’autre chose. Malheureusement, cette peur résulte de toute évidence d’un rejet de soi-même. Le psychologue Henry Adams a, dans les années 1960, tenté de prouver que les homophobes ne l’étaient souvent qu’en raison d’une peur de leur propre identité sexuelle. Les résultats de son étude n’ayant pas convaincu tous ses collègues, nous lui proposons donc de réitérer son expérience, avec de nouveaux cobayes. Des cobayes qui comme Kennedy, aiment crier « nique les PD qui s’galochent en public » puis se vêtir d’un cuir rose quelques années plus tard, et l’afficher sans scrupule. Effectivement, derrière la dureté des propos homophobes de nos amis rappeurs, se cachent une grande tendresse pour la gente masculine, une tendresse du type de celle que Dave ne renierait pas. Salif, le meilleur rappeur français, à peu près, nous offre ainsi un remarquable coming out dans son excellent morceau Interdit au moins de seize, ou il affirme sans complexe à une personne dont tout laisse à penser qu’elle est de genre masculin : « ta bouche est un lieu de repos pour ma bite ». Avant toute chose, il faut savoir que Salif a une excuse pour cette homosexualité, à savoir sa relation avec Princesse Aniès. De toute évidence, on ne sort pas indemne de ce genre d’expérience, mais enfin, cela ne nous regarde pas… Le Boulogne Boy qui sait se faire des fois très violent, ne cache pas ici son amour pour la douceur d’une fellation d’homme à homme. Cela rend extrêmement gênante cette phrase lâchée au détour d’un morceau très réussi, puis qu’il décrit clairement la bouche du rappeur agenouillé face à lui comme un endroit paisible et confortable pour loger son attribut masculin. Sachez que la politique de Captcha Mag dans cet article consiste à ne pas juger les rappeurs, surtout quand ils ont couché avec Princesse Aniès, mais nous n’en pensons pas moins…
Si Salif privilégie l’amour lorsqu’il couche avec des hommes, certains de ses confrères se font eux beaucoup moins délicats, et font la part belle à la domination et à une certaine idée de la virilité. C’est le cas de Seth Gueko qui dans Ils nous baiseront pas se montre très attaché à sa supériorité au lit, en clamant un joli « tu vas t’en prendre plein le cul pédale ». On est loin de la tendresse de Salif. Ici le Gueko se fait dominateur voire violent, renvoyant l’homme qu’il compte sodomiser à sa propre homosexualité.
Nous ne doutons pas du fait que Seth Gueko ait pu satisfaire son désir de pénétration anale, éventuellement avec son ami Alkpote, qui lui aussi revendique ouvertement sa bisexualité. Dans Allez boum, l’empereur déclare joyeusement à une demoiselle que son chéri, à elle, lui « suce le sexe » à lui. Voici donc un homme qui défend la même cause que Caroline Fourest, et il n’est pas un cas à part dans le rap français, loin s’en faut. Le temps nous manque pour parler exhaustivement de la pédérastie qui gangraine cette musique, mais nous ne sommes pas à cours d’exemple. Attardons-nous donc sur celui de l’homme que l’on nomme Sinik, le dangereux assassin essonnien, qui menace son ennemi de toujours Kizito, d’ingérer goulument par voie buccale son liquide séminal. Dans un clash , aprrès avoir annoncé au crew de Kizito qu’il l’enculait, il tient à préciser à son adversaire que « des comme lui, il en avale trois par heure ». Au sens propre, il semble que Sinik prétende manger l’équivalent de trois Kizito par heure. Mais compte tenu de la carrure de Kizito, et de celle du plus Thomas des Algériens, tout laisse à penser que S.I.N.I.K avale en fait du sperm, et qu’il vide chaque heure trois paire de couilles ayant la même contenance que celle de Kizito… On le croit sans peine, lui qui partage le lit de Kayna Samet et on le remercie de ne pas avoir illustré de trop près cette idée dans le clip du morceau.
Autre tête d’affiche à faire part publiquement part de son attirance pour les mâles, Rohff étale dans A bout portant, les sentiments de tristesse et de déception qui s’emparent de lui, lorsqu’il apprend qu’un ami à lui a partagé son zgueg avec une tierce personne. « Wesh gros, tu m’as trahi t’es pas mon poto, ta bouche sent la bite d’un autre négro » déclare-t-il à un proche. L’adjectif qualificatif peut laisser penser que Rohff a un penchant pour les obèses, mais il n’en est rien, « gros » étant l’expression préférée de tous les voyous du 94. Par contre, nous savons que les braqueurs val de marnais ne vont pas tous fourrer leur nez entre les lèvres de leurs amis. Et quand bien même cela leur arriverait par hasard, il est peu probable qu’ils aient l’odorat suffisamment aiguisé pour reconnaitre des effluves de bites. Il est par ailleurs surement nécessaire d’avoir déjà reniflé une teub pour en reconnaitre l’odeur. La phrase de Rohff ne permet donc pas de douter très longtemps sur le caractère sodomite du mc. Sodomite, oui, mais amoureux, comme en atteste le superbe « tu m’as trahi t’es pas mon poto » à valeur performative, puisqu’une fois prononcé, il est évident que la liaison qu’entretenait Rohff avec ce « gros » n’a plus lieu d’être. Voilà donc un ennemi en plus pour Frigide Barjot, Housni prouvant que l’amour existe aussi chez les homosexuels, et que ceux-ci peuvent prétendre au même droit au divorce que les autres.
Pour épauler Salif, Rohff et consort dans leur lutte acharnée pour les droits sociaux des tarlouzes, le meilleur rappeur de sa génération, en la personne de Niro, propose de donner un coup de main. Pour le moment, il tient à en rester à l’amour entre rappeurs, mais la suite de sa carrière donnera peut être lieu à une plus grande ouverture d’esprit encore que celle dont il fait preuve sur le titre Scorpion remix lorsqu’il s’exclame « que des rapports sexuels avec des rappeurs tellement je les baise !! » L’interprétation rageuse du rappeur donne une idée de sa conviction : il ne touche que des rappeurs, et plutôt de fois qu’une, si l’on se fie au choix de l’adverbe « tellement ». Bon, il est du genre homosexuel actif apparemment. Joke, le rappeur qui l’invite sur ce titre, est en toute logique, l’autre pièce du puzzle. Celle qui se fait enfiler. Et il n’hésite pas à le signaler, sur le titre MTP Anthem, en lâchant un grand « quand on monte à Paname, sensation de fourrage anal » dont on hésite encore à dire s’il est plaintif ou joyeux. Sachant que Montpellier est réputée pour être le San Francisco français (comprenez, la capitale de la tarlouzerie), on ose pas du tout imaginer le sort réservé à Joke dans les locaux de Def Jam France à Paris…
A LA LILLOISE, A LA, A LA LILLOISE.
Si le rap français compte donc une belle brochette de pédales, dont nous n’avons mis en lumière que quelques pièces, l’homosexualité n’est pas la seule pratique déviante dont les mc français sont adeptes. Et là, nous montons d’un cran, pour vous parler d’un phénomène encore tabou dans les médias spécialisés : l’inceste dans le rap. Si Bourdieu a montré que la prohibition de l’inceste avait une valeur universelle, le rap français constitue, avec le Nord Pas De Calais, l’un des derniers bastions où baiser des gens de sa famille a un caractère excitant. Encore une fois, Salif est là pour nous aider dans nos recherches, lui qui dans Ghetto Youth, interpelle une demoiselle à base de « Pssst cousine t’es charmante » en lui ordonnant de « venir là ». Celle-ci le renvoie bouler, et la scène laisse relativement sceptique l’auditeur. Concrètement le, « viens là » sous-entend un « pour que mon pénis fasse des va-et-vient dans ton vagin ». Vous admettrez que c’est un sous-entendu gênant, sur lequel nous ne souhaitons pas nous attarder outre mesure. En revanche, du plus profond de notre cœur, nous espérons que la cousine en question ne soit pas Princesse Anies, parce que là, le mauvais gout viendrait s’ajouter à l’inceste sur les charges accablant Salif.
Du côté de Trappes, les fantasmes d’orgies familiales hantent les pensées de La Fouine. Cet homme se masturbe probablement sur son propre arbre généalogique, ce qui est franchement dégueulasse, mais ne le choque pas plus que ça. Quand il invite Rohff sur Passe Leur Le Salam Laouni laisse un peu parler ses désirs charnels, en avouant à l’auditeur ce que voici : « On a baisé ta sœur, ton petit frère est mon neveu ». L’enquête de l’INSEE sur cette idée saugrenue est encore en cours. Admettons que La Fouine engrosse la sœur d’un type, celui-ci aura pour neveu le fils de La Fouine. En aucun cas le type n’aura de frère, à moins que sa mère soit également sa sœur. Ce serait fort étrange… Laouni n’aura pas de neveu, à moins que la meuf qu’il baise soit en fait sa sœur. Donc le fils de La Fouine serait effectivement son neveu, et le type à qui il s’adresse serait son frère. Une autre interprétation de cette ligne est possible, mais mène à la même conclusion : les fêtes de famille chez La Fouine sont des orgies. Le « est » pourrait en fait être un « et », et le mc nous dirait simplement qu’il a baisé son propre neveu. « Cela ne nous regarde pas… »
Dans le trip familial, un rappeur inattendu se fait remarquer, en la personne de Doc Gyneco. Celui qui vient chez toi est aussi de ceux qui préfère la pureté d’un amour entre cousins au métissage interfamilial. Une sorte de nazi du love, un Lannister sous produit, qui s’adressant au mari de sa cousine de maitresse avance « tu ne me connais pas, ta femme me connait, je suis ton meilleur ami, ton cousin, ton refré ». Il n’y pas à proprement parler de consanguinité dans le cas présent, dans la mesure où si le type à qui Gyneco parle est son cousin, sa femme n’est qu’une cousine par alliance. Dans ce cas, c’est permis. Ca fait batard mais c’est permis. Si Gyneco parle en revanche à son frère, il n’y a toujours pas de consanguinité, mais coucher avec sa belle-sœur reste un sacré coup de pute, et l’échangisme familial est une coutume que notre société ne tolère qu’à moitié. Vicelow, du Saian Supa Crew, n’a en revanche aucun souci avec cela, et se vante de sauter celle qui partage les jours de son frère. Il le fait très explicitement dans Monte dans la Vago : « J’ai aucune gêne, c’est dans les gènes, je bouffe la foufoune de la meuf de mon frangin ». C’est là une activité certainement distrayante, mais Vicelow est encore un rappeur qui nous prouve que l’amour en famille est monnaie courante dans ce milieu. Non content de raconter à tout le monde qu’il fait des cunnilingus à sa belle sœur, il précise que c’est un désir quasi pulsionnel, contre lequel il ne peut lutter puisqu’il est inscrit dans son patrimoine génétique. Rappelons qu’il partage une partie de se patrimoine génétique avec son frère, tout laisse à penser que le frère de Vicelow fait également l’amour à sa belle sœur, la meuf du rappeur. Produit en croix.
CULINAIRE CUNILINGUS.
Vicelow n’a pas honte de lécher des vagins, c’est son droit le plus strict, et il n’est pas le seul rappeur de France à s’en vanter. Mais surement las du gout de la cyprine, un certain nombre d’entre eux préfère agrémenter le jus de chatte de quelques accompagnement nutritifs. Seth Gueko par exemple « mettrait bien de la chantilly sur la chatte d’Ashanti » si l’on en croit ce qu’il raconte dans La Nuit. Il ne précise pas quelle utilisation serait faite de cette crème chantilly, mais il est malheureusement assez peu probable qu’il la regarde couler sans aller y fourrer sa grosse langue de gitan. Au pire, il appellera son poto Rim’k à la rescousse. Le rappeur du 113 prend très à cœur les consignes de la publicité pour manger cinq fruits et légumes par jour, et il commence par des fraises, sur une teuch. Dans Salam, il parle à une demoiselle, qu’il appelle gentiment « mon amour » et exige d’elle qu’elle « prépare les fraise et la chantilly » puisqu’il « va lui faire l’amour » et, cerise sur le clito, « ce sera filmé ». Poète, Rim’k ne baise pas, ne nique pas, ne saute pas, il fait l’amour. Classe et raffiné, le coquin ne commet pas le pêché de chaire sans ses fruits et sa crème. Sextape coming soon rolalala comment j’ai hâte ! Enfin, presque…
Tout le rap game n’a pas la tendresse de tonton Karim, et Alkpote s’illustre encore une fois par son inventivité au lit. Sitophile expérimenté, le mec se fait très exigeant, et ne parle qu’à l’impératif à ses conquêtes, leur ordonnant tantôt de venir « branler son oursin » avec du « du bon lait, du boursin », tantôt de « lécher son concombre et ses citrouilles ». Jean Pierre Coffe apprécie l’idée, et Maïté s’empresse d’apporter le fromage.
Enfin, l’heure est venue de reparler de Salif, qui ne mange pas forcément aussi équilibré que Rim’k et Alk. Du moins il n’incite pas ses partenaires sexuels à se nourrir sainement, puisqu’il préfère, dans Peep Show les convier, s’ils ont faim, à déguster « sa bite, au chocolat fourrée ». On ne tient pas franchement à vous faire un dessin d’une twix-bite. Enfin de compte, comme dans Brice De Nice, Salif a des éclairs à la place des pieds, sauf que dans son cas, c’est à la place du pénis. Il se tient donc à votre disponibilité, si vous êtes sitophile, pour quelques jeux coquins. Mais encore une fois, « cela ne nous regarde pas …»
Les chroniques de Nadsat (n°1)
Quatre chroniques ciné pour le prix d’une. Cette semaine : Phantom of the paradise, (Brian De Palma, 1974), Neds (Peter Mullan, 2010), Spéciale première (Billy Wilder, 1974) et Wrong (Quentin Dupieux, 2012)
Neds, de Peter Mullan (2010)
La troisième réalisation de Peter Mullan débarquait sur les écrans en 2010, sous le nom de Neds. Un énième long-métrage dans la tradition du film social britannique ?
Le contexte s’y prête grandement : A Glasgow, en 1973, un jeune homme brillant fait son entrée au collège. Il subit rapidement des menaces, mais la réputation de son frère le précède, pour le meilleur, en lui offrant une protection contre ses adversaires, terrifiés par l’idée de devoir affronter son frère ; mais aussi pour le pire, en lui fermant les portes de la classe de niveau supérieur, les professeurs ayant un trop mauvais souvenir du dernier membre de la famille étant passé par l’établissement.
Dans Neds, tout est question de hiérarchie ; du système éducatif écossais, classant ses élèves par rapport à leurs résultats ; jusqu’aux fréquentations des personnages, condamnés à agir comme les gens de leur classe sociale. John, le personnage principal deviendra rapidement ami avec un enfant de la petite-bourgeoisie, malheureusement, après une malencontreuse bévue, il se verra banni de la maison. Jeté à la rue, avec les types comme lui.
C’est de cette manière qu’il intégrera une bande de petites frappes en devenir. Ces derniers se livreront à de nombreux affrontements avec d’autres bandes, peut-être un des aspects les plus intéressants du film ; Peter Mullan filmant à merveille les meutes de combattants.
« Le fait le plus frappant présenté par une foule psychologique est le suivant : quels que soient les individus qui la composent, quelque semblables ou dissemblables que puissent être leur genre de vie, leurs occupations, leurs caractères ou leur intelligence, le seul fait qu’ils soient transformés en foule les dote d’une sorte d’âme collective. Cette âme les fait sentir, penser et agir d’une façon tout à fait différente de celle dont sentirait, penserait, et agirait chacun d’eux individuellement. » Gustave Le Bon – Psychologie des foules
Le film parvient partiellement à se démarquer de la production du genre grâce à quelques échappées comiques. Certains diront que Mullan a le cul entre deux chaises … mais les incursions dans ce registre font du bien au film, et permettre de l’aérer, d’y incorporer une dose de légèreté essentielle pour le spectateur.
Car pour le reste, le film est vraiment noir. Presque trop à vrai dire … Cette noirceur s’accompagne de l’usage de nombreuses symboliques ; parfois efficaces, mais souvent vraiment lourdingues, notamment durant les quarante cinq dernières minutes. Durant la deuxième moitié du film, la narration et le comportement du personnage principal deviennent en effet de plus en plus confus, et le réalisateur appuie énormément sa mise en scène. Ça en est trop. Après avoir réussi à jouer l’équilibriste pendant plus d’une heure, Peter Mullan s’écroule.
Comme son personnage principal, le réalisateur ne parviendra pas totalement à se sortir du rôle qu’on lui aura attribué. Condamné, il n’aura pas la force de se sortir de son marasme. Malgré tout, une légère touche optimisme parsème les dernières minutes du long-métrage, redonnant une touche d’espoir pour le cas de John … Cet optimisme touchera-t-il aussi Peter Mullan ? Réponse au prochain film.
Phantom of the paradise, de Brian De Palma (1974)
Peu de réalisateurs sont parvenus à relire une grande tragédie en y implantant leur propre univers. Brian De Palma fait incontestablement partie du club grâce à Phantom of the paradise.
Ce film, sorti en 1974, est en fait une relecture moderne de Faust. On y découvre un jeune musicien du nom de Winslow acceptant de signer avec Death Records, maison de disque du célèbre Swan (en référence à l’
œuvre de Marcel Proust). Ce dernier va duper l’artiste à plusieurs reprises. Winslow va donc tout faire pour se venger.
Un tel contexte permet à Brian De Palma de réaliser une véritable satire de la pop culture. Il utilise différents archétypes pour construire ses personnages ; et le cliché devient ainsi un outil de création. On retrouve le producteur véreux, le jeune artiste naïf, ainsi que les filles prêtent à tout pour percer dans le monde de la musique … De nombreuses références aux gros noms de la musique des années 60 et 70 parsèment le film. Le réalisateur se moque ainsi des Beach Boys ou encore de Kiss, tous présentés comme de vulgaires produits.
Phantom of the paradise contient donc plusieurs grands thèmes et chacun d’entre eux est traité avec la même fougue. Car le long-métrage est réellement passionnant, chaque plan transpire l’amour du cinéma ; et De Palma n’a peur de rien. Un bon nombre de cinéastes d’aujourd’hui nous livrent des œuvres timorées, se cachant derrière un pseudo-naturalisme. Voir ou revoir ce film serait une bonne leçon pour eux. Ils comprendraient ainsi que le cinéma n’a pas à être réaliste pour être efficace, et que la fantasmagorie et le lyrisme mènent bien plus souvent à de grands films que le réalisme pur et dur.
Le film est rempli de trouvailles visuelles, que ce soit via les décors, la mise en scène ou encore le montage de Paul Hirsch. Le style baroque de De Palma nous en met plein les yeux, et les nombreuses références distillées au court du métrage ont de quoi faire bander n’importe quel cinéphile.
A l’inverse de bon nombre de jeunes réalisateurs, l’ami Brian a réellement digéré toutes ses influences, qu’elles soient cinématographiques ou littéraires. On retrouve en effet une multiplicité d’hommages à de grands livres. Jamais placées de manière gratuite, elles permettent l’avancée de la narration et la caractérisation des différents personnages. Et si chaque vie était liée à une œuvre ?
Spéciale première, de Billy Wilder (1974)
Spéciale première est le film qui marqua les quarante ans de carrière de Billy Wilder. Quarante ans de relations humaines passées au vitriol.
Une des grandes problématiques de la carrière de Billy Wilder aura été de réussir à faire passer un message parfois subversif au travers de l’industrie hollywoodienne. C’est d’ailleurs une problématique qui concerne bon nombre de scénaristes et de réalisateurs, car Hollywood, comme chacun le sait, représente avant tout une gigantesque machine de propagande.
Le réalisateur américain nous raconte ici l’histoire d’une bande de journalistes – issus de différents journaux – se préparant à relayer l’exécution d’un assassin. Ce dernier se nomme Earl Williams et a assassiné un policier quelques jours auparavant. Les personnages sont rapidement présentés comme une bande d’ivrognes glandeurs décadents. La fraternité régnant au sein de leur petit groupe donne envie de les rejoindre pour boire un verre avec eux ; mais on comprend rapidement que leur sens de la morale est plus que douteux. Ils sont tous présentés comme des charognards à l’affût du moindre scoop. (« Tu sais les médias c’est comme des chiens tu jette de la viande rouge et … bouffe ça, bouffe ça ! » Dieudonné).
Ainsi Billy Wilder se permet de dénoncer la montée du sensationnalisme dans le journalisme, ainsi que la proximité qui règne entre les différentes feuilles de chou. Les journaux nous sont en effet présentés comme ayant des orientations politiques diverses, mais l’on constate ici qu’ils sont tous à niveau égal en ce qui concerne la bêtise. Le scénariste ne s’arrête pas là puisqu’il s’attaque ensuite à la proximité liant les journalistes – soit disant quatrième pouvoir – aux policiers et aux politiciens. Ils semblent tous faire partie du même monde.
Toutes ces questions ne sont pourtant pas traitées sous un angle politique, mais vraiment sous la forme d’un film à enquête, avec une bonne dose de comédie, passant notamment au travers de dialogues mitraillettes dans lesquels l’esprit fuse. Il ne serait pas étonnant que Aaron Sorkin ait été influencé par ce film …
Wilder possède aussi un excellent sens du rythme, et il nous le prouve encore une fois au travers de ce film. L’exercice du huis-clos n’est jamais facile, et peut rapidement ennuyer ; mais le scénariste parvient à instaurer une dynamique réglée au millimètre. Pas une seconde de répit pour le spectateur. Impossible de relâcher son attention devant tout ces rebondissements, toujours bien emmenés, jamais tirés par les cheveux. On imagine que c’est grâce à toutes ces qualités que le réalisateur américain est parvenu à faire produire son film, et ce, malgré son propos subversif.
Comme il le disait lui-même dans une interview, l’interprétation peut aussi être un bon moyen de faire passer un message. C’est un procédé qu’il use ici en poussant la seule partisane du tueur à surjouer, ce qui permet de dénoncer l’anti-communisme primaire de certains des protagonistes.
Billy Wilder signe donc un film quasiment parfait, recouvrant une multitude de thème, tout en étant très divertissant. Et si c’était ça la forme la plus pure du cinéma ?
Wrong, de Quentin Dupieux (2012)
Des pieds foulent la route. On distingue des bandes jaunes sur le bas du pantalon de la personne. La caméra nous montre un groupe de pompiers, amorphes, adossés à leur véhicule de travail. Ils attendant que l’un d’eux pose sa pêche au beau milieu de la route, pendant qu’un camion brûle tout près d’eux. Voilà comment démarre Wrong, le dernier film de Quentin Dupieux.
Une séquence assez significative de son cinéma, consistant à étirer ses non-sens jusqu’à leur paroxysme. Ici, le réalisateur français, aussi connu sous le nom de Mr. Oizo, nous raconte l’histoire d’un homme dont le chien a disparu, et qui va tout faire pour le retrouver. Le comportement du personnage principal – interprété par Jack Plotnick – est assez surprenant. Ce dernier ne vit que pour son animal de compagnie, et continue de se rendre tout les jours au bureau, alors qu’il en a été viré il y a trois mois. Dupieux nous avait habitué à l’humour absurde, et il est toujours présent, mais une nouvelle facette vient s’ajouter à son cinéma : une étonnante forme de pathétisme émane de ses personnages.
L’absurde est donc toujours le moteur de création du réalisateur, mais il est désormais utilisé pour créer une douce poésie surréaliste, matérialisée par des idées visuelles inventives (la pluie qui tombe sans arrêt dans le bureau, les jeux sur la profondeur de champ, …), et des dialogues bizarroïdes qui surprennent à chaque réplique. Dupieux parvient à tirer le maximum d’idées pouvant sembler assez anodines.
L’économie de moyen se dégageant de son cinéma le pousse à être le plus inventif possible, à instaurer son atmosphère de manière modeste mais efficace. Un univers graphique marqué, une bonne utilisation de la musique, et une direction d’acteurs marquée lui permettent de créer de petites pastilles existentielles qui amusent tout en faisant réfléchir
Regarder un film de Dupieux revient à suspendre le temps, à laisser son esprit vagabonder dans un univers parallèle pendant quelques minutes. Il se passe peu de choses durant ses films, et pourtant il parvient de plus en plus à nous hypnotiser. Quentin Dupieux est en progrès constant, et il commence réellement à avoir une importance dans le cinéma français. On attend son prochain film avec impatience.
















