Les 1001 punchlines de Booba

Bon alors déjà je remercie la fonction publique de me laisser autant de temps libre au bureau pour écrire ce genre d’article.

Rien d’alambiqué dans le principe : il s’agit tout simplement d’un recensement toutes les punchlines de Booba, classées par thème. Histoire d’égayer un peu le délire, on a cherché des gens pour illustrer quelques punchlines, mais ces fils de putes d’illustrateurs veulent pas taffer gratuit. Du coup t’auras droit à quelques montages foireux que j’ai bricolé sur Paint, c’est assez honteux mais c’est mieux que rien.

Vas-y on démarre :

1. Police et justice

2. Femmes

3. Voitures et code de la route

4. Unkut et style vestimentaire

5. Drogue

6. Animaleries

7. Négritude et esclavagisme

8. Bites et couilles (+ Corps)

9. Films / Séries / Jeux vidéos

10. Exotisme et voyage (+ La France)

11. La mort (+ Brams)

12. La concurrence et le rap-jeu (+ les médias rap)

13. Gansterisme

14. Armes

15. Banlieue

16. Argent facile

17. Cuisine

18. Izi Life (+ Célébrité)

19. Bijouterie

20. Médecine, handicap et psychiatrie

21. Trône

22. Naissance et paternité

23. Politique / Histoire / Engagement social

24. La prison

25. Éducation et école

26. The Wire (Sur écoute)

27. Musique et références

28. Religion

29. Inclassés

BLACK MICMACS : 4 beefs du Dirty south !

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Je confirme : la beef, la vraie, est devenue une denrée rare. Quelque part, personne ne s’en plaindra vu les dégâts intimes mais aussi collatéraux qu’elle a souvent occasionné. En général, c’est le consensus qui a pris le pas sur l’effort permanent des labels pour développer une stratégie de l’embrouille instinctivement ancrée dans la texture acrimonieuse du rap de genre. Lire la suite « BLACK MICMACS : 4 beefs du Dirty south ! »

Interview : Nakk

A l’occasion de la sortie de Super Nova, on a interviewé le mc préféré des forums rap en 2002 : Nakk Mendosa. Première impression : le bonhomme a l’air de clairement péter dans la soie, se paie un Sundae au caramel (qui avait l’air dégueulasse, preuve que les rappeurs français ont encore du chemin à faire pour être respectés dans ce pays), nous offre un ice-tea et un jus d’orange. Pour ne pas perdre la face Teobaldo a insisté pour lui laisser son stylo avant de partir. A un moment un type est venu nous interrompre pour nous demander le code de la porte des chiottes du Macdo, mais on l’a pas retranscrit par respect pour les lecteurs.

dans la joie et la bonne humeur

Teobaldo : Nakk, présentation ?

Nakk : Nakk Mendosa, rappeur solo depuis 1999, originaire de Bobigny. Supernova dans les bacs depuis le 18 mars.

T : Tu précises même plus Soldafada ?

N : C’est mon 1er groupe, on a sorti un album en 1998, sur le label de Menelik. C’est là que j’ai fait mes premières armes … en gros, la première fois qu’on m’a entendu rapper, c’est grâce à Menelik !

T : Les 10 rappaient déjà à l’époque ?

N : Ouais, Lindis rappait depuis 89. Il avait 13 ans, il écrivait ses bouts de textes dans sa chambre, mais moi ça m’impressionnait, parce que c’était le seul mec que je connaissais qui rappait. A l’époque, c’était tabou !

T : T’as jamais voulu monter un groupe avec eux ?

N : Bah, j’étais déjà avec Soldafada. Mais ça aurait pu se faire, et qui sait, ça se fera peut-être, il n’est pas trop tard.

T : Lavokato a dit plusieurs fois qu’il arrêtait le rap …

N : C’est un menteur ! (rires) Il aime trop ça. Si on lui amène un projet bien pensé, qui tient la route, peut-être qu’il sera intéressé. Enfin, c’est à lui de voir !

T : On connait surtout le 93 pour ses rappeurs un peu hardcores… On a l’impression que Bobigny c’est plus doux.

N : Parce que tu connais Les 10 et moi, et qu’on n’est pas vraiment dans ce délire là, mais y’a plein de groupes un peu plus hardcores à Bobigny, c’est juste qu’ils ont pas émergé.

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Spleenter : t’es le cousin de Mac Tyer… du coup t’es aussi le cousin de Gab’1 ?

N : Aucun lien de parenté.

S : Durant toutes ces années, aucun gros morceau MacTyer/Nakk, pourquoi ?

N : Comme quoi, la famille ça fait pas tout ! (rires) Faut trouver le morceau, le projet, etc. Mais on le fera je pense !

S : T’as beaucoup collaboré avec Monseigneur Mike. Comment s’est déroulée votre rencontre ?

N : Il habitait pas loin de chez moi à la base. Un jour, il m’a invité sur sa mixtape. C’est une époque où je rappais pas trop, on sortait beaucoup en boite. Dans le rap, c’est un des mecs avec qui je suis le plus proche humainement. On a pas juste une relation « collègues de rap ».
D’ailleurs, mon tout 1er feat avec lui, c’est un des premiers morceaux que mes fans m’ont reproché. Ça parlait de meufs, c’était un peu egotrip. Le mec parle de ça, je vais pas parler de prairie sur le même morceau !

S : le clip Gangsta rap au champagne toujours de Mike, certains de tes fans ont pas du tout kiffé, comme les mecs qui se coupent les veines suite à la photo de Bieber qui bedav.

N : ah oui, c’était un sacrilège de ouf pour eux, c’était la fin de Nakk. « comment il peut faire ça nanana » (rires).

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S : Invicibles remix, le clip : c’était obligé le côté solennel, avec le violoniste, le côté « regardez on sait écrire » ?

N : Ouais, ça faisait vraiment le truc « réunion de tous les lyricistes » … c’était pas voulu, mais je vois ce que tu veux dire. Après, le clip reste dans l’ambiance, on allait pas faire un clip avec une capuche et des lunettes.

T : J’aime beaucoup le morceau original, y’avait une poésie. Sur le remix, ok y’a de la technique, des messages, des noms, mais on perd cette poésie et ce côté planant.

N : Mais moi je voulais pas qu’ils fassent un truc calqué sur mon morceau. Je voulais que chacun arrive avec son univers. Pour moi ça reste un gros morceau. Dans 5, 6, 7 ans, on s’en souviendra comme d’un gros morceau.

S : Ça, c’est parce qu’il y a Mouloud.

N : (rires) On retrouve l’humour du Blavog ! Sérieusement, c’est un morceau qui m’a fait du bien, niveau image j’ai grimpé des échelons.

T : Dans « Invincibles Remix », les connexions se passent comment ?

N : Je connaissais surtout Dixon et Mokless. Red-K un peu, Youssoupha aussi, Lino pas du tout … C’était dur de tous les réunir ! C’est quelque chose que je referai plus.

S : En plus Jeff le nerf il posait plus trop à ce moment là ?

N : Bah c’est le premier qui m’a envoyé son couplet ! 2 ou 3 jours après que je lui ai envoyé l’instru. Et dix mois après, Lino m’a envoyé le dernier couplet ! Dix mois ! Mais ça valait le coup. En fait Lino, au-delà de tout ce qu’on peut dire sur lui, son problème c’est qu’il est presque « trop » fort : ce qu’il fait, la qualité qu’il met dans ses textes, ça sert limite plus à rien pour l’auditeur d’aujourd’hui, il est noyé. Même moi, j’écoute Radio Bitume, parfois c’est « trop ».

S : Et pour Les 5 fantastiques, c’était galère aussi ?

N : Ça s’est fait direct ! Un truc de ouf, tout le monde en studio le même jour ! Par contre pour faire le clip avec les petits jeunes, c’est une galère : y’en a un qui veut plus trop voir l’autre, etc. Les anciens, tu leur dis un jour et BIM ils sont tous là. Mais c’est normal, c’est des premiers de la classe.

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T : Tu dis « Le rap français me fait chier, j’aurais dû naître à Brooklyn ». Même aujourd’hui, ta préférence reste à New-York ?

N : J’aime beaucoup les rappeurs de Brooklyn. On me reproche souvent « tu bouges pas derrière le micro, c’est mou ! » … mais les Fabolous, les Jay-Z, ils bougent pas, on dirait qu’ils vont s’endormir ! T’as l’impression qu’ils rappent allongés ! J’aime ce côté nonchalant.

S : Dans une interview, tu disais que tu devais parfois te forcer à ne plus écouter de rap français pendant une période pour éviter le mimétisme…

N : Maintenant j’ai plus ce problème : j’en écoute plus ! (rires) Quand ça passe à la radio, j’écoute, mais fumer un album tout seul chez moi comme je le faisais avant, c’est terminé. J’y arrive plus ! Je trouve ça trop moyen. Même les mecs qui sont forts à la base, sortent des skeuds pas terribles. A part Despo … quand je l’écoute, je suis comme un enfant ! Il est à la limite entre la folie et le génie, c’est extraordinaire. Il est borderline !

T : Dans la nouvelle génération, y’a beaucoup de mecs qui reconnaissent ton taf, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 6-7 ans. Ça te motive ?

N : J’ai l’impression de mener une deuxième carrière. J’ai un vent de fraicheur, l’envie de rapper. On a reproché à des rappeurs de ne pas m’avoir invité sur leurs albums, mais c’était une période où je ne rappais même plus ! Tu vas pas m’inviter sur ton album si tu vois que je suis toute la journée chez moi, la main dans le caleçon, une bière à la main en train de mater le Bigdil. Si tu bouges, que tu sors des projets, les mecs t’entendent sur des morceaux … là, si ça leur plait, ils t’invitent ! Mais si tu fais rien, ils vont pas t’inviter !
Je me considère un peu comme un rappeur « du peuple », en opposition avec les rappeurs « du rap game ». Je suis pas bankable pour un rappeur ! Tu m’invites, je vais pas t’apporter grand-chose. J’ai pas le côté caillera qui va plaire à untel, je suis pas assez connu du grand public pour un autre … J’suis underground.

S : Pendant pas mal d’années, t’as pas mal gravité autour de Neochrome.

N : Neochrome, tu viens pour poser un couplet, tu te retrouves dans 5 morceaux différents ! Ils m’ont tenu en vie, c’est eux qui m’ont redonné envie. Des gens comme Seth ou Zekwe, je les connais via Neochrome. A une époque, ils voulaient même me signer.

T : D’ailleurs, Street Minimum a plus ou moins été annoncé chez eux.

N : Au niveau des contrats, c’est bizarroïde. Je m’y connais pas trop en juridique, mais je sais quand c’est bizarroïde. Et puis au niveau de l’image, ça allait pas. Ils essayaient de me convaincre, mais c’était pas cohérent. « Mais si, tu colles à l’image neochrome » (rires).
Les seuls contrats que j’ai signé, c’est avec Kaz par Kaz (Menelik) et avec BMG. C’est tout.

S –Et avec Casa One, c’était une coprod ?

N -C’était une mission d’intérim. On sort le projet après on voit. C’est grâce à Casa One que je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout seul. Là, demain j’ai envie de clipper un titre, je le clippe ! J’ai pas à attendre l’aval de X ou Y.

S : Joe Lucazz tu l’as connu par Neochrome ?

N : Non, je le connais depuis Bombattak. Quand ils faisaient Joe & Cross. Joe Lucazz a un truc… plus fort que les punchlines. Un champ lexical super intéressant. C’est un bon, Joe !

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T : t’as pensé quoi de la chanson de la dernière coupe du m… (Shakira a fait une chanson où elle gueule Zamina au refrain pour la coupe du monde 2010, et c’est aussi le titre d’un vieux morceau de Nakk)

N : (il coupe) ah je veux pas parler de ça (sourire). franchement ça m’a… viens on parle d’autre chose. Elle m’a volé ma vie cette meuf, alors qu’elle en a déjà une (rires).

S : Pourquoi le morceau Vacances avec Dany Dan a été sous-exploité ?

N : Il a pas été sous-exploité, mais carrément inexploité ! C’est le genre de morceau qui est bien quand t’es en major, mais en indé, ça sert à rien de les exploiter. T’as pas le réseau pour, il va pas passer en radio …

T : Y’a des mecs que t’aimerais feater ?

N : J’aimerais bien faire un remix avec des anciens : Akhenaton, Kery James, Oxmo …

T : Faudra faire le clip dans une maison de retraite du coup.

N : Mais moi aussi, je suis quand même un ancien, même si je fais beaucoup de feats avec la nouvelle génération.

T : T’as dit que t’avais beaucoup saigné Les Sages Po’ à une époque …

N : Surtout le 1er album en fait, après un peu moins. Moi c’est surtout AKH qui m’a vraiment marqué, au niveau de la construction de son rap.

S: ça ce sera coupé.

N: ah, t’aimes pas akhenaton ?

S: non je rigole. par contre je préfèrerais que tu dises que ton influence vient de Dany Dan.

N: C’est Dany Dan qui m’a donné envie de rapper ! Ce mec, c’est un extra-terrestre. Après, y’a beaucoup de mecs très forts, mais tu vas pas forcément accrocher sur tout un projet. Tu retiens des couplets, mais pas l’album complet. Ils savent rapper, mais ils savent pas faire un bon morceau.

S : T’étais un grand amateur de Jay-Z. C’est toujours le cas ?

N : Déjà j’ai toujours plus été Nas que Jay-Z. Déjà, son côté businessman, même si je trouve ça bien pour lui, ça me fait pas du tout rêver. Il sait ce que les gens attendent, et il le fait proprement.

S : Qu’est ce que t’écoutes en ce moment, que ce soit français ou ricain ?

N : Drake, j’aime bien. Kendrick Lamar, Nas, Jay-Z, Lil Wayne, Rick Ross. Que ce soit nouveau ou ancien, j’écoute ce que je considère comme de la bonne musique. Rick Ross, pour moi, il fait de la bonne musique. En français, j’écoute presque plus rien. J’ai beaucoup écouté Socrate, les anciens albums de Booba. Mais sinon, j’écoute plus de rap français.

S : Pourquoi tu ferais pas un feat avec Casey ? (oui, cette question sort de nulle part)

N : Pourquoi pas, mais elle doit pas me trouver assez militant. Pourtant, on a fait beaucoup de scènes ensemble.

S : Niveau prods, t’es assez inclassable, c’est dur de t’identifier …

N : On me l’a dit y’a pas pas longtemps ! On m’a dit que c’était un défaut, que j’avais pas de couleur. Je prends les prods qui m’inspirent. Mélancolique, rythmée, hardcore … je prends ce qui m’inspire.

S : T’as posé sur des prods de Therapy. Vous vous êtes connus comment ?

N : On était au collège ensemble ! Sinon, jamais il me donne des prods ! C’est clair que maintenant c’est un peu « le beatmaker de Booba » pour les gens… Les autres rappeurs me demandent comment j’ai fait pour les obtenir, j’en profite pour me la raconter un peu, genre « Ah je sais pas, il a décelé chez moi quelque chose qu’il n’y a pas chez vous » (sourire)

T : Dans « Darksun », tu dis « Dans l’désert frère, il faut un touareg c’est tout ». Dans un autre morceau de l’album, « Puma », tu reprends quasiment la même phase : « J’traversais l’désert, j’étais pas en Touareg ». Tu veux t’acheter la voiture, c’est ça ?

N : (rires) Tu m’as cramé, c’est pas bien ! Faudra couper ça au montage ! Si t’écoutes bien, même dans Supernova, je reprends des trucs que j’ai déjà dit dans Darksun. Parce qu’au final, on raconte toujours un peu la même chose.

S : Depuis Darksun, j’ai l’impression que tu te lâches un peu plus en egotrip.

N : Ouais, j’me dis que maintenant j’ai un peu de bouteille, je peux me permettre ce genre de truc. Puis ce genre de phrases « vos punchlines, c’est mes ratures », ça va, c’est pas comme si c’était le premier venu qui sortait ça non plus.

S : Supernova, c’est un gros EP, ou un mini-album ?

N : C’est un EP ! C’est juste la continuité de Darksun. J’avais 7 ou 8 titres, je me suis lâché un peu, je suis allé jusqu’à 10. C’était juste un truc histoire de rester dans l’actu. Après y a des gens qui me disent « Mortel ton album » Je vais pas les contredire. C’est pas important, finalement. Ce qui est plus gênant c’est ceux qui voient les chiffres et me disent d’un air désolé « putain c’est dur », mais non, j’en ai mis 3000 en bacs, c’est normal que je tape pas 14 000 en première semaine. Après c’est vrai qu’ils peuvent pas savoir.

T : Le schéma : un morceau egotrip, un morceau un peu conscient comme premiers extraits, c’est pas un peu répétitif ?

N : Non pas vraiment, sur Darksun par exemple c’était pas le cas (Mad Max et Au calme). Pour Supernova, je voulais revenir avec un egotrip (Mendosalve), pas avec un morceau comme Devenir quelqu’un, même si c’est un bon morceau.

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S : Surnakkurel, c’est fini ?

N : Nan, c’est juste que j’ai pas trouvé d’idée intéressante. Pour Darksun, j’en ai pas trouvé, pour Supernova non plus.

T : Le truc qui ferait chier ta fanbase, c’est que t’en fasses un avec Monseigneur Mike.

N : En plus, je voulais en faire un avec lui. je voulais l’inclure dans un clip

T : Mais Surnakkurel, c’est des trucs qui te sont arrivés à toi, à tes potes ?

N : Non, à personne ! Pour Surnakkurel 4, j’ai repris une histoire de Biggie. Il avait raconté le même genre de truc, avec un basketteur. Je l’ai adapté à ma sauce. J’aimerais bien en faire un nouveau pour mon album, mais faut que le truc soit original.

T : T’es tenté par l’autotune ?

N : J’en ai fait un peu, j’ai pas de problème avec ça.

T : Dans Darksun, d’où sortent les refrains de Zaggin et de Au calme ?

N : C’est mes beatmakers qui recherchent des voix cainris libres de droits. J’espère que personne ne va m’attaquer.

T : T’as remarqué que Sinik sur son dernier album, le reprend ?

N : Ça c’est parce que le beatmaker se croit en Jamaïque, il croit que tout le monde peut faire les mêmes refrains. Moi je m’en fous un peu, ça doit être pour Sinik que c’est plus compliqué, parce que même si je suis moins connu que lui, y’a des gens qui vont lui dire « Nakk il a fait le même refrain ».

T : Je pense qu’aujourd’hui, vous avez le même nombre d’auditeurs. Y’a plus grand monde qui écoute Sinik.

N : Tout à l’heure j’étais au téléphone avec Ol Kainry, on se disait qu’il y a des mecs qui ont moins la côte parce qu’ils ont sorti moins de bons morceaux, tout simplement. Les gens, si tu leur donnes pas des trucs pour les faire vibrer, ils lâchent. Sinik, même s’il a été beaucoup critiqué, il avait quand même une plume, il était fort.

T : dans « Jour férié » (Street Minimum) : « Fuite rime vite avec école, ils veulent aller en taule et faire un feat avec Akon ». Tu penses qu’il y a des mecs qui sont perdus à ce point dans le rap ?

N : Franchement, je pense que ça a traversé l’esprit de plein de mecs.

S : Une question de notre ami Big Paul Castellano : à quand un clip avec des meufs en string ?

N : C’est pas mon délire du tout, ce serait incohérent. Le seul cas où je pourrais le faire, ce serait pour un clip complètement décalé, un truc marrant.

T : Si t’avais vraiment les moyens, ton clip idéal ce serait quoi ?

N : Bah justement, un clip décalé. J’aimerais clipper « Ze Best », dans ce délire-là. Même un dessin-animé, ou je sais pas… c’est un morceau un peu bizarre, l’instru change, il faut un clip qui aille avec le concept. Pour l’instant j’ai Pourquoi et Dans ma zone qui vont être tournés..

S : Tu t’es fait connaitre aussi grâce à tes punchlines. Aujourd’hui, le terme n’est pas un peu galvaudé ?

N : Carrément ! T’as des mecs qui font juste une rime, ils appellent ça punchline ! J’en parlais avec Lino une fois, on comprenait plus. Certains textes, on sait pas trop, c’est des trucs que moi je garderais pas dans un texte. Du tout. Mais apparemment c’est des punchlines.

T : Rocé disait récemment « ce que vous appelez punchline, j’appelle ça écrire ».

N : Voilà !

S : L’évolution de ta carrière est atypique : pour caricaturer, t’as commencé dans un délire « musicalement commercial »

N : commercial, ouais…

S : avec le clip où t’as ton chapeau rigolo là.

N : ahah ok.

S : puis t’as eu une phase « rappeur technique » …

N : (il coupe, en riant) Ah, je mettais la dose à l’époque ! Quand je me réécoute, je me fatigue ! Je me prenais vraiment la tête !

S : donc c’est vraiment conscient d’avoir allégé depuis ?

N : Complètement. J’ai lu une interview de Jay-Z où il disait « les rappeurs sont tellement techniques qu’ils oublient de raconter des trucs » c’est exactement ça ! Avant je cherchais la rime, et après seulement, ce que j’avais à dire. Maintenant, c’est le contraire : je cherche un truc à dire, et après, j’en fais des rimes.

S : Après Street Minimum, même si t’étais entre 2 trucs, la prédominance c’était le rap « conscient », et maintenant, t’entends carrément « Nakk c’est le poète du rap français » … tu te situes où par rapport à tout ça ?

N : Tout ce que je peux te dire, c’est que depuis ma première apparition jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours mis l’écriture en avant. Tu peux me critiquer sur tout ce que tu veux : les prods sont dégueulasses, le flow, le machin … mais pas sur l’écriture. C’est ça ma force. Quel que soit le thème, tu peux mettre une plume. Même sur de l’egotrip. Le côté poète … c’est parce que j’ai fait des morceaux comme « Devenir quelqu’un », en plus dans le clip je suis en cravate, ça rajoute encore plus dans le côté solennel, témoin de Jéhovah tout ça (sourire) Mais c’est pas quelque chose que je revendique.

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S : Des rappeurs se sont engouffrés dans ce côté « poète », parce que ça permet de s’ouvrir à un certain public. Toi, c’est compliqué : t’es pas assez street pour plaire à un public un peu dur, mais trop street pour t’ouvrir au grand public.

N : Je me suis déjà posé la question. Faudra que je le fasse, pour l’album, c’est évident. là je m’amuse mais c’est évident que je dois passer de l’autre côté à un moment. Mon but c’est pas que les cailleras m’écoutent dans leur voiture. Enfin, j’aime bien quand ça arrive, mais mon salut il est plus dans le grand public. Je peux être écouté par une caillera ou une meuf de 16ans, mais mon salut passe par le grand public, les trentenaires. Si demain je veux passer chez Ruquier ou Denisot, je suis obligé de passer de l’autre côté, à un moment. Bon après il y en a qui abusent de ce côté là. Mais sur mes derniers projets, je peux pas le faire de toute façon.

S : Rien ne t’empêche d’alterner les 2.

N -Voilà. c’est ce que je fais. Ce que j’essaie de faire en tout cas. Mais sur l’album, y aura beaucoup plus de « devenir quelqu’un » que du trap, forcément. Sinon je suis foutu, je suis le rappeur lambda.

T –Mais y en aura quand même un peu, des trucs plus patate ?

N -Oui, oui ! y en aura quand même un peu. Mais Supernova, c’est mon premier projet où c’est vraiment du kif kif. Enfin je pense. L’album sera vraiment orienté plus posé. Mais je vais pas le rendre chiant quand même !

S – niveau feat, Ladea et Spri Noir…

N – c’était les plus réactifs, tout simplement. Et puis évidemment j’aime bien leur travail.

S –Y a qui en producteur sur Supernova ?

N -Bah déjà y a Lazy T, c’est lui (il montre le gars qui vient d’arriver dans le macdo, ça c’est du timing). Diakar qui avait fait la prod de « Au calme ». y a Zekwe qui a fait « Mendosalve » Y a Twister qui fait « devenir quelqu’un ». Sonar a fait « Dans la zone » et « Ze best » et Track Invaders a fait « Pourquoi ». Ça c’était un morceau à Mike, on va le clipper, normalement.

S : Comment tu t’es retrouvé sur le cd ?

Lazy-T : en fait Super Nova est mon 1er vrai projet, et j’y suis allé au culot, j’ai balancé des beats via twitter, ça lui a plu et voilà. C’était vraiment un plaisir parce que Nakk c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps. J’ai fait les prods de Windows et Espace.

N : il est gentil, il dit ça parce que je suis là. Il est très bon !

S : en plus vous êtes en train de signer des papiers, donc c’est déclaré votre truc.

N : il faut, il faut. On fait de la musique, faut être professionnel, c’est le minimum.

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S : sur Le Syndrome du trom, à un moment tu dis « en plus, amuse toi à faire rimer Ourcq ». T’aurais pu dire que le type en face de toi « ressemble à Mickey Rourke », c’était pas si dur que ça.

N: ouais mais à l’époque, Mickey Rourke il avait pas la tête en mousse, la tête de ouf qu’il a maintenant. Donc j’y ai pas pensé. Et puis de toute façon je dis direct après sur la mesure suivante, « pour que », je commence par ça. Histoire de dire, vous inquiétez pas les mecs, en vrai je suis fort quand même !

S : T’as une relation un peu bizarre avec ta fan-base. T’avais carrément des fanatiques.

N : C’est vrai. Youssoupha m’a dit « j’ai lu des commentaires de tes fans, c’est carrément des hooligans, je te les envie pas ». J’ai l’impression que j’ai les fans les plus chauds du rap français. Je vais utiliser un mot un peu fort, mais ils m’ont presque sacralisé. Si je voulais jouer la sécurité, je ferais un projet avec que des « Devenir quelqu’un ». Je pourrais le faire ! Mais ça me plait pas de faire ça. J’ai d’autres trips, j’ai envie de faire d’autres trucs.

S : On a l’impression que pour des gens, ta meilleure période, c’est celle où on t’entendait juste sur des tapes, que tu sortais pas de projets, en gros quand tu parlais à 700 personnes quoi.

N : Plus t’es connu, plus on va te critiquer. Les mecs vont jusqu’à se voiler la face, jusqu’à me dire que des vieux morceaux à moi vraiment pas terribles sont meilleurs que ceux présents sur Darksun et Supernova… Ils veulent que je ressorte les trucs que je rappais il y a 15 piges, mais ça existe pas les mecs qui rappent pendant 15 ans de la même manière ! T’es obligé d’évoluer.

T : « C’que tu racontes c’est pas d’la merde, mais on s’en bat les reins  » (Invincible) et « L’avenir, je leur en parle. Ils me disent que je suis pas leur renpas. Leur seul rempart c’est rester en bas et faire de l’or en barre » (Au moment où j’parle)… T’as conscience que les jeunes écoutent pas les conseils.

N : Bien sûr ! C’est comme le cinéma : t’as des mecs qui en ont rien à foutre des films d’auteur, ils veulent juste se taper une barre devant un film comique, ou voir Bruce Willis péter la gueule à plein de monde. Bah la musique c’est pareil : t’as des gens qui en ont rien à faire de la morale, du message, ils veulent juste écouter le dernier La Fouine ou le dernier Booba. Même des meufs ! Y’a des meufs qui veulent écouter que des rappeurs violents.

T : même Morsay arrive à vendre.

N : en fait Morsay je l’ai rencontré en vrai à une session studio de C’est nous les reustas remix. Je savais même pas qu’il était sur le morceau. J’arrive, je le vois je me dis « tiens il doit être venu voir quelqu’un ». Après je le vois en cabine « ah ouais, il prend la confiance quand même, on bosse, là ». Et là il pose son intro, tout le monde le félicite, Youssoupha était là « ouais grand gesteur ! ». J’ai pas trop capté sur le coup. Y’avait Disiz aussi, il est passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel (rires). Ceci dit, Morsay il a beau parler comme il parle, t’inquiètes que lui et son équipe ils sont grave lucides et savent faire du business, complètement.

S –Ton rapport à la scène ? Vous semblez bien rodés avec Les 10.

N -Là, au Divan du monde, j’étais super super crevé mais c’est vraiment ça que je préfère. J’ai hâte d’avoir le temps de bien mettre ça en place, de faire de bons shows, parce que c’est ce qu’il y a de mieux en vrai : quand j’ai fait « Dans la zone » en live alors que personne l’avait encore écouté. L’impression, c’est là que tu peux l’avoir, les yeux des gens quand ils écoutent. Y’a que la scène où tu peux avoir la réaction directe. Quand y a une punch, là y a un mec il rigole, l’autre crie, etc.

S : pour revenir sur l’actu, est-ce que t’es jaloux du buzz de la basket du pote de Booba ?

N : (sourire) en fait ce clash au début c’est bien, on est tous friands de ça ; le truc c’est que là ça dure quand même depuis super longtemps, et personne en sortira indemne… enfin remarque, Booba a un bon marabout : je marchais l’autre jour, je tombe sur un kiosque à journaux, je le vois en couv’ de GQ. Je suis rentré chez moi (rires) qu’est-ce que tu veux faire ?

S : On te voit toujours souriant même quand on te pose des questions de merde. T’es vraiment sympa, ou c’est juste pour la promo ?

N : Je me dis surtout que c’est que de la musique ! Je vais pas faire le mec sérieux, tu peux te planter, c’est pas grave. Je vais pas faire le mec vénère ! Des fois on me pose des questions à l’ouest, j’arrondis les angles. J’ai fait une interview pour TéléSud, la journaliste comprenait pas du tout ce que je lui racontais parfois. J’aurais pu l’embrouiller « mais madame t’as pas compris euh », j’ai essayé d’aller dans son sens quand même. Même avec vous, je fais ça depuis le début les mecs. C’est juste que vous avez pas remarqué.

T : Demain soir (interview réalisée jeudi 21/03/13) tu vas faire la Nocturne de Skyrock. C’est la première fois ?

N : Ouais. L’an dernier, ils auraient pu le faire, avec Darksun ! Sur le coup, j’étais pas content. Le mec doit recevoir des messages sur Twitter genre « pourquoi Nakk a pas son Planète Rap ? » … au bout d’un moment il lâche une petite heure dans la Nocturne, histoire de donner quelque chose, et qu’on arrête de lui casser les couilles. Après c’est clair que si je signe en major, demain je fais un Planète Rap. Mais comme j’ai dit quand on m’a parlé de ça, je pourrais gagner au Loto aussi tant qu’on y est !

S : « Street Minimum », « Le monde est mon pays », « Darksun », « Supernova » : tu passes de la rue, à la planète entière, au soleil, à la supernova … le prochain titre, ce sera quoi ?

N : On me l’a fait remarquer récemment, c’était même pas fait exprès. Le prochain, je casse tout, je l’appelle « Cuillère en bois » !

S : Y’a un mec qui nous a filé un t-shirt « Nakk c’était mieux avant ». T’en penses quoi ?

N : Putain, sérieux ?! (il y croit vraiment)

S : Nan.

N : (rires) J’étais en train de me dire « oh le ouf ! ». Bien sûr qu’il y a des gens qui pensent que Nakk c’était mieux avant, mais en ce moment ça se passe relativement bien pour moi, j’ai pas à me plaindre. Et mieux ça va aller, plus y’aura de monde pour dire « Nakk c’était mieux avant ». C’est mathématique, c’est français. Et limite, plus j’entends ça, plus c’est bon signe. Si on me disait « Nakk c’est à l’ancienne, il a pas bougé d’un iota » … nan, ça m’irait pas. Nakk, ce sera mieux dans 6 mois ! Après je peux comprendre. Moi je préfère le Booba d’avant ! Ou y’a d’autres trucs que j’ai kiffé, et je suis plus dedans maintenant. Donc je comprends que ça puisse être pareil pour moi. Mais en même temps, je vais pas revenir en arrière pour leur faire plaisir. Je vais pas faire « Le syndrome du trom 2 », « la Tour 14 » ! Je suis un raciste du passé ! J’ai horreur du passé. Surtout dans la musique, quand tu commences à faire des Best-Of, c’est le début de la fin.

S : Sur Le monde est mon pays, y’a beaucoup de morceaux qui datent un peu, ça donne l’impression que t’as des références ringardes, mais en fait c’est juste que tu les as écrits bien avant ? Genre John Q

N : Bah John Q, c’est un film que j’ai découvert sur le tard, et j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Mais je cite aussi des films plus anciens, genre Les Evadés, mais ça c’est différent, c’est un classique.

S : C’est quoi ton genre de film ?

N : Tu vas me dire que je suis un ouf, mais je kiffe les films d’auteur français. Les titres chelous genre « Ferme le frigo, il fait froid ». Dès que je vois ça, je coupe tout, je regarde le film jusqu’à la fin. Y’a toujours des dialogues qui m’inspirent de ouf ! Les films français, c’est vraiment mon truc. Après je suis pas fermé, récemment j’ai vu Django Unchained et c’était très bien.

S : … (il réalise qu’il ne pourra pas parler de Batman ou de Kick-Ass avec cet individu)

T : Ton fils est toujours fan de l’Undertaker ?

N : Nan, c’est fini le catch. Enfin lui, il est plus dedans en tout cas.

T: ah.(cette réponse déprime légèrement Teobaldo)

[spoiler intro= »La y a une question sur The Wire » title= » avec plein de spoilers dedans, donc si tu veux pas lire, tu cliques pas et puis c est tout »]

T : tu dis que t’as « plus pleuré la mort de Stringer Bell que celle de ton couple »… parle nous un peu du personnage.

N : Ça m’a fait mal. C’est un petit bâtard, mais c’est un personnage extraordinaire. C’est comme Boyz in the hood, à chaque fois que je le regarde, j’espère qu’il ne va pas se prendre une balle à la fin. Et à chaque fois, je suis super triste, alors que je l’ai déjà vu dix fois ! Pour Stringer Bell, pareil. Je me doutais qu’il allait se faire canner, mais je me suis menti jusqu’au bout. C’est un méchant qui est dans l’intellect, un vicieux. Pour comparer, la mort de Prop Joe, j’étais moins triste. Celle de Boddie, un peu ouais. Il est mort en soldat ! Omar, j’étais super choqué. Pour Snoop, j’étais content, elle était soulante à vouloir buter tout le monde ! Cheese, j’étais content aussi. C’est un gag ce mec ! Elle m’a perturbé cette série, j’étais à fond dedans.

[/spoiler]

S : Le mot de la fin ?

N : Je te fais le truc classique : Supernova dans les bacs, allez soutenir, blablabla.

S : t’as pas mieux que ça ?

N : Si : les interviews aussi c’est mieux maintenant je trouve. Parce que moi, durant des années, on m’a sorti la question « mais alors c’est pas trop dur de pas avoir percé ? C’est dommage quand même, non ? », on me disait ça super gentiment en plus ! C’est comme si tu perds un billet qui s’envole et pendant toute la journée ton pote est là « merde c’est pas de chance hein ? Tu te rends compte, t’aurais pu t’acheter… » c’est bon c’est passé (rires).


et ouais, on s’est même retenus de lui poser la question « quand t’épelles ton blase t’es obligé de dire N.A caca ou c’est comment ? tu dis Na2k ? ». Pro jusqu’au bout sur ce coup là.
(pour rappel, si vous aussi vous désirez une interview, nos tarifs sont ici. Certes ce n’est pas donné, mais la qualité a un prix.)

La Cité Rose

« Mitraillette » a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu’il ne quitterait pour rien au monde.
Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège…
Leurs destins sont liés, au sein d’un quartier, au coeur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash

Réalisé par Julien Abraham, La Cité Rose est le nouveau « film de banlieue » (genre typiquement français) de l’année 2013. La première fois que j’en ai entendu parler c’était via un clip de Youssoupha donc autant dire que ça partait super mal. L’affiche laissait imaginer une niaiserie impressionnante et les extraits c’était pas franchement mieux. Par contre faut vous prévenir, dans les 5 premières minutes y’a du Manu Chao. Si on est pas au courant ça fait flipper.

A l’arrivée, plus de peur que de mal. Déjà parce l’influence revendiquée de La Cité des hommes est plutôt bien digérée (un copier coller aurait été catastrophique) et adaptée : le film n’en fait pas des tonnes sur le ghetto mais ne l’édulcore pas non plus, bien que la narration passe par un enfant (Mitraillette, joué par Azize Abdoulaye Diabate). C’est l’atout majeur du film, le héros est assez attachant, a la naïveté d’un gamin mais reste parfaitement lucide sur son environnement (le deal, son père absent, son cousin qui tombe lentement mais sûrement dans l’illicite, etc).

Pourtant le gros point faible c’est le casting, mix d’acteurs non-professionnels et de « vrais » comédiens. Ça fonctionne très bien pour les gosses qui sont tous très spontanés comme il faut, par contre ça coince avec les plus vieux. Notamment Ibrahim Koma qui en plus se tape souvent les scènes les moins subtiles, celles où on attend qu’un type en bas de l’écran sorte une pancarte avec marqué en lettres capitales « la morale de cette séquence est la suivante : les préjugés c’est caca ». Du côté des « méchants » qui tiennent le terrain, sans être fabuleux non plus ça reste correct, ils sont pas ridicules et c’est aussi un bon point : malgré le ton plein d’espoir du film y’a des scènes qui ne trichent pas niveau violence. Après c’est pas Menace II Society non plus ça c’est clair. L’intrigue ose presque le tragique et ça permet d’esquiver le côté bisounours qu’on pouvait craindre.

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En sortant de la salle y’a un critique (c’était peut-être pas un critique mais en tout cas il était vieux et il avait des lunettes) qui disait à un autre « c’est marrant, y’a rien niveau réalisation, les acteurs non plus, y’a pas d’idée de mise en scène… mais c’est mignon ». Bah en virant le côté condescendant de la réflexion, parce que le long-métrage n’a rien de honteux face à la majorité de la concurrence niveau ciné français, c’est en gros le cœur du truc : une bonne idée sur le papier qui pâtit un peu de son passage sur grand écran par manque de maîtrise. Vu que c’est son premier film, Julien Abraham s’en tire quand même pas trop mal. J’espère qu’il va step up son game et revenir en ayant corrigé ses défauts, ça peut donner des bonnes choses. Ou alors il va finir comme Djamel Bensalah et je regretterai d’avoir écrit ça.

Mais je sais ce que vous vous demandez : est-ce qu’on entend la musique pourrie de Youssoupha dans le film ou pas ? Bah non. Par contre le refrain du générique de fin c’est Soprano, comme quoi, on peut pas tout avoir dans la vie.

Ah ouais c’est du catch, des putains de castings : Bully Ray

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Cette semaine on retrouve nos 2 frangins Brother Ray et Brother Devon. Maintenant que vous situez à peu près ce duo de fous furieux en cavale, on va voir Ray en solo, comment le futur champion du monde de la TNA devint un poids lourd en solo. La semaine prochaine on détaillera un peu plus ce couronnement. Dans les 2 cas, Devon n’est jamais loin, c’est ça qu’est beau, la famille.

BULLY RAY

Bully3_1454684aDO YOU KNOW WHO I AM ?

Alors comment devient on quelqu’un de crédible en champion du monde dans le catch ? Comme dans beaucoup d’autres disciplines, en le méritant. Mais comment on peut mériter dans un milieu où tout est planifié à l’avance ? En se faisant remarquer. En marquant son empreinte. En devenant le type que les gens viennent voir (ou au moins, l’un des types que les gens viennent voir). Ça passe bien évidemment par proposer des combats intenses avec des trucs qui coupent le souffle comme sauter avec son adversaire depuis une rampe de 2 mètres de haut sur des tables, par exemple. Question spectaculaire, on a déjà vu que les Dudley Bros se posent là.
Mais un beau match, c’est encore mieux quand la foule en attend vraiment le dénouement. Quand elle se sent vraiment concernée, en aimant vraiment le gentil et en détestant vraiment le méchant. Il faut être l’enculé number one. C’est un travail de longue haleine d’être le plus détestable dans ce bizness. Des bons enculés, y en a partout. Faut se démarquer. Pour ce faire, Bubba Ray dispose toujours de sa grande gueule. Mais reprenons.
Les Duleyz sont donc l’équipe la plus titrée de tous les temps ce qui, finalement, n’aide pas à les considérer en tant que catcheurs solos. Faut déjà remédier à ça et la recette est connue de tous. Comme d’hab avec une équipe, il faut la dissoudre avant de rentrer dans le vif d’une carrière individuelle.
Donc y en a 1 des 2 qui devient con et tape l’autre. Un gentil vs un méchant, dans la plus pure tradition.
Et généralement, y en a qui s’en sort mieux et l’autre disparait assez vite. Rien de bien folichon  Et c’est exactement ce qui s’est passé pour eux, hélas. Dans un premier temps.
Ayant fait le tour de la question par équipe, la Team 3D décide de livrer un dernier match pour toi public. Mais ça sera pas un match tout pourri, non. Ce sera un match pour le championnat par équipe, ils méritent au moins ça. Les tag team champions de la TNA d’alors acceptent volontiers ce challange. Parce que les champions c’étaient les Motors city Machine Guns, 2 white trash casse cous de Detroit. Autant dire des jusqu’au boutistes qui ne reculeront devant rien pour maintenir le titre même avec tout le respect qu’ils doivent à Bubba Ray & Devon.

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Pour les Dudleys, gagner ce dernier match leur permettrait de se retirer en tant que 24 fois champions du monde, toutes compagnies confondues, à travers les décennies et les continents. Rien que ça.
Ce match s’annonçait très ouvert et très serré, il le fût. Il s’annonçait également très barbare et spectaculaire, il le fût.
Hélas, Ray et D repartiront brocouilles comme on le dit dans le Bouchonnois. Ils ne demeureront QUE 23 fois champions du monde par équipe. Ray étant le plus caractériel et le plus mauvais perdant va rejeter la faute sur son frère et le lyncher en traître. En traître mais aussi en public, c’est mieux. Le postulat de départ est posé, Devon est le gentil qui cherche rétribution tandis que Ray est hué comme le salaud qu’il est. On y est, l’équipe n’existe plus et Ray est un vilain pas beau plein d’ambitions égoïstes. Il va donner très vite la pleine mesure de tout son talent d’enculé. Non seulement tabasser son frère au moyen d’armes prohibées comme des grands coups de chaines dans la gueule était une bonne façon de s’introduire en tant que baltringue mais c’est pas fini du tout. Il va ensuite chercher les fils de Devon, donc ses propres neveux, dans le public en leur reprochant d’être aussi faible que leur daron. Il les traîne sur le ring pour les éclater à travers des tables devant le regard de leur père impuissant.
Bubba Ray est une ordure finie, une brute épaisse de la pire espèce. Il décide même de changer son nom en Bully Ray. Ray la Brute.
Perfide, lâche, vicieux, traître  fourbe, brutal, violent, irrespectueux, vulgaire, de mauvaise foi absolue, rancunier, méprisable, grotesque, Bully Ray va vraiment donner tout ce qu’il a dans ce rôle, pour notre plus grand plaisir.
Il est encore plus méchant que l’Orangina Rouge, il sera odieux H24 avec une constance et une rigueur professionnelle qui force le respect. Même en coulisse quand la délicieuse Christy Hemme veut juste lui demander son état d’esprit avant son match du soir.
« Mon état d’esprit avant le match ?! MON ETAT D’ESPRIT ??!! Tu crois que j’ai peur de mon adversaire ? Tu crois que j’ai quelque chose à foutre de ce sac à merde ? C’est vraiment la question que tu veux me poser ? Demande moi plutôt pourquoi je réponds jamais à tes coups de fil, la nuit, quand tu te sens seule ? Quand tu m’appelles en chaleur parce que ton marie fait pas le boulot et que tu veux un vrai mec. Mais le vrai mec ne veut pas de toi, vieux steak pourri ! »
Oui, Bully Ray est le boss au micro. Il n’hésite pas non plus à profiter de son temps de parole pour insulter les gens qu’il n’aime pas, même en dehors du catch. Ainsi les kardashians se verront traités de troupeau de dégénérés aux meurs légères, comme ça, gratuit, pour l’amour du sport. Tout le monde y passera, en particulier les utilisateurs de twitter qui seront qualifiés tour à tour de geeks, de gros puceaux ou tout simplement d’abrutis se nourrissant de leurs propres excréments. Mais tout ça, bien entendu, c’était avant que Ray craque et fasse ce qu’il disait qu’il ne ferait jamais : se faire un profile sur twitter. Pendant plusieurs semaines, toute communication avec cet abruti sera alors fortuite, ses interlocuteurs se faisant irrémédiablement éconduire par un « Ferme ta gueule, je twitte ! »

Devenu accro, il ne lâche même plus son smartphone pour descendre la rampe d’accès qui mène au ring. Ignorant le public qui ne l’en conspue que d’avantage. Il s’offre même le luxe de twitter à quelques mètres du ring, puis hurle sans micro (mais tout le monde l’entend quand même) « Je suis en live et je twitte ! C’est ça qu’on appelle un livetweet, bande de connards ! »
Parmi ses autres entrées folkloriques, on peut aussi citer les fois où il s’est associé à Scott Steiner, un ancien reconnu pour avoir les bras les plus dessinés et monstrueux de tout le métier. Pour ne pas être en reste à côté de son partenaire en crime du moment, Bully beugle à qui veut l’entendre (c’est à dire personne) et aux autres (c’est à dire tout le monde) qu’il a les mollets les plus musclés du monde en engueulant le cameraman « Shoot my calves ! I am Calvezilla !! » Pourquoi pas ?
Faut savoir que cet esprit dérangé et surtout dérangeant, il l’amène en plein combat. Et pas seulement en se faisant régulièrement disqualifier pour tricherie en tous genres (mais surtout les plus ignobles).
Quand il a l’avantage pendant un match et que son adversaire se roule parterre tandis que lui se dresse encore fièrement sur ses jambes, là, à ce moment là, il estime qu’il est maintenant grand temps de cracher en l’air et de rattraper son crachat avec sa bouche pour le ravaler. Et si il rate son tire, il se débrouille quand même pour récupérer son glaviot du plat de la main pour se la lécher ensuite. Pro.
Y a le passage obligé pour un bon catcheur complet, monter sur les cordes et sauter sur son ennemi qui esquive au dernier moment, en gros s’écraser au sol comme un caca. Toujours plus pro, Bully apporte ici aussi sa petite touche appréciable. En enfilant un short aux coutures sensibles prévues pour se déchirer au moment où il s’écrase lourdement sur le cul, laissant apparaître un caleçon orange à poids jaunes. Toujours le même. Une vraie brute ne change pas de calebard.
C’est la grande force de Ray le Brutos, passer pour un gros con mais toujours avec cet air trop sérieux qui empire les choses.
Ce mec est excellent, sur toute la ligne. Si on excepte CM Punk, dans un autre registre, à la WWE, Bully Ray est sans conteste l’enfoiré numero uno du catch à l’heure actuelle. Le plus vil, le plus sale, le plus méprisable. Il s’est transcendé tel Son Gohan face à Cell et si quelqu’un mérite bien la reconnaissance pour son oeuvre, c’est lui.
Cependant, le public de la TNA c’est pas des putes, ils n’ont jamais oublié l’autre frère Dudley. Tant et si bien que dans les premiers temps, chaque fois que Bully faisait quelque chose, les gens criaient en choeur « We want Devon ! » mais Devon ne brille pas particulièrement en gentil. Il a pris le contre pied total de son frère ennemi en se posant en brave héros en peu trop lisse et trop propre. C’est donc sans surprise mais quand même assez triste qu’au bout de plusieurs mois de pas grand chose, on apprend que le D a été licencié de la compagnie… à moins que… À suivre…

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Ah ouais c’est du catch, des putains de castings : DUDLEY DEATH DROP

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Cette semaine, j’ai un candidat idéal pour faire un Killer Croc plus vicieux que nature. Bully Ray correspond parfaitement au rôle, mais je ne peux pas parler de cette grosse brute comme ça. Si on parle de Ray, on parle de son frère Devon. J’y tiens. Lire la suite « Ah ouais c’est du catch, des putains de castings : DUDLEY DEATH DROP »

CM Punk et le renouveau du catch moderne

Alalala … Le catch, cette science inexacte… Sport ou divertissement ? Puéril ou sérieux ? Ephèbe ou vieillo ? Comédie ou réalité ? Telles sont les questions. Dans le catch, tout est dans l’immédiat. Les prises ne sont que conventions, et ne sont que simple mise en scène, scriptée par des scénaristes en coulisse. Comme au temps des gladiateurs, on hurle pour l’un avec adoration, on hurle pour l’autre avec répugnance. Il n’y’a pas de juste milieu, tout est scénarisé (ou presque) pour confronter le bien face au mal, le héros face au vicelard. Personne n’est crédule, le catch n’est pas un sport à proprement parler, c’est un divertissement sportif qui met en scène, d’abord, des athlètes, mais aussi des showman. Le catch n’est donc pas à regarder comme une perfomance sportive, mais plutôt comme une série télévisée ou un spectacle de magie.

A voir l’article d’initiation au catch par Teobaldo :

 http://captchamag.net/2013/03/01/ah-ouais-cest-du-catch-des-putains-de-castings-le-retour/

« Le catch, c’est pas faux, c’est juste du catch, depuis la nuit des temps c’est comme ça, les catcheurs existent, les prises, le ring, l’arène aussi… simplement c’est comme au cinéma, un vrai film, est un film avec des acteurs qui jouent un rôle, tandis qu’un faux, c’est de filmer à l’improviste une scène que l’on voit.

Les catcheurs sont là pour te raconter une histoire, te divertir, tu les aimes ou tu te casses, tu vas quand-même pas gueuler « C’EST CHIQUE » quand tu vas au théâtre »

Christophe Agius, commentateur de catch sur AB1/RTL/NT1

Bien que des scénaristes, ou plus techniquement des « bookers », sont payés par chaque fédération de catch, et notamment la plus importante, à savoir la WWE, il est légitime de se demander jusqu’où la mise en scène, l’improvisation, et le fictif s’acheminent. Il faut savoir qu’il n’y’a jamais une totale improvisation ni sur le ring ni lors des altercations au micro, il y’a toujours un schéma scénaristique à respecter pour que le spectacle se déroule sans imprévus. N’y’a t-il donc aucune part de réalité dans le catch ? C’est en effet ce que l’on aurait pu penser, toutefois, un seul homme est passé outre ce code.

Alors qu’il n’était à ce moment précis qu’un catcheur sur qui les officiels ne comptaient pas réellement, preuve en est que son contrat avec la World Wrestling Entrainement allait finir, Phil Brooks, de son pseudonyme CM Punk, a définitivement répondu à cette question le 27 juin 2011 en distillant un speech au micro, ou une bombe artisanale (autobaptisé « Pipe Bomb ») qui aura en premier lieu fait mouvoir l’univers du catch, mais qui aura également métamorphosé le mode de pensée du « catcheur  » autant pour les spectacteurs que pour les promoteurs.

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CM Punk

CM Punk a des attributs physiques et moraux assez spéciaux et nous allons nous empresser de les découvrir, avec tout d’abord son goût pour les tatouages.

Nous allons faire simple, à côté, Michael Scofield est un enfant de coeur. Punk est recouvert de tatouages absolument partout sur le corps, que ce soient sur les bras, sur le torse et même sur la nuque…

Disons que c’est un choix esthétique comme un autre, mais là ou le bât blesse, c’est que CM Punk a décidé, à un moment dans sa vie, après je ne sais quel traumatisme urinaire, de se tatouer le logo de Pepsi sur l’épaule gauche. L’idée la plus fils de putesque jamais imaginée après celle de Gucci Mane et son tatouage en forme de cornet de glace.

" Pourquoi un tel choix ? Quels sont ses ambitions à faire une chose pareille ? Pouvons nous croire à une sorte de machination contre les industries de boisson gazeuse ? Est-ce de la publicité mensongère ? Est-il atteint de myofasciite à macrophages ? "  Bernard de La Villardière, lors de l'émission Enquêtes Exclusives sur le thème : --Les magasins LIDL mettent-ils du gasoil dans leurs canettes de cola ?--
 » Pourquoi un tel choix ? Quels sont ses ambitions à faire une chose pareille ? Pouvons nous croire à une sorte de machination contre les industries de boisson gazeuse ? Est-ce de la publicité mensongère ? Est-il atteint de myofasciite à macrophages ?  » Bernard de La Villardière, lors de l’émission Enquêtes Exclusives sur le thème : –Les magasins LIDL mettent-ils du gasoil dans leurs canettes de cola ?–

A l’instar de Paulie Gualtieri dans The Sopranos, CM Punk parle, CM Punk parle beaucoup trop, il parle certainement plus qu’il ne lutte. Branchez-vous au moins une fois sur NT1 un samedi soir vers 1h du matin (OUI ! 1H du matin, car NT1 a eu l’idée formidable de diffuser un programme familial à une telle heure) et vous observerez par vous-même.

Vous observerez qu’à tout simplement chaque épisode de WWE RAW, CM Punk parle pendant au moins une bonne quinzaine de minutes. Cela n’enlevant rien au fait qu’il est de loin le meilleur orateur de la WWE, nous pouvons tout de même remercier avec grâce le Dieu tout puissant de ne pas avoir fait de CM Punk une sorte de Jacques Santini 2.0… ce dernier étant reconnu pour parler avec une extrême lenteur.

Pour les biens de cet article, nous avons profité de notre partenariat avec France Télévisions pour organiser un débat portant sur la question existencielle de « Qui a lancé la carrière du rappeur Sultan ? » entre CM Punk et Nicolas Sarkozy, illustration :

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Le personnage actuel de CM Punk, parce que, oui, les catcheurs peuvent passer de « gentil » à « méchant » ou de « méchant à gentil » à souhait afin de renouveller les rivalités, a un penchant pour l’infamie. Son personnage ayant été de nature sympatoche (on appelle cela un « face ») pendant une longue année, le public n’avait cesse de l’acclamer et il était dans le devoir des scripteurs de renverser la tendance, car le rôle d’un personnage mesquin (ou « heel) est d’être haï et littéralement conspué par le public, c’est pourquoi on a fait de lui une sorte de son of a bitch, irrespectueux envers tout le monde et se prennant réellement pour un dieu.

L’idée a été donc, non seulement de faire de lui un tricheur qui ne peut conserver son titre que par intervention frauduleuse d’un autre catcheur, mais surtout de dépasser les bornes en se moquant du commentateur Jerry Lawler par rapport à une crise cardiaque qu’il avait fait quelques semaines auparavant, ou pire encore, et plus récémment de Paul Bearer, manager du bien connu Undertaker (que CM Punk affrontera justement au plus grand show de catch annuel : Wrestlemania)

CM Punk est resté pas moins de 434 jours consécutifs, possesseur du prestigieux titre de la fédération : le WWE Championship, ce qui constitue le plus long règne de l’ère moderne.

Ce dernier a donc conservé la ceinture pendant plus d’un an, en prenant le dessus sur le ring(souvent avec malhonnêteté) la plupart des catcheurs les plus en vue de la WWE. Justement… Parlons de cette ceinture, ou plutôt de ce produit Mattel … Illustration :

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Nous nous permettons de dériver rapidement sur les images que vous pouvez voir ci-dessus… Voici la ceinture que CM Punk a conservé pendant pas moins de 434 jours. Une question subsiste… Par quel grâce divine a t-on pu créer cette merde ? Je soupconne très fortement le directeur artistique de la marque Distinct d’avoir contribué à la conception de cette ceinture.

Mais qu’est ce qui ne tourne pas rond dans cette entreprise ? Via quel code marketing peut-on définir un TEL prix ? Je pense que rien ne va auprès du département commercial de la WWE, je veux bien croire qu’un commercial issu d’un baccaulauréat STG ait du mal à faire tourner ses neuronnes, mais comment peut-on parler de « faux diamants » dans la description ci-dessus pour justifier un prix aussi exhorbitant ? Le « Limited Edition » est également une honte, c’est le Munster qui dit au roquefort qu’il pue de la gueule, rien d’étonnant jusque-là que ce produit soit limité en quantité au vu de cette disgrace esthétique, merde quoi, même le casque de Petr Cech est plus classe. Autant dire que cette ceinture est tout simplement dégueulasse, et rien d’étonnant vu que c’est John « Machopeur » Cena lui-même qui a apporté sa touche personnelle à son design.

Reprenons, CM Punk n’en a que faire de ce que les gens peuvent penser, expert en dérapage sur le ring comme en dehors, on le ressent avant tout sur Twitter, provocation sur provocation, réglements de comptes et autres moqueries, rien ne l’arrête. Les exemples pleuvent : lors de la nouvelle élection de Barack Obama, il n’a pas pu s’empêché d’envoyer des pics envers le Republican National Convention (RNC), rien d’étonnant étant donné qu’il vient de Chicago, soutien inconditionnel du parti démocrate . Plus récémment, il a retweeté un tweet à connotation nazi, un fan de la WWE lui a fait remarquer que ce genre de commentaire était limite pour un employé de la compagnie et Punk lui a répondu : « Oh et puis, le Pape était nazi non ? »

Nous allons mettre l’accent sur un « beef », ou tweet fight, qui est survenu il y’a de cela un peu plus d’un an, entre CM Punk et Chris Brown :

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La réponse de CM Punk ne s’est pas faite attendre, préconisant le format vidéo plutôt que le format écrit à 140 caractères

Bret Heart ? Désolé pour lui mais c'est Bret Hart,  Allez, pour te récompenser, un pénis bien rigide dans la chatte à ta mère, un !
Bret Heart ? Désolé pour lui mais c’est Bret Hart,
Allez, pour te récompenser, un pénis bien rigide dans la chatte à ta mère, un !

Dans la vidéo ci-dessus, CM Punk attaque verbalement Chris Brown. Il semblerait que le catcheur veuille rendre la monnaie de sa shneck à Chris Brown qui a été reconnu coupable d’avoir frappé son ex-actuelle copine Rihanna (on est jamais sûrs de rien avec ce duo de décérébrés mentaux atteint d’herpès génital) il y a maintenant 3 ans. Il précise qu’il ne fait pas ça pour faire de la promo pour la WWE ou qui que ce soit car il explique qu’il n’a ni besoin de manager ni d’assistant ni de garde du corps ni d’un attaché de presse et ni de l’accord de cette pucelle pour lui dire quand et quoi tweeter. Il conclut la vidéo en disant que Christine Brown n’est pas un homme et qu’il sait pertinemment qu’un jour, quelqu’un, quelque part lui donnera la leçon qu’il mérite.

La WWE a bien évidemment tiré profit de ce beef et les commentateurs, que sont Michael Cole et Jerry Lawler, ont invité durant 2 ou 3 épisodes les téléspectateurs à en savoir plus à propos de cette guerre du tweet sur le site officiel de la fédération. En conséquence, c’est une nouvelle fois que CM Punk immisce, indirectement, une part de réel dans ce spectacle qu’est le catch. Notons également que Chris Brown accuse le catcheur qui s’autoproclame « Best In The World » de prendre des stéroïdes anabolisants, problème récurrent dans l’industrie du catch et qui a causé la mort, entre autres, d’Eddie Guerrero. CM Punk se défend en niant en bloc l’utilisation de stéroïdes, lipides considérés comme drogues, puisqu’il se dit straight edge.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, et malgré son allure flasque et son visage cerné, CM Punk est en effet straight edge. Cette culture issue du punk hardcore, est basée sur la non-consommation pure et dure de tabac, d’alcool, ou autres drogues. Entretenant ce mode de vie sur le ring comme en dehors, vous ne risquez donc pas de le voir dans un état second. Jean Poiret n’a qu’à bien se tenir…

Et pas que…

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En septembre dernier, mais cette fois-ci de manière involontaire, CM Punk a une fois de plus défrayé la chronique en alimentant les médias du monde entier d’un incident survenu durant un show somme toute classique. En effet, le scénario impliquait que CM Punk devait fuir le ring pour se diriger vers le public, et étant à cet instant précis le méchant numéro un de la compagnie, les spectateurs ne se sont pas gênés pour le bousculer pendant qu’il écoutait le président de la WWE, Vince McMahon, lui adresser un petit message au micro.

Alors qui est en tort ? CM Punk ? Le(s) fan(s) ? Les scripteurs ?
Alors qui est en tort ? CM Punk ? Le(s) fan(s) ? Les scripteurs ?

Les opinions sont divergentes, en revanche ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est que le mec de la sécurité est définitivement un fils de pute. Je pars du constat que ce petit enculé à la calvitie frank leboeufienne est payé par l’arène hôte ou a lieu le show, qu’il est payé pour éviter à tout prix ce genre de mésaventures, merde quoi, le mec est hostile envers le public, il les insulte à la longueur d’épisodes, qu’est ce qu’il y’a de réellement étonnant à ce que les fans le titille ? Bref, il s’agit là encore d’un petit morceau de réalité incrusté dans du fictif, pour le coup on s’en serait bien passé.

Concluons la série dérapage, avec un énième, et sans doute l’un des plus loufoques :

Sans la moindre vergogne, Punk, équipé de sa moustache hitlerienne level 99, insulte violemment un spectateur présent aux abords du ring. On remarque que le dialogue est chaud comme la braise, puisque le catcheur de Chicago, Illinois, ne va pas hésiter à faire des remarques sexistes et homophobes. Dans la dispute on retiendra un mythique : « You have a vagina ! », littéralement « tu as un appareil génital féminin », vagina venant du latin « shneck » qui signifie abri-bite. On retiendra également un simpliste mais efficace « Jolie coupe de cheveux espèce d’homo ».

Finissons en beauté …

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Speech de CM Punk le 27 juin 2011, marquant le début d’une ère nouvelle dans le catch moderne

Dans cette vidéo, CM Punk exécute une promo. Dans l’univers du catch, on nomme « promo » ce qui s’apparente au speech d’un catcheur s’adressant au public. Et il s’agit là très certainement de la promo la plus intéréssante dans l’ère du catch moderne. Jamais fiction et réalité ne s’étaient autant juxtaposées dans l’histoire du divertissement sportif. NBC, ESPN et la plupart des médias américains, et même du monde entier, se sont empressés de contacter le catcheur pour en savoir davantage sur ce discours, jugé, à juste titre, bien trop virulent pour être scripté. Effectivement, chose assez rare pour le souligner, et CM Punk nous le confirme sur son DVD documentaire,  cette promo était une totale improvisation. D’ailleurs, ces enfoirés de Rap Genius sont même allés décrypter la promo sur le lien suivant : http://rapgenius.com/Cm-punk-pipe-bomb-lyrics

Tout a toujours été clair dans la tête de Vince McMahon, promoteur de la WWE, le modèle made in WWE du catcheur qui réussit et qui est susceptible d’être vendeur, c’est un catcheur dôté d’un physique massif à la Dwayne The Rock Johnson, c’est un catcheur incarnant la domination et la puissance, qui sait s’exprimer au micro et faire réagir les foules.

Avec cette prédisposition à briser le quatrième mur comme durant cette pipe bomb, et même à choquer, CM Punk est le seul personnage à alimenter la fiction avec de la vraisemblance. En 2011, alors que son contrat avec la WWE était sur le point de prendre fin, il critiqua semaine après semaine les rouages de la fédération de Vince McMahon. Il parvint, justement, autour d’une rivalité avec le visage de le fédération John Cena, à installer un climat nouveau dans l’ère du catch moderne.

Par le biais de cette promo, et les suivantes, tout aussi corrosives et tranchantes, CM Punk a contribué à un réel changement en mettant l’accent sur le mérite. Ainsi que sur l’aptitude des catcheurs provenant du circuit indépendant (toujours décrié, lui comme les catcheurs du circuit indé en général, comme étant sans charisme par les hautes instances de la WWE) à fournir un travail encore meilleur que la plupart des catcheurs en place de la fédération. Punk a de ce fait amener Vince McMahon a opérer différemment, sans amalgames, en ce qui concerne le recrutement et la gestion des talents.

En terme de catch pur, CM Punk est l’une des superstars les plus talentueuses à être monté sur un ring de la WWE. Il peut user de n’importe quel style de lutte, que cela demande de la technique ou de la force physique; que ce soit dans les airs ou au sol… Coups de pieds circulaires, prises de soumission, coups de genou… Il sait tout faire, il est apte à mettre en valeur n’importe quel adversaire, en toute sécurité, afin de réaliser un match au moins correct (ceci n’est pas valable pour le grande merguez pakistanaise The Great Khali, car personne ne peut faire un bon match face à ce vendeur de marrons).

En plus de toujours avoir été connu pour ses talents d’orateur, dès les premiers jours ou il mettait en avant son mode de vie Straight Edge, à son historique « shoot » promo à RAW, il a cette façon unique de partager son point de vue de manière intéressante et créative en brouillant les lignes entre ce qui est illusoire et ce qui est réel.