Interview : Nakk

A l’occasion de la sortie de Super Nova, on a interviewé le mc préféré des forums rap en 2002 : Nakk Mendosa. Première impression : le bonhomme a l’air de clairement péter dans la soie, se paie un Sundae au caramel (qui avait l’air dégueulasse, preuve que les rappeurs français ont encore du chemin à faire pour être respectés dans ce pays), nous offre un ice-tea et un jus d’orange. Pour ne pas perdre la face Teobaldo a insisté pour lui laisser son stylo avant de partir. A un moment un type est venu nous interrompre pour nous demander le code de la porte des chiottes du Macdo, mais on l’a pas retranscrit par respect pour les lecteurs.

dans la joie et la bonne humeur

Teobaldo : Nakk, présentation ?

Nakk : Nakk Mendosa, rappeur solo depuis 1999, originaire de Bobigny. Supernova dans les bacs depuis le 18 mars.

T : Tu précises même plus Soldafada ?

N : C’est mon 1er groupe, on a sorti un album en 1998, sur le label de Menelik. C’est là que j’ai fait mes premières armes … en gros, la première fois qu’on m’a entendu rapper, c’est grâce à Menelik !

T : Les 10 rappaient déjà à l’époque ?

N : Ouais, Lindis rappait depuis 89. Il avait 13 ans, il écrivait ses bouts de textes dans sa chambre, mais moi ça m’impressionnait, parce que c’était le seul mec que je connaissais qui rappait. A l’époque, c’était tabou !

T : T’as jamais voulu monter un groupe avec eux ?

N : Bah, j’étais déjà avec Soldafada. Mais ça aurait pu se faire, et qui sait, ça se fera peut-être, il n’est pas trop tard.

T : Lavokato a dit plusieurs fois qu’il arrêtait le rap …

N : C’est un menteur ! (rires) Il aime trop ça. Si on lui amène un projet bien pensé, qui tient la route, peut-être qu’il sera intéressé. Enfin, c’est à lui de voir !

T : On connait surtout le 93 pour ses rappeurs un peu hardcores… On a l’impression que Bobigny c’est plus doux.

N : Parce que tu connais Les 10 et moi, et qu’on n’est pas vraiment dans ce délire là, mais y’a plein de groupes un peu plus hardcores à Bobigny, c’est juste qu’ils ont pas émergé.

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Spleenter : t’es le cousin de Mac Tyer… du coup t’es aussi le cousin de Gab’1 ?

N : Aucun lien de parenté.

S : Durant toutes ces années, aucun gros morceau MacTyer/Nakk, pourquoi ?

N : Comme quoi, la famille ça fait pas tout ! (rires) Faut trouver le morceau, le projet, etc. Mais on le fera je pense !

S : T’as beaucoup collaboré avec Monseigneur Mike. Comment s’est déroulée votre rencontre ?

N : Il habitait pas loin de chez moi à la base. Un jour, il m’a invité sur sa mixtape. C’est une époque où je rappais pas trop, on sortait beaucoup en boite. Dans le rap, c’est un des mecs avec qui je suis le plus proche humainement. On a pas juste une relation « collègues de rap ».
D’ailleurs, mon tout 1er feat avec lui, c’est un des premiers morceaux que mes fans m’ont reproché. Ça parlait de meufs, c’était un peu egotrip. Le mec parle de ça, je vais pas parler de prairie sur le même morceau !

S : le clip Gangsta rap au champagne toujours de Mike, certains de tes fans ont pas du tout kiffé, comme les mecs qui se coupent les veines suite à la photo de Bieber qui bedav.

N : ah oui, c’était un sacrilège de ouf pour eux, c’était la fin de Nakk. « comment il peut faire ça nanana » (rires).

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S : Invicibles remix, le clip : c’était obligé le côté solennel, avec le violoniste, le côté « regardez on sait écrire » ?

N : Ouais, ça faisait vraiment le truc « réunion de tous les lyricistes » … c’était pas voulu, mais je vois ce que tu veux dire. Après, le clip reste dans l’ambiance, on allait pas faire un clip avec une capuche et des lunettes.

T : J’aime beaucoup le morceau original, y’avait une poésie. Sur le remix, ok y’a de la technique, des messages, des noms, mais on perd cette poésie et ce côté planant.

N : Mais moi je voulais pas qu’ils fassent un truc calqué sur mon morceau. Je voulais que chacun arrive avec son univers. Pour moi ça reste un gros morceau. Dans 5, 6, 7 ans, on s’en souviendra comme d’un gros morceau.

S : Ça, c’est parce qu’il y a Mouloud.

N : (rires) On retrouve l’humour du Blavog ! Sérieusement, c’est un morceau qui m’a fait du bien, niveau image j’ai grimpé des échelons.

T : Dans « Invincibles Remix », les connexions se passent comment ?

N : Je connaissais surtout Dixon et Mokless. Red-K un peu, Youssoupha aussi, Lino pas du tout … C’était dur de tous les réunir ! C’est quelque chose que je referai plus.

S : En plus Jeff le nerf il posait plus trop à ce moment là ?

N : Bah c’est le premier qui m’a envoyé son couplet ! 2 ou 3 jours après que je lui ai envoyé l’instru. Et dix mois après, Lino m’a envoyé le dernier couplet ! Dix mois ! Mais ça valait le coup. En fait Lino, au-delà de tout ce qu’on peut dire sur lui, son problème c’est qu’il est presque « trop » fort : ce qu’il fait, la qualité qu’il met dans ses textes, ça sert limite plus à rien pour l’auditeur d’aujourd’hui, il est noyé. Même moi, j’écoute Radio Bitume, parfois c’est « trop ».

S : Et pour Les 5 fantastiques, c’était galère aussi ?

N : Ça s’est fait direct ! Un truc de ouf, tout le monde en studio le même jour ! Par contre pour faire le clip avec les petits jeunes, c’est une galère : y’en a un qui veut plus trop voir l’autre, etc. Les anciens, tu leur dis un jour et BIM ils sont tous là. Mais c’est normal, c’est des premiers de la classe.

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T : Tu dis « Le rap français me fait chier, j’aurais dû naître à Brooklyn ». Même aujourd’hui, ta préférence reste à New-York ?

N : J’aime beaucoup les rappeurs de Brooklyn. On me reproche souvent « tu bouges pas derrière le micro, c’est mou ! » … mais les Fabolous, les Jay-Z, ils bougent pas, on dirait qu’ils vont s’endormir ! T’as l’impression qu’ils rappent allongés ! J’aime ce côté nonchalant.

S : Dans une interview, tu disais que tu devais parfois te forcer à ne plus écouter de rap français pendant une période pour éviter le mimétisme…

N : Maintenant j’ai plus ce problème : j’en écoute plus ! (rires) Quand ça passe à la radio, j’écoute, mais fumer un album tout seul chez moi comme je le faisais avant, c’est terminé. J’y arrive plus ! Je trouve ça trop moyen. Même les mecs qui sont forts à la base, sortent des skeuds pas terribles. A part Despo … quand je l’écoute, je suis comme un enfant ! Il est à la limite entre la folie et le génie, c’est extraordinaire. Il est borderline !

T : Dans la nouvelle génération, y’a beaucoup de mecs qui reconnaissent ton taf, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 6-7 ans. Ça te motive ?

N : J’ai l’impression de mener une deuxième carrière. J’ai un vent de fraicheur, l’envie de rapper. On a reproché à des rappeurs de ne pas m’avoir invité sur leurs albums, mais c’était une période où je ne rappais même plus ! Tu vas pas m’inviter sur ton album si tu vois que je suis toute la journée chez moi, la main dans le caleçon, une bière à la main en train de mater le Bigdil. Si tu bouges, que tu sors des projets, les mecs t’entendent sur des morceaux … là, si ça leur plait, ils t’invitent ! Mais si tu fais rien, ils vont pas t’inviter !
Je me considère un peu comme un rappeur « du peuple », en opposition avec les rappeurs « du rap game ». Je suis pas bankable pour un rappeur ! Tu m’invites, je vais pas t’apporter grand-chose. J’ai pas le côté caillera qui va plaire à untel, je suis pas assez connu du grand public pour un autre … J’suis underground.

S : Pendant pas mal d’années, t’as pas mal gravité autour de Neochrome.

N : Neochrome, tu viens pour poser un couplet, tu te retrouves dans 5 morceaux différents ! Ils m’ont tenu en vie, c’est eux qui m’ont redonné envie. Des gens comme Seth ou Zekwe, je les connais via Neochrome. A une époque, ils voulaient même me signer.

T : D’ailleurs, Street Minimum a plus ou moins été annoncé chez eux.

N : Au niveau des contrats, c’est bizarroïde. Je m’y connais pas trop en juridique, mais je sais quand c’est bizarroïde. Et puis au niveau de l’image, ça allait pas. Ils essayaient de me convaincre, mais c’était pas cohérent. « Mais si, tu colles à l’image neochrome » (rires).
Les seuls contrats que j’ai signé, c’est avec Kaz par Kaz (Menelik) et avec BMG. C’est tout.

S –Et avec Casa One, c’était une coprod ?

N -C’était une mission d’intérim. On sort le projet après on voit. C’est grâce à Casa One que je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout seul. Là, demain j’ai envie de clipper un titre, je le clippe ! J’ai pas à attendre l’aval de X ou Y.

S : Joe Lucazz tu l’as connu par Neochrome ?

N : Non, je le connais depuis Bombattak. Quand ils faisaient Joe & Cross. Joe Lucazz a un truc… plus fort que les punchlines. Un champ lexical super intéressant. C’est un bon, Joe !

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T : t’as pensé quoi de la chanson de la dernière coupe du m… (Shakira a fait une chanson où elle gueule Zamina au refrain pour la coupe du monde 2010, et c’est aussi le titre d’un vieux morceau de Nakk)

N : (il coupe) ah je veux pas parler de ça (sourire). franchement ça m’a… viens on parle d’autre chose. Elle m’a volé ma vie cette meuf, alors qu’elle en a déjà une (rires).

S : Pourquoi le morceau Vacances avec Dany Dan a été sous-exploité ?

N : Il a pas été sous-exploité, mais carrément inexploité ! C’est le genre de morceau qui est bien quand t’es en major, mais en indé, ça sert à rien de les exploiter. T’as pas le réseau pour, il va pas passer en radio …

T : Y’a des mecs que t’aimerais feater ?

N : J’aimerais bien faire un remix avec des anciens : Akhenaton, Kery James, Oxmo …

T : Faudra faire le clip dans une maison de retraite du coup.

N : Mais moi aussi, je suis quand même un ancien, même si je fais beaucoup de feats avec la nouvelle génération.

T : T’as dit que t’avais beaucoup saigné Les Sages Po’ à une époque …

N : Surtout le 1er album en fait, après un peu moins. Moi c’est surtout AKH qui m’a vraiment marqué, au niveau de la construction de son rap.

S: ça ce sera coupé.

N: ah, t’aimes pas akhenaton ?

S: non je rigole. par contre je préfèrerais que tu dises que ton influence vient de Dany Dan.

N: C’est Dany Dan qui m’a donné envie de rapper ! Ce mec, c’est un extra-terrestre. Après, y’a beaucoup de mecs très forts, mais tu vas pas forcément accrocher sur tout un projet. Tu retiens des couplets, mais pas l’album complet. Ils savent rapper, mais ils savent pas faire un bon morceau.

S : T’étais un grand amateur de Jay-Z. C’est toujours le cas ?

N : Déjà j’ai toujours plus été Nas que Jay-Z. Déjà, son côté businessman, même si je trouve ça bien pour lui, ça me fait pas du tout rêver. Il sait ce que les gens attendent, et il le fait proprement.

S : Qu’est ce que t’écoutes en ce moment, que ce soit français ou ricain ?

N : Drake, j’aime bien. Kendrick Lamar, Nas, Jay-Z, Lil Wayne, Rick Ross. Que ce soit nouveau ou ancien, j’écoute ce que je considère comme de la bonne musique. Rick Ross, pour moi, il fait de la bonne musique. En français, j’écoute presque plus rien. J’ai beaucoup écouté Socrate, les anciens albums de Booba. Mais sinon, j’écoute plus de rap français.

S : Pourquoi tu ferais pas un feat avec Casey ? (oui, cette question sort de nulle part)

N : Pourquoi pas, mais elle doit pas me trouver assez militant. Pourtant, on a fait beaucoup de scènes ensemble.

S : Niveau prods, t’es assez inclassable, c’est dur de t’identifier …

N : On me l’a dit y’a pas pas longtemps ! On m’a dit que c’était un défaut, que j’avais pas de couleur. Je prends les prods qui m’inspirent. Mélancolique, rythmée, hardcore … je prends ce qui m’inspire.

S : T’as posé sur des prods de Therapy. Vous vous êtes connus comment ?

N : On était au collège ensemble ! Sinon, jamais il me donne des prods ! C’est clair que maintenant c’est un peu « le beatmaker de Booba » pour les gens… Les autres rappeurs me demandent comment j’ai fait pour les obtenir, j’en profite pour me la raconter un peu, genre « Ah je sais pas, il a décelé chez moi quelque chose qu’il n’y a pas chez vous » (sourire)

T : Dans « Darksun », tu dis « Dans l’désert frère, il faut un touareg c’est tout ». Dans un autre morceau de l’album, « Puma », tu reprends quasiment la même phase : « J’traversais l’désert, j’étais pas en Touareg ». Tu veux t’acheter la voiture, c’est ça ?

N : (rires) Tu m’as cramé, c’est pas bien ! Faudra couper ça au montage ! Si t’écoutes bien, même dans Supernova, je reprends des trucs que j’ai déjà dit dans Darksun. Parce qu’au final, on raconte toujours un peu la même chose.

S : Depuis Darksun, j’ai l’impression que tu te lâches un peu plus en egotrip.

N : Ouais, j’me dis que maintenant j’ai un peu de bouteille, je peux me permettre ce genre de truc. Puis ce genre de phrases « vos punchlines, c’est mes ratures », ça va, c’est pas comme si c’était le premier venu qui sortait ça non plus.

S : Supernova, c’est un gros EP, ou un mini-album ?

N : C’est un EP ! C’est juste la continuité de Darksun. J’avais 7 ou 8 titres, je me suis lâché un peu, je suis allé jusqu’à 10. C’était juste un truc histoire de rester dans l’actu. Après y a des gens qui me disent « Mortel ton album » Je vais pas les contredire. C’est pas important, finalement. Ce qui est plus gênant c’est ceux qui voient les chiffres et me disent d’un air désolé « putain c’est dur », mais non, j’en ai mis 3000 en bacs, c’est normal que je tape pas 14 000 en première semaine. Après c’est vrai qu’ils peuvent pas savoir.

T : Le schéma : un morceau egotrip, un morceau un peu conscient comme premiers extraits, c’est pas un peu répétitif ?

N : Non pas vraiment, sur Darksun par exemple c’était pas le cas (Mad Max et Au calme). Pour Supernova, je voulais revenir avec un egotrip (Mendosalve), pas avec un morceau comme Devenir quelqu’un, même si c’est un bon morceau.

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S : Surnakkurel, c’est fini ?

N : Nan, c’est juste que j’ai pas trouvé d’idée intéressante. Pour Darksun, j’en ai pas trouvé, pour Supernova non plus.

T : Le truc qui ferait chier ta fanbase, c’est que t’en fasses un avec Monseigneur Mike.

N : En plus, je voulais en faire un avec lui. je voulais l’inclure dans un clip

T : Mais Surnakkurel, c’est des trucs qui te sont arrivés à toi, à tes potes ?

N : Non, à personne ! Pour Surnakkurel 4, j’ai repris une histoire de Biggie. Il avait raconté le même genre de truc, avec un basketteur. Je l’ai adapté à ma sauce. J’aimerais bien en faire un nouveau pour mon album, mais faut que le truc soit original.

T : T’es tenté par l’autotune ?

N : J’en ai fait un peu, j’ai pas de problème avec ça.

T : Dans Darksun, d’où sortent les refrains de Zaggin et de Au calme ?

N : C’est mes beatmakers qui recherchent des voix cainris libres de droits. J’espère que personne ne va m’attaquer.

T : T’as remarqué que Sinik sur son dernier album, le reprend ?

N : Ça c’est parce que le beatmaker se croit en Jamaïque, il croit que tout le monde peut faire les mêmes refrains. Moi je m’en fous un peu, ça doit être pour Sinik que c’est plus compliqué, parce que même si je suis moins connu que lui, y’a des gens qui vont lui dire « Nakk il a fait le même refrain ».

T : Je pense qu’aujourd’hui, vous avez le même nombre d’auditeurs. Y’a plus grand monde qui écoute Sinik.

N : Tout à l’heure j’étais au téléphone avec Ol Kainry, on se disait qu’il y a des mecs qui ont moins la côte parce qu’ils ont sorti moins de bons morceaux, tout simplement. Les gens, si tu leur donnes pas des trucs pour les faire vibrer, ils lâchent. Sinik, même s’il a été beaucoup critiqué, il avait quand même une plume, il était fort.

T : dans « Jour férié » (Street Minimum) : « Fuite rime vite avec école, ils veulent aller en taule et faire un feat avec Akon ». Tu penses qu’il y a des mecs qui sont perdus à ce point dans le rap ?

N : Franchement, je pense que ça a traversé l’esprit de plein de mecs.

S : Une question de notre ami Big Paul Castellano : à quand un clip avec des meufs en string ?

N : C’est pas mon délire du tout, ce serait incohérent. Le seul cas où je pourrais le faire, ce serait pour un clip complètement décalé, un truc marrant.

T : Si t’avais vraiment les moyens, ton clip idéal ce serait quoi ?

N : Bah justement, un clip décalé. J’aimerais clipper « Ze Best », dans ce délire-là. Même un dessin-animé, ou je sais pas… c’est un morceau un peu bizarre, l’instru change, il faut un clip qui aille avec le concept. Pour l’instant j’ai Pourquoi et Dans ma zone qui vont être tournés..

S : Tu t’es fait connaitre aussi grâce à tes punchlines. Aujourd’hui, le terme n’est pas un peu galvaudé ?

N : Carrément ! T’as des mecs qui font juste une rime, ils appellent ça punchline ! J’en parlais avec Lino une fois, on comprenait plus. Certains textes, on sait pas trop, c’est des trucs que moi je garderais pas dans un texte. Du tout. Mais apparemment c’est des punchlines.

T : Rocé disait récemment « ce que vous appelez punchline, j’appelle ça écrire ».

N : Voilà !

S : L’évolution de ta carrière est atypique : pour caricaturer, t’as commencé dans un délire « musicalement commercial »

N : commercial, ouais…

S : avec le clip où t’as ton chapeau rigolo là.

N : ahah ok.

S : puis t’as eu une phase « rappeur technique » …

N : (il coupe, en riant) Ah, je mettais la dose à l’époque ! Quand je me réécoute, je me fatigue ! Je me prenais vraiment la tête !

S : donc c’est vraiment conscient d’avoir allégé depuis ?

N : Complètement. J’ai lu une interview de Jay-Z où il disait « les rappeurs sont tellement techniques qu’ils oublient de raconter des trucs » c’est exactement ça ! Avant je cherchais la rime, et après seulement, ce que j’avais à dire. Maintenant, c’est le contraire : je cherche un truc à dire, et après, j’en fais des rimes.

S : Après Street Minimum, même si t’étais entre 2 trucs, la prédominance c’était le rap « conscient », et maintenant, t’entends carrément « Nakk c’est le poète du rap français » … tu te situes où par rapport à tout ça ?

N : Tout ce que je peux te dire, c’est que depuis ma première apparition jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours mis l’écriture en avant. Tu peux me critiquer sur tout ce que tu veux : les prods sont dégueulasses, le flow, le machin … mais pas sur l’écriture. C’est ça ma force. Quel que soit le thème, tu peux mettre une plume. Même sur de l’egotrip. Le côté poète … c’est parce que j’ai fait des morceaux comme « Devenir quelqu’un », en plus dans le clip je suis en cravate, ça rajoute encore plus dans le côté solennel, témoin de Jéhovah tout ça (sourire) Mais c’est pas quelque chose que je revendique.

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S : Des rappeurs se sont engouffrés dans ce côté « poète », parce que ça permet de s’ouvrir à un certain public. Toi, c’est compliqué : t’es pas assez street pour plaire à un public un peu dur, mais trop street pour t’ouvrir au grand public.

N : Je me suis déjà posé la question. Faudra que je le fasse, pour l’album, c’est évident. là je m’amuse mais c’est évident que je dois passer de l’autre côté à un moment. Mon but c’est pas que les cailleras m’écoutent dans leur voiture. Enfin, j’aime bien quand ça arrive, mais mon salut il est plus dans le grand public. Je peux être écouté par une caillera ou une meuf de 16ans, mais mon salut passe par le grand public, les trentenaires. Si demain je veux passer chez Ruquier ou Denisot, je suis obligé de passer de l’autre côté, à un moment. Bon après il y en a qui abusent de ce côté là. Mais sur mes derniers projets, je peux pas le faire de toute façon.

S : Rien ne t’empêche d’alterner les 2.

N -Voilà. c’est ce que je fais. Ce que j’essaie de faire en tout cas. Mais sur l’album, y aura beaucoup plus de « devenir quelqu’un » que du trap, forcément. Sinon je suis foutu, je suis le rappeur lambda.

T –Mais y en aura quand même un peu, des trucs plus patate ?

N -Oui, oui ! y en aura quand même un peu. Mais Supernova, c’est mon premier projet où c’est vraiment du kif kif. Enfin je pense. L’album sera vraiment orienté plus posé. Mais je vais pas le rendre chiant quand même !

S – niveau feat, Ladea et Spri Noir…

N – c’était les plus réactifs, tout simplement. Et puis évidemment j’aime bien leur travail.

S –Y a qui en producteur sur Supernova ?

N -Bah déjà y a Lazy T, c’est lui (il montre le gars qui vient d’arriver dans le macdo, ça c’est du timing). Diakar qui avait fait la prod de « Au calme ». y a Zekwe qui a fait « Mendosalve » Y a Twister qui fait « devenir quelqu’un ». Sonar a fait « Dans la zone » et « Ze best » et Track Invaders a fait « Pourquoi ». Ça c’était un morceau à Mike, on va le clipper, normalement.

S : Comment tu t’es retrouvé sur le cd ?

Lazy-T : en fait Super Nova est mon 1er vrai projet, et j’y suis allé au culot, j’ai balancé des beats via twitter, ça lui a plu et voilà. C’était vraiment un plaisir parce que Nakk c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps. J’ai fait les prods de Windows et Espace.

N : il est gentil, il dit ça parce que je suis là. Il est très bon !

S : en plus vous êtes en train de signer des papiers, donc c’est déclaré votre truc.

N : il faut, il faut. On fait de la musique, faut être professionnel, c’est le minimum.

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S : sur Le Syndrome du trom, à un moment tu dis « en plus, amuse toi à faire rimer Ourcq ». T’aurais pu dire que le type en face de toi « ressemble à Mickey Rourke », c’était pas si dur que ça.

N: ouais mais à l’époque, Mickey Rourke il avait pas la tête en mousse, la tête de ouf qu’il a maintenant. Donc j’y ai pas pensé. Et puis de toute façon je dis direct après sur la mesure suivante, « pour que », je commence par ça. Histoire de dire, vous inquiétez pas les mecs, en vrai je suis fort quand même !

S : T’as une relation un peu bizarre avec ta fan-base. T’avais carrément des fanatiques.

N : C’est vrai. Youssoupha m’a dit « j’ai lu des commentaires de tes fans, c’est carrément des hooligans, je te les envie pas ». J’ai l’impression que j’ai les fans les plus chauds du rap français. Je vais utiliser un mot un peu fort, mais ils m’ont presque sacralisé. Si je voulais jouer la sécurité, je ferais un projet avec que des « Devenir quelqu’un ». Je pourrais le faire ! Mais ça me plait pas de faire ça. J’ai d’autres trips, j’ai envie de faire d’autres trucs.

S : On a l’impression que pour des gens, ta meilleure période, c’est celle où on t’entendait juste sur des tapes, que tu sortais pas de projets, en gros quand tu parlais à 700 personnes quoi.

N : Plus t’es connu, plus on va te critiquer. Les mecs vont jusqu’à se voiler la face, jusqu’à me dire que des vieux morceaux à moi vraiment pas terribles sont meilleurs que ceux présents sur Darksun et Supernova… Ils veulent que je ressorte les trucs que je rappais il y a 15 piges, mais ça existe pas les mecs qui rappent pendant 15 ans de la même manière ! T’es obligé d’évoluer.

T : « C’que tu racontes c’est pas d’la merde, mais on s’en bat les reins  » (Invincible) et « L’avenir, je leur en parle. Ils me disent que je suis pas leur renpas. Leur seul rempart c’est rester en bas et faire de l’or en barre » (Au moment où j’parle)… T’as conscience que les jeunes écoutent pas les conseils.

N : Bien sûr ! C’est comme le cinéma : t’as des mecs qui en ont rien à foutre des films d’auteur, ils veulent juste se taper une barre devant un film comique, ou voir Bruce Willis péter la gueule à plein de monde. Bah la musique c’est pareil : t’as des gens qui en ont rien à faire de la morale, du message, ils veulent juste écouter le dernier La Fouine ou le dernier Booba. Même des meufs ! Y’a des meufs qui veulent écouter que des rappeurs violents.

T : même Morsay arrive à vendre.

N : en fait Morsay je l’ai rencontré en vrai à une session studio de C’est nous les reustas remix. Je savais même pas qu’il était sur le morceau. J’arrive, je le vois je me dis « tiens il doit être venu voir quelqu’un ». Après je le vois en cabine « ah ouais, il prend la confiance quand même, on bosse, là ». Et là il pose son intro, tout le monde le félicite, Youssoupha était là « ouais grand gesteur ! ». J’ai pas trop capté sur le coup. Y’avait Disiz aussi, il est passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel (rires). Ceci dit, Morsay il a beau parler comme il parle, t’inquiètes que lui et son équipe ils sont grave lucides et savent faire du business, complètement.

S –Ton rapport à la scène ? Vous semblez bien rodés avec Les 10.

N -Là, au Divan du monde, j’étais super super crevé mais c’est vraiment ça que je préfère. J’ai hâte d’avoir le temps de bien mettre ça en place, de faire de bons shows, parce que c’est ce qu’il y a de mieux en vrai : quand j’ai fait « Dans la zone » en live alors que personne l’avait encore écouté. L’impression, c’est là que tu peux l’avoir, les yeux des gens quand ils écoutent. Y’a que la scène où tu peux avoir la réaction directe. Quand y a une punch, là y a un mec il rigole, l’autre crie, etc.

S : pour revenir sur l’actu, est-ce que t’es jaloux du buzz de la basket du pote de Booba ?

N : (sourire) en fait ce clash au début c’est bien, on est tous friands de ça ; le truc c’est que là ça dure quand même depuis super longtemps, et personne en sortira indemne… enfin remarque, Booba a un bon marabout : je marchais l’autre jour, je tombe sur un kiosque à journaux, je le vois en couv’ de GQ. Je suis rentré chez moi (rires) qu’est-ce que tu veux faire ?

S : On te voit toujours souriant même quand on te pose des questions de merde. T’es vraiment sympa, ou c’est juste pour la promo ?

N : Je me dis surtout que c’est que de la musique ! Je vais pas faire le mec sérieux, tu peux te planter, c’est pas grave. Je vais pas faire le mec vénère ! Des fois on me pose des questions à l’ouest, j’arrondis les angles. J’ai fait une interview pour TéléSud, la journaliste comprenait pas du tout ce que je lui racontais parfois. J’aurais pu l’embrouiller « mais madame t’as pas compris euh », j’ai essayé d’aller dans son sens quand même. Même avec vous, je fais ça depuis le début les mecs. C’est juste que vous avez pas remarqué.

T : Demain soir (interview réalisée jeudi 21/03/13) tu vas faire la Nocturne de Skyrock. C’est la première fois ?

N : Ouais. L’an dernier, ils auraient pu le faire, avec Darksun ! Sur le coup, j’étais pas content. Le mec doit recevoir des messages sur Twitter genre « pourquoi Nakk a pas son Planète Rap ? » … au bout d’un moment il lâche une petite heure dans la Nocturne, histoire de donner quelque chose, et qu’on arrête de lui casser les couilles. Après c’est clair que si je signe en major, demain je fais un Planète Rap. Mais comme j’ai dit quand on m’a parlé de ça, je pourrais gagner au Loto aussi tant qu’on y est !

S : « Street Minimum », « Le monde est mon pays », « Darksun », « Supernova » : tu passes de la rue, à la planète entière, au soleil, à la supernova … le prochain titre, ce sera quoi ?

N : On me l’a fait remarquer récemment, c’était même pas fait exprès. Le prochain, je casse tout, je l’appelle « Cuillère en bois » !

S : Y’a un mec qui nous a filé un t-shirt « Nakk c’était mieux avant ». T’en penses quoi ?

N : Putain, sérieux ?! (il y croit vraiment)

S : Nan.

N : (rires) J’étais en train de me dire « oh le ouf ! ». Bien sûr qu’il y a des gens qui pensent que Nakk c’était mieux avant, mais en ce moment ça se passe relativement bien pour moi, j’ai pas à me plaindre. Et mieux ça va aller, plus y’aura de monde pour dire « Nakk c’était mieux avant ». C’est mathématique, c’est français. Et limite, plus j’entends ça, plus c’est bon signe. Si on me disait « Nakk c’est à l’ancienne, il a pas bougé d’un iota » … nan, ça m’irait pas. Nakk, ce sera mieux dans 6 mois ! Après je peux comprendre. Moi je préfère le Booba d’avant ! Ou y’a d’autres trucs que j’ai kiffé, et je suis plus dedans maintenant. Donc je comprends que ça puisse être pareil pour moi. Mais en même temps, je vais pas revenir en arrière pour leur faire plaisir. Je vais pas faire « Le syndrome du trom 2 », « la Tour 14 » ! Je suis un raciste du passé ! J’ai horreur du passé. Surtout dans la musique, quand tu commences à faire des Best-Of, c’est le début de la fin.

S : Sur Le monde est mon pays, y’a beaucoup de morceaux qui datent un peu, ça donne l’impression que t’as des références ringardes, mais en fait c’est juste que tu les as écrits bien avant ? Genre John Q

N : Bah John Q, c’est un film que j’ai découvert sur le tard, et j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Mais je cite aussi des films plus anciens, genre Les Evadés, mais ça c’est différent, c’est un classique.

S : C’est quoi ton genre de film ?

N : Tu vas me dire que je suis un ouf, mais je kiffe les films d’auteur français. Les titres chelous genre « Ferme le frigo, il fait froid ». Dès que je vois ça, je coupe tout, je regarde le film jusqu’à la fin. Y’a toujours des dialogues qui m’inspirent de ouf ! Les films français, c’est vraiment mon truc. Après je suis pas fermé, récemment j’ai vu Django Unchained et c’était très bien.

S : … (il réalise qu’il ne pourra pas parler de Batman ou de Kick-Ass avec cet individu)

T : Ton fils est toujours fan de l’Undertaker ?

N : Nan, c’est fini le catch. Enfin lui, il est plus dedans en tout cas.

T: ah.(cette réponse déprime légèrement Teobaldo)

[spoiler intro= »La y a une question sur The Wire » title= » avec plein de spoilers dedans, donc si tu veux pas lire, tu cliques pas et puis c est tout »]

T : tu dis que t’as « plus pleuré la mort de Stringer Bell que celle de ton couple »… parle nous un peu du personnage.

N : Ça m’a fait mal. C’est un petit bâtard, mais c’est un personnage extraordinaire. C’est comme Boyz in the hood, à chaque fois que je le regarde, j’espère qu’il ne va pas se prendre une balle à la fin. Et à chaque fois, je suis super triste, alors que je l’ai déjà vu dix fois ! Pour Stringer Bell, pareil. Je me doutais qu’il allait se faire canner, mais je me suis menti jusqu’au bout. C’est un méchant qui est dans l’intellect, un vicieux. Pour comparer, la mort de Prop Joe, j’étais moins triste. Celle de Boddie, un peu ouais. Il est mort en soldat ! Omar, j’étais super choqué. Pour Snoop, j’étais content, elle était soulante à vouloir buter tout le monde ! Cheese, j’étais content aussi. C’est un gag ce mec ! Elle m’a perturbé cette série, j’étais à fond dedans.

[/spoiler]

S : Le mot de la fin ?

N : Je te fais le truc classique : Supernova dans les bacs, allez soutenir, blablabla.

S : t’as pas mieux que ça ?

N : Si : les interviews aussi c’est mieux maintenant je trouve. Parce que moi, durant des années, on m’a sorti la question « mais alors c’est pas trop dur de pas avoir percé ? C’est dommage quand même, non ? », on me disait ça super gentiment en plus ! C’est comme si tu perds un billet qui s’envole et pendant toute la journée ton pote est là « merde c’est pas de chance hein ? Tu te rends compte, t’aurais pu t’acheter… » c’est bon c’est passé (rires).


et ouais, on s’est même retenus de lui poser la question « quand t’épelles ton blase t’es obligé de dire N.A caca ou c’est comment ? tu dis Na2k ? ». Pro jusqu’au bout sur ce coup là.
(pour rappel, si vous aussi vous désirez une interview, nos tarifs sont ici. Certes ce n’est pas donné, mais la qualité a un prix.)

La Cité Rose

« Mitraillette » a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu’il ne quitterait pour rien au monde.
Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège…
Leurs destins sont liés, au sein d’un quartier, au coeur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash

Réalisé par Julien Abraham, La Cité Rose est le nouveau « film de banlieue » (genre typiquement français) de l’année 2013. La première fois que j’en ai entendu parler c’était via un clip de Youssoupha donc autant dire que ça partait super mal. L’affiche laissait imaginer une niaiserie impressionnante et les extraits c’était pas franchement mieux. Par contre faut vous prévenir, dans les 5 premières minutes y’a du Manu Chao. Si on est pas au courant ça fait flipper.

A l’arrivée, plus de peur que de mal. Déjà parce l’influence revendiquée de La Cité des hommes est plutôt bien digérée (un copier coller aurait été catastrophique) et adaptée : le film n’en fait pas des tonnes sur le ghetto mais ne l’édulcore pas non plus, bien que la narration passe par un enfant (Mitraillette, joué par Azize Abdoulaye Diabate). C’est l’atout majeur du film, le héros est assez attachant, a la naïveté d’un gamin mais reste parfaitement lucide sur son environnement (le deal, son père absent, son cousin qui tombe lentement mais sûrement dans l’illicite, etc).

Pourtant le gros point faible c’est le casting, mix d’acteurs non-professionnels et de « vrais » comédiens. Ça fonctionne très bien pour les gosses qui sont tous très spontanés comme il faut, par contre ça coince avec les plus vieux. Notamment Ibrahim Koma qui en plus se tape souvent les scènes les moins subtiles, celles où on attend qu’un type en bas de l’écran sorte une pancarte avec marqué en lettres capitales « la morale de cette séquence est la suivante : les préjugés c’est caca ». Du côté des « méchants » qui tiennent le terrain, sans être fabuleux non plus ça reste correct, ils sont pas ridicules et c’est aussi un bon point : malgré le ton plein d’espoir du film y’a des scènes qui ne trichent pas niveau violence. Après c’est pas Menace II Society non plus ça c’est clair. L’intrigue ose presque le tragique et ça permet d’esquiver le côté bisounours qu’on pouvait craindre.

4-La-Cite-Rose-copyright-Sebastiaan-Deerenberg

En sortant de la salle y’a un critique (c’était peut-être pas un critique mais en tout cas il était vieux et il avait des lunettes) qui disait à un autre « c’est marrant, y’a rien niveau réalisation, les acteurs non plus, y’a pas d’idée de mise en scène… mais c’est mignon ». Bah en virant le côté condescendant de la réflexion, parce que le long-métrage n’a rien de honteux face à la majorité de la concurrence niveau ciné français, c’est en gros le cœur du truc : une bonne idée sur le papier qui pâtit un peu de son passage sur grand écran par manque de maîtrise. Vu que c’est son premier film, Julien Abraham s’en tire quand même pas trop mal. J’espère qu’il va step up son game et revenir en ayant corrigé ses défauts, ça peut donner des bonnes choses. Ou alors il va finir comme Djamel Bensalah et je regretterai d’avoir écrit ça.

Mais je sais ce que vous vous demandez : est-ce qu’on entend la musique pourrie de Youssoupha dans le film ou pas ? Bah non. Par contre le refrain du générique de fin c’est Soprano, comme quoi, on peut pas tout avoir dans la vie.

Ah ouais c’est du catch, des putains de castings : DUDLEY DEATH DROP

dudleyz

Cette semaine, j’ai un candidat idéal pour faire un Killer Croc plus vicieux que nature. Bully Ray correspond parfaitement au rôle, mais je ne peux pas parler de cette grosse brute comme ça. Si on parle de Ray, on parle de son frère Devon. J’y tiens. Lire la suite « Ah ouais c’est du catch, des putains de castings : DUDLEY DEATH DROP »

RAP GAME BLAVOG II

Il y a de ça un peu moins de 7 mois on vous expliquait qu’il arrivait des moments où le rap français n’avait pas spécialement besoin de gogols comme nous pour être hilarant. Bah ça fait à peu près 7 mois que ce moment dure, grâce au clashico.
Rap Game Maxwell qualité filtre : ce n’est pas la peine d’en rajouter.

Donc on arrive après Wesh morray, Wesh zoulette et la sortie de Futur, et après Paname Boss de La Fouine, mais pas tout de suite.

* lors d’une interview promo pour Ovni, pris d’une fulgurance lyrique, Ikbal (petit frère de Rohff, membre du groupe TLF) lâche son désormais culte « insulte pas les mères, fils de pute » en parlant à Booba (non, Booba était pas là, mais c’est pas le problème). Assis à ses côtés, Alain 2 l’ombre semble s’en battre royalement les couilles.

* Sinik s’exprime rapidement sur le clash booba/rohff en précisant qu’il respecte booba malgré leur histoire passée. Manque de pot le mec de Rapelite n’aura aucune pitié et nommera les vidéos « Sinik – Rohff/Booba Je suis du coté de Rohff, c’est un mec qui a des valeurs » puis « Sinik – J’ai du respect pour Booba et ce qu’il a fait même si on s’est clashés » ce qui, combiné à un sweat capuche rose malencontreux, donnera un résultat final assez accablant. Sachant qu’y’a quelques jours, dans 2 ou 3 interviews différentes, Booba reprenait Sinik en exemple pour expliquer que quand on le fait chier il éteint les carrières, c’est très sale.

* Morsay clash Booba sur wesh bout d’bois ce qui donnera la naissance à la punchline du mois « bout d’bois, bout d’bois, mon petit bâton » ou encore « t’as signé en major, plutôt en majorette ».

* Julien Lorcy veut organiser un combat de boxe entre Rohff et Booba, se prend un vent de Rohff & un « pourquoi pas » de Booba suivi d’un silence radio. Il traitera donc ce dernier de tapette, avant que Rohff l’appelle « promoteur véreux » à chaque fois qu’on lui pose la question. Bienvenue dans le monde du rap français Juju. Au final faudra se contenter d’un combat entre Kamelancien et un inconnu, avec peut-être Morsay et Ades aussi. Alors oui c’est nul à chier et ça n’a plus aucun rapport avec le début de l’histoire mais « la vie est faite des déceptions, et certaines sont plus grandes que d’autres. » Steve Carell.

* suite au coup de gueule de Booba, La Fouine fait une vidéo assez rigolote où la principale information est la date de sortie de son prochain album.
apparemment le cœur de la brouille c’est La Fouine qui aurait pris les patins de Booba en entrant chez lui quand il lui demandait de lui dépanner du sucre, sans doute qu’après l’autre a dû les chercher partout et ça a pu l’énerver. C’est vrai que sans ça tu peux niquer ton parquet s’il vient d’être ciré.

* on apprend au détour d’un reportage qu’en plus d’être voisins, Lahouni et Elie ont aussi le même avocat. Ça j’espère que c’est faux parce que sinon Maître Lebras doit vraiment prendre des anti-dépresseurs pour mammouth ces derniers temps.

* 1er exploit de cette fascinante saga : une vidéo émerge où on voit l’équipe de La Fouine « s’enjailler » sur Jour de paye de son meilleur ennemi, avec entre autre Fababy qui fait un bras d’honneur en criant « fuck Alpha ». Bingo : Alpha 5.20 (qui ne rappe plus depuis plus de 2 ans) sort de son silence. Fababy n’est pas méchant, il est juste différent, aussi le vrai Boss de Panam se montrera magnanime. On notera qu’aucune réponse de banlieue sale ne fait suite à la phrase-clé de ce sympathique message, dans le plus pur style alpha 5.20ème : « si ça se répète la foudre s’abattra sur vous, vos demeures et vos biens ».

* Dans l’indifférence générale, Guizmo s’acharne à vouloir attirer l’attention de Booba en clamant dès qu’il le peut qu’il est bien plus fort que lui et que s’il dit ça c’est avant tout parce que l’autre lui a refusé un feat sur son précédent projet. La Mauny on my mind and my mind on La Mauny.

* vu qu’il n’y a absolument plus rien à expliquer dans les lyrics des diss, les analyses de rap genius (en gros c’est des maniaques qui se jettent sur les lyrics d’un son dès qu’il est sorti pour te les décortiquer avec la persévérance d’une hyène rieuse de Tanzanie) deviennent de plus en plus folkloriques. RAP GAME GOOGLE IMAGES.

* Y’a eu plein de remix de wesh morray tous plus foireux les uns que les autres mais on va les ignorer pour se pencher sur celui d’un rappeur d’origine bulgare (arrête de rire, merde) qui clame son dégoût d’un certain type de meufs avec classe et élégance.

* Dans l’indifférence générale, MC Jean Gab’1 clash à la fois Booba et Rohff sur un son nommé 69 qui ne fera pas date. 0 réponse du côté des rappeurs visés mais un gars nommé La Voix du Peuple d’origine paki (on fait ce qu’on peut) le clashera à son tour car il n’a pas aimé la rime « t’es pas 2Pac, t’es qu’un pak-pak ». Apu serait fier.

* Des tarés qu’absolument personne a vu venir foutent une merde noire en obtenant les fichiers STIC de pas mal de rappeurs dont nos 3 loustics, prouvant à nouveau qu’en France le 17 est plus proche du gendarme de Saint Tropez que de John McClane. Ce qui est beau dans cette connerie c’est que le site « viol vocal » là, leur irruption dans ce beef était à peu près aussi attendue que les Noëlistes face à Morsay ou Mélanie Laurent dans Inglourious Basterds puisque rappelons que leur chef c’est lui.

* Il avait dit qu’il le ferait pas, donc forcément il le fait (on a l’habitude avec lui) Booba clash La Fouine, Rohff et TLF sur AC Milan en utilisant le STIC de La Fouine qui comporte une agression sexuelle sur mineure. Avant il y avait 2 facettes dans l’image de La Fouine : le vilain gangsta baiseur de meufs et le gentil mélancolique chanteur pour enfants. Désormais on abrège et ça donne juste baiseur d’enfants. Pas top.

* TLF lâche Barça, avec une intro et outro anti Booba, mais rien de mémorable entre les 2, après faut dire aussi qu’Alain 2 l’Ombre a l’air de s’en tamponner le coquillard

* Rohff affirme que de son côté AC Milan est d’ores et déjà « customisé » et que la réponse fera mal. D’ailleurs c’est l’occasion de rappeler qu’à partir du moment où Booba lui répond, on aura affaire au Rohff des grands jours, celui de la vidéo avec la pelle, tout le temps, 24h24, surtout sur facebook. On l’imagine dicter ses messages à Ikbal tout en tirant sur des cibles avec la tête de Booba collé dessus.

* La Fouine répond avec Autopsie 5 où il est apparemment coaché par SwaggMan qui lui-même pompe allègrement les gimmicks d’OJ da Juiceman (les couinements aigus en fin de mesure, pour faire simple) même s’il ne sait probablement pas qui c’est. Le résultat est donc Autopsie 5, qui fera dire à l’infâme Big Paul Castellano « j’ai jamais vu un être humain se vanter d’être proprio avec autant d’homosexualité ».
détail mongol : à la base c’est le beat d’un son de Dam16, mc du Pont de Sèvres pote de Booba

* pour plus de visibilités, nos joyeux lurons décident de tous balancer leurs sons le vendredi à 18h, ou le mercredi à 17h. Rendez-vous après les cours, j’te nique devant tout l’monde, etc.

* apparemment c’est le mot « pâte » qu’Ikbal ne digère pas dans le morceau AC Milan. Passé 37 ans, il est inadmissible d’en parler dans un morceau. Alain 2 l’ombre, lui, paraît s’en secouer les roustons.

* Le Bulgare fou revient avec une reprise d’AC Milan intitulée FC Sochaux sans qu’on sache bien où il veut en venir mais apparemment il aime pas grand monde le gars.

* Cyril Hanouna reçoit Booba puis La Fouine à quelques semaines d’intervalle et en profite pour se surpasser en sautillant, hurlant, s’applaudissant lui-même et multipliant les vannes à chier comme pour tester les limites des rappeurs qui n’ont pas bien l’air de capter ce qui se passe autour d’eux. Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il est comme ça à toutes les émissions en fait. LA DROGUE EST BONNE.

* Zifou fait un morceau de pleureuse où il demande aux 3 rappeurs d’arrêter leur clash. L’intention est louable mais ça reste Zifou, donc c’est profondément à chier et ça rappellera fatalement ces scènes de série américaine des années 90 où la plus petite sœur de la famille supplie ses parents de ne pas divorcer entre 2 sanglots mélangés à de la morve, en témoignent certains commentaires attendris « ta gueule zifou », « zifou j’te baise », etc.

* Rohff réalise qu’en fait, AC Milan c’est de la merde, donc aux chiottes la customisation, la réponse ce sera dans PDRG et PDRG ce sera coming soon, sale rageux. A l’occasion d’une interview avec un mec qui a une voix chelou il révèle de savoureuses anecdotes comme sa haine d’à peu près tous les membres de la mafia k’1fry qui ont posé avec Booba sauf Kery James, et aussi la fois où il a jeté de l’eau sur la tête à Booba dans un bus, sans oublier quand il a fait irruption à un concert de Time Bomb sans chaussettes, bref des bons souvenirs.

* Booba et La Fouine continuent de se pincer mutuellement les fesses à coup de TLT. Cette fois Booba rappe (c’est un peu tard, feignasse) et La Fouine semble désormais coaché par Jamel Debbouze puisqu’il accumulera beaucoup de rires forcés et de vannes assez consternantes dont notamment le classique « c’est la bite de Booba ».

* Pour la St Valentin, Guizmo (il est tenace le gars, faut lui reconnaître ça) reprend l’instru du TLT de La Fouine, c’est à dire la face B de Hotel de Cassidy, m’enfin c’est pas le problème. Son interprétation du sigle : Tartine Les Toutes. #ExpertEnSéduction

* un illustre inconnu sort un bouquin pile au bon moment et explique qu’en gros, le rap en vrai c’est pas la bande originale de la révolution, c’est commercial, c’est caca. Merci Mathias, reviens quand tu veux on t’a gardé du gâteau et du jus.

* Ce moment extrêmement gênant où une chanteuse américaine has been entre dans la danse avec un niveau de français digne de la voisine péruvienne du 5e tout en expliquant qu’elle est plus vénère que Rohff.

lumidee

* les vidéos de micro trottoir avec les sempiternelles questions « t’es plutôt rohff la fouine ou booba ? » « tu préfères quel clash ? » « tu as déjà vu un monsieur tout nu ? »
nous rappellent surtout qu’à châtelet, y’a peut-être de la chatte mais y’a aussi pas mal de gros thons.

* à l’occasion d’un petit reportage sur la rivalité La Fouine/B2O, qui voit-on pointer le bout de son nez? et oui, c’est encore Guizmo (4’32) qui cette fois s’inquiète de l’influence de tout ça sur les plus jeunes. High Level dans le foutage de gueule mais on l’aime bien quand même ce ptit filou.

* Flairant l’opportunité, un dead buzz walking revient dans la partie. Après avoir été allumeur de mèche, Sefyu se fait allumeur tout court et promet un mystérieux son FDP en rapport avec le clash. Quelques jours plus tard il s’avère que c’est sans doute le plus mauvais son de toute sa carrière et qu’en plus ça n’a aucun foutu rapport avec quoique ce soit.
Comme Menzo en son temps, Sefyu ne lâche pas le steak et fait une interview vérité où tel un illuminé qui explique à qui veut l’entendre qu’il a été enlevé par les E.T, il dénonce la diabolique machination qui se cache derrière… les skyblogs. Alors c’est très bien, mais on est en 2013, et non seulement ça a déjà été dit mais en plus tout le monde s’en fout. Y’a aussi un moment où il parle de ses débuts « sur le terrain » en concert comme si c’était le Vietnam, bref on lui souhaite de se rétablir au plus vite et d’enlever l’implant que les extraterrestres ont probablement fixé sous sa casquette.

* La presse continue de
a) faire des titres toujours plus originaux sur le thème « quand le rap dérape »
b) faire du bilboquet sur les parties intimes de Booba sans jamais connaître le dixième de sa discographie, et il en profite, plus proche de lex luthor que de yoda définitivement.

* rohff revient sur un plateau télé, ce qui donnera des échanges fabuleux avec ariel wizman et la blonde dont j’ai jamais su le nom
j’assume tout ce que je dis dans le morceau
vous assumez de le traiter de zoulette ? Mais ça veut rien dire…
oui, non mais bon

* Sur les réseaux sociaux, des rappeurs jeunes/sans buzz/à succès d’estime tentent de s’amuser/déplorer/soutenir le clash, malheureusement ça se voit un peu trop qu’ils aimeraient être acteur et pas spectateur, un peu comme ton petit neveu qui découvre le porno.

* les groupies amnésiques de Booba font semblant de n’avoir jamais dit « il a trop raison de pas répondre il est au-dessus de ça » après avoir vu leur idole le dire lui-même juste avant la sortie de Futur
* les supporters contorsionnistes de Rohff se persuadent qu’il n’y a aucune contradiction à dire partout que les problèmes se règlent en face puis faire 2 morceaux clash tout en insultant via facebook pendant 3 mois
* les auditeurs malheureux de La Fouine ont de plus en plus de mal à convaincre leurs parents que c’est un mec sympa
* les fans de TLF… non c’était pour voir si vous suiviez.

* Les acrobaties d’Olivier Cachin et ses folichonnes nanalyses ne manquent pas à l’appel.
Notre cravate texane porteur explique donc que que c’est de la mise en scène, ça reste musical, qu’il y a pas de coup de feu comme aux states, enfin si, mais ça compte pas, par contre ça s’essouffle parce que TLT c’est nul à côté d’AC Milan et Autopsie 5. Pourquoi pas, c’est son opinion et il la respecte. Manque de pot il dit aussi que ça ira jamais loin vu que les 3 ont trop à perdre. Une baston plus tard et suite aux menaces explicites de Rohff, il t’expliquera donc exactement l’inverse. Sacré Olivier, tu le baiseras pas comme ça.

* malgré un fantasme totalement malsain mais que votre humble serviteur partage également à savoir « putain ce serait encore plus marrant si Kaaris pouvait s’en mêler », celui-ci garde la tête froide et se contente d’enculer sobrement Brandon et Dylan

* Tonton Marcel devient complètement cinglé (dans le sens : encore pire qu’avant). Essuyant de plus en plus de recalage de la part des rappeurs, notre reporter-du-ter-ter-hiphop-la famille-un-peu-tout-ça-tout a la révélation : il doit sauver le rap. Comment on y a pas pensé plus tôt putain.
d’abord il enfile son costume de justicier pour expliquer à booba que ce qu’il a fait c’est pas bien
ensuite retour à la base : la fameuse interview de La Fouine promise depuis des jours s’avère être une simple vidéo sans queue ni tête au Régine pour la release party du LP de la fouine, avec une pub pour l’album qui occupe les ¾ de l’écran.
Nouvelle lubie : Marcel veut chroniquer des albums, ce qui lui vaudra ce commentaire d’un fan « donc maintenant Marcel veut pomper le concept de Vantard. Faut être au bout du rouleau pour pomper un truc aussi nul » Bien sûr aucun album ne sera chroniqué et tonton marcel remet sa cape pour empêcher les morts dans le rap français.
Enfin, la boucle est bouclée : après avoir passé 6 ans à commencer toutes ses interviews en filmant les chaussures des gens, Tonton Marcel peut enfin s’en offrir : CONSECRATION.

* Notre bon vieux Mathias en vient logiquement à clasher Cachin (c’est marrant à dire à voix haute ça, « clasher cachin », essaie de le faire chez toi), pourtant le seul à s’être publiquement planté comme lui sur le fameux « non mais ils vont jamais se taper dessus ». Faites vous une bise les mecs et on en parle plus.

* Booba lâche la vidéo d’une « bagarre », secondé par la Fouine qui lâche la même vidéo avec une scène inédite et la musique de Benny Hill, mais au lieu de regarder les 2 vous pouvez directement télécharger un film de Laurel et Hardy.

* morsay vit toujours très mal le fait de ne pas participer à la balle au prisonnier avec les grands et tente une énième fois de s’incruster

* Suite à la baston Rohff se devait de réagir, faudrait pas non plus qu’on croit que quand il frotte ses couilles contre un mur ça ne fait plus d’étincelles. Et là sa dernière interview c’est un perfect, t’as à la fois le côté pelle et le côté wesh zoulette, une imitation de tony montana, une reprise du théorème du Roi Heenok sur les boucles d’oreilles de marin pédé, une phase magique « je porte pas de bling bling mais téma ma montre elle vaut super cher », bref, du grand Rohff. C’est dans ces moments qu’on se dit que Booba au lieu de l’affronter directement, préfère jouer au toreador avec lui, qu’il le titille à distance pour lui faire péter les plombs, mais attention, tout jeu comporte son lot de risques.
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sinon peu de chose à dire sur son couplet de clash à part qu’il remet Mala dans le truc, par contre à un moment il fait rimer patata et ta tata, personnellement je regrette qu’il ait pas détourné le gimmick de l’ourson, ça aurait donné « la chatte à ta tata » et ça c’est rigolo à entendre (essaie de le faire chez toi).

* Le photocopillage tue le livre mais fait vivre le rap, MacTyer sort le morceau MDF, prouvant que décidément la mode des titres à initiales de 3 lettres est lancée. Joke le suit avec PLM et Lil Thug qui n’a encore rien compris lâche dans la foulée CDFDP mais il nous dédicace dedans alors on lui pardonne.

* blavoguerie ultime, Mala déboule et à sa façon bien à lui, attaque La Fouine. Chose plus qu’inespérée à bien des niveaux, puisque Mala qui clash, c’est une porte ouverte sur une dimension parallèle démoniaque (j’aime bien la similitude avec Suge Knight qui dans sa glorieuse époque offrait une récompense à celui qui lui ramènerait les veuch de Snoop, stylé) le dernier « ON TE SAUCISSONNERA » avec l’écho c’est vraiment le méchant du flashback de film d’horreur qui te montre du doigt en hurlant après avoir bouffé tes parents avec passion.

* Shay aussi, sans doute qu’elle pense encore qu’elle a un avenir dans le 92i la pauvre, et à la limite que ce soit elle ou ce bon vieux Dje, on regrette presque qu’ils ne soient plus trop dans l’équipe du Météore, parce que franchement imaginez ce que ça donnerait un clash de l’un ou de l’autre : de quoi faire bugger rap genius pour un an.

Dans le même genre y’a aussi Green qui a lâché un tweet avant de se rétracter, et heureusement, sinon j’aurais été forcé de dire qu’il est en quelque sorte le Shay de La Fouine, et ça c’est un peu crado.

Bref, autant d’éléments qui font que parfois les têtes d’affiche du rap français touchent les étoiles, à défaut de faire des bons morceaux.

Parce qu’on attend, on attend la fin du clash, puis y’a une pause et on constate que Maître Gims a achevé sa mutation finale et est devenu la fusion ultime de Kanye West et Nicki Minaj, que Iam se plaint que les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas par cœur le nom des légumes, que C2C a gagné 4 victoires de la musique et que des saloperies de pigeons ont à nouveau chié sur mon rebord de fenêtre alors que je pensais avoir réglé le problème y’a des mois. Et là on se rend compte que le clash c’était nul mais quand même mieux.

Jo Dalton – Coeur de Gang

Alors, faut savoir que maintenant on commence à être VIP : les éditeurs nous envoient directement des bouquins. Dernier en date : Jo Dalton, Coeur de Gang. Je peux te dire que je me suis empressé de le lire, et je vais me faire un plaisir de te partager mon sentiment sur cette savoureuse autobiographie. Lire la suite « Jo Dalton – Coeur de Gang »